- il y a 2 ans
Dans les écoles du Chemin-Bas-d'Avignon à Nîmes, la journée de classe est rythmée par de drôles de cris qui retentissent régulièrement depuis la rue : ceux des guetteurs, de jeunes adolescents chargés de prévenir de l'arrivée d'une patrouille de police. Car ce groupe scolaire est littéralement cerné par le trafic de stupéfiants qui s'opère aux quatre coins des bâtiments. Le directeur, les professeurs, les élèves et leurs parents ne supportent plus l'insécurité qui règne et qui les met en danger. Intimidations, intrusions des trafiquants dans la cour de récréation, règlements de compte armés dans la rue, ils ne comptent plus les incidents qui bouleversent leurs journées. Malgré les interventions de la police et de la mairie, le trafic semble impossible à arrêter.
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00:00 Le même cri, tous les jours, toute l'année. Ces adolescents hurlent « Ara ». Un signal
00:25 d'alerte. Traduction, des policiers entrent dans le quartier.
00:30 Là, ça a crié des « Ara », parce qu'il y a le berlingot.
00:39 C'est-à-dire, là, vous avez prévenu ?
00:40 Je les ai prévenus en avance. Ils étaient là-bas. Je les ai vus là-bas, je les ai
00:44 criés « Ara, Ara, Ara ». Là, il n'y a rien pour eux.
00:47 Il n'y a rien pour eux, on a crié.
00:48 C'est-à-dire, il n'y a rien pour eux. Vous dites, vous avez empêché une interpellation,
00:52 c'est ça ?
00:53 Pour moi, c'est un jeu. Moi, je joue avec eux.
00:58 Un jeu, mais surtout un travail rémunéré pour ces mineurs. Ce sont des « getter ».
01:04 Mais qu'est-ce qu'on vous demande exactement, vous ?
01:08 Juste être à l'affût.
01:09 Les petites mains des dealers de ce quartier de Nîmes. Les yeux d'un trafic de drogue
01:16 parfaitement organisé.
01:18 Depuis leur poste d'observation, devant les Restos du Coeur, juste en face de l'école
01:23 primaire, aucune voiture de police ne leur échappe.
01:27 On connaît la BAC, la RPK, la FLEN, la DPSE.
01:34 Ça, c'est quoi ? C'est les plaques d'immatriculation ?
01:36 Ouais. PNJ.
01:37 Pourquoi vous faites ça, vous ?
01:40 Je fais ça parce qu'on a besoin d'argent, on fait des sous.
01:45 Vous avez quel âge ?
01:47 J'ai 15 ans.
01:48 Et vous allez à l'école ?
01:51 Des fois, ça m'arrive. Pas tout le temps, mais des fois.
01:56 Et ça rapporte combien, faire ça ?
01:59 Ça, TP 100 euros, mi-temps 50 euros. Et voilà.
02:05 Et aujourd'hui, c'est un temps plein ? TP, c'est temps plein ?
02:07 Ouais, exactement.
02:08 Et vous faites ça depuis combien de temps ?
02:10 Ça fait un an et demi, deux ans.
02:14 Mais c'est dangereux de faire ça.
02:16 Ouais, on connaît les risques.
02:18 C'est quoi, les risques ?
02:19 C'est de se prendre une balle.
02:22 Mais voilà.
02:23 Ils disent craindre davantage les règlements de compte entre bandes rivales que la police.
02:30 Vous, vous vous êtes jamais fait attraper ?
02:31 Ouais, parce que moi, je cours trop vite. Moi, demandez à tout le chum.
02:35 C'est quoi, le chum ?
02:36 C'est le chemin bas d'Avignon.
02:43 Le chemin bas d'Avignon, à Nîmes.
02:45 Un peu plus de 7000 habitants qui vivent au rythme d'un trafic de drogue enraciné, immeuable.
02:53 Et des cris incessants des guetteurs.
02:57 C'est quoi, ça ?
02:58 C'est les haras.
02:59 C'est les guetteurs, ouais.
03:01 Des dizaines de fois par jour.
03:06 C'est pas très... Ah bah voilà.
03:09 Voilà, écriez, je vous disais, on n'en entendait plus, voilà.
03:12 C'est quoi, ça ?
03:13 Un accord.
03:14 Il résonne dans chaque rue, chaque bâtiment, jusque dans l'école maternelle, fenêtres fermées, à l'heure de la sieste.
03:23 Qu'est-ce qu'ils disent ?
03:28 Ils parlent pas.
03:30 Qu'est-ce qu'ils disent ?
03:33 Ils parlent pas.
03:35 C'est les fous qui parlent.
03:37 Parce que, tu vois, on a juste oublié de trancher.
03:44 Mais t'entends comme si on était dehors.
03:46 On entend comme si on était dehors, des fois.
03:49 Des cris qui réveillent les enfants.
03:54 Mais surtout, des intrusions dans les écoles.
03:58 Des personnes qui fuyaient la police s'introduisent dans une école.
04:02 Un jour, un enfant prendra une balle perdue.
