- il y a 13 ans
Cours de cinéma de Mathieu Dupré, critique
Cycle "Qui fait l'info ?"
Le 20 septembre 2013 au Forum des Images, à Paris.
Tous les cours de cinéma : http://www.forumdesimages.fr/la-webtv/cours-de-cinema
Cycle "Qui fait l'info ?"
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00:00:01...
00:00:19Bonsoir.
00:00:21Donc, Zodiac, qui est le 6e film du juridateur américain David Fincher,
00:00:26revient sur une affaire.
00:00:27Je vais un peu vous parler de l'affaire pour commencer très, très vite.
00:00:30Une affaire de tueur en Syrie, qui a été célèbre outre-Atlantique,
00:00:35mais qui a été un petit peu oubliée.
00:00:38Pendant plus d'une décennie, de 1966 à 1978,
00:00:42un individu se faisait appeler le Zodiac,
00:00:46qui revendiquait à peu près une quarantaine de meurtres.
00:00:50Mais on pense qu'il a surtout commis cette agression,
00:00:55qui ont d'ailleurs débouché uniquement sur 5 morts,
00:00:58Donc, ce personnage instaura un véritable régime de terreur dans la baie de San Francisco pendant cette période,
00:01:06notamment en créant une sorte de grosse bulle médiatique,
00:01:10car le tueur envoyait des courriers régulièrement aux principaux organes d'information de la baie de San Francisco,
00:01:20et dans lesquels il narguait les autorités très régulièrement.
00:01:23Le truc classique est menacé de s'en prendre aux bus scolaires, aux enfants,
00:01:33et notamment aux journalistes qui écrivaient sur lui également.
00:01:37Une de ses particularités, ça réside dans le fait qu'il envoyait,
00:01:40que de temps en temps il accompagnait ses lettres de code,
00:01:43en fait.
00:01:45Ses codes écrits dans un alphabet qui mélangeait des idéogrammes d'origines très très diverses,
00:01:54et qui étaient censés contenir, selon lui, à toujours, le secret de son identité,
00:01:59enfin sa véritable identité.
00:02:01Et à ce jour encore, la plupart n'ont pas été décodés.
00:02:08Donc on n'a toujours pas vraiment identifié qui était le tueur,
00:02:11même si énormément de suspects ont été...
00:02:16Même s'il y a beaucoup de suspects,
00:02:17même si un principal suspect, Arthur Lee Allen,
00:02:20et le film suit ça, a été...
00:02:22a été...
00:02:25Enfin, un principal suspect a été déniché.
00:02:30Donc, en fait, l'affaire a connu un organe d'intérêt à travers deux livres
00:02:33de Robert Gray Smith,
00:02:35qui était un caricaturiste politique au journal Le San Francisco Chronicle,
00:02:41et qui est joué dans le film par l'acteur Jake Gyllenhaal.
00:02:45Et c'est ces deux livres,
00:02:47donc je crois que le premier est sorti en 86,
00:02:50et le deuxième en 2002,
00:02:52c'est ces deux livres qui ont servi de base pour le scénario de Zodiac, en fait.
00:02:57Et à noter qu'après la sortie du film,
00:02:59alors est-ce que le film a joué un rôle là-dedans ?
00:03:01Le dossier, le dossier de l'affaire a été rouvert en 2008.
00:03:07Et d'ailleurs, il est toujours ouvert.
00:03:09En France, en fait, l'affaire n'a pas tellement été connue avant le film.
00:03:14On la connaît indirectement, en fait,
00:03:17à travers le film de Don't Seagall,
00:03:19l'inspecteur Harry, le tout premier en 1974,
00:03:21puisque le tueur Scorpio, qui est mis en scène,
00:03:23et le film de la Zodiac en parle aussi,
00:03:27a été inspiré directement du Zodiac.
00:03:31Alors, pourquoi est-ce qu'une telle affaire a été un petit peu oubliée
00:03:34pendant ce moment-là ?
00:03:36C'est-à-dire qu'elle était située un peu au début du phénomène massif
00:03:39de tueurs en série
00:03:42qui s'est manifesté au début des années 70 aux Etats-Unis.
00:03:48Et vu que le tueur n'a fait du même que 5 morts,
00:03:51enfin, seulement, entre guillemets,
00:03:54à côté du score, si on peut dire,
00:03:56qu'on réalisait les autres tueurs en série américain,
00:03:58à la suite, c'est assez faible, en fait.
00:04:02Et on peut même dire que lui-même n'a jamais vraiment dépassé
00:04:06le stade d'amateur, en tout cas.
00:04:13Et c'est un peu ce que dit l'adage,
00:04:15il n'y a rien de plus anonyme que la vedette de la génération précédente,
00:04:18c'est un peu vrai avec le tueur,
00:04:19vu que très très vite,
00:04:21donc il a été un peu balayé par ce qui est venu après.
00:04:26Aussi, vu que le seul contact
00:04:30qu'il fabriquait avec la société civile,
00:04:34si on veut, c'était les courriers qu'il a envoyés aux journaux,
00:04:37au bout d'un moment, les journaux ont arrêté de les publier
00:04:39sous le conseil des policiers
00:04:41qui voulaient voir comment il allait réagir.
00:04:44Aujourd'hui, on sait que ce n'est pas une chose à faire,
00:04:46d'ailleurs, publier les courriers de ce genre de personnages,
00:04:49puisque ça a plutôt tendance à les encourager
00:04:51ou à flatter leur égo.
00:04:52Donc à partir du moment où ces courriers ont cessé d'être publiés,
00:04:58comme toute nouvelle,
00:04:59dès qu'on n'en parle plus,
00:05:01ça disparaît de la conscience collective, forcément.
00:05:07Le film Inspector Harry a peut-être aussi joué un rôle
00:05:09dans cet oubli,
00:05:10puisque, pour ceux qui l'ont vu,
00:05:12le film se termine avec l'inspecteur Harry
00:05:15qui, sans procès,
00:05:17abat le tueur Scorpio.
00:05:19Et il y a énormément de chance
00:05:21pour que ça ait joué aussi le rôle de placebo
00:05:23dans la conscience publique à l'époque.
00:05:26L'inspecteur Harry a réglé l'affaire, en fait,
00:05:30que les vrais policiers n'avaient pas réussi à résoudre.
00:05:35Donc, dans l'édition du Actors Cut du DVD,
00:05:38il y a une partie du commentaire qui est faite par James Ellroy,
00:05:42et, assez curieusement, lui-même avoue avoir découvert l'affaire
00:05:46en voyant le film,
00:05:48ce qui est une assez grosse surprise,
00:05:50vu que, comme il se prénomme lui-même dans le commentaire,
00:05:53il est un peu le roi de la fiction criminelle américaine,
00:05:57et il avoue en être tombé de son siège, en fait.
00:05:59Il avait 21 ans à l'époque,
00:06:00et ça lui est complètement passé à côté.
00:06:05Alors, chose encore plus curieuse,
00:06:07David Fincher lui-même,
00:06:08qui était, à l'époque,
00:06:11donc, entre 69 et 74,
00:06:14Fincher avait, au alentour d'une dizaine d'années,
00:06:16il a grandi lui-même dans la baie de San Francisco,
00:06:19et était lui-même un de ses petits-enfants
00:06:21qui prenaient les bus scolaires,
00:06:22qui étaient menacés par le tueur,
00:06:24à travers la presse.
00:06:25Le tueur disait qu'il allait faire sauter les bus
00:06:31et choper les enfants au fusil,
00:06:34les uns après les autres.
00:06:36Donc, le petit David Fincher se souvient
00:06:40voir des hélicoptères ou des voitures de police
00:06:42sur les bus qu'il prenait pour aller à l'école.
00:06:45Et il se souvient de demander à son père ce qui se passait.
00:06:48Son père lui répondait,
00:06:49mais oui, c'est ce tueur qui menace de tuer les enfants,
00:06:51enfin, très normalement.
00:06:52Donc, le Zodiac a vraiment été
00:06:55le croque-mintain de l'enfance de David Fincher,
00:06:58mais un croque-mintain très réel,
00:06:59pour le coup, c'était vraiment celui
00:07:00dont les enfants parlaient pour se faire peur
00:07:03pendant la cour de récré
00:07:04ou dès que la lumière du jour venait à tomber.
00:07:09Et on peut même se demander
00:07:12si ce n'est pas son ombre,
00:07:13déjà, ce tueur qui plane sur la filmographie
00:07:15qui précède Zodiac,
00:07:16en ce qui concerne David Fincher.
00:07:17Donc, bien sûr, je pense à Seven,
00:07:20mais aussi, pourquoi pas,
00:07:21le montre d'Alien 3,
00:07:24les voleurs d'Emplani Chrome,
00:07:26enfin, tout ça,
00:07:27on sent que c'est un peu
00:07:29c'est un peu le fantôme du Zodiac,
00:07:31ou en tout cas, on peut se poser la question
00:07:32si ce n'est pas ce fantôme qui planait déjà.
00:07:35Et curieusement,
00:07:36donc, le scénario du film Zodiac
00:07:39a été, comment dire,
00:07:42on l'a forcé un peu la main en Fincher,
00:07:44son agent qui, à force d'opiniâtreté,
00:07:46lui a mis dans les mains,
00:07:47puisque depuis Seven, Fincher,
00:07:49qui allait un peu marre d'être catalogué,
00:07:51cinéaste, des tueurs en série,
00:07:53ne voulait plus rien lire sur le thème.
00:07:56Et donc, c'est à ce moment-là
00:07:59qu'il a reçu le scénario,
00:08:01et que lui-même a découvert
00:08:03certains des dessous de l'affaire,
00:08:04qu'il ne connaissait pas,
00:08:05tout ce que montre le film,
00:08:09l'investissement des journalistes
00:08:10et du dessinateur du journal
00:08:12de San Francisco Chronicle.
00:08:16En fait, c'est un peu difficile,
00:08:17c'est assez étrange, assez curieux,
00:08:20parce que, en fait,
00:08:23tout le film ne fait que parler
00:08:24de l'enfance de Fincher,
00:08:25c'est vraiment,
00:08:25enfin, ça n'a pas une madeleine de Proust,
00:08:27c'est un gigantesque gâteau,
00:08:28c'est assez hallucinant.
00:08:31Lui-même le compare
00:08:33à un marcore de filmiste,
00:08:34c'est-à-dire que c'est vraiment
00:08:35un film qui tient le même rôle
00:08:36dans sa filmographie,
00:08:37c'est un peu la...
00:08:40si sa filmographie était un système solaire,
00:08:42Zodiac, c'est Jupiter,
00:08:43c'est vraiment ce qui est au centre.
00:08:45Donc,
00:08:47en ce qui concerne Zodiac,
00:08:48c'est pas vraiment un film de tueur en série,
00:08:49au sens classique,
00:08:50puisque le tueur lui-même, Zodiac,
00:08:52est dépassé un peu cette catégorie,
00:08:54puisque ces menaces aux enfants,
00:08:58aux journalistes, etc.,
00:09:00ça dépasse un peu,
00:09:01ça touche aussi à ce qu'on appelle
00:09:02les tueurs de masse,
00:09:04bien sûr, le terrorisme.
00:09:06Mais surtout, c'est un film
00:09:07qui reprend le motif classique
00:09:12du cinéma de Compto des années 70.
00:09:15Vous savez, c'est ce cinéma,
00:09:16vous avez tous vu des films, je suppose,
00:09:18de cette époque-là,
00:09:20la trilogie paranoïaque de Pakula,
00:09:23donc, Clout,
00:09:24A cause d'un assassinat,
00:09:26Les hommes du président,
00:09:28vous avez Les conversations secrètes de Coppola,
00:09:30vous avez Les trois jours du condor, etc.,
00:09:31enfin, je n'ai pas tous les cités.
00:09:33Donc, c'est le cinéma de l'enfance de Fincher,
00:09:35encore une fois,
00:09:36mais c'est...
00:09:40c'est des films qui mettent souvent en scène
00:09:41un groupe de personnages
00:09:43ou un homme isolé
00:09:45qui va lutter contre une organisation occulte
00:09:49où la ramification potentiellement est finie
00:09:52et qui va tenter de dévoiler sa conspiration.
00:09:58Donc, dans Zodiac,
00:10:00tout ce schéma m'est inversé,
00:10:02c'est-à-dire qu'il s'agit d'un groupe de personnes
00:10:07ou apparenté à un groupe de personnes
00:10:08qui ont plus ou moins gestation
00:10:10en train de lutter contre un individu,
00:10:12mais qui a un peu les mêmes effets
00:10:14que les groupes ou les organisations
00:10:15dans le cinéma des années 70.
00:10:19Et d'ailleurs, la filmographie de Fincher
00:10:21est parsemée de petits clins d'œil
00:10:23de référence à ce cinéma-là.
00:10:25Très, très tôt,
00:10:27ça peut être vraiment des clins d'œil,
00:10:28donc les bobines et les micros à la fin de Seven,
00:10:31enfin, pour lui, c'est un clins d'œil à Clout,
00:10:32mais vous avez, dans le film The Game,
00:10:36je ne sais pas si vous vous souvenez,
00:10:37le personnage de Nicolas Born-Horton
00:10:38se rend dans une boîte
00:10:42où il doit faire un questionnaire
00:10:43et regarder un film.
00:10:43C'est exactement le même questionnaire,
00:10:45quasiment le même film
00:10:46que celui qu'on peut voir
00:10:47dans Un cause d'un assassinat.
00:10:51Panic Room n'est pas non plus
00:10:52à faire des clins d'œil
00:10:53à Ogan Anderson,
00:10:54il y a des lumettes,
00:10:54enfin, il y a énormément de choses.
00:10:57Mais surtout, dans son cinéma
00:10:59qui possède Zodiac,
00:11:00vous avez vraiment la structure
00:11:02du film de complot qui est reprise,
00:11:05donc, dans The Game,
00:11:06c'est assez clair,
00:11:07puisque c'est l'histoire
00:11:07d'un homme dont la vie bascule
00:11:09du jour au lendemain,
00:11:13en s'abonnant à un jeu
00:11:15qui va contaminer un peu
00:11:19tout son environnement,
00:11:20c'est vraiment une conspiration
00:11:22qui va recouvrir la totalité
00:11:24de son existence.
00:11:25Vous l'avez aussi dans Fake Love,
00:11:27alors, c'est peut-être pas très évident,
00:11:28mais dans la dernière partie,
00:11:29quand le personnage,
00:11:30on va l'appeler Jack,
00:11:34comprend que Tyler Durden
00:11:35va combattre une série d'attentats
00:11:36et essaye de déjouer ce plan,
00:11:39qu'il se rend la poulie, etc.,
00:11:41il ne fait que rencontrer des agents
00:11:44de cette même conspiration.
