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  • il y a 12 minutes
Dimanche 13 octobre 1996, un cycliste découvre le corps d’une jeune fille, au fond d’un fossé, le long d’une route de forêt à Compiègne (Oise). Cette jeune fille, c’est Angélique Dumetz. La seule piste des enquêteurs : du sperme retrouvé sur la scène de crime. Alors que cette affaire reste non élucidée pendant des années, la famille de la victime continue de se battre jusqu’à ce que les enquêteurs retrouvent le meurtrier… Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.Cet épisode de Crime story a été préparé en puisant dans les archives du Parisien, avec l'aide de nos documentalistes. 


Crédits. Direction de la rédaction : Nicolas Charbonneau - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Barbara Gouy et Antoine Gueguen Georgeais - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network.

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Transcription
00:00Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:06Des années à accumuler les haines.
00:08Un jeune garçon de 10 ans a été tué par le bal.
00:11Des aveux, 33 ans après.
00:13Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:16Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés à leur pays.
00:18Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service polyjustice du Parisien, Damien Delsenier.
00:31Bonjour Damien.
00:32Bonjour Claudia.
00:33Aujourd'hui dans Crime Story, l'affaire Angélique Dumesse, mystère dans la clairière de l'armistice.
00:38Angélique avait 18 ans.
00:40En 1996, on retrouve son corps dans un fossé de la forêt de Compiègne, dans l'Oise.
00:45C'est le début d'une très longue enquête aux multiples rebondissements.
00:51Il est tôt, le matin du dimanche 13 octobre 1996,
00:54quand Marie-Pierre Mazier est réveillé par son mari dans leur pavillon de Compiègne, dans l'Oise.
01:00Ce dernier est déjà levé car il doit partir au salon de l'automobile à Paris.
01:04Mais alors qu'il s'apprête à sortir, il remarque que la clé n'est pas dans la porte.
01:09Signe que Angélique, la fille aînée de Marie-Pierre, n'est pas rentrée la veille.
01:14Marie-Pierre ne s'inquiète pas tout de suite.
01:16Elle sait que sa fille est sortie pour fêter les 18 ans de sa meilleure amie Nathalie
01:20et qu'avec sa bande de copains, ils avaient prévu de prendre le petit déjeuner du lendemain tous ensemble
01:25dans la salle municipale réservée pour la fête.
01:28Mais trois heures plus tard, en milieu de matinée, Angélique n'est toujours pas rentrée.
01:33Et Marie-Pierre trouve ça bizarre.
01:35Elle contacte la mère de Nathalie pour savoir si les deux amis sont chez elle.
01:39Cette dernière répond que non.
01:41Nathalie est bien là, mais elle n'a pas vu Angélique.
01:45Marie-Pierre commence à s'affoler et à contacter tous ceux qui étaient présents à la soirée.
01:48Chaque amie d'Angélique lui répond la même chose.
01:51Oui, Angélique était avec eux le soir, mais ils sont tous rentrés sans elle.
01:56Marie-Pierre contacte alors le commissariat qui lui dit de venir immédiatement
02:00avec des personnes ayant passé la soirée avec sa fille si possible.
02:04Dans les locaux du commissariat, elle retrouve plusieurs amies d'Angélique
02:07ainsi que son ancien petit ami Cédric.
02:10Elle montre aux enquêteurs une photo de sa fille.
02:13Angélique a des lèvres fines, des yeux en amande, des taches de rousseur
02:16et de longs cheveux châtains et ondulés.
02:19Le policier observe la photo avec attention, puis lâche.
02:22Oui, c'est elle.
02:23Mais il n'en dit pas plus.
02:26Un à un, les amis d'Angélique sont entendus
02:28pendant que sa mère, Marie-Pierre, attend à l'accueil
02:30sans savoir ce qu'il se passe.
02:37Damien, il se trouve que plus tôt dans la journée,
02:40les policiers ont été contactés par un cycliste.
02:43Un homme avait été qui se promenait dans la forêt de Compiègne
02:46et qui a découvert dans un fossé une jeune femme
02:49qu'il pense blessée, en tout cas selon son témoignage.
02:52Ça se passe vers 9h du matin.
02:54Alors, on est dans la clairière de l'armistice.
02:56C'est un lieu assez chargé d'histoire, assez important en France.
03:00C'est là que se trouvait le wagon dans lequel ont été signés
03:03l'armistice, notamment du 11 novembre 1918,
03:06mais aussi un autre peu glorieux, celui-là,
03:08du 22 juin 1940, entre la France et l'Allemagne nazie.
03:12Donc, c'est dans ce décor historique que ce vététis
03:16qui circule à cet endroit-là découvre cette jeune femme
03:19dans le fossé.
03:20Il va tout de suite aller frapper à la porte
03:23du responsable du musée de l'armistice,
03:24qui habite tout près de l'endroit où se trouve le corps.
03:27Et c'est la femme du responsable de ce musée
03:30qui va lui ouvrir la porte.
03:31Le cycliste lui explique la situation
03:33et la femme vient tout de suite
03:35pour porter assistance à la victime.
03:37Simplement, quand elle arrive sur place,
03:39elle, ce qu'elle voit tout de suite,
03:40c'est que la jeune femme, elle n'est pas blessée.
03:42Elle est morte.
03:43Elle est couchée sur le dos, dans le fossé.
03:45La tête tournée plutôt vers la route.
03:47Ses bras et une de ses jambes sont repliés.
03:50Et surtout, elle voit très vite
03:51que cette jeune fille, elle a une plaie importante
03:54à l'abdomen et qu'elle a quasiment été égorgée aussi.
03:57Les policiers sont prévenus peu de temps après,
04:00une ou deux heures avant, donc,
04:02que la mère d'Angélique ne vienne au commissariat
04:04pour déclarer la disparition de sa fille.
04:06Oui, et donc, dès le début,
04:07quand il voit cette maman qui s'inquiète pour sa fille,
04:10qui vient au commissariat,
04:12il se doute quelque part, malheureusement,
04:14que cette jeune femme qui a été retrouvée morte
04:15est probablement celle aussi qui a disparu.
04:19Et la photo qu'apporte la maman confirme leurs doutes.
