00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Vous êtes sur Europe 1 dans les débats de Europe 1 Soir avec Catherine Ney, Antonin André.
00:08Emmanuel Macron a donné un long entretien à Hugo Décrypte, le média social,
00:14et il s'en est pris à la fois à LFI et au RN. On écoute.
00:18Je trouve qu'il y a une désinhibition des violences.
00:22Je trouve qu'on a eu, j'ai eu plusieurs fois l'occasion d'en parler,
00:24on a eu une désinhibition d'un antisémitisme chez certains
00:28et une désinhibition du racisme chez les autres.
00:30Mais c'est aussi de voir le manque de compassion.
00:34Quand on a un de nos enfants qui tombe sur un acte terroriste,
00:38qu'il soit antisémite, qu'il soit anti-chrétien, qu'il soit raciste,
00:41la vérité c'est qu'on doit d'abord être aux côtés des familles,
00:43le dire, les réconforter, dire la nation est là et on fait bloc.
00:47Et surtout, c'est vital.
00:49Voilà, donc c'est un peu difficile de commenter des petits extraits
00:52de cette longue interview d'Emmanuel Macron.
00:56Bon, voilà, racisme, on a l'impression quand même que tout est mis dans le même sac.
01:01C'est ça qui me dérange un peu.
01:03Là, c'est une variation du en même temps,
01:05c'est que tout le monde en prend un peu pour son cas.
01:08Et on n'arrive pas à savoir ce qu'il pense vraiment jamais.
01:12Voilà, de quel côté il penche, de quel côté il a une parole qui n'est pas dimensionnée.
01:23À chaque fois, on s'interroge, c'est-à-dire l'autre jour,
01:25quand il dit que c'est la première fois qu'il y a un trappe,
01:28lorsqu'il dit que c'est un tournant,
01:30et ça n'était pas, je sens que c'est un président qui est un peu perdu
01:36et de plus en plus seul.
01:37Ce qui est frappant, moi, je trouve, et c'est frappant depuis longtemps,
01:40et notamment depuis qu'Emmanuel Macron n'a plus de pouvoir en réalité effectif,
01:44c'est qu'il est dans le commentaire.
01:46Donc il commente, il pointe la responsabilité des uns des autres dans les violences,
01:50là où, et ça renvoie à sa propre impuissance,
01:53que répond-il, lui, à la situation du pays ?
01:56Que propose-t-il comme réponse concrète aux Français
01:58qui souffrent de l'essence, qui souffrent du pouvoir d'achat ?
02:00Que répond-il aux jeunes concrètement ?
02:01En fait, c'est de ça dont on attend les gouvernants.
02:03Ce n'est pas qu'ils nous commentent les faits divers
02:06avec plus ou moins d'appréciation,
02:07en distribuant les bons et les mauvais points.
02:09On voudrait qu'ils agissent,
02:10on voudrait qu'ils fassent quelque chose pour ce pays.
02:12Et je trouve que ça renvoie quand même à une espèce d'impuissance
02:15qui, dans l'état actuel du pays,
02:17est d'autant plus coupable et difficile à accepter, je trouve.
02:20Oui, dans la continuité aussi de cette prise de parole à Marseille
02:22qui était assez particulière,
02:24où vous avez ce président qui était entouré de plusieurs ministres
02:27et qui dit, oui, écoutez, le 17 octobre, on a failli.
02:30On a failli.
02:31Comme s'il disait, vous voyez,
02:33pensez, il y a 2000 policiers au tapis,
02:35il y a des enfants, je dis des enfants,
02:37c'est des enfants de 15 ans, etc.,
02:39parce qu'ils ont ramassé une grenade, ils l'ont rejeté.
02:41Il y en a un qui a perdu la main,
02:43il y en a un qui a perdu,
02:44et qui sont très très grièvement blessés.
02:46Bon, voilà, on ne peut pas arriver comme ça sur un terrain
02:49dès lors qu'il y a une prise de parole présidentielle,
02:52encore une fois, dire, bon, écoutez, voilà,
02:55je crois que c'est Sébastien Lecornu qui a dit, on a merdé.
