00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Sébastien Ligny et avec Vincent Roy pour commenter l'actualité.
00:08Je vous rappelle le dispositif donné par Laurent Nunez, 70 000 policiers et gendarmes mobilisés.
00:13Dispositif exceptionnel, des manifestations seront autorisées mais à l'extérieur des centres-villes.
00:20Et donc ça conforte le tracé décidé par la préfecture de police de Paris
00:24qui se tenait sur les boulevards maréchaux sur l'extérieur.
00:27Du côté, nous disait Stanislas Godon, de la porte de Charenton jusqu'à Bagnolet.
00:32Il y a une autre polémique quand même qui court un peu depuis hier.
00:36C'est depuis cette sortie de Roland Lescure, le ministre de l'économie, devant l'Assemblée nationale.
00:43Écoutez.
00:44C'est vrai, vous avez raison, les prix de l'essence sont plus élevés en France qu'ailleurs.
00:48D'aucuns nous en demandent de les baisser par la baisse des taxes.
00:50Je considère moi que la taxation du prix du pétrole, c'est une bonne manière.
00:54Quand vous dites que les prix du pétrole sont trop élevés en France,
00:57la raison essentielle pour laquelle les prix du pétrole en France sont plus élevés qu'ailleurs,
01:01c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs.
01:03Moi, ce n'est pas une taxe qui m'empêche de dormir.
01:05Je sais que ça m'empêche d'endormir d'autres.
01:07Mais moi, ça ne m'empêche pas de dormir.
01:09Ça permet de financer plein d'infrastructures.
01:11C'est très bien.
01:12C'est normal que ça ne vous empêche pas de dormir, M. Lescure.
01:15Vous êtes à l'arrière d'une berline conduite par un chauffeur
01:18et l'essence est payée par le contribuable.
01:19– Ce n'est plus de la déconnexion au bout d'un moment.
01:21– On s'en voit.
01:21– Ce n'est plus de la déconnexion, ce n'est plus de la maladresse.
01:24Il faut créer avec ce type d'individu, il faut créer un vocabulaire spécial.
01:30Parce qu'on a beaucoup dit que ces gens sont déconnectés.
01:34C'est vrai que la hausse du prix de l'essence n'empêche pas de dormir.
01:37Notre ministre de l'économie, on a l'essence la plus chère d'Europe,
01:39mais ce n'est pas grave, ça n'empêche pas de dormir.
01:41Donc maladresse, non, déconnexion, non, imbécilité, on ne peut pas le dire
01:45parce que ce n'est sans doute pas un idiot.
01:47Donc on essaie de chercher un mot que finalement…
01:51– Non mais déconnexion, ce n'est pas mal.
01:52C'est un euphémisme.
01:54– C'est un euphémisme.
01:55J'imagine la famille qui a du mal à terminer ses fins de mois,
02:00qui a deux enfants, ils ont besoin de deux voitures
02:03parce que chacun des deux va au travail.
02:06Je les imagine entendre cela.
02:10Franchement, s'il y a un mot qu'on pourrait utiliser, c'est indécence.
02:14– Maude Bréjon, qui a été interrogé également sur le sujet,
02:18a défendu son collègue, on l'écoute.
02:20– Roland Lescure, je travaille avec lui depuis des années
02:22dans des gouvernements et dans des majorités
02:25qui ont tout fait pour baisser les impôts des Français
02:27et singulièrement pour baisser les taxes,
02:30particulièrement lorsque c'était nécessaire.
02:31– Non mais est-ce que vous, vous jugez la forme ?
02:34– C'est peut-être maladroit sur la forme.
02:35Moi ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on fait sur le fond.
02:37Ce qu'on fait sur le fond, c'est la libération de 10 millions de barils de diesel
02:40qui permettront de faire baisser les prix entre 12 et 18 centimes.
02:43Là, dans quelques jours, le 1er novembre, c'est dimanche prochain.
02:46– Ah bon ? Donc dimanche, on aura de l'essence moins chère ?
02:49Vous y croyez, Sébastien Ligné ?
02:50– Vous qui roulez en voiture, très souvent.
02:53– Non mais c'est-à-dire qu'on pourrait prendre cette petite phrase
02:57pour de l'anecdote, mais en fait, et mettre ça sur le dos d'une nouvelle marque de mépris,
03:03du pouvoir macroniste envers les peuples français.
03:05Je veux dire, le mépris pour la Macronie, c'est un petit peu un sport national.
03:08Mais en fait, ça relève, je pense, surtout d'une fracture
03:11qui est entre les élites au sens large et le peuple français.
03:14Sur cette question du carburant et de l'essence,
03:17au fond, c'est la question de la voiture et de l'utilisation de la voiture.