04:22Et donc, ils vont annoncer cette nouvelle insoutenable
04:25à la maman d'Angélique.
04:27C'est un cycliste qui a découvert le corps
04:30vers 9h, le long d'une allée.
04:32Selon des sources proches de l'enquête,
04:34le cadavre de la victime serait celui d'une femme,
04:37jeune probablement.
04:38Elle aurait été tuée à l'arme blanche.
04:40Dès le lendemain, le lundi 14 octobre 1996,
04:44on peut lire dans un article du Parisien,
04:47intitulé « Retrouvée morte, route de l'armistice »,
04:49le récit du drame survenu la nuit précédente.
04:53L'autopsie a permis d'établir qu'Angélique Dumès
04:55a été tuée vers 5 ou 6 heures du matin,
04:58à coup de couteau,
04:58et alors qu'elle avait un taux d'alcool élevé dans le sang,
05:011,35 g par litre.
05:02Mais les légistes précisent qu'elle n'a probablement pas subi
05:06de violence sexuelle.
05:07Pourtant, la jeune femme a été partiellement déshabillée
05:10et le fait que ses chaussures soient toujours attachées
05:12à ses pieds laisse penser qu'elle ne l'a pas fait
05:14de son plein gré.
05:15Des contusions à ses poignets révèlent qu'elle a sans doute
05:17été immobilisée.
05:19Surtout, il est établi qu'Angélique a eu
05:22un rapport sexuel peu de temps avant son meurtre.
05:24Mais les légistes n'étant pas en mesure
05:26d'affirmer qu'il était contraint,
05:28en déduisent qu'il ne l'était pas.
05:30Selon les premiers éléments,
05:32poursuit l'article, les circonstances de l'homicide
05:34pourraient être rapidement établies
05:35et l'enquête devrait très prochainement aboutir.
05:38Mais rien ne se passe comme prévu.
05:4024 heures après le meurtre,
05:42les enquêteurs n'ont pas trouvé sur la scène de crime
05:44d'indice leur permettant de retrouver le meurtrier.
05:47Et finalement,
05:48ils ne sont plus si sûrs qu'Angélique
05:50n'ait pas été violée.
05:51Dans le doute, les légistes prélèvent et isolent
05:54quand même du sperme.
05:55Peut-être qu'un jour, cet ADN parlera.
05:57En attendant, ils décident de s'intéresser
05:59à la vie de la jeune femme et à son emploi du temps
06:01les derniers jours et les dernières heures
06:04précédant sa mort.
06:06En cet automne 1996,
06:09Angélique Dumès s'apprête à fêter ses 19 ans.
06:11Elle s'apprête également
06:12à entamer sa première année à l'IUT d'Amiens.
06:15Elle aimerait à terme travailler
06:17dans le secteur commercial.
06:18C'est une jeune femme qui prend ses études
06:20très à cœur et qui aime faire la fête
06:22et adore danser.
06:24Jusqu'à ce qu'elle parte à Amiens,
06:25Angélique vivait à Compiègne
06:26avec sa mère, son beau-père
06:28et son petit frère.
06:29Elle s'entend bien avec sa famille
06:31et elle est en particulier
06:32très proche de sa mère
06:33avec laquelle elle entretient
06:34une relation fusionnelle.
06:36Elle est décrite par ses voisins
06:37comme une bonne élève
06:38faisant tout pour réussir sa vie.
06:41Le samedi 12 octobre,
06:43en début de soirée,
06:44Angélique est dans la salle municipale
06:45du quartier Royelieu à Compiègne
06:47avec ses amis.
06:48Ils dînent ensemble.
06:49L'ambiance est joyeuse et détendue.
06:51Alors que la nuit est tombée,
06:53le petit groupe décide
06:54de poursuivre la soirée
06:55en boîte de nuit au City Hall,
06:56une discothèque située
06:57en plein centre-ville,
06:59juste à côté de la mairie.
07:00Là, Angélique tombe
07:02sur son ancien petit ami Cédric.
07:04Ils sont séparés depuis quelques mois
07:05après plusieurs années de relations.
07:08D'après ce dernier,
07:09Angélique finit par venir le voir
07:11pendant la soirée.
07:12Elle veut qu'ils discutent ensemble.
07:14Pour mieux s'entendre,
07:15ils sortent de la boîte de nuit
07:16et se retrouvent à deux
07:17sur le parking du cinéma à côté.
07:20Rapidement, le ton monte.
07:26Damien, Cédric et Angélique
07:28en viennent même aux mains.
07:29Oui, alors ça c'est le récit de Cédric,
07:31le récit que Cédric fait
07:32de cette situation,
07:33de cette scène.
07:34Il dit qu'elle lui met d'abord une gifle.
07:36Il la prévient que si elle recommence,
07:38il va lui retourner la gifle.
07:39Elle lui en met quand même une deuxième.
07:41Donc c'est plus qu'une dispute
07:42en échange des coups.
07:44Et Angélique finit par partir en courant.
07:46Il la rattrape
07:47et il arrive,
07:48toujours d'après lui,
07:49d'après son récit,
07:50à la convaincre
07:51de rentrer dans la boîte avec lui.
07:53Donc après,
07:54d'après Cédric,
07:54ils sont venus tous les deux
07:56à l'intérieur de la discothèque
07:57et là,
07:58ils se sont perdus de vue.
07:59C'est aussi la version
08:01que confirment
08:02les amis d'Angélique.
08:03Oui, oui,
08:03ils confirment bien
08:04qu'elle est revenue
08:05après cette dispute
08:06assez violente
08:06sur le parking
08:07dans la discothèque
08:08et de toute façon,
08:09ils disent aux enquêteurs
08:10qu'ils ne croient pas du tout
08:11que Cédric soit capable
08:13d'avoir fait quoi que ce soit
08:14à Angélique.
08:15Il confirme qu'effectivement
08:16ils étaient séparés
08:17depuis quelques mois,
08:18que c'était un peu houleux
08:19mais pas du tout au point
08:21qu'il ait pu s'en prendre à elle.
08:22Un peu plus tard,
08:23Angélique se dispute
08:24avec Nathalie.
