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La nature en révolution. Une histoire environnementale de la France de la Révolution à 1870
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00:00:15Bonjour, bonjour à tous et merci d'être aujourd'hui présents pour cette conférence
00:00:21du comité d'histoire intitulée La nature en révolution, une histoire environnementale
00:00:27de la France 1780-1870, qui en fait permet de faire l'actualité de la publication de
00:00:36cette entreprise que je considère comme très importante, cette entreprise scientifique
00:00:40qui vise à écrire une histoire environnementale de la France, donc là on est sur la période
00:00:461780-1870, et le mois prochain nous aurons la période 1870-1940, et le mois d'après
00:00:54nous aurons la période 1940 à nos jours, le début d'un cycle de trois conférences,
00:01:00cycle de conférences qui est modéré à chaque fois par Luc Desraux, qui est professeur
00:01:06d'histoire-géographie et auteur du podcast Chemin d'Histoire, que vous pouvez consulter
00:01:11sur chemindhistoire.fr, qui réalise un très grand nombre d'émissions sur l'histoire,
00:01:17alors pas que l'histoire environnementale, c'est vraiment tous les thèmes qui peuvent
00:01:20concerner l'histoire, mais je vous invite aussi à vous renseigner sur chemindhistoire.fr,
00:01:26parce qu'il y a eu aussi dans le passé des vieilles émissions concernant l'histoire
00:01:32de domaine du pôle ministériel. Je suis très heureux aujourd'hui de recevoir Corinne
00:01:40Marach, qui est professeure d'histoire à l'université Bordeaux-Montagne, c'est
00:01:47Bordeaux, c'est anciennement Bordeaux 1 ou Bordeaux 2, Bordeaux 3, Bordeaux 3, c'est
00:01:51Bordeaux-Montagne, mais aussi François Jarry, maître de conférences à l'université
00:01:56de Bourgogne, Julien Vincent, maître de conférences à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
00:02:04et enfin Thomas Leroux, chargé de recherche au CNRS, qui est aussi membre du conseil scientifique
00:02:10du comité d'histoire de l'environnement et du développement durable. Je le disais, je trouve
00:02:15cette entreprise très importante et très importante pour nous au pôle ministériel,
00:02:20puisqu'en fait, ils ne le disent pas comme ça, et je sais même qu'ils pourront être
00:02:24en désaccord avec moi dans la façon de le présenter, mais moi j'ai envie de dire
00:02:28que c'est une histoire de France de l'environnement. J'ai envie de le vendre comme ça, et je
00:02:33sais
00:02:33déjà qu'ils ne seront pas tous d'accord, et je dis ça pour ceux qui sont là aujourd'hui,
00:02:37mais aussi ceux qui vont venir à l'avenir, j'en ai déjà la certitude, mais en tout cas
00:02:42moi je l'aurais vendu comme ça déjà, pour passer dans les médias déjà, moi c'est
00:02:46comme ça que je l'aurais présenté, même si c'est un peu tronqué dans l'esprit
00:02:51sans doute des auteurs, mais c'est revoir en fait, revisiter l'histoire de France
00:02:55depuis la révolution française, à l'aune de cette question fondamentale qu'est
00:03:00l'environnement, et ce n'est pas une évidence d'écrire l'histoire de l'environnement
00:03:04en France, une histoire environnementale pardon, en France, dans un cadre national justement,
00:03:10ça c'est quelque chose qui est un sujet en soi, est-ce que ça a du sens de faire
00:03:14une histoire environnementale dans un cadre national ? C'est d'ailleurs la question qu'on
00:03:18s'est posée au rendez-vous de l'histoire de Bol l'année dernière, dans une table ronde
00:03:22organisée avec le comité d'histoire, le réseau des universitaires chercheurs en histoire
00:03:28de l'environnement, et l'association pour l'histoire de la protection de la nature
00:03:31et de l'environnement. Donc c'est vraiment pas une évidence, mais pourtant c'est assumé,
00:03:34une histoire environnementale de la France, et donc je trouve que c'est un projet
00:03:38très important, je le redis pour le pôle ministériel, parce qu'en fait tous nos
00:03:43sujets s'y retrouvent. L'environnement c'est une évidence, la notion de transition
00:03:47écologique elle apparaît pas évidemment ainsi, mais en tout cas l'idée qu'il y a
00:03:51une transition de différents régimes environnementaux et d'exploitation de
00:03:55l'environnement, ça c'est très présent, mais c'est aussi une histoire de
00:03:59l'aménagement du territoire français, quand même c'est très important, une histoire
00:04:03aussi des infrastructures, de l'empreinte, de l'empreinte des activités humaines en
00:04:09France. D'ailleurs je crois que c'est le premier chapitre, si je ne dis pas de bêtises,
00:04:12la question de l'empreinte carbone, de l'empreinte au sol, etc. de ce tome, mais c'est aussi
00:04:18d'autres sujets connexes, vu que tout ce qui est relatif à la construction et au bâti,
00:04:24ça a évidemment un impact environnemental majeur. Donc c'est vraiment une série de trois
00:04:29conférences qui sont vraiment intéressantes parce que transverses par rapport aux objets
00:04:34du pôle ministériel. Je ne vais pas prendre plus la parole afin de laisser Luc officier
00:04:40aujourd'hui comme il officiera dans un mois et dans deux mois, mais vraiment je redis
00:04:46vraiment mon bonheur de vous recevoir aujourd'hui parce que vraiment s'il y a, très franchement,
00:04:52si en 2026 il y a un livre que vous devez retenir en histoire de l'environnement au ministère,
00:04:59c'est celui-là. Franchement, c'est les trois. Je rabaisse un peu votre engouement,
00:05:04mais voilà, c'est les trois. C'est-à-dire qu'il y a trois tomes. Vraiment, je vous invite
00:05:08à les consulter parce qu'en plus, c'est important de le dire en passant comme ça,
00:05:13ce sont des jeunes historiens. C'est-à-dire que, très jeunes même, c'est-à-dire des historiens
00:05:19en fait qui sont au fait de l'actualité historiographique, c'est-à-dire au fait de la science
00:05:24historique, mais qui ont aussi mobilisé des outils, des réflexions qui sont jeunes
00:05:29et qui sont novatrices. Je vais le dire autrement, ce n'est pas l'histoire à la papa. Voilà.
00:05:34Et ça, c'est aussi important de le dire et c'est pour ça que je laisse la parole à
00:05:38Luc
00:05:38Desraux pour une heure et ensuite on pourra échanger aussi avec la salle et aussi en ligne.
00:05:44Et je vais faire circuler le tome 1 comme je ferai circuler les autres tomes à l'avenir.
00:05:51Merci encore d'être présent ici aujourd'hui. Jean-Baptiste s'excuse, il n'a pas pu venir.
00:05:57Mais Jean-Baptiste Fressoz, on le garde aussi dans un coin puisqu'il vient aussi au comité
00:06:01d'histoire de temps à autre. Il était déjà venu l'année dernière pour nous présenter
00:06:05sans transition une autre histoire de l'énergie dont il est un spécialiste.
00:06:11Voilà. Merci beaucoup, Luc. Merci beaucoup.
00:06:14Écoutez, on va commencer, se mettre tout de suite dans le vif du sujet
00:06:17et peut-être que François Jarry, qui est à ma gauche, pourrait peut-être présenter l'image.
00:06:24Alors là, c'est un petit peu des couleurs un peu différentes de votre première de couverture.
00:06:27C'est l'image de votre première de couverture.
00:06:30Qu'est-ce que j'imagine que vous avez discuté ? Qu'est-ce qui vous a incité à choisir
00:06:34ça ?
00:06:34Vous dites un tableau qui cristallise quelques-uns des enjeux de l'histoire
00:06:38que nous avons souhaité écrire, c'est-à-dire ?
00:06:40D'abord, merci beaucoup pour l'invitation.
00:06:43Donc, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:06:45Bon, c'est la couverture du livre.
00:06:48Pourquoi on a choisi cette couverture ?
00:06:49C'est un tableau de François Bonommé du milieu du 19e siècle
00:06:52qui nous semblait incarner assez bien ce qu'on voulait dire sur le 19e siècle.
00:06:56C'est un moment où les transformations environnementales commencent à s'accélérer
00:07:00sous l'impact de l'industrialisation, de la croissance démographique,
00:07:05de l'entrée dans une société de consommation.
00:07:06Mais en même temps, le 19e siècle, c'est une société qui reste fondamentalement rurale et agraire
00:07:11où, on y reviendra, on est dans un monde très différent de celui qui s'est installé au 20e siècle
00:07:16où le poids de l'agriculture, le poids de la biomasse hexagonale
00:07:21dans le fonctionnement du métabolisme de la société française de cette époque
00:07:24reste tout à fait fondamental.
00:07:26C'est un siècle qui tient un équilibre entre une industrialisation qui s'amorce
00:07:31en créant des poches de transformation environnementale assez rapide
00:07:34et une société qui reste fondamentalement une société rurale, une société agraire,
00:07:39une société qui continue de développer et de s'inscrire dans la trajectoire de longue durée
00:07:43des sociétés de l'époque moderne.
00:07:45Ce tableau illustre assez bien ça parce que c'est un site minier,
00:07:48un site d'extraction de carrières en Bourgogne
00:07:50et où on voit à la fois les paysages, les champs
00:07:54et en même temps se déployer la croissance urbaine,
00:07:57les premières infrastructures d'extraction minière
00:08:00avec au premier plan toute une série d'équipements
00:08:02et on voit que ces équipements restent en fait des équipements très artisanaux,
00:08:05des animaux sont omniprésents dans l'extraction du charbon encore à cette époque-là.
00:08:10Donc cette image illustrait bien je crois cette espèce de singularité du 19e siècle.
00:08:14Sachant que comme l'a dit Benoît, ce livre, c'est le premier volume d'une trilogie
00:08:18qui pose en quelque sorte les bases, les jalons,
00:08:21qui propose aussi l'introduction à cette trilogie.
00:08:24Les deux volumes qui vont suivre essayent d'analyser, d'expliquer,
00:08:28de comprendre les phénomènes d'accélération,
00:08:30les phénomènes de transformation environnementale
00:08:32qui vont transformer de plus en plus à partir de la fin du 19e siècle
00:08:36cette espèce d'équilibre entre les activités, les écosystèmes
00:08:41telles qu'elles s'étaient stabilisées un peu au 19e siècle.
00:08:44C'est un peu comme ça que je le verrai.
00:08:45Je dirais juste un mot supplémentaire.
00:08:47Cette image me paraît intéressante parce qu'elle fait aussi le lien et le pont
00:08:50en fait entre trois volumes, puisque c'est les mines,
00:08:53c'est les carrières de Montchanin qui sont représentées là.
00:08:57Or les carrières de Montchanin, c'est l'une des grandes affaires emblématiques
00:09:00des crises écologiques des années 80,
00:09:02puisque dans les années 80, il y avait une énorme décharge
00:09:04de produits industriels toxiques qui a été fermée par la préfecture
00:09:08à la fin des années 80,
00:09:10qui a beaucoup intéressé le ministère de l'écologie,
00:09:13l'ADREAL et les différents services de l'environnement
00:09:15au niveau préfectoral.
00:09:17Et de cette manière, là, on voit le début
00:09:19de l'extraction, de l'extractivisme dans cette région.
00:09:22Et cet extractivisme a abouti à l'époque de la désindustrialisation
00:09:25au fait qu'il restait un énorme trou.
00:09:27Et ce trou, on a choisi de le remplir avec tous les déchets industriels
00:09:30les plus toxiques de la vallée,
00:09:31de la Chili et d'Europe occidentale.
00:09:33Et du coup, finalement, voilà, une sorte de boucle et bouclé
00:09:37entre le début d'une société qui transforme l'environnement
00:09:41et les crises, les apories qui caractérisent notre situation contemporaine.
00:09:45Alors, on peut s'intéresser, peut-être pour commencer,
00:09:48au tout titre de votre livre,
00:09:50Une histoire environnementale de la France.
00:09:53C'est intéressant cette expression.
00:09:55Alors là, j'ai mis quelques éléments qui rappellent un peu
00:09:58quelques étapes de l'histoire de l'environnement,
00:10:01ou de l'histoire environnementale, vous allez nous dire.
00:10:04Le livre de Roderick Nash, qui était important dans les années 1960.
00:10:08Et puis, l'histoire du climat depuis l'an 1000,
00:10:12du côté français avec Emmanuel Leroy Ladurie.
00:10:15On a l'impression, je ne sais pas qui souhaiterait répondre sur ces questions.
00:10:18Je ne suis pas, je pense que vous êtes tous,
00:10:19on va faire peut-être circuler la parole.
00:10:21Parce que c'est intéressant de voir comment cette histoire de l'environnement,
00:10:26ce que vous proposez, ou cette histoire environnementale,
00:10:29je crois que vous faites une nuance.
00:10:30C'est un chemin complexe, notamment en France,
00:10:34où les traditions qui nous venaient du côté des États-Unis
00:10:37se sont hortées à des traditions propres à la France,
00:10:39qui étaient notamment portées par Emmanuel Leroy Ladurie.
00:10:42Et là, vous êtes...
00:10:44Alors, le Ruche, ça fait beaucoup rire les élèves quand on présente le Ruche,
00:10:47mais c'est un réseau très important de chercheurs en histoire environnementale.
00:10:51On a l'impression que les choses, maintenant, se sont un peu harmonisées.
00:10:55Mais vous partez de quelle historiographie ?
00:10:57Il faudrait peut-être nous présenter ça, je ne sais pas qu'ils souhaitent prendre la parole.
00:11:00Julien ?
00:11:01Il y a une distinction entre l'histoire de l'environnement,
00:11:04ça marche bien ?
00:11:04Qui supposerait qu'on sait ce que c'est que l'environnement,
00:11:07c'est une chose dont on peut faire l'histoire,
00:11:08et l'histoire environnementale, c'est-à-dire une histoire faite avec des préoccupations environnementales,
00:11:13et donc qui est liée à un questionnement civique, politique, sur l'écologie.
00:11:18Donc, en fait, l'histoire environnementale, c'est une histoire qui est informée par des questions
00:11:21qui viennent de la société civile et qui viennent du mouvement écologiste
00:11:25qui naît au milieu du XXe siècle, dans les années 60, qui se cristallise.
00:11:29Et ce n'est pas du tout la dynamique qui amène Emmanuel Leroy Ladurie
00:11:33à s'intéresser au climat dans les années 60.
00:11:36Donc, c'est vraiment une autre histoire, l'histoire environnementale,
00:11:38de l'histoire de l'environnement, tel que pouvait la concevoir Emmanuel Leroy Ladurie, le syntagme.
00:11:43Et puis, cet ensemble de dynamiques à la fois politiques et épistémiques,
00:11:47il vient plutôt des États-Unis, et il arrive en Europe et en France un peu plus tardivement.
00:11:53Et nous, on s'identifie plus à cette approche-là.
00:11:55Oui, François, j'arrive.
00:11:57Donc, comme le dit Julien, c'est exactement ça.
00:11:59L'histoire environnementale, c'est un regard d'abord.
00:12:01C'est-à-dire, c'est prêter une attention, y compris à des phénomènes classiques,
00:12:05en déplaçant le regard sur ces phénomènes, en mettant notamment les flux de matière,
00:12:08la question des non-humains, la question du vivant au centre de la réflexion.
00:12:13Donc, en fait, on peut faire une histoire environnementale de tout.
00:12:15Il suffit juste de déplacer ce qu'on regarde.
00:12:17On peut faire une histoire environnementale du train,
00:12:18on peut faire une histoire environnementale des usines.
00:12:20Ce n'est pas la même chose que de faire une histoire qui serait uniquement technique,
00:12:23par exemple, de ces phénomènes.
00:12:25Donc, c'est ça, l'histoire environnementale.
00:12:26L'expression « elle vient des États-Unis », elle est arrivée tardivement en France.
00:12:29Elle s'est structurée, l'histoire environnementale,
00:12:31comme champ spécifique au début du XXIe siècle.
00:12:35Avec notamment la création du Ruge, dont vous avez parlé en 2008,
00:12:38qui visait justement à réunir toute une série d'historiens de nouvelles générations,
00:12:43en fait, qui partageaient ces préoccupations.
00:12:44Et depuis 20 ans, depuis une vingtaine d'années,
00:12:46s'est développé quand même tout un milieu assez dynamique
00:12:49parmi les historiens français, d'historiens plus ou moins jeunes,
00:12:52on est plus ou moins jeunes ici aussi,
00:12:54qui s'intéressaient à ce sujet.
00:12:56Et donc, ce livre, c'est aussi une tentative de faire une synthèse
00:12:59de cette première génération de l'histoire environnementale en France,
00:13:02telle qu'elle s'est constituée au début du nouveau siècle.
00:13:05Et donc, le XIXe siècle, dans tout ça,
00:13:08c'est un siècle important ?
00:13:10Expliquez-nous peut-être de manière générale,
00:13:13est-ce que ça, à la fois, est-ce que c'est ce que représente le XIXe siècle ?
00:13:17Et évidemment, la question qui va aussi, qui vous porte,
00:13:20c'est est-ce que ça a un sens ?
00:13:21C'était la question que posait Benoît Vaillot tout à l'heure,
00:13:24est-ce que ça a un sens de raisonner à l'échelle française
00:13:27quand on propose cette histoire environnementale ?
00:13:30Est-ce que, voilà, ces deux questions,
00:13:32ce que représente le XIXe siècle
00:13:34et l'idée de raisonner à une échelle française,
00:13:37mais pas uniquement, bien sûr.
00:13:38Je ne sais pas qui souhaite parler.
00:13:40Thomas Leroux, peut-être ?
00:13:42Oui, donc ça, cette question du territoire national,
00:13:46des limites géographiques,
00:13:48et des bornes du cadre d'analyse
00:13:51et aussi les limites chronologiques,
00:13:53ça nous a beaucoup occupés.
00:13:55Tout d'abord, entre les trois volumes,
00:13:56il a fallu qu'on discute longuement avec les collègues
00:13:59pour savoir comment on se partageait.
00:14:01D'un point de vue chronologique,
00:14:03c'était la première décision qu'on a prise,
00:14:04cette grande fresque d'histoire environnementale de la France.
00:14:08Et puis, il y a aussi de grandes discussions sur le cadre national.
00:14:11Il y a beaucoup d'éléments qui sont évidemment,
00:14:15qui débordent les frontières.
00:14:17Donc, il a fallu qu'on intègre à la fois
00:14:20l'histoire classique telle qu'elle se fait
00:14:22dans les milieux académiques en général,
00:14:24donc avec souvent un cadre national,
00:14:25pas toujours, mais un cadre national très, très présent,
00:14:28avec des limites chronologiques aussi très présentes.
00:14:31Et une de nos interrogations,
00:14:34c'était comment on pouvait peut-être réécrire
00:14:36cette histoire de la France
00:14:37en interrogeant les moments canoniques de l'histoire,
00:14:40la Révolution française, la Commune, 1848, etc.
