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L'ancien président de la République et député PS de Corrèze était interrogé par Olivier Bost (RTL), Perrine Tarneaud (Public Sénat) et Jim Jarrassé (Le Figaro).
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 08 mars 2026.
Regardez Le grand jury avec Olivier Bost du 08 mars 2026.
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00:09Le Grand Jury, présenté par Olivier Bost.
00:13Bonjour à tous, bienvenue dans ce Grand Jury.
00:16Nous sommes en direct sur RTL et vous pouvez également nous regarder en direct sur Public Sénat.
00:21Bonjour François Hollande.
00:23Bonjour.
00:23Vous êtes ancien président de la République et député de la Corrèze.
00:26Une semaine de bombardements et toujours cette même question.
00:30Quel est le but de Donald Trump ?
00:33Soutenir Israël, gêner la Chine, changer le régime iranien, faire main basse sur son pétrole.
00:39La France défend ses intérêts et ses alliés dans la région.
00:43Jusqu'où faut-il prendre des risques ?
00:45Dans une semaine, dimanche prochain, c'est jour de vote.
00:49Nous sommes à une semaine du premier tour des élections municipales.
00:52Le Parti Socialiste est sous la pression de la France Insoumise.
00:55Après les dérapages de Jean-Luc Mélenchon, faut-il un cordon sanitaire avec l'extrême-gauche ?
01:01L'ambiance de ces municipales donne-t-elle le ton pour la présidentielle 2027 ?
01:07Bienvenue dans ce Grand Jury, François Hollande.
01:10A mes côtés pour vous interroger aujourd'hui, Perrine Tarnot de Public Sénat.
01:14Bonjour.
01:15Et Jim Jarassé pour le Figaro.
01:18François Hollande, vous avez eu les codes nucléaires.
01:21Vous pourrez donc nous décrypter le discours d'Emmanuel Macron cette semaine sur une dissuasion avancée.
01:26Ça sera dans notre séquence Tout est politique.
01:28Vous répondrez également à nos questions express.
01:31Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
01:35Une semaine après le début de la guerre contre l'Iran, la domination des Etats-Unis et d'Israël apparaît
01:41incontestable dans le ciel iranien.
01:43Le régime d'Emola a perdu de nombreux chefs politiques et militaires.
01:4860% des lanceurs de missiles sont détruits.
01:50Une trentaine de bateaux iraniens ont coulé.
01:52Mais le Moyen-Orient est bouleversé.
01:55La guerre s'étend au Liban.
01:57François Hollande, comment voyez-vous la suite des opérations ?
02:00À quoi faut-il s'attendre ?
02:03Le temps va être déterminant, comme toujours, dans un conflit de cette ampleur.
02:08Le temps, c'est celui qui est nécessaire pour les Américains, les Israéliens,
02:15pour détruire les capacités nucléaires de l'Iran et ses lanceurs de missiles.
02:23Déterminant aussi pour éradiquer l'appareil militaire répressif iranien.
02:29Et puis le temps, c'est aussi celui que les opinions publiques laissent aux dirigeants,
02:35et notamment aux Etats-Unis, au regard des conséquences économiques déjà sérieuses,
02:40que le conflit implique et induit, notamment sur les prix et sur la croissance.
02:47À partir de là, c'est les éléments de ce dilemme qui va se poser pour le président américain.
02:56Si les Iraniens résistent plus que nécessaire, il sera amené à changer ses objectifs.
03:04Pendant ce temps-là, les Israéliens, eux, ont un autre objectif.
03:08Et eux n'ont pas de limite de temps.
03:10C'est ça qui différencie les deux acteurs.
03:13Les Israéliens, eux, veulent détruire le Hezbollah,
03:17puisque le Hezbollah a commis cette faute de vouloir tirer des roquettes sur Israël.
03:21Et c'est ce qui se passe au Liban, au mépris d'ailleurs, là, de l'intégrité du Liban,
03:26et avec des conséquences humaines tout à fait désastreuses.
03:29Et dans l'analyse que vous faites du conflit, ça veut donc dire que pour vous, Israël a un objectif
03:34clair ?
03:35Est-ce que pour Washington, l'objectif est clair ?
03:37Non. Je pense même que les Américains ont été entraînés dans la guerre par Israël et par Netanyahou.
03:45Au départ, Trump prétendait qu'il voulait négocier.
03:49Il y a eu d'ailleurs des négociations.
03:50Et ensuite, quand les Israéliens ont identifié là où étaient l'ayatollah et les dirigeants,
03:56il y a eu une décision lourde qui a été d'intervenir.
04:01Sûrement avec des bombes israéliennes plus qu'américaines.
04:04Mais ensuite, Donald Trump a voulu jouer son rôle de l'hubris,
04:10c'est-à-dire montrer qu'il était décideur de tout.
04:12Et en l'occurrence, là, il est entraîné.
04:15Mais jusqu'à quel point ? J'ai dit, le point limite, c'est l'acceptation par la société américaine
04:21et par sa majorité républicaine de l'intervention.
04:25Mais est-ce que vous ne croyez pas néanmoins que Donald Trump agit de manière plus rationnelle qu'on ne
04:29le croit
04:30et qu'à travers l'Iran, il cherche surtout à affaiblir la Chine ?
04:33Est-ce que ce n'est pas ça son agenda ?
04:35Sûrement qu'il y a cette donnée-là à affaiblir la Chine
04:38puisque la Chine s'approvisionne en pétrole du côté de l'Iran.
04:43Et on rappelle que Donald Trump a déjà coupé le robinet.
04:45Avec le Venezuela.
04:46Mais enfin, la Chine a des stocks, la Chine a une présence militaire
04:52et la Chine a lâché l'Iran sans véritablement se poser trop de questions.
04:58La Chine, elle est sur le temps long.
04:59Quelle est la différence entre un régime démocratique ?
05:01Parce que Donald Trump est à la tête d'une démocratie, même si elle s'est affaiblie.
05:06Et un régime autoritaire, c'est que les régimes autoritaires ont l'éternité.
05:11Trump, il a un temps limité.
05:13Il ne veut pas l'avouer, mais son temps est maintenant compté.
05:17Autre but de guerre, en tout cas prétendu par Donald Trump,
05:20c'est la chute, évidemment, du régime des Molas.
05:23Donald Trump a affirmé vendredi sur CNN
05:26que les leaders religieux ne le dérangent pas en Iran.
05:30Sous-entendu, un Molas pourrait en remplacer un autre.
05:34Est-ce que c'est une vision acceptable de ce but de guerre en Iran ?
05:39Donald Trump n'a jamais eu comme objectif de renverser le régime iranien.
05:43S'il avait pu l'obtenir, il l'aurait pris comme un gain.
05:46Son objectif, c'était, et c'est encore, d'affaiblir considérablement l'Iran
05:52au niveau de ses capacités nucléaires, au niveau de ses fabrications de missiles,
05:58et c'est aussi de soutenir Israël menacé par l'Iran.
06:01Voilà, ça c'est l'objectif qu'on peut considérer comme cohérent.
06:04Le renversement du régime n'a jamais été fixé en tant que tel.
06:09Mais il avait soutenu, verbalement au moins, le soulèvement de la population.
06:13C'est bien le pire.
06:14C'est-à-dire qu'il a appelé un soulèvement, c'était au mois de janvier,
06:18sans jamais l'appuyer, y compris par une intervention militaire
06:22ou par une pression économique qui aurait été peut-être insuffisante,
06:27mais qui aurait été au moins manifeste comme solidarité.
06:29Et là, il a même prétendu, Donald Trump, qu'il avait déjà identifié
06:34trois dirigeants avec lesquels il pouvait s'entendre,
06:36mais c'était dommage, ils avaient été tués.
06:38Donc on sait dire la cohérence de son propos.
06:40Mais est-ce qu'il y a une alternative politique, aujourd'hui en Iran,
06:43à ce régime des Mollahs qui dirige depuis plus de 30 ans ?
06:49Il y a trois hypothèses.
06:50La première, c'est une guerre civile.
06:53C'est-à-dire les Kurdes, les minorités qui, prenant les armes,
06:58stationnées aux frontières et qui créeraient un mouvement,
07:03une mobilisation, une révolution.
07:05Ça pourrait avoir des conséquences assez fâcheuses.
07:08C'est un scénario, selon vous ?
07:09Oui, parce que c'est la guerre civile pour longtemps.
07:11Et on sait ce qui s'est produit en Irak.
07:13Mais là, nous sommes dans un pays de 90 millions d'habitants.
07:16Le deuxième scénario, c'est que la population se soulève contre le régime.
07:21Vous imaginez qu'en ce moment, avec les bombes qui pleuvent sur Téhéran
07:25et sur les principales villes,
07:27demandaient à la population qui se terre, et à juste raison, dans leur foyer,
07:31de descendre pour aller où ?
