00:00Et la politique avec ce débat qui a eu lieu, c'était combien ? 3h45 ?
00:04Pas loin.
00:05C'est ça, 5 patrons face à 7 candidats à la présidentielle.
00:09On a retenu différentes petites déclarations que j'aimerais commenter avec vous.
00:14Commençons par Edouard Philippe et Gabriel Attal,
00:18qui ont tous les deux d'ailleurs renouvelé leur appel à travailler plus.
00:24Ils ont quand même été rattrapés tous les deux par leur bilan.
00:29Écoutez-les.
00:29La situation n'est pas bonne et les entreprises souffrent, elles sont inquiètes.
00:34Je suis sûr que nous pouvons collectivement créer la richesse nécessaire à ce pays.
00:41Pour avoir une économie prospère, il me paraît qu'il faut des comptes en ordre.
00:45Ces comptes en ordre, ils doivent être remis en ordre, non pas en augmentant les impôts,
00:49mais en acceptant collectivement de travailler plus.
00:53Je crois que ce qui est attendu de nous aujourd'hui, c'est de faire preuve de lucidité.
00:57Moi, je crois qu'il y a eu des réussites ces dernières années.
01:01Mais la lucidité, c'est aussi de reconnaître qu'il y a eu des échecs et des erreurs économiques.
01:06Avec la dissolution, la fin de dix ans de politique de l'offre,
01:09c'est le logement et le bâtiment qui a pâti de mauvaises décisions qui ont été prises ces dernières années.
01:14Et l'échec d'un engagement à libérer les énergies, enlever des bâtons dans les roues de ceux qui veulent
01:20faire
01:20pour en mettre dans les roues de ceux qui passent leur temps à empêcher de faire.
01:24Et alors, quoi qu'on en pense, il faut reconnaître quand même que leur place n'est pas la plus
01:28aisée.
01:29C'est-à-dire qu'ils doivent tous les deux apparaître comme le candidat naturel de l'après-Macron,
01:34tout en s'en distançant, Jean-Michel Salvatore.
01:37– Oui, c'est vrai que c'est vraiment pas facile parce que le bilan de Macron est tellement catastrophique,
01:43surtout depuis la dissolution, que c'est vraiment très compliqué de se retrouver comme ça,
01:49obligé d'assumer l'héritage et en plus d'expliquer qu'on va pouvoir continuer
01:54en faisant des réformes qu'on n'a pas faites alors qu'on était au pouvoir.
01:57Moi, je les ai trouvés quand même, je trouve qu'il ne manquait pas d'aplomb quand même.
02:01Parce que, bien sûr, Gabriel Attal, qui entre nous d'ailleurs,
02:04j'ai trouvé que c'était sans doute le meilleur hier,
02:06bon, il a fait un tout petit mea culpa, il a reconnu quelques échecs,
02:09mais globalement, si vous voulez, moi je trouve qu'ils avancent avec des propositions et des solutions,
02:15comme si, finalement, le bilan de Macron était en demi-teinte,
02:20alors qu'il n'est pas en demi-teinte, malheureusement pour lui et surtout malheureusement pour la France.
02:25C'est un bilan qui est véritablement catastrophique, surtout du point de vue de l'économie.
02:29Parce que, et là, hier, c'était vraiment un débat économique,
02:31quand Macron a été élu, les chefs d'entreprise du Medef et d'ailleurs se disaient,
02:36enfin, un patron qui parle notre langage,
02:39enfin, quelqu'un qui a travaillé dans le privé et qui va pouvoir nous comprendre.
02:43Et neuf ans après, on se rend compte que le bilan est catastrophique.
02:47On l'a vu avec tous les chiffres qui sont sortis.
02:49Bon, bien sûr, la dette, les 1 000 milliards supplémentaires,
02:52mais on n'a jamais eu autant de faillites cette année et l'année dernière.
02:55On est à plus de 70 000, le chômage remonte, etc.
02:58La croissance est en berne, on l'a appris ce matin.
03:01Donc, vraiment, le bilan économique est absolument catastrophique
03:03de la part de celui qu'on appelait le Mozart de l'économie.
03:07Et c'est vrai que là, j'ai trouvé que Attal et Emmanuel Philippe...
03:14Édouard Philippe, j'ai trouvé qu'ils faisaient quand même
03:20un peu l'impasse sur le bilan,
03:23alors qu'ils étaient quand même face à des chefs d'entreprise
03:25qui, eux, n'ont rien oublié et ont très bien vu.
03:27Leurs adversaires non plus, c'était l'angle d'attaque.
03:30C'était même l'angle d'attaque.
03:31C'est-à-dire qu'effectivement, ils étaient face aux chefs d'entreprise,
03:35mais ils devaient surtout se confronter à 5 autres candidats
03:39qui n'ont pas manqué de relever,
03:41qui n'étaient pas trop de deux pour défendre,
03:43essayer de défendre le bilan d'Emmanuel Macron.