03:21Et j'en veux presque pas à Roland Lescure, parce que Roland Lescure,
03:24comme tous ceux qui ont fait Science Polona,
03:26qui vivent à Paris, dans la capitale, depuis X années,
03:29et je me mets dans le lot, pour tout vous dire,
03:31on a perdu le sens de la voiture.
03:34On ne comprend pas que la voiture, pour des millions,
03:37des dizaines de millions de français,
03:38la voiture, ce n'est pas simplement un moyen de locomotion
03:40qui va d'un point A à un point B.
03:42La voiture, ça permet d'aller travailler, d'aller se nourrir,
03:45d'aller chercher les enfants,
03:48d'aller manger au restaurant,
03:50de faire ses loisirs, ses hobbies, etc.
03:53Sans la voiture, pour des dizaines de millions de français,
03:55il n'y a pas de vie commune.
03:57Et on reste chez soi et on ne fait rien.
03:59Et malheureusement, c'est ce qui se passe
04:00dans d'innombrables foyers dans ce pays,
04:02où en fait, il y a une baisse de la consommation
04:03parce qu'on ne peut plus payer son essence.
04:05Et ça, ce rapport à la voiture,
04:07c'est une marque flagrante de cette fracture-là.
04:10C'est que Roland Lescure, c'est au-delà de la question du chauffeur
04:13et de la jolie berline tout frais payé,
04:16il y a le fait que Roland Lescure, je pense qu'il ne comprend pas
04:19comment vivent la plupart des français.
04:20Ben oui, mais enfin, c'est bien joli tout ça.
04:23Il ne comprend pas.
04:24Il est ministre.
04:25Oui, mais c'est pour ça que ça va au-delà de lui.
04:27C'est tout un écosystème.
04:28On revient sur le mot déconnexion.
04:30J'ajouterais quelque chose à propos de la voiture,
04:32cher Sébastien.
04:33Dites-moi.
04:33C'est qu'il y a dans certaines zones éloignées où on postulait pour un job,
04:41on vous dit, est-ce que vous avez une voiture ?
04:42Et si vous avez une voiture, vous avez le job.
04:45Et si vous n'avez pas de voiture, vous n'avez pas le job.
04:47Oui, bien sûr.
04:47Et on vous demande si vous avez une voiture,
04:49vous êtes dégrévé sur l'essence,
04:51donc on vous rembourse vos frais d'essence.
04:53Par contre, on ne vous fournit plus comme du temps de mes parents
04:56où on fournissait une voiture de service.
04:58C'est-à-dire que les entreprises avaient des voitures
05:00et puis on prenait une voiture de service.
05:02Quand on était VRP, par exemple,
05:03aujourd'hui, tu prends ta bagnole.
05:04Parce que si tu n'as pas ta bagnole, tu n'as pas le job.
05:06Oui, mais si vous travaillez dans les collectivités territoriales,
05:09il y a aussi des voitures de fonction.
05:10Oui, oui.
05:11Parfois aussi, elles ont été achetées dans les années 90.
05:14Certaines ont été achetées au début des années 2000.
05:16C'était les toutes premières voitures électriques.
05:18Elles ont à peu près 80 km d'autonomie.
05:20Donc aujourd'hui, elles n'en ont plus que 40.
05:22Bref, c'est assez rigolo.
05:23Il y a les toutes premières.
05:25Je ne sais plus comment ça s'appelle.
05:26Renault Fluence, je crois.
05:27C'est Madame Royal qui avait ce genre de voiture
05:29quand elle était ministre de l'écologie.
05:31Bref, en tout cas, pour dire qu'effectivement,
05:34ce n'est pas du tout le moment de sortir ce genre de trucs.
05:39surtout que cette baisse de 12 à 18 centimes,
05:44les distributeurs ont dit, ça ne sera pas 12 à 18.
05:47Patrick Pouyannet a dit, chez moi, ça sera 10.
05:49Pourquoi ? Parce que lui, il plafonne déjà les prix.
05:51Alors maintenant, on vient le chercher sur quoi ?
05:53Sur les résultats de Total.
05:54Ben oui, les résultats de Total, pardonnez-nous,
05:56on a un fleuron français qui s'appelle Total.
05:58Voilà, et il sort, il y a effectivement des chiffres
06:01avec 8 milliards.
06:02Alors, Madame Rima Hassan, je ne sais pas si vous avez vu,
06:06a tweeté.
06:06Donc, il y a le tweet de l'agence France Presse
06:09qui dit, voilà, les résultats de Total, 8 milliards 3.
06:12Et Madame Hassan retweet, elle dit, à samedi.
06:16À samedi.