00:14:43et de voir tous les facteurs qui découlaient de l'environnement
00:14:48pour donner d'autres perspectives,
00:14:50parfois peut-être pour briser certaines conventions historiographiques,
00:14:55certains points de rupture, etc.
00:14:58Donc, c'était à chaque fois un challenge.
00:15:00Je pense qu'on n'a pas été au bout de nos questionnements,
00:15:02en fait, sur re-questionner les grands moments canoniques de cette histoire.
00:15:08Néanmoins, on montre aussi,
00:15:11et là, on entendra un peu plus dans le contenu tout à l'heure,
00:15:14dans chacun des chapitres,
00:15:15à quel point certains événements peuvent être réinterrogés
00:15:18en fonction des effets de l'industrialisation,
00:15:21de l'agriculture,
00:15:22de la question du commerce aussi,
00:15:25des matières,
00:15:26de la question du métabolisme.
00:15:29Donc, c'est pour ça que c'est plus une histoire environnementale de la France
00:15:32qu'une histoire de la France par l'environnement,
00:15:34parce que c'est plus des questionnements,
00:15:36comme le disaient Julien et François ici,
00:15:38là, à l'instant,
00:15:39c'est plus par des questionnements qu'on va réinterroger des événements,
00:15:43un processus,
00:15:45et donc un questionnement qui réintègre des questions
00:15:49qui avaient été laissées de côté, en fait,
00:15:51par plusieurs générations précédentes, en fait.
00:15:53Oui, Torine Marche.
00:15:54Juste un point à ajouter,
00:15:55je trouve que ce cadre national aussi va permettre peut-être,
00:15:59c'était aussi d'offrir un outil aux collègues du secondaire,
00:16:03aux collègues du supérieur,
00:16:05pour, justement,
00:16:06en se fondant dans les programmes,
00:16:10ou les intitulés d'enseignement du supérieur,
00:16:13de pouvoir réinterroger des approches très académiques.
00:16:18Donc, c'était aussi un de nos objectifs.
00:16:20Ensuite, alors, le XIXe siècle,
00:16:21j'espère qu'on va vous montrer aujourd'hui
00:16:23qu'il a tous un sens en le déclinant
00:16:25sur les différentes thématiques qu'on a abordées les uns et les autres,
00:16:27mais j'espère très fort qu'à la découverte des collègues après nous,
00:16:33remonteront dans des périodes antérieures.
00:16:35Moi, j'ai organisé, il n'y a pas très longtemps,
00:16:37un gros colloque sur agriculture et environnement
00:16:39qu'on a souhaité être abordé de l'Antiquité à nos jours
00:16:42et ça a très, très bien fonctionné.
00:16:44Et on avait pas mal de collègues antiquisants et médiévistes
00:16:46qui ont montré que ce questionnement peut tout à fait être opérant
00:16:49quand on remonte les périodes avant la nôtre.
00:16:52Alors, revenons aussi un peu sur le titre.
00:16:55On a parlé du sous-titre, une histoire environnementale,
00:16:58mais le titre, la nature en révolution.
00:17:00J'imagine que tous les cinq, avec Jean-Baptiste Fresseau,
00:17:03vous avez réfléchi, cette idée de nature mise en avant comme ça.
00:17:07Enfin, qu'est-ce que vous vouliez dire par là, François Jarry ?
00:17:11Qu'est-ce qu'on voulait dire par là ?
00:17:12Le premier volume, c'est les natures en révolution.
00:17:15Le deuxième volume, c'est les natures de la République.
00:17:17Le troisième volume, ça sera les natures du productivisme
00:17:20sur les transformations environnementales après 1945.
00:17:23Donc, la référence à la révolution dans le titre
00:17:26fait référence au fait que dans la conscience commune,
00:17:28le 19e siècle, c'est le siècle des révolutions,
00:17:31à la fois les révolutions politiques et les révolutions industrielles.
00:17:35Et l'objectif, c'était aussi de penser
00:17:37comment ces transformations dans l'ordre social, politique, économique,
00:17:42évidemment s'accompagnaient ou non de transformations profondes
00:17:46dans le domaine des écosystèmes,
00:17:48de l'usage de la mobilisation des ressources, etc.
00:17:51Donc, on a intitulé ça « La nature en révolution »
00:17:53pour essayer de questionner comment ce siècle de révolution
00:17:57met en jeu les questions environnementales à tous les niveaux,
00:18:01au niveau des catégories qu'on utilise aussi.
00:18:03Ça, c'est un point sur lequel on pourra revenir.
00:18:05C'est-à-dire que par rapport au volume 3 qui s'intéresse aux années 50-60,
00:18:09à partir des années 50-60, c'est-à-dire le moment où les termes
00:18:11comme pollution, environnement, c'est-à-dire tout notre langage contemporain
00:18:14s'installe progressivement, on est sur des périodes
00:18:17qui sont de manière très éloignée, à la fois très proche et très éloignée.
00:18:21C'est ça qui est fascinant avec le 19e siècle.
00:18:23C'est-à-dire que les mots avec lesquels on désigne
00:18:25les enjeux écologiques contemporains n'existent pas pour l'essentiel au 19e siècle,
00:18:29mais commencent à se mettre en place.
00:18:31Le néologisme écologie apparaît à la toute fin de notre période,
00:18:34mais pas vraiment en français en plus, d'abord en allemand.
00:18:37Et c'est à la fin du 19e siècle vraiment que le mot va se stabiliser.
00:18:41Donc il y a aussi toute cette dimension.
00:18:42Ce qui nous paraît fascinant avec le 19e siècle,
00:18:44c'est que c'est un moment à la fois où, d'une certaine manière,
00:18:46une grande partie de la population continue d'entretenir un rapport,
00:18:50ce qu'on pourrait appeler la nature,
00:18:51qui est proche de celui des sociétés rurales très anciennes,
00:18:53avec en même temps une société qui commence à devenir une société industrielle,
00:18:57une société où la question du contrôle de la maîtrise de la nature
00:19:01devient un des horizons majeurs de l'émancipation.
00:19:03Donc on est dans un moment aussi où il y a des tensions permanentes
00:19:06entre différentes conceptions qui s'affrontent de ce qu'est la nature,
00:19:09de ce qu'elle doit devenir,
00:19:10de comment elle doit être pensée et intégrée dans ces mutations sociales.
00:19:14Et je pense que ça fait de ce 19e siècle un moment à la fois familier,
00:19:17parce qu'on retrouve les grands problèmes qui sont ceux de notre époque contemporaine,
00:19:21et en même temps une époque très exotique,
00:19:23parce que les réponses qu'on donnait à ces problèmes
00:19:25pouvaient être assez différentes de ceux qu'on donne aujourd'hui.
00:19:29Et en même temps ce titre pourrait être un peu trompeur,
00:19:31mais simplement dès qu'on ouvre le livre,
00:19:33on se rend compte que finalement une des thèses qu'on défend
00:19:36et qu'on file tout au long du livre,
00:19:37c'est que contre l'image d'un 19e siècle
00:19:40qui rompt avec tout ce qui se passait auparavant,
00:19:43aussi bien quand on regarde des phénomènes économiques, sociaux ou culturels,
00:19:47nous on insiste, à partir de ce prisme environnemental,
00:19:49beaucoup sur des continuités.
00:19:50Donc la continuité d'un phénomène d'ancien régime
00:19:54qui continue, qui dure jusqu'à la fin du 19e siècle.
00:19:57Alors rentrons dans le vif du sujet, si j'ose dire.
00:20:00Donc ça c'est le premier chapitre,
00:20:03cette vignette fait référence au premier chapitre
00:20:05avec cette expression de Jean-Baptiste Fressos
00:20:09qui veut faire un portrait de la France au 19e siècle,
00:20:14un portrait en tonne.
00:20:15Alors c'est une expression très jolie.
00:20:17Qu'est-ce qu'elle signifie exactement ?
00:20:20Julien Vincent, je ne sais pas, ou c'est Thomas Leroux ?
00:20:23Je ne sais pas, comme vous voulez.
00:20:24Peut-être un des partis pris de l'ouvrage,
00:20:26justement là on rentre vraiment dans le contenu,
00:20:28en réinterrogeant l'histoire de France,
00:20:29c'était de prendre au sérieux en fait
00:20:33l'évolution matérielle de la société.
00:20:36Et donc plutôt que d'analyser un certain nombre de phénomènes
00:20:39sous le prisme des échanges commerciaux,
00:20:41de l'histoire institutionnelle, etc.
00:20:44Le premier chapitre s'attache là ici au contraire
00:20:46à évaluer et réécrire cette histoire
00:20:50du point de vue des échanges matériels, concrets.
00:20:54Alors on tonne, c'est-à-dire que plutôt que de prendre la valeur monétaire,
00:20:57même si de toute façon elle n'est pas oubliée,
00:20:59cette valeur monétaire,
00:21:00mais de regarder vraiment la matérialité de ces échanges,
00:21:05de la production et ce faisant en fait
00:21:07de montrer les flux de circulation,
00:21:10les réseaux de dépendance ou d'indépendance
00:21:13de certains secteurs vis-à-vis des autres,
00:21:14mais du point de vue vraiment de la matière.
00:21:16Donc évidemment sur des questions telles que le charbon par exemple
00:21:20ou la production agricole,
00:21:21on arrive sur des matières un peu pondéreuses
00:21:23qui ont fait l'objet de statistiques
00:21:25qu'il est facile de retracer.
00:21:27Pour d'autres matières c'est un peu plus compliqué,
00:21:29mais le chapitre montre aussi que dans cette évolution du métabolisme
00:21:34avec des cartographies comme celle-ci,
00:21:36on voit qu'on n'est plus dans les représentations marchandes
00:21:38mais dans les représentations vraiment des volumes de matières échangées.
00:21:42On se rend compte aussi qu'il y a certains secteurs clés
00:21:44qui pèsent un peu moins fort,
00:21:45mais avec des circuits d'acheminement,
00:21:49d'approvisionnement et de distribution
00:21:51qui sont tout à fait essentiels.
00:21:52Par exemple sur le secteur de la soie par exemple,
00:21:56avec la concurrence chinoise,
00:21:58des réseaux d'appropriation des ressources
00:22:01en passant par le secteur lyonnais,
00:22:03mais aussi par le contrôle du port de Londres,
00:22:06des échanges.
00:22:07Ce sont des manières d'analyser le développement
00:22:12commercial et industriel de la France,
00:22:14mais en regardant cette circulation matérielle.
00:22:17Et là, on est sur l'échelle de la France sur cette carte,
00:22:20mais une des approches, c'était aussi de regarder
00:22:22ce qui pouvait se passer au niveau intra-régional
00:22:25ou transfrontalier,
00:22:27c'est-à-dire justement de briser le caractère
00:22:30de ces frontières d'État
00:22:31pour voir à quel point en fait
00:22:34certaines régions françaises commerçaient,
00:22:36par exemple avec d'autres pays,
00:22:38et qu'il y avait une espèce d'écosystème de développement
00:22:41qui se mettait en place d'un point de vue transfrontalier,
00:22:43et non pas forcément dans une logique nationale.
00:22:46C'est le cas par exemple dans tout le nord-est de la France,
00:22:49avec des échanges qui sont très très denses
00:22:51avec la Belgique et notamment les bassins miniers belges,
00:22:54qui sont contrôlés par ailleurs
00:22:55par des capitaux français majoritairement
00:22:57pendant très longtemps.
00:22:58Et ça nous permettait aussi
00:22:59d'apporter une vision un peu plurielle,
00:23:02renouvelée de cet État-nation en fait,
00:23:05qui est souvent réduit à ses frontières
00:23:07ou à des statistiques agrégées au niveau national,
00:23:09et de lui redonner tout son dynamisme régional
00:23:12et transfrontalier.
00:23:14Par exemple, Julien Vincent.
00:23:15En fait, ce chapitre, il illustre bien
00:23:18le déplacement qu'opère l'histoire environnementale
00:23:19par rapport à l'histoire économique traditionnelle.
00:23:23Voilà, parce que ça, c'est l'un des chapitres
00:23:24d'histoire économique du volume.
00:23:27Alors, l'histoire économique telle qu'on la connaît,
00:23:29telle qu'elle s'est construite autour de Labrouze,
00:23:30Brodel, etc.,
00:23:31s'intéressait surtout aux valeurs monétaires.
00:23:33Et puis, il s'intéressait surtout aux inflexions.
00:23:36Et alors là, le point de vue environnemental
00:23:38est très très différent.
00:23:39Il consiste à dire, ce n'est pas parce que quelque chose
00:23:41n'est pas important du point de vue
00:23:44économique ou du point de vue des innovations techniques,
00:23:46qu'il n'est pas important d'un point de vue environnemental.
00:23:48Et donc, regardez-le.
00:23:49Un portrait, non pas en valeur monétaire,
00:23:51mais en tonne,
00:23:52c'est un exemple de ce déplacement du regard
00:23:54qui fait changer complètement le point de vue.
00:23:57s'illustre bien ce décalage.
00:23:59Et donc, on se rend compte, à travers ce portrait en tonne,
00:24:01justement, de la continuité de phénomènes d'ancien régime
00:24:06tout au long du XIXe siècle.
00:24:07C'est-à-dire que cette idée d'une révolution technique,
00:24:10industrielle, qui ferait complètement basculer l'économie
00:24:12du jour au lendemain au début du XIXe siècle,
00:24:14elle est complètement remise en cause par ce portrait en tonne,
00:24:16qui insiste au contraire sur l'importance de l'agriculture,
00:24:19des produits tirés de la terre dans l'économie française
00:24:23pendant très très longtemps.
00:24:24François Gériche ?
00:24:25Oui, juste peut-être un chiffre pour illustrer ça.
00:24:27On s'amusait à calculer à partir des quantités de charbon
00:24:30brûlées au XIXe siècle.
00:24:31Notre période, c'est avant l'âge du pétrole,
00:24:33avant l'arrivée du pétrole et la consommation du pétrole.
00:24:35L'énergie fossile principale au XIXe siècle,
00:24:39c'est le charbon.
00:24:40Au XIXe siècle, on a brûlé à peu près avant France
00:24:42l'équivalent de...
00:24:43Je ne vais pas dire...
00:24:44On a brûlé 400 millions de tonnes de charbon
00:24:47sur toute notre période,
00:24:48des années 1780 aux années 1870.
00:24:51400 millions, ce qui est en fait...
00:24:53C'est très peu.
00:24:55C'est-à-dire que ça correspond à peu près
00:24:57à 1 milliard de tonnes de CO2,
00:25:001,5 milliard de tonnes de CO2 dans l'atmosphère,
00:25:02sur un siècle quasiment.
00:25:03C'est-à-dire que c'est très très peu en fait.
00:25:05Tout au long du XIXe siècle,
00:25:07ce qui est officiellement le siècle du charbon,
00:25:08le siècle de la dépendance au charbon,
00:25:11en fait on a émis ce qu'on émet aujourd'hui,
00:25:13alors qu'on est soi-disant sorti du monde du charbon
00:25:15en quelques années.
00:25:17Donc on est vraiment dans un métabolisme
00:25:19tout à fait différent.
00:25:20Et à la même époque,
00:25:21l'Angleterre a émis sur la même période
00:25:22à peu près 5, 6 fois plus de CO2 dans l'atmosphère.
00:25:26C'est le principal pays émetteur de CO2
00:25:29et c'est le principal pays qui brûle du charbon.
00:25:31Alors ce qui est intéressant,
00:25:32c'est que les deux pays ont le même niveau démographique,
00:25:35le même nombre d'habitants
00:25:36et ont à peu près le même niveau de richesse,
00:25:39de consommation pour la population.
00:25:41Donc on a deux métabolismes économiques proches,
00:25:44d'une certaine manière,
00:25:45mais qui reposent sur des bases énergétiques
00:25:47qui vont prendre cet indicateur
00:25:48qui est évidemment important aujourd'hui
00:25:50de l'émission de gaz à effet de serre
00:25:52dans l'atmosphère,
00:25:53très très très différent.
00:25:54Donc ça pose des questions
00:25:56de quelle est la singularité
00:25:57de ce métabolisme français.
00:25:59Quel type de matière est mobilisée
00:26:01pour faire fonctionner,
00:26:02pour faire vivre les sociétés de cette époque-là ?
00:26:04C'est des sociétés qui sont encore très peu fossiles,
00:26:07très peu dépendantes des énergies fossiles.
00:26:08D'ailleurs, il n'y a pas de charbon en France.
00:26:10Tout au long du XIXe siècle,
00:26:11il faut en importer à peu près la moitié,
00:26:13à peu près un tiers.
00:26:14Donc c'est la raison qui explique aussi
00:26:17que l'économie française a tout fait
00:26:19pour développer d'autres trajectoires énergétiques
00:26:21que le charbon,
00:26:23notamment l'hydraulique,
00:26:24la mobilisation de la viomasse hexagonale,
00:26:26bien plus que le charbon,
00:26:28jusqu'à la fin du XIXe siècle presque.
00:26:30Donc voilà, on essaye de...
00:26:31Et ça évidemment,
00:26:32c'est ça le portrait Anton.
00:26:33Mais l'histoire environnementale,
00:26:34par définition, rematérialise.
00:26:36Le projet de l'histoire environnementale,
00:26:37c'est de rematérialiser.
00:26:38Donc rematérialiser,
00:26:39c'est-à-dire calculer la quantité de matière
00:26:41qui circule, qui est utilisée,
00:26:43qui est consommée, qui est dispersée.
00:26:44Dans les paradoxes de votre chapitre
00:26:46ou de votre raisonnement,
00:26:47on voit, là, c'est l'avant-dernier point,
00:26:49par exemple, le rôle de l'empire colonial.
00:26:52Vous dites, ça ne joue pas un rôle clé
00:26:54comme fournisseur de matières premières,
00:26:55mais néanmoins,
00:26:56la dévastation de l'environnement
00:26:58est très importante.
00:26:59Donc c'est assez révélateur aussi
00:27:01de votre approche,
00:27:02au niveau des échelles,
00:27:04et puis au niveau des paradoxes
00:27:05que vous débusquez, peut-être François...
00:27:07On a une balance matérielle,
00:27:08comme on dit, déficitaire,
00:27:10qu'on importe quand même plus de matière,
00:27:12mais avant les années 1880,
00:27:14ça reste limité.
00:27:15C'est-à-dire que dans l'empire,
00:27:16l'exploitation de l'empire,
00:27:17l'exploitation des ressources de l'empire,
00:27:19en fait, commence vraiment
00:27:20avec le nouvel impérialisme
00:27:21après 1880.
00:27:23Bien plus qu'avant 1880,
00:27:25il y a quelques petites poches,
00:27:26évidemment,
00:27:26mais ça reste très limité.
