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00:00Bonsoir Manuel Valls.
00:01Bonsoir Sonia Mabrouk.
00:02Merci d'être avec nous et avec François-Olivier Gisbert,
00:06ancien Premier ministre, ministre de l'Intérieur également.
00:10Comment est-ce qu'on en est arrivé là, M. Valls ?
00:12Comment dans notre pays, la sécurité et l'État peuvent à ce point,
00:15ça fait mal de poser cette question,
00:17plier face à des destructeurs et des pilleurs ?
00:20Nous avons eu le...
00:22Pas le sentiment, nous avons vécu une forme d'effondrement.
00:26Un effondrement, j'espère provisoire.
00:29momentané de l'État.
00:32C'est le sentiment que je partage avec à la fois beaucoup de tristesse
00:37et de colère, mais que partagent surtout l'ensemble de nos compatriotes.
00:42D'abord, il y a eu, ça a été dit, répété, y compris assumé par le gouvernement,
00:48il y a eu des failles, des failles en termes d'organisation,
00:52de prévision, d'anticipation du maintien de l'ordre.
00:56Alors, je vois en tout cas que cela est en train de changer
00:59et qu'on est en train de préparer les prochains rendez-vous,
01:03notamment celui de samedi prochain, avec la volonté de mettre le paquet...
01:09Mais qui a failli ? Vous avez été au cœur de la machine, Place Beauvau.
01:12D'assumer les responsabilités.
01:13J'ai entendu quand même, à un moment, une critique sur nos renseignements.
01:16Nos renseignements, quand même, qui nous ont prémunis,
01:20qui nous ont protégés de plusieurs attentats.
01:22Oui, mais ce sont des boucs émissaires, personne n'y croit.
01:24Oui, moi, je n'ai pas apprécié, je n'ai pas aimé...
01:26Personne n'y croit.
01:27Je n'ai pas aimé, je n'ai pas apprécié que, notamment le Président de la République,
01:30dans son allocution de dimanche,
01:34jette en pâture le renseignement territorial.
01:36Ce n'est pas tout à fait le même type de renseignements.
01:41C'est l'ensemble d'un dispositif d'un aveuglement.
01:46Vous savez, quand...
01:46C'est difficile de gouverner.
01:48Moi, je ne suis pas là pour donner des leçons.
01:52Vous dites quand même clairement sur Emmanuel Macron qu'il y a une faillite.
01:55Oui, mais c'est parce qu'il y a un triple déficit aujourd'hui
01:59qui prend à la gorge le pays
02:00et qui, d'une façon, est en train de converger d'une manière étonnante.
02:05D'abord, il y a le déficit public, massif,
02:08qui empêche de donner des réponses concrètes aux Français
02:12en termes de pouvoir d'achat ou aux attentes des lycéens.
02:16Il y a un déficit, malgré tout, de dialogue social.
02:19Vous avez évoqué tout à l'heure la loi El Khomri.
02:22Ça a été difficile.
02:23Il y a eu des violences.
02:24Mais les syndicats réformistes, la CFDT, l'UNSA, la CFTC,
02:29soutenaient la loi que nous portions avec Myriam El Khomri.
02:32Et grâce à ça, il y a eu des emplois.
02:34Au début du premier quinquennat de Emmanuel Macron.
02:39On est loin de cette situation.
02:40Il y a un déficit politique et démocratique.
02:45C'est-à-dire qu'on a déstabilisé le pays avec la dissolution.
02:52C'est quoi la France ?
02:54C'est mille choses.
02:55On parlait très bien.
02:55Ce fut un grand pays ?
02:56Mais ça l'est toujours.
02:57Ça l'est toujours avec un État qui tient ?
02:59Mais c'est un État qui crée la nation.
03:02C'est un État puissant qui est incarné.
03:05Quand l'État se désagrège après les réformes qui ont percuté les préfets,
03:11la mise en cause de l'ENA.