06:17Voilà, on se voit samedi pour protester.
06:19Bien sûr.
06:20Parce qu'on va s'attaquer à la seule entreprise qui...
06:22Mais je ne sais pas.
06:23C'est assez...
06:25C'est mystérieux.
06:27C'est mystérieux.
06:27À samedi, quoi ?
06:28Elle donne un rendez-vous.
06:29Ou ça, à la tour totale, à la défense.
06:32Et ce n'est pas un rendez-vous d'amour.
06:34Non, mais on a compris, mais...
06:36C'est la stratégie classique de Rima Hassan
06:38qui est toujours entre la menace
06:40et le message cryptique
06:42qui n'est difficilement attaquable par la justice.
06:45C'est du classique Rima Hassan.
06:46Et si jamais il y a des débordements devant,
06:48par exemple, la tour totale samedi,
06:49tout le monde se tourne vers elle et dit,
06:51non, mais attendez, moi, je n'ai rien à voir avec ça.
06:52Je lui ai juste dit rendez-vous samedi.
06:54C'est le classique, mais d'ailleurs,
06:55insoumis d'une mère générale.
06:56C'est toujours trouver la zone grise
06:58pour ne pas être attaqué.
06:58Alors, puisqu'on parlait de Laurent Nunez,
07:00écoutons ce qu'il a prévu
07:02comme dispositif de sécurité.
07:03La journée du 31 octobre
07:05est une journée qui est à risque très élevé
07:08de troubles à l'ordre public.
07:09Le dispositif policier comprendra,
07:11pour l'ensemble du territoire national,
07:1370 000 effectifs.
07:15Donc, c'est le même volume que le 24 octobre.
07:19Donc, c'est un dispositif
07:20qui demeure un dispositif exceptionnel.
07:22Sont mobilisés l'ensemble
07:24des forces mobiles disponibles,
07:26ainsi que tous les services spécialisés
07:29qui seront, évidemment, engagés.
07:30Je pense notamment à la BRI,
07:32au RAID, au GIGN,
07:34évidemment, à l'ensemble de nos drones,
07:36l'ensemble de nos hélicoptères,
07:38les brigades écaisses,
07:39les unités synophiles.
07:40Les 26 blindés centaures
07:42seront également déployés
07:43sur l'ensemble du territoire national,
07:45dont une partie à Paris.
07:46Et puis, nous mobiliserons, évidemment,
07:48l'ensemble de nos lanceurs d'eau.
07:50Qui dit mieux ?
07:51Eh bien, il nous manque la Légion étrangère,
07:53après.
07:53Je ne vois plus que ça.
07:55Les sapeurs.
07:56Les chasseurs alpins.
07:57Un bataillon du génie
07:59pour évacuer les barricades.
08:01Et alors, il nous dit
08:02dispositif exceptionnel.
08:04Pour le coup...
08:05Non, puisque c'est la norme,
08:06il a dit, M. Macron.
08:06Eh bien, puisque le 24 octobre,
08:08c'était 70 000.
08:09Aujourd'hui, c'est 70 000.
08:11Enfin, le samedi,
08:13ce sera 70 000.
08:14Le samedi d'après,
08:15ça sera encore 70 000.
08:16Et on va tenir comme ça
08:17ce qu'on appelle communément
08:19une démocratie
08:20ou une république.
08:21Ça ne va pas fonctionner à long terme.
08:24Que M. Nunes a trop vu Star Wars.
08:27J'ai l'impression qu'il est
08:28devant une armée de droïdes
08:30en se disant,
08:31tiens, on va en prendre 70 000.
08:33On dirait qu'il est devant...
08:34Il s'imagine qu'il y a
08:35un million de droïdes devant lui.
08:38Ils ne sont pas humains.
08:39Ils sont téléguidés.
08:40Ils sont programmés.
08:41Que sais-je.
08:41C'est une sorte de Terminator.
08:42Ils sont là.
08:43Et puis, on va les mettre en place.
08:45On oublie que sous chaque casque de CRS,
08:49il y a un père,
08:50il y a un frère,
08:50il y a des gens qui sont fatigués,
08:51il y a des gens qui n'ont pas pris de vacances.
08:53Il y a le GIGN
08:53qui a vraiment autre chose à faire
08:55que de faire du maintien de l'ordre.
08:57D'ailleurs, ils ne sont pas formés pour ça.
08:58Pareil pour le RAID.
08:59Honnêtement,
09:00c'est très compliqué,
09:02je trouve, ce dispositif.
09:04Et on fait avec.
09:0618h41, une pause.
09:07Et les débats d'Europe 1 Soir
09:08reprennent à tout de suite.
09:1018h20, Europe 1 Soir.