00:27:28Aux Antilles, pour le sucre,
00:27:29en Algérie, ça commence évidemment aussi,
00:27:31mais l'empire n'est pas encore
00:27:33un réservoir de matières premières
00:27:34pour faire fonctionner l'économie française
00:27:36de façon décisive
00:27:37avant les années 1870-80.
00:27:39Alors, on peut dérouler un peu
00:27:40les choses chronologiquement,
00:27:41si vous voulez.
00:27:42Donc là, c'est plutôt Julien Vincent
00:27:44qui a rédigé ce chapitre
00:27:47avec Jean-Baptiste Fressoz,
00:27:49donc Nature et Révolution.
00:27:51Donc là, j'ai mis quelques images,
00:27:53parce que vous développez,
00:27:54on pourrait peut-être partir un peu
00:27:55dans une démarche un peu inductive
00:27:57de cette figure
00:27:58qui n'est pas si connue que ça,
00:28:00Jean-Baptiste Rougier
00:28:01de la Bergerie,
00:28:02la Bergerie, l'écologie républicaine
00:28:04en action.
00:28:05Pourquoi mettre en exergue
00:28:06ce personnage, Julien Vincent ?
00:28:09Qu'est-ce qu'il a d'intéressant ?
00:28:10C'est un des personnages
00:28:12qu'on met en exergue.
00:28:14Est-ce que ça a un sens
00:28:15de faire une histoire environnementale
00:28:16de la Révolution française ?
00:28:18Pendant la Révolution française,
00:28:19il y a tout un discours
00:28:20sur la nature
00:28:21et sur l'environnement.
00:28:22Et donc, tout un discours
00:28:24qu'on essaye de décrire
00:28:24comme une écologie républicaine.
00:28:26L'idée que,
00:28:27quand on a une révolution politique,
00:28:29on change de régime politique,
00:28:30il faut aussi changer
00:28:31de rapport à l'environnement,
00:28:32de rapport à la terre.
00:28:34Et alors, évidemment,
00:28:34l'abolition des privilèges.
00:28:36Dans les cahiers de doléances,
00:28:37on voit qu'il y a beaucoup de plaintes
00:28:37contre les droits seigneuriaux,
00:28:39contre le droit féodal.
00:28:40Et la nuit du 4 août,
00:28:42ces privilèges sont abolis.
00:28:44Donc, on voit bien
00:28:44que l'émergence
00:28:45de nouvelles relations politiques,
00:28:47d'un nouveau corps politique,
00:28:49implique aussi
00:28:50une nouvelle relation,
00:28:51un nouveau rapport
00:28:51à l'environnement.
00:28:52Alors, cette écologie républicaine,
00:28:54ce n'est pas une doctrine fixe,
00:28:56bien claire.
00:28:56Il y a un ensemble de discours,
00:28:58alors quelques personnages.
00:28:59Vous voyez ici,
00:28:59il y a une image
00:29:00d'une grande fête républicaine
00:29:02avec une figure d'Isis.
00:29:03C'est une fête
00:29:03qui avait été organisée
00:29:04par le peintre David,
00:29:05qui n'était pas seulement un peintre,
00:29:06qui était aussi un homme politique
00:29:07très impliqué.
00:29:08Il y avait une exposition au Louvre
00:29:09qui rappelait ça
00:29:11pendant la Révolution française.
00:29:12Et donc là,
00:29:13on voit ici que
00:29:14les acteurs de la Révolution française,
00:29:15là, on est en 1793,
00:29:17portent tout un discours
00:29:19sur la nature.
00:29:20La Révolution française
00:29:21entraîne
00:29:22une nouvelle relation
00:29:22avec la nature,
00:29:23une relation d'harmonie.
00:29:25En abolissant
00:29:25les droits féodaux,
00:29:27on va rétablir
00:29:29une bonne relation
00:29:30avec la nature.
00:29:30Et là, ici,
00:29:31vous avez une figure d'Isis,
00:29:33qui nourrit la France,
00:29:35une nature abondante
00:29:36et qui est désormais
00:29:39offerte à la nation française.
00:29:41Mais ce discours optimiste
00:29:43qui dit que la Révolution française
00:29:45a finalement rétabli
00:29:46un rapport harmonieux
00:29:46à la nature,
00:29:47il s'accompagne aussi
00:29:48d'un discours disciplinaire.
00:29:50Dès 1789,
00:29:51dès la Grande Peur,
00:29:53et puis,
00:29:53Rouger de la Bergerie,
00:29:54justement,
00:29:55en est un des exemples.
00:29:56Il y a cette idée
00:29:56qu'il faut éduquer
00:29:58les citoyens à la nature.
00:30:00Les arbres de la liberté,
00:30:01c'est le calendrier républicain,
00:30:02qui montre que la nature,
00:30:04c'est aussi une valeur morale
00:30:06pour les révolutionnaires.
00:30:07Le calendrier républicain
00:30:08célèbre les cycles de la nature,
00:30:10les cycles naturels.
00:30:11Chaque jour est voué
00:30:12à une plante utile
00:30:14ou à un outil utile,
00:30:16la charrue, etc.
00:30:17Donc, ce ne sont plus
00:30:18des noms de sens,
00:30:19c'est la nature
00:30:19qui est mise en avant.
00:30:20Donc, la nature
00:30:21est une valeur morale.
00:30:22La Révolution française,
00:30:23c'est un moment
00:30:23de financiarisation de la nature.
00:30:25C'est-à-dire que les assignats
00:30:26qui vont régler...
00:30:27La Révolution française
00:30:28naît d'une crise de la dette
00:30:29et les assignats,
00:30:31qui sont l'un des instruments
00:30:32pour régler cette crise de la dette,
00:30:33sont indexés
00:30:34sur les biens nationaux
00:30:35qui sont essentiellement
00:30:35des terres et des forêts.
00:30:37Et donc,
00:30:38la nature devient un actif,
00:30:40un actif naturel
00:30:41qui doit permettre
00:30:43de résoudre
00:30:44la crise financière.
00:30:45Donc, dans cette écologie républicaine,
00:30:47il y a plusieurs formes
00:30:48de discours nouveaux
00:30:49sur la nature
00:30:50qui sont mis en avant.
00:30:51Et vous voyez ici,
00:30:51il y a Chaptal aussi
00:30:53qui est un personnage
00:30:54qui va devenir
00:30:54ministre de l'Intérieur
00:30:55entre 1800 et 1800K.
00:30:56Donc, c'est à la fin
00:30:57de la Révolution.
00:30:57Mais il accompagne
00:30:59tout le processus révolutionnaire.
00:31:00Et il montre aussi
00:31:01que la Révolution
00:31:02met en avant
00:31:03de nouveaux discours
00:31:04scientifiques,
00:31:05savants,
00:31:06pour penser
00:31:07ce que c'est que la nature.
00:31:08Chaptal,
00:31:08c'est un disciple de Lavoisier.
00:31:10Et on voyait tout à l'heure
00:31:10que nous,
00:31:11on veut faire un portrait
00:31:12en tonnes
00:31:12et pas seulement
00:31:13en valeur monétaire
00:31:13de la nature.
00:31:14Dans cette approche-là
00:31:15d'histoire environnementale,
00:31:17il y a une façon
00:31:18de penser la nature
00:31:18qui était aussi
00:31:19celle des chimistes
00:31:20de la Révolution française,
00:31:21qui faisaient des bilans financiers
00:31:23mais aussi des bilans matière.
00:31:24Et Chaptal,
00:31:25c'est celui qui va fonder
00:31:26la statistique moderne
00:31:27de la France,
00:31:29qui guide
00:31:30toutes les politiques publiques.
00:31:31Et cette statistique,
00:31:33il la conçoit justement
00:31:34pas seulement en valeur monétaire
00:31:36mais en quantité
00:31:37et puis en flux de matière.
00:31:38Donc,
00:31:39les révolutionnaires,
00:31:40parmi eux,
00:31:41il y a beaucoup
00:31:42de savants
00:31:43et de chimistes
00:31:43et vont d'ailleurs
00:31:45considérer
00:31:45la croissance française
00:31:47par différence
00:31:47avec la croissance anglaise
00:31:48comme une croissance
00:31:49qui est fondée
00:31:49sur la chimie.
00:31:50Eh bien,
00:31:51la chimie,
00:31:51ça va être cette science
00:31:52qui va permettre
00:31:52d'optimiser les flux
00:31:53de matière
00:31:54à l'intérieur
00:31:54du territoire national.
00:31:56Et donc,
00:31:56la statistique nationale
00:31:57va permettre,
00:31:58qui est d'abord départementale
00:31:59puis qui va devenir nationale,
00:32:00va permettre d'avoir
00:32:01ce regard,
00:32:02ce nouveau regard politique
00:32:03sur le territoire
00:32:04afin d'optimiser
00:32:05les flux
00:32:06qui le traversent.
00:32:07Donc,
00:32:08en fait,
00:32:08cette écologie républicaine,
00:32:09ce n'est pas une doctrine
00:32:10unifiée,
00:32:11cohérente et unique,
00:32:12c'est un ensemble
00:32:12de discours
00:32:13mais qui accompagne
00:32:15complètement
00:32:15la révolution française.
00:32:16Et ça pose aussi
00:32:17une question méthodologique,
00:32:18c'est-à-dire que
00:32:18qu'est-ce que c'est
00:32:19que l'histoire environnementale ?
00:32:20Est-ce que l'histoire
00:32:21environnementale
00:32:21et l'histoire politique
00:32:22sont compatibles ?
00:32:23Nous,
00:32:23on dit que oui,
00:32:24parfaitement.
00:32:25Notre parti pris
00:32:26dans ce livre,
00:32:27c'était de montrer
00:32:28comment l'histoire
00:32:29environnementale
00:32:29peut permettre
00:32:30de relire aussi
00:32:31des événements politiques.
00:32:32Alors,
00:32:33il y a la révolution française,
00:32:34il y a la révolution
00:32:35de 1830,
00:32:36il y a la révolution
00:32:36de 1848,
00:32:37il y a la commune.
00:32:38Nous,
00:32:38on a fait vraiment
00:32:39un focus
00:32:39sur la révolution française
00:32:40mais on aurait pu
00:32:41faire le même exercice,
00:32:42d'autres le feront,
00:32:44sur les autres révolutions
00:32:45du 19ème siècle
00:32:46qu'on a traité
00:32:47de façon plus rapide.
00:32:48Et voilà,
00:32:49ce deuxième chapitre,
00:32:49c'est aussi un exercice
00:32:51méthodologique
00:32:52qui se pose cette question.
00:32:53Oui,
00:32:53vous avez gardé
00:32:54le micro je crois
00:32:54parce que
00:32:55vous êtes aussi
00:32:56l'auteur
00:32:57mais là tout seul
00:32:58du chapitre suivant.
00:33:01Alors,
00:33:01on rencontre des figures,
00:33:02c'est ça qui est passionnant
00:33:03parce qu'on rencontre
00:33:03plein de figures
00:33:04dont on va retrouver,
00:33:05c'est vrai que des figures
00:33:06qu'on ne connaît pas très bien
00:33:07mais qu'on redécouvre
00:33:08grâce à vous.
00:33:10Alors,
00:33:10c'est celle d'Auguste Comte
00:33:12sur la place centrale
00:33:13de la nature
00:33:13au 19ème siècle.
00:33:15Là,
00:33:16vous mettez en exergue
00:33:17notamment ce catéchisme
00:33:19positiviste.
00:33:20On a un peu
00:33:21les contours
00:33:21d'une nouvelle religion
00:33:22qui serait destinée
00:33:23à remplacer le catholicisme.
00:33:25C'est un des...
00:33:26Auguste Comte,
00:33:27c'est un des héros
00:33:27de ce chapitre-là.
00:33:29Expliquez-nous pourquoi.
00:33:30Alors,
00:33:30on va voir évidemment
00:33:31ce que ça veut dire
00:33:32mais bon.
00:33:33Alors,
00:33:33on est dans la continuité
00:33:34du chapitre précédent.
00:33:35Qu'est-ce que c'est
00:33:36que l'histoire environnementale ?
00:33:37Ce n'est pas un objet en soi,
00:33:39ça touche un peu à tout,
00:33:40ça peut être de l'histoire politique
00:33:41et là,
00:33:41dans ce chapitre,
00:33:42on voit que c'est aussi
00:33:42de l'histoire des idées,
00:33:43l'histoire intellectuelle,
00:33:44des courants culturels.
00:33:46Et là,
00:33:46il y a deux idées
00:33:46qui traversent ce chapitre.
00:33:48La première
00:33:49concerne la question
00:33:50de la religion.
00:33:51La nature devient
00:33:52avec la Révolution française
00:33:53et au 19ème siècle
00:33:54une sorte de substitut
00:33:55de la religion.
00:33:55En tout cas,
00:33:56il y a toute une série
00:33:57de tentatives,
00:33:58d'efforts
00:33:58pour lui donner
00:33:59une valeur spirituelle,
00:34:00quasi religieuse
00:34:01ou explicitement religieuse
00:34:02qui caractérise cette époque.
00:34:05Auguste Comte,
00:34:05c'est un exemple
00:34:06parmi d'autres.
00:34:07Les Saint-Simoniens
00:34:08ont cette sensibilité aussi.
00:34:10Alors là,
00:34:10ici,
00:34:11il y a une réflexion
00:34:12historiographique,
00:34:13c'est-à-dire que
00:34:13l'histoire environnementale
00:34:14dans d'autres pays
00:34:15que la France,
00:34:16en particulier aux États-Unis,
00:34:17en Angleterre,
00:34:18insiste beaucoup
00:34:19pour comprendre
00:34:20le 19ème siècle
00:34:21sur le rôle
00:34:22de la théologie naturelle.
00:34:23C'est-à-dire que
00:34:24le rapport,
00:34:25l'idée que
00:34:26le rapport à la nature
00:34:27est de nature
00:34:29justement religieuse
00:34:31traverse toute cette historiographie.
00:34:33Et en France,
00:34:33ça ne serait pas le cas.
00:34:34Alors là,
00:34:35dans ce chapitre,
00:34:35l'idée,
00:34:36c'est de montrer
00:34:36qu'au contraire,
00:34:36il y a tout un courant
00:34:38qui tente d'articuler
00:34:40religion et pensée
00:34:42de la nature
00:34:42et qu'on va retrouver
00:34:43dans différents courants
00:34:44au sein de l'Église catholique
00:34:46mais aussi
00:34:46chez des philosophes
00:34:49comme Auguste Comte
00:34:50ou les Saint-Simoniens.
00:34:51Voilà,
00:34:52ça c'est pour le premier truc.
00:34:53Le deuxième truc,
00:34:54la deuxième idée
00:34:55de ce chapitre,
00:34:56c'est justement
00:34:56dans la continuité
00:34:57de ce que je disais
00:34:58à l'instant
00:34:58sur Chaptal,
00:35:00ça consiste à montrer
00:35:00que la France
00:35:02reste un pays agricole
00:35:04dans lequel
00:35:05la contribution foncière,
00:35:06les revenus publics
00:35:08viennent très largement
00:35:09de la terre.
00:35:10Et donc,
00:35:10la connaissance
00:35:11de ces revenus
00:35:12est un souci
00:35:14très central
00:35:14pour toute l'économie politique
00:35:16du XIXe siècle.
00:35:17Et donc là,
00:35:17on voit des figures
00:35:18comme Charles Dupin
00:35:19qui émergent.
00:35:21Il y a une façon
00:35:22de penser
00:35:22la nature
00:35:23comme une force économique
00:35:25au XIXe siècle
00:35:26qui envisage
00:35:28la nation
00:35:28comme un organisme vivant.
00:35:30Il y a cette idée
00:35:31classique
00:35:31que la France,
00:35:33c'est une idée
00:35:34d'Ernest Renan
00:35:34à la fin du XIXe siècle,
00:35:36que la France
00:35:37serait fondée
00:35:39sur un pacte politique,
00:35:41fondamentalement
00:35:41un choix de chacun
00:35:42de vivre
00:35:42dans la même communauté
00:35:43politique,
00:35:44par opposition
00:35:44à des pays
00:35:45comme l'Allemagne
00:35:46qui ont une vision
00:35:46organiciste
00:35:47de la nation.
00:35:48Alors en fait,
00:35:48au XIXe siècle,
00:35:49il y a une conception
00:35:50très organiciste
00:35:51de la nation française
00:35:52comme un organisme vivant.
00:35:54Alors,
00:35:54dans le chapitre suivant
00:35:56qui a été rédigé
00:35:56par François Jarry,
00:35:57on revient
00:35:58sur la question
00:36:00de la transition énergétique
00:36:01et là,
00:36:02on trouve un peu,
00:36:03donc j'ai repris
00:36:03une de vos formules,
00:36:04mais un des paradoxes
00:36:06qui finalement
00:36:06qui traverse le livre
00:36:07où vous dites
00:36:08c'est moins la transition
00:36:09d'une économie organique
00:36:11ancienne
00:36:11et une économie
00:36:12minérale et fossile
00:36:12moderne
00:36:13qu'un mouvement général
00:36:14d'accroissement
00:36:15des consommations énergétiques.
00:36:17Et là,
00:36:18j'ai mis des choses
00:36:19qui font référence
00:36:20à la fois
00:36:20à des éléments
00:36:21qui sont contemporains
00:36:22du XIXe siècle
00:36:24et puis aussi
00:36:25quand même
00:36:25un petit clin d'œil
00:36:26aux travaux
00:36:27sur lesquels
00:36:28vous appuyez.
00:36:28C'est toujours important.
00:36:30Par exemple,
00:36:32le livre
00:36:32que je cite ici
00:36:34de l'historien
00:36:35Mohamed Castille.
00:36:37Expliquez-nous un peu
00:36:38la démarche de paradoxe
00:36:39un peu sur laquelle
00:36:40vous travaillez.
00:36:41Oui.
00:36:42De même que
00:36:42au XIXe siècle,
00:36:43il y a des conceptions
00:36:44des théories
00:36:45de la nature
00:36:46qui s'affrontent
00:36:47qui sont très variables,
00:36:49mais par exemple
00:36:49dans l'économie politique,
00:36:50s'installe de plus en plus
00:36:51aussi l'idée
00:36:52d'une nature productive,
00:36:54d'une nature ressource
00:36:55qui doit être mis au service
00:36:56de la croissance
00:36:57des sociétés.
00:36:58On retrouve cette coexistence
00:37:00dans tous les aspects
00:37:01de l'histoire environnementale
00:37:02du XIXe siècle.
00:37:03Donc,
00:37:03dans ce chapitre,
00:37:04il y a des liens aussi
00:37:05avec la réflexion
00:37:06que Jean-Baptiste
00:37:06vous avait présentée
00:37:07visiblement,
00:37:07si j'ai bien compris,
00:37:08il y a quelques mois
00:37:10autour de son livre
00:37:10Sans Transition
00:37:11qui propose une sorte
00:37:12d'histoire symbiotique
00:37:14des énergies.
