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Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Et nous allons accueillir nos débatteurs.
00:02Guillaume Carayon, vice-président délégué de l'UDR.
00:04Laurent Marcangeli, président du groupe Horizon à l'Assemblée Nationale et député de Corse.
00:09Benjamin Lucas-Lundi, député écologiste et social des Yvelines.
00:12Et Victor Hérault de retour.
00:14Rebonsoir Victor.
00:15Bonsoir messieurs et Flora, merci. Vous revenez quand vous voulez.
00:18Je voudrais qu'on parle évidemment, qu'on revienne sur cette journée du 17 octobre.
00:23En commençant, une fois n'est pas coutume, par le risque sécuritaire.
00:26Ce que nous n'avons pas fait depuis le début de cette émission.
00:29Et notamment cet appel qui a été lancé par le président de la République.
00:33Écoutez.
00:34J'appelle au calme, au respect de ce qui accompagne le droit de manifester.
00:37Et je veux ici redire ma confiance évidemment dans le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur
00:41qui ont passé beaucoup de temps à préparer tout cela, en plus de tout ce qui s'est fait ces
00:45dernières semaines.
00:46Et aussi mon soutien aux forces de l'ordre.
00:48Parce que ce sont des moments qui sont très durs pour nos forces de l'ordre.
00:50Qui sont confrontés à une extrême violence.
00:53Et nul ne s'engage dans la police ou la gendarmerie pour subir des assauts.
00:57Comme ceux qu'ils ont subi par exemple il y a quelques jours de la part de gens qui ne
01:01connaissent que la violence et le désordre.
01:06Le président de la République, est-ce qu'il n'y a pas un mot qui manque quand même dans
01:09cette prise de parole du président ?
01:11Le mot lycéen par exemple, non ?
01:13Ça ne vous a pas choqué ?
01:14Ce n'est pas nouveau, ce n'est pas une surprise.
01:16M. Macron, à chaque fois qu'il a été confronté à un mouvement social d'ampleur, à une protestation quelconque,
01:20il est resté Jupiter.
01:24Isolé, ne connaissant pas, ne comprenant pas la société française, ses courants de pensée politique.
01:29On vit là une fin de règne qui montre l'échec de dix années de méconnaissance complète.
01:35Quel que soit d'ailleurs, avant même d'aborder la question du fond politique.
01:37M. Macron est arrivé en 2017 en prétendant tout balayer.
01:39Il n'y a plus de gauche, il n'y a plus de droite, il n'y a plus de
01:41clivage, etc.
01:42Il ne comprend pas, il ne connaît pas ce pays.
01:44Et donc notamment, effectivement, qu'il n'est pas un mot pour les lycées, un qu'on soit en train
01:47en ce moment même,
01:48au moment où on se parle, de débattre à l'Assemblée nationale d'un budget qui est un budget macroniste,
01:51qui reprend tous les poncifs macronistes, qui ne fait aucun effort pour aller chercher des recettes nouvelles,
01:56faire contribuer les ultra-riches par exemple pour soutenir l'école, la transition écologique, l'avenir de nos enfants,
02:01montre la déconnexion complète de M. Macron, il est vraiment temps qu'il s'en aille.
02:04Il ne comprend pas, il ne connaît pas ce pays, les mots sont forts.
02:08Est-ce que vous pourriez dire la même chose ?
02:10Naturellement non, je ne vais pas aller jusque-là, ce serait quand même particulièrement surprenant.
02:17Vous n'en êtes pas loin non plus.
02:18Même si vous le pensez un peu.
02:20Si on se dit vraiment la vérité, ce deuxième mandat est raté.
02:24Je suis membre d'un groupe qui a soutenu la réélection du président de la République en 2022.
02:30Alors tout ne s'explique pas par les échecs du président de la République,
02:33il ne faut pas non plus être acharné contre Emmanuel Macron,
02:36mais il y a eu un certain nombre de décisions qui ont été prises qui, je pense, n'étaient pas
02:41les bonnes.
02:42La meilleure d'entre elles ou la pire d'entre elles étant la dissolution du mois de juin 2024.
02:48Et c'est une fin de règne, comme le disait mon collègue.
02:50Et on a rarement vu, en règle générale, des fins de règne qui se déroulent dans de bonnes conditions dans
02:57notre cinquième République.
02:58Je crois que sur le côté fin de règne, vous serez assez d'accord.
03:00On va se concentrer sur le risque sécuritaire.
