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Matthieu Pigasse, banquier d'affaire, patron du groupe médiatique Combat qui contient Radio Nova et Les inrockuptibles, est invité sur LCI et interviewé par Darius Rochebin sur l'état de la gauche, son positionnement par rapport à Mélenchone et Glucksmann, sa vision des manifestations actuelles, et sur l'actualité en général. Regard intéressant et pertinent.

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Source
Pigasse https://www.youtube.com/watch?v=-vcTecX8h6E
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

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Quelles occurences historiques nous montre que la gauche gagne quand elle est unie ?
Mitterand 81, gauche plurielle 97, NUPES 2022, NFP 2024. NDLR : Si on prend un peu de recul, NUPES et NFP nous apprennent aussi qu'il faut "Plus jamais PS".

Pourquoi Glucksmann n'est pas de droite selon Pigasse ?
Il soutenait Sarkozy, Emmanuel Macron, il est passé par Alternatives libérales, son appareil de campagne est un appareil macroniste, il a un discours économique et social très faible.

Combien y a-t-il eu de votants dans les primaires socialistes en 2011 et 2017?
Plus de 2 millions de votants.

#pigasse #politique #gauche #LFI #glucksmann #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Écoutez, Glucksmann, c'est Bismillah, c'est les ténèbres.
00:04C'est-à-dire, c'est un homme de droite qui essaye d'infiltrer la gauche.
00:07Donc est-ce que je pense que ça fonctionnera ? Non.
00:10Vous faites allusion, parenthèse, que tout le monde comprenne, à ces policiers
00:13qui se sont font passer pour des manifestants en utilisant cette formule
00:15Bismillah, c'est-tel. En tout cas, c'est devenu sur les réseaux sociaux un grand succès.
00:18Une espèce de technique d'infiltration qui ne fonctionne pas.
00:20Au fond, c'est ça que veut dire Bismillah, c'est les ténèbres.
00:22Et Raphaël Glucksmann, pour moi, c'est ça.
00:30Sur l'aspect politique, c'est-à-dire l'accusation très forte du gouvernement
00:34qui pointe la France insoumise, vous avez un rapport privilégié
00:38avec la France insoumise, avec Jean-Luc Mélenchon.
00:40Quand vous entendez le gouvernement dire, c'est leur faute ?
00:44Moi, je ne comprends pas et j'y vois une manœuvre politique.
00:48Ils nous disent, moi, j'ai lu par exemple,
00:50enfin, ce n'est pas LFI qui a appelé aux violences,
00:52ce n'est pas LFI qui a appelé à ces manifestations.
00:55Ce sont les organisations lycéennes, étudiantes, les confédérations syndicales.
01:00Moi, j'entends parler, par exemple, de groupuscules d'ultra-gauche
01:04qui seraient à la manœuvre.
01:06Mais écoutez, je ne comprends pas si c'est le cas,
01:08s'ils ont été identifiés, ces groupuscules,
01:10qu'on nous dise qui ils sont,
01:12et pourquoi alors ils n'ont pas été suivis, encadrés ?
01:16Donc, j'y vois une manœuvre politique.
01:18Jean-Luc Mélenchon, le personnage,
01:20on voit à quel point son talent oratoire,
01:22sa présence, la marche de la France insoumise
01:26a pris une place dans la campagne.
01:28Il a beaucoup de chance pour le premier tour,
01:30très grande d'après les sondages,
01:31mais un deuxième tour beaucoup plus difficile.
01:33Est-ce qu'il peut gagner ?
01:35La gauche, je vais le dire comme ça,
01:37on est à six mois de l'élection,
01:38que ce soit lui ou quelqu'un d'autre,
01:39peut gagner à une condition.
01:41Non, mais ce n'est pas de la langue de bois,
01:42c'est d'être unie.
01:43Un peu quand même,
01:43vous n'êtes pas trop le politicien.
01:45Vous êtes presque neuf en politique.
01:47Je vous dis, est-ce qu'il peut gagner ?
01:49Attendez, je vous demande si il peut gagner,
01:51et vous me dites, oui, la gauche, blablabla.
01:53Est-ce qu'il peut gagner ?
01:54Ce n'est pas la gauche, blablabla.
01:55Je vous dis la gauche,
01:55et d'ailleurs c'est important,
01:56puisqu'une partie de la gauche est contre ce que je vais vous dire.
01:59Est-ce que vous avez l'impression
02:00que Jean-Luc Mélenchon peut gagner ?
02:01Je vais vous répondre comme ça,
02:03très clairement, vous ne serez pas déçus.
02:05Jean-Luc Mélenchon, puisque telle est la question,
02:07peut gagner à une condition, à mon sens,
02:09c'est de s'élargir,
02:10c'est-à-dire de faire l'union à gauche.
02:12La gauche, elle ne pourra gagner qu'unie.
02:13Elle est unique quand elle gagne.
02:14C'est la leçon de 81,
02:16c'est la leçon de la gauche plurielle en 97,
02:18c'est la leçon de la NUPES ou du NFP.
02:21Vous le connaissez assez bien,
02:22est-ce qu'il peut faire ça ?
02:23On se rappelle Mitterrand,
02:24qui au début, par exemple,
02:26était très très très à gauche,
02:27il disait, vote des immigrés, etc.
02:29Puis au fur et à mesure de la campagne,
02:30il arrondissait.