02:57Oui, mais le président, il doit remobiliser.
03:00Il n'y a pas de cap, il n'y a pas de cap dans ce pays.
03:03La première fonction de la présidente de la République,
03:04c'est de protéger,
03:06c'est une forme de bouclier pour les Français.
03:07C'est dans la Constitution.
03:08Donc, il doit être un président protecteur, volontariste,
03:12dont on n'a pas le sentiment qu'il est baladé,
03:14balotté dans les émotions et dans le commentaire,
03:17comme il l'a été aussi à Trappes,
03:18où on avait, moi j'ai vu son allocution,
03:20je me suis dit, mais il va nous pleurer,
03:22il va falloir qu'on a eu réconforté.
03:23C'est dans les bras du maire de Mantes, en plus.
03:25Là où on attend du président
03:28qui nous renvoie une force, une réassurance,
03:30et qui nous dise, mais c'est inacceptable,
03:33mais on va faire en sorte que ça ne se reproduise plus,
03:35on va prendre des mesures, je ne sais pas.
03:37Mais là, on a l'impression d'une démission avant l'heure,
03:40à tel point qu'on se pose la question de savoir,
03:42et d'ailleurs, ça fleurit quand même un peu dans le débat public,
03:44et notamment au gouvernement,
03:46et y compris chez le macroniste,
03:48de la nécessité ou non qu'il aille au bout de son mandat.
03:50Je veux dire, la question de la démission d'Emmanuel Macron
03:52se repose avec une certaine acuité.
03:54Mais il avait toujours dit qu'il resterait jusqu'au...
03:56Oui, on connaît la réponse.
03:58C'est désespérant, et ça désespère même
04:00les premiers convertis au macronisme.
04:03On attend surtout qu'il change les dates des...
04:06Vous y croyez, ça ?
04:07Non, mais il le faudrait, ce n'est pas possible.
04:09Il le faudrait, mais c'est en attendant 18 avril, 2 mai.
04:12Il n'a rien signé pour l'instant,
04:13donc c'est possible qu'il réfléchisse.
04:17Évidemment, si on bougeait les dates,
04:18l'autre désavantage, c'était qu'il y avait une partie,
04:19le premier ou le second tour,
04:21qui se jouait pendant les vacances scolaires.
04:22Mais je pense que c'est un moindre mal,
04:25et qu'aujourd'hui, les gens s'organisent
04:26pour une élection aussi importante.
04:28Vous donnez des préjugations.
04:29Oui, et puis on peut voter par procureur.
04:31Absolument.
04:32On se demande...
04:34Alors, pour cette présidentielle, justement,
04:36la question de la primaire des démocrates,
04:39se pose Gabriel Attal,
04:41le candidat Renaissance à l'élection présidentielle.
04:43Aussi, peut-être parce qu'il est
04:45en tête, en queue de peloton
04:47dans le bloc central,
04:49a proposé cette primaire,
04:50c'était hier sur TF1.
04:52Je pense qu'il faut qu'elle puisse
04:53rassembler des candidats
04:55qui partagent un certain nombre de valeurs.
04:56Donc oui, Raphaël Grussouane, oui.
04:58Mais ce n'est pas à moi, j'ai le boulot,
04:59de répondre à la place des candidats,
05:01s'ils rejoignent ces valeurs ou pas,
05:02et s'ils se retrouvent dans ces valeurs.
05:03Est-ce que vous le conviez, cette primaire ?
05:04Je vais vous dire,
05:05ce n'est pas à moi de convier.
05:06Moi, je tends la main
05:07à tous les candidats
05:08qui se retrouvent dans ces valeurs,
05:09qui ne veulent pas d'un deuxième tour
05:10entre la France insoumise et le RN,
05:12qui semble aujourd'hui établi
05:13comme une quasi-certitude
05:14et une fatalité,
05:15ce qui fait perdre espoir
05:16à beaucoup de Français.
