Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:0213h20 sur Europe 1, vous écoutez Clélie Mathias, c'est le moment d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour.
00:06Clélie, le journaliste politique au journal du dimanche et le rédacteur en chef de l'infiltré, Jules Torres,
00:10et le chroniqueur politique et communicant, Jean-Michel Salvatore.
00:13Bonjour et bienvenue à tous les deux.
00:15Bonjour à tous.
00:16On va commencer évidemment par l'allocution du Premier ministre hier, bien sûr, Jules.
00:22Sébastien Lecornu qui s'est exprimé pour donner des réponses concrètes aux revendications étudiantes, écoutez-le.
00:27Le gouvernement agira donc avec pragmatisme pour répondre aux attentes des lycéens.
00:33Nous avons lancé cinq chantiers pour assurer les cours lorsqu'un enseignant est absent,
00:37même si beaucoup n'a pas été fait ces dernières années,
00:39pour améliorer les conditions matérielles dans les bâtiments, notamment face aux fortes chaleurs,
00:44pour mieux organiser les temps scolaires, pour rendre Parcoursup plus transparent et intelligible,
00:48et pour donner, et c'est peut-être d'ailleurs la principale revendication,
00:52un cadre d'expression plus clair et renouvelé aux lycéens dans une démocratie qui évolue,
00:56une démocratie vivante.
00:58Les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre.
01:02Alors voilà, on l'attendait sur les lycéens, on attendra fin octobre pour avoir du concret,
01:06en attendant le Premier ministre à lâcher du lest sur les carburants, sur le diesel.
01:10Jean-Michel Salvatore, Sébastien Lecornu ou l'art de la diversion ?
01:14En fait, il est complètement coincé. Il est complètement coincé, il n'a rien à annoncer parce qu'il n
01:21'a plus d'argent,
01:23et en fait, ce que lui demande Macron, c'est d'occuper le terrain.
01:28Et d'ailleurs, mardi soir, Macron les a tous invités à l'Elysée, il y avait donc...
01:31Convoqués plus qu'invités d'ailleurs.
01:33Et il leur a dit, messieurs, fini de jouer, il faut y aller, il faut défendre,
01:39même si on n'a rien à annoncer, il faut défendre.
01:40Et donc, il a réparti les rôles.
01:42Il a dit à Nunez, bon, il va falloir mettre un genou à terre face aux étudiants,
01:47parce que franchement, là, ce n'est plus possible.
01:50Donc, c'est toujours le même mot d'ordre, c'est cédé pour durer.
01:55Cédé pour durer, c'est ça que Macron leur demande.
02:00Donc, à Nunez, il lui a dit, bon, il faut que tu cèdes un peu,
02:02donc, bon, les grenades assourdissantes, on va les suspendre.
02:05Voilà, donc même si on donne le point à Mélenchon, on cède là-dessus.
02:09À Geffrey, il lui a dit, écoute, il va falloir que tu ailles sur le terrain,
02:12bon, même si tu n'as rien à annoncer, tu vas y aller quand même.
02:14C'est ce qu'il a fait aujourd'hui, il était à Reims.
02:16Bon, il n'a rien à annoncer, mais il a occupé le terrain, voilà, il y va.
02:19Et puis, à Le Corneu, il lui a dit, mon coco, tu vas aller à la télé,
02:23et puis tu vas assumer tout ça, et puis tu vas te débrouiller.
02:25Et donc, Le Corneu s'est dit, ben oui, mais moi, je veux bien aller à la télé,
02:28mais il faut quand même que j'annonce quelque chose.
02:29Et comme il n'y a rien à annoncer, ils se sont dit,
02:31ah, si, on avait quand même quelque chose en préparation,
02:34c'était l'histoire des stocks stratégiques de diesel,
02:37ben, si on l'annonçait maintenant, ça permettrait d'occuper un peu le terrain,
02:40et ça permettrait de faire patienter un peu tout le monde.
02:42On recycle des anciennes idées, parce qu'on les avait plus ou moins annoncées.
02:45Oui, sauf que là, il y a un calendrier.
02:46Non, mais c'était un peu trop tôt, parce qu'en fait,
02:48la mise en œuvre, elle n'est que pour le mois de novembre,
02:50et donc, il s'est dit, ben, puisqu'il faut quand même que je dise quelque chose,
02:53ben, au moins, ça a annoncé,
02:56même si ça peut paraître quand même qu'une très grosse maladresse,
02:59parce que, finalement, c'est la mise en scène de la convergence des luttes.
03:04Finalement, il n'y a pas un conflit, mais il y a plein de conflits en même temps,
03:08et on vous explique que, finalement, on va essayer de tout régler en même temps.
03:12Alors, ça pourrait dire aussi, ça pourrait donner l'impression, en tout cas,
03:15qu'on n'oublie pas les crises.
03:16Ce n'est pas parce qu'il y a une crise des lycées en ce moment,
03:19et que, j'allais dire, le zoom médiatique est sur les lycées et la jeunesse en ce moment.
03:23On n'oublie pas pour autant les Français qui galèrent à la pompe.
03:26Oui, mais le problème, c'est qu'il n'y a aucune bonne manière de répondre à ces polycrises,
03:31parce que le pouvoir est complètement nu.
03:32Et, en réalité, ce que décrit Jean-Michel Salvatore,
03:35c'est qu'on a l'exécutif le plus faible de l'histoire de la Ve République,
03:39pour ne pas dire de l'histoire.
03:40C'est-à-dire qu'on a un président de la République
03:41qui, de toute manière, est complètement inaudible,
03:44qui est rejeté par une très très grande majorité de Français.