08:25Oui,
08:25après cette première dispute
08:26donc avec son ex,
08:27Angélique va se disputer
08:28avec une copine.
08:29Elle va même refuser
08:30de rentrer avec elle
08:32comme c'était prévu
08:33et elle va dire
08:34à sa copine Nathalie
08:35qu'elle demandera
08:36à Cédric de la ramener.
08:37Donc,
08:37elle quitte la discothèque
08:39un peu avant
08:404h du matin.
08:41Cédric,
08:41lui finalement,
08:42il va rentrer
08:42un peu plus tard seul
08:44et une amie d'Angélique
08:45va dire qu'elle a vu
08:46la jeune femme
08:47quitter la boîte
08:48elle aussi
08:49un peu après 4h.
08:51Information
08:52que ne va pas confirmer
08:53le videur de la boîte
08:55qui pourtant
08:56connaissait bien Angélique
08:57donc aurait pu être
08:58assez précis
08:58sur son horaire de départ.
09:02Après cela,
09:03plus personne n'est en mesure
09:04de donner des indications
09:05sur ce qu'a fait
09:05la jeune femme.
09:07Est-elle partie
09:07avec une nouvelle rencontre ?
09:09A-t-elle voulu
09:09regagner son domicile seule ?
09:11Mystère.
09:12Tout ce que l'on sait,
09:14c'est qu'un vététiste
09:15découvre son corps
09:16le lendemain
09:16vers 9h du matin
09:18à 6 km
09:19de la boîte de nuit.
09:20Ce jour-là,
09:21dimanche 13 octobre 1996,
09:24la juge d'instruction
09:25ouvre une information
09:26judiciaire contre X
09:27pour meurtre.
09:28La police judiciaire
09:29de Creil
09:30est chargée de l'enquête.
09:31Les premières auditions
09:32des proches d'Angélique
09:33ne donnent rien.
09:34Aucun des effets personnels
09:35de la jeune femme
09:36ne lui ayant été volé,
09:37le mobile du meurtre
09:38est difficile à établir.
09:40L'hypothèse du viol
09:41revient alors sur la table.
09:42En l'écartant tout de suite
09:44et en privilégiant
09:45celle d'un rapport sexuel consenti,
09:46les enquêteurs sont peut-être
09:47allés un peu vite en besogne.
09:49Et si en fait,
09:51Angélique avait été violée ?
09:53Après tout,
09:54les marques retrouvées
09:54sur son corps
09:55laissent penser
09:55qu'il y a eu lutte.
09:57Auquel cas,
09:57l'ADN du violeur
09:59pourrait aussi
09:59être celui du meurtrier.
10:01A l'époque,
10:03les moyens de la police scientifique
10:04ne sont pas aussi développés
10:05qu'aujourd'hui,
10:06mais on peut déjà effectuer
10:07des comparaisons à ADN.
10:08A partir du sperme
10:10prélevé sur le corps
10:11de la jeune femme,
10:11ils apprennent
10:12que l'homme
10:13qui a violé Angélique
10:14ce soir-là,
10:15puisque c'est désormais
10:15l'hypothèse retenue,
10:17appartient au groupe sanguin B+.
10:19Un groupe rare
10:20qui représente environ
10:218% de la population.
10:23Et donc,
10:24un bon début
10:25pour les enquêteurs.
10:26Quelques jours après le meurtre,
10:27les policiers organisent
10:28une première perquisition
10:30et ils interpellent
10:32Cédric,
10:33l'ancien petit ami d'Angélique
10:34avec lequel elle s'est disputée
10:36la nuit du meurtre.
10:37Pendant plusieurs heures,
10:38ils le cuisinent,
10:39mais Cédric reste sur la ligne
10:41adoptée dès les premières heures
10:42suivant la disparition d'Angélique.
10:44Après être revenu avec elle
10:45dans la boîte de nuit,
10:46il ne l'a pas revu.
10:48Pour en avoir le cœur net,
10:49les enquêteurs décident
10:50de tester son sang.
10:51Les résultats reviennent.
10:53Cédric n'appartient pas
10:55au groupe sanguin B+.
10:56Il n'est pas le tueur.
10:58Une semaine après le meurtre d'Angélique,
11:00les investigations n'ont rien donné
11:02et les enquêteurs ont compris
11:03qu'il va falloir ratisser plus large.
11:10Damien,
11:11j'aimerais juste revenir
11:12sur cette autopsie.
11:14Pourquoi est-ce qu'on commence
11:15par dire qu'Angélique
11:16n'a probablement pas été violée,
11:18alors que les éléments
11:19semblent plutôt indiquer l'inverse ?
11:21Oui, c'est vrai que c'est assez surprenant
11:23pour ne pas dire incompréhensible
11:25parce que la scène de crime
11:26elle est quand même très suspecte,
11:28c'est-à-dire qu'on a une jeune fille
11:29dans un fossé avec,
11:31on le sait,
11:32des traces de sperme,
11:33donc une relation sexuelle
11:34et qu'effectivement,
11:36de manière un peu rapide,
11:37le médecin légiste conclut
11:38que cette relation sexuelle
11:40elle était consentie.
11:40Alors, on ne voit pas tout
11:42à une autopsie.
11:43En général,
11:43quand on qualifie un viol
11:44après une autopsie,
11:45c'est parce qu'on découvre
11:47soit au niveau
11:48de l'appareil génital
11:49de la victime,
11:50soit souvent en haut des cuisses,
11:52des traces qui montrent
11:53que le rapport sexuel
11:54a été violent,
11:55donc qu'on peut en conclure
11:57qu'il a été non consenti.
11:58Manifestement,
11:58peut-être qu'à cette autopsie-là,
12:00il n'y avait pas de traces
12:01de ce type
12:02sur le corps d'Angélique,
12:04mais enfin quand même,
12:05entre,
12:05dès qu'on trouve
12:06une jeune fille assassinée
12:08et qui a une relation sexuelle
12:10concomitante à sa mort,
12:11on doit se poser la question
12:13évidemment du viol
12:14parce qu'en plus,
12:14ça permet d'orienter l'enquête
12:16vers un profil
12:17un peu plus particulier,
12:19c'est-à-dire celui
12:20d'un prédateur sexuel
12:21puisque c'est ça
12:21qu'on se met à chercher
12:22à ce moment-là.