04:04 Coup de feu au chemin bas d'Avignon.
04:06 Un quartier en proie à une guerre des territoires.
04:09 Et depuis quelques mois, des fusillades.
04:13 Alarmes lourdes, en pleine rue, en pleine journée.
04:21 Au moins trois règlements de compte depuis juin dernier.
04:28 C'était fou.
04:30 Faisant un mort et un blessé grave.
04:33 Les gens, ils ont fuit.
04:41 Un trafic que tout le monde voit, que la grande majorité des habitants subit.
04:47 Et qui se concentre autour d'un lieu symbolique.
04:50 Cette école.
04:52 L'école publique Georges Bruyé.
04:55 On y va, c'est parti !
05:02 Christophe Boissy en est le directeur depuis dix ans.
05:06 Mettez les masques comme il faut les enfants !
05:09 Et chaque matin, c'est lui qui accueille les élèves au portail.
05:13 Le matin, ça bouge pas.
05:15 Le matin, c'est très calme.
05:17 Le matin, c'est un quartier normal.
05:19 C'est même agréable.
05:21 Son père enseignait dans le quartier.
05:24 Ses grands-parents y habitaient.
05:26 Lui, c'est toujours engagé dans des zones d'éducation prioritaire.
05:31 J'ai un fort attachement à ce quartier et à ses familles.
05:40 Une des mamans, je l'ai eue en classe.
05:42 Donc ça montre que le temps passe.
05:44 Mais j'aime ce quartier.
05:46 Une école en apparence classique.
05:50 Mais qui, chaque jour, à partir de 11h.
05:53 Se retrouve cernée par un trafic de drogue.
05:55 Le principal point de vente de cannabis
05:59 se tient à moins de 50 mètres du groupe scolaire.
06:02 Devant ces garages.
06:04 Et pour prévenir les vendeurs de l'arrivée de la police,
06:09 plusieurs guetteurs sont postés au carrefour stratégique.
06:12 En haut à gauche, contre les grilles de l'école.
06:22 A droite, devant la clôture.
06:24 Ou encore, derrière les grilles de la cour des maternelles.
06:29 Habillés tout en noir.
06:33 En poste, face aux toboggans.
06:36 Y compris pendant la récréation.
06:40 L'école est encerclée par le trafic.
06:49 Toutes les activités annexes à ce trafic sont sur les murs de l'école,
06:53 contre les murs de l'école.
06:55 - Mais vous, vous avez l'impression d'être cerné dans cette école ?
06:57 - Bah oui, bah oui, oui, bien sûr.
06:59 Et c'est ça le problème.
07:00 C'est... C'est un mauvais endroit.
07:03 Voilà. Mais c'est une école.
07:05 270 élèves, du CP au CM2.
07:10 Une école classée REP+
07:13 c'est-à-dire Réseau Éducation Prioritaire Renforcé.
07:17 Avec plus de moyens pour enseigner, et des classes plus petites.
07:20 - Euh... Allez, on t'écoute. Allez, ma puce.
07:24 C'est ce qui a attiré Laurely Sagaraï.
07:26 Depuis septembre dernier, elle s'occupe de 12 enfants seulement dans sa classe de CP.
07:32 Au programme aujourd'hui, après l'écriture et le calcul,
07:38 l'expression orale.
07:40 - Alors, les enfants, on a dit...
07:42 On fait un petit quoi de neuf sur qu'est-ce qui s'est passé pendant les vacances ?
07:46 Comment vous avez vécu vos vacances ?
07:49 Et qu'est-ce que vous avez fait dans le quartier ?
07:51 Ils ont 6 ans.
07:52 Et leurs réponses sont déconcertantes.
07:55 - J'ai eu une voiture de police à essayer d'attraper...
08:00 - Un voleur ?
08:01 - Non, à essayer d'attraper une voiture qui était rouge.
08:06 - Une voiture qui était rouge ?
08:08 Y avait à l'intérieur des gens qui roulaient trop vite ?
08:11 Qui faisaient quoi ?
08:12 - Ils roulaient trop vite parce qu'il y avait la police derrière eux.
08:16 - Ah, donc c'était une course poursuite.
08:18 C'est ça que tu as vu ?
08:20 Des mots d'enfants, spontanés, qui racontent tous la violence de leur quartier.
08:26 - Et tout le monde a pleuré et ensuite, nous, on est partis là-bas.
08:30 - Et toi ?
08:31 - Quelqu'un, il y avait...
08:35 Ils sont dehors, là, avec leur moto et avec des pistolets
08:41 et leur moto.
08:43 Quand il les a vus, il est parti en courant.
08:46 - Tu as vu un monsieur avec un pistolet dans la rue ?
08:49 - Oui.
08:50 - Qui avait le pistolet ? Le monsieur avec le manteau
08:52 ou le monsieur que tu dis que c'est un voleur ?
08:55 - Le monsieur que je dis que c'est un voleur.
08:57 - Les voleurs, tu parles des voleurs ?