07:33Pour aller où est le cœur du régime ?
07:35Puisqu'il a été détruit.
07:36Il est aujourd'hui dispersé, le cœur du régime.
07:39Il n'a pas disparu, puisqu'aujourd'hui même,
07:41ils annoncent qu'ils auraient trouvé un nouveau guide suprême.
07:45Donc comment la population pourrait-elle, aujourd'hui ?
07:47Je ne dis pas demain, mais aujourd'hui, agir.
07:49Et le troisième scénario, sans doute, ce que Donald Trump pouvait avoir à l'esprit,
07:54peut-être les Israéliens aussi, mais je ne crois pas,
07:57à ce point, c'est qu'il y ait dans le régime des divisions
08:01et une transition qui pourrait se faire dans les jours qui viennent
08:05ou dans les semaines qui viennent.
08:07Voilà les trois scénarios.
08:08Comment vous avez compris la réponse iranienne ?
08:11Frapper ses voisins, c'est une stratégie du chaos ?
08:15Stratégie désespérée ?
08:18C'est difficile de le dire, parce que si le Hezbollah n'avait pas commis
08:23la faute de lancer des roquettes, Israël n'aurait pas eu de justification
08:27pour intervenir au Sud-Libar.
08:29Là, je ne vous parle pas seulement du Hezbollah,
08:30je vous parle de l'Iran qui frappe délibérément ses voisins.
08:35Depuis des années, l'Iran est une menace.
08:38C'est une menace existentielle pour Israël,
08:41puisque l'Iran développe un programme nucléaire.
08:43Il faut revenir peut-être à l'origine, d'ailleurs.
08:46Ça fait des années et des années que cette question du nucléaire iranien est posée.
08:50Lorsque j'étais président de la République,
08:52avec les Américains, avec les Russes aussi, les Chinois,
08:55il y a eu un accord qui a été signé,
08:57qui permettait d'écarter l'accès de l'Iran à l'arme nucléaire.
09:03C'est Donald Trump qui a déchiré en 2018 cet accord.
09:08Et les Iraniens en ont profité pour continuer à enrichir l'uranium
09:12et être tout près du seuil nucléaire.
09:14Donc pour Israël, c'est tout à fait majeur comme menace.
09:19Est-ce que c'est une menace aussi qui était majeure pour tous les Occidentaux ?
09:23Est-ce que ça justifiait donc cette intervention, selon vous, en Iran ?
09:26Non, l'intervention en Iran, elle n'a pas de base légale,
09:29puisqu'il n'y a pas le fondement d'un droit international quelconque.
09:34Pour Israël, le pays pouvait éventuellement évoquer la légitime défense.
09:40Je suis menacé par des armes nucléaires.
09:42Ça fait longtemps d'ailleurs qu'Israël évoque cette légitime défense.
09:45Pour les États-Unis, il n'y avait pas de base légale.
09:48Aucun missile iranien ne peut atteindre les côtes américaines.
09:51Vous n'êtes pas de ceux qui remercient les États-Unis
09:53de faire le sale boulot contre les mollas iraniens ?
09:56Je pense que les mollas iraniens ont une responsabilité éminente
10:01dans ce qui se passe depuis des années.
10:03En Iran, l'écrasement de la population,
10:06le fait que les femmes soient soumises dans des conditions insupportables,
10:10les menaces sur les pays voisins,
10:12les proxys qui ont agi aussi bien au Liban qu'à Gaza
10:16et qui ont là aussi eu une responsabilité.
10:20Bien sûr que nous préférons tous qu'il n'y ait pas les mollas,
10:25mais aujourd'hui les mollas, ils sont encore là.
10:27François Hollande, vous évoquiez le droit international.
10:30Est-ce que le droit international,
10:33est-ce que vous y croyez encore,
10:34quand plus personne ne le respecte ?
10:36Le droit international, il existe.
10:38Après, il n'est pas respecté au sens.
10:41Quelle est l'instance, l'institution qui est chargée
10:44de respecter le droit international ?
10:46Entre États, c'est le Conseil de sécurité de l'ONU.
10:51Pour juger les dirigeants, c'est la Cour pénale internationale.
10:54Pour un certain nombre d'accords,
10:55c'est le respect au travers des cours de justice qui peuvent exister.
10:59Aujourd'hui, le Conseil de sécurité de l'ONU est totalement embolisé,
11:04empêché de fonctionner par les vétos,
11:06et le droit international n'est pas véritablement respecté.
11:10Est-ce à dire que parce qu'il n'est pas respecté,
11:12il ne serait plus respectable ?
11:13Non, il faut quand même continuer à avoir des bases
11:15qui permettent d'avoir des discussions entre États
11:18et de signer des accords.
11:20Donc, violation après violation.
11:22C'est vrai que c'est un problème que le monde n'ait plus de régulation.
11:25Oui, parce que dans le débat public, certains, par exemple,
11:27Gabriel Etal, dit, il faut reconstruire un nouvel ordre international plus fort.
11:32et qu'il ne soit pas sur les bases du droit international
11:34telles qu'on les a.
11:35Il y en a un qui est en train de chercher un autre droit international.
11:39C'est Pedro Sanchez ?
11:41Non, non, non, c'est Donald Trump.
11:42Quand il crée le Conseil de la paix à la place des Nations Unies,
11:46qu'est-ce que c'est d'autre ?
11:47Et on veut aller dans cette direction ?
11:49Sûrement pas.
11:50Ça serait vraiment la fin, pas simplement du droit international,
11:52ça serait le droit qui serait mis au service de la force,
11:56ou tout simplement de la puissance,
11:58ou même de l'argent,
11:59puisque pour être adhérent de ce Conseil de la paix,
12:02il faut payer.
12:03Donc non, il faut faire en sorte que la diplomatie,
12:07si elle peut encore jouer un rôle,
12:08soit fondée sur le respect,
12:11et notamment de la force.
12:12Et la seule conclusion qu'il faut tirer pour les Européens,
12:15qui ont été quand même mis devant le fait accompli,
12:18ce n'est pas la première fois,
12:19c'est qu'il faut qu'ils se constituent en tant que force.
12:22En tant que force militaire, nous y reviendrons,
12:25et en tant que force politique.
12:26La France, l'Europe sont aujourd'hui, en quelque sorte,
12:29enrôlée, malgré elle, dans ce conflit au Moyen-Orient.
12:33Cette guerre n'est pas notre guerre,
12:35mais jusqu'où la France peut résister,
12:38à finalement intervenir de façon passive ou active dans cette guerre ?
12:43Non, nous ne devons pas nous faire enrôler, précisément.
12:46Nous n'avons pas été, enfin les dirigeants n'ont pas été informés,
12:50n'ont pas été consultés, n'ont pas été associés.
12:52Mais nous sommes signataires de contrats de sécurité avec les Émirats-Unis, par exemple.
12:56Exactement, mais qu'est-ce que nous avons à faire ?
12:59Protéger nos intérêts ? Nous en avons.
13:02Nous avons des bases.
13:03Nous avons des ressortissants.
13:05Donc ça, c'est le rôle de la France, et pas simplement de la France, de l'Europe.
13:09Les Britanniques sont également mobilisés dans cette perspective.
13:13Deuxièmement, nous avons, vous avez raison,
13:15des accords avec des pays, l'Émirat notamment.
13:18Ils peuvent nous obliger à répliquer.
13:19Si nos bases sont attaquées, bien sûr,
13:22et si nos bateaux pourraient l'être,
13:25parce qu'un porte-avions va bientôt venir sur zone,
13:28et si des pays nous font appel.
13:30Mais aujourd'hui, ce que ces pays demandent,
13:33notamment les Émirats, l'Arabie Saoudite,
13:35c'est que cessent les bombardements de l'Iran sur eux.
13:37Mais justement, vous évoquez le cas du Charles de Gaulle.
13:40Quand la France envoie un porte-avions militaire en Méditerranée,
13:45quand on ravitaille des avions américains,
13:47est-ce que nous ne sommes pas dans un soutien implicite,
13:50finalement, à cette opération, à cette guerre
13:52qui est en train de se mener ?
13:53Alors là, il faut distinguer l'envoi du porte-avions
13:57qui va arriver sur...
13:58Qui peut d'ailleurs être une cible de guerre.
14:00Qui va arriver sur zone dans quelques jours seulement.
14:03Il est encore loin.
14:04Mais enfin, disons, dans une huitaine de jours,
14:07il sera sur place, peut-être même avant.
14:09Il doit se situer assez loin de la zone elle-même
14:13et assez proche pour l'observer.
14:14Donc, il faut y trouver là le bon positionnement.