03:02Est-ce que ça marche de lancer un appel au calme lorsque son ministre de l'Intérieur dit cela quelques
03:06heures plus tôt ?
03:07Écoutez.
03:09La grenade assourdissante n'est jamais utilisée en maintien de l'ordre dans une manifestation quand les choses se passent
03:14bien.
03:14Dans un contexte extrêmement dégradé, s'il devait y avoir des affrontements, je ne veux pas croire que ce soit
03:18le cas,
03:19mais s'il devait y avoir des affrontements graves et lourds, tous les types d'armes intermédiaires peuvent être utilisés.
03:24Elle ne pouvait plus être utilisée.
03:25Elle l'est de nouveau, Guillaume Carayon, en vue de cette journée.
03:28Était-ce une sage décision ?
03:31Ce qui est clair, c'est qu'on a atteint, à cause de ce gouvernement, à cause de ce président
03:35de la République,
03:36un niveau de tension, un niveau de violence dans notre pays qui est inimaginable.
03:40Demain, évidemment, qu'il y aura de la casse.
03:41Évidemment qu'il y aura des dégradations.
03:43Évidemment qu'il y aura des millions d'euros de dégâts.
03:45Évidemment qu'il y aura des policiers, des gendarmes, des pompiers.
03:48Pour vous, c'est une certitude.
03:49On ne peut plus envisager que ça ne se produise pas.
03:53Depuis deux semaines, il y a eu plus de 800 policiers et gendarmes qui ont été blessés.
03:56Donc je n'imagine pas que dans une journée de mobilisation énorme, comme ça va être demain,
04:01une journée quasiment de convergence des luttes, parce qu'il n'y aura pas que des lycéens.
04:03Demain, il y aura des étudiants, il y aura le mouvement social.
04:06Il a dépassé le cadre simple des lycéens.
04:09Donc je pense qu'effectivement, oui, il y aura la casse demain.
04:11On a commencé la semaine avec un jeune collégien de 14 ans qui tirait sur un prof dans un établissement.
04:18La semaine d'avant, c'était des professeurs qui se faisaient asperger l'essence.
04:22Je ne sais pas si on se rend compte du climat de tension, du climat de violence qu'on a
04:26atteint aujourd'hui.
04:27Moi, je crois encore une fois que c'est à cause de ce gouvernement aussi.
04:30Ils ont trop laissé passer cette violence.
04:32Et on en arrive là aussi par les résultats de leur politique qui est catastrophique à bien nous.
04:36Il y a aussi eu des manifestants qui ont été blessés par ces armes en question.
04:40250 jeunes, oui.
04:41Oui, sur l'utilisation des grenades assourdissantes, est-ce que vous pensez qu'il est sage de laisser les forces
04:46de l'ordre les utiliser si ça dérape ?
04:48Ou il fallait maintenir cette interdiction ?
04:51C'est un sujet qui fait énormément réagir.
04:53C'est pour ça que je voulais revenir là-dessus avec vous.
04:55C'est criminel.
04:56Monsieur Nunez aura peut-être demain du sang sur les mains.
04:58Et Monsieur Macron avec lui.
04:59Les grenades en question, il y en a une qui a fait qu'un enfant a eu la main et
05:04l'avant-bras arraché il y a quelques jours à peine.
05:06Il l'a ramassé.
05:08Il l'a ramassé, ok, d'accord.
05:10Donc pour vous...
05:11Chose généralement à ne pas faire quand une grenade dégoupillée tombe à ses pieds.
05:14Je ne sais pas, moi on ne m'a jamais envoyé une grenade dessus, voyez-vous, je ne sais pas
05:17ce que je ferais.
05:17Peut-être que vous n'étiez pas au milieu d'une telle manifestation.
05:19Peut-être que je veux protéger les gens.
05:19Je me suis souvent retrouvé au milieu de manifestations, sans doute plus que vous, puis je serai demain notamment.
05:24Pardon, mais banaliser, banaliser de votre place comme ça, sur un plateau de télévision, tranquillement,
05:30banaliser le fait qu'un enfant ait perdu la main et l'avant-bras en disant
05:33finalement il l'a bien cherché, il l'a ramassé, c'est un objectif.
05:36Non mais contextualiser, c'est important.
05:37Je vais répondre à la question qui m'est posée.
05:39C'est banaliser de rappeler un fait, monsieur.
05:40Bien sûr, oui.
05:41Donc vous allez encourager les jeunes de continuer de ramasser des grenades.
05:43Je vais vous dire une chose.
