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  • il y a 3 ans
Vidéo de la table ronde "Les interactions pollinisateurs sauvages/abeille domestique" (Université de Bordeaux - Wild Bees life - INRAE - Région Nouvelle-Aquitaine).

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Transcription
00:00:00 [Musique]
00:00:08 Donc on va clore la journée par ce deuxième table ronde autour des interactions abeilles domestiques et pollinisateurs sauvages.
00:00:16 Donc autour de ce thème de table ronde qui est un sujet important,
00:00:21 on en parle de plus en plus de ces interactions,
00:00:26 donc on a proposé pour en discuter à Guillaume Antenor qui est de la DANA,
00:00:36 qui va nous parler un petit peu de sa structure et de finalement la façon dont il positionne son regard par rapport à cette thématique.
00:00:46 Et puis nous terminerons ensuite Patrick GOLFIER, donc vision plus vue par l'enseignement,
00:00:53 notamment dans un lycée à l'école, c'est ça, tu es dans l'autégaronne.
00:00:59 Et puis ensuite on aura l'intervention de Rémi qui nous fera une petite présentation sur des travaux qu'il a menés ces dernières années sur la pollinisation du châtignier.
00:01:10 Et vous verrez qu'on parlera d'une interaction abeilles domestiques et pollinisateurs sauvages,
00:01:16 donc un bel exemple développé à l'échelle locale.
00:01:21 Et puis avec Benoît et Fabrice qui ont un petit peu approfondi ces questions d'un point de vue scientifique,
00:01:28 qui apporteront également leur regard et puis on discutera de tout ça.
00:01:33 Puis bien sûr on vous donnera également la parole dans la salle et sur le chat pour amener vos questionnements et vos commentaires sur ce sujet.
00:01:43 Je te laisse la parole Guillaume.
00:01:45 Très bien, en tout cas merci beaucoup pour cette invitation,
00:01:49 je suis très heureux que l'apiculture soit un tout petit peu l'apiculture professionnelle puisse avoir un petit peu de place parmi vous aujourd'hui.
00:01:59 D'abord bravo, bravo parce que c'est ce genre d'initiative dont on a tous besoin.
00:02:06 Il y a une quantité de talent au mètre carré dans cette pièce.
00:02:11 Chacun travaillant sur des thématiques à la fois connexes effectivement,
00:02:18 mais chacun dans son pôle, dans son financement, dans sa région éventuellement.
00:02:22 J'observe quand même avec pas mal de satisfaction que le limousin est surreprésenté.
00:02:29 Venante Corrèze, je m'en félicite.
00:02:31 Et ça m'amène effectivement à une réflexion sur l'engagement et sur la sanctuarisation à tous les niveaux,
00:02:41 c'est à dire au niveau de nos pratiques, donc au niveau professionnel pour les chercheurs comme pour les apiculteurs,
00:02:47 et puis au niveau peut être plus éthique, déontologique et politique derrière.
00:02:55 Parce qu'effectivement, tout ça a un livrable, tout ça a un objectif et l'objectif, c'est bien de conscientiser,
00:03:02 comme les apiculteurs pro le font depuis plus de 40 ans maintenant,
00:03:06 la population et nos politiques sur les enjeux actuels.
00:03:12 Donc effectivement, on est dans une situation, alors je ne sais pas si l'abeille domestique est championne de la pollinisation.
00:03:17 Nous, c'est vrai qu'on a notre métier, mais on voit le pollinisateur, on dézoome un peu plus,
00:03:24 on voit les choses de façon un peu plus globale.
00:03:27 Et puis on s'inquiète beaucoup, on s'inquiète beaucoup parce que toutes les évolutions dont on a parlé depuis tout à l'heure,
00:03:35 elles ont une incidence sur notre métier.
00:03:37 Alors même que nous étions fers de l'an, si vous voulez, de la conscientisation autour de ces thématiques,
00:03:41 aujourd'hui on est nous-mêmes, de façon un peu généralisante parfois, mis en cause dans ces fameux sanctuaires.
00:03:49 Puisqu'évidemment, c'est dans ces lieux que tous les gens qui ont un engagement dans la nature se retrouvent.
00:03:55 Alors forcément, il va bien falloir qu'on trouve des espaces pour discuter, travailler ensemble,
00:04:00 et puis pas rentrer dans le jeu de la division ou du procès d'intention qui pourrait nous porter tort.
00:04:07 Là où peut-être d'autres essaient de mettre un coup de canif dans le contrat,
00:04:10 on pense peut-être à la culture de la betterave ou autre,
00:04:14 qui n'a de cesse d'être proactive pour casser les éléments les plus radicaux du plan pollinisateur.
00:04:20 Donc de ce point de vue-là, la Dana en tant que structure, que je présente tout de suite,
00:04:25 donc la Dana, moi je m'engage, l'engagement c'est un engagement aussi associatif
00:04:29 dans des structures de mutualisation, dans des structures d'intelligence collective.
00:04:33 Et la Dana, qui est l'association de développement de l'apiculture de Nouvelle-Aquitaine,
00:04:37 qui est un acteur majeur de la recherche et du développement sur le territoire,
00:04:42 la Dana c'est cet espace où les professionnels, 60% environ des professionnels de Nouvelle-Aquitaine,
00:04:49 se retrouvent dans leur diversité, s'agitient, puisqu'il n'y a pas une apiculture,
00:04:53 mais bien plusieurs apicultures, notamment professionnelles,
00:04:57 se retrouvent pour grandir techniquement, grandir éthiquement, déontologiquement,
00:05:02 avancer avec cet axe qui nous est donné par nos financeurs, mais aussi par nos adhérents,
00:05:08 qui est de défendre une apiculture qui soit durable, donc durable, inscrite dans son territoire, dans son terroir.
00:05:14 Donc voilà, en Nouvelle-Aquitaine, vous allez avoir plusieurs types d'apicultures.
00:05:17 Vous avez effectivement des gens qui sont plus au sud, qui vont être pris par des enjeux aussi climatiques,
00:05:23 comme les autres, et qui vont avoir peut-être une intensification de leur pratique,
00:05:29 notamment de transhumance, pour aller là où ils demeurent encore, des sanctuaires de fleurs,
00:05:34 puisqu'on a tous à cœur de faire un travail de qualité, avec des miels de qualité.
00:05:40 Et puis vous avez une apiculture qui serait plus une apiculture justement issue de ces terroirs,
00:05:46 et qui tente de défendre aujourd'hui cette inclusion dans leur territoire,
00:05:54 en valorisant leur pratique via notamment des démarches de qualité.
00:05:58 On a l'IGP Miel des Landes, par exemple, pour les Landes, mais on a aussi des initiatives en Limouse.
00:06:03 Donc moi, je vais faire maintenant un petit focus sur le plateau de Milvache,
00:06:06 puisque c'est une problématique que je connais bien, et puis qu'on a pas mal de gens du Limousin.
00:06:11 Aujourd'hui, sur le plateau de Milvache, on a effectivement une vraie réflexion éthique,
00:06:17 comme je l'évoquais tout à l'heure, avec notamment les PNR, et puis tous les acteurs locaux
00:06:24 qui mettent en question cette problématique des pollinisateurs sauvages et de l'abeille domestique.
00:06:31 Donc effectivement, j'ai des collègues qui prennent ça très mal,
00:06:34 puisque leur engagement, comme le vôtre, il a été du côté de la nature toute leur vie,
00:06:40 et aujourd'hui, ils sont mis en cause.
00:06:42 Donc, alors qu'ils sont dans des dispositifs MAEC, qu'ils ont des ruchés qui sont plutôt raisonnables,
00:06:48 avec un amour de leur environnement,
00:06:51 eh bien, ils sont mis en cause par des communications souvent maladroites de nos médias.
00:06:58 Et ça, vous connaissez bien.
00:07:01 On intervient et puis on prend deux lignes sorties de leur contexte.
00:07:05 Et donc, notre travail, il est aussi de se réapproprier la communication autour de nos pratiques,
00:07:09 autour justement de notre désir de pacifier un peu les relations entre nous.
00:07:15 Donc, ma présence ici, elle sera de, bien sûr,
00:07:20 montrer à quel point les apiculteurs professionnels souhaitent avancer avec la recherche.
00:07:27 Pas seulement la recherche qui concerne leur production et puis leur performance,
00:07:33 mais aussi la recherche fondamentale, la recherche la plus objective qui soit.
00:07:39 Et on a besoin de données.
00:07:41 On a besoin de données, d'une part, parce qu'on ne veut pas s'enfermer dans du déni par rapport à nos propres pratiques.
00:07:46 On veut avancer, on veut progresser.
00:07:48 Et d'autre part, parce qu'on doit valoriser nos pratiques.
00:07:52 Et pour valoriser nos pratiques, on ne peut pas le faire sur rien.
00:07:54 On a besoin de savoir caractériser nos ressources,
00:07:57 caractériser justement cette compétition sur des territoires.
00:08:02 J'insiste là-dessus, qu'ils soient ciblés avec une vraie recherche qualitative
00:08:08 et qu'on sorte un petit peu, si vous voulez, des généralités qui pourraient concerner d'autres territoires.
00:08:14 Donc, c'est là, pour moi, un vrai, un véritable appel aujourd'hui.
00:08:17 C'est-à-dire que tous ces talents, on en parlait tout à l'heure autour d'un café.
00:08:21 Pour moi, tous ces talents, en articulation avec les politiques qui essayent d'aller vers ça,
00:08:28 eh bien, allons-y, mettons-nous autour de la table, autour d'un comité d'orientation de filière,
00:08:33 mettons en place 2, 3 projets délivrables qui soient clairs
00:08:37 et qui permettent aux abeilles domestiques et sauvages d'avancer dans le même sens,
00:08:42 de tirer dans le même sens.
00:08:43 Avant que, peut-être, des politiques pas très au courant de la situation,
00:08:48 pas très étayées dans leur dossier, nous pondent des lois
00:08:50 qui viennent peut-être réguler nos professions,
00:08:53 pas forcément dans le sens du social et de l'écologie.
00:08:57 Donc voilà, merci pour ce temps, j'espère que derrière,
00:09:01 on aura l'occasion de travailler ensemble pour des livrables un peu plus concrets.
00:09:06 Il y a d'autres exemples, je voulais parler un petit peu de "be friendly"
00:09:09 que tu vas évoquer aussi.
00:09:11 Pour ça, il faut des espaces neutres,
00:09:14 parce qu'effectivement, on a des défenses de nos métiers via les syndicats,
00:09:17 mais pour la partie technique et pour la recherche,
00:09:20 on a besoin d'espaces neutres.
00:09:21 Et nos associations techniques, à mon avis,
00:09:23 c'est tout le sens de mon engagement,
00:09:25 c'est le meilleur contexte dans lequel on peut faire émerger ces débats
00:09:31 de façon sereine.
00:09:33 Et notamment, il y a les ADA, évidemment,
00:09:36 mais il y a aussi des associations comme "be friendly"
00:09:39 qui ont cette originalité de prendre en compte le travail en amont,
00:09:44 c'est-à-dire du producteur avec toute la partie cahier des charges,
00:09:49 mise en place des pratiques, pédagogie, formation,
00:09:53 et puis l'aval en valorisant les démarches de ces producteurs.
