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  • il y a 4 heures
Regardez le décryptage de Mathilde Piqué, journaliste au service économie de RTL, Julie L'hotel Delhoume, présidente de la Fédération des particuliers employeurs, et Christine Pirès Beaune, députée PS du Puy-de-Dôme.
Regardez La preuve par trois avec Anne-Sophie Lapix du 12 octobre 2026.

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Transcription
00:09Les députés vont commencer à examiner le projet de budget 2027 à l'Assemblée demain.
00:15Le gouvernement veut faire des dizaines de milliards d'économies.
00:18Pour cela, doit-il s'en prendre aux fameuses niches fiscales ?
00:22Elles coûtent chaque année près de 90 milliards d'euros à notre budget.
00:27Faut-il en supprimer ? Et si oui, lesquelles ?
00:30C'est ce qu'on va voir dans la preuve par trois.
00:31Bonsoir Mathilde Piquet.
00:32Bonsoir.
00:33Vous êtes journaliste au service Éco de RTL.
00:37465 niches, je crois. De quoi parle-t-on exactement ?
00:39Une niche fiscale, c'est une dérogation qui permet de payer moins d'impôts sous différentes formes.
00:44Ça peut être un taux réduit d'imposition, une exonération ou un crédit d'impôt.
00:50C'est donc au final un manque à gagner pour l'État.
00:53Il y a les niches les plus connues, le crédit d'impôt pour les services à la personne,
00:57l'exonération d'heures supplémentaires pour inciter au travail,
01:00une réduction d'impôt quand vous donnez à des associations,
01:03certains travaux ouvrent aussi droit à une défiscalisation.
01:07Et puis, il y a des niches fiscales plus spécifiques, destinées à des secteurs bien particuliers.
01:12Un crédit d'impôt pour soutenir l'agriculture biologique,
01:15un autre pour l'investissement en Corse.
01:17De nombreux dispositifs existent aussi pour booster le marché immobilier.
01:22Par exemple, la réduction d'impôts de Normandie concerne les particuliers
01:26qui achètent un logement ancien à rénover pour le mettre en location.
01:30Enfin, certaines niches sont pour le moins insolites,
01:33comme une exonération d'impôts pour les producteurs de truffes
01:36ou encore un régime fiscal avantageux pour les propriétaires de chevaux de course.
01:40Alors, qui profite de plus de ces niches ?
01:42Les entreprises ou les particuliers ?
01:44Alors, ce sont les particuliers, car les sommes en jeu sont bien plus importantes.
01:47L'an dernier, les avantages fiscaux qui ont permis aux ménages de réduire leur impôt sur le revenu
01:53ont coûté 41 milliards d'euros à l'État.
01:56Mais les entreprises ne sont pas en reste non plus,
01:58avec le crédit d'impôt recherche, mais aussi l'aide à la création et à la reprise d'entreprises
02:03qui exonèrent les entrepreneurs de certaines charges sociales.
02:06La fiscalité est aussi allégée sur les transmissions d'entreprises familiales
02:11pour éviter que certaines ne disparaissent.
02:12Selon la Cour des comptes, certaines niches fiscales ne démontrent toutefois pas leur efficacité.
02:17Elle appelle donc à mieux les évaluer et surtout à en réduire le nombre.
02:21Et alors, justement, quel est le tiercé des niches les plus coûteuses ?
02:24Alors, sur la première marche du podium, on a le crédit d'impôt recherche.
02:28Il permet aux entreprises de déduire une partie de leurs dépenses de recherche
02:32et de développement de leurs impôts.
02:34Ce dispositif coûtera l'an prochain plus de 7 milliards d'euros à l'État.
02:38Conçu pour favoriser l'innovation des entreprises sur le sol français,
02:42le dispositif est en fait régulièrement critiqué pour son manque d'efficacité.
02:46Le crédit d'impôt pour les services à la personne arrive quant à lui en deuxième position.
02:51Il inclut les prestations de ménage, la garde d'enfants ou encore l'aide à domicile.
02:55Là aussi, le coût s'élève à 7 milliards d'euros l'an prochain.
02:58Le gouvernement entend préserver ces deux dispositifs dans son projet de budget.
03:02Mais ce n'est pas le cas de la troisième niche la plus coûteuse,
03:07l'abattement fiscal des retraités.
03:09Sur leur déclaration d'impôt, ils peuvent en fait déduire 10% du montant de leurs pensions.
03:14L'an prochain, le plafond de cet avantage fiscal sera revu
03:17et certains retraités devront donc payer plus d'impôts.
03:20Merci Mathilde.
03:21Alors on va se pencher sur la deuxième plus coûteuse,
03:23c'est le crédit d'impôt à la personne.