03:14Quel rapport avec les pilleurs, les casseurs, ceux qui ont brûlé la mairie du Meuf ?
03:19C'est-à-dire qu'une certaine conception de l'État, d'une certaine verticalité,
03:22et que cet État est mis en cause parce qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée
03:27nationale,
03:27parce qu'il y a des déficits qui grèvent l'avenir,
03:30parce qu'il y a un déficit de dialogue social,
03:32parce que le Président de la République pense que lui tout seul, il peut tout faire.
03:36Ce n'est pas normal que le Président de la République, dimanche,
03:39mette en cause les services de renseignement,
03:40que depuis le Qatar ou l'Arabie Saoudite, il annonce une réunion sur le renseignement.
03:45Ce n'est pas son rôle.
03:46Quand j'étais ministre de l'Intérieur, ou quand Bernard Cazeneuve l'était,
03:49le Président de la République, François Hollande,
03:53respectait les compétences et les prérogatives.
03:55Il n'y avait pas des injonctions contradictoires sur ce sujet fondamental
03:59qui est la sécurité des Français.
04:00Je vous l'assure, contrairement à ce que j'ai entendu tout à l'heure,
04:03comme chef du gouvernement ou comme ministre de l'Intérieur,
04:06je n'ai jamais eu le sentiment, malgré la violence des attaques terroristes,
04:11malgré une économie qui n'allait pas bien,
04:13malgré les frondeurs, et je mélange tout cela,
04:15pour vous dire que la situation n'était pas facile,
04:16je n'ai jamais eu le sentiment de perdre le contrôle de l'État.
04:19– Même après les terribles attentats, vous n'avez pas l'impression
04:22que tout avait lâché, cédé, effondré ?
04:24– Non, on ne lâchait pas, c'était difficile.
04:26Je n'ai jamais eu le sentiment, au contraire,
04:28comme ministre de l'Intérieur, j'avais le sentiment profond
04:30que les préfets, que les forces de sécurité intérieure,
04:33que les services de renseignement,
04:35tenaient bon, malgré la violence de l'attaque
04:37que nous étions en train de subir.
04:39– Vous avez dit quelque chose de très juste
04:41sur l'absence de délégation.
04:44C'est assez très fapant, sous Emmanuel Macron.
04:47On a le sentiment que chaque personnage est un…
04:51Comment dire ?
04:52Bon, d'ailleurs, ce sont très souvent des zombies
04:54ou des gens sans grande personnalité.
04:56Ils sont utilisés, et puis ils sont jetés,
04:58et de toute façon, il faut qu'ils soient aux ordres.
05:00– D'ailleurs, on disait à propos de Laurent Nunez,
05:02tout le monde sait que c'est un super technicien,
05:04le seul reproche peut-être qui pourra lui être fait,
05:06si jamais il y a une enquête parlementaire
05:07qui arrive au bout des choses,
05:09il a sans doute un peu trop écouté le président,
05:11qui lui a dit « calme, calme »,
05:12comme il l'avait dit d'ailleurs publiquement en français,
05:14puisqu'il avait dit que les policiers manquaient d'empathie,
05:16donc il fallait surtout calmer, calmer.
05:18C'est pas comme ça que ça se fait.
05:19C'est-à-dire, c'est vrai que les manifestations,
05:22vous le savez très bien, il faut de la dissuasion.
05:24Mais je veux dire, c'est…
05:25– Il faut de la dissuasion, oui, bien sûr,
05:27il faut de la masse, il faut impressionner.
05:28– On peut poser la question à M. Valle,
05:30jusqu'où la dissuasion ?
05:32Est-ce que vous, à l'intérieur…
05:33– Mais la dissuasion, c'est la présence,
05:34on le voit très bien,
05:35on a un spécialiste du maintien de l'ordre ici,
05:37je ne vais pas…
05:38– Je ne suis pas un spécialiste,
05:39non, précis, y compris le ministre…
05:40– Vous avez été longtemps ministre de l'intérieur,
05:42– Non, mais y compris le ministre de l'intérieur…
05:43– Vous savez qu'il faut la masse, c'est très important.
