- il y a 2 ans
Le député Renaissance des Français de l’étranger et président de la commission des affaires européennes à l’Assemblée était l'invité du "8h30 franceinfo", samedi 11 novembre.
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00:00 Bonjour Pierre-Alexandre Langlade.
00:02 Emmanuel Macron a donc choisi de ne pas se rendre demain à la marche contre l'antisémitisme à Paris. Pourquoi ?
00:08 Je crois que le président de la République, de manière générale, n'a pas pour habitude de se rendre dans les manifestations.
00:13 Et il y aura à la tête de ce cortège la première ministre, la présidente de l'Assemblée nationale, plusieurs ministres du gouvernement,
00:20 des députés de la majorité en grand nombre. Et donc nous serons très largement représentés.
00:25 Mais vous savez, le président de la République, il est celui qui, maintenant depuis plusieurs années, s'engage avec beaucoup de forces d'abnégation pour lutter contre l'antisémitisme.
00:32 C'est lui qui a demandé aux ministres de l'Intérieur de renforcer la protection de tous les lieux de nos concitoyens de confession juive, les écoles, les synagogues.
00:40 Mais il aime aussi les symboles. Et ça aurait été un symbole fort d'être là.
00:43 Je crois que la majorité sera représentée, comme il se doit, à travers la première ministre, qui est la chef du gouvernement.
00:48 Et le président de la République a adressé un message extrêmement clair hier en disant que ces marches étaient un motif d'espoir.
00:55 Et moi, ce matin, j'aimerais qu'on sorte un peu des polémiques qui ont habité la vie politique française depuis maintenant plusieurs jours.
01:02 Parce que l'enjeu de demain est extrêmement important. Il faut que les Françaises et les Français se mobilisent massivement.
01:06 Et les petites polémiques politiciennes auxquelles on assiste maintenant depuis plusieurs jours écartent nos concitoyens de cette marche.
01:12 Il faut que ce soit d'abord une marche citoyenne avant d'être une marche politique.
01:14 On va y revenir, Pierre-Alexandre Anglade, mais un président ne peut pas manifester, y compris contre l'antisémitisme et pour les valeurs de la République ?
01:19 Si, mais le président de la République, je crois, il est en première ligne pour lutter contre toutes les formes de discrimination et contre l'antisémitisme.
01:27 Ce n'est pas la même chose de lui dire et de faire une démarche de se déplacer, vous voyez.
01:30 Oui, j'entends ce que vous voulez dire. Mais encore une fois, la chef du gouvernement, la première ministre, sera là avec des ministres du gouvernement.
01:38 Et le président de la République, encore une fois, a toujours des mots extrêmement clairs pour condamner l'antisémitisme.
01:43 C'est lui qui protège nos concitoyens de confession juive à travers les moyens qui sont mis par le ministère de l'Intérieur et le ministre de l'Intérieur général de Darmanin.
01:51 Et donc, il n'y a pas de débat à avoir sur cette question.
01:54 Le président de la République n'a pas pour habitude de se déplacer dans les manifestations.
01:57 Il sera largement représenté à travers le gouvernement, les députés de la majorité et tous les élus de la République.
02:02 Alors, hier soir, Emmanuel Macron s'est exprimé par le biais de ses conseillers, avec un point à noter, le chef de l'État qui, vous l'avez dit,
02:10 "salue avec respect celles et ceux qui marcheront demain".
02:14 Est-ce que ça veut dire que le président ne fait pas de distinction, au fond, de parti ou d'appartenance politique et appelle chacun à manifester ?
02:22 Mais c'est l'enjeu de demain.
02:24 Pardon, mais on n'a pas eu l'impression que c'était toujours le cas, y compris au sein de la majorité, ces derniers jours.
02:29 Oui, mais parce qu'il a pu y avoir une forme de confusion dans la manière dont les choses ont été amenées.
02:32 Et c'est vrai que la manière dont les responsables du Rassemblement national se sont appropriés l'appel lancé par la présidente de l'Assemblée nationale.
02:38 Ils ont juste dit qu'ils participaient.
02:40 Et le président du Sénat a pu créer un message ambigu.
02:43 Et donc, les responsables politiques que nous sommes, et moi en premier chef, et le chef de mon parti, Stéphane Séjourné,
02:48 avons dit que nous ne voulions pas manifester aux côtés du Rassemblement national,
02:52 parce que ce parti porte en lui une forme d'antisémitisme.