08:58 Tu parles de ceux qui sont dans le quartier, là ?
09:01 Qui sont au coin de l'école, là ?
09:04 Les gens qui sont au coin de l'école, habillés en noir, plus ou moins ?
09:08 C'est d'eux que tu parles quand tu parles des voleurs ?
09:10 Quand on voit quelque chose comme ça, une course-poursuite,
09:15 quand on voit des gens qui se courent après avec des armes,
09:18 qu'est-ce qu'on fait ?
09:20 - On part.
09:21 - On se cache.
09:24 On se cache et on se rapproche d'un...
09:27 - D'un endroit sûr.
09:28 - D'un endroit sûr et d'un adulte.
09:30 Et d'un adulte.
09:31 On se rapproche d'un adulte.
09:33 - Et on demande à un monsieur, je peux me cacher derrière vous ?
09:36 - Des récits qui se multiplient depuis la rentrée de septembre
09:43 dans la classe de Laure-Elissa Garaï.
09:46 - C'est la première fois que j'entends tout ça
09:49 en n'ayant travaillé que dans les quartiers.
09:52 C'est la première fois que j'entends tout ça.
09:54 Des histoires de fusillades, de course-poursuites, de tirs de...
09:58 Voilà, c'est la première fois.
10:00 Donc, oui, moi, j'ai travaillé pas que dans des écoles classiques,
10:04 j'ai travaillé que dans des écoles REP+
10:06 C'est la première fois que j'entends tout ça
10:09 de la part de petits-enfants de 6, 7 ans.
10:12 - C'est dur à vivre, ça, en tant qu'enseignante ?
10:15 - C'est dur parce que je sais plus quoi répondre.
10:18 Je sais plus, et pourtant, c'est la première année que je suis là.
10:22 J'essaye de les rassurer comme je peux,
10:25 mais je ne sais plus quoi répondre.
10:27 - Longtemps, le trafic de drogue est resté aux portes du groupe scolaire.
10:33 Mais plus maintenant.
10:35 - C'était le 4 décembre, sur le temps périscolaire,
10:39 c'est le temps de cantine, midi, midi, midi et quart.
10:42 Les enfants jouent dans la cour, en attendant leur tour pour manger,
10:45 parce qu'il y a deux services, et puis, d'un seul coup,
10:48 on entend hurlement, on voit les enfants courir,
10:51 et là, on se rend compte qu'il y a deux personnes cagoulées
10:54 qui ont pris pied dans la cour et qui fuient,
10:57 en courant vers la barrière, bien évidemment,
11:00 effrayant les enfants, frôlant les enfants.
11:02 Ça crie, ça hurle, et eux, traversent la cour.
11:05 - Deux trafiquants viennent de sauter dans la cour pour fuir la police.
11:10 Depuis les toits, en quelques secondes,
11:15 ils sont au milieu des élèves.
11:17 L'alarme intrusion doit être déclenchée.
11:22 - C'est une peur, c'est une situation
11:30 qu'on ne devrait pas vivre dans une école.
11:32 On est tous préparés, avec le plan Vigipirate,
11:37 à déclencher des alertes d'intrusion, attentat.
11:40 Et je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'écoles
11:42 qui l'ont déclenchée ces dernières années.
11:44 Nous, on doit en être, en deux ans,
11:46 à cinq ou six déclenchements, avec individus dans la cour.
11:49 C'est-à-dire avec stress, avec soit évacuation,
11:52 soit, si c'est en classe, confinement sous les tables,
11:55 portes fermées, attente de la police
11:57 pour voir si des individus sont sortis,
11:59 donc grosse situation de stress
12:01 pour les personnels et pour les enfants.
12:03 Et pour les familles qui entendent la sirène.
12:06 - Alors, pour éviter ces intrusions,
12:09 l'école Bruguier se barricade.
12:11 Ce matin-là, deux ouvriers sont chargés
12:15 par la mairie de Nîmes de poser ces barrières.
12:17 - On aurait dû mettre les pattes après.
12:19 - 86 panneaux métalliques de 3 m de hauteur
12:23 pour encadrer les bâtiments.
12:27 - Coût total des travaux, plus de 50 000 euros.
12:30 - Apparemment, on met ça, oui, pour sauver l'école,
12:32 mais c'est bien dommage.
12:34 C'est bien dommage, parce que...
12:37 On devrait pas être obligé de sauver une école.
12:40 Une école, ça devrait être pour tout le monde,
12:43 sans distinction,
12:46 sans vouloir la barricader,
12:48 de la monter 3 m de haut.
12:50 Pour moi, c'est absurde. C'est absurde.
12:52 Mais bon, c'est comme ça.
12:55 Mais alors qu'ils viennent de débuter le chantier,
12:59 les ouvriers sont interrompus
13:02 par 2 jeunes hommes qui les mettent en garde.
13:05 - Ce sera pas possible.
13:07 Ça va sauter, ça, dans une semaine, avec des voitures,
13:09 avec du feu, avec n'importe quoi.
13:11 Nous filmons discrètement.
