00:00 [Générique]
00:29 Bienvenue dans ce nouveau Tueur en série.
00:31 La dernière fois, j'ai été avec Greg Tabibian.
00:33 Nous évoquions la pédophilie au travers du film
00:36 "Song of Freedom" qui est sur Apple TV maintenant,
00:39 qui est un film produit, co-produit plus exactement, par Mel Gibson.
00:43 Aujourd'hui, j'ai Charles Mathieu qui est à mes côtés.
00:46 Bonjour Charles Mathieu.
00:48 - Bonjour Arnaud.
00:48 - De quoi parle-t-on ?
00:49 - Alors aujourd'hui, nous allons parler du "Cercle des neiges",
00:52 le dernier film sorti sur Netflix, réalisé par Juan Antonio Bayona,
00:57 qui avait déjà fait les deux derniers "Jurassic World",
00:59 mais aussi le film d'horreur "L'orphelinat" en 2008.
01:03 - Waouh.
01:04 - Voilà, alors contre toute attente, on pourrait penser
01:07 que ce serait un film un petit peu pareil.
01:12 Mais il n'y a pas du tout, puisque c'est tiré de faits réels
01:16 et du roman "La Santissédade des Agnevés" de Pablo Vierci,
01:20 qui raconte l'histoire du crash d'avion qui a eu lieu en 1972
01:26 dans la Cordillère des Andes.
01:27 - Qui a fait un grand bruit.
01:28 - Voilà, avion qui transportait une équipe de jeunes rugbymen uruguayens
01:34 qui allaient jouer un match au Chili.
01:37 L'avion s'est écrasé, il y a eu de nombreux morts
01:39 et ils sont restés près de trois mois dans les montagnes
01:43 et ont été contraints au cannibalisme pour survivre.
01:46 - D'accord, donc c'est un film gore quoi.
01:48 - Non justement, pas du tout.
01:50 Et on peut être assez étonné que Juan Antonio Bayona
01:55 joue la carte de la pudeur.
01:58 Pudeur des sentiments, pudeur dans la vision du cannibalisme en lui-même,
02:04 puisque c'est souvent évoqué à travers des horchants
02:07 ou par le regard de certains personnages ou encore par des sons.
02:11 - Donc on privilégie le sens au sens, comme vous me le disiez tout à l'heure,
02:15 le sens au sensationnel quoi.
02:17 - C'est ça, et Bayona met plutôt l'accent sur la profondeur
02:24 des sentiments, la personnification des cadavres après la mort,
02:28 les questions religieuses, puisque ces jeunes sont issus d'un institut catholique.
02:34 - Qui contraste d'ailleurs, c'est une petite parenthèse que je fais,
02:36 qui contraste avec… on voit des manifestations,
02:40 on est en 72 donc après mai 68, après ces mouvements-là,
02:45 et on voit des jeunes babas, des filets, tirant sur le gauchisme d'ailleurs,
02:54 et puis eux, ils ont l'air plutôt de petits garçons propres,
02:57 issus de milieux favorisés, je dirais uruguay si j'ose dire, vieil Uruguay.
03:04 - Tout à fait, et d'ailleurs c'est doublement intéressant,
03:07 d'abord en ce qu'au début du film, ils voient ces mouvements sociaux de loin,
03:13 de manière un petit peu désintéressée, et ensuite la catastrophe
03:18 va faire qu'ils vont se retrouver en tant qu'hommes,
03:20 et deuxième élément notable, ils doivent initialement jouer un match au Chili,
03:27 Chili qui est le pendant totalitaire de l'Uruguay à cette époque-là en Amérique Latine.
03:34 - C'est exact, alors parlons de la réalisation, les acteurs…
03:42 - Alors comme c'est un film qui souffre d'un budget tout à fait…
03:48 - Modeste, c'est l'Uruguay.
03:51 - Ce ne sont pas des têtes d'affiches,
03:54 en plus comme ils interprètent de jeunes personnages,
03:58 ce sont donc des acteurs à en devenir.
04:00 - C'est des débutants, c'est des quiches quand même ou non ?
04:02 - Eh bien non, au contraire, ils ont un jeu très juste,
04:08 et je pense qu'à l'avenir on en reverra certains dans des productions plus haut niveau.
04:13 - Donc ça sonne vrai ?
04:14 - Ça sonne tout à fait vrai.
04:16 - D'accord, les images, l'ambiance ?
04:17 - Alors les images sont pour la plupart captées grâce à des drones,
04:22 dans des plans larges, ce qui rajoute un effet d'angoisse à la situation,
04:29 avec l'impression de perte au milieu d'une immensité glacée,
04:34 ce qui rappelle un petit peu Shining notamment.
04:38 - Alors justement il y a un contraste dans la bande-son qui est assez intéressant,
04:42 vous me le disiez, parce que dans la première partie où on est plutôt dans les années 70,
04:46 après dans la montagne on est hors du temps en fait.
04:48 - C'est ça.
04:49 - Il y a deux musiques différentes, expliquez-nous ça.
04:52 - Eh bien comme je disais, les premières images se passent dans un Uruguay plutôt cool,
05:00 avec une musique qui rappelle les tubes des années 70.
05:04 - Oui les tubes, oui.