03:46C'est ça l'immense difficulté pour Édouard Philippe et Gabriel Attal,
03:50à la fois essayer d'incarner un renouveau, un espoir,
03:56alors qu'ils sont très largement plombés
03:58par le bilan économique que Jean-Michel a rappelé,
04:02qui effectivement est assez désastreux,
04:04parce qu'il faudrait peut-être ajouter
04:06à ces presque 10 ans de présidence d'Emmanuel Macron,
04:09sont passés aussi aux côtés de François Hollande à l'Élysée,
04:14d'abord comme secrétaire général adjoint de l'Élysée,
04:16puis comme ministre de l'Économie.
04:18Et donc, on peut, à l'aune de toutes ces années passées au pouvoir,
04:23faire un bilan absolument complet de la politique d'Emmanuel Macron.
04:29Et malheureusement, ce n'est pas flatteur,
04:30parce qu'il faut ajouter quand même une chose,
04:32c'est qu'il y avait peut-être une chose à mettre au crédit d'Emmanuel Macron,
04:36même si ce n'était pas la grande réforme dont certains rêvaient,
04:40mais il y avait eu cette réforme des retraites
04:42qui a été abandonnée en race campagne
04:44pour finalement préserver le destin de Sébastien Lecornu.
04:48On en vient à Marine Le Pen.
04:49Vous vouliez rajouter quelque chose rapidement, Jean-Michel Sélérateur ?
04:52Oui, parce qu'il m'a frappé aussi dans le débat,
04:53si vous voulez, c'est que c'est quand même le retour de la gauche et de la droite.
04:57Les représentants du macronisme n'étaient pas les représentants du dépassement,
05:00mais sont véritablement venus avec des solutions,
05:05des idées économiques de droite face à ce bloc de gauche
05:09qui, avec Mélenchon, avec Marine Tondelieu, avec Glucksmann,
05:13qui eux, étaient vraiment dans une logique de gauche.
05:15Donc c'est vraiment le retour de la gauche et de la droite.
05:18Je vous fais écouter Marine Le Pen hier.
05:20À chaque fois qu'il s'agit de parler de la dette,
05:24beaucoup de beaux mondes proposent que ce soit les autres qui fassent un effort.
05:28Moi, il m'apparaît que le premier qui doit faire un effort, c'est l'État.
05:32Et il doit baisser drastiquement son train de vie.
05:36Voilà ce que je viens de dire.
05:38Parce que oui, je suis très inquiète par la situation de la dette.
05:41Donc clairement, nous la rembourserons.
05:44Deuxièmement, nous sommes pour l'inscription dans la Constitution d'une règle d'or.
05:48Juste avant le débat budgétaire, nous présenterons notre trajectoire
05:53de rétablissement des finances publiques avec 125 milliards d'euros d'économie
05:59parce qu'il est absolument nécessaire de le faire.
06:02Alors reste à savoir si Marine Le Pen parle au patron.
06:05Peut-être que Jordan Bardella leur parlait davantage.
06:08Raphaël Stainville ?
06:09Cette question, elle mérite d'être posée.
06:11Mais je pense que dans le propos de Marine Le Pen,
06:14je pense qu'elle s'adressait moins au patron qu'aux agences de notation
06:18et à tous ceux qui regardent la France avec une certaine inquiétude
06:22en se demandant justement si Marine Le Pen devait l'emporter,
06:27si elle aura seulement la possibilité de pouvoir mettre en œuvre sa politique
06:31sans que le FMI ou la BCE ne lui tombent sur le dos
06:35pour ramener la France à la raison.
06:38Et donc je pense que lorsqu'elle a étayé cette trajectoire budgétaire
06:43dont elle a parlé, ces 125 milliards d'économies qu'elle veut réaliser
06:47sur les dépenses de l'État, c'était d'abord une adresse
06:50beaucoup moins à chefs d'entreprise qu'aux agences de notation
06:53et aux acteurs de la vie économique mondiale.
06:56Justement, écoutez Geoffroy Arroud-Bézieux,
06:59qui est l'ancien président du MEDEF,
07:00qui était l'invité de Dimitri Pavlenko, ce matin dans la matinale d'Europe 1.
07:04Marine Le Pen a travaillé le sujet par rapport notamment au débat
07:07qu'elle avait eu avec Emmanuel Macron.
07:10Là, elle a aligné les chiffres, elle avait travaillé le sujet.
07:14Le problème reste qu'il y a effectivement sa nombre de promesses
07:17plutôt, je vais dire, favorable pour l'entreprise
07:20de notement de baisse d'impôt de production.
07:22Mais le financement ne paraît pas crédible.
07:25Les 125 milliards de baisse de dépenses ne semblent pas crédibles
07:29parce qu'on ne peut pas trouver 125 milliards sur la fraude sociale,
07:33les agences de l'État et l'immigration.
07:36Geoffroy Arroud-Bézieux, pas totalement convaincu.
07:39Jean-Michel Salvatore, j'ai posé la question sur Jordan Bardella aussi
07:42parce qu'on a appris que François Durvy,
07:45qui était le conseiller économique très proche de Jordan Bardella,
07:48et donc conseiller économique du Rassemblement National,
07:50avait décidé de ne pas faire finalement cette campagne du Rassemblement National.