05:45La seule chose à faire, à dire aux jeunes de cette manifestation, je préfère vous dire,
05:48c'est de ne pas ramasser des grenades, ça me paraît d'un bon sens absolument épaillé.
05:52Et la première chose à dire, c'est à monsieur Nunez de ne pas autoriser et de ne pas donner
05:55l'ordre qu'on en envoie,
05:56de ne pas donner l'ordre qu'on tire au LVD à bout portant et qu'on fracasse la mâchoire
06:00d'un jeune monsieur.
06:01Moi, je ne me résous pas parce que dans ce pays, sur ordre et sur injonction du ministre de l
06:04'Intérieur,
06:05on mutile des enfants parce que c'est de ça dont il s'agit.
06:08Et donc évidemment, puisque vous m'interpellez là-dessus, moi, je souhaite qu'il y ait du calme.
06:12La violence me répugne.
06:13Je ne la pratique pas, je ne la cautionne pas, je la condamne à chaque fois qu'elle est lieu.
06:16Mais comment est-ce que vous pensez qu'on rétablit le calme, monsieur, quand il y a des manifestations comme
06:20ça,
06:20si ce n'est pas par une utilisation d'une certaine répression ?
06:23Il y a une doctrine de maintien de l'ordre qui est appliquée.
06:25Vous savez qu'y compris quand votre père était président de la République,
06:28moi, j'ai manifesté, même quand il était ministre de l'Intérieur, j'ai manifesté contre le CPE.
06:31J'ai manifesté contre le CPE et ça me coûte de le dire parce que monsieur Sarkozy n'est vraiment
06:35pas ma tasse de thé.
06:37Et j'ai même contre lui beaucoup de grief.
06:39Mais on manifestait plus tranquillement quand monsieur Sarkozy était ministre de l'Intérieur
06:43que quand monsieur Cazeneuve est devenu ministre de l'Intérieur.
06:45Et moi, j'ai vu un changement dans la doctrine de maintien de l'ordre
06:47au moment où monsieur Hollande était au pouvoir, effectivement,
06:50au moment des manifestations contre la loi travail,
06:51où là, on a eu une forme d'agressivité policière, de violences qui se sont multipliées.
06:57Je ne crois pas que les manifestations sont devenues plus violentes sous monsieur Hollande.
07:00Vous avez quand même dit...
07:01Pardon, mais les mots, il faut faire attention aux mots.
07:03Vous avez quand même dit que les forces de l'ordre mutilaient les manifestants ?
07:07Ce sont des faits, pardon, un enfant...
07:08C'est donc une auto-mutilation volontaire.
07:10C'est une auto-mutilation.
07:11Laissez le répondre.
07:12Un enfant a perdu un oeil.
07:13Un autre a perdu sa mâchoire.
07:14Une jeune fille a été étranglée.
07:16Un autre a perdu la main et l'avant-bras.
07:18Si vous, ça ne vous suffit pas à dire que ce sont des mutilations qui ne devraient pas exister...
07:23C'est un acte volontaire, une mutilation.
07:25Oui, je considère que le policier n'a pas volontairement éborgné un lycéen.
07:30Des enquêtes diront, mais c'est sûr, c'est qu'il y a des ordres.
07:32Et qu'effectivement, à partir du moment où monsieur Nunez autorise à ce qu'on envoie des armes,
07:36des grenades, à ce qu'on envoie des armes de guerre sur des enfants,
07:38monsieur Nunez...
07:40Laurent Martin-Junier, vous n'avez pas entendu sur ce sujet ?
07:43D'abord, toute ma compassion pour ces enfants, ces jeunes qui ont été blessés.
07:49Mais néanmoins, je rappelle que des enquêtes IGPN,
07:53et l'IGPN n'a pas pour habitude d'être particulièrement tendre avec les policiers
07:57qui enfreignent les règlements et les procédures,
08:00doit être menée.
08:01Et la vérité sera faite sur ce sujet.
08:04Ce que je veux dire aussi, c'est que demain...
08:07Comment faire pour que ça se passe bien ?
08:08D'abord, demain, c'est une manifestation.
08:10Je rappelle quand même à ceux qui nous écoutent encore ce soir
08:14que c'est autorisé, il y a la possibilité de manifester dans ce pays,
08:18qu'avoir des revendications sociales, politiques,
08:21ça fait partie de l'esprit français.