00:09:57 Et ça, c'est très important,
00:09:59 parce qu'on ne peut pas aller vers l'agriculture
00:10:01 avec des procès d'intention ou des procès à charge.
00:10:05 Il faut aussi des solutions.
00:10:06 Une solution concrète, je vais vous en donner une tout de suite,
00:10:08 et puis après, il y aura le GI2E.
00:10:10 J'ai environ 500 ruches déployées dans les pommiers de Corrèze
00:10:17 et de Haute-Vienne avec la coopérative Lime d'or.
00:10:20 Et ces 500 ruches que j'exploite appartiennent à des pommiculteurs
00:10:26 qui ont décidé d'aller sur le label "be friendly",
00:10:29 de rentrer dans ce cahier des charges qui est très drastique,
00:10:32 enfin qui, en tout cas, est un petit peu select.
00:10:37 Il est pour eux un vrai challenge pour ces producteurs,
00:10:41 et puis d'évoluer dans leurs pratiques
00:10:43 et d'accueillir les ruches dans leurs vergers,
00:10:46 parce que d'abord, les abeilles domestiques,
00:10:48 et puis ensuite, on accepte les ronces,
00:10:51 et puis on accepte de laisser...
00:10:53 Il y a une espèce d'anthropologie de la nature
00:10:55 qui se met en place dans la vie quotidienne de ces producteurs,
00:10:58 parce que ce sont leurs ruches,
00:10:59 parce qu'ils voient concrètement les abeilles,
00:11:01 parce qu'ils me voient, moi aussi, très ouvert,
00:11:04 et on discute chaque jour pour que nos métiers puissent s'articuler.
00:11:08 Et derrière, la coopérative va vendre le miel,
00:11:10 va m'aider à valoriser ça et va m'aider à vivre de mon métier,
00:11:14 ce qui fait que je peux prouver aujourd'hui
00:11:16 qu'on peut être apiculteur professionnel
00:11:18 en ayant des ruches en sédentaire dans des vergers,
00:11:23 avec des agriculteurs dans cette démarche.
00:11:26 Ça, c'est du concret.
00:11:27 C'est du concret,
00:11:28 et on a besoin de beaucoup plus d'initiatives de ce type-là
00:11:33 qui font que ces personnes, tous, on évolue ensemble,
00:11:36 parce que moi aussi, j'ai beaucoup d'idées reçues
00:11:38 sur le métier de pommiculteur.
00:11:40 Donc c'est ça, moi, que je veux mettre en avance,
00:11:43 c'est-à-dire ces projets qu'on va avoir tous ensemble,
00:11:45 de se réunir avec la DRAF,
00:11:47 qui aussi peut articuler des choses
00:11:49 au niveau des comités d'orientation de filière,
00:11:53 avec des acteurs institutionnels,
00:11:55 d'arriver à avancer ensemble,
00:11:56 parce que sinon, les gens voyaient bien
00:11:58 que la réaction, elle se fait à tous les niveaux,
00:12:02 y compris en apiculture,
00:12:04 où quand même, c'est un milieu de professionnels
00:12:08 qui a des valeurs très ancrées.
00:12:11 Donc merci en tout cas à vous pour cette initiative.
00:12:15 Be friendly.
00:12:15 Et puis là, je voudrais que tu nous parles aussi,
00:12:17 parce qu'on travaille aussi sur la formation initiale.
00:12:22 Donc le GIE 2E que vous avez monté,
00:12:24 il est tout à fait dans ce sens-là,
00:12:25 c'est un très bon exemple.
00:12:27 Merci, Guillaume.
00:12:28 Donc je continue.
00:12:30 Patrick Golphier, enseignant biologie, écologie et apiculture
00:12:34 dans l'Haute-Hégaronne,
00:12:36 donc un des départements de la Nouvelle-Aquitaine
00:12:38 qui est limitrophe avec le GERS,
00:12:40 et qui a la particularité, effectivement,
00:12:42 ça a été dit ce matin,
00:12:43 d'avoir une très, très grande diversité de cultures,
00:12:47 et notamment dans le pays d'Albré où je suis.
00:12:49 Donc je suis vraiment sûr que je parlerais là de territoire
00:12:52 où on a effectivement des productions d'excellence,
00:12:56 et notamment, on a à peu près 70 à 80 productions
00:12:59 d'espèces végétales différentes,
00:13:02 de la coriandre à l'oignon, au poireau.
00:13:05 Je ne parle pas du tournesol et du colza
00:13:06 que tout le monde connaît, mais voilà.
00:13:08 Donc vraiment un territoire où on produit la semence.
00:13:11 Et comme vous vous en doutez,
00:13:12 la semence a besoin,
00:13:14 pour avoir ce genre de produits agricoles,
00:13:18 on a besoin de nos précieuses auxiliaires
00:13:20 que sont les pollinisateurs,
00:13:21 au sens large du terme,
00:13:23 aussi bien l'abeille domestiquée,
00:13:24 moi j'aime bien dire domestiquée,
00:13:26 parce qu'on ne la maîtrise pas,
00:13:27 que tout le cortège d'abeilles sauvages
00:13:29 que l'on peut trouver sur notre territoire.
00:13:32 Donc les lycées agricoles, quels qu'ils soient,
00:13:36 mais en Nouvelle-Aquitaine, c'est vrai qu'on est
00:13:37 pas mal impliqués depuis quelques années,
00:13:39 on en reparlera, et Benoît le sait bien.
00:13:42 Notre rôle avant tout, c'est d'enseigner, bien sûr,
00:13:45 devant un public d'apprenants très divers et variés,
00:13:49 avec des référentiels qui ont bien évolué
00:13:52 dans le sens où on parle plus d'agroécologie,
00:13:55 on parle d'écologie, on parle de sciences participatives.
00:13:58 Et c'est vrai que souvent l'abeille,
00:14:00 au sens large du terme, et les pollinisateurs également,
00:14:03 sont de très bons fils conducteurs.
00:14:04 Donc depuis quelques années,
00:14:06 quels que soient les lycées, effectivement,
00:14:08 on met en place des protocoles d'Observatoires agricoles
00:14:11 de la biodiversité et plein d'autres.
00:14:14 Et je vais en parler de ceux que je connais un peu mieux.
00:14:18 Et c'est vrai que ça fait partie
00:14:20 des missions premières d'enseignement.
00:14:21 Et donc du coup, après, parallèlement à cela,
00:14:24 effectivement, pour ne pas être à l'écart
00:14:26 du monde professionnel de de même pour nos jeunes,
00:14:29 et notamment les professionnels agricoles,
00:14:31 eh bien, à leur côté, on essaye de mettre en place
00:14:36 des actions de sensibilisation, de formation,
00:14:40 de recherche et de développement.
00:14:41 Et c'est pour cela que depuis quelques années,
00:14:44 donc en Lothé-Garonne et notamment sur les sites
00:14:46 de Sainte-Hivrade et de Néraque, là où j'enseigne,
00:14:50 on a eu la chance, grâce à nos instances ministérielles,
00:14:55 effectivement, de bénéficier de ce qu'on appelle
00:14:58 donc de temps dédié à ça.
00:15:00 Donc on appelle ça les tiers-temps,
00:15:01 mais voilà, du temps pour valoriser des missions
00:15:04 autres que l'enseignement pur.
00:15:06 Et à ce titre, effectivement, et suite à un travail
00:15:09 de longue haleine jusqu'en 2012, si je ne dis pas de bêtises,
00:15:13 le Lothé-Garonne était faire de l'anse pour se dire
00:15:16 on est sur un même territoire, il y a des agriculteurs
00:15:19 conventionnels, bio, il y a des apiculteurs,
00:15:23 il y a un conseil départemental engagé,
00:15:25 il y a des politiques engagées, et comment on fait
00:15:27 pour coexister, s'en sortir du même territoire.
00:15:30 Donc une charte de coexistence est née,
00:15:33 charte qui avait été validée à l'époque
00:15:35 par le ministère de l'Agriculture,
00:15:37 mais malheureusement, cette charte avait du mal
00:15:40 à vivre et à sortir des cartons
00:15:43 par manque de temps et de moyens,
00:15:45 et grâce à l'enseignement agricole
00:15:48 et les services de la DRAF et du ministère,
00:15:51 donc on a pu créer ce tiers-temps,
00:15:53 mais c'est à la demande d'un collectif d'agriculteurs,
00:15:56 d'apiculteurs, la filière bio, j'en oublie
00:16:00 les fermes expérimentales de la FNAMS, etc.
00:16:05 Donc cette volonté de vouloir travailler ensemble,
00:16:06 donc grâce à eux, on a monté l'association Coexistence 47
00:16:12 et l'enseignement agricole, et plus particulièrement
00:16:15 le lycée agricole de Niraq, on a animé
00:16:18 un groupement d'intérêts économiques et environnementaux,
00:16:21 comment coexister et partager le même territoire
00:16:25 dans un point de vue aussi bien technique,
00:16:29 culturel, environnemental, social, etc.
00:16:32 Donc on a travaillé longuement dedans,
00:16:34 donc bien sûr, vous doutez bien que quand on a pu le faire,
00:16:38 on y a impliqué nos jeunes apprenants,
00:16:41 même si c'était délicat, quand ce n'est pas des BTS,
00:16:45 donc des techniciens supérieurs, c'était un peu plus délicat,
00:16:49 mais l'idée, lorsqu'on met en place des protocoles
00:16:51 de l'expérimentation, pour tout enseignant,
00:16:54 d'aller sur le terrain expliquer ce que l'on voit en classe,
00:16:56 c'est 100 fois mieux.
00:16:58 Donc du coup, on a mis un des premiers protocoles
00:17:00 qu'on a mis en place, et ça avait un lien avec le GIE 2E,
00:17:04 bien sûr, on voulait savoir justement,
00:17:05 ces multiplicateurs de semences,
00:17:07 comment on pouvait améliorer les rendements
00:17:10 en quantité et en qualité.
00:17:13 Pour cela, on a fait un état des lieux
00:17:15 de la ressource alimentaire.
00:17:17 Alors la ressource alimentaire agricole,
00:17:19 elle est facilement donnée,
00:17:24 avec les données PAC, DDT,
00:17:26 et donc on a un élève ingénieur d'agro-parité
00:17:30 qui à l'époque nous a créé une SIG,
00:17:33 donc une cartographie qui nous permettait,
00:17:35 alors années écoulées bien sûr,
00:17:37 d'avoir toutes ces données et de mettre en avant
00:17:40 les surfaces où l'insecte punisateur
00:17:45 et en premier lieu les apiformes pouvaient aller ou non,
00:17:48 et donc voir les périodes d'isètes alimentaires.
00:17:52 Ça, c'était une première demande du monde agricole
00:17:55 et apicole bien sûr, parce que vous allez voir
00:17:58 qu'ils sont étroitement liés.