00:37:15C'est-à-dire que
00:37:15l'histoire de l'énergie,
00:37:16ce n'est pas l'histoire
00:37:17du remplacement successif
00:37:18de convertisseurs énergétiques
00:37:19et de sources d'énergie
00:37:20les uns par rapport aux autres,
00:37:22mais plutôt l'ajout,
00:37:23l'addition
00:37:23et le fonctionnement étroit
00:37:25entre eux
00:37:26de ces différents systèmes.
00:37:27Ce qui explique aussi
00:37:28les problèmes environnementaux,
00:37:30les difficultés à sortir
00:37:31de certaines trajectoires
00:37:32énergétiques
00:37:33héritées du passé.
00:37:34C'est ce qu'on observe
00:37:35au XIXe siècle.
00:37:36C'est-à-dire que
00:37:36au XIXe siècle,
00:37:37l'énergie musculaire
00:37:38n'a pas été remplacée
00:37:39par l'énergie
00:37:39et la force de la vapeur
00:37:40et du charbon.
00:37:41L'énergie musculaire
00:37:42a été mobilisée
00:37:44de plus en plus intensivement
00:37:45via le travail des esclaves,
00:37:47via le travail contraint
00:37:48dans différentes parties
00:37:49du monde,
00:37:49via l'invention
00:37:50du salariat capitaliste
00:37:51moderne,
00:37:52via la mise au travail
00:37:53croissante des êtres vivants
00:37:54comme les animaux,
00:37:56parallèlement
00:37:57à l'arrivée
00:37:57du charbon.
00:37:59Les deux ne sont pas
00:38:00contradictoires
00:38:00ou les deux ne se remplacent pas,
00:38:02mais les deux coexistent.
00:38:03Par exemple,
00:38:03l'arrivée du train
00:38:04au XIXe siècle,
00:38:05la mise en place
00:38:05du réseau ferroviaire
00:38:06n'a pas entraîné
00:38:07la disparition
00:38:08du transport hippomobile,
00:38:09mais la démultiplier,
00:38:11puisque si le train
00:38:12permet des mobilités
00:38:13sur des grandes distances
00:38:14en intensifiant
00:38:15les circulations d'hommes
00:38:16et de marchandises,
00:38:17il accentue
00:38:17toutes les mobilités
00:38:18intermédiaires
00:38:19et tous les besoins
00:38:20de force.
00:38:20Il y avait 20 000 chevaux
00:38:21à Paris en 1800,
00:38:22il y en a à peu près
00:38:23100 000 à la toute fin
00:38:24du XIXe siècle.
00:38:25Et donc,
00:38:27ça c'est un point
00:38:28évidemment important,
00:38:29on pourrait dire
00:38:29la même chose
00:38:29de l'hydraulique.
00:38:30Donc évidemment,
00:38:31il n'y a jamais eu
00:38:31autant de moulins hydrauliques
00:38:32qu'au début du XIXe siècle.
00:38:34Donc il y a une mise
00:38:35au travail croissante.
00:38:36Donc ça,
00:38:37c'est des trajectoires
00:38:37énergétiques très anciennes
00:38:38qui se développent
00:38:39depuis le Moyen-Âge,
00:38:40mais qui ne disparaissent
00:38:41pas du tout.
00:38:41C'est-à-dire le XIXe siècle,
00:38:42c'est le moment
00:38:42de modernisation continue
00:38:44permanente
00:38:45de l'énergie hydraulique
00:38:46avec l'invention
00:38:46des turbines,
00:38:47puis le développement
00:38:48à la fin du siècle
00:38:49de l'hydroélectricité.
00:38:50C'est-à-dire de trouver
00:38:51des manières en permanence
00:38:53de mettre au travail
00:38:54les cours d'eau
00:38:55s'il y a des aménagements
00:38:57de plus en plus complexes
00:38:58pour répondre
00:38:59aux besoins énergétiques.
00:39:01Donc voilà,
00:39:01on a essayé
00:39:02de faire une histoire
00:39:02du XIXe siècle,
00:39:03non pas comme celle
00:39:04d'une transition
00:39:05d'un vieux système énergétique
00:39:07ancien
00:39:08à un système moderne
00:39:09qui serait fossile,
00:39:09mais en essayant un peu
00:39:10de complexifier
00:39:12le fonctionnement
00:39:13de cette économie
00:39:13du XIXe siècle
00:39:14en résonance aussi
00:39:15avec tous les débats
00:39:17d'aujourd'hui
00:39:18sur la transition énergétique.
00:39:19Parfois,
00:39:19en écoutant les discours publics
00:39:21ou les discours
00:39:21de certains hommes politiques,
00:39:22on a l'impression
00:39:23que ça va se faire facilement.
00:39:24On va décarboner
00:39:25pour 2030 ou 2050.
00:39:27Et en fait,
00:39:28on voit bien
00:39:29que tous ces discours
00:39:29reposent sur une vision
00:39:30un peu simpliste
00:39:31de la façon dont fonctionnent
00:39:32les usages énergétiques
00:39:34du passé et du présent.
00:39:35Alors,
00:39:35si on poursuit
00:39:36dans votre livre,
00:39:37on insiste
00:39:38avec Thomas Leroux
00:39:39sur les régulations
00:39:41environnementales.
00:39:42peut-être d'abord
00:39:42une question sur,
00:39:44dans les programmes scolaires,
00:39:45on dit que la loi impériale
00:39:46de 1810,
00:39:48c'était un moment important.
00:39:51Est-ce que vous pouvez
00:39:52nous le confirmer ?
00:39:55Enfin,
00:39:55quel est le contenu
00:39:57de cette loi de 1810
00:39:58qu'on cite souvent,
00:39:59mais sans bien la connaître ?
00:40:01Et puis,
00:40:01essayer de montrer
00:40:02plus largement
00:40:03ce qui se passe
00:40:04au 19e siècle
00:40:05où il y a
00:40:06des tentatives
00:40:07de régulation,
00:40:09des acteurs
00:40:09qui s'y intéressent,
00:40:10etc.
00:40:10Contrairement à ce qu'on a
00:40:11pu penser
00:40:11quand on se plonge
00:40:12dans les archives,
00:40:13dans la documentation.
00:40:15Thomas Leroux,
00:40:15on trouve tout ça.
00:40:16Peut-être qu'on ne le cherchait
00:40:17pas beaucoup avant,
00:40:19peut-être,
00:40:19je ne sais pas.
00:40:20Oui,
00:40:20en fait,
00:40:20c'est un chapitre
00:40:21qui a pour but
00:40:21de rendre compte
00:40:23des réactions
00:40:24et des politiques
00:40:25mises en œuvre
00:40:27pour déjà
00:40:28régler un certain nombre
00:40:29de problèmes environnementaux,
00:40:30que ce soit
00:40:31des questions
00:40:32d'assèchement,
00:40:33déforestation,
00:40:34mais aussi,
00:40:35ici,
00:40:36des questions
00:40:37qui touchent
00:40:37plus particulièrement
00:40:38les pollutions
00:40:39et les nuisances
00:40:40industrielles
00:40:41et artisanales.
00:40:43Alors,
00:40:43c'est vrai qu'on pourrait
00:40:45imaginer
00:40:45qu'il y a une prise
00:40:46de conscience récente
00:40:47depuis quelques décennies,
00:40:49peut-être,
00:40:50une ou des générations
00:40:50d'une crise écologique
00:40:52majeure.
00:40:53Donc,
00:40:53sous d'autres termes,
00:40:54d'autres échelles aussi,
00:40:56en fait,
00:40:56quand on regarde,
00:40:57quand on se plonge
00:40:57dans les archives,
00:40:58on se rend compte
00:40:58que l'histoire
00:41:00est parsemée
00:41:00de contestations,
00:41:02règlements,
00:41:03régulations
00:41:03relatives
00:41:04à des tensions
00:41:06environnementales.
00:41:07Alors,
00:41:08ce chapitre,
00:41:08en fait,
00:41:08il prend place
00:41:09dans un siècle
00:41:10qui s'industrialise,
00:41:12dans l'ère des révolutions,
00:41:13c'est aussi l'ère
00:41:14de la révolution industrielle
00:41:15ou de différentes phases
00:41:16d'industrialisation
00:41:17de la France,
00:41:18avec son rythme
00:41:20peut-être un petit peu lent
00:41:21si on le compare
00:41:21à l'évolution contemporaine,
00:41:23aussi sur des échelles variées,
00:41:25mais malgré tout,
00:41:26une forme d'industrialisation
00:41:27du pays
00:41:28qui aboutit
00:41:29à des questionnements,
00:41:31à des débats,
00:41:32à des contestations,
00:41:33parce qu'au XVIIIe siècle,
00:41:35en réalité,
00:41:35la place de l'industrie
00:41:36dans la société
00:41:37n'est pas du tout acquise
00:41:39et que les transformations
00:41:41industrielles en cours
00:41:43viennent rompre
00:41:44avec des équilibres sociaux,
00:41:45mais elles viennent aussi
00:41:46choquer parfois
00:41:47des personnes
00:41:48qui voient les dégâts
00:41:50que ça provoque.
00:41:51Et les dégâts que ça provoque,
00:41:52ça peut être
00:41:53des eaux qui sont polluées,
00:41:55qui menacent
00:41:56les communautés locales
00:41:57parce qu'il n'y a plus
00:41:57d'eau potable,
00:41:58ça peut être
00:41:58des champs,
00:42:00des potagers
00:42:01qui sont grillés
00:42:02par l'industrie chimique
00:42:03que Julien Vincent
00:42:04a évoqué tout à l'heure,
00:42:06ça peut être aussi
00:42:07des incendies,
00:42:08des ébranlements,
00:42:10toute une sorte,
00:42:11toute une série
00:42:11de nuisances
00:42:12et de pollutions.
00:42:14Le mot apparaît d'ailleurs
00:42:15en 1804 en Angleterre,
00:42:16il s'étend à partir
00:42:17du milieu du XIXe siècle
00:42:18en France.
00:42:19Auparavant,
00:42:19c'était la catégorie
00:42:20de nuisances
00:42:20qui avaient aussi
00:42:21des implications
00:42:22de règlements sociaux
00:42:23derrière son dispositif juridique.
00:42:27donc il y a des réactions
00:42:30et donc pour revenir
00:42:31à la loi de 1810,
00:42:32elle vient arbitrer,
00:42:34en fait,
00:42:34cette loi de 1810
00:42:35vient arbitrer
00:42:36toute une série
00:42:37de contestations,
00:42:38de procès,
00:42:39de manifestations parfois
00:42:40et parfois même
00:42:41d'affrontements
00:42:43entre des communautés locales,
00:42:45des industriels,
00:42:46des autorités de police,
00:42:47etc.
00:42:48Et que vient faire
00:42:49la loi de 1810 ?
00:42:49Alors la première,
00:42:50la loi du 21 avril 1810,
00:42:52c'est sur les mines
00:42:52et les carrières
00:42:52et il y en a une autre
00:42:54plus importante
00:42:55du point de vue
00:42:55des régulations environnementales
00:42:57qui est celle du 15 octobre 1810
00:42:59sur les établissements
00:43:00industriels insalubres
00:43:01et incommodes.
00:43:01Qu'est-ce qu'elle vient faire
00:43:02cette loi ?
00:43:03Elle vient justement dire
00:43:04que l'industrie
00:43:05doit être protégée.
00:43:06Alors tout à l'heure,
00:43:06on parlait des permanences,
00:43:07là il y a une rupture,
00:43:08il y a une rupture
00:43:09au sein de la période,
00:43:10elle est mise en place
00:43:11d'ailleurs par Jean-Antoine Chattal
00:43:12dont on a déjà parlé
00:43:13puisqu'en tant que ministre
00:43:14de l'Intérieur,
00:43:15il avait préparé cette loi
00:43:16et en tant que président
00:43:17de la Société d'encouragement
00:43:18pour l'industrie nationale,
00:43:19ancien créateur des préfectures,
00:43:21membre du Conseil d'État,
00:43:22etc.
00:43:22C'est lui qui a préparé
00:43:23cette loi.
00:43:24Il était lui-même industriel
00:43:25de l'industrie de la chimie
00:43:26et son objectif
00:43:27c'était de sécuriser le capital,
00:43:29sécuriser le capital investi
00:43:31et là très clairement
00:43:32on est dans un moment
00:43:33où la société politique
00:43:36qui gouverne le pays
00:43:37se rend compte
00:43:38qu'il y a une accumulation
00:43:39du capital,
00:43:40un développement du capitalisme
00:43:42qu'il faut absolument protéger
00:43:43de contestations sociales,
00:43:45de procès, etc.
00:43:46Et elle était menacée
00:43:47dans la mesure où
00:43:48un grand nombre de procès
00:43:49aboutissaient à des condamnations
00:43:51des industriels
00:43:51comme cela avait lieu
00:43:53au XVIIIe siècle
00:43:54selon l'idée
00:43:56selon laquelle
00:43:56un industriel
00:43:57qui pouvait polluer
00:43:58son environnement
00:43:58commettait un délit
00:44:00voire un crime
00:44:01parce que ça pouvait provoquer
00:44:03de la mortalité
00:44:04dans le voisinage.
00:44:05La loi de 1810
00:44:06va dire
00:44:07ben non en fait
00:44:07ces pollutions
00:44:08ce ne sera plus
00:44:09ni un délit
00:44:09ni un crime
00:44:10ce sera passible
00:44:11de poursuites en justice civile
00:44:12pour des indemnités
00:44:13en revanche
00:44:14en cas d'insalubrité manifeste
00:44:16de danger pour la santé publique
00:44:17ce sera le conseil d'état
00:44:18qui réglera la question
00:44:20et en tout état de cause
00:44:22les cours pénales
00:44:23ne pourront plus
00:44:23poursuivre en industriel
00:44:25donc à partir de 1810
00:44:27plus aucun industriel
00:44:29ne pouvait se voir
00:44:30infliger une peine
00:44:31une amende
00:44:32voire des journées de prison
00:44:34des emprisonnements
00:44:34comme ça avait lieu
00:44:36auparavant
00:44:36donc ça c'est quand même
00:44:37un basculement
00:44:37alors comment au 19ème siècle
00:44:40ça a évolué
00:44:41c'est un décret 1810
00:44:42qui a évolué beaucoup
00:44:43par jurisprudence
00:44:44parce qu'il est très court
00:44:45et il est très malléable
00:44:48et souple
00:44:48un des grands débats
00:44:49justement
00:44:50c'était de savoir
00:44:50si les cours pénales
00:44:51pouvaient reprendre la main
00:44:52sur un certain nombre
00:44:53de dossiers
00:44:53donc des pollutions
00:44:54d'eau majeure
00:44:55des empoisonnements
00:44:56là on parle de par exemple
00:44:58l'ouvrage de Judith Renor
00:44:59qui est affiché
00:45:00blanc de plomb
00:45:01c'est donc un oxyde
00:45:03carbonate de plomb
00:45:04qui est utilisé
00:45:05dans la peinture
00:45:06qui a provoqué
00:45:07une mortalité ouvrière
00:45:08et des peintres
00:45:09en bâtiment
00:45:10extrêmement fort
00:45:11ça pouvait aboutir
00:45:12à des procès pénaux
00:45:14donc certains juges
00:45:15ont essayé
00:45:15de reprendre la main
00:45:17sur ces affaires
00:45:18de pollution
00:45:19et de nuisance
00:45:19et des discussions
00:45:21ont été au conseil d'état
00:45:22en cours de cassation
00:45:23etc.