02:56 Il a été créé par d'anciens SS, il a été porté pendant longtemps par des personnes qui ont été condamnées pour antisémitisme.
03:02 Il y a encore, parmi ses députés, des personnalités qui ont des propos pour le moins ambigus.
03:07 Jordan Bardella lui-même, la semaine dernière, n'a pas été capable de dire que Jean-Marie Le Pen était un antisémite.
03:12 Chose pour laquelle il était condamné.
03:14 Il a enfin revenu sur ses propos, néanmoins.
03:16 Oui, il a fallu rétropédaler, mais c'est la même chose avec le Rassemblement national.
03:20 Ils disent une horreur, et puis après ils se rendent compte que ça choque dans l'opinion, et puis ils rétropédalent.
03:25 Mais le fond de sa pensée, c'est que Jordan Bardella n'a pas voulu reconnaître que Jean-Marie Le Pen avait été condamné par antisémitisme.
03:30 Tout ça pour dire que maintenant, à 24 heures de cette marche,
03:35 il faut que les polémiques cessent, parce que là on parle quand même de la vie de beaucoup de nos concitoyens,
03:40 de confessions juives, qui sont aujourd'hui dans l'inquiétude, qui pour certains vivent dans la peur,
03:45 n'osent plus porter la kippa dans la rue, changent de nom sur leur application quand ils se font livrer à manger,
03:50 sur les réseaux sociaux, parce qu'il y a aujourd'hui une résurgence de l'antisémitisme extrêmement violente dans notre pays,
03:55 et que certains de nos concitoyens sont menacés.
03:57 On ne parle pas d'un concept en l'air, on parle de la vie des gens.
03:59 Et donc il faut que les partis politiques cessent les polémiques, et que les Françaises et les Français se mobilisent.
04:03 J'entends ce que vous dites, mais la polémique, elle est quand même aussi partie de propos d'Olivier Véran,
04:07 à l'issue du Conseil des ministres mercredi, qui a estimé que le Rassemblement national n'avait pas sa place dans cette manifestation.
04:15 Est-ce que c'était bien nécessaire ?
04:17 Est-ce que finalement, ça n'a pas transformé, ça ne prend pas le risque plutôt de transformer cette manifestation
04:22 en manifestation davantage politique et de partie qu'en manifestation citoyenne ?
04:26 Il faut que ce soit une mobilisation citoyenne.
04:28 Il faut que les Français, demain, se déplacent massivement à Paris, en province,
04:33 où ils le souhaitent pour dire non à l'antisémitisme.
04:35 C'est le seul message qui doit aujourd'hui prévaloir.
04:38 Et toutes les politiques polémiques qui ont existé durant la semaine,
04:41 elles étaient valables parce qu'il faut quand même rappeler ce qu'est le Rassemblement national,
04:44 que ce n'est pas un parti comme les autres, que ce n'est pas un parti républicain,
04:47 que ses représentants aujourd'hui sont les héritiers de responsables politiques
04:51 qui ont été condamnés pour antisémitisme,
04:53 et qu'il y a dans la défense des Juifs par le Rassemblement national aujourd'hui,
04:58 une forme d'ambiguïté.
04:59 Et au fond, on ne se demande pas si c'est plutôt une dénonciation de nos concitoyens musulmans.
05:03 Dans l'actualité, il y a ce texte qui est au Sénat et qui était au Sénat
05:08 la fin de l'examen du projet de loi immigration au Sénat, avant hier, avant un vote mardi,
05:12 qui a été profondément remanié, profondément durci.
05:16 Il n'y a plus d'article 3 sur les métiers en tension, plus d'aide médicale d'État,
05:19 pas de prestations sociales avant 5 ans de présence en France.
05:22 Quand le texte va arriver à l'Assemblée, qu'est-ce qui va se passer ?
05:25 Est-ce qu'il y aura des choses à garder du texte qui a été voté au Sénat, qui sera voté au Sénat ?
05:29 Vous savez, l'élaboration d'un texte de loi, c'est toujours le fruit d'un compromis
05:32 entre les deux chambres du Parlement, entre l'Assemblée nationale et le Sénat.
05:36 La barre est très dure.
05:37 Moi, ce que je constate, c'est que le Sénat est allé beaucoup trop loin.