14:20Mais le porte-avions, il a comme avantage d'observer
14:25et éventuellement de protéger.
14:28Ensuite, le ravitaillement, non.
14:30Ça, je pense que ce n'est pas le rôle de la France
14:32que de faire en sorte de ravitailler.
14:34Sauf si c'était pour des raisons humanitaires,
14:37pacifiques, défensives,
14:39mais pas de manière à nous laisser entraîner dans un conflit.
14:42Ça ne veut pas dire que nous sommes désintéressés par le conflit.
14:45Nous voulons qu'il se termine
14:47et que le régime des Mollahs soit durablement affaibli
14:51et peut-être tombe, sans doute.
14:54Mais nous ne sommes pas dans le conflit.
14:57Par ailleurs, nous voyons que Israël,
14:59enfin le gouvernement de Netanyahou,
15:01intervient au sud Liban.
15:03Là, c'est une nouvelle violation,
15:05même si le Hezbollah a la responsabilité principale.
15:07C'est une nouvelle violation.
15:08Il y a des centaines de personnes qui sont aujourd'hui tuées.
15:13Il y a des milliers de déplacés.
15:15Le Liban est un pays ami.
15:16Nous devons soutenir le Liban.
15:17On va revenir sur le Liban,
15:18mais auparavant, Emmanuel Macron a évoqué cette semaine
15:22une coalition pour permettre de protéger le trafic maritime
15:25dans le détroit d'Hormuz.
15:26Est-ce que vous croyez à cette possibilité
15:29de protéger ce détroit ?
15:31Ça s'est fait en mer Rouge,
15:33lorsque c'était les outils proxy de l'Iran
15:36qui attaquaient les bateaux.
15:38Là, le détroit d'Hormuz, c'est beaucoup plus délicat.
15:40Donc, ça ne supposerait vraiment
15:42de mettre en sécurité cette flotte
15:46permettant la sécurité du détroit d'Hormuz.
15:48Nous n'en sommes pas encore là.
15:50Est-ce qu'il y a des risques d'attentats en France
15:53avec cette situation nouvelle ?
15:55Ayant connu une vague d'attentats,
15:59je pense qu'il faut toujours être très vigilant.
16:02Mais nous ne sommes pas du tout dans la même situation
16:03qu'il y a dix ans.
16:05Il peut y avoir des attentats commis par des individus isolés.
16:09Ces produits endortent même des conflits qui sont en cours.
16:12Mais l'Iran a été un État terroriste.
16:13Mais l'État, oui.
16:15Et l'Iran n'a pas aujourd'hui la possibilité,
16:19la volonté non plus de commettre des attentats.
16:21Et pourquoi d'ailleurs sur la France en particulier ?
16:24Mais nous devons faire attention.
16:27Et donc de ce point de vue,
16:28tout ce qui fait élever le niveau de vigilance,
16:32le niveau de protection de nos intérêts ici comme ailleurs,
16:36tout cela doit être approuvé.
16:37Cette semaine, mercredi,
16:38le Premier ministre Sébastien Lecornu
16:40va recevoir les présidents des partis politiques en France
16:44pour évoquer cette situation au Proche-Orient.
16:46Qu'est-ce que vous attendez de cette réunion ?
16:48Et pourquoi elle est menée cette fois-ci par le Premier ministre
16:51et non par le Président de la République,
16:53chef des armées ?
16:54C'était lui traditionnellement qui menait ce genre de réunion.
16:58Oui, le principal, c'est que des informations soient données
17:00à la représentation nationale,
17:01qui a un esprit aussi d'unité et de responsabilité.
17:07C'est-à-dire que nous pouvons partager ensemble,
17:09quelles que soient nos différences,
17:11un certain nombre de principes.
17:12Les principes, c'est que le droit international doit être respecté.
17:15Les principes, c'est qu'il faut mettre un terme
17:18à ce conflit qui fait beaucoup de ravages
17:21sur les populations concernées.
17:23Vous avez trouvé qu'Emmanuel Macron était à la hauteur cette semaine ?
17:25Dans ces moments-là, je pense que,
17:28et surtout de ma part,
17:30ayant dirigé la France,
17:32les principes d'unité doivent l'emporter
17:34sur des tout autres considérations.
17:37Vous parliez donc du Liban.
17:39Israël s'est lancé dans une intervention terrestre au Liban.
17:42Est-ce que cette opération est légitime
17:45parce que le Hezbollah continue de menacer Israël
17:48et à répliquer ?
17:49Alors, il y avait eu un accord de cessez-le-feu,
17:51c'était il y a à peine un an.
17:54Ce cessez-le-feu, donc, visait à créer une zone de confiance
18:00par le désarmement du Hezbollah
18:04et par la reconnaissance qu'Israël n'avait plus à intervenir au sud Liban.
18:08Cet accord de cessez-le-feu a été violenté plusieurs fois
18:13et plus gravement, là où le Hezbollah,
18:17sans doute sur ordre de l'Iran,
18:19a commis un certain nombre d'attaques contre Israël.
18:22Israël, le gouvernement d'État nélou,
18:24en a tiré l'argument d'intervention.
18:27Et ça, c'est grave.
18:28Pourquoi c'est grave ?
18:29Parce qu'on se souvient qu'il y a eu une occupation du sud du Liban
18:33dans les années 82 jusqu'à 2000
18:36et qui a entraîné, justement, le renforcement du Hezbollah.
18:41C'est là qu'il s'est reconstitué.
18:44Donc là, il y a une population qui est directement frappée.
18:46Il y a des centaines de milliers de personnes qui sont obligées de fuir.
18:49Est-ce que vous diriez ?
18:51Pour Israël, il y avait l'idée d'éradiquer le Hamas à Gaza.
18:55L'idée d'éradiquer le Hezbollah au Liban,
18:57ça veut dire qu'il faut aller jusqu'à Beyrouth.
18:59Mais ils sont à Beyrouth.
19:00Puisque vous avez vu que, cette demi, il y a eu...
19:04Il y a eu une bombe qui a été lancée au cœur de Beyrouth.
19:07Non, mais là, je parlais de l'opération terrestre.
19:08Et l'opération terrestre, elle est au sud du Liban.
19:11Mais il y a une force finule qui est là, normalement, pour interposer.
19:16Elle ne peut pas résister.
19:18Donc là, il y a un risque.
19:20Je ne veux surtout pas exonérer le Hezbollah
19:22parce que c'est lui qui a commis la première faute majeure de lancer des roquettes.
19:27Mais là, il faut qu'Israël arrête son opération
19:30tout en exigeant, et je pense que le président du Liban,
19:34comme le premier ministre du Liban, en sont d'accord,
19:37qu'il y ait une véritable opération de désarmement du Hezbollah
19:40et l'intégration des forces du Hezbollah dans l'armée libanaise.
19:45Mais là, en ce moment, il y a un risque humanitaire majeur.
19:48– Et est-ce qu'il y a le risque, justement, que le sud du Liban
19:51se transforme en un nouveau Gaza ?
19:52On a vu qu'il y avait une menace explicite cette semaine
19:55d'un ministre israélien, le ministre de l'Économie et des Finances.
19:58– Oui, parce que l'extrême droite israélienne pense qu'elle peut répliquer
20:01avec le gouvernement israélien.
20:03– Est-ce qu'il y a un risque de nouveau Gaza ?
20:04– Les destructions, oui, il y a un risque.
20:07Gaza, d'abord, ce n'est toujours pas réglé,
20:11puisque aujourd'hui, la moitié de Gaza est encore occupée par les Israéliens
20:16et l'autre moitié, sans doute, par le Hamas.
20:18Donc, on voit bien que, là aussi, les opérations n'ont pas donné la paix
20:22ou même le cessez-le-feu qui était attendu.
20:25Mais là, oui, au Liban, et là, la France, elle est plus particulièrement intéressée,
20:30même impliquée, parce que nous avons un lien très fort.
20:32– Justement, Emmanuel Macron a annoncé des renforts à l'armée libanaise.
20:36Est-ce que c'est son rôle ? Est-ce que vous saluez cette initiative ?
20:39– Oui, mais ça fait longtemps qu'on devait fournir ses armes aux Libanais.
20:43– Il a trop tardé ?
20:44– Tout le monde a trop tardé.
20:45C'est toujours la même chose, c'est qu'on laisse le temps filer.
20:48Et l'armée libanaise, elle demande depuis des mois, des mois,
20:51d'avoir le renforcement de son stock d'armement,
20:56précisément pour lutter contre les forces centrifuges,
21:00et notamment le Hezbollah, et permettre le désarmement.
21:03Mais là, il faut le faire, et il faut permettre que les Libanais puissent se défendre.
21:06Mais se défendre contre qui ?
