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00:01Europe 1, le journal permanent.
00:03Vous écoutez Europe 1, il est 19h47, le rappel des titres avec Frédéric Joncheret.
00:0781% des Français pour que les parents paient les dégâts causés par leurs enfants mineurs pendant le blocus des
00:13lycées.
00:13C'est ce qui ressort d'un sondage CSA pour Europe 1, CNews, le journal du dimanche.
00:17Et selon la proximité politique, ils sont 57% chez les proches de la France insoumise, 96% chez les
00:24Républicains.
00:24Le gouvernement déploie un prêt à taux zéro pour la pêche.
00:28Ce prêt de 3 000 à 50 000 euros sera distribué par BPI France en parallèle du prêt Flash Carburant.
00:33Et ce, pour renforcer plus spécifiquement l'accompagnement des TPE et PME face à la flambée des prix des carburants.
00:42La suspension temporaire du permis désormais généralisée pour l'usage du téléphone au volant.
00:46Jusqu'ici, une vingtaine de préfectures appliquaient la mesure.
00:49C'est la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté qui l'a annoncée.
00:52Quant à l'amende et au retrait, 2-3 points, il demeure.
00:56Et puis, pôle position pour Max Verstappen sur le Grand Prix de Bahreïn.
01:00Il s'élancera demain matin à 9h devant Hamilton et Antonelli.
01:03Isaac Hadjar partira, lui, de la huitième place devant Pierre Gasly.
01:06Et on rappellera, en fait, que ça se court en Malaisie.
01:09Merci Frédéric. On vous retrouve à 20h sur Europe 1 pour votre journal.
01:14Europe 1 soir.
01:1518h, 20h.
01:16Hélène Roué.
01:17Vous écoutez Europe 1, il est 19h48, toujours entouré de Jean-Michel Salvatore et d'Éric Revelle.
01:23Et nous allons parler du budget 2027.
01:25Il a été présenté cette semaine par le gouvernement.
01:28C'était jeudi à Bercy.
01:30Objectif, ramener le déficit à 5% du PIB.
01:33L'effort atteint 43 milliards d'euros, 54 milliards avec les mesures qui sont déjà adoptées.
01:37Pas de hausse généralisée d'impôts, mais des mesures ciblées contre les rentes et la fraude.
01:42Les allocations familiales, les APL, le point d'indice seront gelés, tout comme les pensions au-delà de 1260 euros.
01:49Le texte arrive au Parlement alors que la France emprunte à près de 4,8% à 10 ans.
01:53C'est du jamais vu depuis 2008.
01:55Éric Revelle.
01:56Les socialistes ont appelé Sébastien Lecornu à modifier sans délai ce projet de budget.
02:01Est-ce que, comme l'année dernière, Lecornu va devoir céder au PS et à Olivier Faure par peur de
02:06censure ?
02:07Il y a l'aspect politique, puis il y a l'aspect financier du budget.
02:11L'aspect politique, on verra si les socialistes trouvent un accord comme ils l'avaient trouvé l'année dernière avec
02:19Lecornu.
02:20Mais d'abord, ce budget, il est politiquement et budgétairement impossible.
02:24Ah, donc il n'est même pas crédible.
02:26Il n'est pas crédible.
02:27Politiquement, on l'a bien compris.
02:28Est-ce qu'un groupe va prendre le risque de censurer le gouvernement ?
02:32On verra, mais ce n'est pas impossible.
02:34Mais il est jugé par les marchés non crédibles.
02:38Parce que vous dites que le taux d'intérêt sur les OAT, les obligations d'État françaises à 10 ans,
02:42est de 4,8%.
02:42Non, il est près de 5% aujourd'hui.
02:44Il est près de 5% aujourd'hui.
02:47Ça veut dire qu'en réalité, on va emprunter de nouveau en 2027 343 milliards d'euros.
02:52On va emprunter 343 milliards d'euros parce qu'on a un déficit budgétaire d'environ 150 milliards.
02:58Mais parce qu'on a un service de la dette qui explose.
03:00On est rentré dans une spirale hallucinante que les experts appellent la boule de neige.
03:04Vous voyez ce que c'est une boule de neige, Hélène ?
03:06Plus il y a de la neige, plus vous roulez, plus la boule de neige augmente.
03:09Eh bien, quand vous empruntez à des taux extravagants, comme c'est le cas aujourd'hui,
03:12parce que les marchés n'ont plus confiance dans la signature française à 5%,
03:16vous continuez à emprunter pour votre déficit budgétaire,
03:20mais vous empruntez aussi pour payer le service de votre dette
03:22qui va atteindre plus tôt que prévu, 100 milliards par an.
03:25Ça veut dire que vous êtes dans un effet cumulatif, en réalité,
03:28où vous empruntez à des taux extravagants
03:31pour pouvoir payer vos factures, le service de la dette ou le déficit budgétaire.