13:13 - C'est pas moi, personnellement, qui va le faire.
13:15 Mais les gens, ils laisseront pas faire.
13:17 - Ça sert à rien de venir mettre 2-3 barrières,
13:19 cet argent que vous êtes en train de jeter,
13:21 qui va aller à la poubelle, parce que ça va aller à la poubelle.
13:23 Ils laisseront pas faire qu'une semaine, les barrières.
13:25 - Il le sait, le monsieur. - Moi, je vous l'ai dit.
13:27 Vous savez pas où vous êtes, ici.
13:29 Monsieur, le trafic de superflats, il s'arrêtera jamais.
13:31 La police, elle le sait. Tout le monde le sait.
13:33 Dans toutes les villes, c'est pareil.
13:35 Il y a eu mort d'hommes, il y a du sang qui a été versé pour ça.
13:37 - Il y a pas mal de gens qui vous parlent, là, depuis ce matin.
13:39 - Oui. - C'est de l'intimidation, pour vous ?
13:41 - Non, moi, ça m'intimide pas.
13:43 Ça me met pas de pression.
13:45 Je pose et je vais réapprendre par la suite
13:47 si c'est par terre ou pas.
13:49 Mais bon, vu comment je vais l'essayer, à mon avis,
13:51 ça sert pas par terre de mienne non plus.
13:53 - Aujourd'hui,
13:57 les barrières sont toujours en place
13:59 et encadrent plus de la moitié du groupe scolaire.
14:02 Mais cela ne suffit pas.
14:07 Démonstration 3 semaines plus tard,
14:09 au même endroit.
14:11 Un individu vient d'être aperçu
14:13 sur le toit de l'école maternelle.
14:17 Quand la police municipale arrive...
14:19 Plus personne.
14:25 Mais des preuves de l'intrusion.
14:27 Un téléphone portable utilisé par les dealers.
14:34 Et quelques dizaines de grammes de cannabis.
14:43 - Ah, ok.
14:45 - Ça, c'est la pipière.
14:47 - C'est là.
14:49 - 14h.
14:51 - C'est sur le toit de l'école maternelle.
14:53 - Voilà, c'est ce qu'on retrouve.
14:55 C'est régulier, ça ?
14:57 - C'est récurrent. C'est tout le temps.
14:59 La mairie a fait le nécessaire
15:01 pour monter les grillages plus haut,
15:03 mais ça suffit pas, visiblement.
15:05 - Là, il y a quoi, là ?
15:07 - Il y a un peu de la veux.
15:09 - C'est cheat.
15:11 - Ça, ça doit être 20 euros.
15:13 20 euros, 40, 60...
15:15 Il y a peut-être 90, 100 euros.
15:17 Ça, c'est de la petite prise journalière,
15:19 on va dire.
15:21 Une demi-heure, c'est vendu, ça.
15:23 - On a retrouvé des valises pleines,
15:25 des gros sacs.
15:27 - L'équivalent, il y a 15 jours,
15:29 on l'a fait avec la police nationale,
15:31 on a récupéré 2 kilos.
15:33 - Comment on fait pour lutter contre ça ?
15:35 - On essaie d'être là tous les jours
15:37 par notre présence, en prévention.
15:39 Et malgré tout, ça va.
15:41 Ça suffit pas. Le trafic est plus fort que nous.
15:43 - Plus fort que la police ?
15:45 - Oui. Malheureusement, ici, oui.
15:47 - C'est bon ou quoi ?
15:51 - Là, ça crie.
15:53 Voilà.
15:55 - Les policiers nationaux et municipaux
15:57 sont de plus en plus présents dans le quartier,
15:59 mais ils semblent fatalistes.
16:01 À l'école,
16:05 à chaque fois, les incidents sont consignés.
16:07 - Ils ont perquis sur les...
16:09 - Rapportés aux autorités.
16:11 - Allez, ça roule, ma poule.
16:13 On met les cadeaux, hein ?
16:15 - L'Education nationale, la mairie, la préfecture.
16:17 - Et on met pas monsieur Castex ?
16:19 On a un rime, franchement.
16:25 Ce jour...
16:27 - Un individu s'est introduit sur le toit.
16:29 - Tu l'as pas vu passer ?
16:31 - Non.
16:33 - Sur le...
16:35 - Toit de la maquette.
16:37 - Restez à votre disposition. Cordialement.
16:39 Allez, c'est bon, ça part.
16:43 Hop. Voilà.
16:45 - On a l'impression que vous êtes pas surpris.
16:47 - Non, on est pas surpris.
16:49 On est énervés.
16:51 On va passer une après-midi à s'occuper de ça.
16:53 Et ça commence à bien faire.
16:55 Ça, plus mardi dernier,
16:57 c'est fatigant.
16:59 On a autre chose à faire.
17:01 On a tout un tas de dossiers pour les enfants en difficulté.
17:03 Et ça nous prend du temps.
17:05 C'est pas normal.
17:07 Mais pour certains professeurs,
17:13 ce climat de tension au quotidien
17:15 est devenu invivable.