00:18:00 Et puis après, dans un même temps,
00:18:02 est arrivé un petit peu avant,
00:18:05 mais ça démarrait bien, le protocole scientifique
00:18:08 qu'on avait en partenariat avec la Bergerie nationale
00:18:10 de Rambouillet et l'INRA d'Avignon,
00:18:13 donc l'unité de recherche abeille environnement,
00:18:16 où on a, avec l'ensemble des lycées agricoles français,
00:18:19 ceux qui avaient voulu, français oui,
00:18:22 avaient voulu, on était 27 je crois au départ,
00:18:25 ça a été le fameux réseau apiforme qui nous permettait,
00:18:27 alors Violette est là dans la salle
00:18:30 et elle a suivi ça également,
00:18:32 les fameuses coupelles qu'on a vues tout à l'heure,
00:18:35 nous aussi dans les lycées agricoles,
00:18:36 on les a mis en place.
00:18:38 Après, c'était plutôt apiforme 2 avec des captures au filet,
00:18:42 mais l'idée c'était de collecter de la donnée,
00:18:44 donc on collectait des abeilles
00:18:47 que l'on identifiait au genre, voire à l'espèce,
00:18:50 parce qu'on a eu la chance d'avoir les équipes enseignantes
00:18:53 et non enseignantes, quand je dis enseignantes,
00:18:55 c'est important, c'est-à-dire que certains chefs
00:18:57 d'exploitation se sont formés,
00:19:00 des techniciens de laboratoire également,
00:19:02 donc il y avait cette émulsion d'équipes
00:19:05 et ça c'est important au sein de l'enseignement
00:19:07 pour créer une dynamique bien sûr.
00:19:10 Et donc, avec nos élèves et autres apprenants,
00:19:13 nous sommes allés capturer toutes ces petites abeilles-là
00:19:16 et on les a identifiées au genre, voire à l'espèce.
00:19:19 Après bien sûr, elles étaient validées
00:19:21 par les scientifiques de Haut-Vol à l'INRA d'Avignon
00:19:24 et on a eu des données qui arrivent
00:19:26 et les dernières données vont arriver prochainement.
00:19:30 Violette me l'a promis, mais je n'en doute pas.
00:19:34 Donc, tout ça, pourquoi des données ?
00:19:36 Parce que quand on allait sur le terrain avec ces agriculteurs
00:19:39 et c'est là où on va parler de territoire et de biodiversité,
00:19:42 parce qu'effectivement, on se pose la question à l'écran,
00:19:46 est-ce que l'abeille est domestique et championne ?
00:19:48 Mais je me souviens de l'agriculteur producteur
00:19:52 de semences de carottes.
00:19:54 On arrive le matin, c'était une journée technique,
00:19:56 professionnelle et j'étais invité.
00:19:58 Et puis, à un moment donné, l'agricultrice me dit
00:20:01 je ne comprends pas, j'ai 10 ruches à l'hectare,
00:20:05 mes abeilles ne vont pas dessus, surtout le mathem.
00:20:09 Et puis, il n'y a que des fourmis dessus.
00:20:12 Bon, alors nous sommes allés voir et en fin de compte,
00:20:14 les fourmis du mathem, c'était des lasioglossomes
00:20:17 et autres abeilles sauvages qui venaient chercher du nectar
00:20:20 et parce que les températures étaient favorables à leur sortie
00:20:25 et l'après-midi, un cortège d'abeilles domestiques
00:20:28 venait renforcer toutes ces petites abeilles-là
00:20:30 et les abeilles domestiques, et c'est sous couvert
00:20:32 des scientifiques, venaient là.
00:20:34 Pourquoi ? Parce que la carotte, en fonction de la température
00:20:36 et de l'humidité, produisait ou non du nectar.
00:20:39 Donc, on comprenait bien la complémentarité
00:20:43 et l'obligation, j'allais dire, si on veut parler
00:20:46 de rendement et de qualité de semences,
00:20:48 et bien de jouer avec tous les acteurs du même territoire.
00:20:52 Et vous vous doutez bien que du coup,
00:20:53 c'était un petit peu ce qui m'a fait dire quand même
00:20:56 très rapidement, et c'était une journée technique
00:20:59 avec peut-être 300 agriculteurs, producteurs de semences,
00:21:03 de dire, mais ils m'ont dit, mais on n'y connaît rien
00:21:06 en abeilles finalement.
00:21:08 Et là, on s'est dit quand même, là, il y a du boulot,
00:21:10 mais du boulot dans le bon sens parce qu'ils étaient curieux.
00:21:12 Le manque de connaissances a fait que ça nous a permis
00:21:16 de monter des formations, effectivement,
00:21:19 et pour revenir au fameux groupement d'intérêt économique
00:21:22 et environnemental, ça nous a permis, avec Solagro,
00:21:25 avec d'autres organismes, de monter des formations,
00:21:29 notamment pour découvrir ce monde facile en des apiculteurs
00:21:33 et leur expliquer qu'une abeille sauvage solitaire,
00:21:37 elle a un rayon d'action de moins de 600 mètres,
00:21:40 que là où elle est dans la fleur ou dans l'inflorescence,
00:21:43 c'est là où elle vit, c'est-à-dire que son habitat
00:21:45 est au pied de la culture, il est dans le bord de champ,
00:21:47 il est dans la haie.
00:21:49 Donc, si elles sont là, c'est que l'environnement
00:21:51 n'était peut-être pas tout à fait dégradé, encore une fois.
00:21:54 Mais là, on parle bien de territoire.
00:21:56 On a, je pense, encore à avoir un maillage de haies
00:21:58 dans le sud du département qu'on n'a pas dans le nord.
00:22:00 Mais voilà, donc tout ça, c'était du travail de longue haleine
00:22:04 qu'on a fait pendant plusieurs années.
00:22:06 Et on a mis en place des formations
00:22:09 pour mettre des couverts nectarifères,
00:22:14 pour mettre en place, réinstaurer et réimplanter des haies.
00:22:18 Alors, j'ai entendu, je ne vais pas vous dire
00:22:19 tout ce qu'on a entendu ce matin, mais nous,
00:22:22 sur le lycée agricole, on a remis 5 km linéaires de haies
00:22:27 et les végétaux qu'on a prélevés, c'était dans les haies
00:22:30 qu'on avait déjà et c'était de la repousse,
00:22:32 c'était du semis direct.
00:22:34 Donc, et après, on a bien sûr acheté également des végétaux
00:22:37 qui faisaient partie de la liste des pépiniéristes
00:22:42 du conservatoire botanique d'Atlantique.
00:22:47 Je n'ai mangé un petit bout, mais désolé.
00:22:50 Et donc, voilà, du coup, c'est toutes ces actions-là
00:22:52 qu'on a mis pendant 3 ans avec ces agriculteurs
00:22:54 et trouver des cultures alternatives aux entrants
00:22:58 et surtout, et je vous l'ai dit tout à l'heure,
00:23:00 je suis un grand bavard, donc je ne vais pas trop parler,
00:23:03 mais trouver des cultures qui peuvent répondre
00:23:05 à des disettes alimentaires.
00:23:06 On ne s'est même plus posé la question de savoir
00:23:08 si notre rucher, si on a un rucher sur le site du lycée,
00:23:13 avait de la nourriture ou pas.
00:23:14 On s'est posé la question pour l'ensemble des pollinisateurs.
00:23:17 Et donc, l'idée, c'était d'avoir, nous, grosso modo,
00:23:19 des quantités de fleurs non négligeables,
00:23:23 qu'elles soient sauvages, en bande enherbée ou en culture,
00:23:26 du 15 juillet après nos tournesols à,
00:23:30 j'ai bien peur de dire, à fin octobre aujourd'hui,
00:23:33 vu la météo qu'on a.
00:23:34 Donc, tout ça, ça a été un travail de longue haleine.
00:23:36 Et puis, tu l'as dit un petit peu, en partenariat,
00:23:39 le lycée agricole aussi travaille avec Bee Friendly.
00:23:42 Et l'idée, c'était d'aller sur les exploitations
00:23:46 de nos maîtres de stage, des adhérents au GIE2E,
00:23:51 ou alors des exploitations qui sont engagées
00:23:54 auprès de Bee Friendly, c'est de leur expliquer
00:23:56 que l'habitat de l'abeille, c'est-à-dire,
00:23:58 c'est pas parce qu'on ne la voit pas,
00:23:59 mais leur dire, voyez le type de sol que vous avez,
00:24:01 vous voyez la haie que vous avez,
00:24:03 là, il y a la présence de cette abeille ou pas.
00:24:05 Et donc, c'est toute cette démarche-là
00:24:07 qu'on essaye de valoriser.
00:24:10 C'est un travail vraiment de longue haleine,
00:24:12 mais qui commence à porter ses fruits.
00:24:14 Et on en est ravis, mais c'est assez long.
00:24:18 Voilà, je vais m'arrêter là,
00:24:19 parce que sinon, je pourrais rester plusieurs heures.
00:24:22 - Merci.
00:24:23 Donc, avant de laisser la parole à Benoît et Fabrice,
00:24:25 je vais peut-être, Rémi, te laisser évoquer un petit peu
00:24:29 ce cas du châtaignier en quelques minutes,
00:24:35 pour ensuite pouvoir laisser la parole à Benoît et Fabrice
00:24:38 pour réagir au premier à cet avenant.
00:24:42 - Oui, bonjour à tous.
00:24:43 Je voulais apporter effectivement
00:24:44 quelques éléments de connaissances
00:24:46 et poser la question, est-ce qu'on connaît bien,
00:24:47 finalement, les insectes qui pollinisent réellement les plantes,
00:24:52 notamment les plantes cultivées ?
00:24:54 Et donc, est-ce que, par exemple,
00:25:01 on élève du coup la conséquence,
00:25:03 les abeilles domestiques, pour la bonne raison ?
00:25:05 Est-ce que vraiment, c'est des produits de la ruche
00:25:10 et également la pollinisation ou uniquement les produits de la ruche ?
00:25:12 Enfin voilà, ça permet de répondre sur des bases plus claires,
00:25:18 parce qu'en fait, on ignore grandement.
00:25:19 Il y a toute une confusion, finalement,
00:25:21 entre ces insectes qui viennent visiter une fleur
00:25:23 et ceux qui les pollinisent réellement.
00:25:25 C'est vraiment le point par lequel je voulais prendre la chose,
00:25:28 avec l'exemple du châtaignier qui, au passage,
00:25:32 est donc le premier arbre entomophile en France,
00:25:39 puisque c'est la septième espèce d'arbre,
00:25:41 mais le premier à ne pas être pollinisé par les insectes.
00:25:44 L'efficacité des pollinisateurs,
00:25:45 c'est le point, est vraiment mal connue.
00:25:47 Donc, très souvent, on dit que ce sont les abeilles
00:25:52 qu'on considère comme les plus efficaces.
00:25:54 Pourquoi ? Parce qu'il y a cette constance florale,
00:25:58 il y a cette spécialisation alimentaire,
00:26:00 il y a leur poil ramifié qu'on met en avant.
00:26:02 Voilà, c'est juste quelques éléments.
00:26:04 Et on voit aussi, quand même, de plus en plus,
00:26:07 que l'abeille domestique n'est pas forcément considérée
00:26:09 comme la plus efficace.
00:26:12 D'une part, elle a tendance à se regrouper
00:26:14 sur les ressources les plus importantes.
00:26:16 Elle peut avoir un comportement tellement efficace
00:26:20 qu'il devient stéréotypé avec parfois une faible fréquence
00:26:22 des contacts sur les stigmates.
00:26:24 Et puis, ce pollen est un peu immobilisé dans les pelotes.
