00:00On va continuer de parler de ces mid-termes déflorés et le résultat de ces mid-termes avec Charles Monod.
00:04Il nous rejoint, advisor du Fonds Monod, pour combattre les idées reçues et le consensus.
00:08L'inflation, ce qu'on entend beaucoup, l'inflation serait la première raison de la défaite des Républicains.
00:13C'est ce que certains disent. Bonjour Charles.
00:16Bonjour.
00:16Vous dites que tout ça c'est la question de l'inflation, enfin justifier la victoire démocrate par l'inflation
00:21et le mécontentement des électeurs sur l'inflation.
00:22Vous dites que c'est un gros mytho tout simplement.
00:26Gros mytho, voilà c'est tout.
00:28Quand même, l'inflation a joué un rôle dans la défaite des Républicains Charles, malgré tout.
00:32Non, non, un rôle très important, mais il y a un sondage qui est sorti dans un truc de groupuscule
00:38complètement gauchiste qui s'appelle Fox News.
00:40C'est vraiment des gauchos.
00:42Et donc effectivement, ils faisaient un gros sondage il y a 10 jours en demandant quelle était la première inquiétude
00:49des Américains.
00:50Et c'est vrai, l'inflation qui est citée partout, le pouvoir d'achat, le prix du pétrole.
00:5485%.
00:56Mais, il y avait un truc qui était plus haut, 88%.
00:59Et ça c'est un truc assez marrant quand même, dont il faut parler, c'est corruption.
01:03En tête des inquiétudes des Américains.
01:05C'est corruption.
01:06Devant l'inflation.
01:07C'est-à-dire, ce gouvernement Trump, il faut quand même le dire, a quand même transformé ce truc en
01:12république bananière totale.
01:14Malgré tout, il y a un moment où ça finit par coûter un peu.
01:17Et ça, c'est quand même plutôt une bonne nouvelle.
01:20Surtout que la scène politique américaine, depuis longtemps, c'est-à-dire depuis 12 ans, en 2014, ils ont fait
01:26sauter les limitations qu'il y avait sur les donations politiques qu'on pouvait faire.
01:31Ils sont donc devenus un truc finalement, où chacun vient acheter un peu, amener de l'argent.
01:35Donc, ce n'est plus tout à fait une démocratie quand même, ce n'est plus une personne, une voix.
01:40Et dans ces élections-là, de mid-terms, vous avez quand même des chiffres totalement dingues.
01:44Celui de Musk, dont on a beaucoup parlé, qui a donc donné 453 millions de dollars pour les élections.
01:49Dont 158 pour faire élire Paxton au Texas, qui, ça c'est sympathique, a perdu.
01:54Sympathique d'un point de vue, moi je ne suis pas pour ou contre, mais d'un point de vue
01:57démocratique, vous dites que c'est quand même intéressant que malgré tout ça, les gens parlent.
02:01Il a émis 158 millions de dollars juste sur l'État du Texas pour soutenir le candidat républicain, 158 millions
02:06de dollars.
02:06On a expliqué pourquoi avant.
02:07Oui.
02:09Mais c'est quand même des chiffres assez dingues.
02:12Et ce qui est assez...
02:13Et alors, quand ces verrous ont sauté, finalement, dans le jeu équilibré américain en 2014, il y a une dizaine
02:19d'années, c'était un peu équilibré.
02:21Vous aviez des grandes fortunes côté démocrate, comme Soros, comme Goethe, comme vous avez des grandes fortunes côté républicain.
02:27Et alors là, ça s'est complètement déséquilibré.
02:30Et en plus, vous avez un troisième genre d'acteurs qui sont arrivés, qui sont encueilleux, qui s'en foutent
02:34complètement, mais sont juste là pour défendre leur cause.
02:37C'est les crypto-players.
02:38Donc, vous avez les deux jumeaux qu'on voyait dans les social networks, les champions d'aviron, les Winkgoldoss.
02:45Eux, ils ont mis 53 millions côté...
02:47Alors, c'est plutôt côté républicain, mais c'est juste pour faire avancer le schmilblick crypto.
02:52Et vous vous dites, tout ça, ce n'est plus une démocratie, c'est du lobbying acheté.
02:59Et donc, de ce point de vue-là, je ne parle pas d'un point de vue couleur politique, mais
03:03de ce point de vue-là, que tous ces types soient pris une grosse baffe, ça, c'est quand même
03:06plutôt, d'un point de vue démocratique, bien.
03:08– Et pour vous, donc, hier, les électeurs ont dit, on n'est plus d'accord.
03:11Alors, l'inflation, bien sûr, le galon, ça a compté, mais la corruption arrive en tête de leurs préoccupations, arrive
03:16en tête dans les sondages juste avant ces élections.
03:18Et c'est sans doute ce qui a coûté leur siège à tant de républicains, parce qu'on s'attendait
03:22à un congrès divisé, voire pourquoi pas un Sénat basculant démocrate.
03:26Là, c'est un énorme raz-de-marée, c'est vraiment historique, ce qui s'est joué.
03:28Donc, la corruption, l'idée qu'on se fait de la démocratie...
03:31– C'est le résultat du sondage, et alors, fait par Fox News, ce n'est pas un sondage du
03:35New York Times, ce n'est pas des pros, c'est fait par Fox News.
03:39– Effectivement, ce n'est pas un fanzine de gauche.
03:42– On est d'accord.
03:42– On est d'accord. Donc, l'inflation pour vous, c'est qu'une des causes de la débâcle républicaine,
03:49comme si les Américains avaient ouvert les yeux sur des choses peut-être un petit peu plus graves.
