- il y a 13 ans
Cours de cinéma de Noel Simsolo, historien du cinéma.
Le 28 novembre 2013 au Forum des Images, Paris.
Tous les cours de cinéma : http://www.forumdesimages.fr/la-webtv/cours-de-cinema
Le 28 novembre 2013 au Forum des Images, Paris.
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00:00:00...
00:00:15Oui, alors bonsoir.
00:00:16Il faut un peu voir le contexte dans lequel le film a été fait, ça serait intéressant.
00:00:21Alors Marco Ferreri était un cinéaste qui a eu du mal à se faire une place
00:00:25dans l'acceptation de la critique intelligente en France.
00:00:30Parce que d'abord, il avait fait des films en Espagne dont un seul avait eu vraiment un grand écho
00:00:35à El Cosecito.
00:00:36Il était italien, mais il avait eu des problèmes.
00:00:39Il avait essayé de faire des choses, documentaires, avec Antonio Neto.
00:00:43Finalement, il s'était retrouvé en Espagne pendant un moment.
00:00:45Et puis, quand il est retourné en Italie, il a fait un film qui avait eu beaucoup de succès,
00:00:49une coproduction avec la France qui s'appelait Le lit conjugal, La Péregina, La Reine des abeilles,
00:00:54pour lequel, d'ailleurs, je crois, Marina Vladi a eu le prêt d'intermédiaire à Cannes
00:01:00et qui était un film assez subversif sur une femme qui faisait tout pour épouser un homme plus âgé que
00:01:06lui,
00:01:07et qui le fatiguait tellement que lorsqu'il lui avait fait un enfant, elle le laissait mourir à la couche
00:01:12d'un enfant.
00:01:12Il était trop fatigué pour continuer, il en est mort.
00:01:16Ensuite, il avait fait Le Marais de la Femme à Barbe, un peu un truc comme ça,
00:01:19quelqu'un qui rencontre une femme toute poilue partout,
00:01:22qui l'épouse pour l'exhiber dans les cirques et puis après dans les strip-teases,
00:01:25et puis il lui fait un enfant et elle perd ses poils à ce moment-là, il devient ruiné, il
00:01:28devient docker.
00:01:29Et à chaque fois, c'est des sujets un peu comme ça et qui ne passaient pas vraiment.
00:01:33On a commencé, la critique intellectuelle a commencé à prendre au sérieux Marco Ferri vraiment
00:01:39à partir de Dillinger et Morto, où il y avait Piccoli dedans,
00:01:45et parallèlement à un film qui était un échec, qui était Break Up,
00:01:48qui était avec Mastroianni, qui est un des plus beaux films que je connaisse,
00:01:51et qui était distribué par la métro d'une manière, mais soldé, bradé.
00:01:55Donc, on ne peut pas dire que c'était un cinéaste qui avait une grande reconnaissance,
00:01:59sauf que certains de ses films ont été pris ensuite par Pierre-Henri Delau
00:02:02à la casienne des réalisateurs à Cannes qui devenaient créés, donc en parallel au festival.
00:02:06Je pense à Sémé del Wormo, des films comme ça.
00:02:09Et puis, il avait une chose, comme Chavrol, c'est quelqu'un qui avait la confiance d'Extart.
00:02:15C'est-à-dire, en Italie, même si ses films marchaient moyennement,
00:02:19Tognazzi, Mastroianni, ils étaient tous d'accord pour travailler avec lui,
00:02:23et Piccoli, il pouvait aussi avoir des acteurs français qui venaient comme ça et tout.
00:02:28Et donc, comme ça, il se retrouve avec, vu qu'il y a la liaison qui a lieu
00:02:34entre Catherine Deneuve et Mastroianni, il les prend tous les deux
00:02:37pour faire un très beau film tiré d'Egno Flajano, qui est Lisa,
00:02:40qui s'appelle La Cagna, la chienne en italien, et le roman aussi,
00:02:45mais qui ne marche pas très très très fort.
00:02:47Mais bon, il y a le contact de Marcello, Marcello est son ami,
00:02:50il y a Hugo Tognazzi qui est son ami, et puis il cherche un film à faire absolument.
00:02:55On commence à aimer ses films au niveau arrêt et essai, ses films passent,
00:03:00l'audience, ça commence à fonctionner un petit peu.
00:03:04En plus, il a fait venir des acteurs comme le grand Alain Cuny pour jouer dans l'audience à Rome.
00:03:10Et puis voilà brusquement qu'autour du musicien qui a fait la musique de Lisa,
00:03:18Philippe Sartre, un groupe se crée comme ça, et ils ont l'idée,
00:03:23avec Jean-Pierre Rassam, qui est un tout jeune producteur et qui vient de s'associer à Jean-Yann,
00:03:27ils ont l'idée de faire un film sur des types qui se réunissent pour bouffer jusqu'à en mourir.
00:03:31Je ne vais pas en faire plus, vous connaissez tous le film, c'est La Grande Bouffe,
00:03:34qui n'était pas prévu pour être un succès du tout,
00:03:37et où ils invitent, avec eux, avec Marcello, Hugo et Michel,
00:03:43ils invitent Noiré, et Noiré va compléter.
00:03:46Le film se tourne relativement en secret,
00:03:49enfin, il n'y a pas beaucoup de gens sur le plateau et tout,
00:03:52quand le film est terminé, moi, j'ai mis Rahim Le Montre,
00:03:56qui était la chapeur du film, je connaissais déjà un peu Marco,
00:04:00et on sait que le film va aller à Cannes,
00:04:02je lui dis que ça va faire un scandale à tous les coups, mais c'est très bien.
00:04:06Et en effet, à Cannes, c'est une année terrible,
00:04:08où il y a quand même deux scandales en même temps,
00:04:10et c'est deux chefs-d'oeuvre en même temps qui créent un scandale,
00:04:12c'est d'une part, à un moment, la putain de Jean-Lestache,
00:04:15et d'autre part, disons, La Grande Bouffe de Ferrari.
00:04:17Bon, mais La Grande Bouffe de Ferrari va être un succès national.
00:04:24La Grande Bouffe va marcher terriblement,
00:04:26et c'est dans ce contexte, disons, d'euphorie et de folie,
00:04:29moi, j'ai été avec eux les présenter dans deux, trois salles, en banlieue et tout,
00:04:33ils étaient tous là, Edouard était venu, Hugo était venu,
00:04:35ils étaient tous venus présenter ça, disons, dans la suite de Cannes,
00:04:39donc en juin, et c'était complètement la folie, le délire,
00:04:43et c'est à ce moment-là que Rassam et Yann avaient déjà discuté avec Marco
00:04:49qu'avaient cette idée de faire un western dans le Trou des Halles de Paris,
00:04:53parce qu'il avait remarqué cet immense trou,
00:04:55il avait dit, ça, ça pourrait faire un film formidable, un western.
00:05:01Bon, et il commence à tourner, on ne sait pas quoi,
00:05:05il n'y a pas de scénario qui traîne, personne n'a de scénario,
00:05:08je crois Spicoli qui me dit, tu sais que je joue Buffalo Bill dedans,
00:05:11je dis, bah c'est très bien, Buffalo Bill, Piccoli, je ne vois pas le rapport,
00:05:14mais c'est pas grave, bon, et je vais dire bonjour à Marco,
00:05:17le premier jour du tournage, comme pour lui dire, bonne chance,
00:05:19à la Félicita, comme on dit en italien,
00:05:21et je lui dis, ça va, il me dit, ma doma, tu viens, on tourne, tu fais une chose dedans,
00:05:26il ne me dit pas quoi, bon, mais si je raconte, ce n'est pas pour rapport à moi,
00:05:30parce que c'était comme ça avec tout le monde, sauf les quatre acteurs principaux,
00:05:33il ne me dit pas quoi, j'arrive, et c'est une scène que vous verrez,
00:05:36dans laquelle, enfin, on m'entravera dans cette scène,
00:05:39Buffalo Bill chante et tout,
00:05:41et c'est pendant ce moment-là que Catherine Deneuve me présente à Mastroianni,
00:05:46le personnage, et dit, le représentant des affaires indiennes,
00:05:48et je vois derrière la caméra tout le monde qui s'affole,
00:05:50je ne sais pas pourquoi, je fais mon truc,
00:05:52et c'était un rôle qui était là plusieurs fois,
00:05:54ce n'était pas juste un passage amical,
00:05:56mais c'était pareil avec tout le monde,
00:05:58c'était que Marco avait un système,
00:06:00au dernier moment, il prenait des gens, il mettait,
00:06:02et surtout, son idée de ce film, c'est ça qui compte,
00:06:05c'est qu'en apparence,
00:06:07et je parlais de ça avant qu'on analyse le film,
00:06:09c'était un bordel, il n'y a pas d'autre mot,
00:06:11une casino, comme disait l'Italien, incroyable,
00:06:13parce qu'on tournait dans les ruines en pleine démolition,
00:06:17il n'y a que le grand trou à la fin,
00:06:20où il y a le combat qui n'est pas le trou des Halles,
00:06:22c'est dans une carrière,
00:06:23ça a été fait, parce que ça ne pouvait pas,
00:06:26avec les problèmes de sécurité,
00:06:28les problèmes de tout, c'était impossible de faire là,
00:06:30et ce n'était pas assez grand.
00:06:31Bon, pour qu'un regard soit loin,
00:06:33il y a eu des blessés,
00:06:35toute la séquence finale de combat,
00:06:37il y a eu des jambes cassées,
00:06:38il y a eu des problèmes,
00:06:39il y a même quelqu'un qui a été très fortement blessé.
00:06:43Non, Marco, il avait décidé de tourner dans les Halles,
00:06:46mais il avait dit,
00:06:47on tourne dans les Halles aujourd'hui.
00:06:49Alors déjà, bon,
00:06:51Rassam, qui était aussi fou que lui, ça va,
00:06:53il comprenait,
00:06:54bon, la bande, Piccoli, tout ça,
00:06:55ils étaient d'accord,
00:06:56mais c'est vrai que quand un journaliste passait,
00:06:58il ne comprenait pas très très bien ce qui se passait,
00:07:00il voyait des chevaux,
00:07:01des militaires habillés comme dans un western,
00:07:04et en plein dans le décor normal,
00:07:06avec des voitures qui passaient,
00:07:07ou un train qui arrivait.
00:07:09Bon, donc c'était comme un cas d'achronique.
00:07:11Et en même temps,
00:07:12Marco avait l'air de dire aux gens
00:07:13d'en faire des paquets, comme on dit.
00:07:16Vraiment, vous pouvez y aller dans la caricature,
00:07:17la caricature,
00:07:19et on se disait,
00:07:19ça va être un guignol pas possible, ce film.
00:07:22Mais en fait, c'était oublié que Marco,
00:07:24ce qu'il voulait, c'est trouver du réel,
00:07:25même dans le guignol.
00:07:27Et en fait, tout le film était conçu dans l'esprit de Marco,
00:07:30pour être une espèce de fable,
00:07:31il adorait ça,
00:07:32une fable sur la situation actuelle.
00:07:35Le western était un prétexte.
00:07:37Mais pourquoi un western ?
00:07:38Pourquoi il a voulu faire un western ?
00:07:40D'abord, il faut savoir qu'il venait de produire
00:07:42un autre western,
00:07:43enfin, de coproduire un autre western
00:07:44quelques temps avant,
00:07:46qui s'appelait
00:07:50Vintideste, Vendeste,
00:07:51qui était produit par Jean-Luc Godard,
00:07:53et réalisé par Jean-Luc Godard,
00:07:55et c'est là que s'est fondé,
00:07:56et le groupe Ziga Vertov avec Gorin.
00:07:59C'était sur un scénario écrit
00:08:01avec Cohn-Bendit,
00:08:02et c'était un western marxiste
00:08:03où Jean-Luc Volonté se trouvait impliqué.
00:08:06Et c'est un film qui est sorti
00:08:09une fois vaguement, rapidement,
00:08:10en salle comme ça,
00:08:11qui était un film militant,
00:08:12complètement admirable,
00:08:15mais invisible pour un public.
00:08:17Mais Marco avait gardé cette idée
00:08:19de jouer sur le western.
00:08:21L'autre raison est importante
00:08:23parce que tout le film est conçu
00:08:24sur la mythologie du western.
00:08:25Il y a deux sujets dans le film.
00:08:27Il y a la fave sur la France
00:08:29de l'époque, de 2013,
00:08:33de 1973.
00:08:36Mais quand on voit un film,
00:08:37en même temps, vous allez voir,
00:08:38l'absurde n'est pas inutile
00:08:40parce qu'en fait, c'est un film,
00:08:41ceux qui viennent de le voir,
00:08:42on pourrait dire aussi
00:08:43que c'est 2013.
00:08:44On n'a qu'à remplacer
00:08:46Indien-Arabe par Arabe-Rome.
00:08:49On a le même topo.
00:08:51Et c'est en même temps
00:08:52une réflexion sur
00:08:54toutes les mythologies du western.
00:08:55Alors pourquoi un Italien
00:08:57va s'intéresser à ça ?
00:08:58D'abord, le western n'a pas été...
00:09:01Je vais quand même rapidement dire
00:09:02que contrairement aux mythologies
00:09:03que l'on raconte,
00:09:04le western est une invention française.
00:09:07Avant, les Américains,
00:09:08ils faisaient des petits documentaires,
00:09:11ils faisaient des petits trucs
00:09:11comme ça sur l'actualité,
00:09:13mais ce n'était pas des westerns
00:09:14comme on entend.
00:09:15Le western avec le côté épique
00:09:17d'aventure et tout.
00:09:17Et justement,
00:09:18c'est quelqu'un qui avait été là-bas
00:09:19faire des reportages à un Français
00:09:21qui en revenant en France
00:09:22se rend compte aux Américains
00:09:23de sa place et qui crée
00:09:24le personnage d'Arizona Jim,
00:09:25c'est Joe Hamann,
00:09:27qui crée les westerns en Europe.