00:26:26 Et puis, il y a tous les autres insectes
00:26:28 qui sont moins étudiés et certainement sous-évalués.
00:26:31 Je prends cet exemple du châtaignier
00:26:35 avec le fameux miel de châtaignier qu'on connaît.
00:26:40 Même si l'espèce était surtout considérée
00:26:43 comme pollinisée par le vent,
00:26:44 il y avait aussi ce grand nombre d'insectes.
00:26:46 Et puis, dans l'imaginaire, ce miel de châtaignier,
00:26:49 donc l'abeille qu'on voit quand même très abondante
00:26:52 lors du premier pic de floraison du châtaignier,
00:26:55 dans les chatons mâles.
00:26:57 Mais quand on regarde de plus près,
00:26:58 non pas seulement les chatons mâles,
00:26:59 mais également les inflorescences femelles,
00:27:02 là, on ne voit pas d'abeilles,
00:27:03 ni sauvages d'ailleurs, ni domestiques.
00:27:06 On voit des coléoptères,
00:27:08 on voit des mouches comme ici,
00:27:11 où là, le téléphore fauve sur ces fleurs femelles.
00:27:14 Et donc, si on fait le bilan,
00:27:16 et donc les abeilles exclusivement dans ces chatons mâles,
00:27:19 si on fait le bilan, qui sont les pollinisateurs ?
00:27:21 C'est ceux qui font bien cette jonction
00:27:23 qui dépose le pollen sur les stigmates,
00:27:25 les inflorescences femelles.
00:27:27 Il y a des coléoptères, il y a des mouches,
00:27:31 mais il n'y a pas les abeilles, ni les bourdons.
00:27:33 Il n'y a pas non plus d'ailleurs les syrphes,
00:27:35 qui ont un peu le même genre de comportement très précis.
00:27:38 Et donc, ils ne vont pas aller marcher sur les inflorescences
00:27:41 et polliniser les fleurs femelles.
00:27:44 Donc, voilà, juste pour illustrer ce manque de connaissances
00:27:48 avec l'exemple d'un des principes,
00:27:50 le premier arbre entomophile en France,
00:27:52 où on ne savait pas comment ça fonctionnait.
00:27:56 Et donc, si on se réfléchit en termes d'importance relative
00:28:03 des abeilles domestiques versus les autres pollinisateurs,
00:28:05 dans le monde entier, alors qu'elles sont originaires
00:28:07 de l'Afrique et de l'Europe,
00:28:09 finalement, partout maintenant dans le monde,
00:28:11 on voit, c'est en vert, la proportion d'abeilles domestiques,
00:28:16 on voit que partout, il y a quand même très souvent
00:28:18 une forte proportion, dans plein de cultures,
00:28:20 de ces abeilles domestiques.
00:28:21 Et donc, quelle est leur efficacité en termes de pollinisation ?
00:28:26 Et donc, une approche, je voulais citer cette étude de 2016,
00:28:32 où on a vraiment essayé de regarder,
00:28:34 pour les abeilles domestiques, pour les autres abeilles
00:28:37 et pour les autres insectes pollinisateurs,
00:28:40 et bien, quel était le rôle de leur variation d'abondance
00:28:43 sur l'amélioration du taux de transformation des fleurs en fruits,
00:28:48 donc le succès de la pollinisation.
00:28:50 Et donc, dans ces analyses-là,
00:28:53 on met en évidence un effet positif d'augmentation de l'abondance
00:28:57 et de la diversité des autres abeilles,
00:29:00 des insectes autres que les abeilles,
00:29:02 mais pas de l'abeille domestique.
00:29:04 Donc, pas d'effet de gain, finalement, en termes de pollinisation,
00:29:07 dans cette étude un peu globale, méta-analyse,
00:29:09 des variations d'abondance de l'abeille domestique.
00:29:13 Donc, c'est illustré par cet exemple sur le pommier,
00:29:15 que vous avez cité, qui est quand même un peu un exemple
00:29:19 où on peut montrer que la diversité des abeilles sauvages
00:29:22 détermine de manière importante le rendement en verger,
00:29:26 pour les pommiers,
00:29:28 et pas les variations d'abondance d'abeilles domestiques
00:29:32 qu'on y met pour cette même raison, de produire plus de fruits.
00:29:36 Pourquoi cette différence ?
00:29:41 C'est ce que je disais en tout début,
00:29:43 ces abeilles domestiques visitent plus fréquemment les fleurs
00:29:46 dans les arbres qui sont vraiment à floraison massive,
00:29:48 donc, c'est une tendance à se regrouper,
00:29:50 parce qu'elles sont aussi grégaires,
00:29:56 et donc, à la différence d'autres abeilles sauvages
00:29:59 qui zappent plus souvent d'arbres,
00:30:02 et donc qui assurent une meilleure pollinisation croisée.
00:30:06 Et donc, il y a aussi des conséquences
00:30:08 qu'il faudrait prendre en compte plus systématiquement
00:30:10 sur non seulement la quantité de pollinisation,
00:30:13 mais leur qualité, la qualité des produits,
00:30:15 si on a des insectes avec des comportements,
00:30:18 selon le design des cultures,
00:30:22 si ces insectes ont tendance à suivre des rangs
00:30:25 et qu'on a mis la même variété au sein d'un même rang,
00:30:27 ces insectes vont apporter plutôt de l'autopolline
00:30:29 et ne pas réaliser la pollinisation croisée,
00:30:32 en aboutissant à des produits de moins bonne qualité,
00:30:36 y compris gustatives, alimentaires.
00:30:38 Et donc, sur ce graphique, on voit que les abeilles sauvages
00:30:45 aboutissent à des fraises de meilleure qualité
00:30:48 que les abeilles domestiques.
00:30:50 Actuellement, non seulement l'abeille Apis mellifera
00:30:56 a été domestiquée et répandue dans le monde entier,
00:30:58 mais en fait, on est dans une phase de domestication rapide
00:31:01 de nouvelles espèces d'insectes pollinisateurs.
00:31:05 Il y a l'exemple des osmies, des bourdons,
00:31:10 mais il y en a d'autres,
00:31:11 il y a même des mouches qui commencent à être domestiquées
00:31:13 pour la pollinisation.
00:31:15 Donc, traduisant à la fois l'insuffisance
00:31:18 en termes de pollinisation des abeilles domestiques,
00:31:20 mais aussi ce que j'appelle la course en avant
00:31:24 vers la maîtrise de cette pollinisation,
00:31:26 parce que dans le même temps, il y a cet effondrement
00:31:29 de la biodiversité des insectes pollinisateurs.
00:31:32 D'où cette réaction.
00:31:35 Les abeilles domestiques ne sont pas des super généralistes,
00:31:40 elles se spécialisent d'ailleurs sur certaines plantes.
00:31:43 Il faudrait mieux étudier les plantes
00:31:44 pour lesquelles elles sont vraiment
00:31:46 de très bonnes pollinisatrices, finalement,
00:31:48 et bien identifier celles où elles n'apportent pas grand-chose
00:31:53 en termes de surcroît de production.
00:31:56 Donc, c'est vraiment en termes de connaissance
00:31:58 sur la pollinisation,
00:31:59 il faut vraiment repartir sur des bonnes bases
00:32:03 pour bien comprendre l'intérêt pour la pollinisation
00:32:07 de ces différents insectes pollinisateurs
00:32:09 et pouvoir décider en connaissance de cause
00:32:15 de déployer des ruches quand il s'agit vraiment,
00:32:17 quand on prétend améliorer la pollinisation,
00:32:19 vraiment démontrer qu'il y a vraiment ce gain
00:32:23 qui est apporté.
00:32:24 Voilà ce que je voulais dire.
00:32:26 Merci Rémi.
00:32:27 Je vais donc laisser la parole à Benoît et Fabrice
00:32:32 pour compléter tout ça.
00:32:34 Merci beaucoup.
00:32:35 Il y a énormément de choses à dire
00:32:37 sur toutes ces interventions.
00:32:39 D'abord, la première chose que je voudrais dire,
00:32:42 c'est que, évidemment, on va parler de compétition
00:32:45 abeilles domestiques et abeilles sauvages,
00:32:47 ce qui est un sujet difficile.
00:32:48 Évidemment, la première cause de déclin
00:32:50 des pollinisateurs sauvages,
00:32:52 ce n'est pas la présence d'abeilles domestiques.
00:32:54 Évidemment.
00:32:55 Donc ça, je veux que ce soit audible pour tout le monde.
00:32:57 C'est d'abord la destruction des habitats,
00:33:00 l'utilisation massive de pesticides.
00:33:02 D'abord, c'est ça.
00:33:02 D'abord, on peut avoir des combats communs.
00:33:04 On règle ça.
00:33:05 Et ça, c'est évident et c'est une évidence.
00:33:08 La deuxième chose que je dois dire,
00:33:09 c'est que sur les miettes d'espaces naturels
00:33:13 que nous laisse la société néolibérale,
00:33:15 il n'y a pas beaucoup d'espaces
00:33:17 et il faut mettre beaucoup d'espèces.
00:33:20 Il y a 1000 espèces d'abeilles en France
00:33:21 et plein d'autres pollinateurs,
00:33:23 plein d'autres visiteurs floraux.
00:33:25 Et cette ressource florale, c'est un bien commun.
00:33:28 C'est à dire, c'est un bien qui appartient à tout le monde
00:33:30 et qui appartient d'abord à ceux qui vivent là
00:33:32 à temps complet, c'est à dire les pollinateurs sauvages.
00:33:35 Et une fois qu'on a ce bien commun,
00:33:39 il faut faire en sorte qu'ils puissent continuer
00:33:42 à donner à manger à tout le monde.
00:33:44 Et là dessus, viennent se greffer des pratiques
00:33:48 qui peuvent être plus ou moins vertueuses.
00:33:49 Alors, tu parlais d'apiculture raisonnée.
00:33:52 C'est quelque chose qu'il faut,
00:33:55 avec lesquelles il faut bien sûr discuter,
00:33:57 développer. C'est quelque chose qu'il faut.
00:34:01 C'est des acteurs qui sont majeurs du territoire,
00:34:03 les apiculteurs, il ne faut surtout pas les laisser de côté,
00:34:04 bien au contraire, il faut discuter avec eux.
00:34:06 On est absolument d'accord avec ça.
00:34:09 Là, je ne vais pas parler non plus de l'efficacité
00:34:10 sur la pollinisation des cultures,
00:34:11 qui est pour moi encore très intéressante,
00:34:14 mais qui est pour moi un autre sujet.
00:34:15 On va parler sur l'aspect ressource et l'aspect compétition
00:34:17 sur la ressource.
00:34:18 Il y a un gros gâteau de nectar,
00:34:20 il y a un gros gâteau de pollen.
00:34:22 Il y a des abeilles sauvages et des abeilles domestiques
00:34:23 qui viennent butiner dessus.
00:34:24 Alors, le problème, c'est qu'est ce qui se passe
00:34:26 quand on augmente un potentiomètre,
00:34:28 quand on augmente la présence d'abeilles domestiques
00:34:31 jusqu'à ce qu'elles viennent prendre une partie de ce gâteau
00:34:35 qui ne va plus être suffisant pour les autres pollinisateurs.
