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  • il y a 3 ans
Chroniqueur : Gérald Kierzek 


On en parlait dans les journaux hier... L’épidémie de dengue progresse en Guadeloupe et Martinique. Le Dr Kierzek nous en dit plus sur cette maladie réputée bénigne qui engendre, malgré tout, de plus en plus d’hospitalisations.

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Transcription
00:00 Alors l'épidémie de dengue, c'est une épidémie de dengue sur les réseaux sociaux.
00:04 Non pas de dengue, on change une lettre.
00:06 Voilà c'est ça, qui progresse en Guadeloupe et en Martinique.
00:08 Là-bas tout le monde est sur le qui-vive, c'est assez inquiétant.
00:11 Et oui, il y a une remontée des cas, des hospitalisations et des cas graves en particulier.
00:15 Quand on regarde les chiffres, c'est plus de 700 cas qui ont été évocateurs de dengue,
00:20 770 cas, 9 hospitalisations en Martinique et en Guadeloupe, 600 cas, 8 hospitalisations
00:24 avec probablement une sous-estimation, même si ça reste une maladie à déclaration obligatoire,
00:29 on ne fait pas toujours le test.
00:30 Et oui, c'est entre le 31 août et le 3 septembre, en quelques jours, les cas explosent.
00:35 Alors les domptomes sont habitués, j'allais dire, à avoir la dengue,
00:39 à avoir cette maladie qui est transmise par les moustiques.
00:43 Chez nous, c'est un peu moins fréquent.
00:45 Mais ce qui inquiète, c'est la forme particulière et puis surtout,
00:48 c'est de toucher des populations qui souffrent de drépanocytose.
00:51 On en avait parlé un matin, la drépanocytose, c'est cette maladie génétique
00:54 qui déforme un peu les globules rouges.
00:56 Et la combinaison de drépanocytose plus le virus de la dengue,
00:59 ça fait des formes plus graves que chez des patients qui n'ont pas de drépanocytose.
01:03 Quels sont les symptômes de cette dengue ? D-E-N-G-U-E ?
01:07 Généralement, cette dengue D-E-N-G-E, effectivement, elle est plutôt bénigne.
01:11 Elle va passer inaperçue.
01:13 Vous avez oublié le mot ?
01:13 G-U-E.
01:14 Vous auriez perdu un motus.
01:15 D-E-N-G-U-E.
01:18 C'est plutôt une pseudogrippe, donc c'est assez banal avec un peu de fièvre,
01:22 des maux de tête, des courbatures.
01:24 Vous voyez quelque chose qui peut apparaître après la piqûre de moustique,
01:28 entre 3 et 14 jours de période d'incubation, mais ça passe de manière inaperçue.
01:33 Le problème, c'est que cette année et cette épidémie,
01:37 elles combinent des troubles digestifs, une perte d'appétit, des douleurs abdominales,
01:42 et ça peut rapidement arriver sur une fièvre hémorragique, une dengue hémorragique.
01:46 Et ça, c'est la forme grave et qui nécessite un traitement,
01:49 alors symptomatique, mais en tout cas une hospitalisation pour surveiller ces patients à risque.
01:53 C'est toujours la même chose, les plus fragiles, les plus jeunes ou les plus âgés avec des pathologies,
01:57 c'est la combinaison de ce virus qui va être le déclencheur, malheureusement,
02:01 d'un état général déjà fragilisé.
02:03 Il n'y a pas de traitement ni de vaccin ?
02:05 Pas de traitement. Traitement symptomatique, il n'y a pas de traitement.
02:08 Il y a une déclaration obligatoire, encore faut-il tester,
02:10 et c'est vrai qu'on ne teste pas tous les patients.
02:12 Et il y a un vaccin, il y a un vaccin qui existe,
02:14 mais qui est réservé aux cas confirmés de dengue antérieure.
02:19 Si vous avez déjà eu une forme de dengue, grave ou pas grave,
02:22 on sait que la deuxième fois que vous allez être contaminé,
02:24 c'est un facteur de risque particulier,
02:27 donc ce vaccin qui est le Dengvaxia est disponible.
02:31 À voir si les indications vont s'élargir, en tout cas, le vaccin existe,
02:35 mais la principale mesure c'est la prévention et c'est la lutte contre le moustique.
02:39 Et ce fameux moustique qu'on appelle le moustique-tigre,
02:41 qui est le moustique qui est le vecteur de la dengue,
02:44 mais d'autres virus aussi, le Zika par exemple, toutes ces arboviroses.
02:49 C'est vrai que dans les dom-toms, les gens ont un peu l'habitude d'éviter
02:52 d'avoir des pneus pour l'eau qui stagne, et ça c'est un réservoir à moustiques.
02:57 Et même chez nous, ce n'est pas qu'un problème tropical,
02:59 c'est vraiment un problème qui est en train d'arriver de manière quasiment ubiquitaire sur la planète.
03:03 Et chez nous, on a beaucoup de départements, ça monte, ça monte, ça monte en France,
03:07 et il va falloir s'habituer à ce type de pathologie.
03:10 Juste quand vous dites qu'il y a un traitement symptomatique,
03:12 c'est-à-dire qu'on prend de l'oliprane pour faire passer le malheur, c'est ça ?
03:14 Oui, alors si c'est une forme pas grave, c'est du oliprane,
03:16 si c'est un problème grave, c'est hospitalisation, et ce qu'on appelle des soins de réanimation.
03:20 Mais il n'y a pas un traitement spécifique.
03:22 Si vous avez un problème d'oxygénation, on va vous donner de l'oxygène,
03:24 si c'est un problème digestif ou d'hémorragie, on va corriger ces problèmes d'hémorragie,
03:28 mais il n'y a rien de spécifique, il n'y a rien contre le virus.
03:30 Merci beaucoup Gérald Kerset.
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