05:45– Oui, mais il doit aussi laisser les hommes,
05:48les femmes qui commandent les forces de sécurité,
05:51ce sont des professionnels, il doit avoir des consignes,
05:54il doit avoir des objectifs clairs.
05:56Je me rappelle toujours,
05:57quand je suis rentré dans la première fois,
05:59dans mon bureau comme ministre de l'intérieur,
06:01mon directeur de cabinet, un grand préfet,
06:04m'a dit, M. le ministre,
06:05le plus difficile, le plus difficile pour un ministre de l'intérieur,
06:08c'est le maintien de l'ordre,
06:09et notamment quand il y a des étudiants et des lycéens dans la rue.
06:12– Manuel Valls.
06:12– Donc ça nécessite, évidemment,
06:15beaucoup d'intelligence, beaucoup de doigté,
06:17– Je peux vous livrer un sentiment personnel, c'est très rare,
06:19mais quand j'ai entendu le ministre de l'intérieur dire
06:22qu'à un moment, l'État, les institutions ont lâché,
06:25je ne sais pas, c'est vertigineux pour les citoyens.
06:28– On l'avait vu quand même.
06:30– Je suis d'accord, mais le dire, ça veut dire que demain, on est…
06:33– Quand je parle d'effondrement,
06:35c'est exactement ce même sentiment,
06:38c'est-à-dire, au fond, encore une fois,
06:40nous sommes frappés par une multiplicité de crises,
06:44mais malgré toutes ces crises,
06:45il y a quelque chose qui nous est reconnu,
06:48ou que nous était reconnu,
06:49ce que vous parliez au passé, par nos voisins,
06:52c'est la capacité de l'État à tenir.
06:55Si cet État, à un moment, faillit,
06:58donne le sentiment de baisser les bras,
07:01donne le sentiment que la rue est aux mains des violents,
07:04alors que pourtant, il y avait aussi beaucoup de manifestants pacifiques,
07:08il y avait entre 500 000 et 800 000 personnes,
07:10ils expriment des angoisses sur le pouvoir d'achat et sur la NIR,
07:13il faut évidemment prendre en compte,
07:15mais là encore, le discours du président de la République dimanche dernier,
07:19il aurait dû être prononcé quelques semaines auparavant.
07:21– Donc vous êtes devenu son premier opposant,
07:24c'est la faute à Emmanuel Macron.
07:25– Non, je…
07:26– Je caricature, d'ailleurs, il vous a répondu,
07:29la question lui a été posée sur deux anciens premiers ministres,
07:32vous et Édouard Philippe,
07:33il a dit que ce sont des commentateurs.
07:34– Oui, mais le problème, c'est que lui,
07:36il est le chef de l'État qui commentait dimanche,
07:39et qui ne l'agissait pas.
07:40– Non, moi, écoutez, je sais que le maintien de l'ordre est difficile,
07:48et d'ailleurs, vous en parlez sur l'antenne aussi.
07:51– Mais vous diriez faillite de l'État ?
07:53– Mais là, il y a eu…
07:54– Ceux qui nous regardent veulent comprendre.
07:56– Il y a eu un effondrement,
07:59et cet effondrement donne ce sentiment d'une faillite de l'État.
08:03Mais comme les policiers et les gendarmes sont des gens remarquables,
08:06comme il y a encore un encadrement,
08:08comme il y a encore des préfets…
08:09– Mais dites-moi, dans un grand pays comme la France,
08:10généralement, quand ça se passe, il y a des démissions ?
08:12Il y a des responsabilités, M. Valls ?
08:14– Je vais vous répondre là-dessus.
