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  • il y a 5 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1.
00:03Merci de nous rejoindre à 13h31 sur Europe 1.
00:05Vous écoutez Kelly Mathias et ses deux chroniqueurs,
00:07Jules Therès et Jean-Michel Salvatore.
00:10La campagne présidentielle, alors ils sont en baisse dans les sondages
00:13et ils se divisent un peu surtout déjà sur la primaire
00:15et puis même sur l'immigration, on va le voir.
00:17Et écoutez Robert Ménard, maire d'hiver droite du Bézier,
00:20qui affirme, lui, qu'il faut une primaire de la droite et du centre.
00:23Il était l'invité de Laurence Ferrari ce matin sur Europe 1.
00:26Mais ils sont abrutis.
00:27Qu'est-ce qu'ils attendent d'être balayés, de ne plus exister ?
00:30Il faut l'accepter.
00:31Et s'ils ne l'acceptent pas, je vous dis, s'ils ne l'acceptent pas,
00:34ils se suicident.
00:37Aucun d'entre eux ne sera au second tour.
00:38Le problème de ce pays, c'est d'avoir une alternative.
00:41T'en as aucune.
00:42On a besoin de quelqu'un qui ait une voix forte, mais pas hystérique.
00:47Est-ce qu'ils vont être contraints de faire cette primaire, finalement ?
00:50Jules Therès.
00:51C'est une très bonne question que vous posez là, chère Kelly Mathias.
00:53C'est-à-dire que bien sûr qu'ils vont être contraints
00:55dans le sens où aujourd'hui, il y a une multiplication des candidatures
00:59qui est enfermée dans la mâchoire entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon
01:02et le bloc central n'existe pas.
01:03Mais moi, j'aimerais poser la question de pourquoi ce bloc central, il n'existe pas.
01:06Pourquoi Edouard Philippe est descendu de 26% à 9,5% en moins d'un an ?
01:12Pourquoi Bruno Rotailleau, qui était le ministre favori des Français
01:14quand il était ministre de l'Intérieur, est aujourd'hui à 4% ?
01:17Peut-être parce qu'il paye le fait d'être ministre d'ailleurs.
01:20D'avoir été ministre sous Emmanuel Macron.
01:22Bien sûr.
01:22Pourquoi Gabriel Attal, qui dans les baromètres est plutôt quelqu'un d'apprécié des Français,
01:26qui a été Premier ministre de la France, est à 4% ?
01:28C'est simplement parce que ce qu'il raconte, les Français n'en ont rien à faire.
01:31C'est-à-dire que leur candidature aujourd'hui ne pèse pas
01:33parce qu'il n'y a pas de programme, parce qu'il n'y a pas de projet.
01:36Moi, je suis incapable de vous dire aujourd'hui quel est le projet d'Edouard Philippe,
01:38quel est le projet de Gabriel Attal ou quel est le projet de Bruno Rotailleau.
01:41C'est un petit peu plus simple de vous dire quel est le projet de Jean-Luc Mélenchon
01:43ou celui de Marine Le Pen.
01:45Donc la question n'est pas de savoir, et moi je pense qu'ils commettent une erreur monumentale
01:48en disant que c'est parce qu'il y a trop de candidats
01:50qu'ils ne sont pas en capacité d'être au second tour.
01:53Ils font la même erreur que Lionel Jospin qui disait que c'était la multiplication des candidats
01:57qui avait empêché l'EPS d'être au second tour à la présidentielle de 2002.
02:00Non, c'est parce que sa campagne, elle était nulle,
02:02c'est parce qu'on ne comprenait rien de sa campagne,
02:04c'est parce qu'elle était complètement pourrie sa campagne,
02:05et bien c'est la même chose qu'on retrouve aujourd'hui au sein du bloc central.
02:08Jean-Michel Salotin, est-ce que vous partagez le point de vue de Jules ?
02:12Oui et non.
02:14Là où je ne suis pas d'accord, c'est sur la...
02:16Là on écoutait Robert Ménard et moi je ne suis pas d'accord avec lui
02:19quand il dit qu'en fait si on additionnait tous les gens du bloc central,
02:22on arriverait à avoir une candidature qui passerait devant Mélenchon.
02:25Moi je pense qu'il n'y a rien de plus faux.
02:26parce qu'en fait ils ne sont pas d'accord entre eux.
02:29Vous avez deux candidats de droite qui sont d'accord entre eux,
02:34Lysnard et Rotaio, donc là il peut y avoir match,
02:36et puis vous avez les centristes.
02:39Mais je trouve que c'est une illusion d'imaginer
02:43que si on faisait une grande primaire avec la droite et le centre,
02:47on aurait un candidat qui serait suivi par tout le monde.
02:50Oui, ce n'est pas des maths.
02:51Parce que ce n'est pas arithmétique.
02:52Si au terme d'une primaire, on avait plutôt quelqu'un de gauche comme Attal,
02:57je pense qu'une grande partie des électeurs de Rotaio et de Lysnard
03:01voteraient pour Marine Le Pen par exemple.
03:04Et puis à l'inverse, si c'était plutôt un candidat de droite comme Rotaio
03:09qui gagnait la primaire, je pense que les électeurs de Gabriel Attal par exemple
03:13et une partie des électeurs d'Edouard Philippe iraient voter pour Glucksmann.
03:19Donc je pense que c'est une erreur de s'imaginer
03:22que tout ça est une question d'arithmétique.