05:05 - Plutôt tranquille et une fois l'accident,
05:09 qui d'ailleurs est filmé de manière extrêmement violente et extrêmement rugueuse,
05:16 on change du tout au tout et une musique qui se fait beaucoup plus oppressante,
05:21 qui là encore rappelle la musique de Shining,
05:25 on sent que Michael Giacchino travaillait les classiques.
05:30 - Très bien, alors en conclusion, à propos de…
05:32 vous parlerez après d'autres choses, mais en conclusion pour ce film.
05:35 - Eh bien de ce que j'ai vu, l'accueil au niveau du public a été plutôt bon,
05:40 avec une note avoisinant les 4 pour les sites Allociné et Sciences Critiques.
05:48 Du côté de la presse c'est un petit peu moins, 3,8, mais c'est normal.
05:52 - Peut-être qu'on s'est senti trop catholique pour une presse de gauche ?
05:54 - Probablement, probablement.
05:56 Pour ma part oui, je pense que le 4 n'est pas volé.
05:59 C'est vraiment un film qu'on peut voir sans perdre son temps.
06:03 - On ne perd pas son temps, bon, très bien.
06:05 [Générique]
06:08 Maintenant je vais vous parler de "Therapy".
06:10 "Therapy" est une mini-série en 6 épisodes diffusée sur Amazon
06:14 qui dure approximativement 5 heures.
06:17 Alors je vous lis le résumé officiel de la production.
06:20 "Therapy" est une série adaptée du roman à succès de Sébastien Fidzek,
06:25 Josie, 13 ans, fille du célèbre psychiatre Victor Lawrence,
06:29 a mystérieusement disparu sans laisser ni trace ni corps derrière elle.
06:33 Il n'y a eu aucun témoin.
06:35 Deux ans plus tard, une jeune fille énigmatique se présente.
06:39 Elle oblige Victor, donc le psychiatre, le professeur d'ailleurs de psychiatrie,
06:44 à faire face à la disparition de sa fille
06:47 et le pousse dans ses derniers retranchements psychologiques.
06:50 Alors, il est classé, c'est un film qui est classé dans la catégorie des thrillers psychologiques.
06:56 Moi je ne sais pas trop ce que ça veut dire.
06:58 Psychologie, il n'y a pas de psychologie à deux balles
07:01 pour des trolls gauchistes qui s'écoutent parler.
07:05 Thriller, oui, il y a du suspense,
07:08 je dirais un suspense qui tourne autour de la psychiatrie,
07:11 mais c'est très intéressant.
07:13 Le scénario donc est plein de rebondissements
07:16 avec une piste scénaristique qui évolue d'épisode en épisode
07:20 et on se prêlait à, comment dirais-je,
07:23 à laisser son intuition essayer ou tenter de deviner la fin.
07:28 On se trompe souvent d'ailleurs.
07:30 Alors, la réalisation, les acteurs sont surtout très bons, ils jouent très bien,
07:35 surtout la jeune fille qui est très intrigante
07:38 et le psychiatre lui, il est très torturé à souhait.
07:42 Dr House à côté, c'est un petit joueur.
07:45 Ils sont bien de chez nous, pas de diversité poussée à l'extrême.
07:48 L'action se déroule en mer du Nord, en face de l'Allemagne.
07:54 J'aime bien les séries un peu nordiques parce que c'est plutôt propre,
08:00 c'est un peu comme dans les BD de Tintin,
08:01 il n'y a pas de taille, il n'y a pas de papier par terre,
08:03 ça nettoie un peu le cerveau, ça nettoie les yeux.
08:08 Donc les images sont très belles,
08:10 les images d'extérieur surtout sont d'une très grande beauté,
08:12 c'est très bien filmé.
08:14 Les images d'intérieur, il y a un bel éclairage, de beaux plans.
08:17 En conclusion, je dirais, il n'y a pas de sexe à tout moment pour faire vendre,
08:23 pas de LGBT+…
08:25 On est dans la vraie vie.
08:26 Super Woke ne joue pas dans le film.
08:28 Super Woke ?
08:29 Super Woke, c'est mon super héros que je veux proposer à Avengers.
08:35 C'est quelqu'un comme Iceman qui, quand il touche quelque chose,
08:39 transforme en glace.
08:40 Lui, quand il touche quelque chose, il le Woke-isme automatiquement.
08:44 Il touche par exemple un homme et ça devient un trans,
08:47 il touche une femme, elle devient non-binaire,
08:49 il touche un blanc, ça devient un jaune,
08:52 enfin s'il touche un jaune, ça ne devient pas un blanc,
08:54 ça ne marche pas dans ce sens-là.
08:55 Et puis bon, c'est une série qui est plutôt normale,
09:00 qui est plutôt agréable à voir, à voir en deux soirées,
09:04 donc cinq heures de cinéma, je dis cinéma parce que pour moi,
09:06 une demi-série c'est un film découpé en tranches,
09:08 à voir en deux soirées, allo cinémes, quatre,
09:11 sens critique, mais trois, je ne sais pas pourquoi ils sont plus sévères,
09:14 et moi je mettrais quatre parce que c'est vraiment une bonne soirée.
09:17 Donc merci Charles Mathieu, la prochaine fois,
09:20 je vous retrouve avec Greg une nouvelle fois.
09:23 À bientôt.
09:24 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
09:27 Sous-titrage Société Radio-Canada
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