21:08C'est bien la question.
21:09On ne va pas faire la guerre entre le Liban et Israël.
21:12Donc il faut qu'Israël comprenne que les forces armées libanaises
21:16peuvent éradiquer le Hezbollah et l'obliger à déposer les armes.
21:22– François Hollande, conséquence de la guerre militaire,
21:25une guerre économique qui semble démarrer,
21:27quatre navires métaniers qui devaient livrer l'Europe pour changer de route cette semaine
21:31vers l'Asie, qui offrait tout simplement plus pour ce gaz.
21:34Est-ce que c'est le début d'un nouveau choc énergétique, et donc économique ?
21:39– Nous avons commencé notre entretien sur la question du temps.
21:43Et c'est une question cruciale.
21:45Si le conflit dure 15 jours, 3 semaines,
21:48les conséquences sont déjà sérieuses.
21:50Mais elles sont tout à fait gérables.
21:53Si le conflit devait durer, comme le prétend Donald Trump encore aujourd'hui,
21:58ou les Israéliens, plusieurs mois,
22:00on voit bien qu'on serait d'ailleurs dans une crise plus profonde.
22:04Pourquoi ? Parce que, passe par le détroit d'Hormuz,
22:0720-30% de nos approvisionnements pétroliers et gaziers,
22:11parce qu'il y a beaucoup de matières premières qui sont nécessaires,
22:14l'aluminium pour la fabrication de nos produits,
22:17parce qu'il y a un risque pour la région tout entière.
22:21Ce n'est pas n'importe quel pays dans la région,
22:23l'Arabie Saoudite, les pays du Golfe, etc.
22:27Parce que c'était une zone touristique importante,
22:29parce que c'est une zone où les moyens financiers sont également très élevés.
22:33– Donc potentiellement, qu'est-ce qui peut se passer ?
22:34Il y a deux effets.
22:35Un effet inflationniste immédiat,
22:38qui peut être amorti si le conflit devait s'arrêter,
22:43et un effet sur la croissance.
22:44– Est-ce qu'il faut se faire à l'idée de potentiellement racheter du gaz russe ?
22:48– Non, parce qu'au moment où nous parlons…
22:52– Les importations de gaz russe doivent s'arrêter là,
22:54normalement à la fin du mois d'avril.
22:55– Oui, mais au moment où nous parlons,
22:58il y a des bombardements russes sur l'Ukraine.
23:01Il ne faut pas penser que le conflit ukrainien s'est mis en suspension
23:03parce qu'il y avait le conflit en Iran.
23:06– Mais est-ce que vous ne craignez pas que l'Union Européenne revoie son calendrier ?
23:09– Il ne faudrait surtout pas.
23:10– D'arrêt d'achat de gaz et de pétrole russe ?
23:12– Non, alors les grands bénéficiaires, peut-être,
23:15ce ne seront pas les Russes, ce seront les Américains,
23:18puisque ce sont eux qui vendent du GNL, c'est-à-dire du gaz, à l'Europe.
23:24Mais ça ne sera pas forcément bon pour l'économie américaine non plus,
23:26parce que vendant du GNL aux Européens,
23:29le prix du GNL, donc du gaz, va augmenter, y compris pour les Américains.
23:33Donc c'est vrai que nous sommes, si le conflit devait durer,
23:37devant la potentialité d'une crise économique marquée à la fois par une stagnation
23:42et par une inflation.
23:43– Est-ce que vous demandez à l'exécutif de limiter les conséquences financières
23:47pour les Français sur le prix du gaz ou de l'essence ?
23:50LFI, par exemple, demande un blocage des prix,
23:53et le Rennes propose une baisse de la TVA sur l'énergie à 5,5.
23:58Qu'est-ce que vous en pensez ?
24:00– D'abord, le prix du gaz, c'est lui qui a le plus augmenté.
24:03Alors c'est vrai que 50%, c'est quand même considérable.
24:06Alors c'est vrai que si les beaux jours reviennent,
24:09on consomme moins de gaz, donc on peut supporter.
24:11– Oui, mais on a nos industries.
24:11– Enfin, c'est quand même les plus modestes qui…
24:13– On a nos industries qui vont être directement impactées.
24:15– Donc, à court terme, il n'y a pas besoin de mesures compensatoires
24:21ou de mesures fiscales dérogatoires,
24:24parce que si le conflit doit s'arrêter dans 15 jours,
24:27ou dans 3 semaines, ou même dans 1 mois, tout ça est supportable.
24:30Ça n'empêche pas de soutenir les ménages les plus exposés,
24:34la précarité énergétique.
24:36Et donc, 2-3 mesures peuvent être prises dans cette configuration.
24:40Mais si nous étions devant un conflit beaucoup plus long,
24:44alors ça serait des mesures beaucoup plus structurelles
24:47qu'il faudrait mettre en place,
24:48c'est-à-dire aller chercher des sources d'énergie différentes,
24:53sûrement avoir des prix qui devraient être à ce moment-là contrôlés,
24:56ce qui, on sait, a un coût budgétaire très élevé,
24:58si on se souvient de ce qui s'est passé la dernière fois.
25:02Et c'est la raison pour laquelle il faut quand même appeler à la raison,
25:05c'est-à-dire qu'un conflit, il a atteint déjà des objectifs,
25:10il doit, aujourd'hui, et le plus vite possible, s'arrêter.
25:13– Je reviens sur l'Ukraine un instant, François Hollande.
25:15Vendredi, Volodymyr Zelensky a menacé le Premier ministre hongrois,
25:19Viktor Orban.
25:19S'il bloque le prêt de 90 milliards d'euros que doit accorder l'Europe à l'Ukraine,
25:23nous donnerons l'adresse de cette personne à nos forces armées.
25:26Voilà ce qu'a dit Zelensky.
25:28Ce ton vis-à-vis de l'Europe, de Zelensky, il vous gêne ?
25:32Parce qu'il avait été également très critique à Davos.
25:37– Il ne l'a pas fait, Zelensky, à l'égard de l'Europe,
25:40il l'a fait à l'égard d'Orban.
25:41– Oui, mais il avait été précédemment à Davos assez sévère avec lui.
25:44– Il faut voir qu'Orban est un allié de Moscou.
25:47Donc pour Zelensky, ce que fait la Hongrie,
25:50c'est-à-dire de bloquer un certain nombre d'approvisionnements pour l'Ukraine,
25:54est extrêmement dommageable par rapport au conflit.
25:57– Donc vous comprenez sa réaction ?
25:59– Oui, je comprends sa réaction.
26:00Et il y a des élections en ce moment en Hongrie,
26:03enfin dans quelques jours, semaines,
26:06et toute la propagande d'Orban, d'extrême droite,
26:09liée d'ailleurs à l'extrême droite française,
26:11c'est de faire une campagne contre l'Ukraine,
26:14et contre le soutien à l'Ukraine,
26:16et pour Vladimir Poutine.
26:18Ça mérite quand même des réactions.
26:20– Emmanuel Macron a fait cette semaine un discours sur la dissuasion nucléaire.
26:24Pour résumer, c'est l'augmentation du nombre d'ogives nucléaires,
26:27sans plus en dire le nombre désormais,
26:29et une dissuasion avancée en Europe,
26:31et des exercices avec nos voisins.
26:34Première question,
26:34est-ce que le rehaussement de l'arsenal nucléaire français était indispensable ?
26:39– On a un stock qui suffit,
26:42c'est ce qu'on appelle le principe de suffisance précisément.
26:45On n'a pas besoin d'avoir autant d'ogives d'armes nucléaires que les autres,
26:50puisqu'il suffit d'une pour exprimer la dissuasion,
26:55et donc la menace d'une utilisation.
26:56Mais quand même, il est indispensable de réviser notre nombre d'ogives
27:04en fonction précisément de ce que font nos potentiels ennemis.
27:09– Et on a abandonné toute idée de non-prolifération dans le monde des armes nucléaires ?
27:13– Écoutez, la question de la prolifération, on voit bien ce que ça donne.
27:16Quand l'Iran peut accéder à l'arme nucléaire, ça fait des conflits.
27:21Et quand la Corée du Nord, qui sûrement dispose de l'arme nucléaire,
27:26c'est impossible après de faire quoi que ce soit contre la Corée du Nord.
27:29Donc il y a peut-être avantage à éviter la prolifération.
27:33Mais j'en viens sur la question de la suffisance,
27:35il n'y a pas besoin d'augmenter considérablement,
27:37c'est pour ça qu'aucun chiffre n'a été donné,
27:39mais c'est normal de faire en sorte que nous puissions avoir un stock
27:42qui corresponde au moins dans une asymétrie à ce que font les autres détenteurs.