05:40 Il a dénaturé très profondément l'équilibre du texte
05:45 qui était porté par le gouvernement et qui était soutenu par la majorité,
05:48 qui portait de radicalité une volonté d'être beaucoup plus ferme sur les expulsions,
05:52 notamment des étrangers délinquants, et dans le même temps,
05:55 d'être capable d'intégrer celles et ceux qui travaillent
05:58 et qui aujourd'hui font tourner le pays dans les hôpitaux, dans les entreprises, dans les restaurants.
06:02 Donc, à l'Assemblée nationale, la majorité, comme l'a dit le président de la Commission des lois,
06:07 Sacha Houllier, travaillera pour restaurer l'équilibre du texte.
06:10 Le Sénat n'a pas non plus totalement supprimé l'équilibre
06:13 puisqu'il a gardé un article sur les métiers en tension.
06:16 Il a certes supprimé l'article 3 dont il ne voulait pas.
06:19 C'est l'article, pardon pour la technique et les précisions, mais c'est l'article 4 bis.
06:23 Le titre sera attribué par les préfets au cas par cas, à titre exceptionnel.
06:27 Il faudra que le demandeur du titre de séjour ait travaillé 12 mois.
06:30 Les préfets pourront vérifier son intégration.
06:33 Tout ça, ça ne vous va pas ?
06:34 C'est un parcours du combattant, ce que vous venez de préciser.
06:37 Nous, ce que nous voulons, c'est que celles et ceux qui travaillent,
06:40 qui s'intègrent dans notre pays, qui participent à la vie de la nation,
06:43 puissent exercer leur vie librement sur le territoire national
06:48 et puissent être régularisés.
06:49 C'était l'esprit de l'article 3 de la proposition de loi
06:53 proposée par le ministre de l'Intérieur, par le gouvernement et par le président de la République.
06:57 Nous, nous sommes très attachés à ce que cet article 3 sur les métiers en tension
07:00 puisse retrouver sa philosophie initiale.
07:03 Donc en fait, vous voulez revenir au texte initial,
07:04 mais ça veut dire que vous n'aurez pas le soutien de la droite
07:06 et que donc vous ne pourrez pas le faire voter.
07:07 Vous savez, moi, je me garderais bien de faire des projections
07:10 parce que nous voyons comme le Sénat s'est comporté effectivement et il a durci le texte.
07:13 Mais M. Retailleau et d'autres disaient partout,
07:16 au micro des radios, sur les plateaux de télévision,
07:19 qu'ils ne voudraient jamais de régularisation
07:21 de celles et ceux qui travaillent dans les métiers en tension.
07:23 Ils ont dénaturé l'esprit du texte.
07:25 Ils ont laissé un petit morceau.
07:28 Donc il y a un chemin pour un compromis.
07:30 Mais moi, ce que je vous dis, c'est que l'Assemblée nationale sera très ambitieuse
07:32 et qu'elle rétablira l'esprit initial du texte.
07:34 Pierre-Alexandre Anglade.
07:35 On se retrouve dans un instant,
07:36 juste après le Fil info de Diane Ferchit à 8h40.
07:39 Le Conseil régional des Hauts-de-France
07:41 estime à 10 000 le nombre de sinistrés dans le Pas-de-Calais
07:43 à cause des très fortes pluies qui ont entraîné crues et inondations.
07:46 Le département, toujours en vigilance rouge aux crues ce matin.
07:50 Plus de 3000 policiers et gendarmes seront mobilisés demain
07:53 pour la marche contre l'antisémitisme à Paris.
07:55 Le ministre de l'Intérieur indique qu'il y aura aussi sur place des unités d'élite
07:59 pour assurer la sécurité des participants.
08:01 Parmi ceux qui seront là demain,
08:03 deux anciens présidents, François Hollandais et Nicolas Sarkozy.
08:06 Emmanuel Macron, lui, ne sera pas dans le cortège,
08:09 mais ses marches sont, selon le chef de l'État, un motif d'espérance.
08:12 Emmanuel Macron qui réclame la fin des bombardements qui tuent des civils à Gaza.
08:17 Fin de l'examen du projet de loi sur l'immigration hier soir au Sénat.
08:21 Le vote solennel est prévu mardi.
08:23 Le texte qui a été durci par la droite majoritaire au Sénat
08:27 arrivera ensuite à l'Assemblée nationale.