00:09:29Et dans ces westerns,
00:09:30on en a vu certains.
00:09:31Il y a Charles Vanel
00:09:31qui débute, par exemple.
00:09:33Et si bien qu'en Europe,
00:09:34on se met à faire des westerns
00:09:35un peu partout.
00:09:36Par exemple,
00:09:36le père de Sergio Leal,
00:09:37de Roberto Roberti,
00:09:38avait tourné
00:09:39La Vampire Indienne.
00:09:40Bon, il y en a un peu partout.
00:09:42Et les Américains
00:09:43commencent à faire,
00:09:44disons,
00:09:44ce genre de film
00:09:46juste dans la foulée
00:09:47que c'est des films de Hamann
00:09:48qui arrivent.
00:09:49C'est d'abord les broncobillis,
00:09:50puis les tomics
00:09:52qui sont une caricature totale
00:09:53et les chefs-d'oeuvre
00:09:54absolument de William Hart
00:09:55que vous ne voyez jamais
00:09:56et qu'il faudrait bien voir
00:09:56un jour et bien montrer.
00:09:58Mais le mot western
00:09:59n'arrive que dans les années 10.
00:10:01Et le western,
00:10:02à 90%,
00:10:03il va exploiter la mythologie
00:10:04et on est dans le film
00:10:05de Buffalo Bill.
00:10:07C'est-à-dire que Buffalo Bill,
00:10:09qui était quelqu'un
00:10:10qui s'occupait des bisons,
00:10:11en effet,
00:10:12qui tuait des bisons
00:10:12pour nourrir les gens
00:10:13du chemin de fer,
00:10:14parce que c'est comme ça
00:10:15qu'on nourrissait
00:10:16les ouvriers du chemin de fer,
00:10:17car l'histoire,
00:10:18là, ça serait trop long,
00:10:19on n'a pas le temps aujourd'hui,
00:10:20mais à partir du moment
00:10:22où les Américains
00:10:23ont chassé les Anglais,
00:10:25ont été décolonisés,
00:10:26on a appelé
00:10:27la conquête de l'Ouest,
00:10:28c'était la colonisation
00:10:29de l'Ouest.
00:10:30Ils colonisaient
00:10:30les pauvres Indiens
00:10:31qui étaient là.
00:10:32Alors au début,
00:10:33ça rangeait avec eux,
00:10:34puis après ça s'agénait
00:10:34où il y avait beaucoup de fourrures.
00:10:35On tuait des Indiens
00:10:36pour tuer plus de fourrures.
00:10:38Après, quand il y avait
00:10:39de l'or, de l'uranium
00:10:40et tout ça et tout,
00:10:40on tuait pour les mêmes raisons.
00:10:41On ne respectait pas les traités.
00:10:44Et puis après,
00:10:44il fallait réunir
00:10:45l'océan Atlantique
00:10:46et l'océan Pacifique,
00:10:47donc traverser complètement,
00:10:48disons, le territoire.
00:10:49Et là, s'il y avait
00:10:50des réserves dedans,
00:10:51c'était encore les massacres.
00:10:52Et M. Buffalo Bill,
00:10:54entre autres,
00:10:54personnage mythologique
00:10:55qui était un grand tueur de bison,
00:10:58avait la réputation
00:11:00de pas grand-chose.
00:11:01C'était juste un guide.
00:11:02On connaît comme fait d'arme
00:11:03le fait où,
00:11:04après la mort du vrai Custer,
00:11:06de rage,
00:11:07je crois que c'est trois semaines après,
00:11:09il passe avec une escouette
00:11:11de soldats par un village
00:11:12où il n'y a plus que des vieillards,
00:11:13des femmes et des enfants.
00:11:14Il massacre tout le monde
00:11:15et lui-même Scalpingos,
00:11:17qui c'était le vrai Buffalo Bill.
00:11:19Mais simplement,
00:11:20Buffalo Bill,
00:11:20il s'est appelé Buffalo Bill,
00:11:21ce n'était pas son vrai nom,
00:11:22fait qu'il y a des petits magazines
00:11:23qui paraissent
00:11:24et qui réinventent ces histoires
00:11:25de colportage.
00:11:27Et un type vient lui dire
00:11:27« Mais pourquoi on ne ferait pas
00:11:29un cirque
00:11:30pour parler de l'Ouest aux gens ? »
00:11:33Et en fait,
00:11:33c'est le « Wide Circus »,
00:11:35« Wide West Circus »
00:11:36de « Ceux qu'ont vu
00:11:37Berbouiller les Indiens »
00:11:38de Altman racontent très bien ça,
00:11:39où ce personnage assez douteux,
00:11:41Cabotin,
00:11:44représente la croquette
00:11:45de l'Ouest à sa manière
00:11:46et ça crée, disons,
00:11:47tous les prototypes du Western.
00:11:49Les Indiens,
00:11:49les bons,
00:11:50les mauvais,
00:11:50les ceci,
00:11:51l'attaque de diligence,
00:11:52tout ça et tout.
00:11:52Et les Américains
00:11:54comprennent brusquement
00:11:55qu'ils ont une mythologie,
00:11:57une légende formidable.
00:11:58Et le Western va se développer
00:11:59sur cette légende
00:12:00en oubliant la réalité.
00:12:02Et la réalité,
00:12:04certains cinéastes
00:12:05y feront un peu d'allusions,
00:12:06mais pas beaucoup.
00:12:07et surtout,
00:12:08au moment où Ferreri
00:12:09va faire « Touche pas la femme blanche »,
00:12:10on est dans la grande période
00:12:11du Western révisionniste.
00:12:13C'est le moment où,
00:12:14justement,
00:12:14des films,
00:12:14bons ou mauvais,
00:12:15peu importe,
00:12:16disent la vérité
00:12:17sur le massacre des Indiens,
00:12:19comment les Américains
00:12:20ont colonisé
00:12:21et ont tué des gens
00:12:21pour s'imposer.
00:12:23On est dans un autre discours
00:12:25que le discours merveilleux
00:12:26de la conquête de l'Ouest.
00:12:27Donc,
00:12:27le moment est pile
00:12:29où son film
00:12:30va aller plus loin
00:12:31dans ce sens-là,
00:12:32dans cette attaque.
00:12:34mais l'autre élément,
00:12:35c'est que lui,
00:12:36à la différence
00:12:37des films américains
00:12:38qui se font,
00:12:39je pense à Little Big Man,
00:12:40qui pour moi,
00:12:41c'est caricatural,
00:12:42ou qui ont beaucoup
00:12:43de surenchères
00:12:43comme « Soldat bleu »,
00:12:44ces films-là,
00:12:45lui,
00:12:45il veut impliquer
00:12:46le politique dedans,
00:12:47c'est-à-dire l'économie.
00:12:49L'économie et la mythologie,
00:12:50et il va le faire.
00:12:51Et d'ailleurs,
00:12:52la première séquence
00:12:52que j'ai choisi
00:12:53de vous montrer,
00:12:54elle est très importante,
00:12:55c'est la première du film.
00:12:56Je voudrais m'expliquer
00:12:57pourquoi avant de la montrer.
00:12:59C'est que tout le générique,
00:13:00on montre,
00:13:00disons,
00:13:00la construction du chemin de fer
00:13:02plus ou moins,
00:13:02ça a été repeint comme ça,
00:13:04bon,
00:13:04d'une manière
00:13:05avec des massacres terribles,
00:13:07parce que plusieurs fois,
00:13:08on revient sur le fait
00:13:08qu'on massacre les Indiens
00:13:09pour construire le chemin de fer,
00:13:11c'est montré.
00:13:11Et à ce moment-là,
00:13:12on descend des colonnes,
00:13:13disons,
00:13:14dans cette espèce
00:13:15d'immense endroit
00:13:16qui est la bourse,
00:13:17qui est la vieille bourse,
00:13:18la grande bourse,
00:13:18le grand monument,
00:13:19et où nous sommes à plusieurs
00:13:21et nous représentons,
00:13:23en smoking,
00:13:24moi,
00:13:24je suis des affaires indiennes,
00:13:26un autre représente,
00:13:26disons,
00:13:27l'industrie
00:13:29du...
00:13:31ferroviaire,
00:13:31l'autre représente
00:13:32le capital des banques,
00:13:35et il y a ce personnage
00:13:36un peu douteux
00:13:38qui est l'homme d'affaires
00:13:39véreux,
00:13:39qui est là,
00:13:40et arrive un personnage
00:13:41habillé en aujourd'hui
00:13:43et qui prend du café
00:13:44à une machine d'aujourd'hui.
00:13:46Donc déjà,
00:13:46on est dans le double décalage
00:13:48où on parle
00:13:48de qu'il faut les chasser,
00:13:50pourquoi et tout et tout,
00:13:51parce qu'ils empêchent
00:13:51d'avancer,
00:13:52le progrès,
00:13:53le progrès,
00:13:53c'est-à-dire l'argent,
00:13:54donc le capital,
00:13:55et là-dessus,
00:13:56on va voir,
00:13:56disons,
00:13:56un vieux général à la retraite,
00:13:58et là,
00:13:59il n'y a pas de problème,
00:13:59il est habillé
00:14:00comme dans les westerns,
00:14:01habillé pareil,
00:14:02avec le truc pareil,
00:14:03et quand il montre,
00:14:04disons,
00:14:04le président,
00:14:04c'est Nixon,
00:14:05et il parle du regard magnétique.
00:14:06Donc déjà,
00:14:07dès le début du film,
00:14:09Ferreri,
00:14:09il dit,
00:14:09je vous fais un western
00:14:10qui n'est pas un vrai western,
00:14:11parce que ça se passe aujourd'hui,
00:14:12mais malgré tout,
00:14:13ce sera un western quand même,
00:14:14c'est une farce,
00:14:15mais en même temps,
00:14:16on lira la vérité.
00:14:16Maintenant,
00:14:17débrouillez-vous avec ça.
00:14:18On va voir l'extrait.
00:14:28Le marasme dans l'industrie,
00:14:30le commerce,
00:14:31l'élevage,
00:14:31les moyens de communication,
00:14:33la stagnation de l'économie,
00:14:34le blocage du progrès,
00:14:35et tout ça par la faute de qui ?
00:14:37Une bande de fripouilles,
00:14:38les plus misérables,
00:14:40sales,
00:14:41bouilleux,
00:14:42voleurs,
00:14:42menteurs,
00:14:43hypocrites,
00:14:44meurtriers,
00:14:45grossiers,
00:14:46sans foi.
00:14:47C'est notre faute.
00:14:49Nous avons perdu trop de temps
00:14:50à essayer de les intégrer,
00:14:51à les transformer en êtres humains,
00:14:53civilisés.
00:14:55Messieurs,
00:14:55les gens de mon département
00:14:56font ce qu'ils peuvent,
00:14:58mais c'est une tâche difficile,
00:15:00très difficile.
00:15:02Des gens anarchiques ?
00:15:04Ah, oh, Georges.
00:15:06Comment des gens anarchiques,
00:15:07t'es sauvage.
00:15:09Bonjour,
00:15:10le professeur d'anthropologie Pinkerton.
00:15:13Nous étions à l'université ensemble.
00:15:16Ces gens-là refusent d'admettre
00:15:18la valeur de la propriété privée
00:15:19et les avantages qui en découlent.
00:15:21Ils n'acceptent pas
00:15:22les principes d'égoïsme
00:15:23que la divine providence
00:15:24a déposés dans la nature humaine.
00:15:27Mais, monsieur,
00:15:28excusez-nous,
00:15:28cette conversation est confidentielle,
00:15:30et si vous vouliez bien nous laisser...
00:15:33Messieurs,
00:15:34j'estime le moment venu
00:15:35d'en finir avec ces sous-hommes,
00:15:36de façon que notre race
00:15:38puisse s'acquitter
00:15:38sans plus tarder
00:15:39de la mission qui lui a été confiée.
00:15:41Dominer ce continent
00:15:41et y établir la civilisation.
00:15:44En finir ?
00:15:44Mais comment ?
00:15:45Nous sommes responsables.
00:15:46Nous devons répondre
00:15:47à la résistance de ces misérables
00:15:49par une action décidée
00:15:51et agressive.
00:15:52Dussions-nous-mêmes envisager
00:15:53d'exterminer ces gens,
00:15:54hommes, femmes et enfants ?
00:15:56C'est la seule solution
00:15:57si nous voulons attaquer ce problème
00:15:59à la racine.
00:15:59Non, monsieur,
00:16:00enfin, ça n'est pas possible.
00:16:01Nous ne sommes pas des barbares, non.
00:16:02Nous, nous tuerons cette année
00:16:03et moi, nous aurons à tuer
00:16:04l'année prochaine.
00:16:06Alors, ce qui est important
00:16:07dans ce passage,
00:16:08pour moi,
00:16:10c'est qu'à ce moment-là,
00:16:11il y a plein de choses...
00:16:13Alors, aujourd'hui,
00:16:13avec le temps, en plus,
00:16:14on peut se faire
00:16:15un flashback intéressant
00:16:19et voir...
00:16:19D'abord, bon,
00:16:20il y a le Vietnam
00:16:21qui n'est pas loin,
00:16:22allusion à Watergate,
00:16:23OK.
00:16:23Mais il y a autre chose,
00:16:24c'est que tout le système américain
00:16:27s'est basé
00:16:27sur les rapports d'argent,
00:16:30sur les gens qui finançaient.
00:16:32C'est-à-dire,
00:16:35si on analysait
00:16:36les politiques coloniales,
00:16:38c'est parce qu'il y avait
00:16:39soit du minerai,
00:16:41soit des fourrures.
00:16:42Alors, au début,
00:16:42les fourrures,
00:16:42c'était un peu à Tersana,
00:16:43il y avait un comptoir.
00:16:44Après, quand c'est des mines,
00:16:46c'est autre chose.