03:47Et dès lors qu'il parle de la politique intérieure,
03:50on voit bien d'abord que ça ne suit,
03:52qu'il n'y a aucun effet qui suive.
03:54Et qu'en plus, quand le président de la République parle,
03:56il y a des audiences qui sont en baisse.
03:58On l'a vu il y a deux semaines.
03:59On a un Premier ministre qui a assumé d'être, lui,
04:02le Premier ministre le plus faible de l'histoire de la Ve République.
04:05Donc, que voulez-vous qu'il dise à un blocus lycéen
04:08où, en effet, on ne voit pas bien les revendications,
04:11il est complètement phagocité par l'extrême-gauche
04:13et instrumentalisé par la France insoumise,
04:15si ce n'est répondre à côté,
04:17c'est-à-dire, en effet, sur les autres crises,
04:19et notamment la crise sociale que nous avons.
04:21Comment voulez-vous que le huitième ministre de l'Éducation nationale,
04:26M. Geffrey, qui est un fonctionnaire de l'Éducation nationale,
04:29qui n'est pas un ministre politique,
04:30qu'est-ce que vous voulez qu'il réponde à une crise lycéenne
04:32qui est une crise, là aussi, politique ?
04:34Que voulez-vous que Philippe Baptiste,
04:36le ministre de l'Enseignement supérieur,
04:38qui, lui aussi, était un fonctionnaire,
04:41dont le seul fait dans sa carrière a été d'être directeur de cabinet de Mme Vidal,
04:46que voulez-vous qu'il fasse dans une séquence qui est extrêmement politique ?
04:49C'est pour cela qu'on a l'exécutif le plus faible.
04:51Il ne faut pas s'étonner, quand on nomme un gouvernement technique,
04:54qu'on ait des technos qui gèrent un sujet politique.
04:56Donc, c'est pour ça qu'il n'y arrive pas.
04:58– Jules Torres pointe du doigt, Jean-Michel Salvatore,
05:00l'impuissance, finalement, du gouvernement.
05:01– Oui, mais l'impuissance, elle vient aussi du fait qu'il n'y a plus d'argent.
05:04Parce que, finalement, quand vous regardez la situation de Macron et de Lecornu,
05:08ils sont un petit peu comme un citoyen qui serait interdit bancaire.
05:14C'est-à-dire que les marchés financiers disent à l'un et à l'autre
05:17« Vous ne pouvez plus dépenser, parce que si vous dépensez,
05:20les taux vont augmenter et la facture sera encore plus lourde. »
05:22Donc, ils sont dans la situation de deux interdits bancaires,
05:25ils ne peuvent plus dépenser.
05:26Et quand on s'appelle Emmanuel Macron,
05:28et qu'on a été le prince, sinon le roi du quoi qu'il en coûte,
05:31si on vous retire votre chéquier et votre carte bancaire,
05:34vous ne savez plus faire.
05:35– Alors là, ça va nous commettre.
05:37– Oui, parce que, en fait, si on avait été en temps normal,
05:40qu'est-ce qui se serait passé ?
05:41En fait, on aurait fait un grenelle de la jeunesse.
05:43– Une agence, on aurait fait une superbe agence.
05:45– On aurait peut-être commencé par le grenelle,
05:48on aurait fait un grenelle, on aurait fait venir tous les syndicats,
05:50les syndicats de salariés, les syndicats d'étudiants,
05:52les syndicats de lycéens,
05:54on aurait discuté pendant deux jours.
05:55Au bout de deux jours, le ministre serait venu en majesté
05:59et aurait annoncé un plan en 15 ou 20 points.
06:03On aurait dépensé entre 15 et 20 milliards,
06:06à peu près, en général, c'est comme ça que ça se passe.
06:08Pour les gilets jaunes, c'est exactement ce qui s'est passé.
06:10On a dépensé 17 milliards.
06:12Ensuite, on annonce les 17 milliards,
06:14tout le monde retourne travailler,
06:15on n'est pas très regardant sur l'efficacité des mesures annoncées,
06:19on peut éventuellement créer une agence.
06:20On peut travailler, c'est des lycéens.
06:22Non, Jules !
06:24Même Géraldine est d'accord.
06:26Mais honnêtement, on ne peut pas le faire parce qu'il n'y a plus d'argent.
06:29Il n'y a plus d'argent, donc on ne peut pas faire un grenelle.
06:31Donc, on essaye d'amuser la galerie en essayant de jouer à la montre.
06:36J'ai dit ça en étant un petit petit camp, mais pardonnez-moi.
06:39On a des revendications lycéennes qui sont
06:43« Ah, c'est trop dur de travailler de 8h à 18h. »
06:46« Ah, ce n'est pas très bon ce qu'on a à la cantine. »
06:48Moi, je veux bien, je ne nie pas qu'il y ait une souffrance dans notre jeunesse,
06:51qui est une jeunesse qui est complètement sacrifiée par les choix politiques.
06:55Mais à un moment donné, qu'est-ce que vous voulez répondre à ça ?
06:57D'autant plus quand la grande majorité veut travailler.
07:02La grande majorité des lycéens n'est pas dans les blocus.
07:04Donc, répondre à quelques gauchistes, ça ne sert aujourd'hui à rien.
07:08Jules Therès, Jean-Michel Sénateur, on va continuer d'en parler évidemment sur Europe 1.
07:11La parole aux lycéens, on les entend depuis plusieurs jours justement.
07:14Et je vais vous faire entendre une autre voix étudiante avec un discours un peu différent.
07:18Ce sera juste après le journal permanent d'une heure et demie sur Europe 1.
07:2113h27, vous écoutez Kelly Mathias, à tout de suite sur Europe 1.
07:2413h, 14h, Europe 1 Info.

Recommandations