00:00 Alors l'épidémie de dengue, c'est une épidémie de dengue sur les réseaux sociaux.
00:04 Non pas de dengue, on change une lettre.
00:06 Voilà c'est ça, qui progresse en Guadeloupe et en Martinique.
00:08 Là-bas tout le monde est sur le qui-vive, c'est assez inquiétant.
00:11 Et oui, il y a une remontée des cas, des hospitalisations et des cas graves en particulier.
00:15 Quand on regarde les chiffres, c'est plus de 700 cas qui ont été évocateurs de dengue,
00:20 770 cas, 9 hospitalisations en Martinique et en Guadeloupe, 600 cas, 8 hospitalisations
00:24 avec probablement une sous-estimation, même si ça reste une maladie à déclaration obligatoire,
00:29 on ne fait pas toujours le test.
00:30 Et oui, c'est entre le 31 août et le 3 septembre, en quelques jours, les cas explosent.
00:35 Alors les domptomes sont habitués, j'allais dire, à avoir la dengue,
00:39 à avoir cette maladie qui est transmise par les moustiques.
00:43 Chez nous, c'est un peu moins fréquent.
00:45 Mais ce qui inquiète, c'est la forme particulière et puis surtout,
00:48 c'est de toucher des populations qui souffrent de drépanocytose.
00:51 On en avait parlé un matin, la drépanocytose, c'est cette maladie génétique
00:54 qui déforme un peu les globules rouges.
00:56 Et la combinaison de drépanocytose plus le virus de la dengue,
00:59 ça fait des formes plus graves que chez des patients qui n'ont pas de drépanocytose.
01:03 Quels sont les symptômes de cette dengue ? D-E-N-G-U-E ?
01:07 Généralement, cette dengue D-E-N-G-E, effectivement, elle est plutôt bénigne.
01:11 Elle va passer inaperçue.
01:13 Vous avez oublié le mot ?
01:13 G-U-E.
01:14 Vous auriez perdu un motus.
01:15 D-E-N-G-U-E.
01:18 C'est plutôt une pseudogrippe, donc c'est assez banal avec un peu de fièvre,
01:22 des maux de tête, des courbatures.
01:24 Vous voyez quelque chose qui peut apparaître après la piqûre de moustique,
01:28 entre 3 et 14 jours de période d'incubation, mais ça passe de manière inaperçue.
01:33 Le problème, c'est que cette année et cette épidémie,
01:37 elles combinent des troubles digestifs, une perte d'appétit, des douleurs abdominales,
01:42 et ça peut rapidement arriver sur une fièvre hémorragique, une dengue hémorragique.
01:46 Et ça, c'est la forme grave et qui nécessite un traitement,
01:49 alors symptomatique, mais en tout cas une hospitalisation pour surveiller ces patients à risque.
01:53 C'est toujours la même chose, les plus fragiles, les plus jeunes ou les plus âgés avec des pathologies,
01:57 c'est la combinaison de ce virus qui va être le déclencheur, malheureusement,
02:01 d'un état général déjà fragilisé.
02:03 Il n'y a pas de traitement ni de vaccin ?
02:05 Pas de traitement. Traitement symptomatique, il n'y a pas de traitement.
02:08 Il y a une déclaration obligatoire, encore faut-il tester,
02:10 et c'est vrai qu'on ne teste pas tous les patients.
02:12 Et il y a un vaccin, il y a un vaccin qui existe,
02:14 mais qui est réservé aux cas confirmés de dengue antérieure.
02:19 Si vous avez déjà eu une forme de dengue, grave ou pas grave,
02:22 on sait que la deuxième fois que vous allez être contaminé,
02:24 c'est un facteur de risque particulier,
02:27 donc ce vaccin qui est le Dengvaxia est disponible.
02:31 À voir si les indications vont s'élargir, en tout cas, le vaccin existe,
02:35 mais la principale mesure c'est la prévention et c'est la lutte contre le moustique.
02:39 Et ce fameux moustique qu'on appelle le moustique-tigre,
02:41 qui est le moustique qui est le vecteur de la dengue,
02:44 mais d'autres virus aussi, le Zika par exemple, toutes ces arboviroses.
02:49 C'est vrai que dans les dom-toms, les gens ont un peu l'habitude d'éviter
02:52 d'avoir des pneus pour l'eau qui stagne, et ça c'est un réservoir à moustiques.
02:57 Et même chez nous, ce n'est pas qu'un problème tropical,
02:59 c'est vraiment un problème qui est en train d'arriver de manière quasiment ubiquitaire sur la planète.
03:03 Et chez nous, on a beaucoup de départements, ça monte, ça monte, ça monte en France,
03:07 et il va falloir s'habituer à ce type de pathologie.
03:10 Juste quand vous dites qu'il y a un traitement symptomatique,
03:12 c'est-à-dire qu'on prend de l'oliprane pour faire passer le malheur, c'est ça ?
03:14 Oui, alors si c'est une forme pas grave, c'est du oliprane,
03:16 si c'est un problème grave, c'est hospitalisation, et ce qu'on appelle des soins de réanimation.
03:20 Mais il n'y a pas un traitement spécifique.
03:22 Si vous avez un problème d'oxygénation, on va vous donner de l'oxygène,
03:24 si c'est un problème digestif ou d'hémorragie, on va corriger ces problèmes d'hémorragie,
03:28 mais il n'y a rien de spécifique, il n'y a rien contre le virus.
03:30 Merci beaucoup Gérald Kerset.
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