12:23Les policiers
12:24entendent alors
12:24à tour de bras
12:25des camarades
12:26de l'IUT d'Angélique,
12:27des hommes
12:28dont la carte bancaire
12:29a été utilisée
12:30dans la boîte de nuit
12:31ou dans les distributeurs
12:32alentours
12:32la nuit du meurtre.
12:33Oui, on va aussi entendre
12:34pas mal de militaires.
12:36Alors pourquoi ?
12:36Parce qu'il y a une caserne
12:37assez importante à Compiègne.
12:39Donc toutes ces personnes
12:41qui sont arrêtées
12:42pour vérification d'emploi du temps,
12:44on leur fait aussi évidemment
12:45un prélèvement sanguin
12:47pour savoir à quel groupe
12:48ils appartiennent.
12:49Alors évidemment,
12:50ceux qui ne sont pas du groupe B+,
12:51ils sont exclus quasiment
12:52tout de suite du dispositif.
12:54Par contre, évidemment,
12:55ceux qui, entre guillemets,
12:57ont le malheur d'appartenir
12:58au groupe B+,
13:00au groupe sanguin B+,
13:01il faut qu'on aille plus loin.
13:04Donc on fait des comparaisons
13:05ADN un peu plus poussées.
13:06Mais enfin,
13:07tout ce criblage autour
13:08que ce soit les clients
13:10de la boîte de nuit
13:10ou les militaires de Compiègne
13:12ne donne absolument aucun résultat.
13:14En tout,
13:15plus de 100 personnes
13:16sont interrogées.
13:17Oui, et donc sans succès,
13:18les années passent.
13:19Le dossier qui promettait,
13:21soi-disant,
13:21d'être résolu en quelques heures,
13:23devient une énigme,
13:25un call case,
13:25comme on dit maintenant.
13:26Il va falloir encore attendre
13:28des années
13:29et un témoignage providentiel
13:31pour que les choses bougent enfin.
13:36Dans la nuit du dimanche 13 octobre 1996,
13:40Angélique Dumesse,
13:41une étudiante de 18 ans,
13:42disparaît à la sortie
13:43d'une boîte de nuit
13:43de Compiègne dans l'Oise,
13:45peu après 4 heures du matin.
13:47Son corps est retrouvé
13:48vers 9 heures
13:48par un cycliste
13:49à moins de 10 kilomètres
13:51de la discothèque
13:52en bordure de forêt.
13:53Angélique a été poignardée
13:55de plusieurs coups de couteau
13:56et probablement violée.
13:58Le sperme du violeur
13:59permet de savoir
14:00qu'il est de groupe
14:01sanguin B+,
14:02un groupe peu répandu
14:03dans la population.
14:04Mais sur la centaine
14:05de suspects interrogés
14:06et testés dans les jours,
14:08les semaines et les mois
14:09qui suivent le meurtre
14:10de la jeune femme,
14:11aucun ne correspond.
14:15Depuis la mort de sa fille,
14:17la mère d'Angélique,
14:17Marie-Pierre,
14:18ne dort plus,
14:19ne mange plus,
14:20ne vit plus.
14:21Elle est anéantie,
14:22abrutie de médicaments
14:23et absolument impuissante.
14:26Deux voisines de sa rue,
14:27Martine et sa fille Isabelle
14:29le remarquent
14:30et s'interrogent.
14:31Que peuvent-elles faire
14:32pour cette femme
14:33qu'elle ne connaisse
14:34que de vue
14:34et qu'elle voit dépérir
14:35à vue d'œil ?
14:37Un jour,
14:38Martine décide d'aller
14:39parler à Marie-Pierre.
14:40Elle lui dit
14:41« Je ne sais pas exactement
14:42ce que je peux faire pour vous,
14:44mais je vais faire quelque chose. »
14:46Les deux femmes
14:46prennent l'habitude
14:47de se retrouver
14:47sur un banc dans la rue
14:48en pleine nuit
14:49quand Marie-Pierre
14:50est frappée par ses insomnies.
14:52La mère d'Angélique
14:53se livre,
14:54parle,
14:54crie sa douleur
14:55et surtout,
14:56est écoutée.
14:57Ça lui fait un bien fou.
14:59Elle rencontre aussi Isabelle,
15:01tisse des liens
15:02avec elle également.
15:03Elle se sent quand même
15:04reconnaissante envers
15:05la cellule de police de Creil
15:06chargée des investigations,
15:07mais elle est obligée
15:08de constater
15:09que le dossier
15:10n'avance pas vraiment.
15:11Peu à peu,
15:12Martine et Isabelle
15:13concrétisent leur aide
15:14à Marie-Pierre.
15:15Les trois femmes
15:16commencent à écrire
15:17des lettres
15:17qu'elles glissent
15:18dans des enveloppes
15:18et distribuent
15:19dans le quartier.
15:20Ce sont des appels
15:21à témoignage.
15:22Elles espèrent
15:23que quelqu'un
15:23va se souvenir
15:24de quelque chose
15:25et permettre
15:26de faire avancer l'enquête.
15:28Le samedi 16 mai 1998,
15:31alors qu'Angélique
15:32a été tuée
15:3218 mois plus tôt,
15:34elles font installer
15:34en forêt de Compiègne,
15:36à l'endroit où
15:36le corps de la jeune femme
15:37a été découvert,
15:38une plaque commémorative.
15:39A cette occasion,
15:41une marche blanche
15:42est organisée.
15:43De nombreuses personnes
15:44sont présentes.
15:45Ils sont venus
15:46par centaines,
15:47près de 400 personnes,
15:49des amis,
15:50des proches,
15:51des camarades de faculté,
15:52mais aussi des élus
15:53et des anonymes.
15:54Ils sont venus
15:55une rose à la main,
15:56rendre un dernier
15:57hommage à Angélique.
15:58La marche blanche
15:59est silencieuse,
16:00les visages sont graves,
16:02en tête du cortège,
16:03le portrait d'Angélique
16:04porté par l'une
16:05de ses meilleures amies.
