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  • il y a 2 jours
De The Voice en Belgique aux scènes internationales, Loubiana revient sur son évolution artistique. La musicienne partage son expérience de la kora et son exploration de l'identité métissée dans son projet musical Terre Rouge.

Retrouvez "À la régulière" sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere

Catégorie

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Musique
Transcription
00:10Bonsoir à toutes et à tous, et bienvenue dans à la régulière l'émission de Toutes
00:13Tes Cultures.
00:14Ce soir je reçois Loubiana, une artiste fascinante parce qu'elle semble venir de plusieurs mondes
00:18à la fois.
00:19Née d'un père camerounais, d'une mère belge, formée au jazz et au classique au conservatoire,
00:23passée par The Voice Belgique à seulement 17 ans, elle a finalement trouvé sa voix
00:26dans un instrument ancestral d'Afrique de l'Ouest, la chora.
00:29Depuis, Loubiana a construit une œuvre à la croisée de la sol, du jazz, des musiques
00:32africaines et d'une forme de nouvel pop.
00:34Son album Terre Rouge a marqué un vrai tournant dans sa carrière, notamment grâce au morceau
00:38Farah Fina Musso qu'elle va jouer en live aujourd'hui.
00:41Et puis, il y a eu une année 2025 assez folle, la tournée La Momali avec Mathieu Chédid, Fatoumata
00:46Diawara et Oxmo Puccino, les premières parties de Shawn Mendes, une invitation de Melody
00:50Gardo à Olympia et même Alicia Keys qui écoute ses chansons en boucle au point de l'inviter
00:54à chanter pour son anniversaire.
00:56Et on va parler de tout ça aujourd'hui avec Loubiana, notre invitée jusqu'à 23h.
01:00Transinter, à la régulière, Medi-Maisy.
01:35Ça, c'est l'introduction de l'album à Loubiana.
01:38Comment vas-tu ?
01:39Je fais très bien.
01:40Je suis très heureuse d'être avec toi.
01:42Pareil, très content de pouvoir te recevoir aujourd'hui parce qu'il y a ce album Terre
01:46Rouge avec une réédition qui est sortie, Mother Earth.
01:49On va en parler évidemment.
01:51Mais alors, on est déjà presque à la moitié de l'année 2026.
01:54Mais je parlais un petit peu de l'année 2025, de tout ce qui a pu se passer.
01:58Est-ce que tu as le sentiment justement que c'était une année charnière et qu'il y a peut
02:02-être
02:02eu un changement entre guillemets de statut ou d'échelle pour toi ?
02:05C'est vrai que ça fait longtemps que je fais ce métier et j'en parle souvent, mais
02:11ça fait plus de dix ans que je joue de la Chora qui est mon instrument.
02:15Ça fait presque 15 ans que j'écris des chansons et c'est vrai que j'ai eu l'impression
02:19pendant longtemps que les portes étaient fermées, que j'avais raté ma chance.
02:23Et c'est vrai que l'année 2025, elle m'a montré à quel point il n'est jamais trop
02:27tard pour croire en ses rêves.
02:29C'est vrai que ça a été une année où il y a tout qui est arrivé en une fois.
02:32Est-ce que tu vois un déclic ? Est-ce qu'il y a eu un moment particulier
02:35ou non ? Justement, c'est une forme de succession un peu de moments un peu fous comme ça ?
02:39Il y a eu... Alors, quand j'ai écrit cet album Terre Rouge qui parle de ma reconnexion
02:42à mes racines africaines, à mon métissage, tu sais, je savais.
02:46Je savais que c'était pas la même chose.
02:48Je savais que cet album était tellement intime, introspectif.
02:50T'avais l'impression de faire autre chose que ce que tu faisais avant ?
02:53En fait, c'est juste que je me suis dit, je parle de mes ancêtres, je suis retournée
02:57sur la terre de mes ancêtres au Cameroun.
02:59J'ai vraiment... C'était presque quelque chose de tellement intime et personnel que
03:04je me suis dit, les gens que ça va toucher et à qui ça va parler, ça va vraiment leur
03:07parler.
03:07Les autres, voilà.
03:09Et quand j'ai sorti, je me souviendrai toujours du jour-là, c'était fin 2024.
03:14Pour le passage de l'année 2025, j'ai posté un live de Farah Fina Mousseau qui célèbre
03:20les femmes.
03:21Et en fait, j'ai éteint mon téléphone.
03:24Je me suis dit, voilà, c'est la nouvelle année, mais je poste cette chanson et je me
03:28suis réveillée.
03:28Je pense que j'ai ouvert mon téléphone.
03:31Allez, je crois que j'avais même coupé pendant 2-3 jours et j'avais gagné 200 000
03:34abonnés sur Instagram.
03:35Ah ouais.
03:36Donc là, c'est vrai que là, j'ai senti...
03:38Ce buzz-là, tu l'as pas vécu ? Tu l'as vu genre 2-3 jours après ?
03:41Quand ? Ouais.
03:41C'est fou.
03:42Et à partir de ce moment-là, j'ai senti qu'il se passait quelque chose.
03:47C'était une chanson que j'avais sortie et que j'ai écrite avec Gaël Fay.
03:51Oui.
03:51On a tourné le clip au Rwanda chez lui et c'est vrai que la chanson, elle est sortie
03:55en septembre et ça parlait déjà un petit peu, mais c'est vrai que j'ai vraiment senti
04:01une vraie scission, une vraie tournure début de l'année du coup, 1er janvier 2025.
04:07Ça, c'est intéressant.
04:08On en parle souvent avec les artistes qui viennent dans cette émission.
04:10C'est parfois les buzz sur les réseaux.
04:14À quel point c'est génial parce que ça peut aller très vite.
04:16Tu parles de gagner 200 000 followers en 2 jours.
04:18À quel point ça peut aussi être terrifiant parce que ça va vite et qu'on passe vite
04:22à autre chose.
04:23Toi, tu as ce morceau-là qui est évidemment une très belle chanson, mais qui est aussi
04:27un buzz des réseaux.
04:29À ce moment-là, comment tu te prémunis justement d'être uniquement un buzz ? Est-ce
04:34qu'il y a cette crainte-là ? À ce moment-là de se dire, bon, on peut aussi vite
04:37m'oublier,
04:37on peut même ne pas forcément complètement m'identifier.