17:17 L'un d'eux nous a donné rendez-vous
17:21 à l'extérieur du quartier.
17:23 Frédéric Lafay enseigne depuis 17 ans
17:25 au chemin Bas-d'Avignon.
17:27 Il est professeur spécialisé
17:29 pour les élèves en difficulté
17:31 et se déplace régulièrement
17:33 entre plusieurs établissements.
17:35 - Par la présente, je tiens à détailler
17:39 les événements qui m'ont conduit à m'arrêter.
17:41 14 décembre 2020.
17:43 Interpellation et contrôle par les chauffeurs,
17:47 personne payée par les dealers
17:49 pour les prévenir de l'arrivée de la police
17:51 lors de mes déplacements
17:53 entre mes écoles d'intervention.
17:55 Et je crois que c'est...
17:57 En écrivant ce courrier,
17:59 j'ai compris tout ce que j'avais traversé.
18:01 - Il y a 6 mois,
18:05 alors qu'il se rend à pied d'une école à une autre,
18:07 il est stoppé par un trafiquant de drogue
18:09 à l'entrée de cette ruelle
18:11 qu'il a l'habitude d'emprunter.
18:13 - Arrivé devant ce raccourci,
18:17 je me fais interpeller, en fait.
18:19 C'est "Oh, monsieur, vous allez où ?"
18:21 Dans un premier temps,
18:23 je ne m'arrête pas, je continue.
18:25 Et puis c'est "Vous êtes de la police ?"
18:27 J'emploie le mot
18:29 d'interpellation
18:31 parce que c'était tout à fait ça.
18:33 J'ai eu l'impression de vivre un contrôle d'identité.
18:35 "Qui êtes-vous ? Où allez-vous ?"
18:37 Au début, ça me surprend.
18:39 Et puis ensuite,
18:41 c'est un peu la panique dans ma tête
18:43 parce que je me rends compte
18:45 que je ne connais pas la personne,
18:47 qu'il est potentiellement armé,
18:49 que je suis dans une petite ruelle
18:51 à l'écart de tout.
18:53 Donc oui,
18:55 un sentiment un peu de panique, oui.
18:59 - Les faits sont signalés
19:01 au directeur de l'école
19:03 et une plainte est déposée
19:05 car Frédéric Lafaye n'est pas le premier enseignant
19:07 à être ainsi filtré.
19:09 Trois jours plus tard,
19:11 le professeur est convoqué au commissariat de quartier.
19:13 - Je suis reçu par un policier
19:17 qui me pose des questions
19:19 et qui ensuite me montre un fichier
19:21 avec des photos de personnes.
19:23 Je reconnais une personne.
19:25 Le policier prend ma déposition.
19:27 Je sors du commissariat.
19:29 Et là,
19:31 je fais quelques mètres dans la rue
19:33 et je me fais à nouveau interpellé
19:35 par la même personne
19:37 qui m'avait interpellé
19:39 trois jours avant,
19:41 qui me dit "mais je te connais,
19:43 tu es l'instit, tu travailles dans le quartier.
19:45 Tu sors du commissariat.
19:47 Il y a un problème.
19:49 Il y a un problème."
19:51 - La discussion n'ira pas plus loin.
19:53 Mais pour le professeur,
19:55 c'est l'épisode de trop.
19:57 Cinq semaines d'arrêt de travail,
19:59 reconnu accident de service.
20:01 - Suite à d'autres événements,
20:05 je me suis rendu compte qu'à un moment,
20:07 mon corps a lâché, quoi.
20:09 Je n'en pouvais plus.
20:11 C'était trop pour moi.
20:13 Je pouvais plus.
20:15 Je pouvais plus.
20:17 C'est-à-dire qu'à un moment,
20:19 ça a été des maux de tête terribles,
20:21 de grosses migraines,
20:23 ça a été des troubles du sommeil,
20:25 ça a été des moments...
20:27 Ouais, des crises d'angoisse, quoi.
20:29 - Aujourd'hui, Frédéric Laffaille va mieux.
20:35 Mais il a demandé sa mutation.
20:37 - Ils ont un peu réussi à me faire partir,
20:39 mais c'est aussi une solution
20:41 pour aller mieux.
20:47 - Il a décidé de partir pour ne plus subir.
20:49 Comment un trafic de stupéfiants
20:55 a-t-il pu autant s'enraciner?
20:57 Au point de contrôler les allées
21:01 venues de ceux qui travaillent dans le quartier.
21:03 Au point de dissuader des professeurs
21:05 de continuer à y enseigner.
21:07 Au point de perturber le fonctionnement des écoles.
21:11 L'histoire du chemin Badavignon
21:15 est la seule de dizaines d'autres quartiers en France.
21:17 Sur ce terrain, qui n'était alors qu'un vaste jardin
21:21 où les maraîchers cultivaient légumes et fruits,
21:23 s'élève maintenant
21:25 un ensemble d'habitations modernes HLM.