27:49– Est-ce que le Parlement doit voter sur ce sujet
27:52lors d'une révision de la politique militaire
27:55ou c'est de la prérogative exclusive du chef de l'État ?
27:58– Il va y avoir bientôt un débat sur la loi de programmation militaire.
28:03J'imagine que cette question figurera dans la discussion,
28:09mais il ne peut pas y avoir de précision qui puisse être donnée.
28:12Parce que, justement, en matière de dissuasion nucléaire,
28:16ce qui compte, ce n'est pas le flou, mais c'est l'ambiguïté.
28:19Nous ne pouvons pas donner tous les éléments à,
28:23non pas à la représentation nationale, mais au monde entier.
28:26Donc il faut garder justement ce principe
28:29de faire que nous puissions avoir un haut niveau de technologie
28:33permettant de donner à d'autres armes l'efficacité nécessaire,
28:37en tout cas l'efficience pour être respectée,
28:39et en même temps de garder quand même un certain nombre de discrétions.
28:42– Et sur le principe d'associer nos voisins européens,
28:46il y avait suffisamment de discrétions ?
28:48– Alors ce sont les pays européens eux-mêmes
28:52qui ont finalement souhaité être cités dans le discours
28:56pour montrer qu'ils voulaient être protégés.
29:01– Est-ce qu'ils font partie de nos intérêts vitaux ?
29:03– Oui, mais ça a toujours été vrai.
29:05Ça a toujours été vrai.
29:06Président de la République, je l'ai été,
29:08et donc je n'avais jamais considéré que c'était le seul territoire national
29:12qui était notre sanctuaire.
29:14Si un pays avait été attaqué, un pays voisin avait été attaqué
29:16par une arme nucléaire venant d'un ennemi,
29:19nous aurions nécessairement eu une réponse.
29:23Donc là, le fait d'associer non pas à la décision,
29:27et là je pense que c'était le point le plus important
29:29et qui fait que ce discours n'a pas été contesté sur ce volet-là,
29:35il ne le méritait pas.
29:36Le fait qu'il y ait le rappel que c'est le président de la République française
29:41seul qui dispose de l'utilisation de l'arme
29:45et donc de la force de dissuasion,
29:46c'était ce que la plupart des partis politiques et des pays souhaitaient.
29:51Mais j'ajoute quand même que ça nous rappelle
29:53que c'est important d'élire un président de la République.
29:57Que ce n'est pas rien,
29:58parce qu'il n'y a pas beaucoup de pays qui détiennent l'arme nucléaire.
30:01Donc choisir le prochain président de la République,
30:04c'est quand même une décision lourde.
30:04On va en parler juste après une courte pause,
30:07François Hollande, dans ce grand jury.
30:08On parlera notamment des élections municipales à venir
30:10et de 2027.
30:11A tout de suite.
30:26François Hollande, ancien président de la République
30:28et député de la Corrèze
30:30et notre invité à mes côtés,
30:32Périne Tarnot de Public Sénat
30:34et Jim Jarassé du Figaro pour vous interroger.
30:41Le premier tour des élections municipales
30:43est dans une semaine.
30:44Ce sera dimanche prochain.
30:46Le scrutin est très incertain
30:47dans de très nombreuses villes.
30:49Et ce qui ressort, François Hollande,
30:51de la campagne,
30:52c'est que tout tourne autour
30:53de la question des alliances
30:54entre LFI et le PS.
30:56Alors pour ne pas perdre
30:58ou pour conserver des villes
31:01ou pour gagner des villes,
31:02est-ce que ces alliances sont inévitables
31:04même après les dérapages de Jean-Luc Mélenchon ?
31:07Alors d'un point de vue général,
31:09les élections municipales
31:10se déroulent dans un contexte très particulier.
31:14Puisque nous avons évoqué
31:15la situation internationale,
31:17elle pèse avec un niveau d'inquiétude très élevé.
31:20On se dit que ce qui se passe
31:23c'est essentiellement dans le monde
31:24avant de savoir ce qui va se passer dans notre village.
31:26Vous voulez dire que la campagne est éclipsée ?
31:28La campagne n'est pas éclipsée
31:29mais elle est un peu étouffée.
31:31Et je comprends nos concitoyens
31:33qui sont inquiets
31:33de regarder d'abord
31:35ce qui se passe dans le monde
31:36et notamment dans la région
31:37du Moyen-Orient
31:39avant de savoir ce qui va se passer dans leur commune.
31:40Donc vous craignez une faible participation ?
31:42Ça peut avoir cet effet-là.
31:43En se disant
31:44est-ce que c'est vraiment décisif
31:45que j'aille mettre mon bulletin de vote
31:47alors que c'est décisif
31:47pour le cadre de vie
31:48et pour la satisfaction
31:51des besoins les plus quotidiens.
31:53Le deuxième élément
31:55de configuration exceptionnelle
31:58c'est qu'il n'y a pas de gouvernement
31:59qui soit l'objet d'une sanction
32:01puisqu'il n'y a pas de candidat du gouvernement.
32:04C'est assez rare.
32:05Avant dans une élection locale
32:07on était pour soutenir le gouvernement
32:09où on était contre
32:10ça avait une valeur
32:12de l'élection intermédiaire.
32:14Le parti présidentiel n'est pas
32:15très engagé dans ces élections.
32:16On voit qu'il y a des enjeux politiques
32:17très forts à l'occasion
32:19de ces municipales
32:20dont on peut rappeler aussi
32:20que c'est la première élection
32:22depuis la dissolution 2024
32:23donc les français ont envie
32:24de s'exprimer.
32:25Oui mais ils ne peuvent pas
32:26s'exprimer contre un gouvernement
32:27puisqu'il n'a pas de représentation
32:29dans les élections locales.
32:30En revanche ce qu'on voit
32:31c'est que l'éclatement politique
32:32lui s'illustre.
32:33Alors le troisième élément
32:35c'est que le débat
32:36reste quand même
32:37dans la plupart des villes
32:38entre la droite et la gauche
32:39et c'est la question
32:40des alliances
32:42de la droite et de l'extrême droite
32:43ou de la gauche
32:44avec LFI qui est posé.
32:46Et c'est vrai que là
32:47il y a une nouvelle question.
32:49Et les propos
32:50mais c'est pas pour les propos
32:51les actes aussi
32:53de Jean-Luc Mélenchon
32:56ces dernières semaines
32:58ont posé de façon
33:00encore plus insistante
33:01la question du rapport
33:03entre les socialistes en particulier
33:05mais pas seulement les socialistes
33:06et LFI.