03:54Donc, quel impact sectoriel on peut attendre ?
03:57– Alors, franchement, sur la réaction de marché,
04:01très franchement, Antoine, aucune idée, rien compris.
04:04Moi, j'ai lu les nouvelles très tôt ce matin,
04:05qu'on dit « le Nasdaq baisse, le S&P baisse, parce que voilà ».
04:09Et puis après, donc les mêmes journalistes, vous disent « non, mais en fait, tout monte, parce que voilà ».
04:13Vous dites « ok, moi, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas qui est rentrant ».
04:18Donc, je n'ai pas d'idée sur les réactions, pour ou contre,
04:21sur pourquoi ça monte ou pas, sur si ça baisse ou pas, si...
04:25– Oui, mais la politique, ça compte quand même.
04:28Alors, je sais que vous avez plutôt « stock picker », vous regardez,
04:30vous choisissez d'investir dans les entreprises en fonction de leur bilan,
04:33de ce qu'elles annoncent, etc.
04:34Mais c'est un peu comme vouloir...
04:35– D'ailleurs, ce soir, c'est champagne.
04:37– Alors, vous nous direz pourquoi.
04:38Mais non, mais attendez, investir juste en regardant le bilan des sociétés
04:41ou leurs annonces, sans tenir vraiment compte de la politique,
04:43c'est un peu comme vouloir faire de la haute navigation,
04:45sans regarder les horaires des marées, quoi.
04:46À un moment, les horaires des marées, il faut les regarder, ça compte quand même,
04:48sinon vous tombez dans l'écueil.
04:49Ça compte la politique, ça compte la politique monétaire,
04:52même sur la trajectoire des entreprises,
04:54quelles que soient leurs annonces.
04:54Les marées, il faut les regarder avant de prendre la mer, Charles,
04:57malgré tout « stock picker » que vous êtes.
04:59– Oui, mais il faut les regarder.
05:01Si vous pouvez réussir à tirer un avantage de votre vision dessus,
05:04en me disant « Ok, finalement, je comprends un truc
05:05que les autres n'ont pas compris ».
05:07Mais comme me le disait Buffett, je crois, la première fois
05:10que Trump a été élu, il dit « Écoutez, j'ai acheté et vendu des stocks
05:13sous 15 présidents américains différents, 17, je ne m'en rappelle plus.
05:16Donc là, il y en a un nouveau qui arrive, je ferai mon boulot, comme d'habitude. »
05:19– Et c'est ça qu'on aime, c'est le côté vraiment très pragmatique et éthérin.
05:22Vous disiez, on sable le champagne, vous le sablerez parce que…
05:25– C'est Duolingo, je vous ai rabattu les oreilles Duolingo ici plusieurs fois, etc.
05:29Pas lâché le morceau, et donc ça a publié hier soir,
05:32et c'est plus… alors c'était plus 14, attendu, puis après plus 25,
05:36et là c'est plus 33 ou 34.
05:39Donc ce soir, ce sera champagne, oui.
05:40– Qu'est-ce qu'ils ont annoncé d'extraordinaire,
05:42qui mérite cette hausse de 30% d'un coup ?
05:44– Duolingo, 32% de hausse à l'instant ?
05:47– Des bons résultats.
05:48– Tout simplement.
05:48– Bien.
05:49– Bien.
05:50– Bon, écoutez…
05:51– Il ne faut pas parier contre Louis Vaughn.
05:52– Qui est le patron, c'est ça ?
05:54– Le fondateur, c'est un mec génial.
05:55– D'accord.
05:56Bon, c'est la foi d'un converti, là, oui.
05:59– Moi, j'ai discuté avec une électrice américaine
06:01qui m'a envoyé une photo d'une républicaine
06:02qui était Vendebou contre Trump, vraiment en colère.
06:04Vous ne pensez pas que la défaite, c'est une défaite de Trump,
06:07plus que la corruption, parce que finalement Trump,
06:08c'est un peu la corruption, au final.
06:10– Je pense que Trump, ça va terminer…
06:11Enfin, je m'en rappelle, je ne sais plus,
06:12c'est quel roi dans les rois maudits, là,
06:14qui démarre en prison, qui après roi,
06:16et à la fin, son cadavre est traîné,
06:18disons plus tard, par les chevaux dans les rues de Londres.
06:20Je pense que Trump, quand il va commencer à glisser,
06:22puisqu'il a humilié énormément de gens autour de lui,
06:25tous les grands patrons,
06:26une des anecdotes les plus rigolotes que je trouve, quand même,
06:28qui est une vraie anecdote,
06:29c'est qu'au lendemain des éléments du Capitole,
06:33JP Morgan et Bank of America ont fermé tous les comptes de Trump,
06:37personnel et société.
06:39Donc évidemment, quand il est revenu quatre ans plus tard,
06:41là, c'était un peu compliqué.
06:42Donc ils ont tous fait des courbettes dedans,
06:44mais ils le haïssent.
06:45Donc au moment où il va pouvoir un tout petit peu glisser,
06:47alors là, ça va être l'assassinat de César,
06:50il y aura 50 poignards qui vont sortir dans tous les sens,
06:52ça va être un truc à fond.
06:54– Merci Charles de nous avoir accompagné.
06:55Charles Monod, advisor du fond Monocle Asset Management,
06:58bon retour.
06:58– Merci beaucoup.
06:59– Plaisir toujours de vous accompagner, de vous retrouver.
07:02Merci à vous Julien Marion.
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