00:11:48Alors, c'est deux films aussi
00:11:49qui poussent ce motif
00:11:50à une certaine forme d'apogée,
00:11:55puisque c'est des conspirations
00:11:57qui sont telles,
00:11:59pour parler de Fake Love,
00:12:00par exemple,
00:12:00qu'elle cache même
00:12:02au personnage principal
00:12:03qu'il en est la source
00:12:04et qu'il en est l'origine.
00:12:05Donc, c'est vraiment
00:12:07un sort de point maximal
00:12:08à ce niveau-là.
00:12:10Donc, après ces films-là,
00:12:11on comprend qu'il ne pouvait
00:12:13que retourner cette structure,
00:12:15que retourner ce motif
00:12:16comme un gant en l'inversé.
00:12:18C'est clairement ce que Zodiac fait.
00:12:21Juste une chose
00:12:23concernant la récurrence
00:12:24de ce motif dans le cinéma
00:12:25de Fincher,
00:12:27je vais tenter quelque chose.
00:12:33On peut se demander
00:12:34si cette récurrence
00:12:36n'est pas liée au fait
00:12:37que Fincher,
00:12:38à la suite de son premier essai
00:12:39à Hollywood avec Alien 3,
00:12:42qui a été une expérience
00:12:43désastreuse pour lui,
00:12:44s'est vu un peu confisquer
00:12:45les rênes de son film
00:12:46par les exécutifs d'Hollywood
00:12:48qui ont remonté dans son dos.
00:12:50Le film, d'ailleurs,
00:12:51il a complètement désavoué
00:12:52quand vous regardez
00:12:54les filmographies
00:12:55présentes sur ses DVD.
00:12:56Alien 3 n'est même plus présent.
00:13:02Oui, donc Zodiac.
00:13:04Donc, les références
00:13:04pour ce cinéma-là
00:13:05sont assez claires.
00:13:06Vous avez tous, je pense,
00:13:08pour ceux qui l'ont vu,
00:13:11reconnu les références
00:13:12des hommes du président
00:13:13d'Alain Chippakula
00:13:14avec ce bureau,
00:13:17ce journal
00:13:18qui est très, très, très
00:13:20ressemblant,
00:13:21mais aussi le compositeur
00:13:23David Shire
00:13:24qui a fait la musique
00:13:25de Zodiac,
00:13:25qui est le compositeur
00:13:26des hommes du président,
00:13:27et aussi
00:13:27de Conversation Secrète.
00:13:29Et il livre une partition
00:13:30extrêmement similaire,
00:13:31une petite partition
00:13:32au piano
00:13:32qui est exactement la même.
00:13:35Juste pour revenir,
00:13:36pour dire une dernière chose
00:13:36sur le motif
00:13:37du conspirationnisme
00:13:38dans le cinéma américain
00:13:39des années 70,
00:13:41puisqu'on,
00:13:43traditionnellement,
00:13:43on impute
00:13:45l'arrivée de ce motif-là
00:13:49forcément aux événements
00:13:50politiques de l'époque,
00:13:51donc Kennedy,
00:13:52le Watergate,
00:13:53etc.
00:13:54Mais en fait,
00:13:55il commence un petit peu avant,
00:13:57d'ailleurs il n'est pas
00:13:57forcément américain
00:13:58puisque vous avez
00:13:58le blow-up d'Antonioni
00:14:00qui ouvre un peu
00:14:01ce mouvement,
00:14:03dont le blow-up
00:14:05est un remake,
00:14:05mais aussi un peu
00:14:06Conversation Secrète
00:14:07puisque Coppola
00:14:08a voulu l'avoir
00:14:08beaucoup inspiré.
00:14:11Mais on peut se demander
00:14:11si ce mouvement
00:14:12n'est pas aussi lié
00:14:13à l'époque
00:14:14à l'apparition
00:14:14de nouvelles technologies
00:14:16de communication,
00:14:17notamment liées
00:14:18à la duplication
00:14:19des messages,
00:14:20non plus à leur production.
00:14:22Dans des films
00:14:23comme Cloud,
00:14:23comme les Trois jours
00:14:24du Condor,
00:14:24vous avez
00:14:26toutes ces scènes
00:14:28de bobines,
00:14:29les premiers ordinateurs
00:14:30aussi je crois
00:14:30qu'on voit
00:14:31les Trois jours
00:14:31du Condor,
00:14:31les imprimantes,
00:14:32tout ce qui sert
00:14:33à enregistrer,
00:14:34à dupliquer,
00:14:34qui est mis en scène
00:14:35une vraie fétichisme
00:14:36autour de ces objets
00:14:36dans ces films.
00:14:38Et on peut se demander
00:14:39si ce n'est pas aussi
00:14:41lié à ça
00:14:41puisque ces technologies-là
00:14:43à l'époque
00:14:43étaient vraiment
00:14:44la propriété exclusive
00:14:46des institutions,
00:14:47que ce soit les médias,
00:14:47le gouvernement,
00:14:48etc.,
00:14:49et donc forcément
00:14:49du discours officiel.
00:14:53Donc voilà,
00:14:54je vous propose tout de suite
00:14:55un premier extrait.
00:15:07Je vais changer
00:15:08ma way
00:15:09de collecter
00:15:10des slaves.
00:15:10Je ne vais pas
00:15:11annoncer
00:15:12à quelqu'un
00:15:13que je ne vais
00:15:13commit à mes murs.
00:15:14Elles ne vont
00:15:14se ressembler
00:15:15comme
00:15:15routine robberies,
00:15:16killings
00:15:17de angers
00:15:17et des accidents,
00:15:18etc.
00:15:20Les policiers
00:15:20ne vont me
00:15:21catcher
00:15:21parce que j'ai été
00:15:22trop chéver pour eux.
00:15:23Je vois
00:15:24comme la description
00:15:24est passée,
00:15:25mais quand je fais
00:15:26ma chose,
00:15:27le reste de la fois
00:15:28je me ressemble
00:15:28complètement différente.
00:15:30Je ne vais pas vous dire
00:15:31ce que mon
00:15:32déjeuner
00:15:33consiste en
00:15:33quand je m'émerge.
00:15:34Comme de suite,
00:15:35je n'ai pas
00:15:36de fingerprints
00:15:36derrière moi,
00:15:38contrairement à ce que
00:15:38les policiers
00:15:39disent.
00:15:39je n'ai pas
00:15:40transparent
00:15:41finger-tips.
00:15:43Tout ce que c'est
00:15:44c'est deux coats
00:15:44d'airplane
00:15:45de cement
00:15:46coated
00:15:46sur mes
00:15:47finger-tips.
00:15:48Je n'ai pas
00:15:48de mémoire
00:15:49de bleu-pigs.
00:15:50Hey,
00:15:51bleu-pig,
00:15:51je suis dans le
00:15:52parc,
00:15:52vous avez
00:15:52utilisé
00:15:53de fer-trucs
00:15:54pour mask
00:15:55le son
00:15:55de vos
00:15:55cruises
00:15:56de la carrière-cars.
00:15:57Hey,
00:15:58pig,
00:15:58doesn't it
00:15:58rile vous
00:15:59pour avoir
00:15:59votre nose
00:16:00rubbed
00:16:00dans vos
00:16:00boo-boos ?
00:16:01Si vous
00:16:02pense que
00:16:03je vais
00:16:03prendre un
00:16:03bus
00:16:04comme je
00:16:04disais,
00:16:05vous
00:16:05deserve
00:16:05de
00:16:06avoir
00:16:07dans vos
00:16:07heads.
00:16:10Je me
00:16:10disais.
00:16:15One
00:16:15bag
00:16:15ammonium
00:16:16nitrate
00:16:16fertilizer,
00:16:17one
00:16:17gallon
00:16:18of
00:16:18stove
00:16:18oil,
00:16:19dump
00:16:19a few
00:16:19bags
00:16:20of
00:16:20gravel
00:16:21on
00:16:21the
00:16:21top.
00:16:22It's
00:16:22a baaam.
00:16:23Ok,
00:16:23we gotta
00:16:23call
00:16:24the
00:16:24armen
00:16:24and
00:16:24see
00:16:24if
00:16:24the
00:16:25science
00:16:25experiment
00:16:25could
00:16:26actually
00:16:26work.
00:16:27Another
00:16:28cipher.
00:16:31When
00:16:31of these
00:16:32arrived?
00:16:32They
00:16:33arrived
00:16:33this
00:16:33morning.
00:16:34Are
00:16:34you
00:16:34playing
00:16:34the
00:16:34public?
00:16:41Donc voilà, cette scène que j'ai choisie montre un peu ce qui se passe quand le journal
00:16:47Chronicle reçoit une lettre et un code du tueur.
00:16:52Je crois qu'à ce moment-là du film, c'est un peu la troisième fois, c'est la troisième
00:16:55scène qui montre ce qui devient un rituel très vite.
00:17:01Et ce que ça demande, c'est qu'en fait, il y a eu un mouvement, au départ, uniquement
00:17:07le comité de rédaction, il n'y avait que le comité de rédaction qui faisait un peu
00:17:11le debrief des lettres, et très très vite, donc on voit un peu tout le journal qui, comme
00:17:16un public, vient citer à ça, et aussi à l'arrivée des policiers, et donc c'est vraiment un côté
00:17:23rituel.
00:17:24Donc juste pour dire aussi juste une chose, donc à la sortie du film, à la sortie de Zodiac,
00:17:29il y a beaucoup de gens qui ont pointé le fait que c'était un film plein à craquer
00:17:33d'informations.
00:17:34C'est un film très très riche, il y a beaucoup de choses qui se disent, qui s'échangent.
00:17:38Je crois qu'un critique américain a dit avoir eu l'impression d'être dans un classeur
00:17:42pendant deux heures et demie, ou un placard plein de fichiers.
00:17:47Et en fait, le précédent film américain, mais le précédent film à détenir ce titre,
00:17:54c'est le JFK d'Oliver Stone.
00:17:56Donc le JFK qui revient sur l'enquête du procureur Jim Garrison, sur la conspiration,
00:18:01puisqu'on fait un peu ça comme ça, de l'Assassinat de Kennedy.
00:18:04Alors, ce que je disais au début, l'Assassinat de Kennedy est un des moments primitifs du
00:18:09cinéma de complot des années 70.
00:18:12Et le critique culturel américain Frederick Jameson, dans son livre La totalité comme
00:18:17complot, qui est un essai un peu sur ce cinéma-là, il voit dans l'Assassinat de Kennedy, dans
00:18:23les jours qui ont suivi, dans le traitement que les médias ont fait de l'événement
00:18:26dans les jours qui ont suivi, l'origine paradigmatique de notre modernité médiatique.
00:18:31En fait, c'est le moment où est menée notre modernité médiatique, puisque dans
00:18:37les jours qui ont suivi, il y a eu une véritable explosion communicationnelle, mais qui était
00:18:41d'ailleurs inédite auparavant.
00:18:43Et donc, il dit, pour la première fois dans leur histoire, les médias rassemblèrent
00:18:47pendant plusieurs jours une énorme collectivité.
00:18:49Ils nous donnèrent un aperçu d'une sphère publique encore à venir.
00:18:53Selon lui, cette communauté utopique et alors intraperçue laissa une telle cicatrice
00:18:59que le CSI chercherait depuis une chance de renaître à la faveur d'une violence inattendue.
00:19:05Donc, il écrit ça en 1991.
00:19:08Et donc, on sait que depuis les événements, en tendance à lui donner un petit peu raison,
00:19:13je pense forcément aux attentats du 11 septembre, on voit bien ce que la couverture médiatique
00:19:19de tels événements a de... ce qui fait penser à une communion où tout le monde, d'un coup,
00:19:25va regarder dans la même direction.
00:19:26On sait que ce qu'on regarde, tout le monde est en train de le regarder, tout le monde
00:19:29est en train de le vivre de la même façon.
00:19:32Et d'ailleurs, beaucoup de critiques à la sortie de Zodiac ont vu, à juste titre,
00:19:38le tueur comme un écho aussi de Ben Laden.
00:19:42Mais c'est aussi parce qu'il y a peut-être une généalogie à faire entre le tueur en Syrie,
00:19:45le tueur de masse et le terroriste, mais j'essaierai d'y revenir un peu plus tard.
00:19:52Donc, l'assassinat de Kennedy, pour Freddie Jameson, ce qu'il a aussi de particulier,
00:19:58c'est qu'il a réalisé aussi les noces un petit peu du thème de l'assassinat et de la
00:20:04question des médias, en fait.
00:20:06Et on voit bien aussi comment il met en place déjà, comment cette couverture médiatique,
00:20:10comment cet événement met aussi en place un principe de sérialité,
00:20:13puisque, après l'assassinat de Kennedy, il y a eu Oswald,
00:20:17d'ailleurs, qui concrétise un peu le rêve de la télé,
00:20:21qui a toujours été de filmer la mort en direct.
00:20:23Donc, là, c'est fait.
00:20:25Donc, le motif de la sérialité.
00:20:27Donc, tout ça pour vous dire qu'en fait,
00:20:30en tout cas, c'est la proposition que je vais vous faire,
00:20:32c'est comment Zodiac montre lui aussi la mise en place d'un festival médiatique,
00:20:41communicationnel, même qui dépasse le cas de la presse,
00:20:43et puis qui touche à la radio, à la télé, au cinéma.
00:20:48Et un sort de festival où il s'agirait de rejouer,
00:20:52sur un mode presque masturbatoire,
00:20:54d'ailleurs, une sorte de moment primitif,
00:20:56de le rejouer le plus possible,
00:20:58et un moment qui est lié forcément à la violence,
00:21:00à l'émergence de quelque chose d'inattendu, d'imprévisible,
00:21:04et qui est source de questionnements très forts.
00:21:11Donc, juste pour reparler de l'extrait,
00:21:14pour ceux qui n'ont pas vu le film,
00:21:15j'ai essayé de présenter les personnages très vite.
00:21:16Donc, le personnage qui sort de l'ascenseur,
00:21:19qui est joué par J.G. Lenholz,
00:21:21c'est Robert Grès-Smith,
00:21:22l'auteur des deux livres sur le Zodiac dont je vous parlais au début.
00:21:28La personne qui se tourne vers lui à la fin,
00:21:31pour les proposés à Anvers,
00:21:32c'était le reporter en criminologie Paul Ivry,
00:21:36joué par Robert Doné Jr.
