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Regardez le décryptage de Alexandre Lecomte, médecin généraliste à Angoulême, Patrick Innocenti, maire de Decazeville, et Agathe Landais, spécialiste santé de RTL.
Regardez La preuve par trois avec Anne-Sophie Lapix du 02 novembre 2026.

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Transcription
00:08Nous habitons le territoire de Belfort et nous avons pu trouver un cardiologue à Strasbourg.
00:14Nous avons fait des centaines de kilomètres pour pouvoir faire les examens le plus rapidement possible
00:18parce qu'on nous disait on ne prend plus de nouveaux patients ou on nous disait dans 4 mois ou
00:23l'année prochaine.
00:24Voilà le témoignage d'une auditrice Isabelle qui concerne un spécialiste mais ça existe également avec des généralistes.
00:32Ils étaient aujourd'hui 2700 internes en médecine générale à débarquer dans des cabinets ou des maisons de santé pour
00:38un an de stage.
00:40Une année de plus par rapport au cursus en vigueur jusqu'ici.
00:43L'objectif de cette réforme c'est d'inciter les jeunes médecins à s'installer dans les zones où il
00:49manque cruellement.
00:49Est-ce que l'arrivée de ces docteurs juniors est la solution ?
00:53La réponse pour lutter contre les déserts médicaux c'est la question de la preuve par 3.
00:58Bonsoir Agathe Landais spécialiste santé d'RTL.
01:01Qui sont ces docteurs juniors ? Médecins mais toujours étudiants ?
01:06Exactement ce sont des futurs médecins généralistes qui vont venir effectuer leur toute dernière année d'études dans un désert
01:12médical.
01:13On parle donc de docteurs juniors mais vous l'avez compris ils ne sont plus si jeunes que ça.
01:18Ils ont quand même fait 9 ans déjà d'études de médecine.
01:21Études qui comprennent notamment de nombreux stages à l'hôpital, dans plusieurs services différents et notamment dans les services d
01:28'urgence.
01:29Ces docteurs juniors ils ont donc débuté leur dixième et dernière année d'études et tous ont choisi la spécialité
01:35médecine générale.
01:37Au total on parle là de plus de 3000 docteurs juniors.
01:40Il y en aura 500 de plus à partir du mois de mai prochain dans les cabinets de ville.
01:45Alors comment sont-ils affectés ? Est-ce qu'ils vont en priorité dans les déserts médicaux ?
01:50Eh bien oui c'est le principe. Ils ont formulé plusieurs voeux pour leur stage et un système s'est
01:55chargé de faire la répartition en privilégiant les secteurs où les besoins en médecin sont les plus importants.
02:01Selon le ministère de la santé, 80% de ces docteurs juniors ont finalement été fléchés vers des zones considérées
02:08comme des déserts médicaux.
02:10Dans ces cabinets, ces docteurs ne seront pas seuls. Ils seront encadrés par un médecin senior, ce qui leur permettra
02:17de les solliciter par exemple s'ils ont un doute sur un diagnostic.
02:21Ces 3000 jeunes médecins pourront évidemment réaliser des consultations, assurer le suivi de patients, renouveler des ordonnances, prescrire de nouveaux
02:29traitements.
02:30Ils pourront aussi participer aux actions de prévention comme du dépistage ou de la vaccination.
02:35Le ministère estime que grâce à eux, les déserts médicaux vont bénéficier de plusieurs millions de consultations supplémentaires.
02:42Et alors au bout d'un an, que feront-ils ?
02:44Eh bien c'est toute la question. Parce que concrètement, ces jeunes docteurs, ils vont passer deux stages de six
02:49mois sur un même lieu d'exercice.
02:51Donc ils vont passer un an dans une zone sous-dense.
02:55Ça leur laissera le temps de découvrir le territoire, mais aussi de connaître les patients.
02:59L'espoir du gouvernement, c'est qu'après un an, au moins une partie de ces docteurs juniors choisira de
03:06rester sur place.
03:08Que ces médecins rejoindront le même cabinet médical ou bien qu'ils créeront leur propre cabinet.
03:14Mais dans les faits, rien ne les y oblige.
03:16Après cette dernière année d'internat, ces juniors auront obtenu leur diplôme.
03:21Ils seront libres d'aller rejoindre n'importe quel cabinet ou hôpital.
03:25Merci Agathe Landais. On va partir à la rencontre de l'un de ces docteurs juniors pour lui demander ce
03:30qu'il pense de cette année d'entrée en matière.
