00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Et c'est Philippe Pasquet qui est avec moi, co-président de l'UNIMEF, l'Union Française des Métiers de
00:07l'Événement et conseiller stratégique pour JL Event.
00:10Merci d'être avec moi ce matin dans la matinale de l'économie.
00:14On va parler de votre secteur et de l'actualité, évidemment, qui a un impact sur notre économie.
00:19Les week-ends ont pris une teinte différente depuis trois semaines, des scènes de pillage, de saccage de commerce dans
00:25plusieurs grandes villes.
00:26Est-ce que ça a des conséquences directes sur votre activité, sur les événements que vous organisez ?
00:34Tout d'abord, il faut avoir à l'esprit que l'événementiel consiste d'abord à faire déplacer des gens,
00:40des personnes physiques, à les faire se rencontrer.
00:43Donc évidemment, nous sommes structurellement un secteur sensible à son environnement.
00:50Donc les troubles de ces dernières semaines que nous avons eus en France, évidemment, ont touché notre secteur, ont touché
00:59un certain nombre d'opérations, voire de sites.
01:02Je dirais d'abord de façon beaucoup plus marginale que les commerces, les restaurateurs, les hôtels,
01:09qui ont été beaucoup plus touchés que nous et avec lesquels nous sommes évidemment tout à fait solidaires.
01:16Et puis, je dirais, nos acteurs ont l'habitude, étant donné ce rapport à l'environnement, à être combatifs.
01:24Et donc finalement, à ce stade, notre secteur n'a pas été trop touché.
01:31Ce sont les foires, les congrès, les salons qui sont touchés et surtout, comment vous réagissez ?
01:36On reporte les événements, on les raccourcit, on s'adapte en termes de date.
01:41Comment vous faites ?
01:42Écoutez, au cours des deux dernières semaines, pour citer quelques exemples,
01:48il y avait à Paris-Nordville 20 le Cial, qui est un des leaders mondiaux dans le secteur de l
01:54'agroalimentaire.
01:56Le salon s'est tenu et s'est tenu jusqu'au bout, avec des résultats qu'on peut mesurer à
02:04ce stade tout à fait satisfaisants.
02:08On a beaucoup parlé de Art Basel, qui effectivement a pris la décision de ne pas réaliser ces deux derniers
02:16jours.
02:16C'est évidemment très dommageable dans un secteur de l'art contemporain qui n'est pas dans sa meilleure forme
02:23actuellement,
02:27mais c'est un exemple assez unique.
02:31Et inversement, nous avons eu le match de la NFL au stade de France,
02:37qui était une grande première, avec une présence très forte de visiteurs américains,
02:42dont on sait qu'ils sont particulièrement sensibles sur les questions de sécurité.
02:45Vous dites que votre secteur est touché à la marge et qu'évidemment, il a appris la souplesse.
02:51C'est un secteur qui reprenait et qui reprend des couleurs progressivement depuis les années Covid.
02:59Alors effectivement, c'est un secteur qui a montré une résilience extrêmement forte,
03:05puisque le fait que nous ayons été interdits,
03:09et que nos activités ont été interdites administrativement à l'époque du Covid.
03:15Nous avons eu, d'ailleurs à l'échelle mondiale, ce n'est pas une situation française,
03:21une chute d'environ 70% de notre chiffre d'affaires en 2020.
03:26Il faut mesurer ce que ça veut dire.
03:28Il y a peu de secteurs qui ont pu être touchés aussi soudainement à ce niveau-là.
03:32Et la pertinence de nos opérations, je dirais, dans une période qui va vers le numérique,
03:38le taux numérique, à l'évidence, la rencontre, les échanges face-to-face,
03:46comme disent les Américains, sont pertinents.
03:50Et nous avons retrouvé à peu près notre niveau d'avant-crise à la fin de l'année dernière.
03:56Donc en quelques années, nous avons réussi à effacer ce choc-là.