03:36Et en payant cela, en réalité, on vous propose de vous prêter encore à plus cher
03:41parce qu'on n'a plus confiance dans votre signature.
03:43C'est un effet cumulatif, la crise de la dette française a commencé en réalité.
03:47Et juste avant de passer la parole à Jean-Michel,
03:49vous savez, souvent, quand vous avez un risque, quel que soit le risque,
03:53vous vous réassurez, n'est-ce pas ?
03:56Eh bien, aujourd'hui, vous avez ce qu'on appelle les certificats CDS,
03:59qui sont des certificats financiers qui permettent aux investisseurs
04:03qui ont prêté à la France, mais qui doutent de plus en plus
04:06de sa capacité de rembourser,
04:09ils achètent ces certificats pour assurer leurs risques.
04:12Eh bien, les taux sur ces certificats sont en forte hausse,
04:15ce qui veut dire qu'il y a de plus en plus d'investisseurs
04:17qui se réassurent parce qu'ils ont une véritable interrogation
04:22sur un éventuel défaut de paiement partiel ou total de la France.
04:25Jean-Michel Salvatore, le regard sur le budget.
04:27Alors, moi, je pense que le budget, il est évidemment mauvais,
04:30il est évidemment insuffisant, il est évidemment injuste,
04:33mais je pense que ce n'est même plus le sujet aujourd'hui.
04:36comme le dit très bien Eric, je pense que la priorité des priorités,
04:41c'est de rassurer les marchés financiers.
04:43Plus on les inquiète, plus les taux montent et plus la facture augmente
04:47et plus la boule de neige est grosse.
04:49Il faut quand même bien voir, Eric disait,
04:51on va emprunter en 2027 340 milliards d'euros.
04:55340 milliards d'euros, c'est quasiment 1 milliard par jour.
04:581 milliard par jour.
05:00Et quand on regarde les chiffres sur l'augmentation de la dette
05:03et l'augmentation de cette boule de neige,
05:05la dette française augmente de 5 000 euros par seconde.
05:105 000 euros par seconde.
05:12Donc, on en est là.
05:13Donc, si vous voulez, tous ces hommes politiques,
05:16de gauche notamment, mais pas que,
05:17qui font de la surenchère,
05:19qui disent, la copie est impossible,
05:22on demande trop aux Français,
05:23on demande trop de sacrifices aux Français,
05:27c'est pas possible, il faut annuler tout ça,
05:28ils prennent une responsabilité, mais majeure.
05:31Parce que plus les marchés financiers ont le sentiment
05:35que les Français ne veulent pas faire d'efforts
05:37pour régler le problème de la dette et des déficits,
05:40plus, encore une fois, les taux d'intérêt vont augmenter.
05:44Et regardez l'augmentation des taux d'intérêt depuis le mois d'août,
05:48ils n'ont cessé d'augmenter.
05:49Ça augmente quasiment de 0 à 1 par jour.
05:52On est quasiment à 5%.
05:53On n'avait jamais connu des taux d'intérêt aussi importants
05:56depuis plus de 20 ans.
05:57Donc, si les socialistes continuent dans leur démagogie,
06:01si on nous explique que, bon,
06:03après la réforme des retraites qu'on a annulée l'année dernière,
06:06il va falloir encore annuler d'autres efforts,
06:08mais les taux d'intérêt vont augmenter de 5%.
06:11Ils vont passer à 5%.
06:121,5, 5,2, 5,3, 5,4, 5,5.
06:15Et au bout du bout, il y a quelques jours,
06:18on disait, les intérêts de la dette,
06:20ça sera 100 milliards en 2030.
06:22Et plus ça va, plus on s'est dit,
06:23ben non, ça ne sera pas en 2030.
06:24Ça sera en 2029.
06:25Et maintenant, on est quasiment à 2028.
06:27Donc, là, on est vraiment dans une situation dramatique
06:30et on n'est pas très loin de la mise sous tutelle pour la France.
06:32C'est ça, c'est exactement la question que j'allais vous poser.
06:34Parce que finalement, si on n'est pas capable,
06:36si les hommes politiques français ne sont pas capables
06:39d'être responsables,
06:41s'il n'y a que des enfants, finalement,
06:44au Parlement ou au gouvernement,
06:46il va falloir que quelqu'un signe la fin de la récréation.
06:49Et ceux qui peuvent signer la fin de la récréation,
06:52c'est d'abord la BCE, plutôt,
06:54et puis ensuite, éventuellement, le FMI.
06:56Mais donc, je pense que les Français ne se rendent pas compte
06:59de la gravité de la situation.