21:27 Construit au début des années 60
21:31 pour accueillir les rapatriés d'Algérie,
21:33 il connaît la montée du chômage dans les années 80
21:35 et cumule aujourd'hui les difficultés.
21:37 Près de 60% des habitants
21:41 vivent sous le seuil de pauvreté.
21:43 70% sont sans emploi.
21:45 Ici, un habitant sur deux
21:49 gagne moins de 11 000 euros par an,
21:51 900 euros par mois
21:55 et souvent beaucoup moins.
21:57 C'est d'abord sur cette précarité
21:59 que le trafic a germé.
22:01 En face de l'école,
22:03 les restos du cœur ne désemplissent pas.
22:05 Était comme hiver.
22:07 Bonjour.
22:09 Deux personnes.
22:11 Plus de 500 familles en bénéficient.
22:13 Une personne.
22:15 C'est le deuxième plus gros centre
22:17 du département du Gard.
22:19 Quand on a le RSA,
22:21 on arrive à la fin du mois
22:23 et après...
22:25 Ça suffit pour une semaine.
22:27 Tout ça, c'est trop cher au supermarché.
22:29 Bonne journée, au revoir.
22:31 Ici, on croise beaucoup de femmes,
22:33 des mères de famille,
22:35 comme Fatima Benadie,
22:37 45 ans,
22:39 en fin de droit de chômage.
22:41 J'ai deux enfants.
22:43 J'ai une fille qui a deux ans
22:45 et un garçon qui a 18 ans.
22:47 Je vais ici
22:49 parce que je suis en difficulté.
22:51 Je suis seule avec mes enfants.
22:53 Ça fait maintenant plus de 10 ans
22:55 que je vis ici.
22:57 Je suis en train de me réunir
22:59 avec mes enfants.
23:01 Je suis en train de me réunir
23:03 avec mes enfants.
23:05 Ça fait maintenant plus de 10 ans
23:07 que je viens.
23:09 Je n'arrive pas à me sortir.
23:11 Heureusement qu'il y a Restaurant du Coq,
23:13 des associations qui nous aident.
23:15 - Combien il pèse ?
23:17 - Les distributions sont assurées
23:19 par une cinquantaine de bénévoles
23:21 les mardis et jeudis.
23:23 Cela fait 3 ans
23:25 que Michel Baer dirige ce centre.
23:27 - 36...
23:29 On en a pour 2 semaines.
23:31 - Chaque semaine,
23:33 il enregistre de nouvelles inscriptions
23:35 avec souvent le même profil.
23:37 - Beaucoup de personnes
23:39 viennent du Maghreb
23:41 et sont souvent seules.
23:43 Soit le mari est parti,
23:45 soit ils n'ont pas de mari.
23:47 En proportion d'une ville,
23:49 on a beaucoup de femmes seules.
23:51 C'est là aussi
23:53 parce que souvent, ces femmes seules
23:55 n'ont aucun revenu.
23:57 - Une association essentielle
23:59 pour les fous de famille
24:01 est devenue elle aussi victime collatérale
24:03 du trafic.
24:05 L'an dernier, veille de Noël,
24:07 des coups de feu retentissent
24:09 pendant la distribution.
24:11 - Philippe était donc
24:13 sorti dehors avec Laurence,
24:15 qui est à l'accueil,
24:17 pour fumer leur cigarette.
24:19 Il y avait 2 jeunes qui étaient
24:21 un peu décalés par rapport à eux.
24:23 D'ici là-bas, sous le porche,
24:25 est arrivé un jeune aussi.
24:27 Et ils l'ont vu
24:29 dégainer
24:31 et tirer
24:33 en direction des 2 jeunes qui étaient ici.
24:35 - Un règlement
24:37 de compte entre dealers,
24:39 sans victime cette fois,
24:41 mais un traumatisme pour les restos du coeur.
24:43 - Pour nous, pour moi, personnellement,
24:47 c'était une attaque
24:49 et c'était dangereux
24:51 pour nos bénévoles et pour les accueillis.
24:53 - On s'est dit, on est en danger,
24:55 on peut faire tout ce qu'ils veulent,
24:57 on n'est pas protégés, entre guillemets.
24:59 - En protestation,
25:01 l'association baisse le rideau
25:03 pendant une semaine.
25:05 Depuis,
25:07 la police municipale patrouille
25:09 au moment des distributions.
25:11 (musique)
25:13 Les restos du coeur ont rouvert,
25:23 les trafiquants n'ont pas bougé.
25:25 En début d'année, leur commerce s'affichait même en grand
25:33 sur les murs des bâtiments.
25:35 C'est un drive,
25:37 une vente à emporter qui se tient devant les garages.
25:39 Avec sens de circulation,
25:41 menus, horaires,
25:43 tarifs déstupéfiants,
25:45 adresse Internet.
25:47 Et même consignes aux clients.
25:51 Pas de casque,
25:53 pas de téléphone, pas d'écouteur,
25:55 couper le contact de la voiture.