00:45:23ça aboutit à une jurisprudence
00:45:24avec en 1827
00:45:25l'idée selon laquelle
00:45:26c'était bien le conseil d'état
00:45:27qui avait la main
00:45:28sur ces questions
00:45:29et depuis cette date
00:45:30et encore aujourd'hui
00:45:31alors le ministère
00:45:33va sans doute
00:45:33commémorer
00:45:34les 50 ans
00:45:35de la loi ICPE
00:45:36sur les établissements
00:45:37pour la protection
00:45:38d'environnement
00:45:38les établissements classés
00:45:39cette loi de 1976
00:45:41elle est directement issue
00:45:42du décret de 1810
00:45:44évidemment rénové
00:45:44puisqu'elle réintroduit
00:45:45le régime pénal
00:45:46au sein de ces régulations
00:45:48néanmoins
00:45:49encore aujourd'hui
00:45:50on est complètement héritier
00:45:52de ce dispositif
00:45:53de 1810
00:45:55qui d'ailleurs
00:45:56s'est étendu
00:45:57en dehors de la France
00:45:58c'est aussi
00:45:59une histoire transnationale
00:46:00en ce sens
00:46:01puisque
00:46:01avec l'empire
00:46:03napoléonien
00:46:04cette loi a été
00:46:05mise en pratique
00:46:06dans tous les pays conquis
00:46:08et après l'abdication
00:46:10ces pays conquis
00:46:10ont donc conservé
00:46:12les principes
00:46:12et que l'Angleterre
00:46:13au cours du 19ème siècle
00:46:14crée une série de lois
00:46:16qui se rapprochent
00:46:17de ces régulations
00:46:18administratives
00:46:18en réalité
00:46:19donc un impact
00:46:20très très important
00:46:21à la fois en France
00:46:23mais aussi
00:46:23dans d'autres pays
00:46:24alors on arrive au chapitre
00:46:25il faut aussi s'intéresser
00:46:26à ces questions
00:46:27que vous avez rédigées
00:46:29Corinne Marach
00:46:30avec François Jarry
00:46:32sur les mutations
00:46:33agricoles
00:46:34alors ce qui surprendra
00:46:36peut-être dans cette
00:46:36et on le voit
00:46:38dans un certain nombre
00:46:39d'affiches publicitaires
00:46:40qu'on peut étudier
00:46:41avec des
00:46:41à des élèves
00:46:42ce que je fais régulièrement
00:46:44c'est-à-dire qu'on est
00:46:44toujours surpris
00:46:45sur la mise en valeur
00:46:46dans les documents
00:46:47de ce type
00:46:49là
00:46:49chez Lefebvre Frère
00:46:50la mise en valeur
00:46:52de
00:46:52de ce qui nous semble
00:46:54nous
00:46:54évidemment
00:46:55tout à fait dégradant
00:46:57c'est-à-dire les engrais
00:46:58etc
00:46:58enfin dans les affiches
00:47:00publicitaires
00:47:00et parfois il y a
00:47:02avant après l'utilisation
00:47:03c'est toujours
00:47:04la mise en valeur
00:47:05des engrais
00:47:05c'est une des
00:47:06peut-être
00:47:07un des points
00:47:08de votre
00:47:08de votre chapitre
00:47:09je ne sais pas si vous voulez
00:47:10en dire un mot
00:47:11enfin voilà
00:47:12c'est une entrée possible
00:47:13dans votre chapitre
00:47:13c'est une entrée possible
00:47:15alors effectivement
00:47:16peut-être avant
00:47:16d'en venir à cette
00:47:18à cette mise en valeur
00:47:19remettre les choses
00:47:20en perspective
00:47:21on est à cette période
00:47:23dans la période
00:47:24que l'on étudie
00:47:24est en situation
00:47:25de monde plein
00:47:25il n'y a jamais eu
00:47:26autant de monde
00:47:27en France
00:47:27et en particulier
00:47:28dans les campagnes
00:47:29qu'à cette période-là
00:47:30la surface agricole utile
00:47:31expose
00:47:32elle atteint son maximum
00:47:33en 62
00:47:34à la fin de notre période
00:47:35non seulement parce que
00:47:36il faut nourrir
00:47:38tous ces ruraux
00:47:38mais aussi et surtout
00:47:39tous ces urbains
00:47:40qui sont de plus en plus
00:47:42déconnectés
00:47:42des ressources vivrières
00:47:45donc ça change
00:47:46forcément la donne
00:47:47pour autant
00:47:48et l'une des grandes
00:47:49continuités de notre période
00:47:50c'est que
00:47:51cette France agricole
00:47:52c'est essentiellement
00:47:53une France de la petite
00:47:54exploitation rurale
00:47:55directe ou indirecte
00:47:56beaucoup de métayers
00:47:57de fermiers
00:47:58de petits propriétaires
00:48:00elle domine
00:48:01numériquement
00:48:01elle ne domine pas
00:48:03dans la question
00:48:04des rendements
00:48:05et de la production
00:48:06c'est bien la grande
00:48:07exploitation qui
00:48:07qui domine
00:48:08et qui vend le plus
00:48:09pour autant
00:48:10les deux modèles
00:48:10coexistent
00:48:11mais il ne faudrait
00:48:12surtout pas
00:48:13faire l'erreur
00:48:13de les mettre
00:48:14dos à dos
00:48:14c'est-à-dire
00:48:15qu'on a longtemps
00:48:16par simplification
00:48:17parlé d'une France
00:48:18des grands propriétaires
00:48:20fonciers
00:48:20qui auraient été
00:48:21vraiment les facilitateurs
00:48:23les accélérateurs
00:48:24du progrès
00:48:25entre guillemets
00:48:26agricole
00:48:27quand le monde paysan
00:48:28il était volontiers
00:48:29décrit comme tel
00:48:30dans les sources
00:48:31représenter une France
00:48:32archaïque
00:48:33des pratiques
00:48:34archaïques
00:48:35etc
00:48:35alors on sait aujourd'hui
00:48:36que ce n'est pas si simple
00:48:38et on va faire le point
00:48:40un tout petit peu
00:48:41un tout petit peu
00:48:42là-dessus
00:48:42mais alors au-delà
00:48:43de ces continuités
00:48:45et d'une logique
00:48:46vivrière
00:48:47qui demeure
00:48:47dans une grande partie
00:48:48des exploitations françaises
00:48:50effectivement
00:48:51l'État
00:48:52et toutes les structures
00:48:53aussi qui encouragent
00:48:54l'agriculture
00:48:55que ce soit
00:48:55les sociétés départementales
00:48:57d'agriculture
00:48:57que ce soit
00:48:58dans les cantons
00:48:59les comices agricoles
00:49:00qui voient le jour
00:49:01dans les années
00:49:021810-1820
00:49:04et toutes les structures
00:49:05aussi
00:49:06d'encouragement
00:49:07à l'agriculture
00:49:08et au progrès
00:49:09les structures
00:49:10d'éducation
00:49:11à l'agriculture
00:49:12et bien
00:49:13tous ces acteurs-là
00:49:14tous ces canaux-là
00:49:15encouragent des pratiques
00:49:16qui visent
00:49:17à augmenter
00:49:18les rendements
00:49:18justement
00:49:19et pour augmenter
00:49:20les rendements
00:49:20il faut en passer
00:49:23par l'utilisation
00:49:24des engrais
00:49:25parce que
00:49:25l'une des grandes craintes
00:49:26et l'un des grands spectres
00:49:28du 19e siècle
00:49:28c'est celui
00:49:29de l'appauvrissement
00:49:29des sols
00:49:30qui est déjà
00:49:31l'ordre du jour
00:49:32à la fin du 18e siècle
00:49:34donc on veut
00:49:35agrandir la surface
00:49:36agricole utile
00:49:37et gagner
00:49:38sur des espaces
00:49:39qui jusque-là
00:49:39n'étaient pas cultivés
00:49:40et donc on souhaite
00:49:42enrichir
00:49:43et engraisser la terre
00:49:44alors pour cela
00:49:44il y a des pratiques
00:49:45très anciennes
00:49:46et la continuité
00:49:46il faut la rappeler
00:49:48avant de parler
00:49:48des nouveautés
00:49:49l'utilisation
00:49:49du fumier
00:49:51et on a
00:49:51un tas d'agronomes
00:49:53qui essaient
00:49:53d'éduquer les paysans
00:49:54sur la manière
00:49:55d'en faire
00:49:56le meilleur usage possible
00:49:57on utilise aussi
00:49:58les bouts urbains
00:49:59et on a
00:50:00un flux de matière
00:50:02comme ça
00:50:02incessant
00:50:03qui a amené
00:50:04à la théorisation
00:50:05du cirque
00:50:06par le roux
00:50:07donc au milieu
00:50:07du 19e siècle
00:50:08théorique
00:50:09qui séduit d'ailleurs
00:50:10beaucoup Victor Hugo
00:50:10qui la reprend
00:50:12dans les misérables
00:50:13par exemple
00:50:14donc en tout cas
00:50:14on a de manière
00:50:16très concrète
00:50:16des midiers
00:50:18de tombereaux
00:50:19qui chaque jour
00:50:19circulent entre ville
00:50:20et campagne
00:50:21et qui alimentent
00:50:23comme ça
00:50:23ce flux de matière
00:50:23entre la ville
00:50:24et la campagne
00:50:25mais ce fumier
00:50:26et ces matières
00:50:27organiques
00:50:28ne suffisent pas
00:50:28et effectivement
00:50:30à partir des années
00:50:311840
00:50:31on va aller chercher
00:50:32d'autres moyens
00:50:34d'engraisser la terre
00:50:35avant même
00:50:36de penser aux engrais
00:50:37chimiques
00:50:38et c'est là
00:50:38que notre cadre national
00:50:40finalement
00:50:40on voit qu'il n'est pas
00:50:41si national que ça
00:50:42des grandes affaires
00:50:43en termes d'enrichissement
00:50:44et d'engraissement
00:50:45de la terre
00:50:45au XIXe siècle
00:50:46c'est le guano
00:50:47que l'on va chercher
00:50:48sur les côtes
00:50:49du Chili et du Pérou
00:50:50donc là on s'inscrit
00:50:51bien dans une mondialisation
00:50:52des pratiques agricoles
00:50:54qui ne concernent
00:50:55absolument pas
00:50:56que la grande
00:50:56agriculture commerciale
00:50:58le guano
00:50:58et je le sais
00:50:59par des sources
00:51:00vraiment au ras du sol
00:51:01dans les livres de comptes
00:51:03de tout petits paysans
00:51:04ce guano
00:51:05il fascine
00:51:06et des paysans
00:51:07de toute petite envergure
00:51:09vont volontiers
00:51:10en acheter
00:51:11dans l'épicerie
00:51:11du coin
00:51:11pour Ouhoula
00:51:13la quincaillerie du coin
00:51:14pour enrichir leur terre
00:51:15le volume extrait
00:51:17en guano est tel
00:51:18et les volumes échangés
00:51:19entre l'Amérique du Sud
00:51:20et l'Amérique du Nord
00:51:22et l'Europe
00:51:22est tel
00:51:22qu'en 30-40 ans à peine
00:51:25les gisements
00:51:26sont épuisés
00:51:27donc on voit bien
00:51:28là aussi
00:51:28les problématiques environnementales
00:51:30que ça peut générer
00:51:31et donc on va commencer
00:51:33à s'intéresser
00:51:33effectivement
00:51:34à la sabrique
00:51:35de l'engrais
00:51:36à partir de matières
00:51:38minérales
00:51:38organiques
00:51:39il y a aussi
00:51:40des travaux
00:51:40des scientifiques
00:51:41qui jouent un rôle majeur
00:51:42pensons à
00:51:43les bigs
00:51:44et à sa théorie
00:51:45autour du NPK
00:51:47la loi du minimum
00:51:48donc ce lien entre
00:51:49agriculture et chimie
00:51:51l'essentiel
00:51:51pour comprendre
00:51:52ce qui se joue
00:51:53à cette époque
00:51:53donc on va transformer
00:51:55effectivement
00:51:55des ressources du sol
00:51:57que l'on va chercher
00:51:58là encore toujours
00:51:59au Chili et au Pérou
00:52:00par exemple
00:52:00pour le nitrate
00:52:01que l'on va chercher
00:52:02également
00:52:02dans les pays du Maghreb
00:52:05donc là aussi
00:52:06cette internationalisation
00:52:07des échanges
00:52:08pour pratiquer
00:52:09l'agriculture
00:52:10qui n'est pas nouvelle
00:52:11s'accroît
00:52:12au XIXe siècle
00:52:13et effectivement
00:52:15les engrais
00:52:16vont se développer
00:52:17à partir des années
00:52:181850 et 1860
00:52:19et donnent lieu
00:52:20effectivement
00:52:21à toute une imagerie
00:52:23et tout un imaginaire
00:52:24pour étudier
00:52:24avec les étudiants
00:52:26comme avec les élèves
00:52:27ces affiches
00:52:28c'est absolument succulent
00:52:30de voir les représentations
00:52:31qu'il y a
00:52:31entre une agriculture
00:52:33dite ou considérée
00:52:34comme l'agriculture
00:52:35du progrès
00:52:36qui est celle
00:52:37effectivement
00:52:37qui représente
00:52:39la grande agriculture
00:52:40commerciale
00:52:41et une agriculture
00:52:42qui est prétendument
00:52:43passéiste
00:52:44et on voit bien souvent
00:52:44jeter au premier plan
00:52:45de l'affiche
00:52:46souvent dans l'ombre
00:52:47la faux
00:52:47la fourche
00:52:49c'est-à-dire
00:52:49des outils du passé
00:52:50au profit
00:52:51effectivement
00:52:52des magnifiques charrues
00:52:53que l'on voit parfois
00:52:53à l'arrière-plan
00:52:54ici on choisit
00:52:55de mettre les notables
00:52:56et donc on voit
00:52:57le sac d'engrais
00:52:58qui est posé là
00:53:00alors ça suppose aussi
00:53:01un nouveau rapport
00:53:02à la nature
00:53:03c'est-à-dire que là
00:53:03on s'inscrit
00:53:04dans une logique
00:53:05qui est celle
00:53:05de la maîtrise
00:53:06de la nature
00:53:07on n'est plus dépendant
00:53:08des ressources
00:53:08on n'est plus dépendant
00:53:09des aléas de la nature
00:53:10mais par la connaissance
00:53:12par le lien
00:53:13avec les sciences
00:53:14et les techniques
00:53:14finalement
00:53:15dans la grande
00:53:16comme dans la petite agriculture
00:53:17l'idée est de
00:53:18de dominer cette nature
00:53:20et de pouvoir
00:53:21maîtriser
00:53:22les pratiques agricoles
00:53:23merci beaucoup
00:53:24alors on peut
00:53:26jeter un oeil
00:53:27sur le chapitre suivant
00:53:28je crois que c'est vous
00:53:29François Jarich
00:53:29qui l'avez rédigé
00:53:30les grands chantiers
00:53:33une mobilisation
00:53:34inédite de la nature
00:53:35sous la forme
00:53:36de grands chantiers
00:53:36des voies ferrées
00:53:37aux aménagements
00:53:38portuaires
00:53:39on va voir que
00:53:39l'attention à l'espace
00:53:40et le chapitre suivant
00:53:41aussi l'attention
00:53:42au paysage
00:53:43c'est quelque chose
00:53:44de très important
00:53:45dans votre livre
00:53:46oui bien sûr
00:53:48dans la continuité
00:53:49de ce que vient de dire
00:53:49Corinne
00:53:50le 19ème siècle
00:53:51c'est aussi
00:53:52le siècle
00:53:53de l'émergence
00:53:54d'une utopie
00:53:54croissante
00:53:55du contrôle
00:53:56de la maîtrise totale
00:53:57qui se manifeste
00:53:58dans tous les domaines
00:53:59avec la zoologie
00:54:01dans le domaine
00:54:01de la zoologie
00:54:02avec les théories
00:54:03de la domestication
00:54:04qui considère
00:54:05de plus en plus
00:54:06aussi que les espèces animales
00:54:08doivent être au service
00:54:09du développement
00:54:09des sociétés humaines
00:54:10la séparation
00:54:11entre les animaux utiles
00:54:12et les animaux nuisibles
00:54:13par exemple
00:54:14devient quelque chose
00:54:14de plus en plus dur
00:54:15de plus en plus
00:54:17évidemment parmi ces
00:54:19stratégies moyennes
00:54:20de contrôle
00:54:20de ce qu'on appelle
00:54:21la nature
00:54:21il y a évidemment
00:54:22le développement
00:54:23des grands aménagements
00:54:24c'est ce que pointait
00:54:25aussi Benoît
00:54:26en introduction
00:54:26donc la question
00:54:27de l'aménagement
00:54:27c'est une question majeure
00:54:29notamment pour l'histoire
00:54:30environnementale
00:54:30de la contemporaine
00:54:31là on a à la fois
00:54:32des continuités
00:54:33avec l'ancien régime
00:54:33parce que les grands projets
00:54:35d'aménagement du territoire
00:54:36se mettent en place
00:54:37sous l'ancien régime
00:54:38à l'époque monarchique
00:54:39l'école des ponts et chaussées
00:54:41apparaît au milieu
00:54:41du 18ème siècle
00:54:42mais d'une certaine manière
00:54:43vraiment les réalisations
00:54:46se multiplient
00:54:47s'accentuent considérablement
00:54:48au 19ème siècle
00:54:49et ça cette histoire
00:54:50de l'aménagement du territoire
00:54:52par les grandes infrastructures
00:54:53de transport notamment
00:54:54a souvent été écrite
00:54:55dans une perspective
00:54:56un peu évolutionniste
00:54:58inère
00:54:59identifiant
00:55:00cette maîtrise croissante
00:55:01de la nature
00:55:02à ce qu'on appelle
00:55:02le progrès
00:55:03le progrès c'est précisément
00:55:04la capacité des sociétés
00:55:05à être moins dépendant
00:55:06des fragilités
00:55:07des incertitudes
00:55:08du milieu naturel
00:55:09de la finitude
00:55:11et des limites aussi
00:55:12que pose le monde physique
00:55:13à la réalité des projets
00:55:14sociopolitiques
00:55:15et donc les infrastructures
00:55:17sont un élément majeur
00:55:18le mot même infrastructure
00:55:19d'ailleurs apparaît à cette époque-là
00:55:20donc faire une histoire
00:55:21environnementale
00:55:22des infrastructures
00:55:23c'est sortir un peu
00:55:23ces récits évolutionnistes
00:55:25cette histoire
00:55:25qui serait très technique
00:55:26pour essayer de penser
00:55:27les infrastructures
00:55:28comme des éléments
00:55:29d'un système naturel
00:55:30donc il s'agit de compter
00:55:32en tonnes encore
00:55:32l'impact par exemple
00:55:34de la construction
00:55:35des voies ferrées
00:55:36en termes de déforestation
00:55:37quelle quantité d'eau
00:55:39il faut pour faire fonctionner
00:55:40une locomotive à vapeur
00:55:41quelle est l'empreinte matérielle
00:55:43de la mise en place
00:55:44des infrastructures
00:55:45de transport
00:55:45on pourrait faire
00:55:46une histoire environnementale
00:55:47des grands canaux
00:55:48au 19ème siècle
00:55:49qui est le moment
00:55:49d'âge d'or
00:55:50et d'apogée