08:29 La 12e journée de Ligue 1 de football en ouverture.
08:31 Montpellier et Nice ont fait match nul, zéro partout hier soir.
08:34 Aujourd'hui, le Paris Saint-Germain se déplace sur la pelouse de Reims.
08:37 Quatre jours après, sa déconvenue en Ligue des champions à Milan.
08:40 Coup d'envoi à 17h.
08:42 Autre rencontre à suivre, le Havre-Monaco, c'est à 21h.
08:45 Pierre-Alexandre Anglade, député Renaissance,
08:57 président de la Commission des Affaires Européennes de l'Assemblée nationale.
09:00 Vous revenez d'Ukraine, on va en parler dans quelques secondes.
09:03 Mais l'actualité est évidemment toujours dominée par le conflit
09:06 entre Israël et le Hamas, avec ces prises de position d'Emmanuel Macron
09:12 hier soir à la télévision sur la BBC.
09:15 Il avait déjà demandé un cessez-le-feu jeudi,
09:18 mais hier soir, il a exhorté Israël à cesser les bombardements de civils
09:22 qu'il juge ni justifiés, ni légitimes.
09:25 Les appels, on va dire, montent en intensité.
09:28 Pourquoi ça ne fonctionne pas ?
09:30 D'abord, il faut quand même dire que notre soutien à Israël est total,
09:33 mais qu'il n'est pas inconditionnel.
09:35 On a parfois eu des doutes dans les paroles.
09:37 Je le dis parce que précisément, ce qui fait la différence
09:41 entre une démocratie et les groupes terroristes ou un État totalitaire,
09:46 c'est le respect du droit international.
09:48 Et Israël est une grande démocratie.
09:50 Mais Israël a aussi l'impérieuse nécessité de protéger les populations civiles,
09:54 les femmes, les enfants, les hommes innocents,
09:56 derrière lesquels se cachent les terroristes du Hamas
09:59 qui ont commis le pire le 7 octobre dernier en Israël.
10:02 Et donc nous, à travers la voix du président de la République,
10:05 ce que dit le président de la République, c'est que nous soutenons Israël,
10:07 mais qu'Israël doit respecter le droit international
10:10 et que les bombardements sur les populations civiles...
10:12 - Ça n'est pas le cas aujourd'hui.
10:13 - Ce n'est pas à moi d'en juger.
10:14 Il y a des instances internationales qui doivent être capables de l'évaluer.
10:17 Mais en tout état de cause, on ne peut pas se retrouver dans un état de fait
10:20 où quotidiennement, nous avons les rapports de dizaines, de centaines de personnes
10:23 qui seraient, parce que nous n'avons pas tous les éléments,
10:26 qui seraient mortes sous les bombes israéliennes.
10:29 Il y a une situation humanitaire aujourd'hui à Gaza qui est extrêmement difficile.
10:33 La première des choses qu'il faut dire, c'est que les otages doivent être libérés.
10:36 Parce qu'ils sont... Nous avons parfois tendance à les oublier,
10:39 mais il y a encore des dizaines, des centaines d'otages qui sont aux mains du Hamas.
10:43 La deuxième chose, c'est que les populations civiles doivent pouvoir évacuer
10:46 la bande de Gaza si elles le souhaitent, pour pouvoir suivre...
10:49 - Ils vont vers le sud ou à l'extérieur ?
10:51 - Notamment vers le sud, oui.
10:52 Et puis la troisième des choses, c'est que l'aide humanitaire
10:55 doit pouvoir rentrer en plus grand nombre dans la bande de Gaza.
10:57 Et pour cela, nous avons besoin d'une trêve humanitaire,
10:59 parce qu'autrement, les denrées ne peuvent pas rentrer dans le territoire.
11:02 - Ma question était plutôt sur pourquoi ça ne fonctionne pas,
11:05 parce qu'il y a les appels de la France, mais il y a aussi eu,
11:08 et ils ont encore plus de poids sans doute, les appels des États-Unis, de Joe Biden.
11:12 Comment peut-être mettre la pression davantage sur Israël ?
11:15 - Il faut continuer à dire à nos alliés et amis israéliens
11:18 qu'il n'y aura rien de bon pour l'avenir d'Israël
11:22 en continuant à bombarder de manière excessive les populations civiles.