00:21:39et donc, les deux policiers,
00:21:41vous avez reconnu grâce à l'heure imperméable,
00:21:44Armstrong et Tosky,
00:21:46alors Tosky joué par Marc Ruffalo,
00:21:48j'ai oublié le nom de l'acteur qui joue,
00:21:51Armstrong, qui était le docteur Grimard.
00:21:53Pardon ?
00:21:54Anthony Edwards, merci.
00:21:56Voilà, donc Anthony Edwards et Marc Ruffalo,
00:21:57donc les deux policiers.
00:22:01Donc, cette scène montre vraiment
00:22:02le côté rituel qu'il y a dans la réception d'Ela Trace.
00:22:06C'est vraiment, je vais tenter peut-être une comparaison
00:22:09un petit peu bizarre,
00:22:10mais c'est un peu comme l'épisode d'une nouvelle série
00:22:13à Mystère, Type Love to Twin Peaks,
00:22:15qu'il faudrait débriefer,
00:22:17sur lequel il faudrait s'interroger.
00:22:21C'est l'occasion d'échanger
00:22:23d'informations, de réfléchir dessus.
00:22:26On voit bien que
00:22:27la façon dont Paul Aivry,
00:22:29dans la scène, dans l'extrait, réagit,
00:22:31dès qu'il sait qu'il y a un code,
00:22:34il ressent un petit mouvement de tête,
00:22:37on sent une sorte de fébrilité.
00:22:39Alors le personnage de Paul Aivry,
00:22:40qui est un personnage,
00:22:41le vrai Paul Aivry,
00:22:43qui avait un problème
00:22:45avec l'alcool et la coque,
00:22:46mais on sent qu'il y a un état chez lui
00:22:48qui est lié à l'accoutumance.
00:22:49Le code arrive aussi pour titiller ça chez lui.
00:22:53Il y a vraiment la besoin
00:22:54de se pencher sur quelque chose
00:22:57qui va réunir des gens
00:22:59et mettre des intelligences en collectivité,
00:23:01en réseau,
00:23:02et qui vont essayer de réfléchir là-dessus.
00:23:08Peut-être aussi que
00:23:10l'émergence du bien-cien entendu
00:23:12pour créer des sortes de...
00:23:16des sentiments de communion
00:23:18auprès du public,
00:23:19c'est peut-être ce que notre modernité
00:23:21a peut-être trouvé de mieux
00:23:22pour simuler le mieux
00:23:24le sentiment du tabula rasa,
00:23:27c'est-à-dire d'un moment
00:23:28où on arrête tout,
00:23:29on réfléchit,
00:23:29on se pose tous ensemble
00:23:31pour réfléchir sur quelque chose,
00:23:32pour essayer de comprendre.
00:23:35Donc l'autre élément
00:23:36qui parasite le schéma classique
00:23:37du film Enquête des années 70
00:23:39avec sa structure,
00:23:41c'est le personnage
00:23:41de Robert Grès-Smith.
00:23:44Les films traditionnels,
00:23:46les films dossiers traditionnels
00:23:47sont portés par des personnages
00:23:50de journalistes,
00:23:51de policiers,
00:23:53des personnes,
00:23:54des professionnels de la surveillance.
00:23:57et donc Robert Grès-Smith,
00:23:59c'est ce qu'on appelle
00:23:59aux Etats-Unis
00:24:00un cartooniste.
00:24:02Le terme cartooniste
00:24:04recouvre un peu plus
00:24:05que ce qu'on appelle
00:24:06nous le caricaturiste politique
00:24:07puisque cartooniste
00:24:08renvoie aussi
00:24:09au monde de la bande dessinée.
00:24:13Alors c'est un personnage
00:24:14qui n'a pas vraiment
00:24:15dans sa cinématographique
00:24:16à ma connaissance,
00:24:17le seul auquel moi
00:24:18j'ai pu le rattacher,
00:24:20notamment dans le cinéma
00:24:21donc de complot,
00:24:21c'est un peu le personnage
00:24:23que joue Robert Redford
00:24:24dans les trois jours du Condor,
00:24:25Joseph Turner.
00:24:28Je ne sais pas si vous vous souvenez,
00:24:30il travaille dans une antenne bizarre
00:24:31de la CIA
00:24:31où ils sont occupés
00:24:33à lire à peu près
00:24:33tout ce qui se publie
00:24:35et à tenter de déceler
00:24:36des indices ou des idées
00:24:38pour des futures missions.
00:24:40Donc en fait,
00:24:40c'est un rat bibliothèque
00:24:41et le personnage
00:24:42de Robert Redford
00:24:42s'est clairement identifié
00:24:44comme un...
00:24:46Il répète à plusieurs moments
00:24:48dans le film
00:24:48qu'il adore les livres,
00:24:49les librairies,
00:24:50les puzzles, etc.
00:24:51Dans les trois jours du Condor,
00:24:54vous avez ce moment
00:24:55où, en fait,
00:24:56c'est le début du film,
00:24:57le personnage arrive
00:24:58et alors que des collègues
00:25:00butent sur une question
00:25:02d'un mystère policier
00:25:03assez vague,
00:25:04ils trouvent la solution
00:25:05tout de suite
00:25:06en citant Dick Tracy,
00:25:07en fait,
00:25:08donc un personnage
00:25:09de bande dessinée.
00:25:11Et le vrai Robert Gray-Smith,
00:25:14quand le scénariste
00:25:16de Zodiac
00:25:16l'a rencontré,
00:25:17en fait,
00:25:17le vrai Robert Gray-Smith
00:25:18lui a tout de suite
00:25:19présenté sa collection
00:25:20de Dick Tracy.
00:25:20donc, on ne sait rien
00:25:22un peu lâche,
00:25:25mais il y a quand même
00:25:27la question
00:25:28de l'univers de l'enfance
00:25:29de la bande dessinée
00:25:30qui est dessinée.
00:25:36Le personnage de Robert Gray-Smith
00:25:38dans le film
00:25:38est clairement
00:25:39une sorte d'ado attardé.
00:25:41C'est un pur personnage
00:25:42finchérien.
00:25:44c'est un peu
00:25:45le petit frère
00:25:45du Jack
00:25:46de Fight Club
00:25:46qui disait
00:25:47qu'il était
00:25:47un adolescent
00:25:49enfermé
00:25:50dans le corps
00:25:50d'un adulte
00:25:50de 30 ans.
00:25:53Vous avez ce thème-là
00:25:54aussi dans
00:25:54Benjamin Button
00:25:56qui raconte
00:25:57tout littéralement
00:25:58l'histoire
00:25:59d'un enfant
00:26:00enfermé
00:26:00dans un corps
00:26:00d'adulte.
00:26:02Et c'est parce que
00:26:03le thème de l'enfance,
00:26:04je parle beaucoup
00:26:04de l'enfance
00:26:04de Fincher
00:26:05mais le thème de l'enfance
00:26:06c'est un thème transversal
00:26:07dans son cinéma.
00:26:11Pour revenir sur
00:26:12le personnage
00:26:13de Robert Gray-Smith
00:26:13son caractère
00:26:14un petit peu asocial
00:26:16et son presque autisme
00:26:19l'amour des codes
00:26:20et des puzzles
00:26:21le rattache
00:26:22aux personnages
00:26:23qui viendront plus tard
00:26:24dans la filmographie
00:26:24de Fincher
00:26:25je pense bien sûr
00:26:25au Mark Zuckerberg
00:26:27de The Social Network
00:26:30mais aussi au personnage
00:26:31de Lisbeth Salander
00:26:32dans Millennium
00:26:33qui sont des personnages
00:26:34un peu qui fonctionnent
00:26:35sur les mêmes modes
00:26:35sur le côté
00:26:36autisme, le côté
00:26:38amour des codes
00:26:38cette façon
00:26:40de traiter des informations
00:26:42déjà comme s'ils étaient
00:26:43dans un devenir machine
00:26:45à devenir ordinateur
00:26:48c'est parce qu'en fait
00:26:49le personnage
00:26:49de Robert Gray-Smith
00:26:51est un ancêtre
00:26:53de ce qu'on appelle
00:26:54un geek
00:26:54dans la terminologie
00:26:58informatique
00:26:58le geek
00:26:59ça désigne une personne
00:27:02très pointue
00:27:03dans un domaine particulier
00:27:04qui est souvent lié
00:27:05aux nouvelles technologies
00:27:05ou aux cultures
00:27:08dites de l'imaginaire
00:27:09en fait
00:27:10il est en perpétuel
00:27:12décalable dans le film
00:27:12mais c'est parce que
00:27:14il est aussi peut-être
00:27:15en avance
00:27:16il est comparable
00:27:17à un élément contemporain
00:27:18qui est greffé
00:27:19dans ce film d'époque
00:27:22donc Zodiac
00:27:23apparaît comme un film
00:27:25type film d'hôtel
00:27:26des années 70
00:27:27corrompu de l'intérieur
00:27:28par quelque chose
00:27:28de contemporain
00:27:31et c'est d'ailleurs
00:27:31ce que vient enseigner
00:27:32aussi les effets spéciaux
00:27:33du film
00:27:33le recours à beaucoup
00:27:34d'effets numériques
00:27:35qui viennent travailler
00:27:36la matière
00:27:38du San Francisco
00:27:39des années 70
00:27:42et si les films
00:27:43de thrillers
00:27:44de complot
00:27:44mettaient en scène
00:27:45une paranoïa
00:27:46qui était dirigée
00:27:47avant par le haut
00:27:48qui est dirigée
00:27:49du bas vers le haut
00:27:50vers les institutions
00:27:53gouvernementales
00:27:54vers les médias
00:27:57d'en haut
00:27:58le retournement topologique
00:27:59qu'opère Zodiac
00:28:01peut-être
00:28:01en tout cas
00:28:02c'est ma théorie
00:28:04de se faire l'écho
00:28:05aussi du changement
00:28:06opéré
00:28:06dans les technologies
00:28:09contemporaines
00:28:09c'est-à-dire
00:28:10qu'avec
00:28:10on va appeler ça
00:28:11la démocratisation
00:28:13notamment
00:28:14avec l'arrivée
00:28:15de l'informatique
00:28:18les technologies
00:28:19ont été réparties
00:28:20à tous les niveaux
00:28:21de la population
00:28:22et il n'est pas rare
00:28:24de voir les institutions
00:28:25être dépassées
00:28:26par des individus
00:28:28venus d'en bas
00:28:29venus des marges
00:28:30venus des recoins
00:28:31obscurs
00:28:32de la société
00:28:33et c'est un peu ça
00:28:34en fait
00:28:35que Zodiac
00:28:36aussi met en scène
00:28:36en retournant
00:28:38le motif
00:28:40du cinéma de complot
00:28:41des années 70
00:28:43c'est une
00:28:47quand je parlais
00:28:48de la méfiance
00:28:50on voit bien
00:28:50comment
00:28:51on peut aujourd'hui
00:28:52une méfiance
00:28:53est portée
00:28:53sur l'individu
00:28:55vous savez
00:28:56c'est la théorie
00:28:57du lot solitaire
00:28:58quand on parle
00:28:58du terrorisme
00:29:00est-ce que mon voisin
00:29:01est un hacker
00:29:03etc
00:29:03c'est un peu
00:29:04ce genre de choses
00:29:07donc Marshall McLuhan
00:29:09disait que
00:29:10chaque bond
00:29:11technologique
00:29:12induisait un changement
00:29:14d'échelle
00:29:15dans la société
00:29:16qui dissolvait
00:29:18toutes les technologies
00:29:19qui précédaient
00:29:21et après Zodiac
00:29:22quand Fincher
00:29:23réalise
00:29:23le social network
00:29:24en 2010
00:29:25c'est un peu
00:29:26tous les films
00:29:28qui précèdent
00:29:28donc y compris
00:29:29Zodiac
00:29:29tous les films
00:29:30qui précèdent
00:29:30qui semblent pouvoir
00:29:31se lire
00:29:32à ce moment là
00:29:33à la lumière
00:29:34de la métaphore informatique
00:29:36et on passe tout de suite
00:29:37à l'extrait numéro 2
00:29:38Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30:11Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30:38Sous-titrage Société Radio-Canada
00:30:40Sous-titrage Société Radio
00:31:19C'est un peu sec en fait
00:31:21j'aurais pu passer
00:31:22beaucoup d'extraits
00:31:23de social network
00:31:23tant les parallèles
00:31:25sont faciles à faire
00:31:27entre Zodiac
00:31:28et Mark Zuckerberg
00:31:29si vous avez passé
00:31:30ces deux là
00:31:31c'est parce que
00:31:31à mon avis
00:31:31les deux
00:31:32a défini vraiment
00:31:33ce qu'est Mark Zuckerberg
00:31:34dans social network
00:31:35c'est en fait
00:31:36c'est ce qu'on appelle
00:31:37le troll
00:31:37en fait
00:31:39le troll
00:31:40dans la terminologie
00:31:41internet
00:31:41ça désigne
00:31:42quelqu'un
00:31:42donc une sorte de
00:31:43personne
00:31:44aigri
00:31:45qui participe
00:31:46à une discussion
00:31:46ou un débat
00:31:47dans le but
00:31:47de susciter la polémique
00:31:49et de perturber
00:31:51l'équilibre
00:31:51de la communauté
00:31:52c'est ce qu'on voit
00:31:52en fait
00:31:53dans ce qu'il fait
00:31:54sur sa page facebook
00:31:56pour son travail
00:31:58sur
00:32:00l'histoire de l'art
00:32:01pardon
00:32:02et ça nous aide
00:32:03à comprendre
00:32:03ce qu'il fait
00:32:06dans le film
00:32:06social network
00:32:07c'est que c'est quelqu'un
00:32:08qui va troller Harvard
00:32:09qui va essayer
00:32:10de perturber
00:32:11l'équilibre
00:32:11de cette communauté
00:32:13pour attirer l'attention
00:32:16et donc si
00:32:16Grace Smith
00:32:17peut être vu
00:32:17comme l'ancêtre
00:32:18du geek
00:32:18c'est que le Zodiac
00:32:19à mon avis
00:32:19peut être vu
00:32:20comme un ancêtre
00:32:21du troll
00:32:22comme une figure
00:32:23qui anticipe
00:32:24le troll
00:32:26en fait
00:32:27on peut même
00:32:27se demander
00:32:29est-ce qu'à l'époque
00:32:29d'internet
00:32:30le Zodiac
00:32:30n'aurait pas été
00:32:31un formidable hacker
00:32:33et si Zuckerberg
00:32:34sans internet
00:32:35suite à sa
00:32:37déconnue
00:32:37sentimentale
