00:00 [Musique]
00:08 Vous avez sûrement entendu parler de cette intelligence artificielle qui a battu plusieurs champions de bridge.
00:15 On va en parler justement avec mon invité Jean-Baptiste Fantin.
00:18 Bonjour, directeur général de Noucaille.
00:21 Alors ça inquiète quand même ces performances de l'intelligence artificielle.
00:26 Alors il y a eu le cas de ces champions de bridge qui ont été battus,
00:28 mais il y a aussi aujourd'hui le cas de Tchat GPT.
00:31 Et vous, vous vous élevez contre ces peurs. Pourquoi ?
00:34 Il y a des inquiétudes légitimes à propos de l'intelligence artificielle
00:38 et il nous semble qu'à l'heure justement où on se demande si l'intelligence artificielle ne va pas sortir du contrôle de l'humain,
00:45 il nous semble que l'heure est venue de faire des choix technologiques
00:49 qui garantissent que l'IA collabore avec l'humain, ne le remplace pas et reste toujours au service de l'humain.
00:55 Donc ces choix c'est maintenant, on le voit, ce n'est pas dans dix ans.
00:59 Il n'est pas question que l'IA prenne le pouvoir, mais aujourd'hui se pose un problème de contrôle
01:04 et nous pensons apporter une réponse technique à cette inquiétude.
01:08 Et justement donc vous mettez l'intelligence artificielle au service des entreprises. Comment ?
01:14 Alors comme vous l'avez rappelé, il y a un an nous avons frappé un grand coup en invitant à Paris 8 champions du monde de bridge.
01:20 C'était un beau coup de pub.
01:22 C'était un grand tournant dans notre histoire bien sûr.
01:26 Notre IA NOOC a battu ces 8 champions.
01:31 Elle avait deux spécificités.
01:33 Elle était capable d'expliquer ses décisions, donc non seulement de faire des recommandations, mais d'expliquer.
01:37 C'était un grand apport à l'humain.
01:39 Et aussi elle était très efficiente énergétiquement.
01:42 200 000 fois moins de consommation d'énergie que le challenge sur le go.
01:45 Donc c'est aussi une préoccupation aujourd'hui.
01:48 Ça c'était il y a un an.
01:50 Aujourd'hui, en un an, on a beaucoup travaillé.
01:52 On a adapté NOOC à deux domaines qui sont la défense et les transports, transports logistiques au sens large.
02:00 Oui parce qu'en fait l'intelligence artificielle ne se limite pas à exploiter des données.
02:05 Elle peut élaborer des stratégies et c'est dans ce sens là que vous aidez les entreprises ?
02:09 Exactement.
02:10 On a une vision souvent trop réductrice de l'intelligence artificielle, l'apprentissage à partir de données.
02:15 Mais comme l'humain, il y a des tas de façons d'être intelligent.
02:18 Il y a des tas d'intelligence différentes.
02:20 Et bien il y a des tas d'intelligence artificielle différentes.
02:22 Et donc parmi les intelligences que nous savons, enfin qu'a NOOC, c'est une intelligence de résolution, de complexité.
02:29 Et finalement il y a beaucoup d'entreprises qui se retrouvent face à des problèmes extrêmement complexes
02:33 qu'ils ne savent pas résoudre et qui les empêchent d'avancer.
02:35 Et bien nous on les aide.
02:36 Oui parce qu'il y a différents types d'intelligence artificielle.
02:38 Alors si on devait résumer rapidement, ça serait peut-être trop long, non ?
02:41 Non, non, non.
02:42 Il faut voir les intelligences humaines.
02:44 Il y a des intelligences humaines, il y a l'apprentissage.
02:46 Un enfant qui apprend ce que c'est un chien ou un chat.
02:49 Je rappelle qu'un enfant, il faut voir deux chiens ou deux chats.
02:52 Alors qu'une machine, il faut qu'elle voit des millions de photos pour faire la différence.
02:56 Donc on est encore loin de cette intelligence.
02:58 Mais il n'y a pas que l'apprentissage.
02:59 Il y a aussi la déduction, la planification.
03:01 Planifier vos vacances, c'est une forme d'intelligence.
03:04 Faire la déduction comme un détective privé, c'est aussi une forme d'intelligence.
03:07 Et puis il y a d'autres, créatrices, etc.
03:09 Alors, vous le disiez, c'est particulièrement intéressant dans le domaine du transport, dans le domaine militaire aussi.
03:14 Oui. Alors dans le domaine des transports, c'est le premier domaine dans lequel on a remporté des succès.
03:19 Comme on a remporté des succès dans le bridge, dans le domaine des transports, avec des compagnies aériennes pour commencer,
03:25 mais c'est tout à fait extensible à d'autres formes de transport.
