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  • il y a 7 minutes
Ce mercredi 28 octobre, réécoutez en podcast le replay du Monde qui bouge : le parti pris présentée par Annalisa Cappellini.

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Transcription
00:00Le parti pris d'Analisa Capellini ce matin. Aujourd'hui, Vladimir Poutine reçoit à Moscou les représentants de 48 pays
00:05africains.
00:06Annalisa, à l'agenda de ce sommet, un thème majeur, l'énergie, notamment le gaz. Pourquoi la Russie s'intéresse
00:12-t-elle autant au gaz africain ?
00:14Parce que la Russie a parfaitement compris que le continent africain va être l'un des grands gagnants de la
00:19crise énergétique provoquée par la guerre en Iran.
00:21Et elle a bien l'intention d'en profiter aussi.
00:23Il y a ce chiffre dont on a beaucoup parlé avant la guerre en Iran. 20% du gaz naturel
00:30liquifié échangé dans le monde passait par le détroit d'Hormuz.
00:34Et près de 90% de ses volumes étaient destinés à l'Asie.
00:38Donc avec la guerre, on comprend bien que ce sont les Asiatiques aujourd'hui qui ont le plus besoin de
00:43trouver du gaz qui ne passe pas par Hormuz.
00:46Et c'est là évidemment que l'Afrique a une carte très importante à jouer.
00:49Il y a énormément de pays en Afrique qui ont des ressources gazières à exploiter.
00:53Le Nigeria, l'Angola, le Mozambique, le Sénégal, tous ces pays peuvent exporter du gaz naturel liquifié, évidemment, sans passer
00:59par le détroit d'Hormuz.
01:01Et puis il y a une question de timing. Le timing est particulièrement favorable.
01:04C'est-à-dire que les pays asiatiques cherchent à diversifier leur fourniture de gaz pile au moment où plusieurs
01:10pays africains montent en puissance avec de nouvelles infrastructures gazières.
01:14C'est le cas par exemple en Mauritanie. La Mauritanie qui a commencé à exporter du GNL l'année dernière
01:19grâce à un nouveau projet offshore et qui peut désormais en vendre massivement aux Asiatiques.
01:24Au troisième trimestre de cette année, la Mauritanie a augmenté ses exportations de gaz de 16% sur un an.
01:30Et il faut regarder où est parti ce gaz en Chine et en Bangladesh puisque ces deux pays ont acheté
01:36la moitié du gaz exporté par la Mauritanie.
01:38Mais Annalisa, la Russie, elle n'a pas besoin d'acheter du gaz aux Africains. Alors qu'est-ce que
01:43Poutine leur propose ?
01:44Deux choses. Tout d'abord, tous les pays n'ont pas de ressources gazières. Donc la Russie propose de vendre
01:50son GNL aux pays africains qui en manquent.
01:52Il y a notamment un projet assez intéressant au Togo où les Russes sont en train de discuter de la
01:58création d'un corridor logistique qui permettrait d'acheminer du GNL russe jusqu'au port de Lomé pour ensuite approvisionner
02:05les pays du Sahel.
02:06Mais surtout, pour les pays en revanche qui ont du gaz, les Russes leur proposent de les aider à l
02:12'exploiter.
02:12Il y a un accompagnement de A à Z, si j'ose dire, avec l'exploration des gisements, avec la
02:18production, le traitement, le stockage, la construction des infrastructures.
02:22Et c'est sur ces sujets-là que les Russes ont de l'expertise et du savoir-faire.
02:27C'est notamment ce que Gazprom doit présenter pendant ce sommet Russie-Afrique aujourd'hui et demain.
02:33Mais les Russes veulent aller encore plus loin parce que pour exploiter ces gisements, il faut du savoir-faire, il
02:38faut de la technologie, mais il faut aussi beaucoup d'argent.
02:42Et justement, ce lundi, le ministre russe de l'énergie a proposé de créer une banque du gaz.
02:47On n'a pas encore tous les concours du projet, mais l'idée, ça serait de financer sur le long
02:51terme les infrastructures gazières, notamment en Afrique, et d'apporter une expertise technique et industrielle.
02:57On voit bien que pour les pays africains, l'offre est assez intéressante puisqu'ils ont les ressources et les
03:02Russes leur proposent l'expertise et les financements.
03:05Donc ces partenariats pourraient aussi être une bonne affaire pour les pays africains d'Alisa ?
03:08Oui, mais il ne faut pas oublier que les Russes, ils ont aussi énormément à gagner dans cette histoire.
03:14Tout d'abord, ils cherchent de nouveaux clients pour leur gaz, en sachant que leurs exportations par gazoduc ont baissé
03:19de 60% par rapport à leur niveau d'avant-guerre, guerre en Ukraine cette fois-ci.
03:23Et il y a aussi un enjeu d'influence politique, parce que si les Russes financent les gazoducs, les installations,
03:30le développement économique d'un pays ou d'une région dans ce cas-là,
03:33eh bien il y a une dépendance évidemment qui peut s'installer pendant des décennies.
03:37Alors attention, ça ne veut pas dire forcément que tous ces partenariats sont mauvais ou qu'ils seraient à éviter
03:42pour les Africains.
03:43D'ailleurs, on ne connaît pas encore les conditions exactement de tous ces projets,
03:47mais les Africains ont aujourd'hui une force conjoncturelle par rapport à la guerre en Iran, c'est-à-dire
03:51qu'ils ont beaucoup de gaz
03:52et qu'en ce moment, il est très convoité.
03:55Donc ils ont intérêt à faire jouer la concurrence, à négocier leurs accords
03:58et surtout à ne pas se laisser entraîner dans une dépendance face à un pays ou face à un autre.
04:03Merci beaucoup Annalisa Capilini.
04:04Chronique évidemment à retrouver sur notre appli, sur notre site et nos réseaux sociaux.
04:09Merci beaucoup.

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