16:07Marie-Pierre est touchée.
16:08A Compiègne,
16:09personne n'a oublié Angélique.
16:11Une association est créée,
16:13elle s'appelle
16:14Angélique,
16:15un ange est passé.
16:16Régulièrement,
16:17les adhérents se réunissent
16:18devant le commissariat,
16:19puis devant le palais de justice,
16:21avec toujours le même objectif,
16:23qu'Angélique
16:24ne soit jamais oubliée.
16:26En 1999,
16:27l'association organise
16:28un lâcher de ballon.
16:30890 boules blanches
16:31s'élèvent dans les airs.
16:33890 comme le nombre de jours
16:35depuis lequel Angélique
16:36a été tuée.
16:37Au bout de chaque ballon,
16:39un nouvel appel à témoins,
16:41signé de la main
16:42de la mère d'Angélique,
16:43qui s'exprime devant
16:44les caméras de France 3 Picardie.
16:46Angélique aurait dû fêter
16:48ses 19 ans
16:49deux mois et demi
16:50après son assassinat.
16:52S'il vous plaît,
16:54aidez-nous à trouver
16:55enfin la vérité.
16:57Merci.
16:59Mais cette initiative
17:00ne donne rien du tout.
17:05Damien Delsenis,
17:07un an plus tôt,
17:07le FNAEG a été créé.
17:09C'est le fichier national
17:10automatisé
17:11des empreintes génétiques.
17:12Oui, ce fichier,
17:13il a été créé
17:15par une loi
17:15votée en 1998
17:17suite à l'affaire
17:19Guy Georges.
17:20Guy Georges,
17:20c'est le tueur
17:21de l'Est parisien.
17:22Mais à cette époque,
17:24le FNAEG en est donc
17:25à ses balbutiements,
17:26on est au tout début
17:27du fichier.
17:27Et surtout,
17:28la loi prévoit
17:29que seules les personnes
17:30condamnées pour des infractions
17:32sexuelles
17:33peuvent être inscrites
17:34dans ce fichier.
17:35Donc,
17:35pas les auteurs
17:36d'autres crimes
17:37de droit commun,
17:38comme on pourrait dire.
17:39Par exemple,
17:39un meurtre ou un vol
17:40ou un braquage,
17:41vous n'êtes pas
17:41à l'époque
17:43susceptibles de voir
17:43votre profil
17:44rentrer dans le fichier.
17:45Donc,
17:46forcément,
17:47le fichier,
17:48il compte finalement
17:49peu d'ADN
17:51puisqu'on n'y rentre
17:52que ceux des personnes
17:53définitivement condamnées
17:54pour des infractions
17:55sexuelles.
17:55En 2001,
17:56la mère d'Angélique,
17:58Marie-Pierre Mazier
17:58et son avocate
17:59essaient d'intervenir
18:01auprès des députés
18:02pour une demande
18:03particulière.
18:04Elles souhaitent
18:05que ce fichier
18:06inclue
18:07les personnes
18:07condamnées
18:08pour d'autres faits
18:09que les infractions
18:10sexuelles,
18:10mais aussi les suspects
18:12dont on prend
18:12les empreintes.
18:13Pourquoi est-ce que
18:14ça fait débat ?
18:15Alors,
18:15il y a toujours
18:16en France
18:17un débat
18:17dès qu'on constitue
18:18un fichier
18:19quel qu'il soit.
18:19Parce que déjà
18:20dans le mot,
18:20voilà,
18:21fichier,
18:21ça veut dire fichier.
18:22Donc,
18:22il y a des gens
18:23qui sont assez réfractaires
18:25au fait qu'on fiche
18:25les citoyens,
18:26y compris ceux
18:27qui ont pu commettre
18:28des infractions.
18:29Donc,
18:29il y a toujours
18:29une question de protection
18:30des libertés individuelles
18:32et des libertés publiques.
18:34Mais,
18:34en 2001,
18:35malgré tout,
18:36le FNEG va s'élargir
18:38selon le souhait
18:39de la mère d'Angélique
18:40mais aussi de plusieurs députés
18:41qui ont été saisis du dossier.
18:42le FNEG va s'élargir
18:44finalement à tous
18:45les criminels condamnés.
18:46C'est-à-dire,
18:46y compris,
18:47là,
18:47on fait rentrer maintenant
18:48des meurtriers,
18:48des braqueurs
18:49dans ce fichier national
18:50automatisé
18:51des empreintes génétiques.
18:53Mais,
18:53malgré tout,
18:54pour la maman d'Angélique Dumès,
18:56ce n'est pas assez encore.
18:57Alors que la mère d'Angélique
18:58et l'association
18:59à la mémoire de sa fille
18:59continuent de se battre,
19:01c'est un témoignage
19:02un peu sorti du chapeau
19:03qui va permettre
19:03une réelle avancée.
19:04Ça se passe le lundi
19:0615 octobre 2001.
19:07Nous sommes 5 ans
19:08après les faits.
19:09Un habitant de Compiègne
19:11va se présenter
19:11spontanément
19:12au commissariat
19:13et il va confier
19:14à la police
19:15que quelqu'un
19:16lui a dit
19:17connaître personnellement
19:19le meurtrier d'Angélique.
19:22D'après ce témoin,
19:24celui qui pourrait
19:24tout débloquer
19:25dans cette affaire
19:26s'appelle Fernando.
19:27C'est un homme
19:28de 28 ans,
19:29originaire du Portugal
19:30qui vit à cheval
19:31entre Compiègne
19:32et sa région natale.
19:34Trois semaines plus tard,
19:35le mardi 6 novembre 2001,
19:37il est arrêté par la police
19:38pour être entendu.
19:40Les propos de Fernando
19:41sont globalement confus
19:42mais quelques éléments
19:44encouragent les enquêteurs
19:45à penser qu'il en sait
19:46effectivement beaucoup plus
19:47sur le meurtre d'Angélique
19:49et notamment lorsqu'il parle
19:50du lieu où le corps
19:51a été déposé,
19:52une forêt
19:53avec un chemin de fer
19:54dit-il.
