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  • il y a 8 minutes
Avec Daniel Scimeca, médecin généraliste
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##SUD_RADIO_ET_VOUS-2026-10-26##

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News
Transcription
00:01Le Petit Matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Glaze.
00:06Sud Radio et vous, et pour la première fois au monde, le virus Chamonda était détecté chez un humain.
00:10On l'a appris la semaine dernière, l'homme de 61 ans qui résidait dans l'Ain est décédé.
00:15Il était fortement immunodéprimé.
00:17Alors, quel est donc ce virus Chamonda et doit-il nous inquiéter ?
00:20On voit ça avec le docteur du Petit Matin de Sud Radio, le docteur Daniel Simeka. Bonjour.
00:26Bonjour Benjamin, bonjour à tous.
00:27Et merci d'être avec nous comme chaque lundi.
00:29Il reste encore très peu connu du grand public ce virus Chamonda.
00:33Qu'est-ce qu'on sait exactement aujourd'hui de ce virus, docteur ?
00:36C'est un virus qu'on ne connaissait pas en Europe et pas en France,
00:41qui était surtout en Asie, au Japon et puis en Afrique,
00:45et qui touche exclusivement les bovins de la famille des orthobinavirus.
00:51Et donc, c'est à l'été 2026, donc là de façon très récente,
00:57qu'on l'a vu apparaître, il touche les bovins.
01:02Le vecteur, c'est un moucheron-piqueur qui véhicule le virus.
01:07Et donc, c'est une grande première à la fois de l'avoir en Europe, en France,
01:12et surtout d'avoir touché un patient.
01:14Et donc, c'est a priori ce moucheron-piqueur qui a transmis ce virus à ce premier cas humain.
01:21Quels étaient ses symptômes ? Quels sont les symptômes qu'il doivent alerter dans ce cas-là ?
01:25C'est difficile à dire parce qu'on a un cas d'un patient qui était très immunodéprimé,
01:32qui avait des signes neurologiques, une atteinte du système nerveux central.
01:38Mais on ne peut rien conclure.
01:40Ce qu'on peut dire, c'est que chez les vaches, ça donne de la fièvre, de la diarrhée,
01:43une diminution de la lactation, de la production de lait, des avortements.
01:48Alors bon, transposer à l'homme, ça c'est très difficile.
01:51Et surtout, un patient très immunodéprimé qui attrape un virus,
01:56c'est assez malheureusement facile que ça soit létal, sans qu'il y ait vraiment de signes bien définis.
02:02Donc, impossible à dire finalement si ce virus est particulièrement mortel ou pas,
02:08s'il a un fort taux de létalité.
02:10On ne peut pas en déduire cela avec ce premier cas qui a été détecté.
02:15Non, et puis surtout, il faut quand même rester très prudent,
02:18parce que maintenant, on étiquette très très facilement,
02:22évidemment la virologie a fait d'énormes progrès,
02:24donc on détecte plein de choses, ça ne veut pas forcément...
02:27Et c'est bien, c'est bien qu'on allume des alertes,
02:29mais elles ne sont pas forcément alarmantes.
02:33Pour l'instant, évidemment, il n'y a surtout pas le gros chiffon rouge
02:39qui serait la transmission inter-humaine.
02:41On en est vraiment à des années-lumière de ça, pour l'instant.
02:44Bon, en tout cas, ce virus Chamonda, c'est une zoonose comme le Covid.
02:48Est-ce que d'autres virus comme ça pourraient passer ainsi de l'animal à l'humain ?
02:53Il y en a plein.
02:54On peut citer le Covid, bien sûr, mais la grippe aussi.
02:57Il y a beaucoup de...
02:58À peu près entre 50 et 60% des maladies infectieuses humaines
03:03viennent des animaux.
03:05Donc, oui, c'est un danger permanent.
03:08Et les modifications qu'on fait, un peu brutales à notre environnement,
03:13c'est vraiment jouer avec le feu, parce que on est...
03:18Je crois que les vétérinaires nous alertent régulièrement.
03:22Les vétérinaires, ils sont plus intelligents que les médecins dans ces domaines-là,
03:26parce qu'ils ne soignent pas une seule bestiole, mais ils les soignent toutes.
03:29Alors que nous, on soigne uniquement l'animal humain.
03:32Et quand on les écoute, c'est assez effrayant sur le risque de passage d'autres zoonoses, effectivement.
03:38C'est le concept One Health, docteur, une santé.
03:42C'est-à-dire que, finalement, pour surveiller les maladies humaines,
03:47en tout cas, il faut d'abord surveiller les maladies animales, quoi.
03:51Absolument.
03:52Tous les êtres vivants, ça veut dire évidemment les animaux,
03:55mais aussi les végétaux, les champignons.
03:58Tous les êtres vivants, toute la biosphère.
04:00Nous sommes solidaires et interconnectés.
04:03Donc, le concept de One Health, une seule santé,
04:06mais bon, c'est connu internationalement sous le terme One Health,
04:09il faut soigner la planète de façon globale,
04:11si on veut pouvoir protéger l'humain.
04:13Ça veut dire, d'une certaine manière, que les médecins et les vétérinaires
04:16auraient tout intérêt à travailler davantage ensemble ?
04:20Oui. Alors, au niveau de la recherche, au niveau fondamental,
04:23ils le font déjà.
04:25Ils le font déjà.
04:27Et donc, y compris avec l'agriculture,
04:31parce que c'est très important.
04:32Parce que, rappelons quand même que
04:36la majeure partie des 60% de la consommation d'antibiotiques sur cette planète
04:41n'est pas faite pour les humains, mais pour les animaux.
04:45Ça laisse songeur sur le plan de ces interconnexions.
04:49Merci, c'était passionnant.
04:50Merci, docteur Daniel Simeka.
04:51Je vous souhaite une belle semaine.
04:53On se retrouve lundi prochain.
04:54D'ici là, 6h55, dans un instant, le Grand Matin de Sud Radio.
04:58On retrouve Jacques Cardoz.
04:59A tout de suite.
04:59Sous-titrage Société Radio-Canada

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