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  • il y a 8 heures
Chaque soir, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On va accueillir à présent Edwige Diaz, sénatrice de Gironde, présidente du groupe RN au Sénat, Richard Ramos, député Modem
00:07du Loir-et-Venay.
00:07Messieurs, dames, vous installez Pierre Jouvet, député européen, Parti Socialiste.
00:11Merci Hélène Lecomte. A demain Hélène.
00:14Pierre Jouvet, Parti Socialiste, évidemment secrétaire générale du PS.
00:18Bonsoir à tous.
00:20Alors que les lycéens ont obtenu des réponses, ils maintiennent la mobilisation pour maintenir la pression sur le gouvernement.
00:28Prochaine étape de la contestation, ce sera samedi dans la rue.
00:31A quoi faut-il s'attendre ?
00:33Samedi dernier, ça s'est globalement bien passé, mais on a compris que du côté du gouvernement, on reste très
00:39vigilants.
00:40C'est le président qui le dit lui-même.
00:42Il faut maintenant préparer la suite et on reste à la fois humble et concentré.
00:47On sait que samedi prochain est encore un samedi à risque.
00:50On sait qu'il y a le 5 novembre une journée de mobilisation nationale, qui mobilise tous les syndicats.
00:58Et il y a encore les autres samedis.
00:59Pour autant, il n'est pas écrit qu'il y ait une chronique de chaque samedi qu'ils doivent reprendre.
01:03On continuera d'avoir des tracés de mobilisation déclarés, donc les tracés qui sont demandés par les syndicats représentatifs,
01:11qui se feront en dehors des centres-villes, pour que les manifestations se fassent dans le calme et s'en
01:16mettent en eau commerce à risque.
01:18On va parler dans un instant des enjeux de cette contestation de samedi, mais un mot quand même, Richard Ramos.
01:23Est-ce que le fait que le président de la République reprenne la main, parce que c'est clairement ce
01:27qu'il a fait ces dernières heures,
01:28n'est pas quand même un sacré désaveu pour son gouvernement et son ministre de l'Intérieur ?
01:33– Si le président n'avait pas repris la main, on aurait dit qu'il est aux abonnés absents.
01:38Donc quoi qu'il fasse, de toute façon, on voit bien que c'est compliqué, qu'on est dans un
01:42fin de mandat difficile.
01:44Et je pense qu'il était normal qu'il parle, et puis derrière, il est normal aussi que le Premier
01:50ministre exécute après toute la mise en œuvre.
01:54Mais s'il n'avait pas du tout pris la main, je pense que ça aurait été interprété comme quelqu
02:00'un qui ne s'occupe pas des Français.
02:02– Pourquoi il est allé à Marseille et pas à Lyon ?
02:04– Moi, je pense qu'il aurait dû… Je vois que vous êtes taquin ce soir.
02:09– Je ne suis pas taquin.
02:10– Mais d'abord, parce que vous savez…
02:14– Son amour pour Marseille.
02:15– Son amour pour Marseille, évidemment, je pense qu'il y a ça.
02:19Et puis bon, je pense que c'était sa volonté.
02:22Mais je pense que ce qui est important, c'est qu'il soit quand même présent,
02:25et que derrière, il laisse ce que je crois moi, le Premier ministre faire.
02:29Je crois que le président, aujourd'hui, c'est difficile.
02:33Je pense que cette fin de mandat sera difficile.
02:36Moi, je pense qu'il faut que ça aille jusqu'au bout, contrairement peut-être à Yves Tréhard.
02:39– Non, mais vous le dites régulièrement, M. Tréhard.
02:43Vous pensez qu'il faut qu'il mette face à son mandat.
02:45Et derrière, je pense qu'il y a aussi un tel désamour entre le président et les Français
02:51que je pense que c'est bien de laisser le Premier ministre à la manœuvre.
02:55Mais il devait être présent quand même.
02:57C'était quand même la moindre des choses.
02:58– C'est normal qu'il reprenne la main, Edwige Diaz, qu'il mouille le maillot ?
03:02– Disons que c'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de monde, en fait,
03:06pour soutenir la politique d'Emmanuel Macron.