19:55Pour rappel,
19:56Angélique a été retrouvée
19:58près de la clairière
19:58de l'armistice
19:59où se situe le wagon
20:00dans lequel a été signé,
20:02notamment la fin
20:02de la première guerre mondiale
20:03en 1918.
20:05Il y a donc bien
20:06une voie de chemin de fer
20:07à cet endroit-là.
20:09Le supposé témoin
20:10parle aussi de
20:11« sang sur le ventre
20:12de la jeune femme ».
20:13Mais il ne donne
20:14ni de date
20:15ni d'horaire
20:16et il change de version
20:17lors de sa deuxième audition.
20:20Pour les enquêteurs,
20:21Fernando en a dit assez.
20:23Surtout,
20:24il a impliqué
20:24un de ses amis,
20:25un certain Raphaël
20:26qui serait selon lui
20:27à l'origine
20:28du meurtre
20:29de la jeune étudiante.
20:30L'ADN de Fernando
20:31ne correspond pas
20:32à celui prélevé
20:33sur le corps
20:33de la victime.
20:34Il est néanmoins
20:35placé en détention provisoire.
20:37Les enquêteurs
20:38s'envolent vers le Portugal
20:39pour interpeller son ami,
20:40le fameux Raphaël.
20:42Des analyses
20:43sont effectuées
20:44sur ce dernier.
20:44Le suspect
20:45est disculpé.
20:46Son groupe sanguin
20:47ne correspond pas non plus
20:49à celui du tueur d'Angélique.
20:51En France,
20:52Fernando
20:52est toujours placé
20:53en détention provisoire.
20:55Ce qu'il a dit
20:56aux enquêteurs
20:56leur laisse penser
20:57que même s'il n'a pas commis
20:58le meurtre lui-même,
21:00il était là
21:00au moment où il a eu lieu
21:01et il a vu
21:02ce qu'il s'est passé.
21:04Fernando
21:05nie désormais
21:05farouchement son implication,
21:07ce qui ne l'empêche pas
21:08d'être mis en examen
21:09pour complicité de meurtre.
21:11Une thèse
21:11à laquelle croît
21:12dur comme fer
21:13la mère
21:14et les amis d'Angélique,
21:15mais que réfute
21:16totalement
21:17la famille de Fernando.
21:19Ces derniers
21:20décrivent un homme
21:20qui n'a pas toujours
21:21toute sa tête.
21:22« Mon fils n'est pas fou,
21:23confie sa mère
21:24aux Parisiens en 2002.
21:25Mais il y a des moments
21:26où il dit n'importe quoi.
21:28Jusqu'au moment
21:29de son interpellation,
21:30Fernando percevait
21:31une allocation
21:31d'adultes handicapés
21:32et était placé
21:33sous tutelle.
21:34Une mesure prise
21:35notamment
21:36pour l'aider
21:36à gérer son argent.
21:38À l'âge de 17 ans,
21:39il avait séjourné
21:40presque un mois
21:41en hôpital psychiatrique.
21:42Autant d'éléments
21:43qui devraient,
21:44pour sa défense,
21:45être pris en compte
21:46dans ce dossier.
21:50Damien,
21:51qu'est-ce qu'on sait
21:51d'autre sur cet homme
21:52sur Fernando ?
21:53Jusqu'en 1998,
21:55il vivait effectivement
21:56dans la région
21:57de Compiègne.
21:58Et cette année-là,
21:59en 1998,
21:59il décide de partir
22:00s'installer au Portugal,
22:02pays dont il est originaire
22:03et pays dont il a
22:05la nationalité aussi.
22:06Mais là,
22:06malgré des attaches,
22:08il va vivre
22:08plus ou moins
22:09une vie de SDF.
22:11Et avant ça,
22:12il travaille un peu
22:13dans la restauration
22:13ou dans le bâtiment.
22:14Il est décrit
22:15comme introverti,
22:17gardant la tête baissée
22:18quand il parle
22:18à quelqu'un
22:19et incapable
22:19de regarder les gens
22:20en face.
22:21Pour son entourage,
22:22c'est absolument impossible
22:23qu'il soit mêlé
22:24au meurtre d'Angélique.
22:25Oui, impossible.
22:26Sa famille,
22:26elle le défend
22:27bec les ongles.
22:28La maman d'Angélique,
22:29au contraire,
22:30elle est convaincue
22:31en tout cas
22:31qu'il a vu quelque chose,
22:33qu'il sait quelque chose
22:34et qu'il peut aider.
22:36Pendant des mois,
22:36l'avocat de Fernando
22:37essaie de le faire libérer.
22:39Un an et demi
22:39après l'arrestation,
22:41la justice n'a toujours
22:42pas d'élément,
22:43vraiment incriminant
22:44le concernant.
22:45Et donc,
22:45il finit
22:46par être remis en liberté
22:48sous contrôle judiciaire.
22:49En parallèle,
22:50l'association
22:51Angélique,
22:52un an j'ai passé,
22:53milite toujours
22:54pour un changement
22:54de loi
22:55sur l'utilisation
22:56du FNAEG.
22:57Oui,
22:57et ce combat-là,
22:58en tout cas,
22:58il va connaître
22:59un succès
23:00puisque le 18 mars 2003,
23:03le champ des données
23:04qui sont rentrées
23:06dans ce fichier national
23:07est étendu
23:08à tous les autres crimes
23:09et délits,
23:10y compris
23:10les délits routiers.
23:12Il sera ensuite
23:13élargi
23:14à ceux qui sont suspectés.
23:16C'est-à-dire
23:16qu'on ne prend plus
23:16en compte
23:17que des gens
23:18qui sont condamnés
23:19définitivement
23:20par la justice.
23:20Mais par exemple,
23:21si vous êtes placé
23:22en garde à vue
23:22pour un délit routier,
23:24on peut mettre
23:25votre profil
23:25dans le FNAEG
23:26sans que vous soyez
23:27déjà condamné.
23:28Marie-Pierre a le sentiment
23:29que la police judiciaire
23:30de Creil
23:31s'intéresse
23:31un peu moins
23:32au dossier.
23:33Elle fait des pieds
23:34et des mains
23:34pour qu'on continue
23:35à chercher
23:35le meurtrier de sa fille.