04:39Parfois sur Internet, les chansons sont plus grandes que les artistes et les gens parfois
04:42ont du mal à identifier et qui chantent vraiment, à s'attacher vraiment à l'artiste.
04:45Il y a tellement d'informations tout le temps.
04:47Est-ce que tu as cette peur-là ? À ce moment-là de se dire, bon, il y a
04:49un tourbillon, mais
04:50est-ce qu'on va vraiment m'aimer moi en fait ?
04:52En fait, si tu veux, comme j'ai fait Devoix en Belgique à 17 ans.
04:55Oui, ça t'était déjà.
04:56Et pour le coup, à Devoix, j'ai vraiment eu un buzz en Belgique, c'est un plus petit
04:59pays.
05:00En plus, on parle deux langues, donc c'était vraiment la partie francophone.
05:04Et c'était la première saison et j'avais chanté pour le coup une chanson qui n'est pas
05:07de moi, qui est de Bill Withers et No Sunshine.
05:10Classique, bien sûr.
05:10Et là, pour le coup, j'ai eu un buzz et à 17 ans, c'était ma première apparition
05:14TV.
05:15Je ne savais même pas qu'il y avait des coachs.
05:16Enfin, tu vois, on ne connaissait pas l'émission.
05:18Oui, c'est vrai que c'est la première saison, toi, tu n'avais même pas de…
05:20Non, aujourd'hui, j'ai l'impression que les artistes qui font ce genre d'émission,
05:23ils ont déjà un peu une stratégie, ils ont déjà des réseaux.
05:25Moi, je n'étais même pas sur les réseaux à ce moment-là.
05:29Et en fait, j'ai vécu ce buzz à Devoix qui a été assez fort dans mon pays parce que,
05:34pour le coup, j'étais très identifiée à cette chanson.
05:38Et puis après, j'ai passé dix années où tout a redescendu, en fait, et où, je
05:45me rappelle, un an ou deux ans… Donc, tu sais, c'était comme un soufflet, ça diminuait
05:49petit à petit avec les nouvelles saisons.
05:51Et puis, c'était hyper dur pour moi, à 21 ans, de voir des gens qui m'arrêtaient
05:55dans la rue et qui me disaient « c'est dommage, tu aurais pu y arriver ».
05:58Ça doit être terrible.
05:59Et j'ai eu ça pendant des années.
06:02Et donc, du coup, moi, ça m'a appris aussi à me dire « est-ce que j'aime vraiment
06:06ce métier ? Et qui je suis ? Qu'est-ce que j'ai envie de partager ? ». Donc,
06:09quand
06:09j'ai eu cette viralité avec Farah Finamusso, je savais que derrière, j'avais tellement
06:15de choses, en fait, et j'avais vécu tellement de choses…
06:18Oui.
06:19Voilà.
06:20Mais par contre, aujourd'hui, je sais que la viralité, ça va, ça vient.
06:23Mais par contre, c'est sûr que depuis ce jour-là, j'ai senti un palier et puis mon
06:28projet s'est installé de plus en plus.
06:30Je l'ai dit en introduction, je suis obligé d'en parler, mais tu as dû en parler plein
06:33de fois.
06:34Mais Alicia Keys, qui intervite à son anniversaire, comment ça se passe ?
06:39Ben écoute, c'est quelques semaines, du coup, en janvier, après la viralité de ce
06:43moment.
06:44Il y a son mari, donc, Swissbeats.
06:46Swissbeats, qui est un producteur de rap, mais pas que, qui est complètement légendaire.
06:50Les Rough Riders, DMX.
06:51C'est ça.
06:52On touche là au gotha du rap américain et de la musique noire américaine, quand on
06:56parle de ces personnes-là.
06:57C'est ça.
06:57Et il m'envoie un DM sur Insta et il me dit « Est-ce que tu es libre dans
07:025 jours ? »
07:04Il ne me dit pas pourquoi, il ne me dit rien.
07:06Donc moi, je dis « Oui, enfin, ben oui, je serai libre ». Et puis il me dit « Voilà,
07:12c'est l'anniversaire d'Alicia Keys, le 25, donc le 25 janvier.
07:18Et en fait, elle écoute ta musique tous les jours pour ses méditations à la maison.
07:23Enfin, il y a tout le temps de ta musique à la maison.
07:24Et je voudrais lui faire la surprise que tu viennes en Jamaïque, que tu te caches derrière
07:30et que quand elle est assise avec tous ses amis, t'arrives et tu chantes pour elle
07:35et tu lui fasses un concert.
07:36Et donc voilà, j'ai trouvé ça fou.
07:38Et puis j'ai trouvé ça déjà fou de me dire que l'Alicia Keys écoute ma musique.
07:43Et puis aussi, j'ai trouvé ça tellement magique de me dire « Je me retrouve là à chanter pour
07:50elle ».
07:50Et puis on a passé tout un week-end aussi incroyable en Jamaïque à faire du yoga,
07:55des méditations, à manger dans des restos végés, véganes.
07:59Ces amis qui sont devenus aussi des amis à moi avec le temps.
08:03C'était fou.
08:03Et puis finalement, ce qui m'a beaucoup touchée et ce qui nous a beaucoup connectés aussi,
08:06c'est l'importance de la spiritualité, de nos racines aussi, de la reconnexion à nos ancêtres.
08:12Et puis c'était magique ce moment.
08:15Tu parles de racines, de reconnexion.
08:17C'est vraiment un sujet important sur cet album chez toi.
08:21À quel moment justement tu as eu ce besoin de te reconnecter ?
08:26Parce qu'on sait aussi que cette reconnexion-là, tes racines,
08:29ça a un impact aussi même sur la musique que tu fais, qui a forcément évolué.
08:33Donc qu'est-ce qui s'est passé ?
08:34Je crois que tu as parlé d'un appel que tu as ressenti.
08:36Mais c'était quoi justement cet appel ?
08:39En fait, moi, mes parents m'ont eu très jeune.
08:41Maman, elle est tombée enceinte à 19 ans.
08:43Mon père, il avait 21 ans.
08:45Mon papa venait du Cameroun pour faire des études d'architecture.
08:48Ils se sont rencontrés à l'université.
08:51Et en fait, mes parents m'envoyaient tous les ans au Cameroun
08:54pendant les grandes vacances.