03:25Une députée socialiste a déposé un amendement
03:26pour réduire l'avantage fiscal aux emplois à domicile de confort,
03:30le jardinage, le ménage, les travaux ménagers,
03:33et de réduire de 50% à 40%.
03:35Nous sommes en ligne avec Julie Lothel-Deloum,
03:38la présidente de la Fédération des particuliers employeurs.
03:41Bonsoir.
03:42Bonsoir.
03:43Est-ce que cela vous choquerait, cette réduction ?
03:46Je précise que ça ne concerne ni les nounous,
03:48ni les aides aux personnes âgées ou handicapées.
03:51La proposition de Madame Pires-Bonne est extrêmement dangereuse
03:54puisque aujourd'hui, effectivement, il est sacralisé le fait que
03:57la petite enfance et tout ce qui est accompagnement des personnes
04:00en perte d'autonomie ou en situation de handicap ne seraient pas touchées.
04:03Donc, très concrètement, on parle des personnes
04:05qui ont quelqu'un à leur domicile pour faire du ménage.
04:08Ce qu'il faut savoir quand même, c'est que même des personnes
04:11en situation de handicap ou en perte d'autonomie
04:14font appel à quelqu'un pour venir à leur domicile et faire du ménage
04:17puisque ces personnes-là sont justement présentes au quotidien
04:21depuis de nombreuses années.
04:22Vous voulez dire une deuxième employée à domicile, en fait ?
04:24Exactement, c'est tout à fait possible.
04:26Ce qu'il faut aussi voir, c'est que dans les personnes
04:28qui ne sont pas encore déclarées en perte d'autonomie
04:30ou qui n'ont tout simplement pas fait les formalités
04:32pour être déclarées en situation de handicap,
04:35vous avez des personnes qui ont besoin de quelqu'un à leur domicile
04:37tout simplement pour continuer à vivre chez elles.
04:40Là, on vous parle des femmes de ménage,
04:41mais vous avez aussi des personnes qui vivent en ruralité.
04:44Et si vous n'avez pas quelqu'un pour faire le jardinage
04:47ou bien faire du bricolage,
04:48elles ne pourront tout simplement pas vivre chez elles
04:50et c'est extrêmement dangereux.
04:52Cela permettrait quand même d'économiser autour de 800 millions d'euros
04:56et c'est la Cour des comptes qui estime
04:58qu'il faut réduire le périmètre du crédit d'impôt
05:00pour les aides à domicile.
05:02Ce qui est sûr, c'est que le sujet est fondamental
05:04et au regard du vieillissement de la population,
05:06il faut l'étudier.
05:07Mais par contre, il faut l'étudier avec sérieux
05:09et pas 10 minutes tous les ans au moment où on étudie le PLF.
05:12Là, les chiffres qu'on vous annonce
05:14ne prennent pas en compte la réalité,
05:15à savoir les sommes qui sont reversées
05:18par les particuliers employeurs
05:19au moment où ils payent leurs salariés.
05:21Et donc, les indemnités chômage aussi
05:23qui ne sont pas versées aux salariés
05:24et qui ont un emploi.
05:25Très concrètement,
05:26lorsqu'un particulier employeur perçoit
05:29un euro de crédit d'impôt,
05:30il reverse 80 centimes
05:33au titre des cotisations sociales
05:35qu'il a lui-même versées
05:36et également des économies qui sont faites
05:38sur les indemnités chômage.
05:40Oui, mais il est quand même subventionné
05:42par le budget, par les Français.
05:45Comme on l'entendait en introduction,
05:48si des crédits d'impôt étaient efficaces.
05:50Il est extrêmement efficace chez nous
05:51puisqu'il a permis non seulement
05:53à 1,2 million de salariés,
05:55qui sont des salariés du particulier employeur,
05:57à avoir un emploi.
05:58Il permet à 3,4 millions de particuliers employeurs
06:01à pouvoir vivre en autonomie
06:02ou à pouvoir tout simplement
06:04avoir des conciliations de temps de vie
06:05entre leur vie professionnelle
06:06et leur vie personnelle.
06:07Et puis, dans un contexte budgétaire
06:09qu'on connaît,
06:10avec un pouvoir d'achat
06:11qui est drastiquement réduit actuellement
06:13et en très grand danger,
06:14la proposition de Mme Pires-Bone
06:16coûterait en réalité,
06:18engendrerait une augmentation
06:20de 20% de reste à charge
06:22pour les Français
06:22puisqu'ils paieraient en plus
06:252,30 euros par heure
06:27d'accompagnement à leur domicile,
06:28ce qui est absolument dramatique
06:29et risquerait de créer du travail
06:31du simulé.
06:32Merci beaucoup, Julie Lothel de Loume.
