00:00 Or, ce guichet unique, or, cet interlocuteur simple,
00:04 on n'arrivera pas à massifier
00:06 les objectifs de rénovation thermique.
00:10 Le 2e élément, c'est un élément de sécurisation financière.
00:14 Je sais que c'est plus à la mode, les lois de programmation,
00:17 sauf quand elles sont dans un cadre militaire,
00:19 mais je pense que si on veut lancer des grands travaux
00:23 qui nous permettent à la fois la transition énergétique
00:26 et d'essayer de tenir notre SNBC,
00:30 mais aussi de pouvoir se préparer à l'adaptation nécessaire
00:34 à laquelle nous allons devoir faire face
00:36 du fait du changement climatique,
00:38 il faut absolument une loi de programmation
00:40 qui sécurise pour l'ensemble des acteurs
00:43 comme pour les particuliers une trajectoire dans la durée.
00:47 Je suis absolument résolue, parce que l'échec
00:50 de ce qui a été annoncé par la ministre Cécile Duflo en 2013,
00:55 il est écrit dans une réponse à une question au Sénat,
01:01 que je vais vous retrouver,
01:02 qui dit de manière très claire que les crédits de l'ANA
01:06 ont été gelés au mois de juin de l'année 2014,
01:11 et que du coup, les objectifs qui avaient été affichés,
01:13 même les dossiers qui existaient dans les tiroirs de l'ANA
01:16 ne pouvaient pas être mis en oeuvre.
01:18 Donc voilà, c'est finalement assez simple.
01:20 Ca semble complexe, c'est pas si complexe,
01:23 mais comme toutes les politiques d'ampleur,
01:24 je pense qu'elles nécessitent
01:28 une organisation qui soit simplifiée
01:31 et une visibilité dans la durée.
01:33 De la même manière que quand on investit
01:35 dans un grand programme industriel,
01:38 on fait un scénario d'investissement
01:40 sur plusieurs années, étonnamment, l'Etat,
01:42 qui, normalement, est là pour le restant de nos jours,
01:45 n'est pas capable de le faire,
01:46 et je pense que c'est une faute et une erreur.
01:48 C'est pas tellement le fait des ministres
01:52 qui sont succédés à cette responsabilité.
01:55 Peut-être...
01:56 -Vous pensez que la volonté politique, elle y était ?
01:58 -Elle a été...
01:59 Elle est toujours...
02:00 Pour le coup, vous êtes dans une politique
02:02 où tout le monde est d'accord.
02:03 Je pense qu'il y a des politiques qui peuvent faire débat.
02:04 L'encadrement des loyers, on pourrait avoir un débat.
02:06 Sur la rénovation thermique des bâtiments,
02:08 tout le monde est d'accord.
02:09 Donc pourquoi une politique où tout le monde est d'accord,
02:11 où tout le monde dit que c'est bien,
02:12 n'arrive pas à être en oeuvre ?
02:13 Votre commission est intéressante.
02:14 Moi, je peux vous le dire, parce qu'on ne tient pas
02:16 dans la durée sur l'argent.
02:17 Oui, je le dis, le pilotage budgétaire,
02:20 ce qui est ma surprise, moi, je n'ai pas...
02:23 J'ai travaillé uniquement dans le secteur privé
02:24 avant de rejoindre un poste de ministre.
02:28 Et j'ai été très surprise de la dimension court-termiste
02:32 avec laquelle est piloté le budget d'un grand pays
02:34 comme la France.
02:36 Et je dois le dire, mes discussions budgétaires
02:39 avec les différents ministres du budget
02:41 ont toujours été parfois désespérantes.
02:46 La norme de dépense, puisque c'est comme ça
02:48 qu'il convient de parler,
02:49 étant la chose la plus stupide que j'ai connue dans ma vie.
02:52 Parce que quand vous êtes capable de prouver
02:54 qu'un investissement d'un euro d'argent public
02:56 peut rapporter 1,3 euro d'argent public à échéance 5 ans,
03:01 n'importe quel investisseur, n'importe lequel,
03:04 signe dans la seconde.
03:05 N'importe lequel, sauf l'Etat.
03:07 Sauf l'Etat.
03:08 Et je le dis, les règles budgétaires
03:10 telles qu'elles sont mises en oeuvre aujourd'hui
03:13 dans la loi de finances,
03:14 me semblent, dans un certain nombre de cas,
03:16 complètement absurdes, contre-productives
03:18 et finalement assez rageantes.
03:21 Et le bilan que je retire sur cette politique-là
03:24 est assez rageant.
03:26 Vous me permettrez d'avoir la franchise
03:29 qui m'était déjà coutumière à l'époque,
03:31 mais qui s'est enrichie de mon éloignement
03:33 de vos cercles parlementaires.
03:37 (Générique)
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