00:32:38n'aurait pas pu
00:32:38devenir
00:32:38un tueur
00:32:40ou quelque chose
00:32:40comme ça
00:32:43alors ce qui est
00:32:44intéressant
00:32:44avec le portrait
00:32:46robot du Zodiac
00:32:49c'est que
00:32:51il évoque
00:32:52vraiment le contraire
00:32:53du hippie
00:32:53en éandré
00:32:54dans la fin
00:32:55des années 60
00:32:55ou début
00:32:56des années 70
00:32:56à San Francisco
00:32:57donc vraiment
00:32:58dans le foyer
00:33:00de la culture hippie
00:33:01et donc le portrait
00:33:03robot du tueur
00:33:03qui représente
00:33:04une sorte de personnage
00:33:06à lunettes
00:33:07aux cheveux
00:33:08très courts
00:33:09fait plutôt penser
00:33:10à l'ingénieur
00:33:12d'IBM
00:33:12ou le commis
00:33:14des postes
00:33:14c'est vraiment
00:33:14une figure
00:33:15qui semble
00:33:16tout droit
00:33:16venue
00:33:17de l'Amérique
00:33:18des années 50
00:33:19de l'Amérique
00:33:19d'Eisenhower
00:33:21vraiment
00:33:21l'Amérique
00:33:22conservatrice
00:33:24et donc
00:33:25on peut se demander
00:33:26si ce que le Zodiac
00:33:27vient troller
00:33:28n'est pas
00:33:28le Summer of Love
00:33:30à San Francisco
00:33:32et justement
00:33:33le journal
00:33:34à qui il envoie
00:33:35les lettres
00:33:36de San Francisco
00:33:37Chronicle
00:33:38c'est vraiment
00:33:39l'état d'esprit
00:33:40la caisse de résonance
00:33:41pardon
00:33:41de cet état d'esprit
00:33:42de ce Summer of Love
00:33:44puisque c'est
00:33:45le principal organe
00:33:46de presse
00:33:46de San Francisco
00:33:48et c'est aussi
00:33:48là où travaillait
00:33:49le journaliste
00:33:50appelé Herb Kahn
00:33:52qui est cité
00:33:52deux autres deux fois
00:33:53plus tard dans le film
00:33:54en fait c'est un journaliste
00:33:55qui a
00:33:55c'est lui qui a inventé
00:33:58le terme de beatnik
00:33:59et qui a popularisé
00:34:00celui de hippie
00:34:04cette façon
00:34:05d'interpeller
00:34:06donc la société
00:34:07comme le fait le Zodiac
00:34:08mais pas non plus
00:34:08sans faire penser
00:34:10au graffiti
00:34:11qui arrive à la même époque
00:34:12à New York plutôt
00:34:14mais surtout
00:34:15dans la façon
00:34:15dont le graffiti
00:34:17était utilisé
00:34:18par des personnages
00:34:19qui étaient plutôt
00:34:20en banlieue
00:34:21ils taggaient des trains
00:34:22et c'est une façon
00:34:22d'arriver
00:34:23par là
00:34:24à atteindre le coeur
00:34:25de la ville
00:34:26et donc le tueur
00:34:27Zodiac
00:34:27au cours
00:34:28de ces assassinats
00:34:30progressifs
00:34:31part de la campagne
00:34:32de la banlieue
00:34:33de San Francisco
00:34:33pour arriver
00:34:35jusqu'au coeur
00:34:35de la ville
00:34:36avec son troisième meurtre
00:34:39qui arrive d'ailleurs
00:34:42à la fin
00:34:43de la première
00:34:43demi-heure du film
00:34:45le meurtre
00:34:45d'un chauffeur de taxi
00:34:46et qui est d'ailleurs
00:34:47le dernier meurtre
00:34:48enregistré
00:34:48à ce jour du Zodiac
00:34:49et c'est vraiment
00:34:49le moment
00:34:50où on peut se demander
00:34:51s'il n'a pas atteint
00:34:52ce qu'il voulait
00:34:52à savoir
00:34:53attirer l'attention
00:34:54sur lui
00:34:55après ça
00:34:56il n'a plus qu'à
00:34:56se contenter
00:34:57d'envoyer des courriers
00:34:58de façon régulière
00:34:58et ça suffit
00:35:05à plusieurs reprises
00:35:06dans Zodiac
00:35:09la mise en échec
00:35:10des enquêteurs
00:35:12est souvent due
00:35:12en fait
00:35:13à leur incapacité
00:35:14technique
00:35:14à échanger
00:35:16des informations
00:35:17sur le tueur
00:35:17ou leur incapacité
00:35:20à les concentrer
00:35:20à un même endroit
00:35:22le tueur
00:35:23le tueur est vraiment
00:35:24un personnage
00:35:25qui utilise
00:35:26consciemment
00:35:28ou pas
00:35:28mais qui utilise
00:35:29les failles
00:35:29du système
00:35:31communicationnel
00:35:32médiatico-communicationnel
00:35:33de la police
00:35:33et des journaux
00:35:35et si vous pensez
00:35:36à The Social Network
00:35:37vous avez ce moment
00:35:39où Zuckerberg
00:35:40est convoqué
00:35:41dans le conseil
00:35:41de la discipline
00:35:45et déclare
00:35:46mériter
00:35:47les remerciements
00:35:48de ce conseil
00:35:49parce que
00:35:50son site
00:35:51FaceMash
00:35:51qui est l'ancêtre
00:35:52de Facebook
00:35:53en fait
00:35:54ce site a permis
00:35:55selon lui
00:35:56à mettre en évidence
00:35:57des failles de sécurité
00:36:00en ce moment là
00:36:01c'est un prétexte
00:36:03mais il a raison
00:36:03c'est vraiment
00:36:04ce que son site fait
00:36:05et le Zodiac aussi
00:36:06en fait
00:36:07par son action
00:36:08met clairement
00:36:09en évidence
00:36:09des failles
00:36:10au niveau
00:36:11des juridictions
00:36:12de la police
00:36:13des failles
00:36:14au niveau
00:36:14de la façon
00:36:15dont elles échangent
00:36:16les informations
00:36:19vous avez plusieurs scènes
00:36:21qui reviennent
00:36:22dans Zodiac
00:36:23où vous voyez
00:36:24d'un côté
00:36:25le duo
00:36:26Robert Gray Smith
00:36:26Paul Evry
00:36:27ce qui concerne le journal
00:36:28et de l'autre côté
00:36:30Armstrong et Tusky
00:36:31en train de réfléchir
00:36:32chacun de leur côté
00:36:34à l'affaire Zodiac
00:36:35et chacun de leur côté
00:36:37arriver aux mêmes conclusions
00:36:38comme si
00:36:38les deux duos
00:36:39étaient pris dans un mouvement
00:36:41de convergence
00:36:42on sent qu'ils sont pris
00:36:43dans un mouvement
00:36:43qui vise à en faire
00:36:46une sorte de collectivité
00:36:48en devenir
00:36:52ces lacunes
00:36:53au niveau
00:36:53des communications
00:36:54sur l'affaire
00:36:55le premier
00:36:56à en mettre le doigt dessus
00:36:57c'est le journaliste
00:36:58Paul Evry
00:37:01qui
00:37:02lors d'une scène
00:37:03d'engueulade
00:37:04avec son directeur en chef
00:37:07dit avoir envoyé
00:37:08au ministère de la justice
00:37:09un courrier
00:37:12qui proposait
00:37:12la création
00:37:13d'un centre d'information
00:37:15qui promouvrait
00:37:16pour promouvoir
00:37:17le libre-échange
00:37:18d'idées
00:37:20pour aider
00:37:21dans l'affaire
00:37:21en fait
00:37:22et en fait
00:37:23ce que décrit
00:37:24à ce moment
00:37:24la Paul Evry
00:37:24c'est ce qu'on pourrait
00:37:25appeler aujourd'hui
00:37:27un Wikipédia
00:37:28un Wikipédia
00:37:28sur le Zodiac
00:37:30et
00:37:33en fait
00:37:33il annonce
00:37:34un petit peu
00:37:34par là
00:37:34ce que sera
00:37:35le livre
00:37:36de Robert Gray Smith
00:37:39donc
00:37:39pour parler
00:37:40des codes
00:37:41envoyés
00:37:41par le Zodiac
00:37:42ce qui est intéressant
00:37:43en fait
00:37:43concernant les codes
00:37:44du Zodiac
00:37:44c'est qu'il constitue
00:37:46vraiment des équivalents
00:37:48graphiques
00:37:48des équivalents graphiques
00:37:50de ce que
00:37:50de ce à quoi
00:37:51correspond sa croisade
00:37:53meurtrière
00:37:53en fait
00:37:53c'est à dire
00:37:55un groupe
00:37:56en interrogation
00:37:57une invitation
00:37:58au questionnement
00:37:58au décryptage
00:37:59pourquoi
00:38:00pourquoi est-ce qu'un tueur
00:38:01c'est toujours la question
00:38:01pourquoi
00:38:03tuer ces gens-là
00:38:04pourquoi tuer
00:38:04etc
00:38:05pourquoi ce nom
00:38:06Zodiac
00:38:06etc
00:38:06donc c'est
00:38:07c'est vraiment
00:38:08la mise en abyme
00:38:08de son propre mystère
00:38:09et le mystère
00:38:11est quelque chose
00:38:12auquel tient beaucoup
00:38:13le tueur
00:38:15c'est un peu
00:38:15celui qui trouble l'eau
00:38:16pour faire croire
00:38:17qu'elle est profonde
00:38:17pour se donner
00:38:18une contenance
00:38:20en fait
00:38:21on peut se dire
00:38:22que le tueur
00:38:23il fait que
00:38:24cristalliser
00:38:25des éléments
00:38:26présents en suspension
00:38:27dans la société
00:38:28à ce moment-là
00:38:30des sortes de déchets
00:38:31psychiques
00:38:31issus du monde médiatique
00:38:33en fait
00:38:33puis son identité
00:38:34Zodiac
00:38:35tout le long du film
00:38:36sont évoqués
00:38:37un peu plein d'éléments
00:38:38météoroclites
00:38:39qui ont constitué
00:38:39son identité
00:38:40donc il y a
00:38:42la pub pour une montre
00:38:43vous avez
00:38:44un livre
00:38:46un film
00:38:47lui-même
00:38:48il lit beaucoup
00:38:49la presse
00:38:50on sait qu'il lit
00:38:50le chronicle
00:38:51puisqu'il s'inspirait
00:38:52beaucoup
00:38:52des faits divers
00:38:52donc ça
00:38:54s'adresse un petit peu
00:38:54un panorama
00:38:55du monde médiatique
00:38:56un peu l'imaginaire
00:38:57médiatique
00:38:58de l'époque
00:39:00et cette façon
00:39:01de se composer
00:39:03une identité
00:39:04en faisant
00:39:06un agrégat
00:39:07de produits
00:39:08hétéroclites
00:39:09n'est pas
00:39:09ça faire penser
00:39:12à ce qu'on appelle
00:39:13dans la mythologie
00:39:13les chimères
00:39:14c'est le sphinx
00:39:16la plus connue
00:39:17donc cette façon
00:39:19d'apostropher
00:39:20une communauté
00:39:21de poser une question
00:39:22n'est pas
00:39:23ce qui s'est passé
00:39:23au milieu du sphinx
00:39:28et cette façon
00:39:29de se créer
00:39:31une identité
00:39:31à partir
00:39:32d'éléments
00:39:33de biens
00:39:34de produits
00:39:35de biens symboliques
00:39:38était pointée
00:39:39à la même époque
00:39:39en 1969
00:39:40en France
00:39:41par Baudrillard
00:39:42avec le système
00:39:42des objets
00:39:43et la société
00:39:44de consommation
00:39:45donc l'importance
00:39:46des biens symboliques
00:39:48dans la construction
00:39:48des identités
00:39:54on voit bien
00:39:55comment
00:39:57cet état de choses
00:39:58et il y a
00:39:59une prolifération
00:40:00de signes
00:40:01une prolifération
00:40:02d'informations
00:40:06on peut dire
00:40:07que c'est
00:40:08Zodiac
00:40:10parle d'une période
00:40:11où
00:40:11les objets
00:40:12sont devenus
00:40:13eux-mêmes
00:40:13des moyens
00:40:14de communication
00:40:15sont en même
00:40:15devenus
00:40:15des médias
00:40:20c'est déjà
00:40:22ce que montrait
00:40:22le bleu hub
00:40:23d'Antononi
00:40:24à son époque
00:40:24c'est que
00:40:26le film
00:40:27montrait
00:40:28une accumulation
00:40:29tout d'un coup
00:40:30de faits
00:40:30et d'indices
00:40:31d'informations
00:40:32et au lieu
00:40:33de faire
00:40:36l'enquêteur
00:40:37ou les enquêteurs
00:40:38de les faire
00:40:38se rapprocher
00:40:39de la solution
00:40:39cette prolifération
00:40:41elle est participée
00:40:42elle est dispersée
00:40:44à les perdre
00:40:45en fait
00:40:47donc on peut dire
00:40:48que le phénomène
00:40:49Zodiac
00:40:49dans le film
00:40:50est un peu
00:40:50une métaphore
00:40:51de notre
00:40:52modernité
00:40:53hyper informée
00:40:53sur informée
00:40:55où au lieu
00:40:56de faire augmenter
00:40:57notre connaissance
00:40:58du monde
00:40:58qui nous entoure
00:41:00nous le met
00:41:00de plus en plus
00:41:01à distance
00:41:03et augmente
00:41:04notre paranoïa
00:41:06vis-à-vis de ce monde
00:41:07là
00:41:07notre souci
00:41:11d'investigation
00:41:11paranoïaque
00:41:12pour le décrypter
00:41:14et
00:41:16on voit bien
00:41:16comment
00:41:17la sur-interprétation
00:41:18d'une certaine façon
00:41:19l'investigation paranoïaque
00:41:21est devenu
00:41:21un peu
00:41:22le corollaire
00:41:23de notre
00:41:24système médiatique
00:41:26donc dans
00:41:27le tout premier
00:41:28extrait
00:41:28que je vous ai montré
00:41:30le Zodiac
00:41:31dans sa lettre
00:41:32explique
00:41:32en fait
00:41:33que dorénavant
00:41:35ces crimes
00:41:35ne seront plus signés
00:41:36par lui
00:41:36mais se confondront
00:41:38ou seront cachés
00:41:39derrière des faits divers
00:41:41traditionnels
00:41:41un accident
00:41:42etc
00:41:43en fait
00:41:44à ce moment là
00:41:44le tueur
00:41:45cherche vraiment
00:41:45à se confondre
00:41:46avec l'information
00:41:48il cherche vraiment
00:41:49à se confondre
00:41:50avec ce qui fait
00:41:51événement
00:41:52dans la société
00:41:52de l'information
00:41:54il cherche vraiment
00:41:55à dissoudre
00:41:56toute dimension
00:41:57individuelle
00:41:58de son activité