08:56Et donc moi, j'allais tous les ans au Cameroun.
08:59Alors, je suis très claire de peau aussi.
09:01Mon métissage fait qu'il n'est pas très visible pour les Camerounais.
09:06Et depuis que je suis petite, on m'appelle la Blanche.
09:08Et vraiment, on me hurle la Blanche partout dans la rue.
09:11La Blanche, la Blanche, la Blanche.
09:13Et en fait, ça a créé un sentiment où très vite en grandissant tous les étés,
09:18j'avais l'impression de devoir prouver mon africanité.
09:21J'avais l'impression de ressentir de l'envie aussi par rapport à mes cousins
09:25qui me demandaient toujours de leur amener la nouvelle PS.
09:29Et moi, je venais pendant un mois, deux mois.
09:32Je passais l'été là-bas.
09:33Et puis après, je revenais en Belgique et je devais me réhabituer à mon quotidien.
09:38Et le fait est que je me sentais toujours trop noire en Europe.
09:43D'ailleurs, souvent, on demandait à ma amant si elle m'avait adoptée.
09:47On m'appelait aussi, on m'appelait tighty bob.
09:50Enfin voilà, il y avait ce rapport à mes cheveux qui sont en afro.
09:54Et en même temps, dès que j'arrivais au Cameroun, on me faisait comprendre que j'avais pas non plus
10:00ma place ici.
10:01Et ça a été très compliqué pour moi de trouver mon identité, d'apprendre à m'aimer aussi.
10:07Et à mes 16 ans, j'ai arrêté d'aller en Afrique parce que j'avais l'âge où je
10:10pouvais choisir où je voulais passer mon été.
10:12Et finalement, j'ai vraiment embrassé beaucoup plus ma partie européenne.
10:16Je voulais avoir les cheveux lisses, blonds, qui volent au vent.
10:20Et donc, en fait, il s'est passé comme ça des années, des années,
10:24jusqu'à ce que je découvre mon instrument, la Chora, à 21 ans.
10:27Et c'est vraiment la Chora, on en reparlera, mais j'ai rêvé de cet instrument.
10:33Je ne connaissais pas cet instrument, mais j'ai eu un coup de foot pour cet instrument.
10:37Et quand j'ai découvert que c'était un instrument ancestral d'Afrique de l'Ouest,
10:41je me suis dit, mais en fait, moi aussi, j'ai des racines africaines.
10:44Moi aussi, je porte l'histoire de mes ancêtres noirs.
10:48Mon grand-père me parle beaucoup de l'importance de la transmission orale.
10:52Je viens d'une tribu aussi qui s'appelle les Bamileke au Cameroun.
10:55Mes ancêtres sont enterrés dans des cases.
10:57On a des rituels sacrés.
10:58C'est comme si, en un coup, tout ce que j'ai vu, appris, petite et que j'avais mis
11:02de côté...
11:03Sans vraiment le conscientiser en tant qu'enfant.
11:06Là, sous tout revenait, en fait.
11:07En un coup, je me suis dit, mais en fait, grand-père m'a dit, pour savoir où l'on
11:10va,
11:10il faut savoir d'où l'on vient.
11:12Il faut que je retourne sur la terre de mes ancêtres.
11:14Alors, j'y suis retournée dix années plus tard et j'étais très stressée.
11:18Je me suis dit, waouh, c'est sûr, on va encore me faire sentir comme une étrangère.
11:23Et je me souviendrai toujours de ce moment où je suis arrivée à l'aéroport.
11:26J'ai tendu mon passeport à la douanière.
11:28Elle a lu mes noms.
11:29Je porte le nom de mes ancêtres.
11:33Et elle a lu mes noms.
11:35Elle a appelé sa collègue.
11:36Elle a dit, regarde, c'est une Kepau, c'est notre fille.
11:38Bienvenue à la maison.
11:40Donc là, tu t'es sentie complètement à la maison, justement.
11:43Je pense qu'aujourd'hui, quoi qu'on essaye de me faire croire, je sais que je suis africaine.
11:50Je sais que je suis européenne.
11:52Et c'est aussi ce que j'essaye de transmettre à mes frères et soeurs qui sont beaucoup plus jeunes,
11:55qui sont encore à l'école, qui sont encore en train de se construire.
11:59En fait, moi, aujourd'hui, je suis africaine, je suis noire, je suis blanche, je suis métisse.
12:05Et je n'ai pas à choisir l'un ou l'autre, en fait.
12:09Justement, pour moi, je porte l'histoire de mes ancêtres.
12:12Et notre monde est métissé, qu'on le veuille ou non.
12:15D'ailleurs, tu parlais de La Blanche, qu'on t'appelle La Blanche.
12:18Il y a un morceau qui s'appelle La Blanche sur le projet où tu parles de ça.
12:21Je propose qu'on écoute un morceau extrait, évidemment, de Stallone.
12:24C'est Women who run with the wolves, pardon pour mon accent.
12:26Je ne veux pas dire de bêtises, ce titre, il fait référence à un livre,
12:29un livre de Clarissa Pinkola Estes.
12:31J'espère bien prononcer son nom.
12:33Qu'est-ce que ce livre, justement, t'a apporté ?
12:35En quoi ça a été une influence ?
12:36Et pourquoi tu as décidé donc de donner le titre de ce morceau,
12:39un morceau avec Fatoumata Diawara, en référence à ce livre ?
12:42En fait, ce livre, donc en français, Femme qui court avec les loups,
12:45c'est un livre sur l'archétype de la femme sauvage,
12:47sur cette femme qui se reconnecte à sa puissance, à son instinct, à sa liberté aussi.
12:54Et c'est vrai que déjà en grandissant, en apprenant à embrasser mon métissage,
13:00j'ai aussi appris ces dernières années à aussi embrasser pleinement ma féminité.
13:05Et la féminité, pour moi, elle est connectée aussi à l'élément de l'instinct,
13:10à l'élément justement de ces femmes qui courent avec les loups,
13:13ces femmes qui sont libres, qui ne s'excusent pas et qui rayonnent pleinement.
13:17Et je joue en plus d'un instrument qui est réservé aux hommes.
13:20Je suis une des rares femmes à en jouer.