33:08Donc dans la plupart des villes
33:09il y a des listes LFI
33:11qui viennent contester
33:12les positions de la gauche
33:13quelquefois
33:14avec l'intention
33:16clairement avouée
33:17de les faire perdre
33:18et donc
33:19moi ma position
33:20vous la connaissez
33:21c'est qu'au deuxième tour
33:22il ne peut pas y avoir
33:23d'alliance entre
33:24les socialistes
33:25et LFI
33:25et si
33:26les LFI
33:27sont vraiment dans l'idée
33:29puisque c'est ça
33:30qu'ils répètent
33:31à longueur de discours
33:32notamment Jean-Luc Mélenchon
33:33d'être
33:34un parti antifasciste
33:36et bien la meilleure des façons
33:37pour éviter que
33:38l'extrême droite
33:39dans certaines circonstances
33:41puisse accéder
33:42aux responsabilités
33:43de grandes villes
33:43je pense notamment
33:44à Marseille
33:45et bien c'est
33:46quand on n'a pas réussi
33:47à être premier
33:48et bien c'est de s'écarter
33:50et donc
33:51de ne même pas fusionner
33:53c'est-à-dire de s'écarter
33:54mais en prenant cette position
33:55François Hollande
33:55d'exclure toute alliance
33:57vraiment du parti socialiste
33:58avec la France insoumise
33:59entre les deux tours
34:01vous prenez le risque
34:02donc
34:02de perdre
34:03des villes
34:04ou alors
34:06de ne pas pouvoir gagner
34:07des villes
34:08comme Limoges
34:09comme Toulouse
34:10ou de perdre Nantes
34:11peut-être
34:12c'est l'occasion
34:13pour votre parti politique
34:15c'est l'occasion
34:15puisque nous sommes encore
34:16à une semaine du scrutin
34:17de dire aux électeurs
34:19parce que moi je ne fais pas
34:20que confusion
34:21entre les électeurs
34:23LFI
34:23et les dirigeants
34:24et notamment
34:25Jean-Luc Mélenchon
34:26ces électeurs
34:27s'ils veulent vraiment
34:28que la gauche
34:29puisse l'emporter
34:30qu'ils votent
34:31directement au premier tour
34:32pour les candidats
34:33socialistes
34:34écologistes
34:35ou autres
34:36et deuxièmement
34:37c'est purement théorique
34:38ce que vous dites
34:39parce qu'aujourd'hui
34:40il y a un certain nombre
34:42d'alliances
34:42déjà PS et LFI
34:44dans plus d'une soixantaine
34:45de villes
34:46selon les recensements
34:48de fait
34:48il y a une alliance
34:49PS et LFI
34:50non
34:50moi je ne connais pas
34:51de grande ville
34:52où il y a une alliance
34:53PS et LFI
34:54au premier tour
34:55je n'en connais pas
34:56alors il peut y avoir eu
34:57dans des villes moyennes
34:58des listes de large rassemblement
35:00qui ont été constituées
35:02bien avant les propos
35:04bien avant les propos
35:05de Jean-Luc Mélenchon
35:07après
35:08elles ne peuvent pas
35:08se défaire
35:09ces listes là
35:09mais il n'y aura pas
35:11d'alliance
35:11à mes yeux
35:12possible
35:13entre le PS
35:13et LFI
35:14est-ce que le PS
35:15a été suffisamment clair
35:16cette semaine
35:16il a exclu
35:17un accord national
35:19avec LFI
35:20dans l'entre-deux-tours
35:21mais il a laissé
35:22la porte ouverte
35:22à des accords locaux
35:24sous condition
35:25est-ce que c'est vraiment
35:26une rupture
35:27du PS
35:28avec la France insoumise
35:29qui a été menée
35:30est-ce que c'est
35:30suffisamment clair
35:31si la condition
35:32c'est que
35:33les candidats
35:34de la France insoumise
35:37dénoncent
35:37les propos
35:38de Jean-Luc Mélenchon
35:39et se mettent
35:39quasiment en retrait
35:40de LFI
35:41oui
35:41c'est une condition
35:42tout à fait
35:43suffisante
35:44à votre sourire
35:45vous n'y croyez
35:45absolument pas
35:46ça ne se produira
35:47vraisemblablement pas
35:47c'est pour ça
35:48qu'il faut accepter
35:49oui
35:49il faut accepter
35:50un certain nombre
35:51de risques
35:52bah oui
35:52de se dire
35:53qu'est-ce qui est le plus important
35:54qu'est-ce qui est le plus important
35:55aujourd'hui
35:56c'est la clarté
35:57qu'est-ce qui est le plus important
35:58c'est la préparation
35:59de l'élection présidentielle
36:02et de se dire
36:03ça peut avoir
36:04quelques conséquences locales
36:06vous êtes prêt
36:07à sacrifier
36:07des bastions
36:08de la gauche
36:08on n'en sacrifiera pas
36:10forcément
36:10parce que
36:11je pense que
36:11l'électorat est intelligent
36:13il fera le premier tour
36:14pour donner un vote utile
36:16et au second tour
36:17même s'il y a
36:18le maintien des listes LFI
36:19il y a beaucoup d'électeurs
36:21qui auront eu
36:22au premier tour
36:22ce vote
36:23et qui viendront
36:24au second tour
36:25sur la liste socialiste
36:26ou la liste écologique
36:28donc je n'ai pas de
36:28je n'ai pas de doute là-dessus
36:29et puis enfin
36:30si on faisait cette
36:32cette compromission
36:33une partie de nos électeurs
36:36ne nous suivrait pas
36:37et donc ce qu'on imaginerait
36:38gagner d'un côté
36:39on le perdrait de l'autre
36:40et on le perdrait durablement
36:42vous parlez de compromission
36:43là ce serait
36:44une compromission
36:45puisque
36:45ça serait de
36:46faire un accord
36:48avec des personnes
36:48qui
36:50ont eu quand même
36:51des insultes
36:52qui ont été
36:52prononcées
36:54Jean-Luc Mélenchon
36:55et je ne le confonds pas
36:56avec le reste de son parti
36:57mais quand même
36:58Jean-Luc Mélenchon
36:59qui a pu avoir des propos
37:00qui ont été
37:02de la connotation
37:02antisémite
37:03oui ce serait
37:03à ce moment-là
37:04une compromission
37:05Raphaël Glucksmann
37:06dit
37:06c'est devenu
37:07le nouveau Jean-Marie Le Pen
37:08est-ce que vous reprenez
37:09cette analogie ?
37:11Non j'évite
37:11de faire des comparaisons
37:13Jean-Luc Mélenchon
37:14se suffit à lui-même
37:15ses propos sont
37:16suffisamment graves
37:17pour être dénoncés
37:18en tant que tel
37:19sans qu'il soit besoin
37:20de le comparer
37:21à tel ou tel
37:22mais c'est vrai
37:23que ce qui s'est produit
37:24là
37:25dans les discours
37:26qu'il a pu prononcer
37:27c'est quand même
37:28une rupture
37:29c'est pas simplement
37:29une dérive
37:30c'est une rupture
37:31jouer sur les noms
37:32c'est un phénomène
37:33qu'on connaît bien
37:34dans la vie politique
37:35de jouer sur les noms
37:36sur les physiques
37:36mais là
37:37quand ça prend
37:37cette connotation
37:39avec des noms
37:41dont on sait
37:41que les personnes
37:42sont de confession juive
37:43oui ça me paraît
37:44être tout à fait
37:46significatif
37:46Est-ce qu'il n'y a pas
37:47une part aussi
37:47de stratégie délibérée
37:49de la part de
37:49Jean-Luc Mélenchon
37:50pour fracturer la gauche
37:51et être le seul
37:52finalement à occuper
37:53l'espace ?
37:55C'est une stratégie
37:56peut-être qu'il a en tête
37:57mais qui le conduira
37:58à l'isolement
37:59vous voyez bien
38:00qu'il n'est en aucune
38:02façon capable
38:03aujourd'hui
38:04de rassembler
38:05qui que ce soit
38:06au-delà de LFI
38:07et d'arriver
38:08au second tour
38:09et d'arriver
38:10au second tour
38:10oui parce qu'il est
38:12sur l'idée
38:13qui peut
38:15être entendue
38:15d'ailleurs
38:16sur le fait
38:16qu'il y a une menace
38:17fasciste
38:18sur que ce soit
38:19forcément le mot
38:20comme le premier
38:20des antifascistes
38:20au nom de l'antifasciste
38:22tous les moyens sont bons
38:23mais non
38:24le clivage gauche-droite
38:26doit prendre sa place
38:27il y a une menace
38:28d'extrême droite
38:28elle est tout à fait claire
38:29mais au nom de cette menace
38:31d'extrême droite
38:31tout n'est pas possible
38:32et finalement
38:33Jean-Luc Mélenchon
38:33joue sur un ressort
38:35qui a été un moteur
38:36et qui reste un moteur
38:37pour la gauche
38:38c'est celui
38:38de voter
38:39d'empêcher
38:40le Rassemblement National
38:41d'accéder au pouvoir
38:43est-ce que
38:44ce qui peut expliquer
38:45tous ces dérapages
38:46ce qui peut expliquer
38:47cette stratégie
38:49qui peut paraître
38:50assez isolée
38:51effectivement
38:52c'est pas
38:52d'apparaître
38:53comme le premier opposant
38:54au Rassemblement National
38:55mais qui peut croire
38:56que face
38:57au Rassemblement National
38:59au deuxième tour
39:00de l'élection présidentielle
39:01Jean-Luc Mélenchon
39:03peut gagner