08:24On est tous d'accord, je pense, quelles que soient les tendances poétiques
08:26dans lesquelles nous sommes, pour dire que nous sommes un peuple qui aime revendiquer.
08:29Donc vous y serez ?
08:30Oui, tout à fait, oui. Vous pouvez y compter, oui.
08:32J'ai pris la place au premier rang.
08:36Ceci étant dit, ce que je peux constater,
08:38ce que je peux constater, c'est qu'il y a des violences inacceptables
08:41qui se déroulent en marge et à l'intérieur de ces manifestations.
08:44Et qu'il y a des hommes et des femmes, souvent des hommes d'ailleurs,
08:46qui profitent de manifestations pour pouvoir, à un moment donné,
08:51être dans des guérillas urbaines.
08:52Ces gens-là, je vous le dis avec beaucoup de gravité,
08:56ne m'inspirent aucune forme de compassion.
08:57Et ces gens-là doivent être traités comme des délinquants,
09:01doivent être interpellés, et doivent être présentés devant la justice.
09:05Là-dessus ?
09:06Nous sommes d'accord que quand on a un acte d'électure,
09:08il doit être traduit dans la justice, c'est une évidence.
09:10Je trouve qu'il y a toujours cette conversation qui revient
09:13au moment de manifestations, et donc de débordements,
09:16parce qu'aujourd'hui en France, malheureusement,
09:17les deux termes sont parfaitement parallèles.
09:18Dès qu'il y a manifestations, dans la quasi-majorité des cas,
09:21il y a des débordements, et d'ailleurs je pense que ça vaut une conversation.
09:24– Ça ne va pas au stade des amis de votre ami Trump,
09:25qui ont envahi le Capitole quand même, M. Sarkozy ?
09:28Vous faites la propagande de M. Trump sur toute la télévision.
09:30– Si vous étiez un de mes lecteurs, ce que je ne vous soupçonne pas d'être,
09:34très clairement, vous auriez vu que peu de personnes ont critiqué
09:38le détestable assaut du Capitole, comme moi,
09:40moi qui suis un fan de l'histoire américaine bien plus que vous, clairement.
09:43Je peux vous dire que rarement, et j'étais aussi triste de l'histoire de mon deuxième pays,
09:47parce que je suis citoyen américain, j'ai été personnellement attaqué
09:49quand le siège de la démocratie américaine a été pris bien plus que vous.
09:52Et donc si vous étiez un de mes électeurs, vous l'auriez lu,
09:55mais ne vous inquiétez pas, vous avez vanté le mandat de mon père.
09:57– Mais sur la France.
09:58– Je ne vais surtout pas vous interrompre quand c'est le cas.
10:01Il y a toujours la même conversation qui est laquelle ?
10:03Qui est que dès qu'il y a un blessé, un dit, c'est la faute du policier,
10:08c'est la faute, bien évidemment, des violences,
10:10de la doctrine du ministre de l'Intérieur, de telle ou telle méthode.
10:12Et quand il y a des infiltrations, des millions d'euros de dommages,
10:17on dit, ce n'est pas les lycéens, ce n'est pas le mouvement social,
10:19c'est les black blocs.
10:20Mais on a cette conversation à chaque épisode de manifestation.
10:23Or, les chiffres du ministère de l'Intérieur montrent assez clairement
10:26que c'est la majorité des lycéens qui se font arrêter,
10:28qu'il y a un problème chez les lycéens.
10:30Contrairement à ce que vous dites, monsieur, pendant ces manifestations,
10:33un gamin de 16 ans peut être extrêmement dangereux.
10:34– Sauf qu'il y a un décalage, Louis Sartre dit.
10:35– Il peut complètement être l'État aussi.
10:37– Pardon, mais juste pour rétablir les faits.
10:38Attendez, il y a un décalage entre le nombre d'interpellations de garde à l'île
10:42et de conçue de judiciaire.
10:43– Je suis contre la peine de mort, j'ai vanté M. Barinter,
10:45cinq minutes avant que vous rentriez sur ce plateau.
10:47Ce n'est pas une question de justification de la mutilation.
10:50C'est une chose absolument simple.
10:52Dans des épisodes de violence, si vous me permettez de finir la phrase,
10:54dans des épisodes de violence, il faut une répression.
10:57Il faut une répression policière.
10:58Vous voulez maintenir l'ordre, vous condamnez la violence.
11:00Je vous en fais les sites.
11:01On condamne la violence et on maintient l'ordre
11:02quand on oppose à la manifestation violente
11:05de la violence qu'on appelait à l'époque, à une époque sensée,
11:07la violence légitime.