03:09On voit même dans ce qu'on appelait avant sa majorité,
03:12ils sont tous en train de critiquer son action.
03:16Il n'y a plus du tout aucune solidarité au sein de ce gouvernement.
03:20Donc finalement, Emmanuel Macron est obligé d'assurer son propre service après-vente.
03:26Et il est obligé de revenir sur le devant de la scène
03:31pour donner l'impression qu'il tient encore quelque chose
03:34après que lui et le gouvernement aient dit qu'il avait été dépassé par les événements.
03:38Donc voilà, sincèrement, je ne vais pas tirer sur l'ambulance.
03:41Je pense qu'il n'y a plus aucun Français qui adore Emmanuel Macron aujourd'hui.
03:45Beaucoup souhaitent sa démission.
03:46En tout cas, je crois qu'il a une cote de popularité très très faible.
03:51Donc voilà, qu'est-ce que je voulais que je vous dise ?
03:53Il reste 200 jours et tant mieux.
03:55Pierre Jouvet, c'est le service minimum.
03:58Qu'est-ce que vous pensez, vous, du fait qu'il reprenne la main ?
04:01Il fallait le faire.
04:02Je veux dire, vous étiez les premiers, les uns et les autres dans l'opposition
04:05à monter au créneau pour parler de vacances du pouvoir après le 17 octobre.
04:09Là, il reprend les choses en main.
04:11C'est une bonne chose ?
04:12En tout cas, le 18 octobre, c'est-à-dire le lendemain de ce week-end apocalyptique
04:18qui a connu notre pays, le président de la République, avait essayé de s'adresser
04:21aux Français.
04:22Il leur avait parlé pour ne rien dire, pour ne rien annoncer.
04:26Et je pense que depuis, en réalité, il essaye de rattraper une situation que le gouvernement
04:31a laissé pourrir.
04:33On est dans une situation politique inflammable.
04:36Il l'a dit, il a admis, à coup sûr, un problème de tempo dans la réponse du gouvernement.
04:41Mais il aurait dit aussi, maintenant, je regarde devant, donc on avance.
04:45Oui, c'est bien de regarder devant parce qu'on est dans un moment, et ça a été dit
04:48par mes deux prédécesseurs, on est à 200 jours d'une élection présidentielle dans
04:53laquelle nous souhaitons tous que le débat politique puisse avoir lieu.
04:58Et moi, je ne souhaite pas qu'on prive les Français du grand débat politique que nous
05:01devons mettre en œuvre dans cette élection présidentielle.
05:05Les Français savent désormais parfaitement, et tout le monde le sait, qu'Emmanuel Macron
05:09ne sera plus là.
05:10Je crois que les Français en sont satisfaits, vu le niveau de faiblesse de code de popularité
05:15qu'il a.
05:16Et maintenant, son rôle, c'est d'essayer de tenir ce pour quoi il est là, c'est-à-dire
05:20être le garant de nos institutions.
05:22Il a quand même une...
05:23Attendez, il ne va pas être là simplement à dire, on va attendre que ça se passe.
05:28Il est président de la République.
05:29Bien sûr.
05:30Vous avez vu, pour reprendre une expression qu'aime bien Anne,
05:34le pays est en ébullition.
05:37Et ça n'est pas normal, dit-il.
05:39Donc il faut qu'il apporte des solutions, quand même, lui et son gouvernement, et qu'il
05:43est encore solidaire, sauf à preuve du contraire.
05:47Donc il y a quand même un rôle politique à jouer, avec des options politiques à se rendre,
05:51qui engagent les finances publiques, qui engagent ce pays, ne serait-ce qu'à l'étranger
05:57d'ailleurs, aussi.
05:58Donc on ne peut pas faire comme s'il était là.
06:01Comme si c'était anodin et qu'il était là pour faire de l'observation.
06:04Mais bien sûr.
06:05Le fait qu'il reprenne la main, qu'il annule un déplacement à l'étranger, qu'il se
06:08rende à Marseille, qu'il dise qu'on reçoit les lycéens, il y a un petit réveil quand même.
06:12Oui, mais il ne faut pas faire simplement du spectacle et du cinéma.