00:16:46Le chemin de fer,
00:16:47c'est des sociétés.
00:16:48Bon, c'est un système
00:16:49qu'on connaît bien.
00:16:50Bon, c'est le capitalisme.
00:16:52Mais aux États-Unis,
00:16:52c'est assez systématique.
00:16:54Et en même temps,
00:16:55quand on montre ça,
00:16:56ce qui est terrible,
00:16:57c'est qu'à l'époque
00:16:57où on montre ça,
00:16:59on est en 73
00:17:01et on est en train
00:17:02de commencer
00:17:04la même chose
00:17:05avec les multinationales.
00:17:06C'est vraiment l'époque,
00:17:07autour de 68,
00:17:08où les multinationales
00:17:09vont prendre de plus en plus
00:17:10d'importance.
00:17:11Et d'ailleurs,
00:17:11c'était déjà annoncé
00:17:12quelques années avant
00:17:13dans Alphaville de Godard
00:17:15où les McCutcheon,
00:17:17c'est IBM,
00:17:18c'est machin,
00:17:18c'est ceci.
00:17:19C'est que, finalement,
00:17:20le pouvoir,
00:17:20est-ce que c'est des hommes politiques
00:17:22ou est-ce que c'est,
00:17:23disons,
00:17:23les machines ?
00:17:24Est-ce que c'est IBM ?
00:17:26Est-ce que c'est,
00:17:27disons,
00:17:27aujourd'hui,
00:17:28on pourrait dire,
00:17:28est-ce que c'est le net
00:17:29qui est le pouvoir
00:17:31et n'importe qui
00:17:32qui dit n'importe quoi
00:17:33qui pense qu'il a le pouvoir,
00:17:34c'est les machines.
00:17:35Aujourd'hui,
00:17:36on sait très bien
00:17:36que la guerre politique,
00:17:40elle se fait d'abord
00:17:41sur combien de personnes
00:17:42achèteront le nouvel appel
00:17:43ou le nouveau PC.
00:17:47Et donc,
00:17:47cette idée
00:17:48est très, très forte
00:17:49chez Ferreri.
00:17:50Il fait du cinéma.
00:17:51On ne fait pas de cinéma
00:17:52sans argent.
00:17:53Donc l'argent,
00:17:53il est le nerf de la guerre
00:17:54et d'emblée,
00:17:55il montre le film
00:17:56comme c'est pas des politiciens,
00:17:58disent-ils.
00:17:58Nous sommes le commerce,
00:18:00mais c'est eux
00:18:01qui dirigent le pays.
00:18:02Bon.
00:18:03Parallèlement à ça,
00:18:05il faut des symboles.
00:18:06Alors le premier symbole,
00:18:08c'est aller chercher
00:18:10ce militaire
00:18:10qui a toujours sévé
00:18:11la nation,
00:18:12qui a l'air
00:18:12d'une vieille ganache
00:18:13caricaturée totalement.
00:18:15Mais ceux
00:18:16qui ont vu le film,
00:18:17on le convainc
00:18:18parce qu'on lui donne
00:18:18les clous d'or
00:18:19qui peuvent servir
00:18:20pour les inaugurations,
00:18:21mais pour agarder
00:18:22les clous d'or, quoi.
00:18:23Bon.
00:18:24Donc, la corruption.
00:18:26Mais seulement,
00:18:26il faut,
00:18:27pour que Ferreri
00:18:28ait jusqu'au bout
00:18:28du principe,
00:18:29il faut qu'il retombe
00:18:29sur la réalité américaine.
00:18:31Et donc,
00:18:32qu'est-ce qu'a été
00:18:33au niveau,
00:18:34là, au niveau,
00:18:35disons,
00:18:35des guerres
00:18:36et de la colonie
00:18:36ou des faits,
00:18:37au niveau de la mythologie,
00:18:39qui est responsable
00:18:39de la mythologie du western ?
00:18:40C'est Buffalo Bill.
00:18:41Et dans ce cas-là,
00:18:43il va montrer Buffalo Bill
00:18:44comment ?
00:18:44Il va le montrer
00:18:45en faisant un homme de spectacle
00:18:47dans un théâtre minable
00:18:48et vous savez
00:18:49où il a été trouvé
00:18:49le théâtre pour tourner.
00:18:51Il a été dans un théâtre porno
00:18:52qu'il y avait à l'époque
00:18:54et parce qu'il trouvait
00:18:55que c'était mieux
00:18:55un petit théâtre porno
00:18:56comme ça à la scène
00:18:57pour le mettre dessus
00:18:58que d'aller dans un grand théâtre.
00:18:59Ça l'usait beaucoup.
00:19:00Bon.
00:19:01Première chose.
00:19:02Deuxièmement,
00:19:03ça permettait
00:19:03qu'il n'y ait pas
00:19:04un vrai cheval.
00:19:06Troisièmement,
00:19:06ça permettait
00:19:07une petite scène
00:19:08qui faisait dans cet endroit
00:19:09vraiment très, très...
00:19:13comment dirais-je...
00:19:14confin.
00:19:15Bon.
00:19:17Et avec l'idée
00:19:17qu'il y avait
00:19:18ses bouquins assignés
00:19:19qui étaient venus
00:19:19en même temps
00:19:20faire sa promotion.
00:19:21Bon.
00:19:22Et que l'arrivée
00:19:23du mythe Custer
00:19:25fait de l'ombre
00:19:26au mythe Buffalo Bill
00:19:27qui veut faire
00:19:27de l'ombre
00:19:27au mythe Custer.
00:19:28Bon.
00:19:29C'est-à-dire que le plan
00:19:31qui est fait
00:19:31avec ce général
00:19:32pour qu'il puisse agir
00:19:33il lui faut
00:19:34un militaire d'action
00:19:35et il lui faut un symbole.
00:19:37Donc il a besoin des deux.
00:19:38Le militaire d'action
00:19:38qui est Custer
00:19:40qui à l'époque
00:19:41si on prend
00:19:42dans l'histoire
00:19:44réelle de Custer
00:19:45c'est un personnage
00:19:46qui a des gros problèmes
00:19:47parce qu'il a fait
00:19:48quelques trucs de gloire
00:19:49mais c'est un personnage
00:19:50très...
00:19:52Son général favori
00:19:54je ne sais pas
00:19:54ceux qui connaissent
00:19:55l'histoire napoléonienne
00:19:55c'est Murat.
00:19:57Et Murat
00:19:58il était très connu
00:19:59pour ses costumes
00:20:00extrêmement voyants.
00:20:01Bon.
00:20:01Il y avait une raison
00:20:02c'était pour qu'on puisse
00:20:03le reconnaître
00:20:03dans les batailles
00:20:04disait-il.
00:20:05Bon.
00:20:05Mais c'est vrai
00:20:06tout ce que l'on sait
00:20:07sur le vrai général Custer
00:20:08c'était un personnage
00:20:09extrêmement disons
00:20:11cabotin
00:20:12disons
00:20:12entre en tout.
00:20:13Bon.
00:20:13Et têtu comme un fou.
00:20:15si c'est tous les gens
00:20:16qui ont étudié
00:20:17la bataille
00:20:17de Little Big Horn
00:20:19il était évident
00:20:20qu'il ne fallait pas
00:20:20le faire comme ça.
00:20:21Bon.
00:20:21Mais bon
00:20:21il a voulu le faire
00:20:22à sa manière.
00:20:23Ok.
00:20:23Alors que Buffalo Bill
00:20:24c'est autre chose.
00:20:25Buffalo Bill
00:20:25lui c'est une légende
00:20:27il se construit
00:20:27une légende
00:20:28mais une légende
00:20:30commerciale
00:20:30pas une légende
00:20:31d'honneur
00:20:32pas une légende
00:20:32de héroïque.
00:20:33Donc ils ne peuvent
00:20:34pas s'entendre.
00:20:35Et où Ferreri
00:20:36va absolument
00:20:38être d'une méchanceté
00:20:39totale
00:20:39c'est que toute la réalité
00:20:40de Buffalo Bill
00:20:41y compris Semer
00:20:42sont en allusion.
00:20:44et Piccoli
00:20:44s'en est donné
00:20:45à cœur joie
00:20:46parce que quand même
00:20:47quand vous vous rendez compte
00:20:48qu'on a construit
00:20:49pendant 100 ans
00:20:50le mythe du western
00:20:51des grandes épopées
00:20:52des grandes
00:20:55chevauchées
00:20:55à travers les plaines
00:20:56et des choses comme ça
00:20:58je m'excuse
00:20:59monsieur
00:20:59si vous voulez lire
00:21:01vous sortez
00:21:01moi ça me gêne
00:21:02que quelqu'un lise
00:21:03devant mon nez
00:21:03pendant que je parle.
00:21:04Je ne suis pas poli
00:21:04mais vous n'êtes pas poli.
00:21:06Oui mais d'accord
00:21:07mais vous êtes là
00:21:08en train de lire.
00:21:09Ce n'est pas très poli
00:21:10quand quelqu'un parle.
00:21:10Vous êtes venu m'écouter
00:21:11vous ne vous lisez pas
00:21:12en même temps madame.
00:21:13Je m'excuse de faire ça
00:21:13mais c'est très agaçant.
00:21:15Et je suis trop vieux
00:21:15pour supporter ça.
00:21:17Excusez-moi.
00:21:18Ça s'appelle la politesse.
00:21:20Bon.
00:21:22Donc
00:21:22à partir du moment
00:21:23où il montre
00:21:24Buffalo Bill
00:21:24il sait très très bien
00:21:25le mythe que c'est
00:21:26et
00:21:27l'idée
00:21:28qu'il a
00:21:28à ce moment-là
00:21:29c'est de
00:21:31de se venger
00:21:32quelque part
00:21:33Ferrari
00:21:34de l'impérialisme
00:21:35comme il disait
00:21:36du western
00:21:37pendant des années
00:21:38où on croit
00:21:39que tout ça et tout.
00:21:39Donc il a un truc cofiné
00:21:41comme si c'est un mec
00:21:42qui a inventé tout
00:21:42et c'est un clown.
00:21:43Pour ceux qui ont vu le film
00:21:44à la fin
00:21:45on voit très très bien
00:21:45qu'il ne participe
00:21:46même pas à la bataille
00:21:47parce qu'il a mal au ventre.
00:21:49Alors
00:21:49je précise tout de suite
00:21:51il n'avait pas mal au ventre
00:21:52Buffalo Bill
00:21:52mais c'est une allusion
00:21:53à la grande bouffe
00:21:54pour ceux qui l'ont vu
00:21:55ou picolé
00:21:57picolé
00:21:58meurt
00:21:58parce qu'il a des gaz
00:21:59et meurt
00:22:00parce qu'il a mal au ventre.
00:22:02Voilà.
