00:00Mais sur les retraites, précisément, le conclave avait échoué,
00:03et on sait que les retraites, c'est un des sujets majeurs aussi de la campagne présidentielle qui s'annonce,
00:06avec des propositions très larges, le conclave avait échoué,
00:11et pour autant, il y a certains candidats qui disent, en fait, ce qu'il faudrait,
00:14c'est déléguer aux partenaires sociaux les négociations sur le système de retraite,
00:20qui ensuite seraient validées par la loi, parce qu'il faut en passer par la loi,
00:22mais est-ce que vous pensez aujourd'hui que, vu l'état du dialogue social entre vous et les syndicats,
00:28c'est une idée, ou c'est une piste, de dire, on vous donne six mois
00:31pour vous mettre d'accord sur une réforme du système de retraite
00:34qui ménage le système par répartition, quitte à l'amender et lui ajouter une part de capitalisation,
00:40mais de vous donner les clés totalement, puisque les politiques ont échoué.
00:43Patrick Martin, sur Europe.
00:44Alors, le fameux conclave auquel le MEDEF s'est prêté pendant 18 séances...
00:50Oui, il faut toujours un méchant, le MEDEF a une tête de méchant, son président de super méchant,
00:55ça ne correspond pas à la réalité, moi je peux écrire un bouquin là-dessus,
00:58je ne suis pas sûr que ça passionne les foules, mais on a échoué de peu.
01:02Bien évidemment, il faut reprendre ce sujet-là, le MEDEF, dans quelques semaines maintenant,
01:07va produire des propositions avec de réelles avancées, comme d'ailleurs on en avait fait
01:11dans le cadre du conclave, notamment pour les carrières des femmes, les carrières hachurées,
01:16et donc, moi je pense qu'on peut aboutir, y compris d'ailleurs sur la capitalisation,
01:21moi je suis très marqué par ça, c'était un mot tabou, il y a quelques mois encore,
01:25y compris de la part de syndicats qui gèrent des retraites par capitalisation dans la fonction publique.
01:29Et on voit que dans le débat, il y a une forme de bon sens et de pragmatisme
01:33qui permet de remettre ce sujet sur la table.
01:35Vous trouvez qu'il y a un état d'esprit qui est nouveau, qui est partagé ?
01:38On est rattrapé par les faits, tout simplement.
01:41Les compteurs tournent très vite, les finances publiques d'une manière générale,
01:44les régimes sociaux en particulier, sont quand même dans une situation critique.
01:47Nous, si on veut, et c'est le cas, sauver ces régimes sociaux,
01:51il va bien falloir trouver des solutions qui demanderont des efforts aux uns et aux autres,
01:56mais sinon on parle pour ne rien dire.
01:57Il y a un autre sujet qui concerne l'emploi, dans les territoires notamment,
02:02lorsque vous vous déplacez, vous vous déplacez en voiture.
02:05Et quand vous vous déplacez en voiture, majoritairement vous vous déplacez avec une voiture à essence,
02:09voire avec une voiture diesel.
02:11La voiture, c'est le dada de Pierre Deville.
02:12Ce n'est pas mon dada, c'est une réflexion de Roland Lescure,
02:15qui crée la polémique depuis 24 heures maintenant,
02:18puisque devant la représentation nationale,
02:21Roland Lescure a été interrogé justement sur les taxes sur l'essence,
02:24et voilà ce qu'il dit.
02:25C'est vrai, vous avez raison, les prix de l'essence sont plus élevés en France qu'ailleurs.
02:29D'aucuns nous en demandent de les baisser par la baisse des taxes.
02:32Je considère, moi, que la taxation du prix du pétrole, c'est une bonne manière.
02:35Mais quand vous dites que les prix du pétrole sont trop élevés en France,
02:38la raison essentielle pour laquelle les prix du pétrole en France sont plus élevés qu'ailleurs,
02:42c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs.
02:45Moi, ce n'est pas une taxe qui m'empêche de dormir.
02:47Je sais que ça n'empêche d'endormir d'autres,
02:49mais moi, ça ne m'empêche pas de dormir.
02:50Ça permet de financer plein d'infrastructures, c'est très bien.
02:53Alors, est-ce que c'est le moment de dire une chose pareille, Patrick Martin ?
02:57Écoutez, mettons ça sur le compte de la maladresse.
02:58Je ne suis pas le dernier à commettre des maladresses,
03:00mais ça me vaut de vous confirmer que je circule beaucoup.
03:03J'étais encore hier à Niort, puis à Bressuir,
03:05parce qu'il est important dans la période actuelle d'être au contact de nos adhérents.
03:11Cette inflation, elle touche également les entreprises.
03:14Pour ma propre entreprise, le renchérissement du coût du carburant,
03:16c'est un million d'euros de dépenses supplémentaires cette année.
03:19Donc voilà, on sait que ce sujet est central.
03:22Moi, je ne veux pas polémiquer sur ce qu'a pu dire,
03:24ou ne pas dire Roland Lescure.