06:16Parce que vous savez, je pense que les Français en ont un peu ras la casquette de ce cinéma
06:20permanent.
06:20Non, faire un déplacement, c'est bien, parler, c'est bien, mais si c'est pour rien
06:26dire, ça ne sert pas à grand-chose.
06:27En réalité, mis à part exaspérer celles et ceux qui sont déjà très en colère, et
06:32le président de la République, Richard Ramos l'a dit, cristallise déjà contre lui
06:37beaucoup de colère, je pense qu'il vaut mieux une parole bien mesurée, avec des
06:42propositions très précises et très ciblées, plutôt qu'une espèce d'agitation
06:47communicationnelle qui ne servirait malheureusement pas à grand-chose.
06:50Rien dit, bon, il s'est livré à un mea culpa comme il ne l'avait pas fait depuis
06:54longtemps sur le 17 octobre.
06:55Ce qui est rare, en 10 ans, il faut le noter.
06:56Un mea culpa du président de la République, il faut noter que c'est rare, parce que
06:59depuis 10 ans, il n'a quand même jamais été capable de voir ce qu'il avait raté
07:04et d'assumer sa responsabilité de la situation politique dans laquelle est le pays.
07:09Parce que c'est bien sympathique de parler de pays en ébullition aujourd'hui, c'est
07:14pas comme s'il était président de la République depuis 10 ans, que les mobilisations
07:17avaient été nombreuses pendant ces deux quinquennats successifs et qu'il n'avait
07:21jamais été capable d'apporter de réponses politiques pour apaiser la situation.
07:25Vous êtes d'accord avec ça, Richard Ramos, sur le fait que peut-être ces derniers
07:29jours l'ont changé, sa capacité à se remettre en question ?
07:33Je crois que, vous savez, le président avait été marqué, vous savez, avec le puits
07:36envelé, et je pense qu'il avait été marqué dans ses chairs, et finalement, quand il
07:40a revu cette France qui brûlait, finalement, je pense qu'il se sentait une responsabilité
07:46d'intervenir.
07:47Moi, je pense qu'on a le bon Premier ministre au bon moment, c'est-à-dire que quelqu'un
07:52qui est capable d'apaiser, d'écouter, et que dans une fin de règne, j'ai envie
07:57de dire, de ces 10 ans-là, il faut que le président de la République soit le garant des
08:00institutions. Ce qu'il a été faire pour essayer de faire baisser le prix à la pompe
08:05en allant négocier du pétrole, c'est son rôle de président de la République. Mais
08:10je pense que, alors c'est son tempérament, il voudra certainement vouloir beaucoup intervenir.
08:16Moi, je peux me tromper, pardon, mais sans faire de grands scoupes, il me semble qu'il
08:20voulait, quand il est intervenu, on me dit qu'il voulait un couvre-feu total. Et on me dit
08:25que c'est le Premier ministre le dimanche qui lui a dit, ne fais pas ça. En fait, la
08:30problématique, ce n'est pas qu'on n'est pas capable de tenir le pays, c'est qu'il
08:33y a eu une mauvaise information. Et donc, ça veut dire que le Premier ministre et le
08:37Président se parlent. Le Premier ministre doit... Oui, mais vous savez, dans ces affaires-là,
08:42les histoires de la cinquième réplique entre le Président et le Premier ministre, c'est
08:45complexe. Dans ce moment-là, il se parle. Je pense que le Président de la République
08:49doit rester en surplomb. Et il faut que notre Premier ministre trouve des solutions
08:53pour aller... Vote du budget, qui est un budget réversible, qui permet d'aller jusqu'à...
08:59Oui, mais... Mais non, mais il y a samedi. Et pour le coup, il a dit ça, le Président,
09:02et je pense que c'est très important. Il dit qu'on redoute la manière dont ça va
09:06se passer samedi. D'ailleurs, il y a déjà des mesures qui vont être reprises pour éviter
09:10qu'on déborde. Est-ce qu'il est dans son rôle, là, Edwige Diaz ? Est-ce qu'il a
09:13raison de préparer les esprits lorsqu'il dit craindre la prochaine journée de mobilisation
09:17samedi ? C'est quand même assez effrayant d'entendre ça de la part d'un Président
09:22de la République. Il dit qu'on redoute. C'est un aveu de faiblesse qu'il est en train
09:27de nous faire. Ça veut dire plusieurs choses. Ça veut dire que peut-être qu'il estime...