03:33Bonsoir Pierre-Alexandre Lecomte, vous êtes interne en médecine générale. Bonsoir.
03:37Bonsoir.
03:38Vous faites partie de la première promotion de docteurs juniors envoyés en renfort dans les cabinets et les maisons de
03:44santé.
03:45Où êtes-vous affecté ?
03:48Moi, je suis affecté en centre-ville d'Angoulême, mais qui est un désert médical, une zone d'intervention prioritaire.
03:56Et vous êtes loin de chez vous ?
04:00De mes parents, oui.
04:02Vous avez fait vos études en banlieue parisienne, c'est ça ?
04:05Exactement, oui. Tout à fait. Dans le nord de Paris.
04:08Alors, combien serez-vous payé ?
04:13Alors, en pourcentage oral, nous, déjà, on n'est pas en 35 heures. On est sur une base de 48
04:18heures par semaine.
04:19Donc, ça fausse un peu l'idée qu'on peut se faire, mais du coup, on est payé environ 2
04:25000 euros et plus ou moins des primes en fonction, justement, de l'affectation des transports nécessaires, etc.
04:332 000 euros, c'est du net ?
04:36Oui, c'est dans ces eaux-là.
04:37Et les primes, c'est en fonction du lieu où vous vous trouvez, en fonction de votre activité ?
04:44Alors, c'est ça. En zone d'intervention prioritaire, on a une prime de 1 000 euros, pas dans les
04:50autres zones, pas en ZAC et en ZQPV, qui sont d'autres types de déserts médicaux.
04:55Et on a une prime à l'activité qui est de 83 euros par mois, si on fait suffisamment de
05:02consultations.
05:03D'accord. Donc, vous serez plutôt autour de 3 000, 3 500 euros, c'est ça ?
05:08En net ?
05:08Ce serait l'idée, oui.
05:09Pour 48 heures de travail. Que pensez-vous, alors, de cette nouvelle année d'études et de transition, en quelque
05:16sorte ?
05:18Alors, pour le moment, on n'a pas commencé, c'est un peu difficile de se prononcer, mais...
05:21Sur le principe ?
05:23Pour résumer, moi, mon avis, c'est qu'on aurait pu faire mieux.
05:27C'est-à-dire ?
05:29En termes de... Alors, là, on présente beaucoup comme des solutions aux déserts médicaux, mais en fait, on n'est
05:35pas des fonctionnaires, on est avant tout des étudiants.
05:37Et ça, je pense que c'est important à garder en tête. Nous, on est dans notre formation.
05:41Et du coup, nous, l'idée de docteur junior, c'est quand même d'approfondir notre formation.
05:47Et ça, pour le coup, c'est... Alors, c'est un petit manqué.
05:51Il y a le Collège National des Généralistes Enseignants qui a réussi un peu à rectifier le tir.
05:55Mais typiquement, l'intérêt, ça aurait été aussi de...
05:57Qu'on s'habitue à l'exercice ambulatoire, à faire toute la paperasse administrative.
06:01On sait qu'il y en a beaucoup au cours libéral.
06:04Et en fait, ça, ça nous a été un peu retiré.
06:07Et en fait, en substance, on va avoir plus, on va avoir d'autres cours qui seront intéressants.
06:11Mais par rapport à nos stages de neuvième année, il n'y aura pas de grande différence sur le plan
06:18de l'enseignement.
06:18Mais vous comprenez qu'on essaie d'attirer des jeunes médecins là où sont les besoins, de cette manière ?
06:22Alors, ouais, j'entends bien, bien sûr.
06:27En fait, on a le problème en France beaucoup, c'est qu'on a un problème quantitatif de médecins.
06:32On sait bien qu'il n'y en a juste pas assez.
06:34Là, c'est la première fois en 2026 que le nombre de médecins installés était plus haut que le nombre
06:40de médecins qui partaient en retraite.
06:42Il n'y en a pas assez, en particulier dans certaines zones.
06:45Alors, oui, bien sûr.
06:47Mais pour les médecins généralistes, on fait partie des spécialités médicales
06:51qui sont les mieux réparties sur le territoire.
06:53Bien plus que les spécialistes.
06:55J'entendais Isabelle qui parlait des cardiologues tout à l'heure.
06:57On est beaucoup mieux répartis.
06:59Et même par rapport à d'autres spécialités médicales qui subissent déjà typiquement la coercition
07:05et qui ont force à s'installer, comme les infirmières,
07:08les médecins généralistes sont beaucoup mieux répartis sur le territoire.