00:42:01et ça correspond
00:42:02au moment où
00:42:02il se désincarne
00:42:03et donc c'est pas
00:42:04un hasard aussi
00:42:05où après là
00:42:06après ce moment là
00:42:08il arrêtera
00:42:09vraiment de tuer
00:42:10malgré ce qu'il revendiquait
00:42:15vous avez une scène
00:42:16plus tard dans le film
00:42:19à la télévision
00:42:20au Jim Dunbar Show
00:42:23qui est une émission
00:42:23de talk show
00:42:24où le tueur
00:42:25avait appelé
00:42:26demandant la présence
00:42:27d'un célèbre avocat
00:42:29Melvin Belay
00:42:30qui est joué dans le film
00:42:31par Brian Cox
00:42:34et donc une semaine après
00:42:36cet avocat s'est présenté
00:42:38un appel a eu lieu
00:42:39et quelqu'un
00:42:40se faisant passer
00:42:41pour le Zodiac
00:42:42alors c'était pas lui
00:42:46donc appela
00:42:47en demandant
00:42:48d'aide à cet avocat
00:42:48on sait aujourd'hui
00:42:50que c'était le patient
00:42:51d'un hôpital psychiatrique
00:42:54donc pour l'anecdote
00:42:55j'ai appris récemment
00:42:56que c'était
00:42:57une personne
00:42:58du nom
00:42:58d'Eric Veil
00:42:59un photographe amateur
00:43:01vous le connaissez peut-être
00:43:02pour ceux qui sont familiers
00:43:03avec Bob Dylan
00:43:04parce qu'en fait
00:43:04il apparaît dans une archive
00:43:06très connue de Bob Dylan
00:43:07c'est la conférence de presse
00:43:09de 65
00:43:09qui suit
00:43:11la sortie de l'album
00:43:12Highway 61 Revisited
00:43:15donc Eric Veil
00:43:16était le premier
00:43:17à poser une question
00:43:18à Bob Dylan
00:43:20c'est un jeune homme
00:43:21assez bizarre
00:43:22à lunettes
00:43:23qui demande à Bob Dylan
00:43:24la signification
00:43:25du motif de la moto
00:43:26sur son t-shirt
00:43:27sur la pochette
00:43:27donc c'était lui
00:43:31donc ce qui est intéressant
00:43:32avec ce cas
00:43:33avec cette affaire
00:43:34de l'émission télé
00:43:35c'est qu'on voit bien
00:43:35que ce moment là
00:43:37le Zodiac
00:43:38donc bien sûr
00:43:39va créer des imitateurs
00:43:40comme c'est souvent le cas
00:43:41mais pas des copycats
00:43:42pas des gens qui vont tuer
00:43:42mais qui vont
00:43:43des gens qui vont
00:43:44tenter d'investir
00:43:45les médias
00:43:46comme lui
00:43:46des anonymes
00:43:47des kidams
00:43:47qui vont troller les médias
00:43:51d'une certaine façon
00:43:54l'identité Zodiac
00:43:55le phénomène Zodiac
00:43:55devient une sorte de bannière
00:43:57qu'on peut s'échanger
00:43:59ou qu'on peut prendre
00:44:00dans ce moment
00:44:01des autorisations
00:44:01un peu comme on a
00:44:02aujourd'hui
00:44:03les anonymous
00:44:04vous connaissez peut-être
00:44:05le mantra
00:44:06de ce groupe
00:44:08cette entité
00:44:09de hackers
00:44:12à laquelle tout le monde
00:44:13peut faire partie
00:44:15le mantra
00:44:16c'est nous sommes légion
00:44:17nous sommes partout
00:44:18c'est un peu
00:44:18cette même idée
00:44:20qu'on a
00:44:21à ce moment là
00:44:23et d'une certaine façon
00:44:25vous la retrouvez aussi
00:44:25avec Al-Qaïda
00:44:27je vous parlais
00:44:27de la théorie
00:44:28des loups solitaires
00:44:29c'est au bout d'un moment
00:44:29il n'y a pas besoin
00:44:31d'encontrer un officiel
00:44:32pour commettre
00:44:33un acte sur réclamant
00:44:35de cette organisation
00:44:36donc il n'y a vraiment
00:44:37c'est plus des sociétés
00:44:39de pyramides
00:44:39il n'y a plus de groupes
00:44:40c'est vraiment un truc
00:44:41qui s'échange
00:44:42comme ça
00:44:44une identité
00:44:46fantomatique
00:44:49d'où en fait
00:44:50un petit peu
00:44:51l'inalité de la question
00:44:52de l'identité du tueur
00:44:53très vite
00:44:55tant il est
00:44:58le zodiaque
00:44:59est le nom
00:45:00d'un processus
00:45:03en constant élargissement
00:45:05et en chrono
00:45:05défini
00:45:08lors de la première
00:45:10de l'inspecteur Harry
00:45:11qui est la première
00:45:12mise en scène
00:45:12dans le film
00:45:14ou donc
00:45:14la première
00:45:15à laquelle l'inspecteur
00:45:16David Tusky
00:45:17assiste
00:45:18et qui quitte très vite
00:45:19assez mal à l'aise
00:45:20par la mise en abîme
00:45:23de l'affaire
00:45:24pour laquelle
00:45:24il travaille toujours
00:45:28donc quand il quitte
00:45:29la salle
00:45:31et que Robert Gray Smith
00:45:32qui a cité aussi
00:45:33à la projection
00:45:34va le voir après
00:45:36les deux personnages
00:45:37sont croisés
00:45:38mais ne se connaissent
00:45:38pas vraiment encore
00:45:39Robert Gray Smith
00:45:40qui sent le dépit
00:45:43de Tusky
00:45:45lui dit
00:45:46vous allez finir
00:45:46par l'attraper
00:45:47c'est à quoi Tusky répond
00:45:49mais ils font déjà
00:45:50des films à son sujet
00:45:51c'est vraiment
00:45:52comme si le Zodiac
00:45:53avait déjà gagné
00:45:55même si on l'arrête
00:45:55c'est trop tard
00:45:57il existe un niveau
00:46:00il a gagné
00:46:01dans un autre monde
00:46:03c'est
00:46:04c'est comme
00:46:10le phénomène
00:46:10du mouvement
00:46:11comme une sorte
00:46:11d'organisme libre
00:46:12vivant
00:46:13qui échappe
00:46:14d'ailleurs même
00:46:14à l'individu
00:46:15qui était derrière
00:46:16lui-même ne maîtrise
00:46:17plus vraiment
00:46:17ce qu'il a mis
00:46:19en branle
00:46:22donc ce trollage
00:46:24de cette société
00:46:26correspond
00:46:26à une sorte
00:46:26d'envoûtement collectif
00:46:28et dans ce processus
00:46:29d'envoûtement collectif
00:46:30je vais dire
00:46:30quelques mots
00:46:31très très vite
00:46:32sur l'architecture urbaine
00:46:33de San Francisco
00:46:34qui joue un rôle
00:46:35en fait
00:46:35puisque
00:46:36San Francisco
00:46:37sa particularité
00:46:38c'est que c'est une ville
00:46:39qui est uniquement
00:46:39constituée de collines
00:46:42dénivelées
00:46:43d'apiques
00:46:44là où Los Angeles
00:46:45est horizontale
00:46:46et New York
00:46:46est vertical
00:46:49vous avez un film
00:46:50de 1952
00:46:51appelé The Sniper
00:46:52d'Edward Mitrick
00:46:54qui met en scène
00:46:55un personnage
00:46:56qui suite à
00:46:57une déception sentimentale
00:46:59se met en tête
00:47:00de tuer des femmes
00:47:01au hasard
00:47:01depuis les toits
00:47:02de San Francisco
00:47:03puisque la situation
00:47:06topographique
00:47:06de la ville
00:47:07lui permet
00:47:08d'avoir des lignes
00:47:08de mire
00:47:09assez formidables
00:47:10et c'est un personnage
00:47:12qui a aussi inspiré
00:47:14le personnage de Scorpio
00:47:14dans l'inspecteur Harry
00:47:16on peut se demander
00:47:17si le Zodiac aussi
00:47:17n'a pas vu ce film
00:47:18lui qui était cinéphile
00:47:20on le sait
00:47:21puisqu'il s'en réclamait
00:47:22dans ses courriers
00:47:22si même le Zodiac
00:47:23ne s'est pas inspiré
00:47:24de ça
00:47:25mais ça permet
00:47:25de comprendre
00:47:27aussi
00:47:27à partir du moment
00:47:28où le tueur arrive
00:47:28à San Francisco
00:47:29et à partir du moment
00:47:30où il menace
00:47:30de s'en prendre
00:47:31aux enfants
00:47:32avec un fusil
00:47:33comment la population
00:47:34de cette ville
00:47:35à ce moment là
00:47:36a pu avoir l'impression
00:47:37de vivre constamment
00:47:38sous la surveillance
00:47:39d'un tueur
00:47:41c'est comme si
00:47:41chaque toit d'immeuble
00:47:42était susceptible
00:47:42de cacher le tueur
00:47:45à tout moment
00:47:46dans la scène
00:47:47où les deux policiers
00:47:50escortent
00:47:51Melvin Belay
00:47:53sur le bateau de télévision
00:47:54celui-ci est couché
00:47:55sur la banquette arrière
00:47:55de la voiture
00:47:56c'est justement
00:47:57parce que Melvin Belay
00:47:58avait très peur du Zodiac
00:47:59dans le cas réel
00:48:01lui-même
00:48:01avait plusieurs fois
00:48:02pu les policiers
00:48:03parce qu'il était persuadé
00:48:04d'avoir vu le tueur
00:48:05sur un toit
00:48:06etc
00:48:06donc on est vraiment
00:48:07dans un dispositif
00:48:09de surveillance
00:48:11extrêmement fort
00:48:12à ce moment là
00:48:14en fait le Zodiac
00:48:16il touche à une dimension
00:48:17démiurgique
00:48:18en fait
00:48:18il est comme un visage
00:48:20dans le ciel
00:48:20il est partout
00:48:21c'est un peu cette image
00:48:22de cette couverture
00:48:23du premier fantômas
00:48:25quand le premier est sorti
00:48:27où vous voyez ce personnage
00:48:28en train de dominer
00:48:29une ville gigantesque
00:48:31à ce moment là
00:48:32le Zodiac
00:48:32dans l'inconscient
00:48:34des gens
00:48:35de San Francisco
00:48:36c'est un peu
00:48:37ce à quoi
00:48:38il fait penser
00:48:39c'est vraiment
00:48:40quelqu'un
00:48:41qui est toujours là
00:48:45on va passer
00:48:46à l'extrait numéro 4
00:48:47de l'inconscient
00:49:02de l'inconscient
00:49:05de l'inconscient
00:49:16de l'inconscient
00:49:19de l'inconscient
00:49:45de l'inconscient
00:49:49cent
00:50:04Donc cette scène en fait correspond à un processus d'accélération dans la voix des courriers du tueur au journal.
00:50:13Ce qui est intéressant dans cet extrait c'est que la lecture des lettres est faite par chacun des protagonistes
00:50:21de l'affaire, par chacun des enquêteurs, donc le journaliste et le caricaturiste du San Francisco Chronicle mais aussi les
00:50:31deux policiers.
00:50:31Et chacun commence donc les lettres par l'assignature du Zodiac qui était « This is the Zodiac Speaking »,
00:50:36c'est le Zodiac qui vous parle.
00:50:38Et en fait c'est intéressant parce que chacun va se mettre à parler comme le Zodiac, c'est un
00:50:44peu comme si le tueur avait incubé chacun de ses personnages.
00:50:51Et avec cette apparition des codes dans la réalité qui vont former des cloisons qui vont traverser les personnages, ça
00:51:00traduit vraiment cette idée que ce démurge,
00:51:04donc le Zodiac va enfermer tous les enquêteurs, tous ceux qui s'approchent un peu trop près de lui et
00:51:10qui vont se mettre à délirer sur lui, à chercher tous les sujets possibles.
00:51:13On peut se retrouver comme enfermé dans un labyrinthe, dans un monde clos.
00:51:22James Leroy dans le commentaire parle justement des policiers qui fréquentent et lui-même a remarqué beaucoup que beaucoup de
00:51:31ces policiers,
00:51:32au bout d'un moment, ont un train de vie très bordélique, très embrouillé et que la seule façon pour
00:51:41eux de réorganiser leur vie, c'est de résoudre une affaire en fait.
00:51:45C'est vraiment, ça correspond vraiment à leur porte de sortie. C'est un peu ce que se montre cet
00:51:50extrait, puisque chacun des protagonistes a assez mal fini dans l'affaire.
00:51:54Le journaliste Paul Avery a été liré du journal et a sombré un peu dans un alcoolisme assez triste.
00:52:02Vous avez Armstrong qui a quitté la police criminelle.
00:52:08Tosky lui-même est devenu assez écrite quant à ça.
00:52:13Seul Grace Smith a réussi à s'en sortir, mais ça n'est fallu d'assez peu, comme le film
00:52:17le montre.
00:52:20En fait, ce que montre Zodiac, et là je reprends les termes de Guillaume Aurignac dans son livre David Fincher,
00:52:26ou l'heure numérique,
00:52:28c'est que Zodiac montre le recouvrement d'une carte, le recouvrement patient d'un territoire par une carte.
00:52:37C'est-à-dire que vraiment, au moment, la réalité des enquêteurs est substituée par le Zodiac à une réalité
00:52:41qui est la sienne.
00:52:44Et en fait, c'est parce qu'en se désincarnant, le Zodiac a aussi rendu possibles les conditions d'une
00:52:51contagion du visible par l'invisible, du réel par l'imaginaire.
00:52:56Donc aussi, ces questions d'ultra-visibilité, de multiplicité, de reproductibilité, etc., d'enfantement,
00:53:05qui sont les caractéristiques du Zodiac, en fait, sont aussi les caractéristiques propres d'habitude à la star.
00:53:11Le mot « célébrité », qui vient de multitudes, de renommées, à la base décrit plus une condition qu'une
00:53:19personnalité.
00:53:21Fincher raconte que quand il a déménagé dans sa jeunesse en 1974,
00:53:27c'est là qu'il s'est rendu compte que plusieurs personnes à d'autres endroits connaissaient aussi le Zodiac.