00:22:02Donc on va voir tout de suite
00:22:03d'autres extraits
00:22:03comment il caricature
00:22:04comment il fait
00:22:05il y a le côté marionnette
00:22:08qu'il donne
00:22:10à Mastroianni
00:22:11hystérique
00:22:12et presque mécanique
00:22:13par rapport au côté
00:22:14disons
00:22:16histrionesque
00:22:17marionnette
00:22:18cabotin
00:22:18qui donne à Piccoli
00:22:20c'est vraiment
00:22:20les deux opposés
00:22:22la légende
00:22:23qui va faire du fric
00:22:24et la légende
00:22:25qui va chercher l'héroïsme
00:22:26et qui sera
00:22:27et tous les deux réussiront
00:22:28d'ailleurs
00:22:29parce que Buffalo Bill
00:22:30ça va devenir
00:22:31une manne économique
00:22:32pour ceux
00:22:32qu'on le labelle
00:22:33et quant à Custer
00:22:34je sais pas
00:22:34on a dû faire
00:22:35à peu près
00:22:35une cinquantaine
00:22:36de films sur lui
00:22:37c'est quand même
00:22:37beaucoup
00:22:38donc le deuxième extrait
00:22:41le colonel Custer
00:22:42n'est pas encore là
00:22:43mais enfin
00:22:43c'est ce que Lucie
00:22:44nous sommes venus
00:22:45pour voir le spectacle
00:22:45Buffalo Bill
00:22:46est resté deux
00:22:47je travaillais
00:22:48pour la Kansas
00:22:49Pacific Railroad
00:22:54j'ai tué
00:22:574 280 bisons
00:22:59en 18 mois
00:23:03Custer est là
00:23:05Monsieur Buffalo
00:23:06venez
00:23:07le colonel Custer
00:23:09j'ai tué
00:23:124 280 bisons
00:23:16les bisons
00:23:17les bisons
00:23:20vous n'avez pas
00:23:21le droit
00:23:22de me traiter ainsi
00:23:22c'est compris
00:23:23Custer attend
00:23:24son hommage
00:23:24vite
00:23:25c'est impossible
00:23:26j'avais prévu
00:23:27cela à la fin
00:23:28de mon spectacle
00:23:29le public attend
00:23:30mon public
00:23:31attend que je raconte
00:23:32ma vie
00:23:33non vous devez
00:23:34le faire maintenant
00:23:34sinon vous ne touchez
00:23:35pas un sou
00:23:36de ce qui est convenu
00:23:36entre nous
00:23:37et l'hommage
00:23:37sera rendu
00:23:38avec conviction
00:23:41toujours sur mon chemin
00:23:50par le familialité
00:23:56mesdames et messieurs
00:23:57nous avons le grand honneur
00:24:00d'avoir parmi nous ce soir
00:24:03bravo
00:24:04bravo
00:24:04bravo
00:24:05si je vous en prie
00:24:07custer
00:24:10music
00:24:11vive la scène
00:24:12vive le salon
00:24:14les frères
00:24:14c'est oui
00:24:21donc il est évident
00:24:22qu'on est dans la farce
00:24:23et dans la fable
00:24:24apparemment
00:24:24mais comme ça se passe
00:24:25sur une scène de théâtre
00:24:26bon c'est forcément distancé
00:24:28et là il y a l'autre élément
00:24:30c'est que finalement
00:24:30on se demande pas
00:24:31à ce moment du film
00:24:32si le jeu de mélanger
00:24:33l'époque actuelle
00:24:34et l'époque
00:24:36disons les costumes d'époque
00:24:37en quelque sorte
00:24:38et la histoire
00:24:39c'est pas seulement
00:24:40un jeu de distanciation
00:24:41presque brechtien
00:24:42comme ça
00:24:42essayer de faire la distance
00:24:43et ça joue
00:24:44ça joue tellement
00:24:45que le film
00:24:45généralement
00:24:46quand il est sorti
00:24:48c'est à partir
00:24:49de cette séquence là
00:24:50où les gens sortent
00:24:50de la salle
00:24:51ça a été le plus grand bide
00:24:53que Marco Ferreri
00:24:53eu de sa vie
00:24:54on savait déjà
00:24:55à 14h30
00:24:56que c'était un bide
00:24:57parce qu'on voyait
00:24:58les gens sortir
00:24:58bon
00:24:59et les gens
00:25:00n'ont pas aimé
00:25:01mais alors pas du tout
00:25:02bon
00:25:02mais ça fait rien
00:25:03Marco il a fait
00:25:04ce qu'il voulait
00:25:04donc déjà
00:25:05le numéro
00:25:06d'hystérie des personnages
00:25:08est montré
00:25:08la raison pour laquelle
00:25:09ils sont là
00:25:12également
00:25:13ça c'est assez
00:25:13curieux
00:25:14c'est cette manière
00:25:15de montrer
00:25:16tout ce petit monde
00:25:17disons
00:25:17de profiteurs
00:25:18autour d'eux
00:25:19les rapports d'argent
00:25:20au niveau même
00:25:20des mythologies
00:25:21c'est que
00:25:22Buffalo Bill
00:25:23est payé
00:25:24pour présenter
00:25:24Custer
00:25:27et le général
00:25:28est soudoyé
00:25:29pour que Custer
00:25:30soit là
00:25:30parce que Custer
00:25:31c'est le mythe
00:25:31pour les indiens
00:25:32qui ont peur
00:25:32de ses cheveux longs
00:25:34et rappelez-vous
00:25:34qu'il se coupera
00:25:35les cheveux
00:25:36avant d'aller au combat
00:25:36bon
00:25:38tout ça
00:25:38c'est des choses
00:25:39dont on a l'habitude
00:25:40qu'on nous a ressassé
00:25:41dans les westerns
00:25:41et la façon
00:25:43dont Marco
00:25:43le prend
00:25:44elle est vraiment
00:25:45très très précise
00:25:47c'est que
00:25:48qui est-ce qui va
00:25:49l'intéresser
00:25:50dans ce film
00:25:50qu'apparemment
00:25:52c'est la caricature
00:25:53c'est Guillaume
00:25:53Wolfsband
00:25:54tout ça
00:25:54qu'on a vu
00:25:55jusqu'ici
00:25:55sont caricaturés
00:25:56peut-être
00:25:57les politiques
00:25:58enfin les commerciaux
00:25:59je veux dire
00:26:00le rôle que fait
00:26:01Boutan
00:26:02que fait l'autre
00:26:03c'est plus son nom
00:26:03on est moins caricaturés
00:26:06mais il va y avoir
00:26:06les indiens
00:26:08et là
00:26:08le vrai regard
00:26:09de Marco
00:26:10qui va se placer
00:26:11d'une manière
00:26:12d'empathie
00:26:12ça va être
00:26:13les indiens
00:26:14bon
00:26:15Cuny
00:26:16Reggiani
00:26:16dans le fou
00:26:17vous les avez vus
00:26:18seulement il y a
00:26:19un indien
00:26:19entre les deux
00:26:20et c'est là
00:26:21que tout le film
00:26:22va se jouer
00:26:24le personnage
00:26:25ne se prachit pas
00:26:25de toucher
00:26:26pas la femme blanche
00:26:26touche pas la femme blanche
00:26:27ça n'est pas
00:26:29le personnage
00:26:30de Custer
00:26:30ça n'est pas
00:26:31le personnage
00:26:31de Biffalobille
00:26:31ça n'est pas
00:26:32le personnage
00:26:32de Bois Montfray
00:26:33joué par Catherine
00:26:34de Neuve
00:26:37ce n'est pas
00:26:37le général joué
00:26:38c'est Mitch
00:26:41c'est l'éclaireur
00:26:42c'est l'indien
00:26:44c'est le collabo
00:26:46en quelque sorte
00:26:46c'est celui
00:26:47qui est passé
00:26:47dans le camp de l'ennemi
00:26:49c'est l'indien
00:26:50qui est passé
00:26:51du côté
00:26:52des conquérants
00:26:53ou des colons
00:26:54si on veut
00:26:55mais il est passé
00:26:55avec en même temps
00:26:56l'envie d'être comme eux
00:26:57l'envie de leur ressembler
00:26:59avec un mélange
00:27:00de haine et de jalousie
00:27:02mais ça
00:27:02bon c'est difficile
00:27:03de le montrer
00:27:04et Ferreri
00:27:04est dans ses thèmes
00:27:05les thèmes de Ferreri
00:27:06c'est l'idée fixe
00:27:07dans les films de Marco
00:27:09tous les gens
00:27:09ont une idée fixe
00:27:10je prends l'exemple
00:27:11de Breakup
00:27:12c'est le plus évident
00:27:13dans Breakup
00:27:14c'est un type
00:27:14qui découvre
00:27:15qu'en soufflant
00:27:16dans des ballons
00:27:16on n'arrive jamais
00:27:17à se rendre compte
00:27:17à quel moment
00:27:18le ballon explose
00:27:18on croit
00:27:19qu'on peut encore souffler
00:27:20hop ça explose
00:27:21et tout le film
00:27:23il a des petits ballons
00:27:24alors il voit sa fiancée
00:27:25il fait l'amour avec
00:27:26il fait la cuisine
00:27:27c'est le soir de Noël
00:27:27et tout
00:27:27mais chaque année
00:27:28il retourne les ballons
00:27:30et à quel moment
00:27:30ça va exploser
00:27:31à chaque fois
00:27:31il est surpris
00:27:32que ça explose
00:27:34et finalement
00:27:35au bout d'un moment du film
00:27:36où il y a plein de choses
00:27:36qui se passent comme ça
00:27:38bon sa fiancée s'en va
00:27:39il reste tout seul
00:27:40tout seul dans l'appartement
00:27:41comme un crétin
00:27:42tout le monde
00:27:43c'est fini
00:27:45et il se sert
00:27:46disons
00:27:47il mange le repas
00:27:48dans elle tout seul
00:27:49avec son chien
00:27:50et à ce moment là
00:27:51il voit qu'il reste à ballon
00:27:53il prend le ballon
00:27:54encore il souffle
00:27:54parce qu'il a été partout
00:27:55il a été demandé
00:27:56à des ingénieurs
00:27:57à quel moment
00:27:57on pouvait savoir
00:27:58quand le ballon éclaterait
00:27:59et quand le ballon éclate
00:28:01il ne peut toujours
00:28:02qu'on ne comprend pas
00:28:02et il se jette par la fenêtre
00:28:03et il se tue
00:28:04bon
00:28:05et toujours le Stépho Marco
00:28:06quand il se tue
00:28:06il se jette par la fenêtre
00:28:08et les gens se sont en bas
00:28:09on a dû essayer de tuer
00:28:10et tout
00:28:10il y a quelqu'un qui a dit
00:28:11il s'est un messire
00:28:11il pouvait pas se jette par la fenêtre
00:28:13il est tombé sur le toile
00:28:14ma voiture
00:28:14ma voiture est fichue
00:28:15il y a quelqu'un qui dit
00:28:16monsieur cet homme est mort
00:28:17et le voit de voiture
00:28:18à côté alors vous taisez vous
00:28:19voilà
00:28:19le film finit comme ça
00:28:20bon
00:28:20mais l'idée fixe
00:28:21c'est le grand truc
00:28:22et ici les idées fixes
00:28:23sont bien montrées
00:28:24l'idée fixe disons
00:28:25du pouvoir d'argent
00:28:26c'est avoir plus d'argent
00:28:26donc construire leur chemin de fer
00:28:28l'idée fixe du militaire
00:28:29de carrière
00:28:30c'est avoir encore plus
00:28:31disons de renommée
00:28:33dans sa carrière
00:28:33l'idée fixe de Custer
00:28:35c'est être un héros
00:28:36un héros
00:28:36le nouveau Marat
00:28:37l'idée fixe de
00:28:39de Buffalo Bills
00:28:39c'est faire beaucoup d'argent
00:28:40avec une mégalomanie
00:28:41en réécrivant une légende
00:28:43sur lui
00:28:43il a tué des bisons
00:28:45bon
00:28:45il n'y a pas de quoi
00:28:46faire un plat
00:28:46bon
00:28:46même un plat de bisons
00:28:47bon
00:28:48et que tous les personnages
00:28:49ont ça
00:28:49et l'idée fixe de Mitch
00:28:51finalement
00:28:52c'est comment il va régler
00:28:53son problème
00:28:53avec Custer
00:28:54qu'il déteste
00:28:56et il y aura même
00:28:56jusqu'à essayer
00:28:57de le faire tuer
00:28:57par une cible
00:28:58bon
00:28:59c'est à dire celui
00:28:59qui a l'air d'être
00:29:00le plus proche
00:29:00celui qui se déguise en Custer
00:29:02pour faire l'amour
00:29:03disons aux femmes blanches
00:29:04qu'il utilise
00:29:05dans son atelier clandestin
00:29:07parce qu'on a vu aussi
00:29:08dans ces séquences
00:29:09que cet Indien
00:29:12utilise des Indiens
00:29:13et des pauvres
00:29:14dans l'atelier clandestin
00:29:15on est en pleine période
00:29:16du 72-73
00:29:18où il y a un tas
00:29:19d'ateliers clandestins chinois
00:29:21malgré bientôt
00:29:22qui se font dans Paris
00:29:23avant que le troisième arrondissement
00:29:25devienne sous la chiracie galopante
00:29:27je ne dis pas
00:29:28que c'est le fait
00:29:29je ne dis pas
00:29:30ça à venir péjorative
00:29:31ni amusée
00:29:32que la mairie
00:29:33c'est vrai que
00:29:34le troisième
00:29:36était un endroit
00:29:37où un tas de petites rues
00:29:38maintenant réhabilitées
00:29:39dans le deuxième
00:29:39merveilleuse
00:29:40disons très bobos
00:29:41c'était des ateliers clandestins
00:29:43bon
00:29:43il y en avait plein
00:29:44plein plein plein dans la ville
00:29:45donc il y a ça qui est montré
00:29:47et donc
00:29:48on pouvait s'attendre
00:29:49que le personnage de Mitch
00:29:50soit un pauvre type malheureux
00:29:52il suit
00:29:52que Custer
00:29:53il l'aime
00:29:53et tout
00:29:54c'est ce qu'on a l'air au début
00:29:54et on découvre que ce n'est pas ça
00:29:56et c'est la séquence
00:29:57qu'on va montrer
00:29:57où le fou
00:29:59pas si fou
00:30:00parle avec
00:30:01disons
00:30:03comment dirais-je
00:30:03le collaborateur
00:30:04pas si collaborateur
00:30:05que ça
00:30:08fou
00:30:09je vais parler avec toi
00:30:14tiens
00:30:15un cadeau
00:30:17des tomates
00:30:25voilà
00:30:26le grand président
00:30:28c'est seulement mon froc
00:30:40tu t'amuses toujours
00:30:42à me jeter des tomates
00:30:43à la figure
00:30:43eh bien
00:30:44jette
00:30:48allez
00:30:49je suis ici
00:30:50courage
00:30:50jette-les
00:31:03je sais
00:31:04je sais que vous vous armez
00:31:05ça veut dire
00:31:06que la guerre
00:31:06approche sérieusement
00:31:09je m'en fous
00:31:10que vous gagnez
00:31:11ou que vous perdiez
00:31:12je veux seulement
00:31:13deux choses
00:31:14il faut tuer
00:31:15Castel