03:28 La compagnie, c'est Transavia, qui avait un problème de complexité opérationnelle à gérer.
03:33 Et aujourd'hui, nous opérons les rotations de Transavia.
03:37 C'est un problème extrêmement complexe. Le nombre de rotations pour un mois, c'est 10 puissance 1350.
03:41 C'est difficile de se rendre compte à quel point c'est complexe.
03:43 Oui, là on voit bien l'aide précieuse de l'intelligence artificielle.
03:45 Exactement. Le nombre d'atomes dans l'univers, c'est 10 puissance 90.
03:48 Donc on voit bien que l'humain ne peut pas résoudre ce genre de complexité.
03:52 Et puis l'OTAN va tester un logiciel, dès la décision opérationnelle,
03:55 alors conçu par vous, votre entreprise, votre intelligence artificielle et Thales.
04:00 Exactement. Donc là, on est en coopération avec Thales sur un projet extrêmement prometteur.
04:05 C'est plutôt une intelligence de fusion de données hétérogènes, extrêmement importante,
04:12 parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup d'analystes qui perdent un temps fou,
04:14 qui sont noyés sous les données qu'on peut rencontrer dans un centre de commandement, OTAN.
04:20 Et bien nous, aujourd'hui, on va apporter une brique d'automatisation de la déduction
04:24 et de fusion de données hétérogènes pour accélérer le travail et faciliter le travail des analystes.
04:31 Alors, je pose la question quand même de comment bien utiliser l'intelligence artificielle
04:35 dans des secteurs qui sont aussi sensibles.
04:38 Absolument. Et c'est là que la nature de l'intelligence artificielle,
04:41 son côté collaboratif avec l'humain et aussi explicable, sont extrêmement importants.
04:46 Si je veux vous recommander un livre ou que sais-je, une paire de chaussures,
04:52 finalement, l'explicabilité, la collaboration, ce n'est pas très grave.
04:55 Dans des domaines critiques, comme la défense, la santé, bien sûr, l'éducation,
05:00 et bien là, d'abord, la décision doit appartenir à l'humain, la décision finale,
05:04 et il doit prendre ses décisions avec, en pleine connaissance de ce que la machine lui apporte exactement.
05:09 Donc là, nos briques technologiques sont vraiment importantes.
05:12 Vous dites que le modèle actuel est dépassé en quoi ?
05:15 Dans le domaine de la défense, effectivement, le modèle classique dans tous les pays,
05:27 les grands groupes sont les interlocuteurs des ministères de la défense
05:32 et embarquent en tant que sous-traitants des start-up.
05:37 Aujourd'hui, c'est ce qui se passe dans beaucoup de pays.
05:40 Dans les domaines très spécifiques, comme l'intelligence artificielle ou la cybersécurité, par exemple,
05:45 où ces grands groupes ont beaucoup de difficultés à recruter des talents,
05:49 et bien ça ne marche plus.
05:50 Et en fait, ma théorie, c'est qu'il faut renverser cet attelage,
05:54 que finalement l'interlocuteur, le maître d'oeuvre, ça doit être la start-up,
05:58 qui elle, pour assurer la scalabilité, le passage à l'échelle,
06:01 doit bien sûr utiliser les grands industriels, les cabinets de conseil.
06:06 C'est un modèle qui existe dans d'autres pays, qui a déjà été mis en place.
06:09 - Notamment en Allemagne ?
06:10 - En Allemagne, les Allemands ont très bien compris ça.
06:12 De façon contre-intuitive, les Chinois ont compris ça,
06:15 les Etats-Unis un peu moins, et la France, pas tout de suite.
06:18 - Bon alors, il y a eu les champions de bridge,
06:20 il y a les entreprises dans le domaine des transports et de la défense,
06:22 vos projets de développement, maintenant ?
06:24 - Alors, bien sûr, on a des projets de développement.
06:26 Notre urgence, c'est de creuser, déjà, les pistes que nous avons ouvertes.
06:30 On a déjà des revenus commerciaux, des produits,
06:34 dans les deux verticales que nous avons ouvertes.
06:37 Donc ça, dans l'année qui vient, on va creuser.
06:40 On a déjà établi une base à Singapour, pour accélérer sur la partie commerciale.
06:44 Mais on en a encore sous le pied.
06:46 Notre technologie est transverse, donc on a déjà des prototypes
06:50 dans d'autres secteurs, l'éducation notamment, la finance.
06:54 - Eh bien, vous viendrez nous en reparler, je sens, dans l'émission.
06:57 - Volontiers. - Merci beaucoup, Jean-Baptiste Fantin,
06:59 donc, Nukay, d'être venu sur le plateau de Smart Leaders.
07:03 (Générique)
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