25:57 Un point de vente qui,
26:01 selon nos informations, rapporterait
26:03 entre 10 000 et 15 000 euros
26:05 par jour.
26:07 - Vous avez vu, ils drivent, ils prennent,
26:11 ils prennent leur conscience, ils se passent.
26:13 - Facile. - Facile.
26:15 - Comme au McDo. - Ils viennent du quartier
26:17 ou ils viennent d'ailleurs ? - Non, ils viennent d'ailleurs,
26:19 ils viennent de la ville.
26:21 L'argent comme moteur
26:27 et un trafic
26:29 qui a peu à peu imposé son emprise
26:31 sur le quartier.
26:33 Sur le rideau de fer d'un commerçant,
26:39 on devine ses lettres.
26:41 Balance.
26:45 Comme un avertissement à ceux qui voudraient dénoncer.
26:47 Les menaces,
26:49 l'intimidation,
26:51 alors que notre caméra tourne encore,
26:53 nous en faisons nous-mêmes
26:57 l'expérience.
26:59 - On est gentils avec vous, là.
27:01 Moi, je dis ça pour toi, mon frère, mais un jour,
27:03 il y a 5 petits qui vont arriver, ça va vous lancer des barres
27:05 fermes dans la tête, moi, je vous le dis.
27:07 Tu vas repartir sans, t'as compris ?
27:09 Donc là, maintenant, on range tout ça, casse-toi,
27:11 avant que toi, tu repartes sans ta caméra
27:13 et que ça te boucle le crâne à toute part, tu comprends ?
27:15 - Non, ça, c'est pas sûr qu'on vous soit gentils, vous comprenez pas.
27:17 Rares sont les habitants qui acceptent de témoigner.
27:21 Certains viennent se confier
27:25 dans les locaux de cette association du quartier.
27:27 Notre présence a été acceptée...
27:31 - Faites attention.
27:33 ...à une condition.
27:35 - Non, non, non, je vous assure.
27:37 On s'engage à ne pas
27:39 diffuser ni vos visages
27:41 et à modifier vos voix.
27:43 - Cette parent d'élève
27:45 décrit le trafic de drogue
27:47 comme une toile d'araignée.
27:49 - C'est un cauchemar.
27:51 Mais c'est un cauchemar pour nous.
27:53 Il y a des trafiquants dans mon immeuble.
27:55 Donc je connais bien les parents,
27:57 les mamans, c'est des copines à moi,
27:59 donc ils sont polis,
28:01 ils vont vous dire bonjour, ils nous respectent.
28:03 Si on a des courses, ils vont porter avec vous.
28:05 Mais faut pas toucher à leur trafic.
28:07 Du moment que vous touchez pas leur business,
28:09 tout va bien pour vous.
28:11 Une fois que vous parlez
28:13 de leur business, que vous touchez,
28:15 que vous balancez, on sait qu'il y aura
28:17 des représailles derrière.
28:19 - C'est-à-dire une peur des représailles quand on parle ?
28:21 - Mais bien sûr que oui, monsieur.
28:23 Vous vous rendez pas compte ?
28:25 Même s'ils s'approcheront pas de moi,
28:27 ils s'approcheront de chez moi, de ma voiture,
28:29 ou je vous dirais, ils feront esprit
28:31 de frapper un de mes enfants.
28:33 Par exemple, il y a une maman, son fils gaieté.
28:35 Donc il a voulu arrêter ce petit.
28:37 Ils lui ont défoncé la porte,
28:39 ils ont tout saccagé chez elle,
28:41 dans sa présence.
28:43 Le petit, ils l'ont mis en sang,
28:45 sur les urgences.
28:47 Et la maman, elle était impuissante.
28:49 Elle n'a jamais porté plainte,
28:51 parce qu'elle savait ce qui allait se passer derrière.
28:53 Donc tout le quartier le sait.
28:55 C'est surtout ça, les représailles.
28:57 - Et elle l'assure,
28:59 des enfants sont désormais recrutés
29:01 par les trafiquants à la sortie des écoles.
29:03 - Ils les abordent,
29:05 ils leur proposent, ils leur montrent l'argent.
29:07 Ils leur montrent des billets d'argent.
29:09 Donc forcément, ça les tente.
29:11 Ça commence par gaieté une fois par semaine,
29:13 après c'est deux fois, après c'est toute la semaine.
29:15 Ils ont des horaires, c'est comme un travail.
29:17 Après c'est un circuit vicieux,
29:19 après on n'en sort plus.
29:21 - Tu as peur qu'on puisse influencer tes enfants ?
29:23 - Bien sûr, surtout que mon grand,
29:25 il est très, très influençable,
29:27 donc forcément.
29:29 Forcément, et puis ça grandit,
29:31 puis ça demande plus de choses.
29:33 Puis il n'y a pas les moyens de leur offrir
29:35 la vie qu'ils mériteraient d'avoir, tu vois.
29:37 Donc on fait ce qu'on peut.
29:39 On est tout le temps derrière,
29:41 on est fatigué, et on se serre la ceinture.