00:34:39 Donc, c'est à ce moment là, c'est à ce moment là précis
00:34:41 qu'on parle de compétition.
00:34:43 Alors, dans ces moments là, qu'est ce qui se passe?
00:34:46 Eh bien, on se réfère à la littérature scientifique.
00:34:49 Il y a 221 études selon la dernière méta-analyse
00:34:52 qui est publiée en 2022, qui travaille sur cette question là.
00:34:57 Et sur les 221 études, il y a 66%, donc 2 études sur 3,
00:35:02 qui trouvent un signal sur la compétition pour la ressource.
00:35:05 Donc ça, ça veut dire quoi?
00:35:06 Ça veut dire qu'à partir d'une certaine densité
00:35:09 d'abeilles domestiques, c'est vrai qu'il y a une diminution
00:35:12 de l'activité des abeilles sauvages.
00:35:14 Alors, qu'est ce qui est regardé sur la compétition?
00:35:16 Maintenant, on va essayer de comprendre
00:35:19 les effets qui sont connus.
00:35:20 Les effets qui sont connus, c'est sur l'activité,
00:35:22 c'est à dire, est ce qu'elles sont plus présentes
00:35:24 ou est ce qu'elles sont moins présentes?
00:35:25 Le deuxième effet connu, c'est sur la richesse spécifique.
00:35:29 Est ce qu'il y a autant d'espèces qu'on voit
00:35:30 ou est ce qu'on voit moins d'espèces?
00:35:33 Par contre, ce qu'on ne sait pas, c'est sur la dynamique
00:35:34 de population. Est ce que sur le temps long,
00:35:37 elles se reproduisent moins?
00:35:38 Est ce qu'il y a moins d'enfants d'une génération sur l'autre?
00:35:40 Parce qu'il y a eu beaucoup d'abeilles domestiques.
00:35:42 Ça, on ne le sait pas. On ne le sait pas encore.
00:35:44 Ce qu'on sait aussi, c'est que dans pas mal d'endroits,
00:35:47 l'abeille domestique, quand elle arrive ou le bourdon domestique,
00:35:50 d'ailleurs, parce que le temps parle ici du bourdon domestique,
00:35:52 c'est très bien en Paris parce que ces nouvelles domestications
00:35:57 imposent aussi de nouvelles conséquences sur la faune sauvage.
00:36:00 Il faut voir du principe que quand nous, humains,
00:36:01 on met une espèce à un endroit, c'est jamais c'est jamais innocent.
00:36:05 Ça fait toujours quelque chose qu'on met un champ de blé,
00:36:07 qu'on met des moutons, qu'on met des osmies ou des bourdons
00:36:10 ou des abeilles domestiques. Ça fait quelque chose pour la nature.
00:36:13 C'est pour les espèces sauvages qui sont là.
00:36:17 Donc, la question, c'est le bénéfice risque.
00:36:20 Donc, sur la dynamique des populations, ça n'a pas trop d'effet.
00:36:24 Sur les introgression génétiques, je te laisserai répondre
00:36:27 à cette question parce que tu es bien plus spécialiste que moi
00:36:29 sur ce sujet là et ensuite sur le transfert de maladies.
00:36:34 Les bourdons, les osmies domestiquées, les abeilles domestiquées
00:36:38 peuvent aussi transmettre des maladies.
00:36:40 Le virus des ailes déformées, etc. aux pollinateurs sauvages.
00:36:43 Donc, ça, c'est des questions qui ont.
00:36:44 Alors, on peut se dire non, on va travailler que sur les pesticides
00:36:48 ou on va travailler que sur la destruction des habitats.
00:36:51 Le problème, c'est que nous, on a beaucoup de gestionnaires
00:36:52 d'espaces naturels qui nous appellent et qui disent
00:36:54 ben j'ai des demandes de rajouter 4, 5 ruches, 6 ruches.
00:36:56 Qu'est ce que je fais ? Est ce que je dis oui ? Est ce que je dis non ?
00:36:58 Donc, nous, c'est à partir de là.
00:36:59 C'est comme ça qu'on a commencé à travailler sur la question de la compétition.
00:37:02 C'est parce que les gestionnaires d'espaces naturels et les gestionnaires
00:37:05 de villes étaient venus nous chercher pour nous dire
00:37:08 si j'ai 1000 ruches à Paris, qu'est ce qui se passe ?
00:37:10 Si j'ai 1000 ruches à Paris, est ce que j'aurai encore des abeilles sauvages ?
00:37:13 Il y en avait moins, c'est ce qu'on a trouvé.
00:37:15 Et puis, la dernière chose sur laquelle on travaille beaucoup,
00:37:19 alors c'est en collaboration avec l'INRA d'Avignon et avec pas mal de chercheurs,
00:37:23 c'est sur l'aspect sociétal parce qu'on ne peut pas aménager un espace.
00:37:28 On ne peut pas dire on va mettre sous cloche.
00:37:31 On pourrait mettre sous cloche, faire des sanctuaires pour les abeilles sauvages
00:37:34 et faire uniquement que ça.
00:37:35 Mais il y a plein d'acteurs sur un territoire.
00:37:36 Il faut toujours considérer les acteurs du territoire,
00:37:39 que ce soit les apiculteurs, les agriculteurs, tout le monde.
00:37:41 Donc l'idée, c'est de trouver de la conciliation.
00:37:44 On est là pour vraiment faire en sorte que tout le monde se mette autour d'une table et discute.
00:37:49 Donc comment on concilie ?
00:37:50 Eh bien ça, c'est une question sur laquelle on travaille.
00:37:54 Donc il y a Léo Mouillard-Lample qui a fait sa thèse dans les SEVEN exclusivement là-dessus,
00:37:58 sur la manière de concilier.
00:38:01 Et l'idée, c'est qu'il a identifié plusieurs leviers.
00:38:04 Donc je pense que tu en reparleras aussi un petit peu.
00:38:07 Mais les leviers qu'il a identifié, c'est d'abord la méconnaissance autour des abeilles sauvages.
00:38:11 La plupart du temps, les acteurs ne savent pas qu'il y a des abeilles sauvages,
00:38:14 qu'il y a des pollinateurs sauvages.
00:38:15 Ils ne savent pas, les autres pollinateurs sauvages, comment ils interagissent.
00:38:19 Je pense que tu en parleras aussi.
00:38:20 Je suis plus centré sur les abeilles.
00:38:22 J'y connais moins sur le reste.
00:38:24 Le deuxième levier, c'est l'aspect socio-économique.
00:38:26 Effectivement, s'il y a des acteurs du territoire,
00:38:28 s'ils ne peuvent pas continuer à exploiter économiquement le lieu,
00:38:32 forcément, il va y avoir de l'agressivité.
00:38:35 Que ce soit l'agriculteur, l'apiculteur,
00:38:40 il y a des problèmes par exemple avec les moutons dans le Mercantour
00:38:41 qui bouffent toutes les fleurs.
00:38:42 Bref, on peut se poser ces questions-là.
00:38:45 Donc comment on fait pour concilier tous ces acteurs ?
00:38:47 Ensuite, le troisième levier, c'est faire en sorte d'estimer correctement la ressource florale.
00:38:54 Alors ça, on en est encore loin.
00:38:56 C'est-à-dire qu'on ne sait pas précisément quelle est la quantité de ressources
00:38:59 qui sont produites par toutes les espèces de fleurs.
00:39:01 On ne sait pas quelle est la répartition de ces espèces de fleurs,
00:39:04 quelle est la production des habitats.
00:39:05 On ne sait pas quelles sont les ressources qui sont cruciales
00:39:08 à certains moments de l'année pour les aveigles sauvages,
00:39:09 en début de saison, en milieu de saison,
00:39:11 pendant la disette entre les cultures type colza ou tournesol.
00:39:18 Donc ces questions-là, on doit aussi les résoudre,
00:39:20 c'est-à-dire pouvoir estimer correctement la productivité nectarifère d'un territoire.
00:39:24 Et tous les territoires sont différents, comme tu l'as souligné.
00:39:25 Donc, il faut savoir comment donner des outils au gestionnaire d'espaces naturels,
00:39:31 aux apiculteurs, aux agriculteurs, pour estimer correctement leurs ressources.
00:39:34 Donc, c'est encore là où on a des leviers qui sont vraiment actionnables
00:39:38 pour pouvoir donner des clés de gestion du territoire,
00:39:41 qui soit une gestion du territoire raisonnée avec,
00:39:44 je le rappelle quand même, comme objectif de conserver notre patrimoine naturel à tous,
00:39:48 qui sont ces mille espèces d'aveigles sauvages et les autres pollinateurs
00:39:51 qui sont tellement fragiles,
00:39:54 qui sont en déclin à une vitesse tellement catastrophique.
00:39:57 Et on est en train de poser les bribes de la liste rouge des avec de France
00:40:01 qui devrait arriver d'ici 2026-2027.
00:40:04 Et sans trop vous spoiler, c'est catastrophique, c'est évidemment catastrophique.
00:40:09 Donc, voilà, c'est tout ce que je voulais dire.
00:40:12 En fait, je vais vous laisser là-dessus.
00:40:15 Je passe la parole à Fabrice.
00:40:17 Il faut enchaîner là.
00:40:24 Oui, je rebondis sur un point qui est central,
00:40:28 c'est qu'on parle de ressources partagées,
00:40:30 donc c'est la ressource florale.
00:40:32 Comme toute ressource partagée, si elle est limitante,
00:40:35 ça crée des problèmes, des conflits humains.
00:40:39 Donc là, on a des apiculteurs qui, si la ressource est limitante, transument
00:40:44 et du coup, chargent d'autres espaces
00:40:49 pour lesquels il peut y avoir aussi une limitation de ressources.
00:40:53 Donc voilà, on parle de limitation de ressources.
00:40:56 Ça suit bien la logique.
00:41:02 On est aussi dans un système simplifié
00:41:09 où les ressources sont moins diverses.
00:41:13 Je ne vais pas parler de pollinisation en agriculture ou des espaces agricoles,
00:41:20 mais si jamais il n'y a pas assez de ressources dans les milieux agricoles,
00:41:24 on a tendance à vouloir se rapprocher des espaces naturels
00:41:27 où la ressource est plus diversifiée, plus pérenne dans le temps.
00:41:33 Et voilà, c'est des réservoirs de biodiversité.
00:41:37 Donc, comme tu dis Benoît, sur la météanalyse qui a été faite en 2020,
00:41:43 à peu près 60% des articles ont conclu un risque de compétition existant.
00:41:49 Ça veut dire qu'il y a aussi 40% des cas où c'était sans évidence de compétition.
00:41:57 Donc quelque chose qui est vraiment important, c'est que ce n'est pas systématique.
00:42:01 Ce n'est pas systématiquement lorsqu'on met des ruches qu'on crée un risque de compétition.
00:42:08 Deuxième chose, c'est que le calculer ou l'anticiper, c'est extrêmement complexe.
00:42:12 Cette ressource est dure à quantifier, à qualifier.
00:42:16 Et de l'autre côté, quelle est la part du gâteau mangé par les ruches
00:42:23 et quelle est la part du gâteau mangé par les pollinateurs sauvages,
00:42:26 c'est aussi dur à quantifier.
00:42:28 Donc c'est ce qu'on appellerait contexte dépendant et extrêmement dur à évaluer.