08:16La seule chose que j'espère, et je crois que ça sera fait,
08:20c'est qu'il y ait, d'une certaine manière, un sursaut,
08:24et que ce sursaut, il ait lieu dès cette semaine.
08:27– Vous l'avez vu, le sursaut ?
08:28– Non, mais le sursaut, c'était la capacité à empêcher…
08:32– Peut-être l'état d'urgence, vous, vous l'aviez déclenché
08:34après les attentats du Bataclan ?
08:35– Moi, je pense, je vous réponds.
08:37D'abord, sur la démission, vous savez, quand on ne démissionne pas
08:41après les émeutes qu'il y a eu en Nouvelle-Calédonie,
08:43avec 14 morts, plus personne ne démissionne après.
08:46– Oui.
08:49– Voilà.
08:51Là, est-ce qu'il fallait démissionner ?
08:52Il faut une continuité.
08:54Il faut une continuité.
08:55Mais on ne démissionne pas beaucoup en France.
08:57Je vous l'accorde.
08:59Il y a eu 14 morts.
09:00Alors, c'était peut-être à 8 000 kilomètres.
09:03– Non, évidemment.
09:03– Il y a eu 14 morts, dont deux gendars.
09:06Personne n'a démissionné.
09:07Et ça a été une vraie faillite du président de la République
09:09sur le dossier calédonien, que j'ai essayé de reprendre après.
09:12Et vous savez que je n'ai pas pu le mener jusqu'au bout.
09:14La faute à qui ?
09:15Bon.
09:15Donc, sur ces questions-là, l'histoire repassera.
09:20Mais moi, j'espère tout simplement que, grâce aux professionnels
09:23des forces de sécurité, la question du maintien de l'ordre
09:27et de la protection de ceux qui manifestent,
09:29comme de ceux qui vivent et travaillent dans ces quartiers
09:33– Qui étaient vraiment ces casseurs, ces pilleurs, ces fauteurs de troupes,
09:36ces destructeurs ?
09:36La porte-parole du gouvernement, hier, à votre place,
09:38elle a dit cette phrase déclenchant, tollé à gauche,
09:42des factieux et des racailles.
09:44– Bon, c'est assez bien résumé.
09:46Des factieux, c'est-à-dire l'ultra-gauche, elle est là, c'est 5 000 personnes,
09:52ils agrègent parfois du monde, ils ont leur liaison européenne, internationale,
09:58on les retrouve partout, des black blocs français, italien, allemand, espagnol, belge ou hollandais,
10:03donc on les connaît, ils arrivent à l'agrégé du monde,
10:06ils sont sur des réseaux sociaux extrêmement protégés.
10:10Il y a aussi une partie de gens qui peuvent se laisser entraîner,
10:14et puis vous avez les voix, appelez-le, moi je ne participe pas trop de ce vocabulaire,
10:17mais bon, racailles, on sait d'où ça vient, voyous, pilleurs, oui, bien évidemment,
10:25et dont les profils d'ailleurs, en tout cas ceux qui se font attraper…
10:28– On lui a reproché de parler comme le Rassemblement National.
10:30– Oui, comme Nicolas Sarkozy, en l'occurrence,
10:34si le débat devient sur le vocabulaire, c'est qu'on a perdu le sens…
10:40de l'intérêt, je pense que les Français, dans leurs conversations,
10:43savent comment les dénommer, mais la violence,
10:46une espèce de joie, non, à voler, à se mettre en scène,
10:52que ce soit sur TikTok, il y a des dizaines, des centaines de gens,
10:59– Avec des brappos étrangers aussi, ça vous a interpellé ?
11:00– J'ai remonté le boulevard Sébastopol l'autre jour,
11:03ce n'était pas les boutiques de luxe,
11:07l'attaque est insupportable, mais c'était des commerces…
11:11– Avec des drapeaux étrangers aussi, ça vous surprend ?