05:17Et je leur tends la main
05:18pour organiser ce rassemblement
05:19à travers une grande primaire
05:20des démocrates.
05:21La question, c'est,
05:22est-ce qu'on arrive à la fin
05:23de ce premier acte,
05:24qui généralement se termine
05:25plutôt en décembre ?
05:27Là, on n'est même pas...
05:28Oui, c'est ça,
05:29on est fin octobre, début novembre.
05:30Il y a l'impression
05:31que cette première partie de campagne
05:33est déjà en train de s'essouffler.
05:34Moi, j'ai le sentiment,
05:35j'ai l'impression,
05:36et je vous dis ça
05:37parce que j'ai eu
05:39quelques interlocuteurs
05:42aujourd'hui même,
05:43à la suite des déclarations
05:44de Gabriel Attal,
05:45j'ai l'impression
05:46que Gabriel Attal,
05:47Bruno Retailleau,
05:48qui lui-même s'est lié
05:49aussi à cette primaire...
05:50Édouard Philippe aussi.
05:52Oui, mais je pense que
05:53Gabriel Attal,
05:55Retailleau,
05:56l'ISNAR se parlent entre eux,
05:57les états-majors se parlent entre eux,
05:58et que leur enjeu maintenant,
05:59c'est d'essayer
06:01de pousser Édouard Philippe
06:02dans ses retranchements.
06:04Ils ont bien vu
06:04qu'il avait du mal,
06:05qu'il s'érodait,
06:06qu'il avait du mal,
06:06il est toujours à contre-temps,
06:07même dans le commentaire
06:08de l'actualité,
06:09et je crois qu'il y a
06:09une action coordonnée
06:10derrière ce que dit Gabriel Attal,
06:12qui consiste à essayer
06:13d'acculer Édouard Philippe
06:14à une forme de primaire,
06:16oui,
06:17Retailleau dit aujourd'hui
06:18qu'il n'en veut pas,
06:18mais autour de lui,
06:20un certain nombre,
06:20Gérard Larcher,
06:21peuvent le faire pencher.
06:23Je pense que c'est le début
06:24d'une offensive,
06:25là, qu'on voit,
06:25avec cette annonce
06:26de Gabriel Attal,
06:26qui vise vraiment
06:27très directement Édouard Philippe.
06:28Oui, mais alors,
06:29est-ce qu'il faut
06:30une primaire ouverte
06:32à 10 candidats,
06:33ou une primaire ouverte
06:35entre 4 ou 5 candidats
06:38centrales de droite ?
06:39Voilà, qu'est-ce qu'il faut ?
06:40Je pense que Gabriel Attal
06:42sait que Glucksmann
06:44ne peut pas participer
06:44à cette primaire,
06:45mais cette primaire,
06:46elle a comme périmètre
06:47Gabriel Attal,
06:48Édouard Philippe,
06:48Bruno Retailleau,
06:49David Lissnard, je pense,
06:50ne serait pas désintéressé
06:52par cette idée,
06:52d'autant que dans les sondages,
06:53il est donné devant
06:54Bruno Retailleau.
06:56Donc voilà,
06:56le périmètre de cette primaire
06:58va, à mon avis,
06:59se dégager de façon
07:00assez naturelle.
07:01La question, c'est
07:02est-ce qu'Édouard Philippe
07:02va pouvoir résister
07:04à cette pression-là ?
07:05Parce qu'en réalité,
07:05il n'a plus d'argument,
07:06puisque dans les sondages,
07:08certes, Gabriel Attal,
07:09vous dites,
07:09eh bien,
07:10mais Édouard Philippe
07:10s'érodent quand même
07:11petit à petit,
07:12et aujourd'hui,
07:12il y avait un argument majeur.
07:14Et aujourd'hui,
07:14terminez votre phrase,
07:15Mélenchon augmente,
07:16on est à 18%.