39:04qui peut le croire
39:05donc au nom
39:07de l'antifascisme
39:09il faudrait
39:10placer un candidat
39:11dont on est sûr
39:11qu'il sera non pas battu
39:13mais écrasé
39:14par la menace
39:16dont il vient
39:16d'exprimer
39:17l'intensité
39:18donc la meilleure
39:19des façons
39:19de lutter
39:20contre l'extrême droite
39:21c'est d'abord
39:22de défendre des valeurs
39:23et des principes
39:24c'est de montrer
39:25qu'on est capable
39:25de résoudre
39:26les problèmes du quotidien
39:27y compris sur la sécurité
39:28et la question migratoire
39:30et aussi
39:31de donner
39:32une perspective
39:33de fierté au pays
39:35et enfin
39:35de placer
39:36au second tour
39:37un candidat
39:38de la gauche
39:39réformiste
39:40qui soit lui
39:41capable de battre
39:42l'extrême droite
39:42et sur l'élection
39:43des municipales
39:43donc on a bien compris
39:44qu'entre le premier
39:45et le second tour
39:46il va y avoir
39:47des discussions
39:47et ça sera compliqué
39:49entre le PS et l'EFI
39:50dans un certain nombre
39:50de villes
39:51Jean-Luc Mélenchon
39:52a dit dans un meeting
39:52mercredi soir
39:53à propos des socialistes
39:55c'est des gros combinards
39:57ils ne vont pas nous coûter
39:58trop cher
39:58à acheter
39:59pour le deuxième tour
40:01des candidats
40:03socialistes
40:03donc
40:03ne pourront pas
40:04s'allier avec l'EFI
40:05après des propos comme ça
40:06ou c'est pas certain
40:07il faudra que les gens
40:08résistent
40:09il a
40:10en plus
40:10d'une stratégie
40:12que je viens de contester
40:14il a une manière
40:15de s'exprimer
40:16qui est toujours
40:17de l'ordre
40:18de l'insulte
40:19ou du mépris
40:22quand il parle
40:23des socialistes
40:24en ces termes
40:25mais même
40:25quand il dit
40:27au second tour
40:29s'il devait y accéder
40:30il y aura bien
40:30des petits bourgeois
40:31qui voteront pour moi
40:33j'appelle tous
40:34les petits bourgeois
40:34il y en a peut-être
40:35nombreux
40:36à ne pas permettre
40:37qu'ils soient au second tour
40:38il y a une partie
40:39des écologistes
40:40qui aujourd'hui
40:40reste proche
40:41de la France insoumise
40:42est-ce qu'il n'y a pas
40:43un risque pour le parti socialiste
40:44qu'un front
40:45LFI
40:47écolo
40:48se monte
40:48il y a quand même
40:49beaucoup de listes
40:50là
40:51pour les sections municipales
40:52où les socialistes
40:54et les écologistes
40:54sont ensemble
40:56et peu de listes
40:57où les écologistes
40:57sont avec LFI
40:58mais ça c'est le problème
40:59des écologistes
41:00s'ils veulent aller
41:00s'ils veulent aller
41:02avec France insoumise
41:03ils seront absorbés
41:04par la France insoumise
41:05et ils seront donc
41:06dans une position
41:07qui sera très minoritaire
41:09dans le pays
41:14avec toujours le même principe
41:16des réponses
41:16par oui ou par non
41:17pour ou contre
41:18ce 8 mars
41:19c'est la journée
41:19du droit des femmes
41:21cette journée
41:21est-elle devenue
41:22symbolique
41:23plutôt qu'un vrai moment
41:24de décision politique
41:25François Hollande
41:26non c'est une journée
41:28qui est symbolique
41:30et politique
41:31puisque des milliers
41:32de femmes et d'hommes
41:33vont défiler aujourd'hui
41:35dans toutes les villes de France
41:36à Paris en particulier
41:37et elles vont avoir
41:38ces femmes
41:39deux objectifs
41:41le premier
41:41qu'une loi cadre
41:42soit votée
41:44contre les violences
41:45faite aux femmes
41:46et d'avoir
41:48l'application
41:49de la directive
41:49sur l'égalité
41:50entre salaire
41:51femme et salaire homme
41:52et oui ou non
41:53est-ce que le bilan
41:54d'Emmanuel Macron
41:54est positif
41:55en matière d'égalité
41:56femmes-hommes ?
41:57Il a beaucoup promis
41:58mais ce n'est pas
41:59le seul domaine
41:59et il a très peu tenu
42:01et il y a eu très peu texte
42:02et c'est pour ça
42:03que là
42:03s'il veut terminer
42:04son mandat
42:05avec au moins
42:06cet acte de bilan
42:09c'est qu'il faut
42:10qu'il y ait
42:10cette loi cadre
42:11sur la lutte
42:13contre les violences
42:13Une confidence
42:14d'Emmanuel Macron
42:15justement recueillie
42:15par le Figaro magazine
42:17cette semaine
42:17je ne me mêlerai pas
42:18de 2027
42:19aurait-il dit
42:20est-ce que vous le croyez ?
42:22Je pense que
42:23c'est l'intérêt
42:26et le sien
42:27et de tout candidat
42:29qui se réclamerait
42:31ou qui se serait réclamé
42:32de lui
42:32Pourquoi ?
42:33Parce que je pense que
42:34porter le bilan
42:35d'Emmanuel Macron
42:36c'est pour ça qu'aucun candidat
42:37ne prend ce risque
42:38sera assez lourd
42:42Le grand jury
42:432027
42:44c'est demain
42:45Alors vous l'avez
42:46un petit peu évoqué
42:47tout à l'heure
42:47mais est-ce que
42:47vous ne pensez pas
42:48que la présidentielle
42:49risque d'être
42:49encore une fois
42:50je dis encore une fois
42:51parce qu'en 2022
42:52ça avait été le cas
42:54percuté par l'actualité internationale
42:56et empêche un débat
42:58Elle le sera
42:59mais ça ne nuira pas
43:00au débat
43:01Pourquoi ?
43:01Je pense que ça
43:02le rehaussera
43:02ce débat
43:04parce que la France
43:05c'est un pays
43:06qui compte dans le monde
43:07On a parlé de la force
43:09de dissuasion
43:09On a parlé aussi
43:11de l'effort
43:11que nous faisons
43:12en matière militaire
43:13On a parlé de
43:14ce que doit être
43:14le respect du droit international
43:16De ce que joue
43:17comme rôle
43:18la France en Europe
43:19Sans la France
43:20l'Europe s'arrête
43:21Ce qui est d'ailleurs
43:22aujourd'hui
43:23la grande inquiétude
43:26de nos partenaires
43:27Qui va être président
43:28de la République
43:28l'année prochaine ?
43:30En même temps
43:31on voit un axe
43:32par exemple
43:33entre l'Allemagne
43:33et l'Italie
43:34Pourquoi ?
43:35Vous avez raison
43:36parce que le doute
43:37existe maintenant
43:38sur la France
43:39Donc toute la question
43:40que les Français
43:41vont avoir
43:42à se poser
43:43l'année prochaine
43:44c'est
43:44qu'est-ce que nous avons
43:46à faire
43:46pour notre pays
43:47bien sûr
43:47sur le plan intérieur
43:49la cohésion nationale
43:50la place de la jeunesse
43:51l'éducation
43:52bref
43:53notre propre sécurité
43:54Mais toute la question
43:56c'est
43:56qu'est-ce que nous voulons
43:58comme France
43:58dans le monde
43:59et la France
44:00elle est attendue
44:01Donc je pense
44:02que la question internationale
44:03comme la question
44:04d'ailleurs de nos alliances
44:05comme la question
44:06de notre sécurité collective
44:07elle va être dominante
44:09dans la campagne présidentielle
44:10En même temps
44:10quand il y a un contexte
44:11menaçant
44:12ça peut aussi profiter
44:13aux nationalistes
44:14qui promettent de protéger
44:16et le repli sur soi-même
44:18est aussi une solution
44:19quand les menaces
44:21sont larges
44:23On sait maintenant
44:24que les nationalistes
44:24ceux qui se prétendent
44:26comme tels
44:26ne défendent pas la nation
44:27parce que quand vous êtes
44:29allié ou proche
44:30de Donald Trump
44:32puisque Donald Trump
44:33inspire toutes les extrêmes droites
44:34en Europe
44:35et pas simplement en Europe
44:36et lorsque Donald Trump
44:38lui-même
44:39a le plus grand mépris
44:40pour l'Union Européenne
44:42veut même
44:42la détruire
44:44ou veut même
44:46avoir une attitude
44:47de prébandier
44:49sur le Groenland
44:50à partir de là
44:51vous vous dites
44:52qui va me protéger
44:54justement
44:54qui va me protéger
44:55un allié
44:56de Donald Trump
44:58et un ami de Poutine
45:00ou un républicain
45:01qui aura à cœur
45:03de défendre
45:03la place de la France
45:04Mais vous avez vu
45:05François Hollande
45:06le sondage IFOP
45:07qui a été publié
45:08pour le Figaro
45:09en cette fin de semaine
45:09il place Jordan Bardella
45:11loin, très loin
45:12devant tous les autres
45:14candidats possibles
45:15à cette élection présidentielle
45:16de 2027
45:17Jordan Bardella
45:18il est entre 36 et 38%
45:20des intentions de vote
45:21c'est-à-dire
45:21deux à trois fois plus
45:22que les autres
45:24donc déjà