13:22Et donc c'est vrai que j'ai appris aussi petit à petit à ne plus m'excuser,
13:26ne plus m'écraser en tant que femme,
13:28mais aussi à embrasser pleinement cette énergie
13:31qui est une énergie en fait aussi très puissante dans sa forme.
13:37Et en ayant passé un an sur la route sur la tournée La Momalie avec Fatou Matadyawara,
13:41qui est pour moi la femme puissante et libre par excellence,
13:46je me suis découverte aussi moi en tant que femme.
13:48Et dans cette chanson en fait, j'avais envie que Fatou soit avec moi
13:52parce que pour moi elle m'a beaucoup aidée,
13:54elle m'aide encore beaucoup comme une grande sœur
13:56à me permettre de m'émanciper aussi du regard des autres
14:00et à ne pas m'excuser en fait d'être là en tant que femme.
14:04Je propose qu'on écoute donc ce morceau de Loubiana
14:07en collaboration avec Fatou Matadyawara,
14:09donc les femmes qui courent avec les loups en français.
14:11On écoute ça tout de suite.
14:12Musique
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24:03On fait une semaine
32:40me découvrir aussi avec cet instrument.
32:43Et c'est vrai que ça a été encore une autre aventure,
32:46ça a été encore plein de choses que j'ai appris sur moi-même,
32:49le lien à la solitude.
32:51Et puis c'est vrai qu'on m'a proposé un contrat.
32:54Je me rappelle, j'avais eu tout le juré des Grammys de cette année-là,
33:00c'était quoi, en 2018-2019,
33:02qui me disaient, voilà, l'année prochaine,
33:04on va te mettre sur la shortlist, etc.
33:06Parce que j'avais en tout cas une proposition de contrat
33:10d'un producteur qui était très coté aux Etats-Unis.
33:16Et en fait, il m'a proposé un contrat
33:18où il voulait prendre 80% de tout ce que je gagnais à vie.
33:23Bon, 80% de rien, c'est rien.
33:27Mais je me suis quand même dit que
33:29je ne pouvais pas faire tout ce chemin d'amour de moi,
33:33de me respecter et accepter quelque chose
33:36qui est clairement à l'encontre du respect de moi
33:39et du soin de moi.
33:41Et en fait, je me rappelle qu'il m'avait envoyé ce contrat
33:43et je pense qu'il pensait que je n'avais pas les moyens
33:45d'avoir un avocat, ce qui était le cas.
33:47Mais en fait, dans mes nombreux open mics,
33:49il se fait que j'étais...
33:51Il y avait un batteur qui était avocat
33:53et qui était l'avocat de Tupac
33:55et de plein d'autres artistes.
33:56C'est incroyable.
33:57Et donc, il me dit, écoute, je connais très bien ton producteur.
33:59Tu sais quoi ?
34:00Viens dans mon bureau.
34:01Moi, je vais lire ton contrat gratuitement.
34:05Et puis, une fois que le deal sera signé,
34:07ils me payeront.
34:08Ce qui est fou.
34:09Et donc, je me retrouve dans cet énorme tour à Hollywood
34:12et je vais le voir.
34:13Et il me dit, écoute, le bien-être contrat,
34:15je vais te faire le parallèle.
34:16C'est comme un mauvais mariage.
34:18Soit tu te dis, je veux absolument
34:20qu'on m'épouse et qu'on m'aime.
34:21Et alors, tant pis si c'est un mauvais mari.
34:23Ou soit tu te dis que, même si tu n'as pas de mari maintenant,
34:26tu as confiance qu'un jour, tu rencontreras des gens
34:28qui t'aimeront pour qui tu es.
34:30Et c'est à ce moment-là vraiment que j'ai eu le déclic.
34:32Et donc, je n'ai pas signé.
34:34Parce que pour moi, le plus important,
34:36c'est d'être alignée.
34:38Donc, je suis très contente d'avoir refusé ce contrat.
34:42Et puis, finalement, quelques semaines plus tard,
34:44j'ai été contactée par mon label,
34:46par Pascal Negre, et j'ai signé à Paris.
34:48Quand tu vas aux Etats-Unis,
34:51est-ce que...
34:51Alors, avant, tu ne signes pas ce contrat-là,
34:54il n'est pas respectueux à ce moment-là,
34:55mais est-ce qu'il y a quand même un sentiment
34:58de vivre un peu, de toucher du doigt un rêve ?
35:00Quand tu vas là-bas, est-ce que toi,
35:02tu as eu ce rêve américain, Hollywood ?
35:06Est-ce que tu l'as eu ou pas spécialement ?
35:08À 23 ans, quand on te présente l'équipe des Grammys,
35:10quand on te dit...
35:12Tu te dis, ma vie va changer, en fait.
35:14Mais c'est sûr.
35:15Quand on te présente les plus grandes stars américaines
35:19et qu'on te dit, voilà, tu vas travailler avec un tel,
35:21tu vas faire ça et ça...
35:23Bien sûr, c'est tentant de se dire ça.
35:25Mais ce producteur, je me rappelle,
35:26qui m'avait dit quelque chose qui m'avait marquée.
35:28Déjà, j'étais déjà dans une sorte de reconnexion
35:31à mes racines africaines.
35:32C'était les tout débuts, j'avais 23 ans,
35:34mais je commençais quand même à me questionner
35:37sur mon identité africaine, mon métissage.
35:40Et je me rappelle qu'il m'a dit,
35:41tout ça, on ne veut pas entendre parler aux Etats-Unis,
35:43c'est la new soul.
35:44Donc, la musique européenne, on s'en fout,
35:46et la musique africaine, on s'en fout.
35:48Et donc, en fait, très vite, je me suis rendu compte
35:49que je commençais à ne plus m'écouter.
35:52Et le corps, il parle très vite.
35:54Donc, très vite, je commençais à vouloir tout faire
35:58pour que lui-même et que je sois validée
36:00et plaire à tout le monde,
36:01parce qu'il y avait cette carotte de me dire,
36:03oui, mais on va te présenter un tel et un tel.
36:05Donc, bien sûr, je l'ai eu à un moment donné, ce rêve.
36:09Mais finalement, c'est en grandissant,
36:11c'est en retournant, en passant beaucoup de temps en Afrique,
36:14aussi pour jouer de la courage,
36:15passer beaucoup de temps en Afrique de l'Ouest,
36:16au Mali, en Gambie, au Sénégal, en Côte d'Ivoire,
36:19qu'en fait, je me suis rendu compte
36:20que le bonheur et l'épanouissement, pour moi,
36:22en fait, ils ne se jouaient pas là.