11:14– Ça, ça n'est pas suffisamment dit, c'est-à-dire qu'un peu partout en Europe,
11:18c'est le cas d'ailleurs à Milan aussi, je l'ai remarqué,
11:20c'est-à-dire que vous avez le keffier et le drapeau palestinien,
11:24rien à voir avec la cause des Palestiniens,
11:27tout ça est utilisé par une partie de l'ultra-gauche aujourd'hui,
11:31comme un élément de toutes les luttes, des minorités, des luttes du genre…
11:36– C'est le vrai catalyseur de la conjonction des luttes ?
11:39– Ça peut être aussi un catalyseur, c'est insupportable,
11:43et d'ailleurs c'est à relier avec les déclarations infamantes
11:46de Jean-Luc Mélenchon, à propos du procès de Rima Hassan…
11:51– C'est Netanyahou ?
11:52– Repartant grosso modo, c'est Netanyahou et c'est Israël !
11:55– C'est les Juifs, c'est les Juifs !
11:55– Et donc là derrière ça, il est habile,
11:58il y a quelque chose qui se passe dans ce pays,
12:01et je crois que c'était François-Olivier Gisbert
12:02qui le disait sur le plateau tout à l'heure,
12:04vous voyez bien qu'en plus ça prend,
12:05il y a une partie de la population qui est prêt à accepter
12:08une forme de violence, une justification,
12:11et ce qui est en train de se passer, et lui ça lui sert.
12:14– Et le discours antisémite, il est passé crème.
12:16C'est-à-dire, c'est Netanyahou, l'histoire de Rima Hassan,
12:19sa déclaration qui est quand même incroyable.
12:22– Oui, mais parce que j'ai l'impression que
12:24quand on traîne des propos antisémites aujourd'hui ou hier,
12:28ça ne fait pas beaucoup de mal, et au fond ça se généralise.
12:30– Manuel Valls, il faut qu'on interroge toutes les responsabilités.
12:32– À l'extrême droite comme à l'extrême gauche.
12:34– Est-ce qu'il y a des décennies de lâchetés ?
12:36Est-ce qu'il y a des décennies de politiques qui ont failli ?
12:38Que ce soit la politique d'autorité, politique migratoire,
12:41dit une partie de la classe politique,
12:43est-ce que vous assumez aussi, non pas pour ici,
12:45trouver des boucs émissaires,
12:47mais aussi des faillites qu'on paye aujourd'hui très cher
12:49en monnaie sonnante et trébuchante ?
12:51– Prenons deux exemples, l'un je vais l'assumer
12:53et l'autre je vais me livrer à une critique.
12:55Il n'y a pas de problème, la première c'est en matière de sécurité.
12:58Quand nous sommes arrivés au pouvoir en 2012,
12:59nous avons rétabli des postes, pas suffisamment sans doute,
13:02de policiers, de gendarmes et magistrats,
13:04qui avaient été mis en cause par ce qu'on appelle la RGPP,
13:07la revue des politiques publiques,
13:08par Nicolas Sarkozy, qui pourtant,
13:09qui était en train de défaire ce qu'il avait fait comme ministre de l'Intérieur.
13:12J'ai rétabli le renseignement territorial
13:15qui avait été mis en cause avec la fin des RG.
13:18Et quand j'étais ministre de l'Intérieur,
13:20il y avait quelques discussions à gauche me concernant,
13:23je n'étais pas un mou,
13:25j'incarnais, c'est ainsi, c'est ce qu'avait voulu François Hollande,
13:29l'autorité, et ça a été vrai aussi pour Bernard Ketner.
13:31– Ça c'est pour le bon point, le verre à moitié plein.
13:33– Et ensuite, oui, il y a bien évidemment,
13:36mais il ne faut pas aller trop vite,
13:39bien évidemment qu'il y a eu, il y a un échec en partie,
13:42en partie de l'intégration, de l'assimilation,
13:46du rapport à la France, du rapport à la nation.