07:00Et s'ils ne s'en rendent pas compte,
07:01d'abord, c'est parce qu'ils ont la vie très difficile
07:03et que tout s'effondre en même temps,
07:05mais aussi parce qu'ils ont des hommes politiques
07:07qui sont inconséquents.
07:08Et c'est vrai que ce qui s'est passé
07:10pour le budget de 2026 l'année dernière
07:12est un très mauvais signal,
07:13puisqu'on a donné l'impression aux Français
07:15qu'on avait encore des marges de manœuvre,
07:17qu'on pouvait encore faire croire
07:18que la retraite, on pouvait la rabaisser
07:21à 62 ans, voire même à 60 ans.
07:24Alors que, franchement, c'est une décision funeste
07:26qui, à mon avis, a énormément alimenté
07:29l'augmentation des taux d'intérêt.
07:31Et qui va payer l'augmentation des taux d'intérêt ?
07:33C'est nous.
07:34Ce ne sont pas les étrangers,
07:36c'est nous qui paierons,
07:37parce que ce sont nos dettes.
07:38Vous écoutez Europe 1, il est 19h55.
07:40Je voulais parler également de ce sujet avec vous.
07:43Le prix des carburants,
07:44est-ce qu'il faut s'attendre enfin,
07:45alors peut-être, à une baisse ?
07:47Une décision actée hier par les pays du G7
07:50peut donner un peu d'espoir aux automobilistes.
07:52100 millions de barils de gazole et de pétrole brut
07:54issus des réserves stratégiques
07:56seront libérés dans les 4 mois à venir.
07:58Il y a eu une annonce d'Emmanuel Macron hier,
08:00c'était après une vision conférence avec ses homologues.
08:02Je vous propose de l'écouter.
08:03On a décidé de relâcher des stocks stratégiques
08:07de diesel et de pétrole brut
08:09sous la coordination de l'Agence internationale de l'énergie,
08:13donc qui va se réunir dans les prochaines heures,
08:15prochains jours, pour pouvoir organiser cela,
08:17et donc pour pouvoir, dans les 4 mois,
08:19libérer jusqu'à 100 millions de barils
08:21de diesel et de pétrole brut.
08:25Ce qui est une volonté aussi d'envoyer un signal clair au marché.
08:28Et donc, je souhaite que tout ça puisse accompagner
08:31et déclencher une baisse des prix sur les marchés mondiaux.
08:35En tout cas, il y a une unité du G7 sur ce sujet.
08:38Et aussi, autant de fois que nécessaire,
08:40je réunirai à nouveau sous ce format G7 sur ce sujet.
08:43Bon, Eric Revelle, est-ce qu'on y croit ?
08:46Parce qu'en fait, il y a certains économistes
08:48qui commencent donc à analyser ces 100 millions de barils
08:50et ils disent au mieux une baisse d'environ 5 centimes
08:53par litre de gazole.
08:54Et rappelons que 300 millions de barils
08:56ont déjà été débloqués en mars.
08:58Ça n'a pas empêché les nouveaux records en septembre.
09:00Donc, vous y croyez ?
09:01Est-ce que ça peut faire baisser les prix ou pas ?
09:02Écoutez, c'est toujours la même chose
09:05quand on parle du marché pétrolier.
09:06C'est une question d'offre et de demande, en fait.
09:09Là, l'idée du Président de la République,
09:11c'est d'augmenter l'offre.
09:12Donc, si vous augmentez l'offre
09:14et que la demande ne baisse pas ou n'augmente pas,
09:18ça va avoir un effet mécanique à la baisse sur les prix.
09:21C'est inévitable.
09:22Maintenant, c'est combien de temps ça va durer, en réalité,
09:24parce que les Français peuvent très bien
09:27anticiper leur consommation.
09:28Je pense à ceux qui remplissent, par exemple,
09:30leur cuve de fioul pour l'hiver.
09:31Si on vous dit qu'il va y avoir une baisse
09:33d'entre 5 et 10 centimes du prix du gazole ou du fioul,
09:37vous allez peut-être avoir une demande
09:38qui va exploser parce que les gens vont anticiper
09:41que ces 100 millions, un jour, vont disparaître.
09:43Ils vont être épuisés.
09:44Et cette anticipation va créer une demande
09:46qui, en fait, va faire monter les prix.
09:49Si tant est que, du côté de l'offre de pétrole,
09:51parce que le gazole, c'est du pétrole raffiné,
09:54dans les raffineries.
09:55Si vous avez un autre problème
09:57dans le détroit d'Hormuz
09:58ou dans les Rouges
10:00ou sur le fameux oléoduc saoudien,
10:03ça veut dire que l'offre va se réduire.
10:05Donc, vous voyez, c'est...
10:06Bon, mais tout ça, en fait,
10:08ça ne durera moins longtemps
10:10que les 4 saisons de Vivaldi.