36:23C'est intéressant parce que, tu sais,
36:25en écoutant ta musique aussi,
36:27je pense que, et à mon avis,
36:29on peut faire ça de beaucoup d'artistes aujourd'hui,
36:30on peut avoir un peu de mal à, comment dire,
36:33à te classer dans un genre musical.
36:35C'est-à-dire que tu touches à beaucoup de choses,
36:36c'est ce que je disais en introduction,
36:37et je pense qu'aujourd'hui, on vit une époque
36:39où, moi, à mon avis, les genres musicaux existent toujours,
36:41mais je trouve qu'il y a beaucoup d'artistes
36:42qui viennent challenger ça
36:43et qui viennent un peu faire tomber les barrières.
36:46Je pense qu'il y a 20 ans, 30 ans,
36:49des gens auraient dit
36:50Loubiana a fait de la war music.
36:51C'était ce genre horrible et fourre-tout
36:54dans lequel on mettait un petit peu tout ce qui était,
36:57et pardon pour le terme, exotique, en tout cas,
36:59par rapport à la musique.
36:59Oui, c'est ça, parce que c'est un prisme, finalement, occidental.
37:02Exactement, et surtout dans lequel on mettait des gens
37:04très différents, aussi bien des gens
37:05qui faisaient de la musique du reggaeton
37:07que du sundour, en fait.
37:09Donc, il y avait vraiment, c'était tout et n'importe quoi.
37:11Et je trouve qu'aujourd'hui, justement,
37:12j'espère, en tout cas, je pense que les nouvelles générations,
37:13elles sont beaucoup plus ouvertes par rapport à ça,
37:15et puis elles se posent moins de questions.
37:16Est-ce que toi, tu as le sentiment, justement,
37:17de venir challenger un peu tous ces genres musicaux
37:20avec la musique que tu proposes ?
37:22En fait, moi, ce que je me suis dit,
37:23à un moment donné, c'est que
37:25j'avais envie de créer la musique
37:26que j'avais envie d'entendre.
37:28Je n'ai pas réfléchi au genre,
37:31je n'ai pas réfléchi à ce qui plairait.
37:33Je me suis dit, vu que je n'arrive pas
37:37à décrire le son que j'entends,
37:39je vais le créer.
37:41Et finalement, ce son, évidemment,
37:42il est inspiré de mon instrument, de la chora.
37:45C'est un son qui est profondément organique.
37:47Je chante en français, je chante en anglais,
37:49je chante en bambara, en bangwa.
37:51Finalement, c'est un peu aussi le fait d'être métisse
37:54qui fait que j'ai grandi en ayant l'impression
37:56de rentrer dans aucune case,
37:58même en tant que métisse,
37:59de ne pas ressembler à, entre guillemets,
38:02ce qu'on pense être un métisse ou une métisse.
38:05Et donc, finalement, j'ai décidé de créer cette musique
38:07qui est à l'image de mon métissage
38:08et aussi de la femme que je suis,
38:10avec toutes mes inspirations
38:11et sans mettre de limite.
38:13Et je suis très contente de voir qu'aujourd'hui,
38:15il y a de plus en plus d'artistes
38:16qui, finalement, ne se posent pas de questions
38:17et qui créent le son qu'ils ont envie de créer.
38:20Loubiana est avec nous jusqu'à 23h.
38:51Sous-titrage Société Radio-Canada
38:52Alors ça, ce n'est pas toi, c'est Nina Simone.
38:55Mais je crois qu'elle est importante pour toi,
38:57en tout cas, quand on se renseigne un petit peu sur toi,
39:00sur tes influences, sur les gens en tout cas qui t'ont marquée.
39:03C'est un nom qui revient souvent.
39:05C'est une des voix les plus bouleversantes de l'histoire de la musique.
39:09Mais qu'est-ce qu'elle représente pour toi, Nina Simone, justement ?
39:12Moi, justement, je me rappellerai toujours à 16 ans,
39:16en train d'essayer de dresser mes cheveux,
39:18en train d'essayer de rentrer dans une taille 36,
39:21en train d'essayer de m'adapter au moule
39:24qui était le mien en Belgique.
39:27Un jour, tomber sur YouTube sur cette vidéo magnifique
39:31de Nina Simone qui joue au piano « Love me or leave me ».
39:34Et de voir, en fait, une femme qui me bouleverse
39:38par sa non-conformité, sa façon de jouer du piano,
39:42à la fois avec plein d'influences classiques,
39:45et en même temps profondément jazz,
39:48et en même temps profondément elle,
39:50et avec toutes les imperfections qui sont finalement sublimes,
39:54qui sont liées à sa voix, à sa présence, à son regard.
39:58Et c'est vrai que c'est peut-être la première fois
40:00que je vois une femme où je me dis,
40:01en fait, c'est à ces femmes-là que j'ai envie de ressembler.
40:05J'ai l'impression qu'en un coup,
40:07je vois en fait des femmes où finalement,
40:10je peux m'identifier autrement.
40:12Et depuis ce jour-là, en tout cas,
40:13j'ai pleinement embrassé mes cheveux, mon afro,
40:17et ma voix aussi.
40:18T'écoutais, alors là on parle de Nina Simone,
40:20mais quand t'étais, tu étais un peu avant « The Voice »,
40:23quand t'avais 15-16 ans, t'écoutais quoi ?
40:25Alors peut-être Nina Simone,
40:25mais quels autres artistes t'écoutais ?
40:28C'était quoi tes influences à l'époque ?
40:29Alors, quand j'étais 12-13 ans,
40:32j'écoutais La Starac, Jennifer,
40:34voilà, j'écoutais ce que j'entendais à la radio.
40:38Et un jour, mon papa est venu avec un album de Corneille,
40:42parce qu'on vient de loin.
40:44Et je dois avouer que cet album m'a bouleversée,
40:47je l'écoutais tout le temps.
40:49En plus, Corneille ressemblait un peu à mon papa.
40:53Enfin, il avait des dreadlocks, comme mon papa.
40:55Et puis, je ne voyais pas beaucoup d'hommes noirs autour de moi.