00:42:33 Sur la part du gâteau mangé par les pollinateurs sauvages,
00:42:38 sur les méta-analyses en général, beaucoup d'articles traitent du risque de compétition
00:42:45 entre la Pismenifera et les abeilles solitaires sauvages.
00:42:49 Il faut toujours garder en tête que pollinateurs, ce n'est pas que les abeilles
00:42:56 et que si jamais on considère les autres pollinateurs,
00:43:02 on risque d'augmenter ce risque de compétition.
00:43:06 Pour l'instant, ce n'est pas considéré.
00:43:08 Ce sont des travaux en cours de publication qui tendraient à...
00:43:13 Pour l'instant, ce qu'on sait, cette compétition, c'est entre hapices et non-hapices,
00:43:17 sur les abeilles, et si on intègre les autres, est-ce que ce n'est pas pire ?
00:43:22 C'est une question ouverte.
00:43:24 Et est-ce que c'est toujours contexte dépendant ?
00:43:26 C'est une question ouverte.
00:43:28 La ressource est partagée.
00:43:32 Il faut pouvoir concilier des intérêts et éviter des conflits.
00:43:39 C'est central dans la thématique.
00:43:43 A mon sens, le conflit est absurde et ne devrait pas être présent.
00:43:50 Les intérêts sont partagés, c'est des ressources, un bien commun
00:43:54 qui est disponible pour tous.
00:43:57 Il faut juste être capable de se réunir et de le comprendre.
00:44:02 Pour l'instant, on a un gros manque de connaissances sur pouvoir quantifier cette ressource,
00:44:06 savoir quelle est la part utilisée, et ça c'est des intrigues.
00:44:12 On a un besoin d'action qui ne va pas aussi vite que les connaissances actuelles.
00:44:19 Et ça c'est toujours le cas, et ça risque de provoquer des conflits
00:44:24 lorsqu'on n'a pas les connaissances qui vont à la même vitesse que les besoins d'action.
00:44:28 Il y avait un autre point sur cette histoire d'introgression.
00:44:34 Quand on parle d'abeille domestique,
00:44:37 on sait que l'apis melifera n'est pas domestiquée au sens pur du mot.
00:44:46 Les cheptels de l'apiculture, si jamais on se rapproche des milieux naturels,
00:44:53 on peut aussi créer des bouleversements dans les distributions de sous-espèces
00:45:05 ou de caractères adaptatifs des colonies sur certaines régions.
00:45:09 C'est ce qu'on appelle l'introgression humaine.
00:45:11 L'humain bouge des populations et perturbe l'adaptation des caractères génétiques des populations.
00:45:20 C'est quelque chose qui fait partie de ce risque de compétition.
00:45:24 C'est au sein même de l'apis melifera.
00:45:26 Il y a deux choses.
00:45:27 La compétition peut se faire entre deux apiculteurs,
00:45:30 parce que la ressource est partagée aussi entre apiculteurs.
00:45:32 Et elle est aussi présente entre ces populations gérées dans les ruches
00:45:40 et des populations plutôt sauvages qui pourraient survivre ou être adaptées localement.
00:45:48 C'est un sujet extrêmement large qui s'élargit au fur et à mesure qu'on appuie sur le bouton,
00:45:55 qui est complexe à anticiper, à mesurer.
00:45:58 Il y a des intérêts communs avant de penser au conflit.
00:46:02 Il y a des intérêts communs forts.
00:46:05 Je dois juste rajouter une phrase.
00:46:07 Il ne faut pas oublier que si aujourd'hui il y a de la pression sur les milieux naturels,
00:46:11 c'est parce qu'on a rendu les campagnes complètement inhospitalières pour les abeilles domestiques.
00:46:15 Si les apiculteurs demandent autant à être dans les réserves naturelles,
00:46:19 c'est parce que les ruches ne survivent pas dans les milieux agricoles.
00:46:23 Donc cette conciliation peut se faire aussi en redonnant de l'espace à tous les acteurs du territoire.
00:46:30 Tannucro, Guillaume, si tu veux intervenir.
00:46:34 Merci pour ces éclairages que nous suivons de très près,
00:46:38 notamment avec notre institut technique et scientifique de l'abeille des pollinisateurs,
00:46:44 l'ITSAP, qui très récemment a mis en place un pôle de compétences pollinisateurs
00:46:53 au niveau du réseau recherche et développement de l'apiculture.
00:46:56 Avec notre ADA, nous sommes très impliqués dans ces questions.
00:47:01 Merci beaucoup pour ces éclairages.
00:47:03 Une première chose sur la partie des châtaigniers,
00:47:08 on en a parlé tout à l'heure.
00:47:10 On ne va pas parler de l'absence de flotte,
00:47:15 tout simplement qu'il y a forcément des conséquences sur la production de nectar
00:47:21 et sur la compétition de différents pollinisateurs.
00:47:26 Donc la pétance a quand même un rôle important.
00:47:28 Au-delà des mécaniques de pollinisation,
00:47:30 il y a tout simplement la ressource glucidique, calorique que propose la nature
00:47:36 qui est de plus en plus en dents de scie et mise à mal.
00:47:40 Donc avec des fortes concentrations de pollinisateurs
00:47:45 dans des sessions très courtes aujourd'hui,
00:47:48 dans un contexte de dérèglement avec des saisons en dents de scie.
00:47:56 Et donc les châtaigniers chez nous, la problématique, c'est le réseau racinaire
00:47:59 de châtaigniers qui sont des châtaigniers pour la plupart de plantations
00:48:04 parce que même si nous sommes des territoires préservés,
00:48:07 n'oublions pas que ça reste quand même des territoires
00:48:09 qui ont été façonnés par l'homme et qui restent façonnés par l'homme.
00:48:13 Alors je ne parle pas du plateau de Milvache,
00:48:15 bien que ce soit en discussion, mais sur le châtaignier,
00:48:20 effectivement, la problématique, elle est là.
00:48:23 Nous, sur le pommier, plus précisément,
00:48:25 effectivement, on ne parle pas de pollinisation.
00:48:28 L'idée, elle n'est pas de mettre des ruches afin de polliniser
00:48:31 et d'augmenter la culture.
00:48:33 Mais il y a une dimension de sécurisation de la pollinisation
00:48:37 dans certains moments clés et notamment après une averse,
00:48:42 par exemple, entre deux averses, à un moment en avril
00:48:44 où la météo n'est pas du tout favorable pour la plupart des pollinisateurs.
00:48:48 Donc, en vérité, je vais vous dire quelque chose de très clair
00:48:50 pour toutes ces plantations là.
00:48:54 C'est bien parce que nos abeilles ont été bichonnées
00:48:57 pour pouvoir supporter ces variations climatiques,
00:49:00 qu'elles sont prêtes à polliniser à ces moments-là.
00:49:03 Alors, il y a un autre débat qui est de savoir
00:49:06 quelles plantations et quels arbres pollinisent-elles.
00:49:11 Effectivement, on a d'autres variétés plus anciennes
00:49:14 qui devraient être un peu plus remises au goût du jour.
00:49:19 Et effectivement, on rentre là dans une problématique
00:49:22 qui est beaucoup plus commerciale.
00:49:24 Il est évident que les gens devraient être éduqués
00:49:28 à acheter des pommes qui seraient peut-être moins parfaites visuellement,
00:49:32 des variétés plus anciennes et plus rustiques.
00:49:36 Donc ça, encore une fois, je voudrais dire que
00:49:40 moi, je ne rencontre que des gens de bonne volonté sur le terrain,
00:49:43 au niveau des agriculteurs eux-mêmes, et ce n'était pas gagné.
00:49:46 J'avais beaucoup de représentations à ce niveau-là, personnellement,
00:49:48 puisque je suis, comme je l'ai dit tout à l'heure,
00:49:51 dans une démarche quasi militante, professionnellement,
00:49:55 mais qui sont pris dans des logiques.
00:49:57 Je vais donner un petit exemple pour sortir un peu de l'agriculture.
00:50:02 Ça m'a fait penser à votre intervention,
00:50:05 à ton intervention, puisque tu me tutoies, je vais te tutoyer aussi.
00:50:09 Ton intervention...
00:50:12 La problématique, c'est que nous avons...
00:50:15 Par exemple, si je réintègre le loup en me basant sur des données scientifiques claires,
00:50:22 tu vois bien que la réaction des gens,
00:50:24 elle n'est pas de savoir si scientifiquement c'est valable ou pas.
00:50:27 La réaction de la personne à qui tu vas amener le loup,
00:50:31 c'est que je suis déjà au bord du suicide et tu m'amènes le loup.
00:50:36 Alors que de l'autre côté des Alpes, il y a des politiques publiques
00:50:38 qui permettent des transhumances pacifiées,
00:50:43 parce que c'est une autre politique agricole.
00:50:46 Et donc moi, je voudrais, puisque je suis ici représentant un peu du civil,
00:50:52 c'est un peu la thématique,
00:50:54 il y a une perspective sociale et de sciences humaines dans nos approches.
00:50:59 Et il ne faut pas les éluder.
00:51:01 Donc je veux bien, moi, tout entendre et effectivement prendre en compte les données.
00:51:05 C'est tout notre travail technique.
00:51:08 Par ailleurs, l'enjeu, il est pédagogique.
00:51:11 Il est pédagogique.
00:51:13 Quel est le livrable ?
00:51:14 Une fois qu'on a dit ça, comment on permet à ces gens de continuer à vivre dans leur espace ?
00:51:20 Parce que si tout le monde vivait comme dans le limousin d'où je viens,
00:51:24 nous ne serions pas là en train de réfléchir à tout ça,
00:51:27 parce qu'effectivement, la décroissance, on la vit au quotidien au limousin.
00:51:30 Ce n'est pas du tout une caricature.
00:51:31 C'est à dire que nous sommes effectivement peut-être un petit peu exemplaires.
00:51:37 Et ce n'est pas assez dit.
00:51:39 Nous n'avons pas eu le remembrement et nous avons une politique agricole générale,
00:51:43 plutôt qualitative.
00:51:46 Et c'est vrai pour la Nouvelle-Aquitaine en règle générale.
00:51:48 Maintenant, quand on doit aller dans des logiques intensives
00:51:51 qui ont des conséquences qui sont néfastes, etc.
00:51:55 C'est jamais par gaieté de cœur.
00:51:57 On ne se lève pas le matin avec la ferme intention de polluer son voisin.
00:52:03 C'est parce qu'il y a des réalités économiques derrière.
00:52:05 Et parfois, et ça, je veux bien l'admettre,
00:52:08 une absence de régulation déontologique et éthique dans certaines filières
00:52:13 où là, il faut qu'on travaille à aller au-delà,
00:52:17 un petit peu sur un plan plus déontologique.
00:52:20 Donc là-dessus, je voudrais simplement dire
00:52:23 que ce n'est pas la question du statut de la science.
00:52:26 Évidemment, on pourrait tout aussi bien dire que là où il y a le plus de scientifiques,
00:52:33 c'est là où on a le plus de problèmes écologiques.
00:52:35 Je veux dire, la science aussi a à se questionner
00:52:38 sur l'origine de ses propres ressources,
00:52:40 sur l'orientation de ses propres politiques et de sa recherche
00:52:44 et à qui profite derrière ce type de débat.