13:49– M. Vache, Marine Le Pen n'a même plus besoin de faire campagne.
13:51– Bien évidemment.
13:52– Vous ne pensez pas, avec de telles images ?
13:54– L'élection présidentielle, c'est au mois d'avril et au mois de mai prochains.
13:58– Vous ne pensez pas qu'elle est parfois presque déjà gagnée ?
14:02– Oui, mais ceux qui sont déjà élus au mois de novembre,
14:05au mois de décembre et au mois de janvier, ne le sont pas.
14:08Mais pardon, bien évidemment, c'est les violences, le discours de…
14:14Mais Jean-Luc Mélenchon et les filles, leur stratégie,
14:17c'est la confrontation avec le RN, c'est un deuxième tour avec le RN.
14:21Ils savent qu'ils ne vont pas gagner,
14:22puisque c'est une manière pour eux de poursuivre la lutte,
14:25l'insurrection et le chaos.
14:26Ce sont les meilleurs amis.
14:28– Vous pensez qu'ils préparent un troisième tour électoral ?
14:31– Ils le disent, ils appellent eux-mêmes à l'incivisme,
14:35et pas que d'ailleurs, s'il y avait une victoire du RN.
14:38J'espère que les choses se passeront bien à Orléans samedi prochain,
14:42en termes de manifestation.
14:44Mais vous voyez bien ce qu'il y a derrière.
14:47Donc ça veut dire, je vais le dire d'une autre manière,
14:49pour empêcher cela, c'est-à-dire que ceux qui ne volent ni du RN,
14:52ni de l'EFI, il est temps peut-être qu'ils se réveillent,
14:55qu'ils assument des responsabilités.
14:57Est-ce qu'on peut avoir deux candidats LR, plusieurs candidats du centre ?
15:02C'est impossible.
15:02– D'ailleurs, on ne sait pas qui vous soutenez.
15:04– Moi, je soutiendrai celui ou celle, celui qui sera en capacité
15:09d'être au second tour, d'éliminer Jean-Luc Mélenchon au premier tour
15:12et de battre RN.
15:13– Je suis en train de réfléchir à ce mouton à cinq pattes, je ne le trouve pas.
15:17– Moi non plus, pas pour l'instant.
15:19– C'est plus compliqué, vous n'avez pas de candidats, donc à l'heure actuelle.
15:22– Mais il ne faut pas se raconter d'histoire,
15:26et il y en a marre de mentir aux Français.
15:28C'est vrai aussi sur l'état de nos finances publiques
15:31et sur ce que nous pouvons proposer demain, sur la réforme.
15:34Et la deuxième chose, c'est qu'il faudra un candidat, une équipe,
15:38et qu'il assume que ce sera une coalition, une coalition politique,
15:42mais une coalition aussi qui devra parler à une très grande majorité de Français.
15:45– Entre qui et qui ?
15:47– D'où à où ?
15:48– Il faudra que ça aille des socialistes qui le veulent,
15:51des sociodémocrates, jusqu'au centre-droit.
15:54Il faut que ça soit très large.
15:55– C'est-à-dire jusqu'à la droite quoi.
15:56– Très large, jusqu'à la droite, bien évidemment.
15:58– Donc de M. Glucksmann à M. Rotaillot.
16:00– Mais il n'y a pas une autre, pour ceux qui refusent le RN et les filles,
16:03il n'y a pas une autre solution.
16:04Le reste, ce sont des bêtises.
16:07Je vais vous parler bientôt comme Robert Ménard, ce sont des cloderies.
16:09– On va l'accueillir, Robert Ménard, il arrive avec nous,
16:12M. le maire de Béziers.
16:14Donc Robert Ménard aussi dans la…
16:17– Non mais moi je ne veux pas parler à la place de Robert Ménard,
16:19il est assez grand.
16:20– Bonsoir Robert Ménard, merci d'être avec nous.