00:53:33Et en fait, cette affaire intervient dans une société, dans une communauté, dans San Francisco,
00:53:38où la frontière entre fiction et réalité est déjà un peu poreuse,
00:53:42puisque plusieurs personnages du film sont à cheval entre ces deux réalités.
00:53:48Donc le personnage, l'inspecteur de David Tusky, en fait,
00:53:53et l'inspecteur qui a inspiré le personnage de Bullitt dans le film éponyme de Peter Yates,
00:53:59notamment avec le port de son arme, avec un holster collé contre la poitrine.
00:54:05L'avocat dont je vous parlais tout à l'heure, joué par Brian Cox, Melvin Belay,
00:54:09il est clairement très vite évoqué dans le film avant l'émission de télévision qu'il a joué dans un
00:54:14Star Trek.
00:54:16Il a aussi joué dans un film, il jouait son propre rôle dans un film appelé « Wild in the
00:54:20Streets »,
00:54:21qui met en scène la mise en place d'une dictature hippie aux Etats-Unis,
00:54:26où une pop star devient président, et enfin toutes les personnes qui ont plus de 30 ans dans des camps
00:54:30de concentration.
00:54:32Et en fait, il est aussi connu, Melvin Belay, parce qu'il a apparu dans le documentaire
00:54:37sur le fameux concert des Rolling Stones à Altamont,
00:54:41le désastreux concert, en fait, le catastrophique,
00:54:43puisque c'est lui qui négocia les conditions du concert avec le propriétaire du circuit à l'époque.
00:54:53Donc, en fait, le Zodiac attire inexorablement tous ceux qui sont après lui sur leur renseigne médiatique.
00:55:03Et ces personnes-là qui vont être attirées sur cette scène-là vont se mettre à reproduire
00:55:08des mécanismes typiques du Zodiac sans s'en rendre compte.
00:55:11Et on passe au cinquième extrait.
00:55:14– Sous-titrage Société Radio-Canada
00:55:44C'est un gars qui a fait un autre côté, et je vais vous donner un autre côté.
00:55:48Non, je vais vous donner un petit.
00:55:52C'est un petit.
00:55:53Qui est ce gars?
00:55:54Il est un peu d'amnés, je veux rester dans ce sujet.
00:55:58C'est un peu d'amnés.
00:55:59C'est un peu d'amnés.
00:56:01C'est un peu d'amnés.
00:56:04C'est un peu d'amnés.
00:56:06Le regard de l'huit, le huité a été un peu plus de france.
00:56:09San Francisco Chronicle reporter
00:56:11and Zodiac target, Paul Avery
00:56:12claims to have uncovered new information
00:56:15regarding the only unsolved
00:56:16homicide in Riverside County's history.
00:56:19A 1966
00:56:20Southern California murder that
00:56:22Avery now believes was the Zodiac's
00:56:25first victim.
00:56:26What? Did he call you about this?
00:56:27A guy killer wrote to the press letters
00:56:29that I then took personally to the Office
00:56:31of Question Documents.
00:56:32And what did this expert tell you?
00:56:35What I do in my gut run?
00:56:36The handwriting matches everyone's.
00:56:39How did you get the evidence out of Riverside?
00:56:41He took it to show without telling us
00:56:43a son of a bitch. You know how bad this looks.
00:56:45Hey, I didn't know that this lead is real.
00:56:47It's very real. You know how I know?
00:56:49Because I saw it on TV.
00:56:56Who's show with Morrill?
00:56:57He's a handwriting expert in
00:56:59Santa Monica. He called.
00:57:01He said he can meet you tomorrow morning at 7.
00:57:03Oh, great.
00:57:05So you're taking off work?
00:57:06Uh, Tristan and I.
00:57:09Sacramento's two hours away.
00:57:12Really?
00:57:13Yes.
00:57:15What's this?
00:57:16Oh, that's, um,
00:57:18that's not that article.
00:57:19Robert Graysmith has quietly been shopping
00:57:21his book about the Zodiac.
00:57:22Yeah.
00:57:23It talks all about you researching Zodiac.
00:57:26Well, that's what the article's about.
00:57:28I'm not so sure that's something
00:57:29we want people to know about.
00:57:30Why? Are you embarrassed?
00:57:31Robert, what's the one thing
00:57:32we know about Zodiac?
00:57:34He reads the Chronicle?
00:57:36Yeah, but he's never going to read
00:57:37Herb Kain.
00:57:43Hello?
00:57:44This me, Graysmith.
00:57:45Robert Graysmith mentioned in the paper today.
00:57:48Yeah?
00:57:49I can tell you who the Zodiac is.
00:57:54Who's this?
00:57:55The Zodiac killer is obsessed with movies.
00:57:58He recorded his murders on film.
00:58:00I tried to tell the police,
00:58:01but they wouldn't follow through on it.
00:58:03There's a man you need to find.
00:58:05His name is Bob Vaughn.
00:58:06Thank you.
00:58:07Thank you, G.P. Chen.
00:58:09He's a friend of the Zodiacs.
00:58:11Mr. Vaughn's not known as a friend
00:58:13as a killer,
00:58:14and he's storing some top canisters
00:58:15for these canisters as the evidence.
00:58:18Okay, you have a friend?
00:58:19Who is this friend?
00:58:21You have quite enough to get started.
00:58:23Oh, please.
00:58:24The Zodiac's name is
00:58:26Rick Marshall.
00:58:35In the decades
00:58:36since the Zodiac's last cipher was received,
00:58:39every federal agency
00:58:40has taken a crack at the Coding Institute.
00:58:42But today,
00:58:43when the Zodiac has failed,
00:58:45a Cod unit has succeeded.
00:58:47How did you do it?
00:58:49Oh, just a lot of books from the library,
00:58:52and I love puzzles.
00:58:57So, this succession of extraits
00:59:05that we have made together,
00:59:07you have seen,
00:59:09allows us to put a bit in parallel
00:59:11the trajectory of Paul Evry,
00:59:13of Robert Gray Smith in the affair.
00:59:17We can see that Paul Evry
00:59:19is very quickly out of the question of the renom.
00:59:21He's a journalist who has always
00:59:24réfléchi à l'affaire
00:59:25en termes d'exploitation,
00:59:26puisque c'est son métier.
00:59:28Et, en fait,
00:59:29la question des badges
00:59:31que les autres journalistes
00:59:32avaient créés
00:59:34après que le tueur
00:59:36ait menacé Paul Evry
00:59:40renvoie aussi
00:59:42à une lettre du tueur
00:59:43ou lui-même
00:59:47réclamé,
00:59:47alors bizarrement au journal
00:59:48ou à la police,
00:59:49mais réclamé
00:59:50que les gens dans les rues
00:59:51portent aussi des badges
00:59:51à son effigie.
00:59:52Donc, c'est assez intéressant
00:59:54de voir que Paul Evry
00:59:58en certaine façon
01:00:02concrétise
01:00:03de façon indirecte
01:00:04un des souhaits du tueur.
01:00:07Plus tard aussi,
01:00:08l'inspecteur David Tosky,
01:00:10alors dans le film,
01:00:11c'est assez mal expliqué
01:00:12assez vite,
01:00:15l'inspecteur Tosky
01:00:16a été accusé
01:00:18d'avoir écrit
01:00:20la toute dernière lettre
01:00:21du Zodiac,
01:00:21la toute dernière lettre
01:00:23du tueur
01:00:23adressée
01:00:24au San Francisco Chronicle.
01:00:26En fait,
01:00:26c'est parce que
01:00:27David Tosky
01:00:28avait lui-même
01:00:30adressé des lettres
01:00:31anonymes
01:00:31à une époque
01:00:31au journal
01:00:32pour réclamer
01:00:34le retour
01:00:34d'un feuilleton
01:00:35qui avait migré
01:00:36vers un autre journal.
01:00:36C'était un feuilleton
01:00:37qui le mettait en scène
01:00:38de façon indirecte,
01:00:40un peu comme Yulit.
01:00:42Donc pareil,
01:00:42c'est pas ça
01:00:43sans faire penser
01:00:44au modus operandi
01:00:45du tueur.
01:00:46On sent qu'il y a
01:00:47une sorte de contagion
01:00:52des souhaits,
01:00:53des actions du tueur
01:00:55sur les personnages
01:00:55qui enquêtent.
01:00:56Il y a aussi
01:00:57qu'il y a une transmission
01:00:59de ce que Paul Evry
01:01:01connaît,
01:01:01c'est-à-dire
01:01:01il est cité par
01:01:02Herb Ken,
01:01:03le journaliste
01:01:03dont je vous parlais
01:01:03au début.
01:01:05À partir du moment
01:01:05où il est cité
01:01:06par ce journaliste,
01:01:07il reçoit
01:01:07des appels de téléphone,
01:01:09il passe à la télé
01:01:11et Robert Gréz-Smith
01:01:12va suivre
01:01:13la même trajectoire
01:01:16au même moment.
01:01:24On peut se demander
01:01:25si,
01:01:26après la projection
01:01:28de l'inspecteur Harry,
01:01:29si David Tosky
01:01:31quitte la projection,
01:01:32c'est aussi parce que
01:01:34lui-même
01:01:34ayant inspiré
01:01:35Steve McQueen
01:01:36pour Violet
01:01:37il n'est pas en colère
01:01:38de voir que le tueur,
01:01:39sa némésis,
01:01:41la personnage
01:01:41contre lequel il lutte,
01:01:44lui aussi
01:01:45va connaître
01:01:45une concrétisation
01:01:47au cinéma.
01:01:49D'ailleurs,
01:01:51sous le nom de Scorpio,
01:01:54la constellation du scorpion
01:01:55dans la mythologie grecque,
01:01:57c'est Artemis,
01:01:58la deuse Artemis
01:01:59qui est pour
01:02:01y compenser un scorpion
01:02:02qui a piqué
01:02:04le héros
01:02:06Orion,
01:02:06je crois,
01:02:07va en faire
01:02:08une concélation,
01:02:09autrement dit aussi
01:02:10une star,
01:02:10quelque part,
01:02:11c'est un peu
01:02:11cette idée-là.
01:02:16je vais un peu
01:02:16accélérer
01:02:17très vite
01:02:17sur la question
01:02:17de la star
01:02:19chez Finchers,
01:02:20la question
01:02:20se retrouve
01:02:21assez souvent
01:02:22si vous pensez
01:02:23au final
01:02:23de Fight Club
01:02:24quand Brad Pitt
01:02:25dit au personnage
01:02:26de Jack
01:02:28« c'est toi
01:02:28qui m'as créé,
01:02:30je ressemble
01:02:31avec moi
01:02:31à tout ce
01:02:32dont tu as toujours rêvé »
01:02:34il joue bien sûr
01:02:34sur l'identité,
01:02:36sur le fait
01:02:37que ce soit Brad Pitt
01:02:37qui te dit ça.
01:02:38En fait,
01:02:39à la fin de Seven,
01:02:40donc son autre film
01:02:41sur un tueur en série,
01:02:42il y a déjà cette idée
01:02:42puisque le tueur
01:02:43joué par Kevin Spacey
01:02:44à la fin
01:02:46dit à l'inspecteur
01:02:47joué par Brad Pitt
01:02:48qu'il admire
01:02:50qu'il a toujours
01:02:50voulu avoir sa vie.
01:02:52Dans le film,
01:02:54cet inspecteur
01:02:54est marié
01:02:55à une femme
01:02:56qui jouait par
01:02:56Gwyneth Paltrow
01:02:58et donc dans la vraie vie
01:03:00Brad Pitt
01:03:01et Gwyneth Paltrow
01:03:02est un peu
01:03:02le couple glamour
01:03:03d'Hollywood
01:03:05et toujours dans Seven,
01:03:07je ne sais pas
01:03:07si vous vous souvenez
01:03:10quand les deux inspecteurs
01:03:11défoncent la porte
01:03:12du tueur
01:03:13et découvrent son antre,
01:03:15l'inspecteur Miss,
01:03:16donc l'inspecteur
01:03:18joué par Brad Pitt,
01:03:19découvre une photo
01:03:20que le tueur
01:03:21a prise de lui
01:03:22auparavant
01:03:23dans le film
01:03:23et en fait,
01:03:24c'est une photo
01:03:25typique de paparazzi
01:03:26et on voit Brad Pitt
01:03:26en train de mettre
01:03:28la main
01:03:28pour empêcher
01:03:29le cliché de se faire
01:03:30donc ça joue
01:03:31un peu sur cette idée.
01:03:33En fait,
01:03:33c'est que Brad Pitt
01:03:34dans le cinéma de Fincher,
01:03:35enfin pour Fincher,
01:03:36il incarne vraiment
01:03:37le paradigme de la star
01:03:38en fait,
01:03:38dans Benjamin Button,
01:03:40on voit bien
01:03:40comment le corps
01:03:42de Brad Pitt
01:03:42au fur et à mesure
01:03:43qu'il rajeunit,
01:03:45en fait,
01:03:45au fur et à mesure
01:03:46où le personnage
01:03:47vieillit,
01:03:47mais donc lui,
01:03:49que son organisme
01:03:50fonctionne à l'inverse,
01:03:52son corps rajeunit,
01:03:53donc comment ce corps
01:03:54sert à servir
01:03:56de projection
01:03:57pour d'autres corps
01:03:58d'acteurs ?
01:03:59Robert Redford,
01:04:00Marlon Brando,
01:04:02Steve McQueen,
01:04:03qui sont d'ailleurs
01:04:04que des acteurs
01:04:05des années 70
01:04:06et que des acteurs
01:04:07du cinéma
01:04:07de l'enfance
01:04:08de Fincher.
01:04:09En fait,
01:04:10Brad Pitt
01:04:10n'incarne pas
01:04:12la star
01:04:13que dans le cinéma
01:04:13de Fincher.
01:04:14Si vous vous souvenez,
01:04:14en 2007,
01:04:15il y avait ce film
01:04:15L'assassinat
01:04:16de Jesse James
01:04:17par Lach Robert Ford
01:04:18qui était un peu
01:04:19une sorte de variation
01:04:19sur le fan
01:04:21et la star.
01:04:22C'était un peu
01:04:22une sorte de variation
01:04:23sur,
01:04:24si on veut,
01:04:25sur John Lennon
01:04:27et Mark David Chapman
01:04:28de l'assassin Lennon.
01:04:30En fait,
01:04:30c'est un peu
01:04:31comme ça
01:04:31que je l'ai vécu.