00:31:22alors je parle
00:31:23ou je me tais
00:31:24parle
00:31:26Castel adore
00:31:27s'échanger
00:31:28inconstant pour chaque bataille
00:31:30cette fois
00:31:31je vais lui en donner
00:31:32un beige
00:31:34ce sera très facile
00:31:35à distinguer
00:31:36parmi les soldats
00:31:37pourquoi veux-tu que
00:31:38Castel meure
00:31:39c'est mon affaire
00:31:41pourquoi veux-tu
00:31:41que Castel meure
00:31:44parce que
00:31:46parce qu'il m'est très
00:31:47comme un indien
00:31:50alors ça c'est
00:31:51la séquence
00:31:52qui a été
00:31:52la moins comprise
00:31:53à l'époque
00:31:55d'abord parce que
00:31:56le film
00:31:56on est un peu
00:31:58à la moitié du film
00:31:59à ce moment là
00:32:00où on voit
00:32:01Alain Cuny
00:32:03avec le petit indien
00:32:04le petit indien
00:32:04c'est Henri Piccoli
00:32:05c'est le père
00:32:05de Michel Piccoli
00:32:06celui qui aime bien
00:32:07le fusil
00:32:07qui tira
00:32:08on va tuer plein de gens
00:32:12brusquement
00:32:14la caricature
00:32:15s'arrête
00:32:15avec cette séquence
00:32:16c'est à dire
00:32:17qu'on est en pleine
00:32:18folie caricaturale
00:32:19depuis le début du film
00:32:19volontairement
00:32:20une caricature
00:32:20qui dit
00:32:21grotesque
00:32:22pittoresque
00:32:22comme disait
00:32:23Karl Valentin
00:32:24bon
00:32:25je travaillais avec lui
00:32:26d'ailleurs
00:32:27à Berlin
00:32:27avant de
00:32:28faire ses grandes pièces
00:32:30donc on est vraiment
00:32:30dans cet univers là
00:32:31mais ça c'est normal
00:32:32parce que
00:32:32le côté mille années
00:32:35de Ferreri
00:32:36est très inscrit
00:32:37dans les racines
00:32:38également
00:32:38un peu germanique
00:32:39bon
00:32:40et ce qui est étonnant
00:32:42c'est que
00:32:42brusquement
00:32:46ce guignol
00:32:47va passer
00:32:49déjà
00:32:49il y a eu la séquence
00:32:50où le
00:32:51au Buffalo Bill
00:32:52montré sur une scène
00:32:53est vraiment
00:32:53désacralisé
00:32:54deux fois
00:32:55par la manière
00:32:56dont il est filmé
00:32:57mais c'est le fait
00:32:57qu'il est sur une petite scène
00:32:58à faire son numéro
00:32:59bon
00:33:01et là
00:33:02il va y avoir
00:33:03le moment
00:33:03pour moi
00:33:03le plus important du film
00:33:05que les gens
00:33:06ne comprennent pas
00:33:06à ce moment là
00:33:07parce que
00:33:07c'est pas une caricature
00:33:08au début
00:33:09lance-moi des tomates
00:33:10et tout
00:33:10donc des gens
00:33:11on met dans la situation
00:33:12du clown
00:33:13lance-moi des tomates
00:33:14et c'est là
00:33:14que la vérité
00:33:15va se dire
00:33:16et la vérité
00:33:16est formidable
00:33:17c'est le fou
00:33:17qui l'a fait dire
00:33:18à Mitch
00:33:19c'est pourquoi
00:33:19il veut qu'on tue
00:33:20qu'il veut tuer
00:33:21Coster
00:33:21parce qu'il le traite
00:33:22comme un indien
00:33:24et c'est à dire
00:33:24que brusquement
00:33:25arrive ce qu'on ne parle
00:33:26jamais
00:33:26le manichéisme
00:33:27du cinéma
00:33:28généralement
00:33:29qui soit de gauche
00:33:31et souvent
00:33:32il y a le bon
00:33:33il y a le mauvais
00:33:33on ne parle jamais
00:33:34de l'entre deux
00:33:35on ne parle jamais
00:33:36de l'attitude
00:33:37des gens
00:33:37des collaborateurs
00:33:39qui voudraient
00:33:40parfois être
00:33:40plus traités
00:33:43mieux traités
00:33:43je me souviens
00:33:44un jour
00:33:45j'avais fait
00:33:45des gros entretiens
00:33:46avec Godard
00:33:46pour France Culture
00:33:48et j'avais donc
00:33:50profité de ça
00:33:51pour demander à Jean-Luc
00:33:51de me parler de Cocteau
00:33:53pour un film
00:33:53que je faisais sur Cocteau
00:33:54et on a fait
00:33:55une allusion
00:33:56à l'occupation
00:33:56et il m'a dit
00:33:57mais l'occupation
00:33:58on ne saura jamais
00:33:59on ne saura jamais
00:34:00c'était la période de crise
00:34:01on ne saura jamais tout
00:34:02et là c'est formidable
00:34:03parce que quand j'entends
00:34:05Tognasi dire
00:34:06je veux qu'il meure
00:34:07parce qu'il me traite
00:34:07comme un indien
00:34:08alors qu'il est indien
00:34:09ça explique beaucoup de choses
00:34:11sur le succès
00:34:12généralement
00:34:12des colonisateurs
00:34:14c'est qu'ils arrivent toujours
00:34:15à rendre plus chrétien
00:34:16celui qui est converti
00:34:20à rendre plus nationaliste
00:34:24disons du pays colonisé
00:34:27celui qui est du pays
00:34:30ça crée des drames
00:34:31les Harkis et d'autres
00:34:32à chaque fois
00:34:33mais il y a aussi ceux
00:34:34qui voudraient être reconnus
00:34:35complètement
00:34:36et en même temps
00:34:36c'est le problème
00:34:37de l'intégration
00:34:38c'est toujours ambigu
00:34:39chez Ferreri
00:34:40il n'y a jamais qu'une seule idée
00:34:40il y en a deux en même temps
00:34:41tout le temps
00:34:42il y a l'idée
00:34:44il nisse qu'il est un indien
00:34:45et il ne voudrait pas
00:34:46être considéré par un indien
00:34:47par celui qu'il sert
00:34:48en tant qu'éclairant indien
00:34:49mais de l'autre côté
00:34:50il y a aussi
00:34:51Custer
00:34:51il ne veut pas m'intégrer
00:34:52il ne veut pas que je m'intègre
00:34:53il veut que je reste un indien
00:34:55bon
00:34:55malgré tout
00:34:56alors que je ne suis plus un indien
00:34:57je suis entre les deux
00:34:58donc il y a le cul
00:34:59entre deux chaises
00:34:59et tout le film
00:35:00ça bascule à ce moment là
00:35:02parce que finalement
00:35:03le personnage de Mitch
00:35:03qui était un peu
00:35:05secondaire, amusé
00:35:06qui s'amusait de voir
00:35:07ce qui se passait autour de lui
00:35:09ou qui servait de traducteur
00:35:10pour des insultes
00:35:12va prendre une importance
00:35:13dans le film
00:35:14qui ne va faire que grandir
00:35:15et ça je trouve ça
00:35:16assez étonnant moi
00:35:17bon
00:35:18en plus
00:35:20il faut s'y ajouter
00:35:21que
00:35:22la manière dont
00:35:23Custer le traite
00:35:24il le traite
00:35:25presque comme un bouffon
00:35:27il lui tord le nez
00:35:28il se moque de lui
00:35:29il y a toute cette attitude
00:35:31nettement raciste
00:35:33racisme paternaliste
00:35:34mais raciste
00:35:35bon
00:35:35et d'ailleurs
00:35:36c'est le grand thème du film
00:35:38au delà
00:35:39des indiens et tout
00:35:40les avis en sont faites
00:35:41c'est quand même un film
00:35:42sur le racisme
00:35:42qui est terrible
00:35:43parce que
00:35:43on voit vraiment
00:35:44que les positions
00:35:47je ne reviens pas
00:35:48aux scènes
00:35:48que je n'ai pas voulu remontrer
00:35:51des gens
00:35:51qui font sauter
00:35:52quelque chose
00:35:53en faisant sauter
00:35:53les femmes et les enfants
00:35:54dedans
00:35:54des scènes de viol
00:35:56tout ça et tout
00:35:56bon
00:35:56alors les gens disent
00:35:57oui mais c'est Marco
00:35:58qui caricature
00:35:59et non
00:35:59hélas la colonisation américaine
00:36:01quand on lit les textes
00:36:02qu'on connait
00:36:03elle a été assez terrible
00:36:06plus que terrible
00:36:07d'ailleurs
00:36:08plus que terrible
00:36:09il y a eu
00:36:10pour oublier que
00:36:11c'est les américains
00:36:13qui ont inventé
00:36:14les camps de concentration
00:36:15à Andersonville
00:36:16pendant la guerre de sécession
00:36:17pour oublier ça
00:36:18camp de prisonnier
00:36:19mais camp d'extermination
00:36:20en même temps
00:36:20bon
00:36:21donc
00:36:22Ferry
00:36:22il est très violent
00:36:23avec ça
00:36:24mais en même temps
00:36:25il sait qu'il est dans une fable
00:36:27donc il ne peut pas trop le dire
00:36:28il peut le dire
00:36:29il joue
00:36:29sur la dentelle
00:36:32et il joue sur l'inconscient
00:36:33des gens
00:36:33mais à l'époque
00:36:34les gens
00:36:35ne reçoivent pas
00:36:36exactement
00:36:37ce qu'on reçoit
00:36:37nous maintenant
00:36:38avec le temps
00:36:39on a l'habitude
00:36:40d'où l'échec du film
00:36:41et alors
00:36:42bien sûr
00:36:43comme tout estait
00:36:43en un moment
00:36:44il faut la bataille
00:36:45il faut les gens
00:36:46qui partent à la bataille
00:36:47et puis la bataille
00:36:49et là Marco a un problème
00:36:51Ferreri
00:36:51sur le tournage
00:36:53autant il arrive
00:36:54à très très bien tourner
00:36:55tout ce qui tourne
00:36:56et là il faut que je parle
00:36:56de la manière dont il tourne
00:36:57parce qu'après tout
00:36:58on ne va pas parler que du film
00:37:00là je vais prendre
00:37:01mon expérience personnelle
00:37:02moi il y a vraiment
00:37:033-4 cinéastes
00:37:04que je mets
00:37:05dans la même
00:37:05dans la même manière
00:37:08de travailler
00:37:11il y a Chabrol
00:37:13il y a Ferreri
00:37:14il y a Jean-Claude Biette
00:37:17ces 3-là
00:37:18ces 3 cinéastes
00:37:19qui apparemment
00:37:20ne dirigent
00:37:21et moquient
00:37:21ils ne dirigent pas
00:37:23avec Jean-Pierre
00:37:23ils ne dirigent pas
00:37:24c'est-à-dire qu'ils vous prennent
00:37:25et vous faites ce que vous avez à faire
00:37:27ça ne va pas
00:37:27vous engueule
00:37:29mais ils ne vous disent pas
00:37:29ce qu'ils veulent
00:37:30ils ne vous dirigent pas
00:37:31ils ne vous ont pris pour ça
00:37:33et Marco
00:37:33a ces choses extraordinaires
00:37:35c'est qu'il ne dit rien
00:37:37il ne dit rien
00:37:38mais quand il est mal d'accord
00:37:38il engueule
00:37:39celui qui l'engueulait le plus
00:37:40pendant le tournage
00:37:41c'était Tony Adzi
00:37:42il l'a engueulé plusieurs fois
00:37:43complètement et tout
00:37:44c'était un jeu entre eux
00:37:46mais ce qui m'étonnait moi
00:37:47c'est qu'il ne disait pas
00:37:48Noiré m'avait dit
00:37:50mais tu sais
00:37:51Piccoli Paris
00:37:52on discute de choses et d'autres
00:37:53c'est tout
00:37:55mais il surveille tout
00:37:56il surveille tout
00:37:57mais
00:37:58ce n'est pas
00:38:00ce n'est pas ces réalisateurs
00:38:01qui disent
00:38:02vous monsieur
00:38:03vous devez
00:38:03le figurant
00:38:04le troisième à gauche
00:38:05la tête tourner légèrement
00:38:07comme ça
00:38:07vous ne bougez pas
00:38:08pendant 10 minutes
00:38:08toi quand tu arrives
00:38:10tu le regardes
00:38:10tu ne comptes 3 pas
00:38:11tu t'assoies
00:38:12tu comptes 5
00:38:12tu baisses la tête
00:38:13et tu dis ta phrase
00:38:14ce n'est pas du tout
00:38:14un cinéaste
00:38:15comme ça
00:38:15il ne vous dit rien
00:38:16et si vous vous retrouvez
00:38:17avec une tarte à la crème
00:38:18dans la gueule
00:38:18vous ne saviez même pas
00:38:18la veille
00:38:19que vous aviez tourné
00:38:19une tarte à la crème
00:38:20dans la gueule
00:38:21mais c'est comme ça
00:38:21bon
00:38:22il rajoute des choses
00:38:23et il change
00:38:24en même temps
00:38:24il fait des choses
00:38:25en clandestinité
00:38:26Marco
00:38:55par exemple
00:38:57il y a une petite fleur
00:38:57il y a une petite fleur
00:38:58qui traînait
00:38:58j'avais une fleur
00:38:58à la main
00:38:59avant qu'on tourne
00:38:59le plan
00:39:00de la taque
00:39:02et
00:39:03bon
00:39:03on va tourner
00:39:04alors je jette
00:39:05la fleur dans le cendrier
00:39:06ce qui me donne
00:39:07une tâche de rouge
00:39:08bon
00:39:10comme ça
00:39:11et bon
00:39:11on vide les trucs
00:39:12on vide tout
00:39:12et l'assistant
00:39:13veut enlever
00:39:15le cendrier
00:39:15avec la tâche rouge
00:39:16et je connaissais
00:39:17mon Marco
00:39:18je savais que la tâche rouge
00:39:18lui plairait
00:39:19il dit non
00:39:19on laisse la tâche rouge
00:39:20on la voit à peine
00:39:21mais bon
00:39:23l'aurait-il fait lui
00:39:24je ne sais pas
00:39:24mais il peut garder
00:39:25des choses
00:39:26même on fait un truc
00:39:27en tant qu'acteur
00:39:28qui n'est pas prévu
00:39:29on refait la prise
00:39:30on fait autre chose
00:39:31non
00:39:31on fait ce que tu faisais avant
00:39:32c'était bien
00:39:33voilà c'est ça
00:39:33il laisse libre
00:39:34il laisse tellement libre
00:39:35qu'il ne peut travailler
00:39:36qu'avec des gens
00:39:36qui ont justement
00:39:37cette souplesse
00:39:38en même temps
00:39:39on tournait tout
00:39:40en son
00:39:42comment on appelle ça
00:39:43en son témoin
00:39:44c'est à dire
00:39:45tout a été redoublé
00:39:46après
00:39:46c'est pour ça
00:39:47que le personnage
00:39:47du gars de la CIA
00:39:49la voix que vous entendez
00:39:50si elle n'est pas reconnue
00:39:50je vais vous dire
00:39:51qui c'est ?
