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  • il y a 3 ans
Le dessinateur publie avec Jose-Louis Bocquet, une adaptation en BD du "polar dur" de Simenon. L'occasion de dessiner l'héroïne du livre, de nous raconter l'histoire, de dessiner le héros de son enfance, et de nous donner les quatre références qui l'ont construit.


ITW : Anne Douhaire-Kerdoncuff
Image et son : Noémie Sudre
Montage : Didier Mariani


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Transcription
00:00 Bonjour, je suis Christian Cailliau et je suis sur France Inter.
00:03 Le héros du passager du Polar Lys.
00:05 C'est une femme qui a l'apparence d'une vamp, on pourrait dire,
00:11 d'une femme fatale qui se sert de la séduction qu'elle exerce sur les hommes pour vivre.
00:19 Mais en fait, c'est une femme en lutte qui cherche sa liberté,
00:23 qui se bat pour sa liberté.
00:24 À une époque où la place des femmes, on le sait, n'était pas facile.
00:27 Est-ce que ça a changé ? C'est une autre histoire.
00:30 C'est un personnage très beau, je trouve, dans ce milieu d'hommes
00:35 qui s'interrogent tous sur sa place ici.
00:39 Là, ce ne sont pas les outils que j'ai utilisés pour dessiner l'album.
00:43 C'est beaucoup plus dans l'estompe et les matières pour faire les brumes du Nord,
00:51 pour rendre les odeurs de mazout et de fer du bateau.
00:57 Et voilà.
00:58 En fait, l'idée, c'est une femme qui a l'air un peu grave et triste,
01:03 mais qui en même temps est très belle et très forte.
01:07 Elle a quand même signe distinctif des cheveux un peu à la garçonne.
01:12 Elle correspond à l'archétype de la femme un peu, de la femme fatale,
01:17 mais ce n'est qu'une apparence, souvent.
01:21 Voici Brancatia Worms dans Le Passager du Polar Lys.
01:28 Le Passager du Polar Lys.
01:30 Alors, contrairement à l'image de couverture, l'histoire débute à Montparnasse,
01:36 dans les années 20.
01:38 On a une joyeuse bande de joyeux lurons qui embarquent une jeune fille qui passait par là.
01:44 La soirée va mal terminer.
01:46 Mais brutalement, après cet événement fatidique,
01:50 on se retrouve à Hambourg pour embarquer sur un cargo mixte,
01:53 avec très peu de passagers,
01:56 et qui va remonter les côtes de Norvège,
01:59 s'arrêtant dans différents petits ports.
02:02 Sauf que dès la deuxième escale, il y a un mort sur le bateau.
02:06 Et nous allons découvrir quels sont les tourments et les destins fatidiques,
02:14 mais fabuleux, que vont vivre les personnages
02:18 durant cette traversée vers les eaux glacées du Cercle Polaire.
02:22 Il y a un personnage, forcément,
02:27 qui m'a fait comprendre d'un seul coup que la bande dessinée
02:30 était un langage magnifique pour suggérer les choses plus que tout dire.
02:36 Et ça a été évidemment un auteur et un personnage qui ont été très importants pour moi,
02:44 qui ont déterminé non seulement mon envie de faire de la bande dessinée,
02:48 mais aussi qui ont participé beaucoup à ma vie,
02:53 puisque c'est des choses qui m'ont donné envie de partir,
02:58 sillonner le monde et être marin aussi.
03:01 Et voilà...
03:03 Est-ce que...
03:06 On le reconnaît à peu près, quand même, non ?
03:08 Moi, j'arrive à le reconnaître, j'espère qu'il en est de même pour vous.
03:11 Donc pour moi, il s'agit de Corto Maltès, d'Hugo Pratt,
03:17 qui va voyager de par le monde, qui est un fier marin,
03:20 et qui va aussi croiser des écrivains sur sa route,
03:23 Jack London ou d'autres.
03:26 Ma première référence, c'est un livre.
03:29 Et un truc, je vais frimer un peu, mais ça s'est réellement passé.
03:32 En fait, j'avais à 13, 14 ans,
03:35 j'ai été bouleversé par « L'étranger » d'Albert Camus.
03:38 La littérature a déclenché des images, des sensations.
03:42 J'ai toujours été un peu hésitant entre l'écriture et le dessin.
03:46 Ça tombe bien, la bande dessinée, c'est les deux ensemble.
03:50 Deuxième référence, je l'ai évoquée tout à l'heure par le dessin,
03:54 ça a été la rencontre avec Hugo Pratt, « Rencontre par les livres ».
03:58 Là, il y avait le dessin et l'évocation, comme peut le faire la littérature,
04:02 sans tout dévoiler.
04:04 Et en plus, il y avait l'exotisme du voyage
04:06 qui m'a amené, quelques années après, à partir sillonner le monde.
04:10 La troisième, ça a été le jour où j'ai pris, à 20 ans, l'avion
04:14 pour partir à Brazzaville, au Congo, pour un an et demi.
04:19 Et après les dix années qui ont suivi, j'ai sillonné l'Afrique,
04:23 l'océan Indien, minimum six mois par an.
04:26 Et le voyage a alimenté, a rallumé mon envie de dessiner,
04:32 de dessiner le monde et d'être un témoin du monde.
04:36 Pas un acteur, en fait, mais un témoin.
04:39 La quatrième pierre dans mon jardin qui a été déterminante,
04:43 c'est qu'après justement avoir été pendant dix ans promeneur à pied,
04:48 je rencontre Bernard Giraudot.
04:50 On devient amis, on décide de faire des livres ensemble
04:52 et il me fait embarquer, dans tous les sens du terme,
04:56 mais surtout au propre.
04:57 C'est-à-dire, on prend des bateaux ensemble et je découvre le monde autrement,
05:02 une autre façon de voyager, la communauté des hommes et des femmes sur un bateau.
05:06 Et d'un seul coup, j'en avais besoin.
05:10 Ça devenait plus un...
05:12 Le voyage maritime est un voyage rêvé, un voyage...
05:16 On attend l'escale à venir, mais dès qu'on quitte le bateau,
05:19 on revient au bateau pour rêver de l'escale suivante.
05:21 Il y a quelque chose de magnifique dans le voyage maritime.
05:25 Quand il y a du bateau, il y a du caillot.
05:27 de la France.
05:28 Merci.
05:28 Merci à tous !
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