01:04:32Donc,
01:04:32pour aller vite,
01:04:33tout ça pour dire
01:04:34que le phénomène zodiaque,
01:04:36on peut dire
01:04:37qu'il devient
01:04:37l'analogon,
01:04:38c'est-à-dire
01:04:38l'autre lui-même,
01:04:40l'équivalent
01:04:41du système médiatique
01:04:42dans son ensemble.
01:04:42Il devient une métaphore
01:04:43de tout ce système
01:04:45médiatique
01:04:45à l'ère de l'information.
01:04:48Donc,
01:04:49Frédéric Jameson,
01:04:50le critique culturel
01:04:50dont je parlais au début,
01:04:52il dit que c'est
01:04:53la promesse
01:04:55de voir les choses
01:04:55de l'intérieur
01:04:56qui constituent
01:04:57en fait
01:04:59le contenu
01:04:59herméneutique
01:05:00du thriller de complot.
01:05:02En fait,
01:05:02on dirait
01:05:02qu'il ne déroge pas
01:05:03à la règle.
01:05:04Toute la trajectoire
01:05:05de Robert Grès-Smith,
01:05:06qui est le principal
01:05:08protagoniste
01:05:09dans le film,
01:05:13traduit cette idée
01:05:13d'aller voir
01:05:16vraiment le centre
01:05:17du pouvoir,
01:05:18d'aller regarder
01:05:19ce qu'il dit
01:05:19à sa femme.
01:05:21Grès-Smith
01:05:21ne veut pas l'arrêter.
01:05:22Il n'est pas souci
01:05:25par un désir de justice.
01:05:26Il a un peu
01:05:27tiré un trait
01:05:28là-dessus.
01:05:28Il veut juste
01:05:29pouvoir le regarder
01:05:29dans les yeux
01:05:30et savoir que c'est lui.
01:05:31Donc,
01:05:31c'est vraiment
01:05:31pouvoir contempler
01:05:33la face du pouvoir.
01:05:36Je vous disais
01:05:37que Zodiac
01:05:38est un film
01:05:39très personnel
01:05:39pour Fincher
01:05:40puisque le tueur
01:05:41est le croque-mitaine
01:05:42de son enfance.
01:05:43Ce qui est intéressant,
01:05:45c'est que
01:05:45les héros de son enfance
01:05:47sont justement
01:05:48les cartoonistes,
01:05:49notamment
01:05:50un cartooniste
01:05:51appelé Bob Bastien
01:05:52qui est celui
01:05:55qui précédait
01:05:57Robert Gray-Smith
01:05:58au Chronicle.
01:05:59Son nom est
01:06:00très vite évoqué
01:06:01dans le film
01:06:01dans Zodiac.
01:06:03Ce qui plaît
01:06:04à Fincher
01:06:05dans cette fonction,
01:06:05c'est qu'il adore
01:06:07le fait que
01:06:07ces personnages
01:06:08des caricaturistes
01:06:09étaient des personnes
01:06:09situées en touche
01:06:11d'une rédaction
01:06:13et qui étaient
01:06:14en train d'écouter
01:06:15tout ce que
01:06:15les autres journalistes
01:06:16étaient en train
01:06:16de discuter
01:06:17et qu'à la fin
01:06:17de la journée,
01:06:18il arrive
01:06:18ce personnage
01:06:19à en faire
01:06:20un dessin,
01:06:21à traduire
01:06:21ces informations
01:06:23en dessin.
01:06:25Ce qu'il décrit
01:06:26ici,
01:06:26en parlant
01:06:27des cartoonistes,
01:06:28c'est aussi
01:06:29des personnes
01:06:30en tout,
01:06:30ils sont eux-mêmes
01:06:31des exclus,
01:06:32ce sont des individus
01:06:34qui sont
01:06:35à la marge
01:06:38des journaux.
01:06:43Ce que décrit
01:06:44Fincher
01:06:45à ce moment-là,
01:06:47cette façon
01:06:47de traduire
01:06:48une grande quantité
01:06:49d'informations
01:06:49en un seul trait,
01:06:50ça renvoie
01:06:52aussi à l'idée
01:06:53de compression
01:06:54donnée,
01:06:54à l'encodage.
01:06:56En fait,
01:06:57on voit bien
01:06:57que dans cette idée,
01:07:11le rovail
01:07:12qui utilisait l'encodage
01:07:12pour essayer
01:07:14de rendre clair,
01:07:14de rendre manifeste,
01:07:15pour transmettre
01:07:17les idées.
01:07:19Et
01:07:20ce que disait Fincher,
01:07:21je ne sais pas si c'est
01:07:22Grace Smith
01:07:23qui avait besoin
01:07:23du Zodiac
01:07:24ou si c'est le Zodiac
01:07:25qui avait besoin
01:07:25de Robert Grace Smith.
01:07:27Il n'y a pas déjà
01:07:27une idée
01:07:28qui était dans
01:07:30Fight Club
01:07:30à la fin.
01:07:31Est-ce que
01:07:33Tyler était mon cauchemar ?
01:07:34Est-ce que je suis le sien ?
01:07:35C'était un peu
01:07:36cette idée.
01:07:41Pour ce qui est
01:07:42de regarder
01:07:43le tueur dans les yeux,
01:07:43de savoir que c'est lui,
01:07:46Fincher,
01:07:46dans les commentaires
01:07:47du film,
01:07:49revient,
01:07:50explique
01:07:51le film
01:07:52grâce
01:07:52au magicien
01:07:53Doze,
01:07:53en fait.
01:07:54Il dit
01:07:55que le besoin
01:07:55de savoir
01:07:56qui sont ces tueurs,
01:07:57donc il parle au sens large,
01:07:59il parle des tueurs
01:07:59en série au sens large,
01:08:00c'est parce que
01:08:02dès qu'on sait
01:08:03qu'ils savent
01:08:03toutes leurs auras,
01:08:04tous leurs mythes
01:08:04s'écroulent du même coup,
01:08:06on veut pouvoir
01:08:07les contempler,
01:08:09leur vrai visage,
01:08:09parce que comme ça,
01:08:10on peut aller dormir tranquille.
01:08:14D'ailleurs,
01:08:15cette expression
01:08:16aller dormir tranquille
01:08:17n'est pas sans rappeler
01:08:18la difficulté
01:08:18du personnage
01:08:20de Jack
01:08:20dans Fight Club
01:08:21à dormir.
01:08:22C'est toujours
01:08:23ce côté
01:08:24enfant,
01:08:25qui a besoin
01:08:26d'aller pleurer
01:08:27pour trouver le sommeil
01:08:28et d'être rassuré.
01:08:31En fait,
01:08:31Robert Gray Smith,
01:08:32donc à partir du moment
01:08:33où,
01:08:33dès qu'il tombe
01:08:34sur le premier code,
01:08:36ne peut pas s'empêcher
01:08:37de voir dans
01:08:37le Zodiac
01:08:38un génie du mal,
01:08:41un génie
01:08:42qui arrive à mettre
01:08:43en déroute
01:08:43les forces de l'ordre
01:08:45avec un talent inouï.
01:08:47Et en fait,
01:08:49plus le film avance
01:08:49et plus
01:08:51justement
01:08:52la statue
01:08:52du Zodiac
01:08:53s'effrite
01:08:55non seulement
01:08:55en cryptographie,
01:08:57c'est un amateur
01:08:57puisque les premiers
01:08:58à décoder
01:09:01le premier code
01:09:02du tueur
01:09:03étaient des amateurs.
01:09:04Le tueur
01:09:05s'est juste servi
01:09:05de livre
01:09:06pris à la bibliothèque.
01:09:09C'est un tueur
01:09:09qui s'est arrogé
01:09:10plus de crimes
01:09:10qu'il en a vraiment réalisés
01:09:14et surtout
01:09:15il s'est inspiré
01:09:16en plus
01:09:17d'autres faits divers
01:09:20qui tentaient
01:09:20de récupérer
01:09:21assez pathétiquement.
01:09:23Quand le journaliste
01:09:24Paul Evry
01:09:25explique à Gray Smith
01:09:26que le tueur
01:09:27s'est inspiré
01:09:28d'autres faits divers,
01:09:29il lui dit
01:09:29« Bobby,
01:09:30vous avez l'air
01:09:31presque déçu ».
01:09:32C'est parce qu'en fait,
01:09:32il est vraiment déçu
01:09:33en ce moment-là.
01:09:34c'est que le tueur
01:09:36est vraiment associé
01:09:37au merveilleux
01:09:38chez lui.
01:09:38Il y a quelque chose
01:09:39qui est lié
01:09:39au monde de l'enfance.
01:09:43Mais en fait,
01:09:44cette enfance,
01:09:44c'est surtout
01:09:44l'enfance de Fincher
01:09:45puisque dans le film,
01:09:47il y a plein d'éléments
01:09:48qui sont suite en enfance
01:09:49que ce soit
01:09:49la BO du film
01:09:50qui est parsemée
01:09:51de tubes
01:09:51que Fincher a noué petit,
01:09:53vous avez
01:09:55le journaliste
01:09:56Paul Evry
01:09:56qui est basé
01:09:57sur les amis
01:09:57de son père
01:09:58puisque
01:10:00le père
01:10:00d'Ai Fincher
01:10:01était un correspondant
01:10:02chez Life Magazine
01:10:04donc en fait,
01:10:05il a essayé
01:10:06plein de petits éléments.
01:10:07C'est comme
01:10:07une sorte d'album
01:10:10de souvenirs
01:10:11dans lequel
01:10:13Rod,
01:10:14ce fantôme du tueur
01:10:17et donc,
01:10:19on voit bien
01:10:19qu'il y a une sorte
01:10:20de parallèle
01:10:21entre la trajectoire
01:10:22de Robert Gris-Smith
01:10:24et celle de Fincher.
01:10:25Robert Gris-Smith
01:10:26a besoin
01:10:27d'aller voir
01:10:27qui est ce tueur
01:10:31pour pouvoir
01:10:31aller dormir tranquille.
01:10:32et on peut se demander
01:10:33si Fincher aussi
01:10:33n'a pas fait Zodiac
01:10:34pour pouvoir
01:10:35lui aussi
01:10:36aller dormir tranquille.
01:10:38Ce que je veux dire
01:10:38par là,
01:10:39c'est que Zodiac
01:10:39peut être vu
01:10:39comme une réponse
01:10:40à Seven.
01:10:40À Seven,
01:10:41à la fin,
01:10:42montrer le tueur
01:10:42en train de gagner,
01:10:43le tueur ancien
01:10:44en train d'achever son oeuvre.
01:10:48Et on peut se demander
01:10:49si à ce moment-là,
01:10:49en fait,
01:10:50Fincher,
01:10:50quand il fait Seven,
01:10:51il voit un peu
01:10:52le tueur
01:10:53comme Gris-Smith
01:10:54voit le Zodiac
01:10:54au début,
01:10:55c'est-à-dire
01:10:55comme un génie du mal.
01:10:57En fait,
01:10:57Zodiac,
01:10:58c'est un peu
01:10:58ce que je voulais vous dire,
01:10:59c'est que ça part
01:11:00de Seven
01:11:00pour arriver
01:11:01au magicien d'Oz.
01:11:04Pour arriver
01:11:04à la contemplation
01:11:05de l'homme
01:11:06derrière le rideau.
01:11:09Cette façon
01:11:10de revenir
01:11:11sur le pro-cumitaine
01:11:14de son enfance,
01:11:15c'est pas ça
01:11:15en faire penser
01:11:18au roman
01:11:19de Stephen King.
01:11:20Vous savez,
01:11:20il y a ce clown
01:11:21qui a terrorisé
01:11:22une région
01:11:23et des enfants.
01:11:24Un clown
01:11:25qui était sans doute
01:11:26inspiré aussi
01:11:26de se tuer en série
01:11:28Wayne Gacy
01:11:31et les romans
01:11:33de Stephen King
01:11:33mettent en scène
01:11:34ces enfants
01:11:34une fois grands
01:11:35qui ont complètement
01:11:36oublié
01:11:37cette affaire
01:11:38ou qui la considèrent
01:11:39comme étant
01:11:39de leur durée
01:11:40ou du cauchemar
01:11:41et qui doivent
01:11:41à nouveau
01:11:42aller les affronter.
01:11:44C'est un peu
01:11:45cette idée
01:11:45qu'il y a
01:11:46dans Zodiac.
01:11:50Dans la post-face
01:11:51de la totalité
01:11:53qu'en complot
01:11:54de Frédéric Jameson,
01:11:54vous avez
01:11:55Emmanuel Burdeau
01:11:58qui parle de Zodiac
01:11:59comme étant
01:12:00un motif
01:12:00d'un tapis.
01:12:02Le motif
01:12:02d'un tapis
01:12:03c'est
01:12:04le nom
01:12:05d'une oeuvre
01:12:05d'Henry James
01:12:06qui raconte
01:12:07sur un mode
01:12:08quasi-policier
01:12:09la quête
01:12:10inachevée
01:12:10d'un jeune critique
01:12:12qui vise
01:12:12à trouver
01:12:13le sens
01:12:14supposément caché
01:12:15de l'oeuvre
01:12:15d'un auteur
01:12:16qui l'admire
01:12:16et chez
01:12:17qui il cherche
01:12:18une forme
01:12:18de reconnaissance
01:12:19en retour.
01:12:21En fait,
01:12:21on dit souvent
01:12:22que les tueurs
01:12:22en série
01:12:22veulent se faire
01:12:23attraper
01:12:23et c'est la raison
01:12:24pour laquelle
01:12:25ils aident
01:12:26les enquêteurs.
01:12:29Donc le Zodiac
01:12:30en l'occurrence
01:12:30disait
01:12:30cacher son identité
01:12:33dans les codes
01:12:33qu'il a envoyés
01:12:34aux journaux.
01:12:35En fait,
01:12:35on avait plus juste
01:12:36de dire que
01:12:38plutôt que de se faire
01:12:38attraper,
01:12:39ils se cherchent
01:12:39les interlocuteurs.
01:12:40Ils cherchent
01:12:41sans fait des solitudes
01:12:42qui cherchent
01:12:44à trouver
01:12:46d'autres solitudes
01:12:47sans faire
01:12:47des appels
01:12:48lancés dans le noir
01:12:50et les seules personnes
01:12:51capables de comprendre
01:12:52leur propre solitude
01:12:52ce sont des personnes
01:12:53qui vont refaire
01:12:54leur propre trajet
01:12:55pour venir jusqu'eux
01:12:56qui vont traverser
01:12:58les mêmes zones d'ombre
01:12:59jusqu'à devenir
01:13:00leur alter ego
01:13:01donc Robert Gray Smith
01:13:02et le Zodiac
01:13:03c'est clairement ça.