09:31Vous ne la redoutez pas, vous, cette journée ?
09:33En fait, moi, je pense que cette journée, en tout cas les débordements de cette future
09:38journée sont évitables. Déjà en apportant des réponses à la colère sociale et ensuite
09:43en déployant les dispositifs nécessaires pour empêcher les casseurs de casser. Moi, je
09:47suis très attachée à la liberté de manifester. Mais à un moment donné, on ne manifeste
09:52pas pour le plaisir. On manifeste parce qu'on a des choses à revendiquer. Et donc là, en
09:56fait, qu'il fasse en plus l'amalgame entre les manifestants et les casseurs, je trouve
10:00ça très inquiétant. Et je voudrais quand même avoir une pensée pour les commerçants
10:06qui ont perdu leur outil de travail. J'ai entendu le Président de la République dire que samedi
10:10dernier, ça s'était bien passé. Moi, je suis sénatrice de Gironde. Et par exemple, à
10:14Bordeaux, samedi, ce sont encore une dizaine de commerces qui ont été
10:17cassées et pillées selon la scellée de Gironde.
10:20– Ça s'est même globalement mieux passé que la semaine dernière.
10:23– Oui, mais les dix personnes qui ont perdu leur commerce, je me mets à leur place et
10:28je ne pense pas qu'elles pensent que ça soit mieux passé que la semaine dernière.
10:30– Mais vous dites deux choses. Il faut répondre aux revendications. Il me semble qu'en
10:33l'occurrence, c'est ce qu'ils ont fait aujourd'hui avec les lycéens. Ils vous
10:35dites qu'il faut prendre des mesures pour encadrer les manifestations. Écoutez ce qu'il
10:38a dit, justement. Sur l'encadrement des manifestations samedi, il va y avoir quand même
10:41un sacré changement. – On ne lâche rien pour les événements à venir. On continuera
10:48d'avoir des tracés alternatifs pour les manifestations déclarées, pour protéger
10:51nos centres-villes. Et on continuera de tenir les positions pour que le calme demeure.
10:57Parce que c'est ce qu'on doit, parce que c'est ça la République. Et c'est la mission
11:00que chaque jour, vous faites avec fierté et engagement.
11:06– Plus de manifestations en centre-ville, ça fait partie des mesures prises par ce
11:10gouvernement. Bon sens ou liberticide, selon vous ?
11:14– Moi, je pense que ne pas être capable dans un grand pays comme la France, septième
11:19puissance mondiale, parce qu'on a toujours tendance à se dévaloriser, etc. On est quand
11:24même un grand pays. On n'est pas un pays qui est incapable d'organiser et de gérer
11:29des manifestations. – Vous savez ce que disait Valéry
11:31Giscard d'Estaing ? Ça lui avait coûté cher. Nous sommes une puissance moyenne.
11:36– Oui. Mais moi, je crois que nous sommes encore une grande puissance. Et que nous avons
11:39des forces de l'ordre qui, quand elles sont bien driveées avec des consignes claires,
11:45savent encadrer une manifestation. Qu'on a des syndicats dans ce pays, quand ils ont
11:50là aussi la possibilité d'être autour de la table, qui peuvent gérer des cortèges.
11:55C'est d'ailleurs ce qui s'est passé ce week-end. Je remarque au passage, permettez-moi
11:58de le signaler, que le président de la République, pendant les premières années de son quinquennat,
12:02avait voulu mettre de côté ce qu'on appelle les corps intermédiaires, c'est-à-dire les
12:06syndicats, c'est-à-dire les élus locaux. Et il s'aperçoit que malgré tout, à chaque
12:09fois qu'il y a une crise, ceux qui tiennent le pays, ce sont à la fois dans les manifestations
12:13pour l'organisation, les syndicats, et en cas de crise, les élus locaux, comme c'est
12:17le cas par exemple du maire de Marseille, qui s'est retrouvé bien seul le 17 octobre,
12:21et où on a vu toutes ces dégradations. – Du coup, je n'ai pas compris votre position.