10:11Oui, donc, Jean-Michel Salvatore,
10:13est-ce que vous, de votre côté,
10:14vous y croyez ?
10:15Est-ce que vous pensez ?
10:16Et surtout, pourquoi ?
10:17Je sais que c'est l'ancienne,
10:19c'est-à-dire qu'on n'arrête pas de le dire,
10:20c'est la question lancinante à chaque fois,
10:22mais la solution paraît tellement évidente,
10:24elle paraît tellement évidente
10:25de dire que c'est une baisse des taxes,
10:27l'intégralité de nos voisins.
10:29L'Allemagne, en dernier,
10:30pour ne pas les nommer, l'ont fait.
10:31C'est la baisse des taxes sur le carburant.
10:33Et aujourd'hui, le gouvernement
10:34continue de s'obstiner.
10:35C'est vrai qu'on a quand même le sentiment
10:37qu'Emmanuel Macron s'agite
10:38avec ses 100 millions de barils,
10:39mais pour des raisons économiques,
10:40Eric vient de le dire,
10:42en fait, ça ne va pas faire
10:43de vrais changements
10:44sur le prix du carburant.
10:45Ça peut avoir un petit effet,
10:46mais malheureusement,
10:47je ne suis pas d'accord avec vous, Hélène.
10:48Je pense que malheureusement,
10:50on n'a pas les moyens
10:50de baisser les taxes.
10:51Et si on baisse les taxes,
10:52les marchés financiers
10:53dont on parlait tout à l'heure
10:54vont immédiatement réagir
10:55en disant, voilà,
10:56la France choisit la facilité.
10:58Donc, la France est un pays...
11:00Baisser les taxes, c'est la facilité ?
11:00Bien sûr, évidemment.
11:02Bien sûr que c'est la facilité.
11:03Ben oui, c'est la facilité
11:04parce que ça veut dire
11:05qu'on aura beaucoup moins de recettes.
11:06Et si on a 15 milliards de recettes
11:09de moins en taxes,
11:10mais où est-ce qu'on va les chercher ?
11:11Mais vous n'avez pas le sentiment
11:11qu'on peut faire des économies ailleurs ?
11:13Il y a beaucoup de candidats à la présence.
11:14Oui, mais pas d'un claquement de doigts comme ça.
11:16Pas d'un claquement de doigts comme ça.
11:17Bien sûr qu'il faut faire des économies,
11:18je suis tout à fait d'accord.
11:20En fait, de même qu'il n'y a pas
11:22d'impôts magiques,
11:23il n'y a pas d'économies magiques.
11:24C'est compliqué de faire des économies.
11:25Alors, il faut en faire.
11:26Mais c'est compliqué.
11:27Je veux ajouter une chose.
11:28C'est vrai que
11:32si on fait ce que le G7 a décidé,
11:35ça peut peut-être faire baisser
11:36un petit peu les prix.
11:37Mais il y a une mauvaise nouvelle
11:38quand même qui nous pend au nez.
11:40C'est l'attitude des Américains
11:42qui pourraient stopper
11:43leurs exportations de diesel
11:45en direction de l'Europe.
11:46Et là, on a une vraie difficulté
11:49parce qu'on manque de diesel en Europe.
11:51Et c'est vrai que
11:52si Trump met à exécution
11:55la menace qu'il a répétée plusieurs fois,
11:57là, on peut avoir une explosion
11:58du prix du diesel.
11:59Et ça, c'est vraiment très inquiétant.
12:01Un très grand merci
12:02à mes débatteurs du soir,
12:03Jean-Michel Salvatore et Éric Revelle.
12:05J'en profite pour vous rappeler
12:07que Frédéric Tadehi
12:08vous donne rendez-vous
12:08tous les week-ends
12:09de 9h à 10h
12:10pour C'est arrivé cette semaine
12:11et C'est arrivé demain.
12:13Deux émissions pour éclairer
12:14l'actualité des derniers jours
12:15et réfléchir aux événements
12:16à venir en compagnie d'invités.
12:18Demain, Frédéric Tadehi
12:19reçoit Anne Goscinny,
12:21son génie de père René Goscinny
12:22aurait eu 100 ans cette année,
12:24l'occasion de revenir
12:24sur son oeuvre
12:25encore tellement d'actualité.
12:27C'est arrivé cette semaine
12:28et c'est arrivé demain
12:29tous les week-ends
12:30de 9h à 10h
12:31sur Europe 1,
12:32la radio libre.
12:33Sans plus attendre,
12:34le journal de 20h
12:35avec vous Frédéric Jonchrey
12:36et moi je vous retrouve demain
12:37pour Europe 1 soir week-end
12:38de 18h à 20h.
12:40Très bonne soirée sur Europe 1.