11:08La violence de la police, la violence du maintien de l'ordre.
11:11Les experts, monsieur, bien plus que vous, du maintien de l'ordre,
11:14qu'est-ce qu'ils commandent ?
11:14Qu'est-ce qu'ils suggèrent l'utilisation de ces grenades ?
11:17C'est les policiers qui y sont tous les jours
11:19et qui prennent des risques.
11:20Et ce n'est pas les députés sur les plateaux télé
11:22qui sont en train de nous dire
11:23« Non mais ça, je vais dire aux policiers,
11:24maintenez l'ordre, c'est bien, on condamne la violence. »
11:26Mais ça, vous n'avez pas le droit d'utiliser.
11:27Ça, c'est votre faute et vous m'utilisez des gamins.
11:29On va aller loin avec des discours comme ça.
11:31– S'il vous plaît, comment il faudrait faire
11:37rappeler que M. Sarkozy, il appelait à éradiquer
11:39la jeunesse des quartiers populaires au Karcher.
11:41Donc, ce n'était pas un temps.
11:42Et à cette époque-là, la police était régie
11:45par des règles déontologiques et des règles de maintien de l'ordre
11:47et d'intervention qui n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui.
11:49– Est-ce que le maintien de l'ordre n'a pas évolué
11:51parce que la manière de manifester a aussi évolué ?
11:54– Non, écoutez, je suis peut-être le seul sur ce plateau
11:58qui ait fait des manifestations.
11:59– Mais moi, je suis là pour poser les questions.
12:01– Moi aussi, j'ai manifesté.
12:02– Sans doute, mais je ne vais pas vous mettre en cause.
12:04Vous vous présentez, je ne vais pas livrer ici
12:05des éléments de votre passé que je ne connais pas par ailleurs.
12:07– Vous avez raison, vous avez raison.
12:08– Je ne me permettrai pas, je suis là parmi vos intervenants.
12:10Mais je signale simplement qu'il y a par ailleurs
12:14toujours eu dans toutes les manifestations
12:16des personnes mal intentionnées, violentes,
12:19qui infiltrent ces manifestations, mais de même qu'il y a…
12:22– Est-ce qu'il n'y en a pas d'avantage aujourd'hui ?
12:23– Par exemple, pardon, dans le monde politique,
12:26il y a des gens qui vont dire à la politique, tout se pourri,
12:27ce n'est pas parce qu'il y en a quelques-uns qui sont condamnés
12:28pour avoir détourné de l'argent, pour avoir reçu de l'argent
12:31de terroristes étrangers, qu'on va dire que tous les responsables politiques
12:34ne se corrompent plus.
12:37– Je n'amalgame pas des centaines de milliers de manifestants
12:41à quelques individus violents qui ne servent ni la cause
12:44qu'ils prétendent…
12:46– Est-ce que vous avez lu l'interview de Laurent Nunez
12:50dans Le Parisien aujourd'hui, qui au-delà des casseurs…
12:52– Je fais mieux que ça, je l'ai auditionné.
12:54– Est-ce que vous avez lu notamment ce moment où il dit
12:56qu'il y a un degré d'agressivité des jeunes envers les forces de l'ordre
13:00aujourd'hui qui est nouveau, qui est inédit, il se passe quelque chose ?
13:03Est-ce que forcément, du coup, ça n'entraîne pas une réponse différente ?
13:07– Non, mais c'est…
13:08– Ou c'est le serpent qui se mord la queue ?
13:10– D'un côté d'enfants et de jeunes, de l'autre de l'État et de la puissance publique.
13:13D'abord, je ne suis pas d'accord avec ces propos de M. le ministre de l'Intérieur.
13:15Moi, je me suis rendu dans ma circonscription, dans des quartiers populaires,
13:18dans des zones pavillonnaires, partout, dans des lycées qui étaient bloqués.
13:22Et j'ai vu, pour la plupart, des jeunes gens bien plus matures que je ne l'étais moi
13:28au moment des mobilisations contre le CPE en 2006, quand j'organisais…
13:31– Vous comprenez qu'on ne peut pas raisonner par anecdote, monsieur.
13:33Vous avez peut-être vu des manifestations tout à fait agréables, mais ce n'est pas le sujet.
13:36Le sujet, c'est qu'il y a un taux de violence record en France aujourd'hui.
13:38Le sujet, c'est que parmi les pays de l'OCDE, on a une récredition de la violence,
13:41pas plus que nos voisins.