12:24Est-ce qu'il faut protéger les centres-villes ou pas ? – Moi, je souhaite que les Françaises
12:27et les Français, parce qu'ils ont des difficultés et des revendications, puissent manifester.
12:32Je ne veux pas qu'on puisse, par des raisons invoquées, parce qu'on serait incapable
12:39de gérer l'ordre d'une manifestation dans ce pays, empêcher des manifestations
12:44ou faire peur sur des capacités de manifestation. Qu'il y ait des tracés qui soient bien organisés
12:49et bien montés avec les préfectures. C'est normal, c'est légitime. Moi, vous savez,
12:53je suis très clair sur le sujet. Vous avez des commerçants qui ont tout perdu
12:57dans les manifestations. – Ça fait 15 ans qu'il n'y a pas une manifestation
13:00qui se déroule normalement dans ce pays. – Non, pas autant que ça.
13:03– Ça a commencé avec la loi M. Khomri, pour laquelle il y a eu des violences,
13:07mais inouïes. Inouïes. Maintenant, à chaque fois qu'il y a un rassemblement dans ce pays,
13:12si c'est une équipe de foot qui gagne, si c'est une manifestation de contestation,
13:18ça part toujours, toujours, pardonnez-moi l'expression, en sucette.
13:22– Oui, mais parce que c'est là où je dis…
13:24– Et qui paye les pots cassés ? C'est un, les manifestants et les commerçants.
13:29– Les manifestants, les commerçants qui perdent tout, ceux qui perdent
13:32parce qu'il peut y avoir des voitures brûlées, les collectivités locales
13:35qui après doivent payer les dégâts. Tout le monde paye collectivement
13:38sur les manifestations. Mais c'est bien là où il y a un problème.
13:41Comment est-ce que c'est possible que dans ce pays, et vous avez raison de ne pas dire
13:44que les manifestations, on organise la finale de la Ligue des Champions
13:47dans ce pays, il y a des problèmes parce qu'on n'est pas capable
13:50de cadrer des manifestations.
13:51– Vous vous dites malgré tout, on doit pouvoir manifester partout,
13:55même avec des parcours qui sont encadrés.
13:59Là-dessus, Edwige Diaz, ce que je voudrais que vous discutiez aussi
14:02les uns avec les autres. Edwige Diaz, est-ce que vous pensez,
14:04comme Pierre Jouvet, qu'il faut laisser les gens manifester partout
14:08où ils le souhaitent, en encadrant le tracé ?
14:11Où est-ce qu'il faut préserver les centres-villes ?
14:13– En fait, au regard de l'intrusion systématique
14:17d'éléments perturbateurs dans les manifestations,
14:20je pense que la priorité, en effet, c'est de protéger
14:23les outils de travail de ceux qui se lèvent tôt tous les matins
14:27pour essayer de gagner leur vie.
14:29– C'est un constat d'échec ?
14:29– Si, absolument, c'est un constat d'échec.
14:33Mais en fait, je me dis que si j'étais à la place du gouvernement
14:36dans cette situation, dans une situation d'urgence,
14:39c'est-à-dire que le jour où nous, on arrivera au gouvernement,
14:42je pense que, je vous dis, on arrivera à éviter
14:44qu'il y ait ces manifestations parce qu'on apportera des solutions.
14:47Mais là, dans l'urgence, il faut protéger la France.
14:51– Donc, pour le coup, il a raison, il a raison là-dessus.
14:53– C'est un aveu d'échec, mais vous voyez, vous m'avez dit tout à l'heure
14:56que le gouvernement avait apporté des solutions.
14:59Alors, sur les lycéens, il y a un début de solution.
15:02– On va y aller, on va y aller sur la contestation, mais je voudrais qu'on reste…
15:04– Non, non, mais on va en parler.
15:05– On a tout le temps pour l'en parler, on a des raisons de manifester aujourd'hui.
15:12– Sur l'encadrement des manifestations et le fait qu'on dise plus de centre-ville,
15:16plus de manifestations dans les lieux emblématiques de la mobilisation.