00:52:48 Pendant ce temps, je vous rappelle que les lobbies agricoles
00:52:52 n'ont aucun problème à travailler pour le CETA
00:52:54 et à mettre un coup de canif dans le contrat du plan pollinisateur
00:53:00 ou de la loi sur l'environnement avec notamment l'industrie sucrière.
00:53:05 Donc, si vous voulez, ce qu'il faut, c'est tirer dans le même sens.
00:53:10 C'est-à-dire d'aller dire que ce soit l'humain sur place
00:53:15 ou l'insecte sur place,
00:53:18 eh bien, ce sont tous ces acteurs-là qui sont aujourd'hui menacés plus largement.
00:53:23 Et donc, il faut aller actionner les leviers derrière.
00:53:25 Encore une fois, je ne vais pas faire la promotion de nos associations,
00:53:28 mais c'est quand même notre engagement associatif
00:53:31 ou peut-être syndical pour d'autres ou même politique
00:53:34 qui, in fine, va faire que je vais pouvoir m'approprier votre travail
00:53:40 pour étayer un dossier, par exemple une IGP, une AOP,
00:53:44 qui va me permettre d'avoir un cahier des charges étayé,
00:53:48 qui va me permettre de mettre en place des pratiques
00:53:50 que je vais valoriser derrière commercialement, etc.
00:53:53 Vous voyez ce que je veux dire ?
00:53:54 C'est bien de l'amont à l'aval d'une filière qu'il faut réfléchir.
00:54:00 Donc, je voudrais qu'on regarde bien quel est le livrable
00:54:07 et pourquoi on se réunit, pourquoi on débatte ça.
00:54:10 De mon point de vue, il faut vraiment que ces gens,
00:54:13 ces acteurs dont on parle, les apiculteurs notamment,
00:54:15 parce que quand je dis les apiculteurs, il y a de tout.
00:54:17 C'est comme dans toutes les filières agricoles.
00:54:19 Attention, on a à balayer devant notre porte comme les autres.
00:54:24 Mais ce que je veux dire, c'est comme dans vos métiers,
00:54:28 les sources de financement sont diversifiées,
00:54:32 les axes de recherche, les axes de développement,
00:54:35 tout ça est diversifié,
00:54:36 tout ça répond à des problématiques éthiques complexes.
00:54:41 Et ce que je veux rappeler, c'est que nous sommes, nous,
00:54:44 embarqués dans la même problématique,
00:54:46 et c'est une problématique environnementale.
00:54:47 On a mis nos vies, on a sacrifié nos vies.
00:54:49 J'ai entendu parler de 1 500 euros à l'année pour une étude.
00:54:56 Ce matin, j'ai entendu tout à l'heure 1 500 euros.
00:54:59 Mais rendez-vous compte, il est là le problème.
00:55:02 Le problème, c'est qu'aujourd'hui,
00:55:04 on ne peut pas financer ni une étude qualitative sur le sujet,
00:55:09 ni même la possibilité pour le consommateur
00:55:12 d'acheter un miel de qualité.
00:55:14 Donc, il faut élargir le focus.
00:55:17 Je pense que la science, ici,
00:55:18 on est dans le pays de Bourdieu et de Jacques Ellul.
00:55:22 Jacques Ellul a bien théorisé les limites de la technique
00:55:26 et l'autodétermination, voire l'autonomie de la technique.
00:55:30 Et donc, je voudrais que le débat aille plus loin que la technique.
00:55:32 On a quand même une responsabilité de développement qui est durable.
00:55:36 Il est durable pour les pollinisateurs,
00:55:38 il est durable pour les humains,
00:55:39 il est durable pour vous en tant que scientifique.
00:55:42 Quel est votre statut dans la société ?
00:55:45 Vous êtes un scientifique, vous êtes un pollinisateur,
00:55:47 vous êtes un pollinisateur, vous êtes un scientifique.
00:55:50 Quel est votre statut dans la société ?
00:55:53 Quelle est la pédagogie de ce discours dans notre système ?
00:55:59 Comment se fait-il que les gens ne connaissent
00:56:01 que la guêpe, la mouche et le moustique ?
00:56:04 Moi, je veux bien avoir tous les discours que vous voulez
00:56:06 dans ma campagne, mais si vous voulez,
00:56:08 entre deux abeilles, il y a du boulot.
00:56:10 Donc, oui, amener déjà une abeille domestique
00:56:13 est un grand progrès dans ces exploitations-là.
00:56:17 Moi, je donne tout le statut, je suis prêt,
00:56:23 notamment parce qu'on a cette démarche technique,
00:56:26 de vraiment écouter et prendre avec vous le travail
00:56:32 pour aller vers une démarche, une auto-réflexivité
00:56:36 de notre métier.
00:56:38 Mais on doit être, à mon avis, vers des objectifs
00:56:42 qui sont partagés et qui dépassent le statut
00:56:46 du pollinisateur sauvage au plateau de Millevaches
00:56:49 et de telle apiculture.
00:56:51 C'est un vrai problème de société.
00:56:53 Donc, c'est tout le sens, notamment, de BeFriendly.
00:56:57 BeFriendly, ce n'est pas seulement un label
00:56:59 et puis la formation d'agriculteurs.
00:57:01 C'est une association qui met autour de la table
00:57:04 des gens qui partagent des valeurs.
00:57:06 Et au-delà, on va travailler ensemble
00:57:08 pour valoriser ce travail.
00:57:11 Merci.
00:57:12 Merci, Guillaume.
00:57:13 Est-ce que dans la salle, il y a des questions,
00:57:15 interventions ?
00:57:16 Le temps passe et il va falloir qu'il y ait Hugues,
00:57:20 au fond, qui souhaite intervenir.
00:57:25 Merci à tous.
00:57:26 Ça prouve qu'on a encore des choses à faire ensemble.
00:57:28 Et on en a parlé à la pause.
00:57:30 Donc, il va falloir qu'on se réunisse pour trouver
00:57:32 la bonne voie.
00:57:33 Et comme vous n'avez pas trop abordé l'efficacité
00:57:36 de pollinisation de la baie, alors qu'on soit d'accord,
00:57:41 Benoît a posé les choses.
00:57:42 Le problème, ce n'est pas la baie de ruche.
00:57:43 Le problème, c'est le manque de nourriture
00:57:44 et c'est l'intoxication des milieux.
00:57:45 Donc, ce ne sont pas les apiculteurs
00:57:46 qui sont responsables de la situation.
00:57:48 Effectivement, je ne vais pas refaire le débat.
00:57:49 Il a été fait.
00:57:50 Mais en termes d'efficacité, et ça ne dénigre pas du tout
00:57:53 le métier d'apiculteur, moi, je suis apiculteur amateur
00:57:55 et je ne me soigne que aux produits de la ruche.
00:57:57 Je serais quand même plutôt embêté de ne plus en avoir.
00:57:59 Une étude au Japon a montré que parfois, il fallait
00:58:03 60, 90 ou 100 abeilles de ruche pour avoir la même efficacité
00:58:07 de pollinisation sur des vergers que certaines osmies,
00:58:10 sur trois espèces asiatiques.
00:58:12 Voilà, et donc, c'est des choses qui, du coup,
00:58:14 nous donnent à réfléchir sur l'usage des ruches
00:58:16 en termes de pollinisation.
00:58:19 Mais ça a été abordé par Fabrice Ebenois ou Rémi.
00:58:26 Est-ce que c'est vraiment la bonne idée ?
00:58:27 Est-ce que c'est pour ça que ça sert ?
00:58:29 Par contre, ça sert à plein d'autres choses,
00:58:30 à produire du miel, de la propolis, de la gelée royale,
00:58:32 de la cire, etc.
00:58:33 Mais est-ce que ça sert vraiment à la pollinisation ?
00:58:35 Et donc, je ne vais pas être plus long,
00:58:36 mais si ça vous intéresse, il arrive ce soir Berenice,
00:58:39 Berenice Jivor-Cupo, qui travaille chez nous,
00:58:41 arthropologiste, et qui vient de publier
00:58:43 dans "Abeilles en liberté", une revue dédiée à l'apiculture
00:58:46 raisonnée, alternative et aux pollinisateurs sauvages.
00:58:49 Et je pourrais vous le faire passer,
00:58:50 si ça vous intéresse, un petit article qui s'appelle
00:58:52 "Abeilles mellifères et efficacité de pollinisation",
00:58:54 et qui reprend ces éléments-là.
00:58:56 Donc, ça peut vous intéresser.
00:58:57 C'est une analyse de plein, plein d'articles,
00:58:59 70 articles ou je ne sais pas combien.
00:59:01 Mais elle a fait un gros boulot et ça peut vous intéresser.
00:59:03 Voilà, et je pense que ce n'est pas du tout
00:59:04 pour alimenter le conflit, pas du tout.
00:59:06 Mais ça donne une idée de l'efficacité qui est mesurée.
00:59:11 Merci Hugues.
00:59:14 Dernière petite, rapide intervention.
00:59:17 Juste de la littérature là-dessus,
00:59:18 mais je pense que tu connais l'article.
00:59:19 Il y a un article de Maureen Page sur le "One visit efficiency",
00:59:23 qui est une méta-analyse qui a été sortie l'année dernière,
00:59:26 qui compare l'efficacité de plein d'espèces,
00:59:30 dont la pisse melliféra, à l'échelle de une visite.
00:59:34 Et puis, après, il y a plein d'exemples de littérature,
00:59:36 des exemples de synergie, des exemples de non-efficacité.
00:59:40 Par exemple, sur le tournesol,
00:59:41 l'abeille domestique vient déranger les abeilles sauvages,
00:59:44 qui changent de fleurs et donc augmente le succès de reproduction.
00:59:47 Donc, avoir les deux sur le tournesol, ça marche bien.
00:59:50 Oui, oui, oui.
00:59:55 OK, on va devoir clore et on reprendra ces débats et ces discussions
01:00:00 à d'autres occasions qu'on aura, j'espère,
01:00:04 de pouvoir de nouveau nous rencontrer.
01:00:06 Je vous remercie tous les cinq pour cette discussion,
01:00:10 cet échange sur un sujet qui n'est pas simple, qui est complexe.
01:00:14 Je remercie à la fois Patrick et Guillaume,
01:00:18 et puis nos collègues chers, Rémi, Benoît et Fabrice, d'être intervenus.
01:00:24 Je vous propose qu'on conclue cette journée.
01:00:28 On fera un petit bilan rapide.
01:00:30 Donc, on va d'abord laisser la parole plutôt à la draphe de nous intervenir,
01:00:37 c'est ça ou avec toi, Stéphane,
01:00:39 puisque Bertrand, je pense, nous a quittés.
01:00:45 Vas-y, je t'aime.
01:00:47 (Applaudissements)
01:00:54 Alors, je vous rassure, je ne vais pas être longue
01:00:56 puisque j'ai bien compris qu'on avait dépassé le temps de la journée.
01:01:00 Et malgré tout, il y aurait beaucoup de choses à dire
01:01:02 vu la richesse des échanges et je vous en remercie.
01:01:05 Je tiens d'abord à féliciter l'organisation de cette journée,
01:01:11 Sciences et Sociétés.