07:53C'est peut-être un signe.
07:54Alors ça, c'est un événement en fait très important,
07:57même si ça peut apparaître comme de la politique politicienne.
08:00Mais déjà, ça prouve qu'il y avait véritablement deux lignes
08:03au Rassemblement National.
08:05La ligne de Marine Le Pen, qui a toujours été une ligne très populaire,
08:09à cheval entre la droite et la gauche,
08:11et une ligne peut-être plus proche des milieux d'affaires,
08:14qui était la ligne de Jordan Bardella.
08:16Mais après tout, c'est tout à fait normal, dans tous les partis,
08:20les dirigeants ne sont pas forcément tous câblés de la même façon.
08:22Donc ça n'a rien de choquant,
08:23mais en tout cas, ça vient prouver qu'il y avait bien deux lignes,
08:26et que maintenant que Marine Le Pen est la candidate du Rassemblement National,
08:31il y a comme une reprise en main, d'une certaine façon.
08:33C'est sa ligne qui va l'emporter,
08:35et ça ne sera pas la ligne de Jordan Bardella.
08:38Et si François Durvy démissionne,
08:41c'est parce qu'en fait, d'après ce qu'il a expliqué,
08:43notamment au Figaro,
08:45c'est parce qu'il refuse de défendre des positions économiques
08:49auxquelles il ne croit pas.
08:51Et ces positions économiques auxquelles il ne croit pas,
08:54il faut bien savoir que c'est un dirigeant d'entreprise,
08:56François Durvy,
08:57et c'est vrai que quand il écoutait Marine Le Pen dire
08:59« on remboursera la dette », c'est rassurant.
09:03« Je suis pour la règle d'or », c'est rassurant.
09:05Mais ce qui est beaucoup moins rassurant,
09:06c'est ce qu'elle a expliqué sur la réforme des retraites,
09:09parce que là, on se demande comment elle va pouvoir financer
09:12une retraite à 60 ou à 62 ans.
09:14Alors, si le RN inquiète les patrons LFI aussi,
09:17écoutez Jean-Luc Mélenchon.
09:18« Vous me demandez comment rétablir les comptes,
09:20je pourrais vous faire une réponse très provocante et instantanée.
09:24Si je décide instantanément de cesser toutes les aides aux entreprises,
09:28le déficit de l'État disparaît.
09:30Ça sera comme ça avec moi. »
09:32Raphaël Stainville.
09:34Jean-Luc Mélenchon est fidèle à lui-même d'une brutalité
09:38qui, je pense, ne fait qu'accroître les inquiétudes des milieux économiques
09:42et notamment des patrons d'entreprise.
09:45Donc, ils ne les ont pas rassurés ?
09:46Non, ça c'est une certitude.
09:48Jean-Michel Salvatore.
09:49En plus, c'est incroyablement brutal, si on ne fait pas le détail,
09:51c'est bon, voilà, c'est donnant des noms,
09:52et puis au fond, excusez-moi, mais je vous emmerde, quoi.
09:55C'est un petit peu ça, ce qu'il est venu leur dire hier.
10:00Donc, évidemment, ce n'est pas passé.
10:02Il a essayé de corriger l'énorme bourde qu'il a commise
10:07en expliquant que la dette de la BCE, il fallait la foutre au feu,
10:13ce qui est évidemment totalement irresponsable
10:16et ce qui inquiète encore plus les marchés.
10:18Il ne faut pas oublier que la France dépend des marchés financiers
10:22parce que quand vous regardez notre budget,
10:24à partir du 17 septembre de chaque année,
10:27on n'a plus d'argent, 17 septembre.
10:28Donc, si on veut continuer à payer les retraites
10:31et les salaires des fonctionnaires jusqu'à la fin de l'année,
10:34il faut emprunter.
10:35Sinon, on ne peut plus payer.
10:36On décrypte l'actualité avec vous deux,
10:38Jean-Michel Salvatore et Raphaël Steinville sur Europe 1.
10:41La rentrée du PSA Blois ce week-end
10:43ou encore le scandale du périscolaire parisien
10:45avec Anne Hidalgo personnellement visée par des plaintes.
10:47Ce sera juste avant le flash de 14h sur Europe 1.
10:49Et avant de retrouver la suite d'Europe 1 Info avec Lélie Mathias,
10:52je vous rappelle que demain,
10:53vous retrouvez Laurie Choleva pour Clap.
10:55C'est votre rendez-vous cinéma sur Europe 1
10:57avec un nouvel horaire pour cette rentrée
10:59de la grande famille Europe 1.
11:00Clap, notez bien, c'est désormais de 16h à 17h le samedi.
11:05Et pour cette première émission,
11:06un invité exceptionnel, une légende du cinéma
11:09puisque Laurie Choleva reçoit le réalisateur britannique
11:12Ridley Scott pour son nouveau film The Dog Stars
11:16sorti mercredi sur le programme de Clap demain
11:18avec Laurie Choleva de 16h à 17h sur Europe 1.
11:22Europe 1