15:19– Moi, je dis bien, à date, ça ne me choque pas qu'on dise plus de manifestations
15:22dans les centres-villes.
15:23Je pense que nos commerçants dans les centres-villes, c'est là où ils sont,
15:27ils ne peuvent plus absorber, c'est comme une éponge.
15:29C'est-à-dire que ceux qui ont été cassés,
15:32ils ne pourront pas être cassés une deuxième fois.
15:34On a déjà des assureurs qui commencent à ne plus vouloir les assurer.
15:38Donc, on ne pourra pas.
15:40– Donc, plus de manifabestie, plus de manifabestie, plus de manifabestie,
15:42plus de manifestation.
15:43– Peut-être que c'est que pendant un mois.
15:46Je pense que, en ce moment-là, à ce moment-là,
15:49moi, je ne suis pas choqué qu'on puisse trouver des parcours
15:52qui fassent en forte, qu'on protège nos centres-villes.
15:55Ils ne pourront pas, les commerçants.
15:57Aujourd'hui, la moitié d'entre eux que je connais,
16:00ils sont en train de chercher des assureurs.
16:02C'est-à-dire qu'on leur a dit, c'est la dernière fois que vous assurez.
16:04– Vous savez qu'au tournant des années 2000 en Allemagne,
16:06quand il y a eu les grandes manifestations
16:08et les grandes grèves pour les lois Hartz sur le travail,
16:12toutes ces manifestations avaient lieu sur les rings.
16:15Les rings, c'est les périphériques des villes.
16:18Et c'était des manifestations monstres.
16:20Et ça avait marché.
16:22– Dans la compréhension, là, je parle de l'élu rural que je suis,
16:25de la campagne, on ne mesure pas,
16:28on est encore à chaud de tout ce qui s'est passé,
16:29mais dans les villages où il y a 300 personnes
16:33auxquelles il n'y aura pas de manifestations,
16:34les gens ont été meurtris de voir la France comme ça.
16:37Les anciens, en regardant la télé, ils ont été meurtris.
16:40Et quand vous leur dites, est-ce qu'il faudrait protéger
16:42le centre-ville d'Orléans ou le centre-ville de Marseille, etc.,
16:46ça ne leur pose pas de problème pour faire une pause dans ces violences-là.
16:50Peut-être qu'il faudra réouvrir pour le droit, évidemment,
16:52à manifester où on veut, mais là, le pays ne peut plus supporter.
16:56– Mais quel message ça envoie à ces zones périphériques
17:01et les commerçants qui s'y trouvent ?
17:03– Ça envoie un message, et il faut prendre sa part,
17:06c'est-à-dire que toutes ces violences-là,
17:08quand vous avez 800 000 manifestants ou 600 000 manifestants,
17:12tous ceux qui viennent casser,
17:14c'est parce qu'ils arrivent à se noyer dans 600 000 manifestants.
17:17Et il faut à la fois répondre au malaise social,
17:20et en répondant au malaise social, c'est-à-dire avoir moins de colère dans la rue,
17:24qui permettra que derrière, l'extrême-gauche, les frères musulmans,
17:28les casseurs ne viennent pas s'agréger à ça.
17:31Et donc, il faut en même temps que ce qu'a réussi…
17:34Moi, vous savez, j'ai trouvé que le ministre de l'Intérieur
17:37avait été honnête homme face au Parlement quand il a reconnu ses torts.
17:41Je veux dire, c'est assez rare qu'on a un ministre qui vienne au banc,
17:43dans l'hémicycle, et qui dise « j'ai commis des erreurs ».
17:46C'est assez rare.
17:47Et ils ont commis des erreurs pas parce qu'on n'a pas les forces de l'ordre
17:50pour tenir le pays, parce qu'ils n'avaient pas les renseignements
17:54qui leur ont permis, pardon, de le faire.
17:56Aujourd'hui, on l'a, mais si on ne répond pas à la colère sociale,
18:01alors on aura des manifestations et on aura de la casse.
18:04Il faut d'abord répondre à la colère sociale,
18:06et ensuite, évidemment, faire de l'ordre face aux casseurs et aux pillages.
18:10– Sous-titrage FR –

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