01:13:08Je vous disais
01:13:11ce qu'il devait
01:13:12se faire attraper
01:13:12en fait
01:13:13quand on pense
01:13:13à Arthur Lee Allen
01:13:14le principal suspect
01:13:16dans l'affaire
01:13:17du Zodiac
01:13:18mais qui est aussi
01:13:19le suspect
01:13:20désigné par le film
01:13:22lui-même
01:13:22ne s'est jamais
01:13:23vraiment caché
01:13:24en fait
01:13:24c'est un peu
01:13:25le sens
01:13:26de ces moments
01:13:29après le meurtre
01:13:31du chauffeur de taxi
01:13:31à San Francisco
01:13:32le tueur
01:13:33s'était resté
01:13:34dans le quartier
01:13:35il s'était baladé
01:13:37et en fait
01:13:38les policiers
01:13:39n'avaient pas pu
01:13:39l'arrêter
01:13:40parce qu'ils avaient
01:13:40à ce moment-là
01:13:42le mauvais descriptif
01:13:44mais le tueur
01:13:46l'air de rien
01:13:46se balader comme ça
01:13:47comme prêt à se faire
01:13:49à se faire attraper
01:13:50et c'est aussi
01:13:51ce qu'on retrouve
01:13:52dans cette scène
01:13:53interrogatoire
01:13:54à l'usine
01:13:54quand les policiers
01:13:56vont voir Arthur Lee Allen
01:13:56et ce dernier
01:13:58va leur servir
01:14:00un tas de nouveaux
01:14:02indices incriminants
01:14:03sur un plateau
01:14:06ce qui ne suffira pas
01:14:08pour l'arrêter
01:14:08puisque ce seront
01:14:09uniquement
01:14:09des preuves
01:14:12de circonstances
01:14:13mais
01:14:14c'est vraiment
01:14:15on a l'impression
01:14:16que le tueur
01:14:19ce démurge
01:14:21qui est toujours
01:14:23une parodie
01:14:24aussi de la divinité
01:14:25se pose
01:14:26en tant que trésor
01:14:27caché
01:14:27un trésor
01:14:28qui ne désire
01:14:29qu'être connu
01:14:29en fait
01:14:31et c'est ce que
01:14:32l'inspecteur Toski
01:14:34n'aura peut-être
01:14:36pas compris
01:14:36que Grace Smith
01:14:37lui
01:14:38va tenter
01:14:39d'aller trouver
01:14:40et lors de la
01:14:41confrontation finale
01:14:42sur le lieu de travail
01:14:43d'Arthur Lee Allen
01:14:45à la quincaillerie
01:14:48ce que fait
01:14:49Robert Grace Smith
01:14:50à ce moment là
01:14:50c'est qu'il
01:14:52il teint
01:14:52un miroir
01:14:52au tueur
01:14:54c'est un peu
01:14:55le
01:14:55enfin moi ça m'a toujours
01:14:56fait penser à la fin
01:14:57d'Incassable
01:14:58Chaya Balan
01:14:58vous savez
01:14:59quand le vilain du film
01:15:03se fait démasquer
01:15:04par le héros
01:15:04qui a lui-même
01:15:05fabriqué
01:15:06il se met à pleurer
01:15:07parce qu'à ce moment là
01:15:08il comprend
01:15:09son rôle
01:15:10dans la création
01:15:11en fait
01:15:12il avait juste besoin
01:15:13d'un regard
01:15:13pour venir le définir
01:15:14il avait juste besoin
01:15:15que quelqu'un vienne
01:15:17le trouver
01:15:18pour poser un regard
01:15:20jusqu'à lui
01:15:21et
01:15:22il n'avait que comme ça
01:15:23qu'il faut savoir
01:15:23qu'est-ce qu'il était
01:15:26dans la confrontation finale
01:15:27de Zodiac
01:15:28on voit que
01:15:28Arthur Lee Allen
01:15:29est d'ailleurs
01:15:30beaucoup plus mal à l'aise
01:15:31que lors de la scène
01:15:32de l'interrogatoire
01:15:32fait par la police
01:15:34plutôt dans le film
01:15:35mais c'est parce qu'à ce moment là
01:15:36il comprend
01:15:37le miroir qui lui est tendu
01:15:38est vraiment un miroir
01:15:39qui lui fait comprendre
01:15:41qu'il n'est pas arrivé
01:15:41à se transcender
01:15:42avec cette identité
01:15:44qu'est le Zodiac
01:15:45qui n'est qu'un
01:15:46lui aussi
01:15:47qu'un employé minable
01:15:49d'une mécaillerie
01:15:52grisonnante
01:15:52qui finira ses jours
01:15:53de façon assez pathétique
01:15:55c'est que lui-même
01:15:56est aussi un peu
01:15:57prisonnier
01:15:58de ce labyrinthe
01:15:58qu'il a lui-même créé
01:15:59en fait
01:16:03donc Robert Gray Smith
01:16:05à ce moment là
01:16:06en espérant tomber
01:16:07sur le centre
01:16:08de la toile
01:16:08sur le lieu
01:16:10l'antichambre du pouvoir
01:16:11en fait
01:16:11il ne fait que tomber
01:16:12sur une absence
01:16:15en fait
01:16:16la plupart des spécialistes
01:16:17des tueurs en série
01:16:19disent
01:16:20que
01:16:22en fait
01:16:22les tueurs en série
01:16:23ne sont pas des gens
01:16:23si doués que ça
01:16:24en fait
01:16:24ne pas se faire attraper
01:16:26quand on est tueur en série
01:16:27surtout à l'époque
01:16:27où il n'y avait pas tellement
01:16:29de progrès fait dans l'ADN
01:16:30aller plutôt de soi
01:16:31puisque faire le lien
01:16:32entre des meurtres
01:16:34où les victimes
01:16:34n'ont pas le lien
01:16:35avec l'assassin
01:16:36est extrêmement difficile
01:16:37c'est comme tuer quelqu'un
01:16:38au milieu d'une foule
01:16:40vous aurez beaucoup de mal
01:16:41à vous faire identifier
01:16:44et vu les failles
01:16:46les lacunes
01:16:47entre les différentes
01:16:47juridictions de la police
01:16:48à l'époque
01:16:49on comprend bien
01:16:50comment un tueur
01:16:50n'avait pas pu se faire attraper
01:16:51comment il a pu
01:16:52imposer un régime de tueur
01:16:54mais de façon assez
01:16:56assez simple
01:16:57techniquement
01:16:58bon il faut
01:16:59il faut suivre des gens
01:16:59bien sûr
01:17:01en envoyant des lettres
01:17:03et uniquement
01:17:03en faisant des codes
01:17:05qui ne sont même pas
01:17:07vous m'avez compris
01:17:15en fait
01:17:15cette fin
01:17:16enfin c'est pas vrai
01:17:17cette fin de Zodiac
01:17:18c'est un peu comme
01:17:19moi ça fait penser
01:17:20à la fin du deuxième Matrix
01:17:23vous vous souvenez
01:17:24c'est quand
01:17:25Néo tombe nez à nez
01:17:25avec l'architecte
01:17:28en fait
01:17:28c'est comme si
01:17:29à ce moment là
01:17:30l'architecte
01:17:31n'aurait été
01:17:31qu'un
01:17:32pauvre type
01:17:33comme Néo
01:17:35qui lui aurait dit
01:17:35mais écoute
01:17:36si tu en es arrivé jusque là
01:17:37c'est que tu en sais
01:17:38autant que moi
01:17:39moi je poussais
01:17:39juste des boutons
01:17:39au hasard
01:17:41Arthur Lee Hélène
01:17:42c'est un peu ça
01:17:42avec Zodiac
01:17:47donc lors de cette scène
01:17:48en fait
01:17:49du coup
01:17:49entendant un miroir
01:17:51au Zodiac
01:17:52en fait
01:17:52Robert Griss-Smith
01:17:54se contemple lui aussi
01:17:55dans son miroir
01:17:57c'était vraiment
01:17:59l'occasion
01:18:00de comprendre lui aussi
01:18:01son propre pouvoir
01:18:03un peu comme
01:18:04Jack Laff and Fight Club
01:18:06qui comprend que
01:18:08que l'organisateur du projet
01:18:10K.O. n'était autre que lui
01:18:11que c'était uniquement
01:18:13en lui de s'en libérer
01:18:14c'était comme Dorothée
01:18:15dans le magicien d'Oz
01:18:16c'était
01:18:17le pouvoir de se libérer
01:18:19n'était pas
01:18:20chez l'autre
01:18:21mais en lui
01:18:23et donc en fait
01:18:24le Zodiac
01:18:24aurait été un support
01:18:25pour se dépasser
01:18:27je vous disais
01:18:27que le Zodiac
01:18:29métaphorise
01:18:29un peu le système médiatique
01:18:30à l'air de l'information
01:18:32et donc
01:18:33on peut dire
01:18:33qu'à ce moment là
01:18:34Griss-Smith
01:18:35métaphorise
01:18:36la méthode du coup
01:18:37à employer
01:18:37pour faire face
01:18:39à ce trop-plein
01:18:39d'informations
01:18:40à cet envahissement
01:18:42et cette prolifération
01:18:43de signes
01:18:45en fait
01:18:45il s'agit tout simplement
01:18:46de ça
01:18:47il s'agit de
01:18:48de reconduire
01:18:49l'objet de son obsession
01:18:50et de sa peur
01:18:51en soi
01:18:52et de se le réapproprier
01:18:53et c'est ce que fait
01:18:54Griss-Smith
01:18:54avec son livre
01:18:55en fait
01:18:56et c'est ce que
01:18:56préfigurait son dessin
01:18:58du tueur
01:18:58plutôt dans le film
01:18:59quand il dessine
01:19:00le tueur
01:19:01selon la description
01:19:04du seul survivant
01:19:05de l'attaque du lac
01:19:07c'est en fait
01:19:08le tueur
01:19:09qui est déjà
01:19:09un motif
01:19:10sous sa plume
01:19:13c'était
01:19:13c'était à lui
01:19:15de l'enfermer
01:19:16dans un livre
01:19:17c'est un peu
01:19:17comme
01:19:18si vous voulez
01:19:19à ce fantôme
01:19:19il s'agit
01:19:20d'enfermer un démon
01:19:21dans une boîte
01:19:21et de
01:19:24et de
01:19:25s'en
01:19:25s'en déferme
01:19:26donc en conclusion
01:19:29Zodiac
01:19:29nous
01:19:30nous dépeint
01:19:31un monde
01:19:32où le pouvoir
01:19:33en fait
01:19:34c'est complètement décentré
01:19:36où il n'y a plus
01:19:37de point de contrôle
01:19:38unique et central
01:19:41il n'y a pas
01:19:41de
01:19:42un monde
01:19:43où il n'y a pas
01:19:43d'opérateur
01:19:44derrière le rideau
01:19:44il n'y a pas
01:19:45de magicien de dose
01:19:46qui contrôlerait
01:19:47tout ce qui se voit
01:19:47se pense
01:19:48ou se fait
01:19:50mais où tout
01:19:51fonctionne pourtant
01:19:52comme si
01:19:53comme si c'était le cas
01:19:55le Zodiac
01:19:56n'était pas
01:19:56un super tueur
01:19:57mais tout s'est passé
01:19:58comme s'il était
01:19:59un super tueur
01:20:01qui a mis
01:20:01en déroule
01:20:02de la police
01:20:05c'est que
01:20:07les progrès
01:20:08des technologies
01:20:08de communication
01:20:10en intégrant
01:20:11des individus
01:20:11qui étaient autrefois
01:20:12isolés
01:20:14ont aussi
01:20:17sont aussi responsables
01:20:18dans l'état de fait
01:20:19où il y a
01:20:19du coup
01:20:19il y a plusieurs voix
01:20:20qui se mettent
01:20:20à cohabiter
01:20:22et donc
01:20:23on est d'autant moins
01:20:24capable
01:20:25de trouver
01:20:26la vérité
01:20:26de faire son chemin
01:20:27jusqu'à la compréhension
01:20:28en supposant
01:20:29qu'elle est une
01:20:30en fait
01:20:32Zodiac
01:20:33fait partie
01:20:34de cette catégorie
01:20:35de fiction
01:20:36qui met en scène
01:20:37une absence
01:20:38de conclusion
01:20:39et
01:20:41qui met en scène
01:20:42les répercussions
01:20:43de cette absence
01:20:45dans l'existence
01:20:46des protagonistes
01:20:47en fait
01:20:47la question
01:20:48que pose le film
01:20:49c'est
01:20:49à quel moment
01:20:50est-ce qu'on peut se dire
01:20:51qu'on a vraiment fini
01:20:52avec quelque chose
01:20:54et donc
01:20:55la réponse
01:20:56c'est ce que je vous disais
01:20:56c'est quand on
01:20:57on l'a recondue
01:20:58en soi
01:20:59quand on a fait
01:20:59l'analyse
01:21:01le film d'ailleurs
01:21:02se termine
01:21:03alors qu'une chaîne
01:21:04de transmission
01:21:05commence
01:21:06le livre
01:21:07de Robert Gray Smith
01:21:08servant à nouveau
01:21:09un autre enquêteur
01:21:10comme si un virus
01:21:12se refilait
01:21:13et
01:21:14cette chaîne
01:21:15de transmission
01:21:17débouche aussi
01:21:18au final
01:21:18sur le film
01:21:19de David Fincher
01:21:20puisque lui-même
01:21:20en fait
01:21:21en faisant le film
01:21:22a regroupé
01:21:24tous les principaux
01:21:26enquêteurs
01:21:27de l'époque
01:21:27et lui-même
01:21:28a découvert
01:21:28de nouveaux
01:21:30indices
01:21:30impressionnant
01:21:31les liés enquêteurs
01:21:33donc on sent
01:21:34on voit bien
01:21:34qu'il y a
01:21:34une chaîne de transmission
01:21:35qui se dessine
01:21:38et je vous quitte
01:21:39donc avec
01:21:39un dernier extrait
01:21:41qui est une pub
01:21:41de Fincher
01:21:43puisque Fincher
01:21:44a aussi réalisé
01:21:44des publicités
01:21:48qui reprend
01:21:49un peu
01:21:50plusieurs des thèmes
01:21:51abordés
01:21:52dans ce cours
01:21:54et qui permet aussi
01:21:55de terminer
01:21:55sur une chanson
01:21:56avec les Rolling Stones
01:21:57je vous remercie
01:22:16J'ai reçu
01:22:17C'est parti !
01:22:47C'est parti !
01:23:17C'est parti !
01:23:26C'est parti !
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