07:17Voilà,
07:17et le principal argument
07:18pour voter pour Édouard Philippe,
07:19c'était,
07:20il était celui
07:21qui pouvait battre
07:22Marine Le Pen
07:23et empêcher Mélenchon
07:23d'être au second tour.
07:24Aujourd'hui,
07:25il n'est plus capable
07:26de battre Marine Le Pen
07:26et il n'empêche plus
07:27Mélenchon accéde au second tour.
07:28Donc,
07:28les raisons de voter pour lui,
07:30évidemment,
07:30ça fallisse.
07:31Oui,
07:31alors du coup,
07:32on se retrouve effectivement
07:33avec un Jean-Luc Mélenchon,
07:34on l'a dit,
07:35qui était parti à quoi ?
07:3612 et qui maintenant
07:37est à 18.
07:38Oui,
07:38et qui finit les campagnes électorales
07:39généralement en gagnant
07:404 ou 5 points
07:40dans la dernière ligne droite,
07:41ce qui laisse présager
07:42quand même d'une fin de campagne
07:43un peu douloureuse.
07:44Catherine Ney ?
07:45Oui,
07:45mais enfin,
07:46nous sommes à 6 mois
07:47parce que c'est quand même
07:50Mélenchon pour beau,
07:50alors je sais qu'il plaît
07:51beaucoup aux jeunes,
07:52mais pour toute une génération
07:53qui vote beaucoup,
07:54c'est le diable
07:56s'habille en Mélenchon.
07:57C'est quelqu'un
07:58qui fait très peur
07:59de par son caractère,
08:00sa façon de...
08:01C'est pas un démocrate,
08:03il faut voir comment
08:03il mène son parti.
08:05Ça marche,
08:06mais voilà,
08:06jusqu'au moment où
08:08il faut évidemment
08:09essayer de trouver...
08:10Mais je crois que c'est le vide
08:12qui fait qu'il y a plus
08:15personne au centre
08:16où il y en a trop
08:17et qui ne font pas
08:18un gros score.
08:19Donc c'est vrai
08:20qu'il faut régler ce problème,
08:21qu'il y ait une prime
08:22maire entre 3 ou 4 ou 5.
08:24Il fasse des propositions,
08:25qu'il propose un cap.
08:25Parce que là,
08:26ils ne font que commenter
08:28Mélenchon-Le Pen,
08:28le duel,
08:29l'inéluctable.
08:30En fait,
08:30on attend d'eux
08:31qu'ils soient à force
08:31de propositions,
08:32qu'ils proposent un cap
08:33et un peu d'optimisme.
08:35Vous avez eu des gens
08:36au téléphone aujourd'hui,
08:37ça prouve quand même
08:38que dans les états-majors,
08:39on travaille.
08:39C'est-à-dire qu'on essaye...
08:40On travaille,
08:40mais c'est long,
08:41le retard accumulé
08:42est quand même...
08:43Ce bloc central
08:44est quand même coupable,
08:45je trouve,
08:46de la situation
08:46à quel il est.
08:47Souvenez-vous
08:48d'Edouard Philippe
08:48qui au départ avait dit
08:49on se donne jusqu'à février.
08:51Février,
08:51c'est hyper long.
08:52C'est très tard.
08:53Voilà.
08:53Merci beaucoup Catherine Ney,
08:54merci à vous Antonin André.
08:56Eliott Deval
08:56vous donne rendez-vous
08:57du vendredi au dimanche
08:58de 11h à 13h.
08:59La parole pour débattre
09:01en direct
09:01sur Europe 1
09:0201 80 20 39 21.
09:04L'appel est non surtaxé.
09:05C'est de 11h à 13h
09:06du vendredi au dimanche
09:07sur Europe 1
09:08la radio libre.
09:09Merci à tous.
09:10Très bonne soirée
09:10sur Europe 1
09:11dans un instant.
09:11Maëlle Hassani
09:12et moi je vous retrouve
09:13dimanche à 10h
09:14pour le grand rendez-vous
09:15d'Europe.
09:15A tout de suite.
09:1718h, 20h
09:18Europe 1 soir