06:35Alors, tous les bénéficiaires
06:36ont une bonne raison
06:37de défendre leur niche fiscale.
06:38Mais est-ce qu'on ne peut pas
06:40tout de même faire un petit peu
06:41de ménage dans toutes ces niches ?
06:42Bonsoir, Christine Pires-Bone.
06:44Vous êtes la députée PS
06:45du Puy-de-Dôme
06:46dont parlait justement
06:48Julie Lothel de Loume.
06:50Vous êtes à l'origine
06:51de l'amendement qu'on évoquait.
06:52Quelle est la pire des niches,
06:54selon vous,
06:55qu'il est urgent de supprimer ?
06:57Alors, moi, je ne suis pas forcément
06:59pour la suppression de niches fiscales
07:02et en tout cas,
07:03pas sans évaluation.
07:05Donc, ça tombe bien
07:06parce que mon amendement,
07:07il ne fait que traduire
07:08une recommandation
07:10du Conseil des prélèvements
07:11obligatoires,
07:12le même qui nous dit
07:14que de la Cour des comptes,
07:16oui, mais le Conseil
07:16des prélèvements obligatoires,
07:17le même qui nous dit
07:18qu'on fait trop de déficits,
07:20qu'on a trop de dettes.
07:21Et donc,
07:23il nous passe en revue
07:25toute une série de niches
07:27et il nous dit
07:28sur lesquelles
07:28on peut effectivement
07:30avoir une action.
07:32C'est-à-dire,
07:32vous l'avez dit,
07:34une niche fiscale,
07:35c'est quoi ?
07:35C'est une diminution
07:36de l'impôt dû.
07:37Donc,
07:38quand le pays va bien,
07:40qu'on ait des taux
07:41de 50 %,
07:42ne me choquerait pas.
07:44Quand il faut faire
07:45des économies,
07:46et il faut faire
07:47des économies,
07:48et que l'on vous dit
07:49que ce crédit d'impôt,
07:51en le baissant
07:51de 50 à 40 %,
07:53non pas pour les personnes
07:57handicapées,
07:58non pas pour tout ce qui
07:58concerne les gardes d'enfants,
07:59mais pour vous
08:00ou pour moi
08:01qui avons,
08:02par exemple,
08:03besoin d'un jardinier
08:05une fois par an
08:05pour couper notre haie,
08:07ou pour les personnes
08:08qui vont employer
08:09effectivement une femme
08:11de ménage,
08:12ou même pour les personnes
08:13qui vont avoir
08:14un système de surveillance
08:16de leur résidence principale
08:17ou de leur résidence secondaire,
08:19parce que c'est de ça
08:19qu'il s'agit.
08:21Ce n'est pas
08:21des activités essentielles.
08:24Passer de 50 à 40 %,
08:25ce que dit le Conseil
08:27des prélèvements obligatoires,
08:28c'est que ça ne met
08:29nullement en danger
08:31la reprise du travail au noir.
08:34C'est le seuil,
08:35justement,
08:36auquel on peut baisser.
08:37Ça revient quand même
08:38à augmenter les impôts
08:40aujourd'hui,
08:40à un moment où
08:41c'est vrai que la France
08:42n'est pas en retard
08:43au niveau des prélèvements obligatoires.
08:45On n'augmente pas l'impôt,
08:46on ne fait que diminuer
08:47un peu moins.
08:48Diminuer la baisse.
08:51Le cadeau fait,
08:52effectivement,
08:53sur l'impôt dû.
08:55Attention,
08:57parce qu'encore une fois,
08:58ce n'est qu'un effacement
08:59d'impôt
09:00que normalement
09:01on est censé payer.
09:03Moi,
09:04je ne veux pas toucher
09:05au crédit d'impôt
09:08pour les personnes âgées,
09:09pour les personnes dépendantes,
09:10même pour leurs femmes de ménage.
09:12C'est faux.
09:12C'est faux.
09:13Par contre,
09:15pour les personnes,
09:16effectivement,
09:16qui emploient
09:17quelqu'un,
09:18un jardinier,
09:19pour des broussailles,
09:20pour couper là
09:21et pour faire le ménage,
09:22passer de 50 à 40,
09:24on ne va pas licencier
09:25sa femme de ménage.
09:26Un crédit d'impôt
09:27de 40 %,
09:28c'est déjà très,
09:29très généreux.
09:30Merci beaucoup.
09:31Merci beaucoup,
09:32Christine Pires-Bone
09:33et excusez-nous
09:34une nouvelle fois
09:35pour la qualité du son.
09:37On a eu en accéléré
09:38un peu
09:38les propos de Christine Pires-Bone.
09:40Merci à vous trois
09:41d'avoir participé
09:43à cette preuve par trois.
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