04:02Aujourd'hui, si on revient à votre question initiale,
04:06ce que je veux dire, c'est que le problème n'est pas tant,
04:08même si effectivement il y a eu des opérations touchées,
04:12et que nous attendons évidemment de la part des pouvoirs publics
04:16et que notre secteur soit pris en compte sur les conséquences des troubles passés,
04:22notre inquiétude, c'est le risque de double peine.
04:25C'est-à-dire que nous soyons touchés à l'avenir
04:29avec des dommages importants de cette situation sociale
04:37sur l'image et l'attractivité de la destination France,
04:42notamment à l'international.
04:43Comment réagissent de leur côté les entreprises ?
04:47Est-ce que leur budget lié aux événements a augmenté ?
04:51Est-ce qu'il a tendance à se contracter ?
04:54Et est-ce que la nature des événements a changé ces dernières années ?
04:59Alors oui, les produits continuent d'évoluer,
05:02mais je dirais l'intérêt pour, encore une fois,
05:05pour l'événementiel, dans le mix marketing des entreprises
05:11et gagne du terrain.
05:14Nous avons fait un sondage en fin d'année dernière
05:19pour mesurer les perspectives sur l'année 2026,
05:23et nous gagnons des parts de marché,
05:25et les entreprises déclaraient vouloir majoritairement
05:29augmenter leurs dépenses dans ce secteur-là.
05:32Donc, sur le plan économique,
05:34des événements économiques B2B, B2C,
05:39nous sommes plutôt sur une évolution favorable,
05:43et il n'y a qu'à voir les chiffres
05:46qui sont annoncés par les concerts d'une Céline Dion,
05:53où les manifestations sportives,
05:56le culturel, l'économique et le sportif
05:59est sur une tendance extrêmement positive
06:03depuis plusieurs années.
06:04Oui, il y a une vraie demande à ce niveau-là.
06:08J'ai lu que vous pointiez du doigt l'attentisme en France,
06:11évidemment vous pointez du doigt aussi ce climat actuel.
06:15De quoi ont besoin aujourd'hui pour finir les entreprises
06:17de l'événementiel, à six mois, évidemment, de la présidentielle ?
06:21Je dirais comme beaucoup d'autres entreprises de visibilité,
06:25mais c'est particulièrement prégnant
06:27sur le secteur de l'événementiel,
06:29puisque nous demandons aux acteurs,
06:32les événements se préparent longtemps à l'avance,
06:36alors ça dépend des formats,
06:37mais d'une manière générale,
06:40il y a des délais d'organisation,
06:43des délais de recrutement,
06:44que ce soit si on parle d'exposants,
06:46de visiteurs, de spectateurs, etc.
06:48Et donc la question de la confiance et de la visibilité
06:52sont des questions très prégnantes.
06:55On sait que les périodes préélectorales
06:57ne sont jamais très positives.
07:00On a une consommation qui n'est pas très porteuse.
07:04Je dirais que pour les mois qui viennent,
07:07même si nous avons fait une très belle année 2025,
07:10globalement, et un bon premier semestre,
07:13tiré notamment par les grands salons internationaux
07:15et un certain nombre de grands événements,
07:19les mois que nous avons devant nous
07:22risquent d'être dans un environnement
07:24qui est peu porteur.
07:25D'où l'importance pour l'ensemble,
07:28pour la profession et dans nos relations
07:30avec les pouvoirs publics,
07:31que nous prenions très au sérieux
07:33cette question d'image et d'attractivité
07:37de la Destination France.
07:38Nous avons fait un bond en avant
07:40grâce aux Jeux Olympiques Paris 2024
07:43qui ont montré tout le savoir-faire
07:46et la pertinence de nos opérations en France.
07:49Il ne faudrait pas que le 17 octobre
07:51soit une sorte d'anti-JO
07:53et nous fasse perdre tout ça.
07:57Donc on a un besoin urgent
07:59d'un retour à l'ordre dans les rues de France
08:03et d'un travail public-privé
08:06sur les mesures d'image et d'attractivité,
08:11notamment à l'international.
08:12Merci beaucoup Philippe Pasquet
08:13d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie,
08:15co-président de l'UNIMEF,
08:17l'Union française des métiers de l'événement
08:18et conseiller stratégique pour GL Event.
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