23:36Et en 2005,
23:37donc 9 ans
23:38après le meurtre d'Angélique,
23:40elle obtient
23:40qu'une cellule spéciale
23:41soit créée,
23:42la première cellule
23:43cold case.
23:44Oui,
23:44une des premières en tout cas.
23:45Ce dossier,
23:46il est confié
23:47à la police judiciaire
23:48de Lille
23:49qui est une police judiciaire
23:51un peu plus conséquente
23:52en termes d'effectifs
23:54que la police judiciaire
23:55de Creil
23:56qui est une antenne
23:57en fait,
23:57plutôt de celle de Lille.
23:59Donc,
23:59on est à 2 heures
24:00de route de Compiègne
24:01mais 2 policiers,
24:042 enquêteurs
24:04vont se mettre
24:05sur le dossier
24:06Angélique
24:07à temps plein.
24:08Donc,
24:08ce sont des moyens
24:09plutôt importants
24:10pour une affaire
24:10de ce type
24:11qui est ancienne.
24:12On est 9 ans
24:13après les faits.
24:15Donc là,
24:15on a l'impression
24:16que,
24:16en tout cas,
24:17si elle ne repart pas
24:18de zéro,
24:19l'enquête repart sérieusement.
24:23Les deux enquêteurs
24:24reprennent tout
24:24depuis le début
24:25et ils s'étonnent
24:26d'un détail.
24:27Rappelez-vous,
24:28la nuit du meurtre
24:29d'Angélique,
24:30le videur de la boîte
24:31de nuit
24:31dit ne pas l'avoir
24:32vue sortir
24:33de la discothèque.
24:34Alors même
24:35qu'il la connaissait
24:35et que si elle est bien sortie
24:37vers 4 heures du matin,
24:38il n'a pas pu la rater.
24:40En faisant quelques recherches,
24:41les enquêteurs
24:42découvrent que ce même
24:43videur,
24:443 jours avant
24:45le meurtre d'Angélique,
24:46avait fait l'objet
24:46d'une plainte
24:47déposée par sa femme
24:48de l'époque
24:48pour violence
24:49et que,
24:50quelques jours
24:51après le meurtre,
24:52il a quitté
24:52Contienne,
24:53définitivement.
24:54La coïncidence
24:55paraît trop grande.
24:56Les enquêteurs
24:57veulent réentendre
24:58ce videur.
24:59Ils le retrouvent
25:00dans le sud
25:00de la France
25:01quelques jours plus tard.
25:02Face à eux,
25:03l'homme reconnaît
25:04qu'il a en fait
25:05vu partir Angélique
25:06le dimanche à l'aube.
25:07Pour la police,
25:09la vérité se rapproche.
25:10Il ne reste plus
25:11qu'à tester l'ADN
25:12de cet homme
25:12pour que leur doute
25:13soit confirmé.
25:14Mais là encore,
25:16les résultats
25:16contredisent leur intuition.
25:18L'ADN retrouvé
25:19sur le corps d'Angélique
25:20en 1996
25:21n'est pas celui
25:22du videur
25:23de la discothèque.
25:24Ce nouvel espoir
25:25est douché
25:26et l'affaire Angélique
25:27recommence à piétiner.
25:29Le mardi 3 mai 2011,
25:31nous sommes 15 ans
25:32après le meurtre
25:33et comme c'est désormais
25:34la procédure,
25:35l'ADN recueilli
25:36sur le corps d'Angélique
25:37est passé dans le FNAEG
25:38pour voir si depuis
25:39la fois précédente,
25:41un ADN correspondant
25:42a été ajouté au fichier.
25:44Et c'est le cas.
25:46Comme on dit
25:46dans le jargon,
25:47ça match.
25:48Un meurtre vieux
25:49de 15 ans
25:50est lucidé
25:51grâce à un prélèvement
25:52ADN.
25:53Les enquêteurs
25:54connaissent désormais
25:55l'identité
25:56de l'assassin
25:56d'une jeune fille
25:57retrouvée morte en 1996
25:59en forêt de Compiègne.
26:00L'homme en question
26:01s'appelle José Mendes Furtado.
26:03C'est un père de famille
26:04de 51 ans
26:05originaire du Cap Vert.
26:07Son ADN a été prélevé
26:08quelques mois plus tôt
26:09à la suite de dénonciations
26:10de violences conjugales.
26:12José Mendes Furtado
26:13n'est pas particulièrement
26:14connu des services
26:15de la justice.
26:16C'est un mari violent
26:17qui a plusieurs fois
26:19eu affaire à la police
26:20pour des violences conjugales
26:21à une époque
26:22où on accorde
26:23beaucoup moins d'importance
26:24qu'aujourd'hui
26:24à ce type de dossier.
26:25Les enquêteurs
26:26vont bien entendu
26:28essayer d'aller
26:28l'interpeller
26:29mais c'est impossible.
26:35Damien,
26:36José Mendes Furtado
26:37ne peut pas être
26:38appréhendé
26:39parce qu'il est en fait
26:40mort
26:41quelques semaines plus tôt.
26:42Oui, c'est ce que découvrent
26:43les enquêteurs.
26:44José Mendes Furtado
26:45est effectivement mort
26:46très peu de temps
26:47auparavant.
26:48Il s'est suicidé en fait
26:49deux mois plus tôt
26:50en mars
26:51après avoir commis
26:52un féminicide.
26:54Il avait appris
26:55à l'époque
26:55que sa femme
26:56allait le quitter.
26:57Il l'a tué
26:57juste avant
26:58de mettre fin
26:59à ses jours.
27:00Donc pour la mère
27:01d'Angélique forcément
27:02et pour les enquêteurs aussi
27:04c'est une nouvelle
27:05qui est terrible
27:05parce que vous identifiez
27:07probablement le suspect
27:08et l'auteur de ce meurtre
27:09des années plus tard
27:10et vous vous rendez compte
27:11qu'il est mort
27:11quelques jours plus tôt.
27:12A l'époque du meurtre
27:13d'Angélique
27:14José Mendes Furtado
27:15était un maçon
27:16âgé de 36 ans.