07:11Vous avez raison, c'est qu'on a un gros problème de nombre
07:12et aussi de temps médical disponible.
07:15On n'a pas le temps de voir tout le monde.
07:17Merci beaucoup Pierre-Alexandre Lecomte.
07:19Alors, pour certaines communes, cet arrivage de jeunes médecins est une aubaine.
07:22Nous sommes en ligne avec le maire de Casseville, dans l'Aveyron, Patrick Innocenti.
07:27Bonsoir.
07:28Bonsoir.
07:29Alors, vous attendez l'arrivée d'un docteur junior dans votre commune ?
07:31Vous l'avez rencontré ? Vous savez s'il vient de loin ?
07:34Non, on ne l'a pas encore rencontré.
07:36Alors, en fait, nous, c'est la compétence santé, c'est la communauté de communes qui l'apporte,
07:43donc avec les membres de santé, parce qu'on est effectivement dans des aires médicales.
07:47Et donc là, on a des docteurs juniors qui arrivent sur le secteur, en fait, pas que sur le Casseville.
07:54Et vous vous réjouissez, j'imagine, de leur arrivée ?
07:57Vous ne craignez pas qu'ils ne soient pas totalement aguerris ?
08:00Ah non, ça, ce n'est pas trop la crainte de ça.
08:03La crainte, c'est qu'ils restent après, surtout.
08:06Qui restent ou qu'ils partent, la crainte ?
08:09Ah oui, alors qu'ils partent.
08:10Oui, c'est ça.
08:11Mais surtout, après, essayer de faire en sorte que, justement, nous, on manque un petit peu d'entreactivité.
08:16On est dans le milieu rural, et donc on est une ville de 5 000 habitants,
08:19la communauté commune, c'est 18 000 habitants, donc on n'a plus de spécialistes ou pas,
08:23et on n'a plus de maternité, et donc on est en souffrance.
08:26Et donc, on faudrait que les généralistes, on manque de généralistes,
08:31puisque, comme a dit le docteur, ceux qui partent à la retraite ne sont pas remplacés.
08:36Et donc, on a...
08:37Alors, ce qui se passe aussi, le contre-coup, c'est qu'on a un hôpital de proximité
08:41qui, lui, fait tampon, et donc il est surchargé,
08:45parce que les patients, à faute de trouver un médecin,
08:49ils vont surcharger les urgences ou les hôpitaux.
08:52Et donc, il, lui-même, est en souffrance de médecins et d'argentistes, on n'en a pas.
08:58Est-ce que vous...
08:59C'est vrai que ce docteur junior, ça va faire un plus, ça va soulager les cabinets existants.
09:04Maintenant, voilà.
09:05Et après, notre challenge, ce sera de les convaincre, pour certains, de rester.
09:10Alors, comment vous allez faire, justement ?
09:12Vous avez une stratégie pour garder les docteurs juniors ?
09:15Oh, une stratégie, je ne sais pas si on peut parler de stratégie.
09:17En tout cas, nous, c'est vrai qu'on n'a peut-être pas l'attractivité,
09:20c'est peut-être ça aussi, des grandes villes.
09:22On n'offre pas peut-être tous les services des grandes villes.
09:25Mais en revanche, on a d'autres, notre force,
09:28c'est qu'on a un milieu où il n'y a pas d'insécurité, on vit bien,
09:32on a un air pur, on est au bord de la vallée du Lot,
09:36on a beaucoup de choses, on va mettre en avant, en fait, notre territoire
09:41pour, si vous voulez, essayer de les convaincre,
09:43de dire, finalement, il ne serait pas plus mal.
09:44On est à deux heures et demie de la Méditerranée.
09:46Et vous n'avez pas un local à offrir, un revenu à garantir ?
09:50Non, non.
09:50Si, alors après, ça, c'est la communauté des communes
09:52qui a mis en place des aides, il y a des aides à l'installation,
09:57donc je crois que c'est 7000 euros pour aller,
10:00on a des locaux puisqu'ils peuvent travailler en maison de santé, etc.
10:04Donc, oui, bien sûr.
10:05Après, là, je ne rentre pas dans le détail,
10:08mais oui, on met en place, bien sûr,
10:11beaucoup d'outils pour qu'on puisse...
10:17Merci beaucoup, Patrick Innocenti, c'était La Preuve par Trois.

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