00:55:51des grands canaux
00:55:52un canal par exemple
00:55:53ça serait intéressant
00:55:54on l'aborde à peine
00:55:56dans le livre
00:55:57cette question des canaux
00:55:58mais par exemple
00:55:59l'histoire climatique
00:56:00des cadeaux
00:56:00serait intéressant
00:56:01au 19ème siècle
00:56:02il y a une guerre permanente
00:56:03pour permettre la continuité
00:56:05du moyen de transport
00:56:06sur ces grandes infrastructures
00:56:07et pour permettre la continuité
00:56:08il faut lutter
00:56:09contre les contraintes naturelles
00:56:11les contraintes naturelles
00:56:12c'est le gel d'hiver
00:56:13qui fait que
00:56:13les grands canaux
00:56:14comme le canal de Bourgogne
00:56:15ne peuvent pas fonctionner
00:56:16pendant un mois ou deux
00:56:17pendant l'hiver
00:56:17à un moment où
00:56:18la nécessité de maintenir
00:56:20en permanence
00:56:21les routes
00:56:21et les flux d'approvisionnement
00:56:23impose
00:56:23enfin on tolère
00:56:25beaucoup moins
00:56:26cette intermittence
00:56:26cette incertitude
00:56:27qui caractérisaient
00:56:28les sociétés anciennes
00:56:29donc il faut à la fois
00:56:30lutter contre le froid
00:56:31l'hiver
00:56:31on est au petit âge glaciaire
00:56:32donc avec des hivers
00:56:33très rigoureux
00:56:33au 19ème siècle
00:56:34il faut aussi lutter
00:56:35contre les sécheresses
00:56:36estivales
00:56:36qui font qu'il n'y a plus
00:56:37assez d'eau
00:56:37pour nourrir les canaux
00:56:38donc on va construire
00:56:39des grands lacs
00:56:40des grands barrages
00:56:42pour retenir l'eau
00:56:43pour pouvoir approvisionner
00:56:44le canal
00:56:45donc il y aurait
00:56:46en plus au 19ème siècle
00:56:46un des grands débats
00:56:47des ingénieurs
00:56:48c'est comment mettre en place
00:56:49des navires brise-glace
00:56:50pour permettre
00:56:51de casser la glace
00:56:53pour permettre
00:56:53une continuité du trafic
00:56:54donc ça c'est des questions
00:56:55qui en général
00:56:56étaient peu posées
00:56:57dans l'histoire
00:56:58des infrastructures
00:57:00de ces aménagements
00:57:01et donc on essaie
00:57:02de faire une histoire
00:57:03naturelle
00:57:03une histoire environnementale
00:57:04de ces aménagements
00:57:05et tous les aménagements
00:57:06peuvent être pensés
00:57:06dans cette perspective là
00:57:07infrastructure de transport
00:57:09infrastructure hydraulique
00:57:10et la construction
00:57:11des grands ports
00:57:11de commerce aussi
00:57:12donc ça c'était
00:57:14ce qui était un peu
00:57:14l'objectif dans ce chapitre
00:57:16mais on n'a pas le temps
00:57:17de développer
00:57:17non non pas du tout
00:57:18alors on arrive
00:57:19à votre dernier chapitre
00:57:20c'est vous qui l'avez rédigé
00:57:22Corinne Marache
00:57:23sur je disais
00:57:24sur les mutations
00:57:25des paysages
00:57:26alors là moi je me suis
00:57:27un peu amusé
00:57:28mais mettre un peu
00:57:29de courbet
00:57:29ça fait toujours du bien
00:57:31ce chêne là
00:57:31nous apaise
00:57:32et puis comment dirais-je
00:57:35ce vers conservé
00:57:36au musée d'Aquitaine
00:57:38on est dans les Landes
00:57:39et les mutations
00:57:40des Landes
00:57:41au 19ème siècle
00:57:42l'attention au paysage
00:57:43c'est vraiment important
00:57:44dans votre livre
00:57:45expliquez-nous un peu là
00:57:46les enjeux de ce chapitre
00:57:47oui l'un des enjeux
00:57:48du chapitre
00:57:49c'était vraiment
00:57:49d'essayer de comprendre
00:57:50et il croise
00:57:51et il fait écho
00:57:52à tous les chapitres
00:57:53c'est pour ça qu'on a fait
00:57:54aussi le choix
00:57:54de le mettre à la fin
00:57:56on voit bien
00:57:57qu'avec tous ces
00:57:58ces changements
00:57:59et ces continuités
00:58:00qui traversent
00:58:01la période qu'on étudie
00:58:02le rapport au paysage
00:58:04inévitablement
00:58:04il évolue
00:58:05on assiste effectivement
00:58:07à une
00:58:07une appropriation
00:58:09de la nature
00:58:10et forcément
00:58:11un rapport au paysage
00:58:12qui s'inscrit
00:58:13dans une logique
00:58:14de domination
00:58:15de maîtrise
00:58:16d'exclusion
00:58:18aussi du sauvage
00:58:19du nuisible
00:58:20François vient de l'évoquer
00:58:22qu'il s'agisse
00:58:23des animaux nuisibles
00:58:24on traque le loup
00:58:25mais pas que
00:58:26on traque
00:58:27blaireau
00:58:28belette
00:58:28renard
00:58:29fouine
00:58:29lapin
00:58:30enfin tous les animaux
00:58:30qui peuvent mettre en péril
00:58:31les hommes
00:58:32leurs animaux
00:58:33leurs cultures
00:58:34leurs infrastructures
00:58:35on ne soupçonne pas assez
00:58:37le pouvoir de nuisance
00:58:38de certains animaux
00:58:39qui mettent à mal
00:58:40un certain nombre
00:58:41d'infrastructures
00:58:41mises au point
00:58:43ou améliorées
00:58:44au 19ème siècle
00:58:45on extermine aussi
00:58:46le sauvage
00:58:48dans sa plus petite taille
00:58:50les champignons
00:58:51les insectes
00:58:52ils ont toujours été traqués
00:58:53rien de nouveau
00:58:54sous le soleil
00:58:55simplement
00:58:55c'est les moyens
00:58:56dont on dispose désormais
00:58:58en lien avec la chimie
00:58:59justement
00:58:59la meilleure connaissance
00:59:01aussi
00:59:02de ces différentes espèces
00:59:04et des moyens
00:59:05de les mettre à mal
00:59:06donc les choses
00:59:06les choses évoluent
00:59:08en la matière
00:59:08et
00:59:09on domine donc mieux
00:59:11le paysage
00:59:12on le classifie
00:59:13aussi
00:59:13c'est à dire qu'une des manières
00:59:14de mieux maîtriser
00:59:15et dominer ce paysage
00:59:16c'est de mieux le connaître
00:59:17donc on classifie
00:59:18les espèces
00:59:19on le cartographie
00:59:20on le cadastre
00:59:22l'entreprise du cadastre
00:59:23du début du 19ème siècle
00:59:25au-delà de sa logique
00:59:27administrative
00:59:28et financière
00:59:29d'imposition
00:59:30dans laquelle il s'inscrit
00:59:31va bien au-delà
00:59:32c'est à dire que
00:59:33le cadastre
00:59:34finalement
00:59:34montre que
00:59:35on s'inscrit désormais
00:59:36dans une logique
00:59:37de protection
00:59:38de possession
00:59:39pardon
00:59:39individuelle
00:59:40et non plus collective
00:59:42de la nature
00:59:43une logique aussi
00:59:45patriarcale
00:59:45du rapport
00:59:46à la nature
00:59:47il y a beaucoup
00:59:47d'enjeux là derrière
00:59:48et puis
00:59:49évoquons aussi
00:59:50tous les progrès
00:59:51faits par la géographie
00:59:52sur la cartographie
00:59:54qui sont liés aussi
00:59:55bien évidemment
00:59:55à l'entreprise
00:59:57coloniale
00:59:58qui permet
00:59:58d'affiner
01:00:00la connaissance
01:00:00de ces espaces
01:00:02donc
01:00:03séparation
01:00:04finalement
01:00:04de plus en plus forte
01:00:05entre utile
01:00:07et non utile
01:00:07domestique
01:00:08et sauvage
01:00:09maîtrisé
01:00:10et non maîtrisé
01:00:11et puis donc
01:00:12une prédation
01:00:13on l'a vu
01:00:14à plusieurs reprises
01:00:15de plus en plus forte
01:00:15sur ces paysages
01:00:16tant et si bien
01:00:17qu'effectivement
01:00:18il y a une inquiétude
01:00:20très très forte
01:00:20c'est pour ça
01:00:21quand on parle
01:00:21prise de conscience
01:00:22aujourd'hui
01:00:23ça fait toujours sourire
01:00:24dès la fin du XVIIIe siècle
01:00:26on lit dans
01:00:27tout un tas de sources
01:00:28et avec des motifs
01:00:29et des motivations diverses
01:00:31que je n'ai pas le temps
01:00:31de développer ici
01:00:32une inquiétude
01:00:33sur par exemple
01:00:34le recul de la forêt
01:00:35une inquiétude
01:00:36sur aussi
01:00:37la disparition
01:00:38d'amenuisement
01:00:39de zones
01:00:40finalement
01:00:41non-entropisées
01:00:42ou peu-entropisées
01:00:43mais dans le même temps
01:00:44on n'a aucun problème
01:00:45à assécher
01:00:46les zones humides
01:00:47à essayer
01:00:48d'en exploiter
01:00:49les ressources
01:00:50etc
01:00:51donc dans cette logique-là
01:00:53ce à quoi on assiste
01:00:55dans la période
01:00:56que l'on a étudiée
01:00:56c'est un souhait
01:00:58non pas
01:00:59de protéger
01:01:00ou sauvegarder
01:01:01au sens où on l'entend
01:01:02aujourd'hui
01:01:02mais en tout cas
01:01:03un souhait
01:01:04de mettre en avant
01:01:05cette nature sauvage
01:01:06on le voit du côté
01:01:07des artistes
01:01:08on le voit dans la littérature
01:01:09vous avez choisi ici
01:01:10de mettre
01:01:12ce magnifique chêne
01:01:13peint par Courbet
01:01:14mais on a
01:01:15beaucoup de peintres
01:01:16qui font de la nature
01:01:18finalement
01:01:18et des grandeurs
01:01:19de la nature
01:01:20de la puissance
01:01:21de la nature
01:01:22et des éléments
01:01:22leur objet premier
01:01:23c'est plus un décor
01:01:24ça devient un objet
01:01:25en part entière
01:01:26et dans la littérature
01:01:27dans la littérature aussi
01:01:28donc ce rapport
01:01:29au paysage
01:01:30va commencer
01:01:31finalement
01:01:32à entrer dans une logique
01:01:33de protection
01:01:34alors elle est timide
01:01:35pas avisée écologiste
01:01:37bien sûr
01:01:38ni écologique
01:01:39mais dans une visée esthétique
01:01:41je pense par exemple
01:01:42au premier mouvement
01:01:43de protection
01:01:44de la forêt
01:01:45qui a été mené
01:01:46par les peintres
01:01:47de l'école de Barbizon
01:01:48on est dans les années 1860
01:01:50donc là c'est dans une logique
01:01:52de sauvegarde esthétique
01:01:53d'un espace
01:01:54d'un espace naturel
01:01:55voilà
01:01:56je sais que le temps avance
01:01:57je crois qu'on parle
01:01:59depuis 1h01
01:02:00ce qui est bien
01:02:01donc maintenant
01:02:02on a un bon quart d'heure
01:02:03de questions
01:02:03si vous le souhaitez
01:02:05dans la salle
01:02:05les auteurs
01:02:07l'autrice
01:02:07vous répondront
01:02:08bien volontiers
01:02:09je suis certain
01:02:09qu'il y a des questions
01:02:10et de toute façon
01:02:10moi j'en manque pas
01:02:11je suis eux qui est là
01:02:12dans mon milieu
01:02:13ce sera une question
01:02:14assez courte
01:02:15merci beaucoup
01:02:15pour cette présentation
01:02:16vraiment très très très
01:02:18très intéressante
01:02:19j'ai l'impression
01:02:20que du coup
01:02:21le livre s'arrête
01:02:22juste avant la commune
01:02:23et ce sera dans le tome 2
01:02:24qu'on aura droit
01:02:25à la naissance de l'écologie
01:02:27etc
01:02:27je simplifie énormément
01:02:29en disant
01:02:29la naissance de l'écologie
01:02:30vous devez sourire
01:02:31François
01:02:31je suis bien
01:02:32il faudra en parler
01:02:32mais alors
01:02:34c'est toute la question
01:02:35de savoir
01:02:35qu'est-ce que ça veut dire
01:02:36la naissance de l'écologie
01:02:37évidemment
01:02:38et en fait
01:02:39on aborde ça
01:02:40dans tous les volumes
01:02:40et on essaye
01:02:41à chaque fois
01:02:42de situer
01:02:43pour chaque période
01:02:44qu'est-ce que ça peut bien signifier
01:02:45la naissance de l'écologie
01:02:46en tout cas au 19ème siècle
01:02:47au 18ème siècle
01:02:48la question des harmonies naturelles
01:02:50était une obsession
01:02:51des savants
01:02:52au 19ème siècle
01:02:53ça reste une préoccupation
01:02:55très très importante
01:02:56le néologisme écologique
01:02:57c'est Heckel
01:02:58en 1866
01:03:00le mot
01:03:01c'est l'idée
01:03:01d'une science des relations
01:03:02au moment où précisément
01:03:03les sciences naturelles
01:03:05tendent à se spécialiser
01:03:06pour étudier
01:03:06des segments séparés
01:03:07de la réalité du monde
01:03:09l'écologie
01:03:10c'est une science
01:03:11qui justement
01:03:11veut penser
01:03:12l'interaction
01:03:13la relation
01:03:14donc c'est toute l'ambivalence
01:03:15de ce qu'est l'écologie
01:03:16en tout cas
01:03:16les alertes sont déjà présentes
01:03:17au 19ème siècle
01:03:18là il était question
01:03:19de March
01:03:20qui est parfois présenté
01:03:21aujourd'hui
01:03:21comme l'un des penseurs
01:03:22de l'anthropocène
01:03:23puisque dans son livre
01:03:24l'homme et la nature
01:03:25il théorise
01:03:26comment les sociétés humaines
01:03:28vont modifier
01:03:28la géographie physique
01:03:29du globe
01:03:30et devenir une force géologique
01:03:31elle-même
01:03:32donc c'est déjà des questions
01:03:33qui sont présentes
01:03:34dans les sciences naturelles
01:03:35dans les milieux naturalistes
01:03:36du 19ème siècle
01:03:37la question de la disparition
01:03:38des espèces
01:03:39et les problèmes
01:03:40que ça soulève
01:03:41la question de l'attention
01:03:42à ne pas déséquilibrer
01:03:43le monde naturel
01:03:44sont des questions
01:03:45qui reviennent
01:03:45en permanence
01:03:46donc voilà
01:03:47en fait on pourrait dire
01:03:48qu'il y a plusieurs naissances
01:03:49de l'écologie
01:03:50dans différents contextes
01:03:52et chaque volume
01:03:52l'aborde
01:03:53mais nous on essaye
01:03:54de ne pas parler
01:03:54de préhistoire de l'écologie
01:03:55parce que ce n'est pas
01:03:56une préhistoire
01:03:56qui ramènerait tout
01:03:58à ce qu'il y a aujourd'hui
01:03:59c'est-à-dire qu'on essaye
01:04:00de penser aussi
01:04:00ce que Julien appelle
01:04:02les écologies rivales
01:04:03au 19ème siècle
01:04:04c'est-à-dire qu'il y a
01:04:04plusieurs pensées de l'écologie
01:04:06c'est-à-dire
01:04:06des relations
01:04:07qui expliquent
01:04:08le fonctionnement
01:04:09du monde vivant
01:04:09il y en a plusieurs
01:04:10qui s'affrontent en fait
01:04:11il y a des velléités
01:04:12de préservation
01:04:13de protection
01:04:13qui sont déjà là
01:04:14mais qui se heurtent aussi
01:04:15à l'imposition croissante
01:04:17d'une volonté de contrôle
01:04:18pour des raisons économiques
01:04:19politiques
01:04:20parce que derrière tout ça
01:04:21évidemment
01:04:21il y a des nouvelles logiques
01:04:22d'exploitation
01:04:23qui tiennent
01:04:23au nouveau contexte
01:04:25économique de l'époque
01:04:26qui fait que
01:04:27l'industrialisation du monde
01:04:29devient l'horizon
01:04:30de l'émancipation
01:04:31et c'est par là
01:04:32que se construira
01:04:33l'émancipation collective
01:04:34alors que la nature
01:04:35est considérée
01:04:36comme quelque chose
01:04:36qui bloque
01:04:37qui empêche
01:04:37l'émancipation
01:04:38et donc qu'il faut dépasser
01:04:39donc tous ces débats
01:04:40sont très très présents
01:04:42au XIXe siècle
01:04:42alors l'invention
01:04:43de l'écologie
01:04:43comme science
01:04:44c'est ça la question
01:04:46c'est la toute sain
01:04:47du XIXe siècle
01:04:48c'est-à-dire que
01:04:48les premiers traités
01:04:49d'écologie
01:04:49les premières formes
01:04:50d'enseignement
01:04:51de l'écologie
01:04:52la géographie
01:04:52notamment sous la forme
01:04:53de l'étude
01:04:54de la distribution
01:04:56spatiale
01:04:56des végétaux
01:04:57des plantes
01:04:57tout ça apparaît
01:04:58plus tard
01:04:59c'est le deuxième volume
01:05:00qui s'en occupe le plus
01:05:01comme la première grande loi
01:05:02sur la protection
01:05:06sur la protection des paysages
01:05:07les premières grandes lois
01:05:08pour protéger
01:05:09les espèces animales
01:05:10et surtout le début
01:05:11du XIXe siècle
01:05:12que ça se met en place
01:05:13donc ce que montre
01:05:14l'histoire environnementale
01:05:15en tout cas
01:05:15c'est que le récit spontané
01:05:17considérant que l'écologie
01:05:18naît dans les années 60-70
01:05:20ce qui est une bonne nouvelle
01:05:21on a pris conscience
01:05:22avant on ne savait pas
01:05:23on a pris conscience
01:05:23donc comme on a pris conscience
01:05:24on va pouvoir régler le problème
01:05:25l'histoire environnementale
01:05:27nous montre que
01:05:27c'est pas comme ça
01:05:28que ça s'est passé
01:05:28ce qui explique d'ailleurs
01:05:29pourquoi depuis
01:05:30qu'on a pris conscience
01:05:31des problèmes écologiques
01:05:32tous les problèmes écologiques
01:05:33sont de plus en plus dramatiques
01:05:34et les crises écologiques
01:05:36s'accélèrent
01:05:37donc c'est à l'âge écologique
01:05:38que les crises écologiques
01:05:40s'accélèrent
01:05:40et c'est quand même
01:05:40le paradoxe
01:05:41de notre situation actuelle
01:05:42qu'il faut bien éclairer
01:05:43et ça l'histoire
01:05:44c'est un bon outil
01:05:45pour comprendre
01:05:45de quoi on parle
01:05:46quand on parle
01:05:47de ces choses-là
01:05:47ok ?
01:05:48je ne sais pas si j'ai répondu
01:05:49vraiment
01:05:49la question portait aussi
01:05:50peut-être sur la commune
01:05:51non ?