13:42Le sujet, c'est qu'on a des épisodes de violence à chaque fois qu'on a des manifestations.
13:45– Et que vous, vous venez sur les plateaux et vous dites…
13:47– Je vous réponds vraiment pourquoi c'est la parole aux autres.
13:48– Je vous réponds vraiment pourquoi c'est la parole aux autres.
13:50– Et après, on fait tourner.
13:51– Ce n'est pas mon genre, le président Marc-Angeli qui me connaît, le sait bien.
13:55Mais vous le dites vous-même, vous considérez qu'il y a une hausse de la violence.
13:57Ça fait des années et des années et des années qu'on augmente la réponse pénale,
14:01qu'on augmente la réponse répressive et qu'on livre, y compris il y a quelques semaines,
14:05quelques mois, on votait à l'Assemblée nationale à parler de tuer pour les policiers
14:07en présumant la légitime défense des forces de l'ordre.
14:10Donc je ne comprends pas votre raisonnement.
14:12C'est-à-dire qu'on durcit constamment les lois pénales, les lois répressives,
14:16mais vous dites qu'il y a plus de violence.
14:17Donc c'est quelque chose qui nous contient.
14:18– C'est là où Guillaume Carayon n'est pas d'accord.
14:20– Je pense au contraire que la réponse pénale n'a jamais été aussi faible dans notre pays.
14:24– Bien évidemment.
14:25– Je connais un peu le système judiciaire, moi je suis avocat, c'est mon métier,
14:27je vois à quel point on manque de tout dans les tribunaux.
14:29On manque de magistrats, on manque de greffiers, on manque de 20, 25 000 places de prison
14:32et donc on n'arrive pas à faire exécuter les peines.
14:35Et parmi les casseurs que vous aurez demain,
14:37combien vont être interpellés puis libérés deux heures après.
14:39Et c'est ça qui cause aussi la frustration des policiers.
14:42Moi je ne crois pas une seconde que demain matin à 6h du matin,
14:44les policiers vont se réveiller en se disant je vais aller casser du jeûne.
14:47Ils ne se disent pas ça.
14:48Ils se disent au contraire je vais prendre des risques pour le maintien de ma vie,
14:51je vais peut-être pouvoir pour la dernière fois ma famille,
14:53parce que je vais prendre des risques,
14:54parce que des gens vont m'agresser pendant toute la journée.
14:56C'est ça aujourd'hui la réalité d'être policier dans ce pays.
14:59Donc la doctrine de maintien de l'ordre, on est là à se dire
15:00ah oui on est peut-être un peu plus répressif que nos voisins européens.
15:03Mais pourquoi ?
15:04Parce que la violence a atteint des records dans notre pays.
15:08Parce qu'il y a eu 10 000 interpellations depuis deux semaines.
15:11Ce n'est pas des interpellations arbitraires.
15:12Ce n'est pas que c'est que la violence, c'est que les interpellations.
15:14Parce que vous avez des incendies comme ce qu'on voit,
15:16comme l'image qu'on voit derrière vous,
15:17qui sont tous les jours dans notre pays.
15:18Oui mais alors les 10 000 interpellés ne sont pas tous ressortis
15:21avec des poursuites pénales.
15:23Ce qui laisse d'ailleurs dire qu'on a trop interpellés,
15:26trop placés en garde à vue pour interdire de manifester là-dessus.
15:29Pas forcément parce que...
15:30On n'arrive pas à traiter pénalement ceux qui sont interpellés.
15:32Et c'est là qu'il y a le débat sur la loi anti-casseurs.
15:34C'est que vous ne pouvez pas systématiquement faire le lien
15:36entre la personne que vous avez interpellée
15:38et le dégât, le dommage qui a été commis.
15:40C'est que vous dites, dans le groupe on interpelle des gens,
15:43mais une fois qu'on les a interpellés,
15:44est-ce qu'on est capable de démontrer que cet individu-là
15:46que j'ai interpellé a effectivement jeté le pavé
15:49ou a effectivement cassé la vitrine ?
15:51Et c'est donc le débat de la loi anti-casseurs
15:53qui, elle, voudrait apporter, si vous voulez,
15:55une responsabilité collective dans le cadre des meutes
15:58ou dans le cadre de manifestations qui déborderaient
15:59en disant que toute personne qui se trouvait dans la masse
16:02au moment où il y a eu un dommage commis
16:04est présumée coupable du dommage qui a été commis.
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