45:25vous qui avez de l'expérience
45:26est-ce que c'est un avantage
45:27de partir si haut
45:29si loin
45:29ou alors est-ce qu'au contraire
45:31l'histoire des présidentielles
45:33nous rappelle
45:33qu'être premier
45:35c'est souvent un peu périlluche
45:37Tout simplement
45:37il faut avoir de la mémoire
45:41l'élection
45:42ne se joue pas
45:42un an avant
45:43elle se joue
45:45quelques jours
45:45voire même
45:46le jour même
45:47je vais vous donner
45:48juste un exemple
45:48qui me concerne
45:50je ne parle pas
45:51de ce que j'avais
45:52comme cote de popularité
45:53ou comme
45:53intention de vote
45:54lorsque j'étais candidat
45:55à la candidature
45:56je vous parle même
45:57quand j'ai été désigné
45:58on m'annonçait
45:59dans les sondages
46:00donc c'était six mois avant
46:01que je gagnerais la présidentielle
46:02avec plus de 62 ou 63%
46:05je ne l'ai gagné
46:06qu'à 52%
46:08donc ça veut dire quoi
46:09ça veut dire que
46:10aujourd'hui
46:11il peut y avoir
46:11comme ça
46:12une indication
46:13on retrouve d'ailleurs
46:13les chiffres
46:14de la dernière élection européenne
46:15bon
46:16répartition des forces
46:18mais une élection
46:18vous nous dites
46:19que ça ne veut rien dire
46:20aujourd'hui
46:20je ne dis pas
46:20que ça ne veut rien dire
46:21il vaut mieux partir
46:22avec 35%
46:23qu'avec 8 ou 10%
46:25j'en confiens
46:26mais ça veut dire quoi
46:28ça veut dire quoi
46:29ça veut dire que
46:30tout ça va se construire
46:31et se cristalliser
46:33à un moment
46:33où le choix
46:34c'est plus
46:34est-ce que vous préférez
46:36un tel ou un tel
46:36qui vous voulez
46:37comme président
46:38qui vous voulez
46:39qui incarne la France
46:40qu'est-ce que vous voulez
46:41comme destin
46:42quelle est la place
46:43que vous accordez
46:44à la patrie
46:45dans le contexte
46:46qui est aujourd'hui posé
46:47quel est le risque
46:48que vous voulez prendre
46:48quel est ce que vous voulez faire
46:50avec les européens
46:51ou ce que vous ne voulez pas faire
46:52une autre lecture qu'on peut aussi avoir
46:54de ces estimations
46:55c'est que le RN profiterait
46:57de l'éparpillement
46:58absolument inédit
46:59de la gauche
47:00et de la droite
47:01en ce moment
47:02il n'y a aucune hypothèse
47:03aujourd'hui
47:03où la gauche
47:04serait présente
47:05au second tour
47:05en tout cas
47:06dans ce sondage
47:07est-ce que c'est l'un des effets
47:08justement
47:09de ces deux gauches
47:11irréconciliables
47:11on en a parlé
47:12PS et LFI
47:13aujourd'hui
47:13on sait qu'il y aura
47:15au moins deux candidats
47:16ou trois
47:17venant de la gauche
47:18et peut-être trois
47:19venant de la droite
47:20mais l'un n'est pas l'important
47:21l'important c'est
47:22ce que vont décider
47:23les citoyens
47:24et le vote utile
47:25est devenu le moteur
47:27et qui prépare
47:29la victoire
47:29de l'un ou de l'autre
47:30les électeurs vont se dire
47:32à quelques semaines
47:33ou quelques jours
47:34du scrutin
47:34qui
47:35qui je veux
47:36comme président de la République
47:37et même s'ils peuvent
47:39avoir une sensibilité
47:40pour telle ou telle
47:40formation politique
47:42et bien
47:42ils en feront
47:44finalement
47:44le sacrifice
47:45ce qui compte
47:46c'est de choisir
47:47la personne
47:48et bien sûr
47:49le mouvement
47:49qui peut permettre
47:50de gagner
47:50le vote utile à gauche
47:51est-ce que vous
47:52votre expérience
47:53c'est un atout ?
47:54l'expérience peut être un atout
47:55mais je ne veux pas du tout
47:56personnaliser le débat
47:57parce qu'on dirait
47:58que je plaide
47:59pour
47:59c'est vous-même
48:00qui venez de nous dire
48:01l'incarnation
48:02mais l'incarnation
48:03elle est décisive
48:04mais l'incarnation
48:05elle se produit
48:06sur l'incarnation
48:06et sur le contexte international
48:07donc du coup
48:08l'incarnation
48:09et la force
48:10et la force qui vous soutient
48:11parce qu'on ne peut pas
48:12gagner seul
48:13il faut avoir une équipe
48:14il faut avoir un mouvement
48:15et c'est pour ça
48:15que je plaide
48:16au lendemain des élections
48:18municipales
48:18quel qu'en soit le résultat
48:19même si j'espère que
48:20la gauche
48:21en sortira renforcée
48:23et les socialistes
48:24en particulier
48:24je plaide
48:25pour qu'il y ait
48:26une fédération
48:27de tous ceux
48:28qui veulent participer
48:30ensemble
48:30au choix d'un candidat
48:31pour la gauche
48:32c'est quoi la différence
48:33entre une fédération
48:34et une primaire ?
48:36ah non
48:36une primaire
48:36c'est de faire un vote
48:38avec des candidats
48:39qui ne sont pas forcément
48:40sur la même ligne politique
48:41c'est ce que
48:42la primaire
48:42de la petite gauche
48:44que j'entends ici
48:45ne pas
48:46ne pas
48:47dire quoi
48:47la petite gauche
48:48c'est celle qui
48:49aujourd'hui veut
48:50avec les écologistes
48:51et quelques personnalités
48:53éventuellement
48:53le parti socialiste
48:54mais je pense que
48:55le parti socialiste
48:55ne s'y associera pas
48:57désigner une candidature
48:58alors même qu'il n'y a pas
48:59de plateforme commune
49:00qu'il n'y a pas
49:00d'engagement commun
49:01et qu'il n'y a pas
49:02de ligne directrice
49:03donc une fédération
49:03ce serait quoi ?
49:04une fédération
49:04c'est sur une base
49:05où il y a une plateforme
49:07et il y a un travail
49:08qui fait que
49:09plusieurs candidats
49:10peuvent éventuellement
49:11se présenter
49:11et ensuite
49:12il n'y en a un qui choisit
49:14quel est le périmètre
49:14de cette fédération ?
49:16le périmètre
49:16c'est ceux qui pensent
49:18sur la situation internationale
49:20sur les grands enjeux intérieurs
49:22sur la nécessité
49:23d'avoir une cohésion nationale
49:24beaucoup plus forte
49:25et de donner
49:26à l'éducation
49:27et à la jeunesse
49:28la place décisive
49:29c'est cette coalition
49:30qui doit se faire
49:30ça va de Olivier Faure
49:31à Raphaël Glucksmann
49:32c'est ça ?
49:32oui c'est ça
49:32peut-être des écologistes
49:34qui y viendront
49:35certains
49:36peut-être pas tous
49:37peut-être aussi des personnalités
49:39et la société civile
49:40parce qu'il y a quand même
49:40beaucoup de gens
49:41qui ont envie
49:41d'éviter quand même
49:42le pire
49:43et les sondages
49:43feront le reste
49:44et les sondages
49:45feront le reste
49:46mais à un moment
49:46oui
49:47ça peut arriver
49:49à la fin de l'année
49:49on choisit généralement
49:51la personne
49:52qui a le plus de chances
49:54de gagner
49:54ça sera pas tard
49:54fin de l'année 2026
49:56vous voulez dire ?
49:57ça sera même un peu tôt
49:58parce que ça se cristallise
50:00très tard
50:01je suis bien placé
50:02pour le savoir
50:02justement
50:03vous avez été testé
50:04à 8%
50:05dans le sondage
50:05une fois qu'on évoquait
50:06à l'instant
50:07comment vous interprétez
50:08ce résultat
50:09sachant que le seuil
50:10de qualification
50:11au second tour
50:11se travaille
50:11peut-être historiquement
50:13est-ce que vous pensez
50:14avoir un trou de souris
50:15si jamais
50:16la candidature
50:17peut-être de Raphaël
50:18Wuxman
50:19s'effrite
50:20ou que la primaire
50:21de la gauche
50:22est un échec ?
50:23non non non
50:23il ne faut pas essayer
50:24de jouer
50:25une tactique personnelle
50:26il faut rester
50:28sur l'enjeu principal
50:30de l'élection
50:31qui vous voulez
50:31comme président de la république
50:32qui vous pensez
50:33être capable
50:34de vous apaiser
50:35de vous rassurer
50:36et de vous protéger
50:37tout en vous donnant
50:38une perspective
50:39de progrès
50:39et donc le sondage
50:41du début
50:41n'indique pas
50:42le résultat
50:43de la fin
50:43on finira sur cette interrogation
50:45merci beaucoup
50:45François Hollande
50:46pour ce grand jury
50:47on se retrouve
50:48dans trois semaines
50:49puisque la semaine prochaine
50:50c'est jour de vote
50:51et dans 15 jours
50:52également
50:53pour les élections
50:54municipales
50:55bon dimanche à tous
50:55merci
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