29:43 Moi, je me prive de tout pour mes gosses,
29:45 justement, pour pas qu'ils basculent dans ça.
29:47 C'est vraiment pas facile.
29:49 Il faut vraiment le vivre, hein.
29:51 Il faut vraiment le vivre pour comprendre.
29:53 - Elle n'a aujourd'hui plus qu'une idée en tête.
29:55 Quitter ce quartier.
29:57 La rénovation urbaine prend du temps.
30:03 Mais aux premières loges du trafic,
30:05 Christophe Boissier, le directeur,
30:07 n'en peut plus d'attendre.
30:09 - Y a 6 individus
30:15 qui sont stationnés,
30:17 assis sur le mur de l'école.
30:19 Y en a un qui fouille dans sa sacoche.
30:21 En tout cas, ça les fait beaucoup rire.
30:25 Nous, un peu moins.
30:27 Comment on peut expliquer ça aux enfants ?
30:29 Comment on peut expliquer ça aux enfants ?
30:31 Comment on peut leur dire...
30:33 "Respecte la loi si...
30:35 "si...
30:37 "si sous nos yeux,
30:39 "y a en permanence des gens
30:41 "qui bravent les forces de l'ordre et la loi
30:43 "et qui continuent tranquilles
30:45 "leur manège."
30:47 - En début d'année,
30:53 avec les responsables des 8 autres écoles du quartier,
30:55 Christophe Boissier a écrit cette lettre ouverte
30:57 au président de la République.
30:59 - Depuis de nombreuses années,
31:01 les quartiers des écoles que nous dirigeons
31:03 sont soumis à de fréquents incidents
31:05 mettant en danger nos élèves et leur famille.
31:07 - Un appel au secours.
31:09 - Forcé de constater que les conditions
31:11 de sécurité élémentaires que l'on peut atteindre
31:13 dans l'état de droit ne sont plus assurées.
31:15 - Rester sans réponse.
31:17 Ce jour-là,
31:19 5 mois après,
31:21 des membres du cabinet du Premier ministre
31:23 souhaitent s'entretenir avec lui par téléphone.
31:25 - Allô, Thomas ?
31:27 - Bonjour, tout le monde.
31:29 - Christophe Boissier décrit
31:31 la situation de l'école Bruguet.
31:33 - Ils étaient encore sur le toit et que ça crie
31:35 toute la journée. - Les dealers tout autour.
31:37 - Les cris incessants.
31:39 - Les intrusions, les règlements de comptes.
31:41 - Mais nous, au quotidien,
31:43 on est toujours dans la panade
31:45 et on est désespérés.
31:47 - De leur côté, les conseillers du Premier ministre
31:49 insistent sur les mesures mises en place.
31:51 - On a des renforts policiers.
31:53 - Les barrières autour du groupe scolaire,
31:55 les policiers, les interpellations,
31:57 les saisies de drogue, la destruction prochaine
31:59 des garages.
32:01 - La destruction des garages du Portal.
32:03 - L'Etat ne reste pas les bras croisés
32:05 face à ce que vous décrivez.
32:07 - L'entretien dure une heure.
32:09 Mais à la question principale...
32:13 - Donc, si je peux
32:15 me permettre, on ne peut
32:17 avoir la certitude
32:19 que ce que l'on vit actuellement
32:21 va s'arrêter très rapidement.
32:23 C'est-à-dire qu'on ne peut pas
32:25 déployer des moyens suffisants
32:27 pour dégager du tour de l'école
32:29 ce qui s'y passe en ce moment.
32:31 Ça, c'est impossible.
32:33 - Très bien.
32:41 Écoutez, en tout cas,
32:43 soyez assurés de notre suivi
32:45 de votre situation
32:47 locale.
32:49 Merci à vous.
32:51 - Merci, messieurs-dames.
32:53 - Merci de nous avoir reçus.
32:55 - Au revoir.
32:57 - Au revoir, Michel.
32:59 - Au revoir.
33:01 - Moi, je dis pas au revoir.
33:03 - Vous avez l'air dépité.
33:05 - Quand j'aurai ma dernière phrase,
33:07 il y a un silence radio, quand même.
33:09 Et c'est au revoir.
33:11 ...
33:27 - A l'école Bruguier,
33:29 les enseignants ont malgré tout insisté
33:31 pour maintenir le carnaval cette année.
33:33 ...
33:37 Malgré le trafic,
33:39 malgré le Covid,
33:41 jouer aux policiers et aux voleurs
33:43 comme tous les enfants,
33:45 pour de faux.
33:47 ...
33:53 Quelques heures de répit,
33:55 même pour le directeur.
33:57 - C'est une belle respiration,
33:59 de sourire.
34:01 Et des fois, ça manque, les sourires.
34:03 ...
34:05 - Oublier un instant,
34:07 un quotidien devenu trop nosel.
34:09 ...
34:11 ...
34:13 ...
34:15 ...
34:17 ...
34:19 ...
34:21 ...
34:23 ...
34:25 (Applaudissements)
34:27 [SILENCE]
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