27:18Il était marié
27:19et père de deux filles
27:20de 10 et 9 ans.
27:22Oui, mais dans son quartier
27:23où il vivait à Compiègne
27:24on le connaissait surtout
27:24parce qu'il était violent.
27:26Sa femme Alice
27:27subissait cette violence
27:29quasi quotidienne
27:30faisait tout ce qu'elle pouvait
27:31d'ailleurs pour protéger
27:32ses enfants
27:33et les préserver
27:34des accès de violence
27:35de José Mendes Furtado
27:37et en 1996
27:38c'est-à-dire l'année
27:39de la mort d'Angélique
27:40le couple se sépare.
27:42Mais à l'époque
27:42Alice est enceinte
27:44et elle se laisse convaincre
27:45par les promesses
27:46de son mari
27:47qu'il va se calmer
27:48et elle finit par revenir
27:49avec lui.
27:49Ils auront d'ailleurs
27:50deux autres enfants
27:51deux garçons.
27:52Mais les violences
27:53en fait
27:53elles ne vont jamais cesser
27:55et donc il finit
27:56par la tuer
27:57en mars 2011.
27:59Il va la chercher
28:00ce jour-là
28:01à la sortie de son travail
28:02il l'emmène de force
28:03dans la commune
28:04dans le village
28:05de Chevrière
28:05toujours dans l'Oise
28:06il va la poignarder
28:07il va brûler son corps
28:09et puis quelques kilomètres
28:10plus loin
28:11il va tenter lui-même
28:12de s'y moller
28:13par le feu
28:13avant de se jeter
28:15finalement dans un plan d'eau
28:16qui se trouve sous la ligne
28:17du TGV
28:18et là il va mourir
28:19d'hydrocution.
28:20Le principal suspect
28:21du meurtre d'Angélique
28:22est donc mort
28:23il ne sera jamais jugé
28:24mais l'enquête connaît
28:26une avancée majeure
28:27malgré tout
28:28un an et demi plus tard.
28:29Oui le vendredi 12 octobre 2012
28:31c'est-à-dire 16 ans
28:32jour pour jour
28:33après la funeste soirée
28:35d'anniversaire
28:35à laquelle Angélique participait
28:37on apprend
28:37que les enquêteurs
28:39ont formellement identifié
28:40l'arme
28:40ayant permis
28:41à José Mendes Furtado
28:43de tuer sa femme Alice
28:45et que cette arme
28:46en fait
28:46c'est la même
28:47que celle
28:48qui a servi
28:49à tuer Angélique
28:5016 ans auparavant.
28:52Donc là
28:52ça devient la preuve
28:53irréfutable
28:54que c'est bien lui
28:55à la fois
28:55le violeur
28:56mais aussi
28:57le meurtrier
28:58d'Angélique Dumès
29:00en revanche
29:01pour ce qui est
29:01des circonstances précises
29:03de ce meurtre
29:03et les raisons exactes
29:05qui ont poussé
29:06José Mendes Furtado
29:08à commettre ce crime
29:08comment a-t-il rencontré
29:10Angélique Dumès
29:11est-ce qu'il l'a rencontré
29:11à la sortie de la boîte
29:12ou ailleurs
29:13on ne sait pas trop
29:14ça
29:14on ne le saura jamais.
29:23Le mardi 7 janvier 2014
29:25le pôle criminel
29:27du tribunal de Sanlis
29:28dans l'Oise
29:29requiert un non-lieu
29:30envers Fernando
29:31le dernier suspect en vie
29:32dans le meurtre d'Angélique
29:33mis en examen
29:34depuis plus de 12 ans.
29:36Il est désormais libre.
29:38La mère d'Angélique
29:39regrette cette décision
29:40convaincue que cet homme
29:41a tout de même joué un rôle
29:43dans le meurtre de sa fille.
29:44Le samedi 25 avril 2015
29:46l'association Angélique
29:48un ange est passé
29:49se réunit une dernière fois
29:51dans une salle municipale
29:52de Compiègne
29:52pour la dernière
29:53assemblée générale.
29:55Isabelle
29:56une des deux voisines
29:57qui était venue en aide
29:58à Marie-Pierre
29:59désormais présidente
30:00de l'association
30:00annonce sa mise en sommeil.
30:02Aujourd'hui
30:03une page se tourne
30:05dit-elle
30:05la voix chargée d'émotions.
30:0830 ans après
30:08le meurtre d'Angélique
30:09le FNAE
30:10contient les empreintes
30:11de 7 400 000 personnes
30:13soit plus de 10%
30:14de la population française.
30:16Des empreintes
30:17auxquelles s'ajoutent
30:18celles non identifiées
30:19de 500 à 600 000 traces
30:22relevées sur des scènes
30:23d'infraction.
30:24Ce fichier a permis
30:25l'élucidation
30:26de nombreux crimes
30:27mais il a aussi soulevé
30:28et continue à soulever
30:29de nombreuses questions.
30:31En juin 2017
30:32la Cour européenne
30:33des droits de l'homme
30:34a condamné la France
30:35pour atteinte disproportionnée
30:37à la vie privée
30:37insistant sur le manque
30:39de hiérarchie
30:39dans la gravité
30:40et la nature
30:41des infractions
30:42justifiant le fichage.
30:56Vous venez d'écouter
30:58Crime Story
30:58Angélique Dumesse
31:00Mystère dans la clairière
31:01de l'armistice.
31:02Ce récit était écrit
31:03par Claudia Prolongeau
31:04et raconté avec
31:05Damien Delsenie
31:06pour écouter
31:07tous nos autres podcasts
31:08c'est sur le site
31:08leparisien.fr
31:09et sur n'importe quelle
31:11plateforme d'écoute.
31:11Cette semaine
31:13il y avait à la production
31:14Thibault Lambert
31:15Barbara Gouy
31:16et Antoine Guéguin-Georget
31:17et à la réalisation
31:19Julien Moncouquiol
31:19Si vous aimez
31:21Crime Story
31:21vous pouvez vous abonner
31:22et nous laisser des commentaires
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31:26crimestory
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31:47Sous-titrage Société Radio-Canada

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