00:39:51c'est Galabru
00:39:52c'est Michel Galabru
00:39:53qui est venu doubler
00:39:54bon
00:39:56magnifiquement bien
00:39:56celui qui double
00:39:58Dublino
00:39:58le double un petit peu
00:39:59moins bien
00:40:00je trouve
00:40:00bon
00:40:00on s'est tous doublés
00:40:01bon
00:40:02et Marco
00:40:03c'est à ce moment là
00:40:04qu'il ne dit pas d'attention
00:40:06il était là au doublage
00:40:08il ne disait rien
00:40:09c'était le type
00:40:11qui disait
00:40:12il ne dis rien
00:40:13ça c'est le premier truc important
00:40:15par ailleurs
00:40:17il sait très très bien
00:40:18tourner les scènes
00:40:19à Tim
00:40:20les scènes d'intérieur
00:40:21les scènes un peu
00:40:22d'où on marche
00:40:23mais dès qu'il y a beaucoup de gens
00:40:24Marco il est moins à l'aise
00:40:26ça l'intéresse moins
00:40:27et pour les grandes séquences
00:40:28qu'on va voir maintenant
00:40:29il avait
00:40:31il avait fait venir
00:40:33Giancarlo Santi
00:40:34qui était un des assistants
00:40:35de Sergio Leone
00:40:36pour les séquences
00:40:37disons
00:40:38des gens qui partent
00:40:39à la bataille
00:40:40et tout ça et tout
00:40:40et pour la bataille
00:40:41alors là il y avait plusieurs caméras
00:40:42et tout
00:40:43ça c'est encore plus compliqué
00:40:44bon
00:40:44parce que
00:40:46ça ne l'intéressait pas
00:40:47de mettre en scène
00:40:47des chevaux qui se préparaient
00:40:49qui partaient
00:40:49et ça ne l'intéressait pas
00:40:50donc il y avait un metteur en scène
00:40:51qui savait faire le truc de groupe
00:40:53mais c'est aussi que Marco est d'une école
00:40:55du cinéma italien
00:40:56des années 50
00:40:57on parle toujours du néoréalisme
00:40:58mais avant
00:40:59le néoréalisme
00:40:59c'est une école
00:41:00de cinéma
00:41:01où on déléguait
00:41:02beaucoup
00:41:02bon
00:41:03c'est à dire que
00:41:05en plus
00:41:06dans les années 50
00:41:07ils avaient vu travailler
00:41:08les américains
00:41:09qui étaient venus
00:41:10les italiens
00:41:10tourner Covadis
00:41:11tourner Hélène de Troyes
00:41:13puis tourner Bénure
00:41:14et ils se rendaient compte
00:41:15par exemple
00:41:15que quand ils tournaient
00:41:18Covadis
00:41:18Anthony Mann
00:41:19qui venait tourner
00:41:20des scènes d'action
00:41:21puis après
00:41:21Merville Leroy
00:41:21venait tourner autre chose
00:41:22Hélène de Troyes
00:41:23c'est pareil
00:41:24Merville Leroy
00:41:25tournait les scènes
00:41:25disons d'intérieur
00:41:27et tout ça
00:41:27et toutes les scènes de bataille
00:41:29toutes les scènes lyriques
00:41:29c'était Roll Walsh
00:41:30qui débarquait
00:41:31donc il s'est dit
00:41:32c'est pas la peine
00:41:33que moi je me casse la tête
00:41:34à faire ce que je sais pas faire
00:41:35il y a quelqu'un
00:41:35qui viendra le faire
00:41:36la deuxième chose
00:41:37qu'il avait
00:41:37il était très content
00:41:38c'est que dans son casting
00:41:40quand il avait proposé
00:41:41de faire en effet
00:41:44ce western
00:41:46Piccoli
00:41:46et
00:41:48oui
00:41:48mais Noiré
00:41:49avait tout de suite
00:41:50dit d'accord
00:41:50parce que Noiré
00:41:51était un cavalier mérite
00:41:53on peut dire que
00:41:54Noiré avait
00:41:55trois amours
00:41:56dans sa vie
00:41:56sa fille
00:41:57sa femme
00:41:57celle qui fait
00:41:58l'ami de Catherine Deneuve
00:42:00qui est Monique Chomet
00:42:01qui est la soeur
00:42:02de comédien François Chomet
00:42:04et les chevaux
00:42:05et les chevaux
00:42:06bon
00:42:07et bon Piccoli
00:42:08met bien les chevaux aussi
00:42:11Pastrani
00:42:12s'avait monté
00:42:12donc
00:42:13là il était tranquille
00:42:14parce que lui
00:42:15les chevaux
00:42:15ne l'intéressaient pas
00:42:16Marco
00:42:16Marco il joue dedans
00:42:17il fait le photographe
00:42:18il fait le type photographe
00:42:19et tout
00:42:20bon
00:42:20et donc
00:42:22cette scène là
00:42:23il faisait confiance
00:42:24alors il savait aussi
00:42:25c'était le problème
00:42:26qu'avaient les producteurs
00:42:27qu'avaient Jean-Pierre
00:42:28Rassam
00:42:29mais également
00:42:30Jordiane
00:42:30c'est lui qui finançait
00:42:31il savait que
00:42:32l'été était terrible
00:42:33il faisait une chaleur terrible
00:42:34parce que
00:42:36en mai
00:42:36qu'un été terminé
00:42:37en juin
00:42:38ils avaient commencé
00:42:38à s'occuper du film
00:42:39la préparation de celui-là
00:42:41en juillet
00:42:42on avait commencé
00:42:42le tournage
00:42:43et c'était en juillet
00:42:45en septembre
00:42:46que ces trois mois
00:42:46c'était très long
00:42:47il y a eu des arrêts aussi
00:42:48manque d'argent
00:42:49parce que ça dépensait
00:42:49c'est le film le plus coûteux
00:42:50qui l'ait fait
00:42:51et donc
00:42:52au moment où on a tourné
00:42:53la scène
00:42:53que je vais vous montrer
00:42:55maintenant
00:42:55qu'à la scène du départ
00:42:56il faisait une chaleur
00:42:57terrifiante
00:42:58mais terrifiante
00:42:59on étouffait complètement
00:43:00le Becker
00:43:01qui était à l'image
00:43:02il n'en pouvait plus
00:43:03et
00:43:07comme on ne savait pas
00:43:08ce qu'il faisait
00:43:08on n'en a accepté
00:43:10tout
00:43:11on a compris
00:43:11qu'il mélangeait les époques
00:43:12mais c'est vrai
00:43:13que le quart de cirque
00:43:15dans les gens
00:43:16qui partent se battre
00:43:17à Little Big Horn
00:43:18ça crée des gags
00:43:19j'explique le gag
00:43:20il y avait des gens
00:43:21qui venaient
00:43:21mais qu'est-ce que vous tournez là
00:43:22on tourne à Western
00:43:24ah bon
00:43:24et c'est quoi ?
00:43:25c'est l'histoire de Custer
00:43:26Custer
00:43:26oui vous savez
00:43:27contre Sitting Bull
00:43:28ah oui je connais
00:43:28mais le quart là
00:43:30c'est là vous mangez
00:43:30non il est dans le film
00:43:31pardon
00:43:32il est dans le film
00:43:32ah bon
00:43:33il est dans le film
00:43:34les gars ils nous regardaient
00:43:35c'est des fous
00:43:36on avait l'air de fous
00:43:37il fallait dire aussi
00:43:38que
00:43:38c'est des anecdotes
00:43:39mais elles sont amusantes
00:43:40c'est que
00:43:41on avait
00:43:42moi je partageais
00:43:43la loge de maquillage
00:43:44avec Catherine
00:43:44avec Catherine Deneuve
00:43:45il y avait
00:43:47Monique Chomet
00:43:49et puis
00:43:50il y avait
00:43:50des comédiens aussi
00:43:51bon
00:43:51on était très peu
00:43:52à avoir des rôles récurrents
00:43:54donc c'était assez pratique quoi
00:43:55il y avait
00:43:56Tony Alzi
00:43:56il y avait
00:43:58Marcello
00:44:00il y avait
00:44:01Noiré
00:44:02il y avait
00:44:03Piccoli
00:44:03qui n'est pas là tout le temps
00:44:05donc Ferrand
00:44:05et
00:44:05bon
00:44:07on avait fini d'être maquillé
00:44:08on sortait donc
00:44:09dans la rue
00:44:09dans le quartier idéal
00:44:10et puis bon
00:44:11tu tournes pas avant une heure ou deux
00:44:13et tout
00:44:13vu que j'ai plus de cigarette
00:44:14bon
00:44:15et maquillé avec le truc
00:44:16et tout
00:44:16la redagote
00:44:17les cheveux comme ça et tout
00:44:18j'allais acheter des cigarettes
00:44:20on me disait
00:44:20vous avez l'air d'un petit disque fou
00:44:21oui madame
00:44:21c'est ça
00:44:22un petit disque fou
00:44:22bon
00:44:23et puis à ce coup
00:44:23on voyait d'un seul coup
00:44:24Tony Alzi en indien
00:44:26qui allait traîner dans la rue
00:44:27pour aller regarder les filles
00:44:28rue Saint-Denis
00:44:28il y en avait encore à l'époque
00:44:29bon
00:44:29il y avait regarder
00:44:30et puis dans ce coup
00:44:31Mastroianni
00:44:32il était en train de prendre
00:44:32un cappuccino dans un coin
00:44:34en custer
00:44:34c'était du délire
00:44:35bon
00:44:36et les gens finissaient par se dire
00:44:37mais en même temps
00:44:38le quartier était tellement
00:44:39complètement fou
00:44:39dans le mode hippie
00:44:40où tout le monde s'habillait
00:44:41n'importe comment
00:44:41et tout
00:44:42on était dans le truc
00:44:43les trois quarts des gens
00:44:44vous voyez figurant dans le film
00:44:46c'était Marco
00:44:46les ramasser comme ça
00:44:47alors il y en a qui n'étaient pas
00:44:48qui venaient d'un truc important
00:44:50il y avait des combines
00:44:51par exemple
00:44:51le celui qui vend les armes
00:44:52là au début de la séquence
00:44:54le vendeur d'armes
00:44:55c'est Michel Chanderly
00:44:56qui était un grand flambeur
00:44:57mais qui était également
00:44:57producteur de films
00:44:58et celui qui avait produit
00:44:59en partie
00:45:00avec Hormes Schroeder
00:45:01mort d'Hormes Schroeder
00:45:02et qui venait de produire
00:45:03le film
00:45:05avec Tchagalchev
00:45:06il y avait de produire ensemble
00:45:07le film absolument interminable
00:45:08magnifique et sublime
00:45:09de 12h de Jacques Rivette
00:45:11à Outouane
00:45:13et là il fait le vendeur d'armes
00:45:14et à chaque fois
00:45:15il raccrochait des gens
00:45:16comme ça et tout
00:45:16si bien qu'il y avait des moments
00:45:18où on voyait des gens
00:45:18arriver habillés en hippie
00:45:20on ne savait pas
00:45:21si c'était des figurants
00:45:21dans le film ou pas
00:45:22il y avait une espèce de mélange
00:45:23et Marco lui
00:45:24il s'en foutait
00:45:25il était là
00:45:26il faisait amener
00:45:26des grosses marines de frites
00:45:28comme ça
00:45:28énormes
00:45:29grâces
00:45:29dégueulasses
00:45:30et ça donnait ça
00:45:32allez
00:45:32on met
00:45:34prêt
00:45:37motore
00:45:40et il mangeait
00:45:41les frites
00:45:41pendant qu'on jouait
00:45:42si bien qu'après le tournage
00:45:44il était malade
00:45:44comme une bête
00:45:45mais des bassines entières
00:45:46bon
00:45:47et tout le tournage
00:45:48dans une folie totale
00:45:49dans la poussière
00:45:49les frites grasses
00:45:50les cris
00:45:52les gens qui venaient
00:45:52les groupies
00:45:53toutes les nanas
00:45:54qui venaient
00:45:55en pleine époque
00:45:56de l'amour libre
00:45:56vous vous rendez compte
00:45:58seulement
00:45:58pas fou
00:45:59Marco il avait engagé
00:46:00la femme de Toniazy
00:46:01pour faire sa femme
00:46:02dans le film
00:46:03il fallait prévenir
00:46:05il était avec sa femme
00:46:06Catherine Deneuve
00:46:07et disons
00:46:08il y avait
00:46:10disons de même
00:46:12Noiré
00:46:12était avec sa femme
00:46:13Monique Chomet
00:46:14quant à Piccoli
00:46:15il n'était pas sous volable
00:46:15c'était la grande époque
00:46:16avec Gréco
00:46:17je crois d'ailleurs
00:46:18donc ça allait
00:46:18bon
00:46:19mais alors du côté
00:46:20des petits rôles
00:46:20des figurants
00:46:21ça draguait
00:46:21sauf un type formidable
00:46:23avec qui j'ai parlé un peu
00:46:24pas beaucoup
00:46:24parce qu'il était déjà
00:46:25très fatigué
00:46:26très malade
00:46:26et que personne ne reconnait
00:46:28dans le film
00:46:28et qui est admirable
00:46:29c'est Franco Fabrizzi
00:46:30celui qui fait le frère
00:46:31alors pour ceux qui ne savent pas
00:46:33c'est le personnage
00:46:35extraordinaire
00:46:36qui est dans
00:46:37dans
00:46:37dans les
00:46:39dans les
00:46:40dans les Vitelloni
00:46:41et dans
00:46:42Elbidone de Fellini
00:46:43et qui est
00:46:45qui est bouleversant
00:46:45c'est un acteur
00:46:46admirable
00:46:48extraordinaire
00:46:49et
00:46:49elle était en fin de vie
00:46:50et c'est formidable
00:46:51et puis Cunier aussi
00:46:52et alors il y avait
00:46:53une ambiance aussi
00:46:54c'est qu'à un moment
00:46:54quand Reggiani arrive
00:46:55pour la première fois
00:46:56sur le plateau rasé