16:22– Bonsoir, c'est bien pour le faire.
16:22Mais j'entendais qu'il disait, ou peut-être que j'ai mal compris,
16:26que peut-être que Bruno Rotaillot et Lysina, c'est ça,
16:31se retirent en tout cas et trouvent des solutions.
16:33C'est-à-dire, on voit bien qu'il y a tellement de candidats aujourd'hui.
16:36– Il pourrait être candidat aussi d'ailleurs, Pierre Ménard.
16:37– C'est son droit, il n'a pas de problème.
16:40– Peut-être qu'il va l'annoncer ce soir ?
16:41– Non, non, non.
16:42– Non, il vient dialoguer avec des lycées.
16:44– Non, non, et la question que l'on pose, c'est-à-dire,
16:47est-ce que ce qu'on est en train de voir déjà, facilite l'arrivée ?
16:50Est-ce que c'est un tapis de rose, si je puis dire, pour Marine Le Pen ?
16:54C'est la question qui a été posée à Manuel Valls,
16:56qui attend un candidat providentiel pour la République.
16:59– Mais qui reste surtout préoccupé par la situation internationale et nationale,
17:03c'est ça qui me préoccupe.
17:04Ce qu'il faut, c'est les vraies réponses aux Français.
17:07Sinon, évidemment…
17:08– Je pense qu'on a le droit d'être optimiste, c'est-à-dire que, bon,
17:11c'est vrai qu'aujourd'hui, Mélenchon parle d'une convergence des luttes,
17:14aujourd'hui il y a une convergence des crises,
17:16il y a effectivement ce qui se passe dans la rue,
17:18il y a aussi quand même un problème extrêmement important,
17:21vous venez d'en parler, c'est les finances publiques,
17:23c'est-à-dire avec une dette, le mur de la dette qui s'élève,
17:27et aujourd'hui les taux d'intérêt, qui sont aujourd'hui à 5%,
17:30avant de passer peut-être à 6%.
17:32Et ça veut dire ça, ça veut dire une crise, ça veut dire une récession,
17:35ça veut dire des taux d'intérêt qui vont augmenter en France,
17:37parce que c'est des taux d'intérêt à 10 ans.
17:39– Et qui les paieront ?
17:39– Oui, bien sûr, et qui les paieront ?
17:41– Et donc, moi, personnellement, j'ai toujours pensé,
17:44étant optimiste, qu'il fallait être au fond du trou pour rebondir,
17:48parce que la France a toujours su rebondir,
17:49il y a des histoires de sursauts tout le tournant d'histoires,
17:52et je pense que nous approchons du fond du fond.
17:54– François Légeuse, peut-être qu'entre Robert Ménard et Emmanuel Valls,
17:56il y a un terrain d'entente.
17:57– On vient d'en débattre, toi.
17:59– Non, mais il y a un terrain d'entente sur ce point-là.
18:01– Monsieur le Premier ministre, il faut juste des gens courageux,
18:08certainement, qu'ils ne les tiendront pas.
18:09C'est ça qui nous discrédite.
18:12– Dans presque tous les programmes aujourd'hui,
18:14c'est vrai pour les filles, c'est vrai pour Marine Le Pen,
18:17quand elle présente son projet sur les retraites,
18:20tout le monde sait que ça n'est pas viable,
18:22que ça ne marchera pas.
18:23– Il faut être honnête aussi, tout le monde sait que c'est la BCE,
18:28c'est la Banque Centrale Européenne et le FMI,
18:31qui risquent de s'occuper des...
18:33– Mais comme nous sommes tous des patriotes,
18:35nous payons la dépendance du pays,
18:36– Oui, mais c'est ça, mais bon, mais ça c'est dans les pignots quand même.
18:38– Merci Emmanuel Valls, merci d'avoir été notre invité,
18:41merci François-Olivier Gisbert, merci de nous avoir accompagnés.
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