11:28 Et que ce à quoi nous assistons aujourd'hui à Gaza,
11:30 derrière le combat légitime contre le terrorisme, et que nous soutenons,
11:34 c'est au fond une forme de montée en tension dans la région
11:37 qui à court, moyen et long terme sera néfaste pour Israël.
11:41 Et donc Israël a le droit de se défendre, et nous le disons de manière extrêmement claire.
11:44 Et Israël doit mener la lutte contre le terrorisme de manière implacable.
11:47 Mais Israël, parce que c'est une grande démocratie, parce que c'est un pays allié,
11:51 doit aussi respecter le droit international.
11:53 - Vous revenez de Kiev où vous avez rencontré plusieurs officiels ukrainiens cette semaine.
11:57 On entend des doutes, parfois côté ukrainien,
12:00 notamment sur la question de la côte offensive.
12:02 Est-ce que vous, vous avez pu constater,
12:04 ou est-ce que vous ressentez que le conflit est actuellement dans une impasse ?
12:07 - Je ne dirais pas qu'il est dans une impasse,
12:09 mais nous sommes dans un moment extrêmement difficile de la guerre.
12:12 Nous sommes dans un moment difficile parce que les Ukrainiens
12:14 se battent avec beaucoup de courage, beaucoup de détermination,
12:17 face à un ennemi qui, lui, n'a aucune considération pour la vie humaine.
12:21 Et donc, ce que nous savons, ce que nous voyons,
12:24 ce que les Ukrainiens nous racontent, ce que les renseignements nous disent,
12:27 c'est que les Russes envoient au front des dizaines, des centaines,
12:31 des milliers de soldats se faire abattre comme de la chair à canon.
12:35 Et que face à ça, eux, les Ukrainiens, accordent évidemment
12:38 beaucoup plus d'importance à la vie humaine.
12:40 Et que cela crée une forme de déséquilibre entre des Russes
12:43 qui, au fond, n'accordent aucune importance à la vie de leurs soldats
12:46 et les Ukrainiens qui essayent de la préserver.
12:48 Mais la contre-offensive, dont on a beaucoup parlé,
12:50 elle ne se matérialise pas par une percée très forte.
12:53 Non, mais les Ukrainiens ont avancé quand même depuis le mois de juin dernier.
12:58 Village par village.
12:59 Mais c'est extrêmement dur.
13:00 C'est dur parce que, pour les raisons que je venais d'expliquer,
13:02 les forces russes qui sont en position défensive sont toujours plus difficiles.
13:05 Et puis, des moyens qui, parfois, font défaut à l'Ukraine.
13:08 Et moi, ce que j'ai envie de dire ce matin, c'est que nous ne devons pas
13:11 oublier l'Ukraine parce que cette guerre nous engage,
13:14 mais que nous devons, nous, Occidentaux, Européens,
13:17 continuer à fournir de l'armement qui, parfois, fait défaut aux Ukrainiens.
13:20 Et que, à l'approche de l'hiver, il faut les aider à protéger leur ciel.
13:26 Et notamment à travers les missiles de type défense sol-air
13:29 parce que là, les Russes ne bombardent pas, notamment Kiev et d'autres villes du pays,
13:33 depuis plusieurs semaines.
13:34 La grande crainte à Kiev, c'est que, dans les jours qui viennent,
13:37 à partir du moment où l'hiver va revenir,
13:39 ces bombardements reprennent de manière intensive
13:42 pour aller frapper les infrastructures civiles,
13:44 notamment énergétiques, pour plonger les Ukrainiens dans le noir et dans le froid.
13:48 Et donc, face à cela, il faut évidemment continuer à soutenir nos alliés ukrainiens
13:52 qui mènent un combat essentiel, essentiel, presque vital,
13:56 pour l'avenir du continent européen.
13:57 Kiev, l'Ukraine, c'est aujourd'hui le bouclier de l'Europe.
14:00 Alors, l'Europe, justement, et la Commission européenne
14:02 ont rendu un avis positif cette semaine au lancement de négociations
14:06 d'adhésion, d'une part, de la Moldavie, mais donc aussi de l'Ukraine.
14:10 Pour bien comprendre, il s'agit juste, pour l'instant,
14:13 d'envoyer un signal de soutien de Kiev vis-à-vis de Moscou, c'est ça ?
14:19 Non, il s'agit de dire que l'Ukraine a toute sa place dans la famille européenne.