00:46:57comme ça
00:46:58c'est tout
00:47:00Piccoli vient voir
00:47:01il dit il faut qu'on déclenche
00:47:02un applaudissement
00:47:02en rendre hommage
00:47:03à Reggiani
00:47:05et les trois quarts
00:47:06des figurants
00:47:07qui étaient là
00:47:07pour eux c'était
00:47:08Reggiani chanteur
00:47:08ils n'avaient jamais
00:47:09tout au cinéma
00:47:10de leur vie
00:47:10ils n'avaient jamais
00:47:11entendu parler
00:47:11disons des grands films
00:47:12qu'il avait fait
00:47:12bon quant à Cunier
00:47:14Cunier traversait ça
00:47:15aussi olympien
00:47:16que s'il jouait Claudel
00:47:17c'était magnifique
00:47:18je veux dire
00:47:18il mettait sa perruque
00:47:19il marchait comme ça
00:47:21c'était magnifique
00:47:22et Marco
00:47:23était là tout le temps
00:47:24autour de ça
00:47:25en train de piquer tout
00:47:26tout volé
00:47:28et le montage
00:47:29a été pas très compliqué
00:47:31à faire parce qu'il y avait
00:47:31toute la matière
00:47:32et surtout il y a
00:47:33les deux seuls moments
00:47:35un peu bordéliques
00:47:35enfin le seul moment
00:47:36c'est la bataille de la fin
00:47:37que je ne vous montre pas
00:47:38où là il y a eu des blessés
00:47:39tout ça et tout
00:47:40et il y a eu ce moment
00:47:41de mise en scène pure
00:47:43mais où c'est pour ça
00:47:44que je le montre
00:47:44où Marco prépare tout ça bien
00:47:47et on répète une fois
00:47:48et il trouve que ça ne va pas
00:47:51parce que quand il a vu
00:47:53les photos
00:47:54les dessins
00:47:54il a tout lu
00:47:55c'est comme Léon
00:47:56c'est des gens
00:47:57qui se sont renseignés
00:47:57sur l'Ouest
00:47:58avant de faire leur film
00:47:59parce qu'ils viennent
00:47:59en mieux du neur réalisme
00:48:01il n'y a pas assez de poussière
00:48:03donc il s'est arrangé
00:48:04pour qu'il y ait plus de poussière
00:48:05parce qu'en effet
00:48:06quand les cavaliers
00:48:07partaient à la guerre
00:48:08c'était dans un nuage
00:48:10de poussière
00:48:10si bien qu'on ne le voyait pas
00:48:11et d'ailleurs
00:48:12c'était une chose
00:48:13que seulement les américains
00:48:14ont très peu fait
00:48:15mais l'Ouest sanitaire
00:48:16ça est montré
00:48:16je ne sais pas où
00:48:17bon la bruce et le truand
00:48:18quand ils arrivent
00:48:19ils disent regarde
00:48:19regarde
00:48:19c'est les confédérés
00:48:21c'est l'union
00:48:22on est tranquille
00:48:23on est tranquille
00:48:23c'est le sud
00:48:24c'est le sud
00:48:24regarde
00:48:25les gars arrivent
00:48:26et ils font ça
00:48:26ils enlèvent la poussière
00:48:27et c'est bleu en dessous
00:48:28bon
00:48:28tellement la poussière
00:48:30était là
00:48:30et donc dans cette séquence
00:48:31où
00:48:33tout ce que l'on sait
00:48:34va être dit
00:48:36Kuster va en faire
00:48:36qu'à sa tête
00:48:37Buffalo Bill
00:48:38il ne va pas faire partie
00:48:39du combat
00:48:39tout est dit
00:48:41et on a cette espèce
00:48:42de
00:48:43de barnum
00:48:44qui se fait
00:48:44là c'est le cirque
00:48:46et en même temps
00:48:47c'est la fin
00:48:48c'est la fin de la comédie
00:48:49parce que ça va être
00:48:50la mort
00:48:51mais comme par hasard
00:48:53qui est-ce qui ne va pas
00:48:54dans le cirque
00:48:54bon bah l'homme
00:48:56Buffalo Bill
00:48:57va échapper
00:48:58Monfred
00:48:58elle va se faire
00:48:59tuer
00:49:00celui d'Haricol
00:49:01qui est génial
00:49:02qui fait
00:49:04qui fait des momies
00:49:05avec du papier journal
00:49:06il va se faire
00:49:07et ça c'est même
00:49:07le papier journal
00:49:08on est là aussi
00:49:09dans Alfred Jarry
00:49:10complètement
00:49:10ce qu'on lui a bu roi
00:49:11il y a un côté
00:49:12morisien
00:49:12il y a un côté
00:49:13pataphysique
00:49:13bon
00:49:14mais en même temps
00:49:15et le vieux
00:49:16qui tue
00:49:17qui tue
00:49:17qui tue
00:49:17custer
00:49:18alors tout ça
00:49:19mais en fait
00:49:20la séquence
00:49:21que je vais vous montrer
00:49:21maintenant avant la dernière
00:49:22elle annonce
00:49:23complètement autre chose
00:49:24elle annonce
00:49:25que vous pouvez partir
00:49:26avec vos systèmes
00:49:27vos trucs et tout ça
00:49:28si vous vous battez
00:49:29contre une idée
00:49:30vous ne tuerez jamais l'idée
00:49:32et il y aura
00:49:33il y aura
00:49:34d'autres custer
00:49:35il y aura
00:49:35d'autres gens à tuer
00:49:37il y aura tout ça
00:49:37mais vous tuerez jamais l'idée
00:49:39parce que l'idée
00:49:41l'idée de la liberté
00:49:43elle existe
00:49:44chez les êtres
00:49:45soit certains l'utilisent
00:49:46pour conquérir la liberté
00:49:47des autres
00:49:48ça c'est classique
00:49:49en psychanalyse
00:49:50on sait qu'un très bon
00:49:51psychanalyse peut détruire
00:49:52quelqu'un ou le sauver
00:49:53c'est son choix
00:49:54bon
00:49:55et les publicitaires
00:49:56c'est pareil
00:49:57c'est pas pour rien
00:49:58qu'ils ont des conseillers
00:49:58en psychanalyse
00:49:59et que des philosophes
00:50:00maintenant donnent des conseils
00:50:01dans des grandes industries
00:50:02pour que les pauvres
00:50:04les pauvres cadres
00:50:05on retrouve l'ambition
00:50:06l'ambition de chasser
00:50:07le patron un jour
00:50:08pour prendre sa place
00:50:08bon
00:50:09on est dans une société
00:50:10comme ça
00:50:10mais c'est-à-dire
00:50:11ça annonçait déjà
00:50:11à l'époque
00:50:12et elle est montrée
00:50:12et là c'est une espèce
00:50:13disons de
00:50:15de cauchemar poussiéreux
00:50:16un peu bizarre
00:50:17enfin c'est une séquence amusante
00:50:20en général
00:50:21je vous prévienne
00:50:22que si Bufarobile
00:50:23continue à faire son numéro
00:50:24au milieu de mes soldats
00:50:25pendant la bataille
00:50:26je ne raterai pas
00:50:27à l'occasion
00:50:27de le supprimer
00:50:28oui je vous comprends
00:50:29Kester
00:50:29mais je ne veux pas le savoir
00:50:31n'ai moi même
00:50:31aucune sympathie
00:50:32pour cet istryon
00:50:33mais de toute façon
00:50:34quoi que vous fassiez
00:50:35je ne veux pas le savoir
00:50:41mon général
00:50:42vous avez des hommes
00:50:44vraiment très beaux
00:50:46merci Bufalo
00:50:47je trouve que ces hommes
00:50:48ce sont mes hommes
00:50:50seulement septième régiment
00:50:51mais c'est moi de terminer
00:50:52c'est mon discours
00:50:53ces hommes que je viens de passer
00:50:55en revue
00:50:55absolument splendides
00:50:57et je suis fier
00:50:59mon général
00:51:00oui
00:51:00d'être moi
00:51:01un de vos hommes
00:51:02merci
00:51:03dégagez
00:51:03les soldats
00:51:04dégagez
00:51:05les soldats
00:51:07dégagez
00:51:07les soldats
00:51:13excusez-moi mon général
00:51:14et vous
00:51:15mes frères de vie
00:51:15je leur ai plus un sou
00:51:17mon général
00:51:18donnez-moi la permission
00:51:19de marcher avec mes troupes
00:51:20permission accordée Kester
00:51:22mais n'oubliez pas
00:51:23même si vous repérez l'ennemi
00:51:24vous ne devez attaquer
00:51:25qu'après avoir fait votre jonction
00:51:26avec la colonne de Krook
00:51:27et celle de Gibbon
00:51:28n'attaquez pas tout seul
00:51:29allez-y
00:51:32n'oubliez pas
00:51:34n'attaquez pas tout seul
00:51:36laissez-leur
00:51:37qu'elle te mienne
00:51:37c'est de bloire
00:51:58la fin de cette séquence
00:52:01repousse le film dans le camp italien
00:52:03je m'explique
00:52:04c'est que cet indien de Mitch
00:52:06dans cette séquence là
00:52:07c'est vraiment
00:52:08un enfant de putain
00:52:09d'italienne complètement
00:52:10Lamarco
00:52:11il revient à ses origines
00:52:12et vraiment
00:52:13le bras d'honneur
00:52:14veut tout dire
00:52:14bon
00:52:15et en même temps
00:52:16ça c'est vrai
00:52:16dans le jeu du nazi
00:52:17dans le choix
00:52:18mais également
00:52:19c'est autre chose
00:52:19c'est à dire que
00:52:22c'est le débrouillard
00:52:24c'est
00:52:25c'est le personnage
00:52:26qui s'en sort toujours
00:52:28enfin
00:52:28qui croit pouvoir
00:52:29toujours s'en sortir
00:52:30il va d'un camp à l'autre
00:52:31il saura toujours s'arranger
00:52:33pour trouver le bon endroit
00:52:34le bon moyen
00:52:35et tout
00:52:36il est malin
00:52:39et justement
00:52:40toute la suite du film
00:52:42montre que
00:52:42on est beaucoup plus malin
00:52:43du côté indien
00:52:44que du côté
00:52:46disons
00:52:46de Custer et sa bande
00:52:48et c'est ça
00:52:49qui est assez intéressant
00:52:50pour l'anecdote
00:52:51un scoop
00:52:54ceux qui ont vu le film
00:52:55ont remarqué
00:52:55ce trompette
00:52:57ce qui joue la trompette
00:52:58et qui reçoit
00:52:58la flèche dans le cou
00:53:02c'est Vincent Lagaffe
00:53:05il ne s'appelait pas
00:53:05encore comme ça
00:53:06à l'époque
00:53:07c'est à dire
00:53:08il s'appelait Vincent
00:53:08et il était figurant
00:53:09dans le film
00:53:10il avait joué de la trompette
00:53:10alors on lui a donné
00:53:11ce rôle là
00:53:12et voilà
00:53:14personne ne le sait
00:53:15mais moi je peux vous le dire
00:53:15c'est lui
00:53:16donc ceux qui ont le DVD
00:53:17vous regarderez
00:53:18vous arrêterez sur l'image
00:53:19c'est lui tout jeune
00:53:20il était très gentil d'ailleurs
00:53:21et comme il s'est fait
00:53:22de la trompette
00:53:22il a eu un cachet plus important
00:53:23parce qu'il a eu une flèche
00:53:24comme ça qui est venue
00:53:25peut-être pour ça
00:53:25que ça l'a conduit à TF1
00:53:26mais ça c'est une autre histoire
00:53:28mais enfin il est très bien
00:53:29c'est pour dire
00:53:30qu'il y a un côté fait
00:53:31comme ça
00:53:31mais je reviens au plan
00:53:32qu'on vient de voir
00:53:32le dernier plan
00:53:33qui pour moi est très important
00:53:34c'est que
00:53:35contrairement au reste
00:53:38on voit une femme
00:53:39la caméra part de la femme
00:53:41vers Mitch sur le cheval
00:53:42tout le reste des séquences
00:53:43on voit les chevaux passer
00:53:44on voit des gens à cheval
00:53:46cadrés à hauteur de cheval
00:53:48lui ça vient de la terre
00:53:50lui ça vient
00:53:51c'est le personnage
00:53:51qui intéresse le plus Marco
00:53:53il n'y a pas de problème
00:53:53bon
00:53:54c'est quelque chose
00:53:58et il veut
00:53:59il veut s'élever
00:54:00il veut s'élever
00:54:01bon
00:54:02il ne pourra pas s'élever
00:54:04et puis d'ailleurs
00:54:05on a qu'à voir la séquence suivante
00:54:07ça vient montrer
00:54:07qu'il ne peut pas s'élever
00:54:09il ne pourra pas s'élever
00:54:10et puis il ne pourra pas
00:54:10se révolter non plus
00:54:12il n'aura perdu absolument
00:54:13parce qu'il n'aura pas su
00:54:14à quel moment
00:54:14il fallait choisir son camp
00:54:16parce qu'il n'a pas l'idée
00:54:17alors peut-être
00:54:18des années après
00:54:19il s'allongera
00:54:20c'est comme ces gens
00:54:20qui sont dans telle partie
00:54:22qu'on se trouve dans d'autres parties
00:54:23après vous connaissez tous
00:54:25comment on appelait
00:54:26le MRP
00:54:27le mouvement des républicains
00:54:28et populaires
00:54:29le surnom qu'avait le MRP
00:54:30en 45-46
00:54:31on appelait ça
00:54:32le mouvement
00:54:32à ramasser les pétinistes
00:54:34ce qui veut dire
00:54:34il y a toujours un moment
00:54:35dans l'histoire
00:54:35où on se rattrape
00:54:37mais c'est le grand perdant
00:54:38du film
00:54:40parce qu'il ne pourra pas
00:54:40s'élever
00:54:41et en plus
00:54:42celui qui n'a pas pris
00:54:43la poussière sur son cheval
00:54:44il va prendre la terre
00:54:44sur la gueule
00:54:45le sable
00:54:47et comme il ne pourra pas
00:54:48s'élever
00:54:49il n'y aura plus que ce terre
