00:00 L'objectif de ce livre, il est de faire comprendre
00:03 que l'inceste c'est grave, tout le monde le sait,
00:05 mais qu'il y a d'autres types de violences sexuelles,
00:07 en particulier ce qu'on appelle l'incestuel.
00:09 Qui est gravissime,
00:13 qui entraîne des conséquences
00:16 terribles sur les enfants,
00:17 qui ne peuvent pas se construire.
00:18 Il y a des jeunes qui finissent par se suicider,
00:20 il y a des jeunes qui ont des troubles psychiatriques graves.
00:23 L'incestuel, c'est quand on souffle le vent de l'inceste
00:25 sans qu'il y ait inceste, on le voit.
00:27 C'est l'enfant baigné dans la sexualité
00:29 avec des équivalents d'inceste qui font office de menace.
00:33 Donc en fait l'enfant craint, mais ça n'arrive jamais.
00:36 On peut avoir eu peur tout son enfance de se faire violer,
00:39 mais ça n'arrive jamais.
00:40 Mais en fait pendant ce temps-là, vous avez eu peur.
00:42 Tout le temps.
00:43 Et ça, c'est un inceste moral.
00:46 C'est très grave,
00:47 mais comme il n'y a pas eu de passage à l'acte physique,
00:49 les gens qui ont subi ça n'ont pas de légitimité.
00:53 Vous ne savez pas ce que c'est d'avoir vécu l'incestuel
00:56 et de voir un reportage sur l'inceste,
00:58 de voir tous les gens hurler contre l'inceste.
01:00 Et vous, vous êtes sur le côté, là, sur le tapis,
01:03 parce que vous n'avez rien vécu en fait.
01:05 Et la phrase qui termine mon livre, c'est ça.
01:08 Quelqu'un m'a dit un jour, me voyant écrire,
01:11 « Qu'est-ce que tu fais ? Tu écris sur quoi ? J'écris sur… »
01:13 Il me dit « Ah, rien de condamnable en fait. »
01:15 Exact.
01:17 Rien de condamnable en fait.
01:19 Et ça, ce n'est pas possible.
01:21 Ça doit être reconnu et les victimes vont pouvoir dire
01:23 qu'au moins, voilà, on reconnaît qu'elles ont vécu une violence
01:27 qui les a empêchées de se construire.
01:29 Moi, c'est mon premier combat.
01:31 conga.
01:33 Merci.