01:05:52ah oui la commune
01:05:52non mais en fait
01:05:53voilà
01:05:54c'est vrai
01:05:54déjà on a repris
01:05:55les césures chronologiques
01:05:57classiques
01:05:591789
01:06:001870
01:06:00le début de la Troisième République
01:06:02et ça c'est vraiment
01:06:03un choix qu'on a fait
01:06:04on est en fait
01:06:04dans une entreprise
01:06:05de normalisation
01:06:06de l'histoire environnementale
01:06:07parce que nous
01:06:08on est la génération
01:06:09qui l'avons introduit
01:06:10à l'université
01:06:10et c'est plus
01:06:11un discours révolutionnaire
01:06:12c'est un discours institutionnel
01:06:14voilà donc on reprend les cadres
01:06:15l'histoire de France
01:06:171870
01:06:17et donc voilà
01:06:18et alors la commune
01:06:19en fait
01:06:20justement en fait
01:06:20une histoire
01:06:21je pense qu'une histoire
01:06:22environnementale de la commune
01:06:23n'existe pas encore
01:06:23alors qu'elle pose des questions
01:06:25très importantes
01:06:26pour l'histoire environnementale
01:06:27par exemple
01:06:27vous savez le livre très connu
01:06:29de Pierre Charbonnier
01:06:30Abondance et Liberté
01:06:31l'idée qu'en fait
01:06:32notre conception moderne
01:06:33de la liberté
01:06:34suppose l'abondance
01:06:35la commune
01:06:36c'est vraiment un moment
01:06:37de pensée de la liberté
01:06:38qui est fondé sur justement
01:06:39le rationnement
01:06:40et donc pas du tout l'abondance
01:06:42et donc en fait
01:06:43il y a beaucoup
01:06:43il faut faire
01:06:44il faudra faire
01:06:45il faudra faire
01:06:46une histoire environnementale
01:06:47de la commune
01:06:47mais ce chantier reste ouvert
01:06:48nous on a plus focalisé
01:06:50sur la révolution française
01:06:51mais c'est un bilan d'étape
01:06:52en fait
01:06:53cette synthèse
01:06:53et qui ouvre
01:06:54on a pris conscience aussi
01:06:56de tous les chantiers
01:06:57qui sont encore ouverts
01:06:58et qui doivent être approfondis
01:06:59donc ça c'en est un que vous pointez du doigt
01:07:01et ça c'est
01:07:02vous ne trouverez pas
01:07:03beaucoup de développement
01:07:04sur la commune
01:07:04ni dans notre volume
01:07:05ni dans le volume suivant
01:07:06et c'est pour les raisons
01:07:07que je viens évoquer
01:07:07alors qu'effectivement
01:07:08l'histoire environnementale
01:07:09de la commune
01:07:10on avait même le projet
01:07:10de creuser le sujet
01:07:11c'est-à-dire
01:07:12la commune
01:07:13le rôle des animaux
01:07:14pendant la commune de Paris
01:07:15est majeur
01:07:16la question des mobilisations
01:07:17pour survivre
01:07:18dans un contexte de siège
01:07:19évidemment pose des questions
01:07:20environnementales
01:07:20on coupe tous les arbres
01:07:21pour fournir du combustible
01:07:23la pensée même
01:07:24de ce qu'on appelle
01:07:25la liberté
01:07:26est reconfigurée
01:07:27dans cette période
01:07:27de transformation politique majeure
01:07:29donc on remet l'incluture en ville
01:07:31donc évidemment
01:07:31on pourrait faire totalement
01:07:32une histoire de la commune
01:07:33qui a été une histoire
01:07:34totalement socio-centrée
01:07:35et ce qui est assez logique aussi
01:07:37elle s'est inscrit
01:07:38dans l'histoire du mouvement ouvrier
01:07:40de son émancipation
01:07:40mais toute une histoire
01:07:42de la commune
01:07:43en mettant ça
01:07:43c'est pour ça que je dis
01:07:44que c'est un regard
01:07:45à l'histoire environnementale
01:07:46si vous adoptez
01:07:46un regard environnemental
01:07:47sur cette expérience
01:07:48de la commune
01:07:49vous montrez
01:07:50vous ferez surgir
01:07:51de nouveaux acteurs
01:07:52vous montrerez
01:07:52de nouveaux liens
01:07:53de nouveaux enjeux
01:07:54qui n'étaient pas
01:07:54très importants
01:07:55dans l'historiographie
01:07:57pourtant très abondante
01:07:58de la commune
01:07:58oui et vraiment
01:07:59je vous invite à revenir
01:08:01au mois de mars
01:08:02parce qu'on commence
01:08:03en 70
01:08:04effectivement
01:08:05j'ai bien aimé
01:08:06cette idée de normalisation
01:08:07de l'histoire de l'environnement
01:08:08parce qu'effectivement
01:08:11ces bandes
01:08:11se sont imposées
01:08:12naturellement
01:08:13j'ai l'impression
01:08:14alors qu'il n'y a rien d'évident
01:08:15à terminer
01:08:16à qu'un troisième mois de public
01:08:17en ce qui vous concerne
01:08:18et donc vous pourrez aussi
01:08:19poser votre question
01:08:20sur la commune
01:08:20aux autres auteurs
01:08:21même si c'est vrai
01:08:22que la question
01:08:22elle n'est pas abordée
01:08:23en tant que telle
01:08:24mais peut-être
01:08:25ils auront des choses
01:08:26à ajouter
01:08:27vas-y Patrick
01:08:28dans vos analyses critiques
01:08:29des mentalités
01:08:31et des croyances
01:08:31dans la période
01:08:33que vous avez étudiée
01:08:34est-ce que vous avez
01:08:35constaté ou pas
01:08:36des différences
01:08:38entre les sociétés
01:08:39plutôt dominées
01:08:40par le catholicisme
01:08:42la France
01:08:43et d'autres sociétés
01:08:45qui connaissent aussi
01:08:46des phénomènes
01:08:46d'industrialisation
01:08:48mais aussi d'approche
01:08:49de la nature
01:08:49dans des sociétés
01:08:51plutôt dominées
01:08:52par une tradition protestante
01:08:53c'est justement
01:08:54une question
01:08:55que se posent
01:08:55les contemporains
01:08:56eux-mêmes
01:08:56et Élisée Reclus
01:08:58par exemple
01:08:58lui a souligné ça
01:09:00un rapport différent
01:09:02des sociétés
01:09:02catholiques
01:09:03et protestantes
01:09:04à la nature
01:09:05et en France
01:09:06en particulier
01:09:06il souligne
01:09:07que le culte
01:09:09de la nature
01:09:09l'amour de la nature
01:09:10en France
01:09:11est celui d'une nature
01:09:12déjà très anthropisée
01:09:13une marqueterie
01:09:14un paysage
01:09:15qui est une marqueterie
01:09:16de petites parcelles
01:09:17ça naît avec
01:09:18la révolution française
01:09:19dit-il à la fin
01:09:20du XIXe siècle
01:09:20et ça se distingue
01:09:22d'un rapport protestant
01:09:23que, alors lui
01:09:24il connaissait
01:09:25il était très cosmopolite
01:09:26Élisée Reclus
01:09:26donc il était allé
01:09:27en Allemagne
01:09:27en Angleterre
01:09:28aux Etats-Unis
01:09:29dans lequel
01:09:29le culte de la nature
01:09:30est un culte
01:09:31de la nature sauvage
01:09:32on voyait le livre
01:09:34de Roderick Nash
01:09:35tout à l'heure
01:09:35sur la wildness
01:09:36donc c'est ce culte
01:09:37de la nature sauvage
01:09:38qui serait propre
01:09:38au protestantisme
01:09:39il insiste beaucoup là-dessus
01:09:40donc ça c'est un discours
01:09:41des contemporains eux-mêmes
01:09:42qui se sont posés
01:09:43la question
01:09:44nous en fait
01:09:45on s'intéresse
01:09:45beaucoup plus
01:09:45à ce que les contemporains
01:09:47perçoivent
01:09:47et leur différence
01:09:49dans la perception des choses
01:09:49que de poser
01:09:51une conclusion définitive
01:09:52moi j'aurais eu tendance
01:09:53justement plutôt
01:09:54à relativiser
01:09:54cette distinction
01:09:55en montrant que
01:09:56justement il y a
01:09:57une sacralisation
01:09:58de la nature
01:09:58en France
01:09:59qui va quand même
01:10:00assez loin
01:10:00je m'interrogeais
01:10:02sur comment vous avez
01:10:03choisi les thèmes
01:10:04et les chapitres
01:10:05en fait
01:10:06parce qu'on voit
01:10:06que c'est assez large
01:10:07mais je pensais
01:10:09par exemple
01:10:09qu'il y a aussi
01:10:09au XIXe
01:10:10le développement
01:10:11le début du développement
01:10:12du tourisme
01:10:13ou même juste
01:10:14sur la formation
01:10:14qui a existé
01:10:16donc depuis
01:10:16de nombreux siècles
01:10:17et vous n'en avez pas
01:10:18parlé là
01:10:19alors je vous avoue
01:10:20je n'ai pas encore lu
01:10:21le livre
01:10:22alors peut-être
01:10:22que j'ai raté
01:10:23et que vous n'avez pas
01:10:23juste eu le temps
01:10:25de le présenter
01:10:26mais en tout cas
01:10:26voilà
01:10:26qu'est-ce qui a fait
01:10:27que j'avais retenu
01:10:28certains thèmes
01:10:28par rapport à d'autres
01:10:29merci
01:10:30on va commencer
01:10:30sur le thème
01:10:31sur les thèmes
01:10:32il y a déjà
01:10:33peut-être
01:10:34les appétences
01:10:35et les compétences
01:10:36des uns et des autres
01:10:37le fait qu'il fallait
01:10:39grouper ça quand même
01:10:40en un nombre
01:10:41raisonnable
01:10:41de chapitres
01:10:42la question du tourisme
01:10:43que vous évoquez
01:10:44on la croise
01:10:45à plusieurs reprises
01:10:46dans l'ouvrage
01:10:47par exemple
01:10:48sur la question
01:10:49des paysages
01:10:50moi je m'en suis
01:10:51pas mal emparée
01:10:52puisque effectivement
01:10:53dans cet attrait
01:10:54pour la nature
01:10:55sauvage
01:10:56pour la nature
01:10:57peu anthropisée
01:10:59on assiste
01:10:59dans la période
01:11:00qu'on étudie
01:11:01à ce qu'on appelle
01:11:02le désir de rivage
01:11:03le désir de montagne
01:11:04le début de l'alpinisme
01:11:05les excursions
01:11:07aux glacières
01:11:08les ascensions
01:11:09du Mont-Blanc
01:11:09les premiers clubs
01:11:10alpins
01:11:11etc
01:11:11tout ça
01:11:12ça se développe
01:11:13à cette époque-là
01:11:14donc on l'a traité
01:11:15dans le paysage
01:11:16donc comment ça s'est fait
01:11:18peut-être
01:11:19François était dans l'aventure
01:11:20dès le début
01:11:21moi j'y suis arrivé
01:11:22un petit peu après
01:11:23donc peut-être que
01:11:24sur la genèse
01:11:25de la manière
01:11:26dont vous avez structuré
01:11:26les choses
01:11:27tu es encore mieux
01:11:28placé que moi
01:11:28pour répondre
01:11:28oui en fait
01:11:30le tourisme
01:11:31sera plus abordé
01:11:32dans le volume 2
01:11:32puisque c'est vraiment
01:11:33après les années 70
01:11:34que le tourisme
01:11:35devient un enjeu
01:11:37central
01:11:37avec les touring clubs
01:11:39les associations
01:11:40qui se mettent en place
01:11:41mais il y a évidemment
01:11:43une généalogie antérieure
01:11:44qui est abordée
01:11:45dans le chapitre
01:11:45sur les paysages
01:11:46la question du plan
01:11:46c'est une question
01:11:47un peu complexe
01:11:48à l'origine
01:11:49ce projet
01:11:49il a une dizaine d'années
01:11:51un peu plus d'une dizaine d'années
01:11:52on avait monté
01:11:53à l'origine
01:11:53un séminaire
01:11:54qui s'appelait
01:11:55Histoire environnementale
01:11:56de la France
01:11:56où l'idée c'était
01:11:57de proposer
01:11:58une relecture
01:11:59des objets canoniques
01:11:59de l'histoire de France
01:12:00et ça a capoté
01:12:02ça a été relancé
01:12:03il y a toute une histoire
01:12:04éditoriale
01:12:05parce que c'était
01:12:06un projet complexe
01:12:07à mener évidemment
01:12:08et à construire
01:12:09je vous passe ça
01:12:10et donc on a longtemps
01:12:11hésité entre un plan
01:12:12chronologique assez précis
01:12:13et un plan plus thématique
01:12:15qui essaierait
01:12:15de caractériser
01:12:16les grands enjeux
01:12:17des transformations
01:12:18socio-environnementales
01:12:19du 19ème siècle
01:12:20on a abandonné
01:12:21le plan thématique
01:12:22parce que précisément
01:12:23pour notre période
01:12:24les évolutions
01:12:26les évolutions
01:12:28structurelles
01:12:28ou les continuités
01:12:30restent très puissantes
01:12:31donc on a essayé
01:12:32de dégazer
01:12:32les grands thèmes
01:12:33sachant que ce volume
01:12:33c'est une sorte
01:12:35de grosse introduction
01:12:36aussi à la suite
01:12:37et les deux autres volumes
01:12:38s'inscrivent davantage
01:12:39dans une dynamique
01:12:40chronologique plus précise
01:12:41parce que précisément
01:12:42les transformations
01:12:42s'accélèrent
01:12:43les grandes guerres mondiales
01:12:44vont être des moments
01:12:45de rupture majeure
01:12:46le rythme des logiques
01:12:48de modernisation
01:12:48d'aménagement du territoire
01:12:49ne cesse de s'accentuer
01:12:50même si les prémices
01:12:52sont en place
01:12:52se mettent en place
01:12:53au 19ème siècle
01:12:54en réalité ce qui domine
01:12:55au 19ème siècle
01:12:56c'est quand même
01:12:56une grande stabilité
01:12:57d'où le choix
01:12:58plutôt de chapitres thématiques
01:12:59que des chapitres chronologiques
01:13:00et ensuite
01:13:01les grands thèmes retenus
01:13:02c'était ceux
01:13:03qui nous paraissaient
01:13:04les plus centraux
01:13:04pour la période
01:13:05et aussi ceux
01:13:06qui recoupaient
01:13:06les compétences
01:13:08des uns et des autres
01:13:09sachant que personne
01:13:10n'a la science infuse
01:13:11et qu'il manque
01:13:12beaucoup de choses
01:13:12dans ce livre
01:13:13je pense que l'un des
01:13:13grands manques
01:13:14de ce livre
01:13:14par exemple
01:13:15c'est la mer
01:13:15plusieurs collègues
01:13:16nous l'ont reproché
01:13:17mais aucun spécialiste
01:13:18il n'y a pas de spécialiste
01:13:20d'histoire maritime
01:13:20parmi nous
01:13:21et c'est vrai
01:13:22que du coup
01:13:22on a oublié
01:13:22un peu trop
01:13:23les huîtres
01:13:23et toute une série
01:13:24d'autres êtres vivants
01:13:26sans trop
01:13:26pour penser
01:13:27le 19ème siècle
01:13:27et qui sont
01:13:28assez peu présents
01:13:29pour répondre
01:13:30non remarque
01:13:30je ne veux pas perdre
01:13:31de temps
01:13:31mais pour répondre
01:13:32une autre façon
01:13:32de répondre
01:13:33à votre question
01:13:33c'est
01:13:33il y avait plusieurs plans
01:13:34possibles
01:13:35à un moment
01:13:35on s'est demandé
01:13:36ouais mais
01:13:36est-ce qu'on ferait pas
01:13:37comme l'histoire mondiale
01:13:38de la France
01:13:38mais sur l'environnement
01:13:39donc plein de petits trucs
01:13:41des petits points
01:13:41où on aborde
01:13:42une grande grande
01:13:43diversité d'objets
01:13:44mais justement
01:13:44il n'y a pas de réflexion
01:13:45sur le plan
01:13:46une autre option
01:13:47ça aurait été de dire
01:13:47en histoire environnementale
01:13:49on n'organise pas
01:13:50les choses de la même manière
01:13:51que classiquement
01:13:51dans les histoires de France
01:13:52et donc on va prendre
01:13:53des thèmes
01:13:54vraiment qui sont
01:13:55très originaux
01:13:55à chaque fois
01:13:56et qui rejouent
01:13:57les découpages classiques
01:13:58alors voilà
01:13:58peut-être la mer
01:13:59la mer
01:14:00la montagne
01:14:01on aurait pu raisonner
01:14:02comme ça
01:14:02et puis non en fait
01:14:03nous voilà
01:14:03ce truc de normalisation
01:14:05on a pris un plan
01:14:05qui est relativement classique
01:14:06au final
01:14:07parce que vous avez
01:14:08la matérialité
01:14:10les infrastructures
01:14:11l'agriculture
01:14:12l'industrie
01:14:13la politique
01:14:14les idées
01:14:14en fait voilà
01:14:15c'est un plan assez classique
01:14:16et c'est dans l'esprit global
01:14:18de ce projet éditorial
01:14:19mais disons aussi
01:14:20c'est intéressant
01:14:21vous aurez remarqué
01:14:23je m'adresse au public
01:14:24il n'y a pas de directeur
01:14:25d'ouvrage
01:14:25ou de directrice d'ouvrage
01:14:26ce sont les cinq
01:14:27qui écrivent ensemble
01:14:29ce qui est quand même
01:14:30assez original
01:14:30dans les démarches
01:14:32oui un petit mot là-dessus
01:14:33c'est intéressant
01:14:34quand un truc
01:14:35historiographique
01:14:36rentre à l'université
01:14:37jadis ce fut
01:14:38l'histoire sociale
01:14:39l'histoire des femmes
01:14:40etc
01:14:40ça devient plus conservateur
01:14:42et donc il y a des mandarins
01:14:43qui émergent
01:14:43donc c'est un lieu
01:14:45d'un enjeu
01:14:46de prise de pouvoir
01:14:47académique
01:14:48mais en même temps
01:14:49l'histoire environnementale
01:14:50vient d'une utopie politique
01:14:51qui est très égalitaire
01:14:53un petit peu anarchiste
01:14:54etc
01:14:54et donc nous en fait
01:14:55on est resté un peu fidèle
01:14:56à cette idée
01:14:57on est resté un peu fidèle
01:14:58à cette idée
01:14:58et du coup il n'y a pas eu
01:15:00de mandarins
01:15:01qui a émergé
01:15:01mais en réalité
01:15:02j'ai essayé pourtant
01:15:03j'ai essayé
01:15:03mais voilà
01:15:04sauf qu'en réalité
01:15:05il y a vraiment une personne
01:15:06qui a vraiment tout organisé
01:15:07et c'est François
01:15:07oui c'est important de préciser
01:15:09que les trois conférences
01:15:10en fait qu'on vous propose
01:15:11c'est basé sur trois livres
01:15:13et à chaque fois
01:15:13c'est trois collectifs
01:15:15et c'est pas si courant que ça
01:15:16en définitif
01:15:17en général
01:15:18en surhumanité sociale
01:15:20et ça
01:15:20c'est important de le dire
01:15:21et après
01:15:22quand on connait un peu
01:15:23les historiens
01:15:24on voit la patte
01:15:25et c'est ce que tu as fait Luc
01:15:27on voit là
01:15:28où la patte
01:15:29de l'historien
01:15:30est plus forte
01:15:31dans tel ou tel chapitre
01:15:32mais c'est très important
01:15:33aussi cette notion
01:15:34de collectif
01:15:34et l'histoire environnementale
01:15:36elle est importante aussi
01:15:38j'ai envie de dire
01:15:38pour la sociologie
01:15:40de la recherche
01:15:41qui va avec aussi
01:15:42voilà
01:15:43ça c'est quelque chose aussi
01:15:44qui est important
01:15:45à avoir à l'esprit
01:15:46c'est pour ça
01:15:46je vous disais au début
01:15:47c'est pas l'histoire à la papa
01:15:48déjà dire à la papa
01:15:49c'est qu'il y a un papa