03:25Mais quel est le positionnement du BDF sur les taxes sur l'essence ?
03:28C'est que c'est 60% d'un litre d'essence ?
03:31Je pense que le vrai problème, c'est le prix de base du pétrole.
03:35Vous êtes un libéral, donc vous vous en référez au marché ?
03:38Oui, et puis, moi je suis curieux de savoir,
03:40dans l'état critique des finances publiques,
03:43comment on compenserait ce qui ne serait pas perçu à travers des taxes ?
03:4645 milliards.
03:4745 milliards.
03:49Les Espagnols ont fait un geste sur la fiscalité du carburant.
03:54Oui, la grosse différence,
03:55j'étais en Espagne il y a 15 jours avec le président de la République,
03:58c'est que l'Espagne a remis de l'ordre dans ses finances publiques,
04:00comme le Portugal, comme la Grèce.
04:01Et d'ailleurs, ils ne feront rien pour nous aider si nous-mêmes,
04:04nous ne mettons pas d'ordre dans nos finances publiques.
04:06Donc on n'a plus les marges de manœuvre, malheureusement,
04:08pour baisser d'une manière générale la fiscalité,
04:12étant rappelé que Eurostat d'un côté et l'OCDE de l'autre,
04:15ces derniers jours, ont confirmé que la France était le pays
04:19qui supportait le plus de fiscalité et de prélèvements obligatoires.
04:23On a tout dit quand on a dit ça.
04:24Donc nous, on appelle de nos voeux avec insistance
04:26une remise en ordre des finances publiques,
04:28c'est-à-dire pour commencer, baisser les dépenses.
04:30Vous avez remarqué que le gouvernement,
04:32depuis le début de la crise à Hormuz,
04:35a encouragé les Français à électrifier le parc automobile.
04:40En attendant, effectivement, si on prend ces 45 milliards
04:42et s'ils disparaissent, on va avoir quoi ?
04:44On va avoir une électricité sur laquelle il va falloir trouver 45 milliards ?
04:48Ah, il y a un curieux et inquiétant anglo-maor.
04:50On est d'accord là-dessus.
04:53Déjà, l'État pouvait commencer...
04:54L'État, les fonctions publiques, d'une manière générale,
04:56pouvaient commencer à réduire leurs dépenses.
04:58Et c'est tout à fait possible.
05:00On retrouverait des marges de manœuvre,
05:02pour commencer, pour les entreprises.
05:04C'est ce que j'appelle, moi,
05:06le prix du litre d'électricité.
05:08On y viendra peut-être.
05:09Oui, mais d'ailleurs, c'est une maladie française,
05:11de ne pas...
05:12de tous les gouvernements qui succèdent,
05:15enfin, depuis 20 ans,
05:16qui promettent de réduire les dépenses.
05:18Et comment se fait-il qu'on n'y arrive pas ?
05:21Écoutez, on a tenu fin août une grande manifestation du MEDEF,
05:25sur le thème du courage.
05:26Je pense que c'est ça le maître mot.
05:28C'était une belle rentrée.
05:30C'était une belle rentrée, merci.
05:31Avec un débat avec tous les présidentielles.
05:34Mais ce qui est très frappant,
05:35c'est que peu de nos décideurs
05:37prennent en compte la réalité de la situation.
05:39L'économie française est chancelante.
05:40Le marché de l'emploi se dégrade
05:42sur un rythme actuellement
05:43de 60 000 emplois détruits chaque année.
05:45Si les mesures que j'évoquais tout à l'heure
05:47de renchérissement du coût du travail
05:49sont mises en œuvre,
05:50c'est 200 000 emplois supplémentaires
05:52qui seront menacés.
05:53M. Farandou disait tout à l'heure
05:55qu'une augmentation excessive du SMIC
05:58générerait en elle-même des destructions d'emplois.
06:01Moi, je constate qu'en parallèle,
06:03l'État prévoit de créer 6 800 emplois,
06:05et à vrai dire, encore plus depuis 48 heures.
06:09Il me semble,
06:10il me semble que si, je l'ai dit tout à l'heure,
06:12il y a des emplois à pourvoir dans la fonction publique,
06:14il y a quand même des réserves importantes.
06:16Il y a une démographie dans la fonction publique,
06:18il y a l'implémentation de l'intelligence artificielle
06:20qui devrait, sans coup férir,
06:22sans drame humain,
06:23générer des économies colossales.
06:25Donc, on vient encore charger
06:27les entreprises d'une manière colossale,
06:2911 milliards et demi d'euros,
06:30et on ne fait pas en interne
06:32les économies qui pourraient être faites
06:34assez facilement.
06:36Merci beaucoup Patrick Martin,
06:37Génération Empêchée,
06:38votre livre aux éditions de l'Observatoire.
06:40A tout de suite pour la suite des débats.
06:42Merci.
06:43Merci.
06:43Merci.
06:43Merci.
06:43Merci.
06:44Merci.