40:59Et donc, c'est comme si, en un coup,
41:01voilà, cet album, ça devenait l'histoire de mon père, en fait.
41:04Ça devenait aussi son chemin.
41:08Et donc, ça m'a énormément touchée.
41:10Et puis, après Corneille,
41:12j'ai assez vite, du coup, découvert, vers 15-16 ans,
41:15Sarah Vaughan, plein de voix du jazz.
41:18J'aimais énormément Amy Winehouse,
41:20Alicia Kiss aussi.
41:21En fait, très vite, je crois qu'inconsciemment,
41:24je me suis tournée vers des femmes métisses.
41:26Ce n'était pas conscient.
41:28Mais très vite, il y avait quelque chose dans leur voix
41:30qui me bouleversait énormément.
41:32Et puis, pour moi, mon rêve, c'était d'être chanteuse de jazz.
41:35Et j'écoutais aussi beaucoup Mélodie Gardaud.
41:37Voilà, je passais beaucoup de temps à écouter aussi sa musique.
41:40Donc, à l'époque, il y avait les médiathèques.
41:43Donc, j'allais dans les médiathèques.
41:44Emprunter des CD.
41:45Exactement.
41:45Oui, bien sûr.
41:46Et j'écoutais, je lisais les textes, je les réécrivais.
41:49Et puis, ma maman, elle aime beaucoup la musique classique.
41:52Donc, voilà, j'écoutais beaucoup aussi les musiques classiques à la maison.
41:56Mon papa a beaucoup de musique africaine.
42:00Il y avait Salif Keïta, Manu Di Bango, Youssou Ndour.
42:03Et aussi Manu Chao aussi, que j'aimais beaucoup.
42:05Ok, tu parles de cette époque, la médiathèque justement.
42:09Donc, avec un rapport à l'objet qui est forcément différent.
42:13Est-ce que tu es nostalgique ?
42:15Moi, je pouvais passer des heures à lire les paroles sur le livret, etc.
42:21C'est un rapport qui n'est pas forcément moins bien, mais qui est différent aujourd'hui.
42:23Est-ce que tu arrives encore, toi, à avoir un rapport comme ça avec la musique ?
42:26Ou non, tu écoutes ça sur les plateformes de streaming, comme la majorité des gens aujourd'hui ?
42:32Le rapport à l'objet, c'est sûr que déjà, qui a encore dans sa voiture ?
42:38Enfin voilà, on n'a plus forcément de lecteur de disques physiques.
42:42C'est pour ça que pour garder encore un rapport de patience et d'écoute profonde de la musique,
42:49tous les ans, moi, je pars un mois faire une retraite en Afrique de l'Ouest autour de la Chora.
42:55Cette année, j'étais partie en Côte d'Ivoire, je pars avec mon instrument, j'ai un maître,
43:01c'est comme ça qu'on les appelle, parce que la Chora se transmet de père en fils par ces
43:04hommes qu'on appelle les Griots.
43:05Et donc, je passe un mois à jouer, 4 heures, 5 heures, 6 heures de Chora,
43:10et aussi à écouter les sons qui sont présents.
43:14Donc, à écouter les sons à la radio, à écouter les musiques dans la rue.
43:18Là, en plus, c'était la Cannes quand j'y étais.
43:20Donc, en fait, je prends le temps d'écouter la musique autrement,
43:24pas juste sur Spotify ou sur les applications ou en streaming,
43:28mais aussi d'écouter et d'apprendre les morceaux traditionnels.
43:32Mais c'est sûr que, bon, c'est pas comme quand on était à la médiathèque
43:36et qu'on passait le temps à regarder les livrets et tout ça.
43:39Mais j'ai l'impression quand même, en discutant avec toi,
43:41que t'as quand même un rapport au temps, que tu te laisses du temps.
43:44Alors que tu peux couper ton téléphone pendant 3 jours,
43:47c'est ce que t'as fait début 2025, que tu peux faire une retraite,
43:50c'est dur pour toi de faire ça ou au contraire, c'est facile et c'est important
43:54pour toi, justement, de te laisser un peu, de prendre un peu de la distance
43:56avec la frénésie du monde actuel ?
43:59Déjà, les réseaux et les téléphones, c'est addictif.
44:02C'est addictif.
44:04Et en fait, je me rends compte aussi de l'impact que ça a sur moi,
44:08même si, évidemment, je vois aussi tout l'effet positif
44:12qu'ont eu les réseaux sur ma carrière.
44:14Et puis aussi, rien que pouvoir échanger quotidiennement avec ma famille qui est au Cameroun.
44:19Et puis, tous les amis que j'ai rencontrés en Afrique de l'Ouest en passant beaucoup de temps là
44:23-bas.
44:23Donc, c'est aussi merveilleux de se dire qu'aujourd'hui, on peut communiquer facilement.
44:27Mais je me force, en fait, à être ici présente.
44:31Par exemple, quand je vois mes amis, mes proches, mon téléphone est coupé.
44:35Je ne sors pas mon téléphone, je ne le mets pas au coin de la table.
44:37Quand je suis avec ma famille, avec mes frères et sœurs, je sors et mon téléphone reste à la maison.
44:42Donc, c'est une discipline.
44:44Tu as une discipline, oui, c'est ça.
44:45C'est une discipline.
44:46Finalement, ce n'est pas forcément...
44:47Oui, parfois, c'est se forcer parce que je suis toujours tentée.
44:50Mais en fait, parfois, ça me fait du bien de me dire, en fait, je n'ai pas besoin d
44:54'être constamment disponible,
44:55d'être constamment à l'affût de tout.
44:58Et puis, par contre aussi, sur les réseaux, moi, j'ai un limiteur de temps que je respecte en général.
45:05Et puis aussi, je les consomme vraiment en disant, je viens, je pose, je réponds aux gens.
45:10Mais je ne me secoue pas.
45:13Très bien, bravo.
45:14J'essaie.
45:14On n'est pas tous aussi bons que toi.
45:15Mais ce n'est pas toujours le cas.
45:17En tout cas, tu t'administres un petit peu cette discipline.
45:19Tu essaies, en tout cas.
45:20Oui, parce qu'en fait, parfois, je me dis, mais j'ai passé trois heures là.
45:23Qu'est-ce que j'ai appris ? Qu'est-ce que j'ai retenu ?