01:15:50c'est qu'il y a un directeur
01:15:51non mais c'est important
01:15:52de le dire
01:15:53et c'est pas le cas justement
01:15:55en histoire environnementale
01:15:57Martin
01:15:58oui merci
01:15:59alors je suis désolé
01:16:00je vais poursuivre
01:16:00un peu dans le même sens
01:16:01sur ce que j'ai pas entendu
01:16:02et qui est peut-être pas
01:16:03dans le bouquin
01:16:04c'est la partie la plus institutionnelle
01:16:06c'est-à-dire la partie politique
01:16:07au sens
01:16:08plutôt l'organisation d'État
01:16:09moi il me semble
01:16:10mais vous me direz
01:16:10si je me trompe
01:16:11il y a deux éléments
01:16:12qui me paraissent
01:16:13soit confirmés
01:16:14par la révolution
01:16:15soit nouveaux
01:16:15c'est d'une part
01:16:16la centralisation
01:16:18Paris
01:16:18l'île de France
01:16:19et du coup
01:16:20tout l'aménagement du territoire
01:16:21dont on souffre encore aujourd'hui
01:16:23et le deuxième élément
01:16:24moi je suis agronome
01:16:25pardon
01:16:26c'est le poids de la décision
01:16:28des agriculteurs
01:16:29dans la décision politique
01:16:30et qu'on subit encore énormément
01:16:32et y compris
01:16:33ça va jusqu'à
01:16:34la passivité des préfets
01:16:35et des gendarmes
01:16:36vis-à-vis des violences paysannes
01:16:37enfin ça c'est des trucs
01:16:38il me semble
01:16:38qui avaient été
01:16:39dont on disait
01:16:40que ça venait
01:16:41de la révolution française
01:16:42vous n'en avez pas parlé
01:16:43je veux bien
01:16:43votre avis sur ces deux
01:16:44pour rajouter là aussi
01:16:45sur la question
01:16:46de la poids de l'agriculture
01:16:48dans le tome 2
01:16:49c'est traité
01:16:49parce qu'en fait
01:16:51il me semble
01:16:51que c'est pas tant
01:16:52la révolution française
01:16:53le moment le tournant
01:16:54que plutôt
01:16:55la troisième république
01:16:56avec Méline
01:16:56qui a réussi
01:16:58à arracher
01:16:58justement les agriculteurs
01:17:00on va dire
01:17:00à une pensée réactionnaire
01:17:01pour le mieux
01:17:01puisque la république
01:17:02a pu comme ça aussi
01:17:03s'ancrer dans les campagnes
01:17:04mais avec les conséquences
01:17:06que tu as en partie
01:17:07quand même soulignées
01:17:08mais je laisse répondre
01:17:09nos intervenants
01:17:12mais tu pourras reposer
01:17:13la question
01:17:13là encore
01:17:14le mois prochain
01:17:15un petit mot
01:17:16justement sur ce point-là
01:17:16c'est-à-dire en fait
01:17:17effectivement
01:17:17on n'en a pas parlé
01:17:18parce qu'il y a un moment
01:17:19il faut faire des choix
01:17:19mais ça c'est un thème
01:17:21hyper important
01:17:22que je trouve très intéressant
01:17:23effectivement
01:17:23la conception même
01:17:25de l'état
01:17:25en France
01:17:26à partir de la révolution française
01:17:27implique un rapport
01:17:28au territoire
01:17:28si AIS décide
01:17:30vraiment d'un trait de plume
01:17:31que le territoire
01:17:32va être découpé
01:17:33en rectangles géométriques
01:17:35plus ou moins géométriques
01:17:36et donc là
01:17:37il y a vraiment un geste
01:17:38qui consiste à
01:17:39construire le corps politique
01:17:40en surplomb
01:17:41du territoire naturel
01:17:42et en même temps
01:17:43ce geste
01:17:44il va avec un souci très grand
01:17:45d'améliorer la communication
01:17:48entre les deux
01:17:49donc avec le mouvement
01:17:50ascendant
01:17:50de la représentation politique
01:17:51chez CIS
01:17:52et le mouvement descendant
01:17:53de l'administration
01:17:54et ce découpage
01:17:55il est pensé
01:17:56pour que tous les territoires
01:17:57soient unis
01:17:58ce qu'il appelle
01:17:59l'adunation
01:18:00et là ici
01:18:01il y a une pensée
01:18:01du rapport
01:18:03au territoire naturel
01:18:04à la terre
01:18:05à l'environnement
01:18:05donc
01:18:06mais effectivement
01:18:07cette question est très importante
01:18:08j'ai répondu juste
01:18:09sur la question de l'état
01:18:10la question est énorme
01:18:11je prolonge
01:18:13c'est ce que dit Julien
01:18:15le cadastre
01:18:15que j'évoquais tout à l'heure
01:18:17lui aussi
01:18:18il est décisif
01:18:19dans la manière
01:18:20de se représenter
01:18:21le paysage
01:18:22la nature
01:18:23l'environnement
01:18:23le cadastre
01:18:24c'est une grande entreprise
01:18:25de simplification
01:18:27du regard
01:18:28que l'on pose
01:18:28sur le paysage
01:18:29par le simple fait
01:18:29que l'on va catégoriser
01:18:30des choses
01:18:31qui finalement
01:18:32ne correspondent absolument plus
01:18:34à la réalité
01:18:35la diversité
01:18:36des types
01:18:38d'occupation
01:18:39d'aménagement
01:18:39de rapport à l'espace
01:18:40qui était en vigueur
01:18:42jusque-là
01:18:42ça c'est un premier point
01:18:43sur la question
01:18:44des agriculteurs
01:18:45alors effectivement
01:18:47je pense que les deux volumes
01:18:48seront plus à même
01:18:49de répondre à vos questions
01:18:50pour autant
01:18:50de quels agriculteurs
01:18:51parle-t-on
01:18:52c'est-à-dire que
01:18:53et là ça rejoint des choses
01:18:55que j'ai un petit peu
01:18:56esquissées tout à l'heure
01:18:57dans cette période-là
01:18:58on a vraiment
01:19:00une continuité réelle
01:19:01de l'économie vivrière
01:19:03qui est encore
01:19:03très présente
01:19:04pour autant
01:19:05même dans ces petites
01:19:06exploitations vivrières
01:19:07on a déjà une logique commerciale
01:19:09qui commence à s'installer
01:19:11mais on est encore
01:19:12très clairement
01:19:13même si ce ne sont plus
01:19:14les communautés d'habitants
01:19:15au niveau des paroisses
01:19:16qui décident collectivement
01:19:18de la manière
01:19:18de gérer les ressources
01:19:19ça s'attend à disparaître
01:19:21sous le coup de loi
01:19:23et d'injonctions
01:19:25effectivement
01:19:25venant de l'État
01:19:26pour autant
01:19:27on a quand même encore
01:19:28une nécessité
01:19:29j'ai envie de dire
01:19:30chez un grand nombre
01:19:32d'agriculteurs
01:19:34à cette époque-là
01:19:35de gérer collectivement
01:19:36les ressources
01:19:36de ne pas faire n'importe quoi
01:19:38pour la simple et bonne raison
01:19:39qu'on dépend encore
01:19:40beaucoup de ces ressources
01:19:42ce n'est pas vrai
01:19:42de toutes les exploitations agricoles
01:19:44mais c'est vrai
01:19:45pour une grande partie
01:19:46d'entre elles encore
01:19:47à cette époque
01:19:47et là on est vraiment
01:19:49dans une continuité forte
01:19:50pour la période
01:19:51que l'on étudie
01:19:51peut-être sur la question
01:19:52de la centralisation
01:19:53dire deux choses
01:19:54la première
01:19:55c'est de la question
01:19:56de l'histoire institutionnelle
01:19:58en fait
01:19:58de l'État
01:19:59notamment
01:19:59alors on en parle
01:20:00notamment dans le chapitre
01:20:01sur les régulations
01:20:03parce que
01:20:04j'ai parlé un peu
01:20:04des pollutions
01:20:05et des nuisances
01:20:05on parle des mines
01:20:06on parle
01:20:07de l'instauration
01:20:08des préfectures
01:20:09et des relais
01:20:10dans les départements
01:20:11etc.
01:20:12et puis peut-être
01:20:13une autre façon
01:20:14de parler de cette question
01:20:15de la centralisation
01:20:16c'est peut-être
01:20:17de rentrer un peu plus
01:20:20finement
01:20:20dans l'échelle
01:20:21des acteurs
01:20:21en fait
01:20:22qui s'occupent
01:20:24de l'État
01:20:24en fait
01:20:25qui prend des positions
01:20:27pouvoir exécutif
01:20:28dans les ministères
01:20:29etc.
01:20:29et on se rend compte
01:20:30que là
01:20:30on est plus
01:20:31sur une sphère
01:20:32on va dire
01:20:34modernisatrice
01:20:34très inscrite
01:20:35dans le circuit
01:20:36des capitaux
01:20:37qui se traduit
01:20:38par une forme
01:20:38de centralisation
01:20:39parce que les postes
01:20:40sont occupés
01:20:40à Paris
01:20:40en fait
01:20:41mais on n'est pas
01:20:42sur une question
01:20:42purement territoriale
01:20:43on est aussi
01:20:44sur une question
01:20:45de développement
01:20:47industriel
01:20:48de capitalisation
01:20:49enfin d'accumulation
01:20:51du capital
01:20:51etc.
01:20:52et que c'est ça
01:20:53qui est en jeu
01:20:53en fait derrière
01:20:53la centralisation
01:20:54c'est qu'on a des acteurs
01:20:56qui ont des capitaux
01:20:57qui veulent développer
01:20:57leurs propres industries
01:20:58et qui font
01:21:00qui sont à l'origine
01:21:01de certaines lois
01:21:02qui sont à l'origine
01:21:03de certains règlements
01:21:03qui vont aller en faveur
01:21:05de leurs propres intérêts
01:21:07et ensuite
01:21:08ça se traduit
01:21:08au niveau des préfectures
01:21:10par un sombre d'action
01:21:10en fait
01:21:11sur ce schéma
01:21:12en fait
01:21:13de centralisation
01:21:14décentralisation
01:21:14rôle de l'État
01:21:15etc.
01:21:16une façon de voir les choses
01:21:17c'est aussi de regarder
01:21:18les structures économiques
01:21:20des intérêts
01:21:20qui sont en jeu
01:21:21et de voir qui
01:21:22a une position de force
01:21:23dans tel ou tel secteur
01:21:25donc ça résonne peut-être
01:21:27actuellement
01:21:27avec tout ce qui concerne
01:21:30les questions agricoles
01:21:31par exemple
01:21:32évidemment
01:21:32mais en tout cas
01:21:33dans la période
01:21:33qui nous occupe
01:21:34donc il n'y a pas encore
01:21:35ces grands syndicats agricoles
01:21:36comme la FNSEA
01:21:37de nos jours etc.
01:21:38mais au niveau industriel
01:21:39il y a des grands syndicats
01:21:41industriels
01:21:41qui sont là
01:21:42et qui pilotent
01:21:43la politique de l'État
01:21:44au sein des grands ministères
01:21:45en fait.
01:21:45Pour rebondir quand même
01:21:47sur ton intervention
01:21:47je tiens à faire
01:21:48la publicité du service
01:21:49au mois de décembre
01:21:50nous organisons
01:21:51avec l'Institut
01:21:52des hautes études
01:21:53du ministère de l'Intérieur
01:21:54et le département
01:21:55d'histoire préfectorale
01:21:56nous organisons
01:21:57un colloque
01:21:58à Sciences Po Grenoble
01:21:59sous l'égide scientifique
01:22:00de Renaud Beco
01:22:00qui s'appelle
01:22:01Sécurité rurale
01:22:02au pluriel
01:22:03et où on va réfléchir
01:22:05en fait
01:22:05au maintien
01:22:06de l'ordre
01:22:07du 19ème siècle
01:22:08à nos jours
01:22:09dans les campagnes
01:22:10mais aussi
01:22:11de la gestion des crises
01:22:12et pas que des crises
01:22:14sociales
01:22:14aussi les crises sanitaires
01:22:16les crises écologiques
01:22:17donc c'est un sujet
01:22:18par exemple
01:22:18qu'on essaie de traiter
01:22:19sur le plan scientifique
01:22:21de cette façon
01:22:22et il y a déjà
01:22:24le programme
01:22:25n'est pas arrêté
01:22:26mais il y a déjà
01:22:26des contributions
01:22:27très intéressantes
01:22:28de concrètement
01:22:29comment les préfets
01:22:30gèrent
01:22:30des paysans énervés
01:22:32à des périodes
01:22:34antérieures
01:22:35à 1945
01:22:35parce qu'après
01:22:36c'est plus connu
01:22:37puis il y a les travaux
01:22:38de David Lynch
01:22:39aussi là-dessus
01:22:39qui est le grand historien
01:22:41spécialiste
01:22:41des mobilisations
01:22:43paysannes
01:22:44ou agricoles
01:22:44je dirais
01:22:45Paysannes
01:22:46Edouard Lynch
01:22:46pardon
01:22:47David
01:22:47mais c'est un tel associé
01:22:48au cinéma
01:22:49donc il n'y a pas
01:22:49Edouard Lynch
01:22:50qui est professeur
01:22:51des universités
01:22:52à l'université
01:22:53Lulière-Lyon
01:22:54donc je le dis
01:22:56en passant
01:22:56parce que nous
01:22:57on n'est pas sur
01:22:57les questions
01:22:58au ministère
01:22:59on n'est pas sur
01:22:59les questions agricoles
01:23:00mais enfin
01:23:00on peut les traiter
01:23:01à travers les territoires
01:23:02non mais à travers
01:23:03les territoires
01:23:03à l'aménagement
01:23:04on est là
01:23:04et les paysages aussi
01:23:05parce que les paysages
01:23:06font partie explicitement
01:23:07du périmètre
01:23:08Corinne Marach
01:23:09Juste pour boucler
01:23:10sur cette réponse
01:23:11il y a quand même
01:23:12tout un tas
01:23:12d'acteurs
01:23:14qui émanent directement
01:23:15ou indirectement
01:23:16de l'État
01:23:17qui contribuent
01:23:18finalement
01:23:18à repenser
01:23:19le rapport à la nature
01:23:20et le rapport
01:23:21à l'environnement
01:23:22que ce soit
01:23:23dans le secteur
01:23:24des activités agricoles
01:23:24ou pas
01:23:25je pense aux vétérinaires
01:23:26qui sont envoyés
01:23:27sur les foires
01:23:28et les marchés
01:23:29pour gérer les épisodis
01:23:30pour gérer aussi
01:23:31la manière
01:23:32dont on repense
01:23:33ou qu'on pense
01:23:34les questions sanitaires
01:23:35il y a les gardes forestiers
01:23:36aussi
01:23:37les gardes de chasse
01:23:38tous les représentants
01:23:39des eaux et forêts
01:23:39enfin tout ça
01:23:40c'est des choses
01:23:40qui se mettent en place
01:23:41à notre époque
01:23:42et où on voit
01:23:42combien finalement
01:23:43l'État
01:23:44via ces personnages-là
01:23:45contribue à accompagner
01:23:48une nouvelle manière
01:23:48de penser l'environnement
01:23:51et de penser le territoire
01:23:52Oui
01:23:52bonjour
01:23:53merci de cette conférence
01:23:54très complète
01:23:55très intéressante
01:23:56j'ai une petite curiosité
01:23:58sur Auguste Comte
01:24:00que je connais assez mal
01:24:02qui est finalement
01:24:03un philosophe
01:24:03qui n'a pas vraiment
01:24:05fait florès en France
01:24:06je sais ce que c'est
01:24:07que le positivisme
01:24:09je vois que finalement
01:24:10un Brésilien
01:24:11peut-être est plus
01:24:12à même
01:24:13d'en parler
01:24:15qu'un Français
01:24:16et je n'ai pas bien compris
01:24:17qu'elle pouvait avoir été
01:24:19quelle avait été
01:24:21l'influence
01:24:21d'Auguste Comte
01:24:22si ça avait été
01:24:23une influence
01:24:24positive
01:24:24négative
01:24:25ou une prise de conscience
01:24:26du rapport
01:24:27à la nature
01:24:28et à l'environnement
01:24:29si vous pouvez juste
01:24:30préciser
01:24:31un petit mot de précision
01:24:32là-dessus
01:24:33Julien Rince
01:24:33oui parce que
01:24:35Auguste Comte
01:24:35en fait théorise
01:24:36ce qu'il appelle
01:24:37le grand milieu
01:24:37la nature
01:24:38est un être vivant
01:24:39la terre est un être vivant
01:24:41et la société
01:24:42et la nature
01:24:44une forme
01:24:45une partie de la nature
01:24:46qui prend conscience
01:24:47d'elle-même
01:24:47et les éreclus
01:24:48dans un tout autre contexte
01:24:49en fait l'influence
01:24:50d'Auguste Comte
01:24:51elle est immense
01:24:51surtout après 1870
01:24:52mais c'est justement
01:24:54c'est un Auguste Comte
01:24:54qui a été revisité
01:24:56repensé
01:24:57par ses élèves
01:24:58et qui en a enlevé
01:24:59toute la dimension religieuse
01:25:00donc le Auguste Comte
01:25:02dont il est question
01:25:03dans ce volume
01:25:04on le met à côté
01:25:05de tous les Saint-Simoniens
01:25:06qui ont une vision
01:25:07très spirituelle
01:25:08de la nature
01:25:09et qui est vraiment
01:25:09au centre de leur enseignement
01:25:11Auguste Comte
01:25:11c'était un grand encyclopédiste
01:25:13qui ne croyait pas du tout
01:25:14à la division
01:25:15entre les sciences
01:25:16et les lettres
01:25:17les sciences et la philo
01:25:18tout ça c'était la même chose
01:25:19et donc il pensait
01:25:21l'unité des sciences
01:25:22et c'est pourquoi
01:25:23il articulait
01:25:23une pensée
01:25:24sur l'environnement
01:25:25et sur la nature
01:25:26à une pensée
01:25:26sur la société
01:25:27c'est un des fondateurs
01:25:27de la sociologie
01:25:28mais pour lui
01:25:28la sociologie
01:25:29fait partie de l'histoire naturelle
01:25:30il y a des liens
01:25:31très très forts
01:25:31entre tout ça
01:25:32et en fait
01:25:32il n'est pas tellement
01:25:33influent avant 1870
01:25:35mais par contre
01:25:35il est très révélateur
01:25:36de tout un milieu intellectuel
01:25:38qui était lui
01:25:39très très influent
01:25:39et bien nous allons
01:25:41terminer
01:25:41sur cette question
01:25:44relative à Auguste Comte
01:25:45je vous remercie beaucoup
01:25:46et je remercie encore
01:25:48nos intervenants
01:25:49une fois encore
01:25:49et Luc
01:25:50pour l'animation
01:25:52et la modération
01:25:53de cette conférence
01:25:55et je vous donne
01:25:56rendez-vous
01:25:57sauf erreur
01:25:58c'est le premier mardi de mars
01:25:59c'est le 3 mars
01:26:00si je ne dis pas de bêtises
01:26:01le 3 mars
01:26:02pour la suite
01:26:03de cette conférence
01:26:04avec cette fois-ci
01:26:06d'autres historiens
01:26:08que je ne vais pas énumérer
01:26:09mais il y aura
01:26:10et c'est important
01:26:11de lui
01:26:11de le mentionner
01:26:12Charles-François Matisse
01:26:13le président
01:26:14du conseil scientifique
01:26:15du comité d'histoire
01:26:16de l'environnement
01:26:16d'idée pendurable
01:26:17qui sera présent
01:26:19pour nous parler
01:26:20de les natures
01:26:21c'est au plan
01:26:22les natures
01:26:23de la république
01:26:23et j'ai beaucoup aimé
01:26:24ce titre
01:26:25et c'est lui
01:26:25qui l'a trouvé
01:26:25et paraît-il
01:26:26donc comme quoi
01:26:27on est en phase
01:26:28au comité d'histoire
01:26:29c'est vous dire
01:26:30merci beaucoup
01:26:31et donc à
01:26:31dans un mois
01:26:32merci beaucoup
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