03:24La politique, c'est d'abord une question de dynamique.
03:27Et pourquoi il y a un problème dans le bloc central ?
03:30C'est parce qu'il n'y en a pas un seul qui est capable de créer une vraie dynamique.
03:34Parce que ce n'est pas le nombre de candidats qui compte.
03:37Regardez à gauche, par exemple.
03:38À gauche, vous avez plein de candidats.
03:40Vous avez Tondelier, vous avez Fabien Roussel,
03:42vous avez Mélenchon et puis vous avez Madame Artaud.
03:45Et malgré ça, vous avez Mélenchon qui émerge.
03:48Et pourtant, il y a quatre candidats.
03:50Donc je pense que pour le centre, c'est la même chose.
03:53Si personne n'émerge, ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de candidats,
03:55c'est parce qu'il n'y en a pas un seul qui est capable d'être désirable.
03:59Et puis il y a quand même quelque chose que je trouve fascinant.
04:02Mais c'est vous qui avez été d'accord avec moi.
04:04Si je vous ai bien écouté Jean-Michel,
04:05on a dit à peu près la même chose et on est sur la même analyse.
04:07Non, moi il y a quelque chose qui me fascine.
04:09C'est cette proposition qui émanerait d'Emmanuel Macron
04:11qui dirait qu'il faut une sorte de coalition des responsables
04:14qui irait de Bruno Roteu.
04:16Non, mais vous inquiétez pas, on va en parler.
04:17En restant sur la droite et le centre.
04:18Je reste sur la droite et le centre.
04:19Non, mais vous allez voir, on va recouper les deux sujets.
04:21Mais c'est-à-dire qu'on a des personnes
04:23qui, objectivement, ne partagent pas grand-chose.
04:24Moi, je veux bien qu'il y ait des liens
04:26entre Gabriel Attal, entre Bruno Roteu,
04:28entre David Lissnard et Édouard Philippe.
04:30Mais aujourd'hui, le pays exige,
04:33en tout cas les Français exigent de la radicalité.
04:35C'est pour ça que Jean-Luc Mélenchon est en train de progresser.
04:37D'ailleurs, on constate que dans les sondages,
04:38Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen progressent ensemble.
04:41Il y a peut-être une raison.
04:42Donc, évidemment que la campagne Prozac d'Édouard Philippe
04:45ne s'appelait pas aux Français.
04:47Mais vous avez vu d'ailleurs, vous parliez des sujets des divisions
04:49qu'entre Gabriel Attal et Édouard Philippe
04:51sur le sujet de l'immigration,
04:53en lien avec le 17 octobre,
04:55mais ils ne nous sont pas d'accord.
04:56Mais bien sûr, on a un Gabriel Attal
04:58qui nous vient du PS,
04:59qui a été conseiller de Marisol Touraine.
05:02Édouard Philippe était délégué général de l'UMP en 2002.
05:05Donc, évidemment que ces gens-là n'appartiennent pas à tout cela.
05:08Et c'est pour ça que moi, je trouve absolument dingue
05:10la proposition qui est en train de nous être faite,
05:12c'est-à-dire de refaire revivre l'UMPS.
05:14C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon a prospéré
05:17et a gagné son indépendance et son autonomie politique
05:20en créant, en participant à la création du Front de Gauche en 2008
05:23parce qu'il considérait que le PS était en train de se droitiser.
05:26Marine Le Pen a dénoncé l'UMPS
05:28et la gauchisation ou la socialisation de l'UMP puis de LR
05:32depuis une quinzaine d'années.
05:33Et là, la solution de ces gens-là, c'est de nous dire
05:35on va réunir le centre-droit et le centre-gauche.
05:38C'est exactement ce qu'a fait Emmanuel Macron
05:39et c'est exactement ce que les Français ne veulent plus.
05:42Ben oui, exactement.
05:42Et c'est vrai qu'on ne voit pas pourquoi
05:45ce qui n'a pas marché avec Macron
05:47marcherait avec la génération suivante.
05:48Avec ses héritiers.
05:48Parce que finalement, si vous voulez, faire une primaire qui va de Lysnard à Glucksmann,
05:54mais ils ne sont d'accord sur rien.
05:55Et ce n'est pas un drame de ne pas être d'accord.
05:57Moi, je trouve qu'au contraire, la démocratie, c'est savoir organiser le désaccord.
06:01Et c'est vrai que Glucksmann, il n'a pas exactement les mêmes idées
06:05que David Lysnard sur l'immigration, sur la sécurité, sur l'économie, sur la fiscalité.
06:12Mais il n'y a pas de problème à ça.
06:13Et vouloir essayer de ressusciter ce qu'Alain Minc appelait le cercle de la raison
06:19avec tous les gens de bonne volonté, etc.
06:21Je trouve que c'est une idée totalement fausse.
06:24C'est ressusciter le macronisme.
06:25Et les Français ne veulent plus du macronisme.
06:27Donc, ce n'est pas la peine d'essayer de leur resservir un troisième mandat d'Emmanuel Macron
06:32avec soit Édouard Philippe, soit Gabriel Attal, soit un autre.
06:36Parlons-en d'Emmanuel Macron avec vous deux, Jean-Michel Salvatore et Jules Torres sur Europe 1.
06:40Il est 13h38, excellente après-midi, avec Elie Mathias sur Europe 1.

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