14:24 L'Ukraine est déjà membre de cœur de notre Union
14:27 par le combat acharné qu'elle mène pour la liberté,
14:30 pour la démocratie, pour sa souveraineté.
14:32 Moi, je rappelle à nos auditeurs que l'Ukraine n'a pas été attaquée
14:34 pour ce qu'elle fait, elle n'agresse et ne menace personne,
14:37 elle a été attaquée pour ce qu'elle est,
14:38 c'est-à-dire un pays libre, démocratique,
14:40 et qui a fait le choix de se tourner vers l'Europe.
14:42 Et depuis maintenant un an et demi de guerre totale,
14:45 les Ukrainiens ont non seulement mené le combat sur le front,
14:48 mais ils ont aussi entrepris des réformes essentielles
14:50 pour être capables, progressivement, de rattraper les standards européens
14:53 et peut-être un jour, d'intégrer l'Europe.
14:56 Sachant qu'on parle de loin, on part de loin, notamment sur la question de corruption,
15:00 sur des questions comme ça qui sont très compliquées à réellement réformer,
15:04 au-delà du fait qu'aujourd'hui l'Ukraine est un pays en guerre
15:07 et qu'il ne pourrait pas rentrer en l'état au sein de l'Union Européenne,
15:10 est-ce que demain, qu'elle garantit que l'Ukraine se réformera suffisamment
15:14 pour rentrer dans les standards européens ?
15:16 Vous avez raison de dire que la corruption est, après la Russie,
15:19 le plus grand ennemi de l'Ukraine,
15:21 et que dans ce pays, il y a eu historiquement une corruption extrêmement profonde
15:25 à tous les niveaux de l'État, de la société,
15:27 mais les Ukrainiens, depuis maintenant un an et demi,
15:30 passent un certain nombre de lois pour réformer leur système judiciaire,
15:33 pour lutter contre toute forme de corruption au sein de l'État.
15:36 Le président Zelensky a pris des décisions extrêmement courageuses
15:39 pour limoger des responsables politiques,
15:41 des responsables publics qui avaient été convaincus de corruption,
15:44 et quand la présidente von der Leyen, la présidente de la Commission Européenne,
15:47 dit cette semaine que l'Ukraine a rempli près de 90% des critères
15:51 pour pouvoir ouvrir les négociations de son désir,
15:53 ça compte aussi pour la corruption, mais il y aura évidemment encore du travail à faire.
15:56 Pour bien comprendre, Pierre-Alexandre Anglade,
15:58 ça veut dire quelle échéance quand même,
16:00 parce qu'on sait que, par exemple, les Balkans,
16:02 ils attendent depuis une vingtaine d'années pour certains pays,
16:04 pour que les auditeurs comprennent, c'est pas l'année prochaine,
16:07 c'est pas dans deux ans, c'est dans beaucoup plus que ça.
16:10 Il faut quand même que tout le monde comprenne que l'Ukraine ne sera pas demain dans l'Union Européenne.
16:13 Il y a un avis positif qui a été donné par la Commission Européenne
16:16 pour ouvrir les négociations d'adhésion,
16:18 mais la décision revient d'abord au chef d'État et de gouvernement,
16:20 au Conseil du mois de décembre, et donc c'est là que les chefs d'État auront à décider.
16:23 Avec le risque que ce soit bloqué par l'Octobre Orban ?
16:26 Tout est possible, mais c'est une décision politique.
16:28 Et vous savez qu'à la fin, cet élargissement de l'Union est nécessaire
16:32 pour renforcer notre racisme géopolitique.
16:35 Et au fond, on a plutôt intérêt à intégrer dans notre espace
16:38 des pays qui aujourd'hui peuvent être déstabilisés,
16:42 plutôt que les laisser dériver vers la Russie ou vers d'autres puissances autoritaires
16:46 qui cherchent à nous affaiblir et à remettre en cause
16:49 ce que sont nos valeurs, la paix, la liberté et la démocratie en Europe.
16:52 Pierre-Alexandre Langlade, merci beaucoup.
16:53 Vous êtes député en renaissance des Français de l'étranger,
16:55 président de la Commission des affaires européennes à l'Assemblée Nationale.
16:58 Merci d'avoir répondu au 8.30 de France Info.
17:00 Merci de m'avoir accompagné, on se retrouve demain.
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