00:54:50et il ne pourra qu'assister
00:54:52en un temps
00:54:54à l'utopie totale
00:54:55c'est-à-dire la révolution
00:54:57c'est ce que dit
00:54:57la fin du film
00:54:58parce que c'est un film
00:54:59qui prend la révolution
00:55:00en ayant coûté des millions
00:55:01qu'il n'a pas rapporté
00:55:02au producteur
00:55:04bon
00:55:04Jean-Yann lui en veut pas
00:55:05mais enfin
00:55:06c'est la même année
00:55:07quand même
00:55:07il fait ça
00:55:08et tout va bien de Godard
00:55:09deux grands films politiques
00:55:10qui ne trouveront pas
00:55:11de spectateurs
00:55:12bon
00:55:13mais après
00:55:14Marco ne trouvera jamais le succès
00:55:16mais quand même
00:55:16il fera des grands chefs-d'oeuvre
00:55:17et quant à Jean-Luc aussi
00:55:18donc c'est pas grave
00:55:19l'essentiel c'est que le film existe
00:55:20et que 40 ans après
00:55:21il y a des gens
00:55:22qui viennent le voir
00:55:22et qu'il est devenu
00:55:23un film occulte
00:55:24et un film où tout le monde rit
00:55:25et je répète
00:55:26à l'époque
00:55:26c'était un bide noir
00:55:27mais revoyons les dernières séquences
00:55:28avant de conclure
00:55:29et je vous passe la parole après
00:55:32il faut partir tout de suite
00:55:34bon mais je crois
00:55:35qu'il y a qu'une chose à faire
00:55:35c'est pas
00:55:36attendez
00:55:36vous êtes prêts
00:55:37monsieur
00:55:37si vous êtes prêts
00:55:38il faut y aller
00:55:38pas de pas comme ça
00:55:40attendez
00:55:40j'ai le dépouille mortelle
00:55:41le corps de l'héroïne
00:55:43je ne suis responsable
00:55:44bon elle est morte
00:55:45oui
00:55:46il faut nous transporter
00:55:47j'ai le dépouille mortelle
00:55:50mais comment il n'y a pas de place
00:55:51c'est moi
00:55:51il n'y a pas la place
00:55:53moi j'ai droit au transport
00:55:54c'est qu'elle a laissé pourrir ici
00:55:55c'est simple
00:55:57bon allez en volons-nous
00:55:58ça n'est pas important
00:56:01attendez
00:56:02je suis Mitch
00:56:04déclaireur de Kester
00:56:06salopards
00:56:09bâtards
00:56:11sauvages blancs
00:56:15bandes de sauvages blancs
00:56:39c'est moi
00:56:40je suis très content
00:56:45il y aura d'autres batailles
00:56:46à gagner comme celle-ci
00:56:47d'autres Koster
00:56:49oui
00:56:50beaucoup d'autres Koster
00:56:51vivent
00:56:54il y aura d'autres Koster
00:56:55à tuer
00:56:55nous aurons assis
00:56:57d'autres Koster
00:57:20la fin du film
00:57:21la fin du film est très importante
00:57:24parce qu'elle explique le processus
00:57:27pourquoi avoir fait Koster
00:57:29avec des choses contemporaines mélangées
00:57:31pourquoi avoir fait des allusions à la CIA
00:57:33aux arabes dans la ville
00:57:35à tout ça et tout
00:57:36pour raconter à sa manière
00:57:38l'histoire de Little Big Horn
00:57:39de la mort de Koster
00:57:41et disons de la défection de Buffalo Bill
00:57:43et de l'échec absolument
00:57:45disons de
00:57:47de cette tentative
00:57:49disons d'arrêter une guerre indienne
00:57:52et bien la réponse est donnée
00:57:54par la fin du film
00:57:54parce que jamais les indiens
00:57:55sont entrés dans les villes américaines
00:57:57c'est à dire qu'on n'est plus dans le sujet
00:57:59c'est que les indiens n'ont pas reconquéris
00:58:02reconquis si on veut
00:58:05les endroits
00:58:06ont pas reconquis
00:58:07parce qu'ils ont été conquis
00:58:08oui enfin ils ont été bon
00:58:09repris tout
00:58:10donc en fait c'est
00:58:12l'allusion est aujourd'hui
00:58:14pourquoi les étrangers
00:58:15pourquoi les refuser
00:58:17enfin aujourd'hui en
00:58:191973
00:58:19mais ça reste actuel
00:58:21pourquoi pas
00:58:21l'intégration
00:58:22tout est fait là dessus
00:58:24on a le personnage de Mitch
00:58:25qui sera intégré absolument pas
00:58:28à la poussière
00:58:29qui est rejetée
00:58:29qui n'a pas su trouver son camp
00:58:30bon
00:58:31et que les puissances d'argent
00:58:33ont autre chose à faire
00:58:35et celui
00:58:36qui représente l'armée
00:58:37et l'ordre
00:58:38qui vend tout
00:58:39ce qu'il pouvait lui rapporter de l'argent
00:58:40parce que c'est raté
00:58:41et qui en même temps
00:58:42dit mais c'était pas prévu
00:58:44parce qu'immédiatement
00:58:45disons
00:58:45on n'avait pas fait la guerre
00:58:47pour qu'ils entrent dans les villes
00:58:48bon
00:58:49et en même temps
00:58:50c'est la situation
00:58:51qui se passe dans les années 70
00:58:53où
00:58:54eh ben on est
00:58:55la deuxième
00:58:56ou la troisième génération
00:58:57d'immigrés
00:58:58où ils s'intègrent
00:58:59hein
00:59:00bon
00:59:01et que ça a continué
00:59:03il n'y a qu'à voir aujourd'hui
00:59:04je ne serai pas
00:59:05le hasard du calendrier
00:59:07fait que nous passons ce film
00:59:08une ou deux semaines
00:59:09ou trois semaines
00:59:10après
00:59:12certaines
00:59:12disons
00:59:13affirmations
00:59:14de certaines personnes
00:59:16plus ou moins liées à la politique
00:59:17sur
00:59:19internet
00:59:19ou facebook
00:59:21transformant des ministres
00:59:22de la république
00:59:23disons
00:59:23en guenon
00:59:24en voulant des bananes
00:59:25bon
00:59:26il est évident
00:59:27que donc
00:59:28le film est tout à fait actuel
00:59:29aujourd'hui
00:59:30il est encore là
00:59:31bon
00:59:31indien
00:59:32noir
00:59:32arabe
00:59:34bon
00:59:34tous les gens qui n'ont pas la peau blanche
00:59:36dans un pays qui se veut blanc
00:59:37ça ne va pas
00:59:38le problème en plus
00:59:39des américains
00:59:40qui se sont arrivés
00:59:40à n'impliquer pas le leur
00:59:41ils ne voulaient plus des gens
00:59:42qui avaient la peau
00:59:42d'une autre couleur
00:59:43que la leur
00:59:43alors qu'ils arrivaient
00:59:44dans leur pays
00:59:44dans le pays
00:59:45de ceux qui avaient cette couleur là
00:59:46bon
00:59:47c'est comme si
00:59:49on est
00:59:49on est un peu
00:59:52moi je pense qu'il y a des films prémonitoires
00:59:53parce que le film aujourd'hui
00:59:54est un film
00:59:55qui est tout à fait
00:59:56qui est tout à fait lisible
00:59:57et compréhensible aujourd'hui
00:59:59à l'époque
00:59:59il est passé
01:00:00ils n'ont pas compris
01:00:01peut-être qu'il fallait du temps
01:00:02pour comprendre
01:00:03il fallait avoir
01:00:03les dangers politiques
01:00:05qu'on a eu
01:00:05il a fallu les périodes politiques
01:00:07qu'on a eu
01:00:08les excès qu'il y a eu
01:00:09pour comprendre le film
01:00:10et Ferrari
01:00:11n'avait pas du tout
01:00:12fait une simple farce
01:00:13pour s'amuser
01:00:14avec la mythologie américaine
01:00:16il avait fait un film prémonitoire
01:00:17sur
01:00:18j'irais même
01:00:19prémonitoire sur ce quartier
01:00:20également
01:00:21parce que
01:00:22qu'est-ce que c'était
01:00:23avant le trou ce quartier
01:00:23c'était le quartier
01:00:25où il y avait
01:00:26la bouffe
01:00:27où il y avait
01:00:28disons les gens
01:00:28qui venaient prendre des
01:00:29il y avait des prostituées
01:00:31il y avait quelques malfreurs
01:00:31il y avait des big pockets
01:00:32c'était ça le quartier
01:00:33ce qu'on connut
01:00:34bon
01:00:35après le forum
01:00:36c'est devenu quelque chose
01:00:37qui allait être
01:00:37disons tout bout
01:00:38tout chic et tout
01:00:38puis il y a eu des problèmes
01:00:40aussi
01:00:40de délinquance
01:00:41de ceci
01:00:42de cela
01:00:42d'agression
01:00:43bon
01:00:44c'est que de toute façon
01:00:46l'utopie
01:00:46c'est une chose
01:00:48qu'il faut laisser à l'histoire
01:00:49l'histoire crée elle-même
01:00:50de l'utopie
01:00:51si on veut créer des choses
01:00:52des éléments
01:00:52sur l'utopie
01:00:54on va créer la ville idéale
01:00:55on va créer le monde idéal
01:00:57la loi idéale
01:00:58on se plante
01:00:59on se plante
01:01:00parce que les choses se font
01:01:01quand elles doivent se faire
01:01:02le métissage
01:01:03il ne se fait pas sur ordre
01:01:07si on décrète
01:01:08brusquement
01:01:08demain
01:01:08pour qu'il n'y ait plus de racisme
01:01:10que 50% des français
01:01:11doivent pousser
01:01:1250% de l'étranger
01:01:13ça ne marchera jamais
01:01:14même malgré le mariage gay
01:01:16ça ne marchera pas
01:01:16bon
01:01:16donc il faut quand même
01:01:17qu'il y ait la pulsion
01:01:18et l'envie
01:01:18et puis pour se métisser
01:01:19il faut être deux
01:01:20pour faire de la politique
01:01:21il faut être deux
01:01:22pour penser il faut être deux
01:01:23et pour se parler
01:01:24il faut être deux
01:01:24bon
01:01:25sinon on se parle à soi-même
01:01:26on n'avance pas
01:01:27et Ferreri
01:01:28ce n'est pas un autre détour
01:01:29je fais
01:01:29ce film là
01:01:30il prend des mythologies
01:01:31il les montre
01:01:32et il les montre quand ?
01:01:335 ans après mai 68
01:01:366 ans après
01:01:37les derniers combats
01:01:38qui se passent
01:01:39disons
01:01:39dans
01:01:40dans
01:01:41l'Europe
01:01:42disons
01:01:43d'Ide l'Est
01:01:43derrière le rideau de fer
01:01:44bon
01:01:45et on est exactement
01:01:47que je ne dise pas de bêtises
01:01:49on est
01:01:5014 ans
01:01:52avant la chute du mur
01:01:53donc il va y avoir
01:01:5414 ans disons
01:01:55de ce problème
01:01:56on est également
01:01:57dans une situation
01:01:58où
01:01:58va naître
01:01:59disons
01:01:59des parties d'extrême droite
01:02:01qui se diront carrément racistes
01:02:03à l'époque
01:02:03on est dans une période
01:02:04où aux Etats-Unis
01:02:05on a
01:02:06le contre-coup
01:02:07des émeutes d'Atlanta
01:02:08et tout
01:02:08où aux Etats-Unis
01:02:09le racisme anti-noir
01:02:11est devenu très très fort
01:02:12en 1970
01:02:12très très fort
01:02:14et ça va aboutir à quoi ?
01:02:15ça va aboutir
01:02:16à une politique
01:02:17disons
01:02:18etc etc
01:02:19bon
01:02:20il y a une vision
01:02:21mais je ne parle pas
01:02:22du biafra
01:02:23je ne parle pas
01:02:23de ce qu'on appelle
01:02:24les juges noirs
01:02:25bon
01:02:25il y a une conscience politique
01:02:28complète de Marco
01:02:29à ce moment là
01:02:29quand il fait ce film là
01:02:31et je crois
01:02:32qu'il était désolé
01:02:33que ça n'avait pas marché
01:02:34mais il était désolé aussi
01:02:35qu'à cette époque
01:02:36la critique ne le voit pas
01:02:38les penseurs ne le voient pas
01:02:40il voit une gigantesque farce
01:02:42très agréable
01:02:43pour certains
01:02:44ou ennuyeuse totalement
01:02:46alors que c'est un film
01:02:47qui d'ailleurs
01:02:48après ce film là
01:02:49il n'ira plus de ce côté là
01:02:50pendant longtemps
01:02:50la dernière femme
01:02:51ce sera un film sur un couple
01:02:53il n'y a pas d'aboutissement au sexe
01:02:54j'en sais quelque chose
01:02:55je vois qu'il est écrit avec lui
01:02:56bon
01:02:56ensuite de quoi
01:02:57il y aura un rêve de singe
01:02:58qui sera un regard sur l'Amérique autrement
01:02:59une Amérique autre
01:03:01avec un espèce de singe
01:03:02en
01:03:03en
01:03:05à quiconque en pluche
01:03:06mort abandonné
01:03:07disons
01:03:08sur la plage de Long Island
01:03:11après
01:03:11le futur et femme
01:03:12il continuera sur son idée
01:03:14mais dans les sujets
01:03:15moins ambitieux
01:03:15là il y avait l'ambition
01:03:17brusquement
01:03:17de faire une espèce
01:03:18disons
01:03:19de fresque grottel
01:03:21de faire son uburois
01:03:22quelque part
01:03:22et ça n'a pas été compris
01:03:26applaudissements
01:03:27applaudissements
01:03:28applaudissements
01:03:29applaudissements
01:03:29applaudissements
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