01:01:12 Donc, merci à Frédéric Revert et aussi à l'Adrial Bertrand-Chevalier
01:01:19 et à la draphe, Marianne et Zogodin,
01:01:20 qui ont mis beaucoup d'implications dans l'organisation de cet événement.
01:01:24 Je ne vais pas pouvoir citer tout le monde,
01:01:26 mais je vous laisserai la parole ensuite.
01:01:29 Ce que je tenais à dire, en tout cas,
01:01:30 c'est que c'est une très bonne initiative d'ouvrir le monde scientifique
01:01:35 sur les autres acteurs qui tournent autour de cette thématique d'importance
01:01:40 qui est la pollinisation.
01:01:46 C'est un moment privilégié, en fait, pour discuter autour de cette thématique.
01:01:52 On a vu qu'il y a eu des échanges constructifs,
01:01:54 qu'il n'y a pas forcément les mêmes positions,
01:01:57 mais qu'il y a beaucoup à faire et qu'il y a beaucoup qui est déjà fait
01:02:01 et pour lequel on peut s'inspirer des initiatives qui sont sur le territoire
01:02:07 et qui gagneraient à être diffusées.
01:02:09 Et donc, c'est une des tâches importantes que l'on a collectivement à mener,
01:02:16 de garder cette dynamique collective et de pouvoir,
01:02:19 grâce aux différents outils qui sont en place
01:02:22 et je parle pour les services de l'État,
01:02:24 notamment ce plan national en faveur des insectes pollinateurs
01:02:27 que l'on décline régionalement,
01:02:29 pouvoir s'alimenter de ces différentes initiatives qui existent
01:02:33 et pouvoir ensuite les diffuser plus largement sur le territoire
01:02:36 puisque pour parler de l'agriculture,
01:02:40 on ne lui manque pas de courage, il manque peut-être de solutions.
01:02:44 Et là, il y a forcément un accompagnement et un soutien à apporter
01:02:49 à cette filière, que ce soit agriculture ou apiculture.
01:02:52 C'est un ensemble pour lequel il y a besoin d'accompagnement
01:02:57 et nous sommes, Services de l'État, là pour pouvoir répondre à ce besoin.
01:03:04 J'aimerais aussi dire que c'est une initiative, cette journée,
01:03:08 que l'on aimerait pouvoir, si c'est possible, continuer à organiser
01:03:12 et en tout cas, si c'est le cas, vous pouvez compter sur le soutien des Services de l'État
01:03:16 pour organiser à nouveau une telle journée.
01:03:19 Je vais faire le porte-parole de Bertrand Chevalier de l'Adréal,
01:03:30 qui a dû partir, il avait un train à prendre.
01:03:32 Je vous demande de bien vouloir l'excuser.
01:03:35 Merci beaucoup pour cette journée. Merci Frédéric.
01:03:37 Je pense qu'un mot peut-être, alors ça ne semble être rien,
01:03:40 mais quand même, je crois que tout le monde a particulièrement apprécié le repas
01:03:43 qui était tout particulièrement délicieux.
01:03:46 Je pense qu'il faut le souligner.
01:03:49 Et les végétariens te remercient aussi énormément,
01:03:51 parce que pour une fois, ils n'ont pas été la dernière roue du carrosse.
01:03:55 Donc merci beaucoup.
01:03:57 Sinon, oui, Bertrand me demandait de vous relayer le fait
01:04:00 qu'on est en attente de notre côté, donc côté DRAF, Adréal et CPE,
01:04:07 d'avoir remonté vos demandes.
01:04:09 Quelles sont vos attentes en Nouvelle-Aquitaine
01:04:12 concernant cette question de pollinisateurs et pollinisation ?
01:04:15 Dans l'hypothèse de l'organisation d'une nouvelle journée du même type,
01:04:19 le besoin de webinaires, de partage de connaissances,
01:04:22 de partage d'expériences, n'hésitez pas à faire remonter vos besoins.
01:04:25 Tout cela, vous retrouverez les adresses de chacun
01:04:29 dans les différents documents qui vous seront envoyés après cette journée.
01:04:32 Mais vraiment, de la même manière que le plan national s'inspire
01:04:36 et s'alimente de ce qui se fait en région,
01:04:39 pour pouvoir faire des choses à l'échelon de la région,
01:04:41 il faut vraiment qu'on puisse s'appuyer sur ce qui se fait
01:04:44 au plus proche des territoires et qu'on réponde à vos attentes.
01:04:46 Donc, s'il vous plaît, faites-nous remonter un maximum d'éléments
01:04:49 et ça nous permettra de pouvoir organiser, mettre en place des initiatives
01:04:53 pour pouvoir coller au plus près des besoins.
01:04:57 Je vous remercie et au plaisir de vous retrouver
01:04:59 sur de prochaines initiatives, webinaires, rencontres.
01:05:03 Je pense qu'on n'en manquera pas en cette fin d'année et l'année prochaine.
01:05:06 Merci bien.
01:05:11 Donc, que je vais conclure cette journée,
01:05:14 d'abord en vous remerciant d'avoir fait l'effort de venir.
01:05:17 Je sais que certains sont nés de loin.
01:05:19 La Nouvelle-Aquitaine est une grande région,
01:05:21 donc il y a parfois de longues distances à parcourir.
01:05:24 Donc, je pense que c'était bienvenu malgré tout
01:05:27 de pouvoir se retrouver en présentiel.
01:05:29 Pour moi, c'était un événement intéressant en tant que chercheur
01:05:34 de pouvoir effectivement partager et avoir des regards croisés
01:05:38 sur cette problématique face à avec vous,
01:05:41 qui représentait une multitude d'acteurs.
01:05:43 Et donc, ça, c'était de ce point de vue très riche.
01:05:45 Et je n'espérais pas avoir tant de diversité d'acteurs
01:05:50 qui aient repris présent à cette invitation.
01:05:52 Et donc, je vous remercie en cours parce que je pense
01:05:54 que ça enrichit les débats.
01:05:56 Et surtout, ça nous permet, moi personnellement,
01:05:59 en tant que chercheur, de voir d'autres visions
01:06:02 qu'on n'a pas nécessairement de point de vue juste de chercheur.
01:06:07 Et puis, je pense que de votre côté, de la même façon,
01:06:10 ça vous permet aussi d'avoir, de partager d'autres regards,
01:06:13 d'autres points de vue sur un certain nombre
01:06:15 de thématiques importantes.
01:06:17 Donc, avec ici le sujet de la pollinisation et des pollinisateurs.
01:06:22 Je pense que les discussions ont été constructives
01:06:25 et réalisées de façon plutôt apaisée.
01:06:29 Je pense que l'idée, c'était de pouvoir avoir une construction
01:06:32 et de ne pas rentrer dans des débats qui sont souvent inutiles
01:06:37 et qui n'avancent pas grand-chose,
01:06:38 mais avoir des discussions constructives.
01:06:41 Et donc, en ce sens, effectivement,
01:06:43 je partage le point de vue de l'Adrial et de la Draf
01:06:46 pour pouvoir poursuivre des moments d'interaction.
01:06:50 Après, à vous de nous faire aussi de retour sur la forme
01:06:53 de cette journée aussi, ce qui vous a plu,
01:06:55 ce qui vous a pas plu, proposer lentement d'optiques, de formats.
01:06:59 Je pense qu'on pourrait être ouverts.
01:07:01 Moi, ça m'a fait très plaisir de travailler
01:07:03 depuis le mois de janvier en interaction
01:07:05 avec Marie-Agnès, Stéphane et Bertrand,
01:07:09 parce qu'on allait dans le même sens
01:07:10 pour, effectivement, partage de connaissances,
01:07:12 partage de points de vue,
01:07:14 pour travailler sur une problématique
01:07:15 où je pense qu'effectivement, il faut qu'on bouge tous
01:07:17 au niveau des acteurs locaux
01:07:19 pour essayer de faire avancer des choses.
01:07:21 Et voilà, je veux remercier en même temps aussi
01:07:23 mes collègues chercheurs et puis Hugues
01:07:25 qui sont venus quand même de loin
01:07:27 pour assister à cette journée.
01:07:29 Je les ai fait venir un jour avant
01:07:31 puisqu'ils venaient pour les trois jours
01:07:33 de notre colloque scientifique,
01:07:34 mais je les remercie d'être venus un peu plus tôt
01:07:37 pour partager aussi avec vous leur point de vue.
01:07:39 Je pense que ces rencontres en société
01:07:41 sont relativement rares,
01:07:43 elles ne sont pas assez fréquentes.
01:07:46 Et pour moi, c'est vraiment intéressant
01:07:47 qu'on puisse le faire.
01:07:50 Et il me semble que là, on a ce qu'il faut
01:07:52 pour pouvoir réitérer ce type d'événement,
01:07:56 mais aussi en créer d'autres
01:07:59 au travers de nos envies, de nos souhaits,
01:08:02 pour essayer de traiter des problématiques particulières
01:08:05 où je pense qu'on a besoin effectivement
01:08:07 pour un certain nombre d'entre elles
01:08:08 de se mettre autour d'une table,
01:08:09 de partager des points de vue.
01:08:10 Et puis, pourquoi pas,
01:08:12 un rêve serait peut-être sans doute de pouvoir à terme,
01:08:14 de pouvoir co-construire des projets
01:08:18 sciences-sociétés, donc vraiment avec des acteurs
01:08:19 et partenariats acteurs-chercheurs
01:08:22 sur des thématiques bien identifiées
01:08:24 et puis pouvoir ensuite aller demander
01:08:27 un petit peu de sous à nos collectivités,
01:08:30 à la région ou d'autres structures
01:08:33 qui pourraient nous appuyer
01:08:34 pour pouvoir mettre en place des projets,
01:08:37 développer des dispositifs expérimentaux.
01:08:39 On peut imaginer tout plein de choses.
01:08:42 Voilà, donc j'espère que de ce point de vue,
01:08:44 on pourrait répondre présent.
01:08:46 Donc comme on vous l'a dit aussi,
01:08:49 on va mettre en accès toutes les présentations,
01:08:54 les deux tables rondes qui ont été filmées.
01:08:57 On va voir effectivement avec Stéphane
01:09:01 la draphe et la draphe de quelle façon
01:09:03 ou quelle plateforme on utilise
01:09:05 pour déposer ces supports.
01:09:08 Mais en tout cas, on reviendra très vite vers vous.
01:09:10 On vous donnera aussi la liste des participants.
01:09:12 Et puis, comme je le dis,
01:09:15 n'hésitez pas à nous faire des retours sur cette journée
01:09:19 pour nous aider à proposer d'autres événements de ce type.
01:09:24 Voilà, je ne vais pas aller plus loin.
01:09:25 Il est déjà 16h40.
01:09:28 Bon, on n'est pas trop trop en retard sur notre timing.
01:09:30 On est quand même pas trop mal.
01:09:31 On avait évoqué 16h30.
01:09:33 Donc un grand merci à tout le monde
01:09:36 en vous souhaitant un bon retour chez vous.
01:09:40 Et puis, n'hésitez pas à revenir vers nous quand vous le souhaitez.
01:09:46 Merci encore et puis très bonne fin de journée.
01:09:48 (Applaudissements)
01:09:55 (Musique)
01:09:58 [SILENCE]
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