45:25Et puis, surtout, je trouve qu'on a une batterie, en fait, tous les matins quand on se réveille.
45:30Et en fait, la passer à regarder la vie des gens et les choses difficiles, les commentaires.
45:36Et enfin, à un moment, c'est ma batterie sociale, elle a diminué.
45:38Et puis, ce n'était pas pour mes proches, ce n'était pas pour moi, ce n'était pas pour
45:40mes amis.
45:41Donc, voilà.
45:42Je te propose qu'on écoute un morceau, un morceau d'une...
45:46Pareil, quelqu'un aussi qui adore, comme toi, brouiller les pistes au niveau des genres musicaux.
45:50C'est une artiste, c'est un morceau en tout cas qui est en playlist France Inter.
45:52C'est Théodora, un de ses...
45:54C'est l'avant-dernier single, c'est le morceau qui s'appelle Des mythos.
45:57On écoute ce morceau, donc en playlist France Inter.
45:58Et on revient juste après.
46:01I like the way you move, I like the way you're dancing.
46:09I like the way you grew, I like the way you're glancing.
46:14Pourrie, je m'appelle Natalia.
46:17Il me dit je t'aime, il me parle de familia.
46:22Il me dit deux ans, Marie-Rona.
46:25Si tu veux du stress avec lui, viens voir, oui, y'en a...
46:30Mais on m'appelle Madame Caillou, car rebelle et sans cahier.
46:34Ça compte pas peut-être, mais sans cahier.
46:38Je l'excelle déjà sans carrière, cette petite nombra, ouais, c'est carré.
46:42Comme maman, j'aime les pierres taillées.
46:46Si je trouve l'amour sur ma route, je lui dirai d'aller se faire foutre.
46:54Et s'il frappe la foudre à ma porte, non, non, moi je ne loue.
47:02Je lui ai dit, dis-moi tout, dis-moi tout.
47:05Il était chelou, un retour, demi-tour, demi-tour.
47:09J'aurais dû seulement faire demi-tour, demi-tour.
47:13De 100 postes, combien il faudra demi-tour, demi-tour.
47:17Je lui ai dit, dis-moi tout, dis-moi tout.
47:21Il était chelou, un retour, demi-tour, demi-tour.
47:25J'aurais dû seulement faire demi-tour, demi-tour.
47:29De 100 postes, combien il faudra demi-tour, demi-tour.
47:33Puis il fut un jour, mais trop tard, j'ai découvert comment t'es tard.
47:37Il m'a dit, gardez-tu tes traits ?
47:40Comme j'étais un peu jeune, j'ai failli laisser tout mon cœur.
47:49Mais comment ça, tu vas tuer mon gosse pour danser sur telle ma peau, ça ?
47:56Et comment ça, ça gâcherait ta carrière en gros vent de savon au festival ?
48:03Bah oui, bah oui !
48:07Si je trouve l'amour sur ma route, je lui dirais d'aller se faire foutre.
48:15Et si je frappe la foudre, à ma porte, non, non, moi je ne l'ouvre.
48:22Je lui ai dit, dis-moi tout, dis-moi tout.
48:26Il était chelou, un retour, demi-tour, demi-tour.
48:30J'aurais dû seulement faire demi-tour, demi-tour.
48:34De 100 postes, première, il faudra demi-tour, demi-tour.
48:38Je lui ai dit, dis-moi tout, dis-moi tout.
48:41Il était chelou, un retour, demi-tour, demi-tour.
48:46J'aurais dû seulement faire demi-tour, demi-tour.
48:49De 100 postes, combien il faudra demi-tour, demi-tour.
48:54C'était donc le morceau des mythos de Théodora.
48:58Mehdi Maizy sur France Inter.
49:01On est avec Loubiana ce soir et c'est l'heure des recommandations.
49:04C'est magnifique que tu m'as envoyé plein de recommandations.
49:07J'adore.
49:07Et deux albums.
49:09Je veux bien prononcer les noms de ces artistes-là parce que tu me les as fait découvrir.
49:13Ngu Bagayoko.
49:14Ngu Bagayoko.
49:17Désolé à lui.
49:18L'album s'appelle Kulu.
49:19On va donc écouter le morceau éponyme tout de suite.
49:39Alors, est-ce que tu peux nous parler de cet artiste ?
49:44Écoute, c'est arrivé un jour sur ma playlist en recommandations.
49:49Et j'avais pas encore, ou j'étais encore au tout début d'écrire Terre Rouge.
49:53J'étais, voilà, au début du process.
49:56Et quand j'ai entendu ce titre, je me suis dit, c'est l'ambiance que j'ai envie de
50:02créer dans cet album.
50:03J'ai envie de donner l'impression qu'on est au coin du feu.
50:06C'était ce morceau-là ?
50:06Ce morceau, Kulon.
50:08J'ai envie d'avoir l'impression qu'on est au coin du feu, que ça a été enregistré de
50:12façon organique, de façon vivante.
50:15Et pour moi, c'est comme une caresse, ce morceau.
50:18Et donc, c'est vrai que, voilà, j'ai contacté du coup l'arrangeur de cet album qui est Clément
50:23Ducol.
50:23Avec qui tu travailles ?
50:24Avec qui je travaille.
50:25Et donc, c'est comme ça que tu découvres, que tu rencontres Clément, en fait ?
50:28C'est via cet album-là ?
50:29En fait, Clément n'a pas arrangé cet album, mais disons que là, c'est comme si j'avais un
50:33premier pas vers le son ou l'énergie que j'avais envie de...
50:36Les couleurs que j'avais envie de créer.
50:38Et donc, je commence à regarder des arrangeurs qui pourraient correspondre à ça.
50:44Et en fait, je découvre du coup Clément Ducol au travers de son travail avec...
50:49Bon, il a...
50:50C'est assez large parce qu'il a travaillé...
50:52Il travaillait avec Camille, mais aussi avec Vianney, aussi avec Yung Sungna, avec justement un projet autour de Chad Baker
50:59et Nina Simone.
51:00Donc, c'est très vaste.
51:02Et je le contacte.
51:03Et en fait, on se voit et je me rappelle, il me dit, écoute, j'ai été une seule fois
51:07en Afrique.
51:08Et le seul endroit où j'ai été, c'est dans ton village à l'ouest du Cameroun, à Bangwa.
51:13Parce que mon cousin s'est marié avec une femme.
51:16Il y a 6000 habitants dans mon village.
51:18Donc, toi qui es sensible aussi, là, tu ne pouvais pas passer à côté.
51:22Alors là, moi, je me suis dit, ok, c'est sûr.
51:24Et donc, on a décidé d'enregistrer un album live avec Dungoni, qui est aussi un instrument ancestral d'Afrique
51:30de l'Ouest.
51:31Et de créer, en fait, cette sensation d'album live organique.
51:34Je n'avais plus envie de son, en fait, qui était trop synthétique.
51:39Moi, j'avais envie d'entendre le son du bois.
51:40J'avais envie d'entendre les doigts sur la contrebasse, la harpe.
51:44Et en même temps, il y a un quatu raccord.
51:45Parce que j'avais aussi envie d'avoir ces influences qui m'ont bercée aussi de musique plutôt classique.
51:51Donc, voilà comment est né un petit peu mon projet et qui a été très impacté par cette chanson.
51:56Autre album que tu as recommandé, c'est Abla Isisoko avec Le Gris au Rouge.
52:20Ça, c'est le morceau Bamba.
52:22Cet artiste-là, toi, tu le découvres aussi à un même moment, un peu plus tard.
52:26Quel rapport ?
52:27Alors, déjà, Abla Isisoko, c'est l'un de mes joueurs préférés de Chora.
52:31Et quand je décide d'apprendre cet instrument, je me dis qu'il faut que j'aille en Afrique de
52:35l'Ouest.
52:36Et donc, mon premier voyage, ça a été chez Ablaé, du coup, à Saint-Louis, au Sénégal.
52:42Et donc, ça a été mon premier maître de Chora.
52:46On a beaucoup joué de la Chora ensemble.
52:47Il m'a posé beaucoup de questions pour savoir si j'étais légitime en tant que femme et n'étant
52:53pas issue du coup de cette case-là, de jouer de la Chora.
52:57Il m'a dit cette phrase.
52:58Il m'a dit que la Chora avait le son de mon âme et qu'il ne fallait pas que
53:03je perde ma bonté et que je portais la voix de tout un peuple avec moi.
53:07Et donc, Ablaé a vraiment été quelqu'un qui m'a beaucoup marquée aussi par nos échanges et par tout
53:15ce qu'il m'a transmis, finalement.
53:17Et cet album, Griot Rouge, m'a beaucoup touchée parce qu'à la fois, il fait des contes, qui est
53:23quand même le rôle principal du Griot.
53:25Il joue de la Chora, il chante.
53:27Et en même temps, c'est à nouveau, c'est un écrin.
53:29Il y a très peu de choses, finalement.
53:31On a presque l'impression que ça a été enregistré par un micro d'ambiance.
53:34Et voilà, ça me replonge directement à Saint-Louis, à 16h.
53:37On va jouer de la Chora avec lui.
53:38Et alors, autre, je pense qu'on a le temps pour une dernière recommandation, c'est un film.
53:42Je choisis le film, c'est Eat, Pray, Love, Mange, Priem, qui est l'adaptation d'un livre, d'ailleurs.
53:46Et le film, c'est de Ryan Murphy avec Julia Roberts.
53:49Pourquoi ce film ?
53:50Quand j'ai décidé, justement, de partir aux Etats-Unis, à Los Angeles, pour suivre mon rêve, pour partager mon
53:56amour pour la musique
53:57et puis oser présenter ma vision avec la Chora, avec ma voix, j'ai décidé de partir à Los Angeles.
54:05Et avant de partir à l'aéroport Charles-de-Gaulle, il y a des grands tubes.
54:09Il y a comme une sorte de tube.
54:11Moi, c'était la première fois que je prenais l'avion dans cet aéroport.
54:14Et en fait, j'ai fait une énorme crise d'angoisse à l'aéroport au moment de scanner mon passeport
54:18pour rentrer dans ces tubes.
54:19Et ça a duré une demi-heure.
54:21C'était la première fois que je faisais une crise d'angoisse.
54:22Je n'arrivais pas à scanner.
54:24Je n'arrivais pas à partir.
54:25Et en fait, je scanne mon...
54:27Finalement, après une demi-heure, je réussis à scanner mon passeport.
54:30Je suis en larmes.
54:31Je réalise que ça y est.
54:33Je pars pendant un an.
54:35Je ne connais personne là-bas.
54:37Je n'ai aucun repère.
54:38Qu'est-ce qui va m'arriver ?
54:39Et j'arrive dans l'avion et je vois ce film, Eat, Pray, Love, qui parle justement de cette femme
54:46qui décide de tout quitter pour, en fait, de quitter sa vie, son conjoint, son logement, son quotidien, pour essayer
54:52de retrouver du sens à ce qu'elle fait.
54:55Et qui part finalement, elle part dans un ashram en Inde, elle part en Italie, prendre des cours et puis
55:02qui profite des petites choses simples de la vie, des bonnes pâtes.
55:05Enfin voilà. Et en fait, ce film, c'est comme si je m'avais calmée instantanément.
55:10Et je me suis reconnue un petit peu dans l'histoire que Julia Roberts s'encarte merveilleusement.
55:16Où je me suis dit, en fait, c'est un peu ça que je vis là.
55:19Très bien. Merci beaucoup, Loubien. C'était un plaisir de t'avoir aujourd'hui.
55:22Merci à toi.
55:22On rappelle donc que l'album Terre Rouge est disponible par toi et d'écouter.
55:25Puis t'es en tournée aussi. Tu fais beaucoup de date.
55:28Merci vraiment beaucoup.
55:29Merci à toutes les personnes qui ont participé à la fabrication de cette émission préparée par Alex Alacour et Redouane
55:34Tellar.
55:34C'est réalisé par Gaëtan Collie.
55:35La programmation musicale signée Jean-Baptiste Audibert et La Technique.
55:38Ce soir, c'était Jérôme Ragano et Noé Chabanne.
55:40Demain, changement d'ambiance, on va parler de Star Wars à l'occasion du nouveau film Mandalorian et avec Baby
55:45Yoda.
55:46Il est trop mignon, non ? Tu l'as vu Baby Yoda ?
55:48Non.
55:48Il est trop mignon. On en parle demain.
55:50Il est trop mignon. On en parle demain.
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