02:32Il arrondissait, il faisait bon papa, etc.
02:34Ça commençait dur, ça finissait plus doux.
02:36Mais Mélenchon, c'est quand même un autre personnage.
02:38Dans une grande partie de l'opinion,
02:39il a une image extrêmement dure.
02:41Est-ce que ça peut être surmonté ?
02:43Votre question, alors pour le coup,
02:45c'est vous qui faites presque du blabla,
02:47si vous me l'autorisez.
02:48Je vais revenir à la question.
02:49Est-ce qu'il peut le faire ?
02:50Oui, je pense qu'il peut le faire.
02:51Et d'ailleurs, je vais vous dire,
02:52je pense qu'il doit le faire.
02:53À nouveau, la seule condition de gagner,
02:55pour gagner, c'est de s'élargir
02:57et d'avoir la base la plus large possible.
03:00La gauche, aujourd'hui,
03:01si vous regardez les sondages
03:02et vous êtes mieux au fait que moi,
03:05c'est quoi ?
03:05C'est 30, 35 %.
03:06Bon, si en plus, elle arrive divisée et morcelée,
03:10elle ne gagnera jamais.
03:11Or, je pense qu'il y a un devoir absolu.
03:13C'est de s'unir, pour faire quoi ?
03:15Pour empêcher l'extrême droite
03:16d'arriver au pouvoir.
03:17L'extrême droite, c'est la haine et la division.
03:20Vous voulez pas que je parle politique à chaque fois ?
03:22L'extrême droite, c'est une menace.
03:24Non, mais bien sûr.
03:26J'allais dire, c'est une menace contre la démocratie.
03:29Donc, il faut faire barrage à l'extrême droite.
03:31Non, mais je pense que c'est une question
03:33de devoir et de responsabilité.
03:34Et pour le faire, il faut que la gauche s'unisse.
03:36Je vais vous poser une question plus personnelle.
03:37Ça me frappait.
03:38Il était sur LCI dimanche.
03:40Côté, tout à coup, un peu plus rond,
03:41un peu plus bon papa, etc.
03:43Sachant qu'il peut être très offensif.
03:46Et là, un peu plus philosophe, etc.
03:48Est-ce qu'il a cet art-là, d'après vous,
03:50d'arrondir à ce point-là ?
03:51Moi, je suis pas son porte-parole.
03:53Donc, c'est pas à moi de parler pour lui.
03:55Mais compte tenu de ce que je connais de lui,
03:58sinon, vous allez dire que je ne vous réponds pas.
04:00Donc, je vais vous répondre.
04:01Ma conviction, c'est que oui.
04:02Ma conviction, c'est que oui.
04:04Mais à nouveau, pour gagner,
04:05il va falloir unir l'ensemble des forces de gauche.
04:08Et chasser l'idée que je récuse absolument
04:11qu'il y a des gauches irréconciliables.
04:12C'est pas vrai.
04:13Ça, c'est un discours de droite.
04:14Je dis pas ça pour vous, d'ailleurs.
04:16Je dis ça pour d'autres.
04:17Oui, j'ai pas dit ça.
04:17Mais c'est pour ça que je dis pas ça pour vous.
04:19Je dis c'est...
04:20La gauche, évidemment qu'il y a des nuances,
04:24des cultures, des sensibilités différentes.
04:26Simplement, ce qui réunit...
04:27Je dirais, il y a presque 50 nuances de gauche.
04:29Mais ce qui les réunit, ces nuances de gauche,
04:31c'est des valeurs communes et des engagements communs.
04:33Est-ce qu'il est une chance pour la gauche ?
04:37Oui, peut-être.
04:38Aujourd'hui, il est le candidat le mieux placé
04:40et le plus élevé dans les sondages.
04:42Donc la réponse à ce stade, c'est oui, à l'évidence.
04:44Ce serait une erreur, une fausse analyse que de dire non.
04:47Vous avez été socialiste ?
04:49Vous avez vu votre carte du Parti Socialiste ?
04:50Absolument.
04:51Vous l'avez toujours ?
04:52Non.
04:53J'étais au AMJS quand j'étais jeune.
04:54Je ne suis plus membre du Parti Socialiste.
04:56Je ne suis plus membre d'un parti.
04:57C'est ça.
04:57Donc vous avez arrêté au moment donné de payer vos cotisations ?
05:00Vous avez encore la carte ?
05:01Arrêté si vous voulez.
05:01Vous avez encore la carte dans un bon payeur ?
05:03C'est ça, dans un vieux portefeuille.
05:05Aujourd'hui, on a vu apparaître tout à coup
05:08une sorte de renaissance dans les sondages.
05:09On verra ce que ça dure.
05:10Mais de la gauche classique,
05:13social-démocrate, socialiste,
05:14alors même si c'est un peu le phénomène du coucou,
05:15il a réussi son coup.
05:18Glucksmann qui monte dans les sondages.
05:19Est-ce que lui, vous bluffe ?
05:21Écoutez, Glucksmann, c'est bismillah, c'est les ténèbres.
05:25C'est-à-dire, c'est un homme de droite
05:27qui essaye d'infiltrer la gauche.
05:28Donc est-ce que je pense que ça fonctionnera ?
05:30Non.
05:31Vous faites allusion, parenthèse,
05:32que tout le monde comprenne,
05:33à ces policiers qui se sont font passer
05:35pour des manifestants en utilisant cette formule
05:37bismillah, c'est les ténèbres.
05:38Exactement.
05:38C'est devenu sur les réseaux sociaux un grand succès.
05:40Une espèce de technique d'infiltration
05:41qui ne fonctionne pas.
05:41Au fond, c'est ça que veut dire
05:43bismillah, c'est les ténèbres.
05:44Et Raphaël Glucksmann, pour moi, c'est ça.
05:45Vous tapez fort, là.
05:47Non.
05:48Bah oui, vous tapez fort.
05:49Alors, tout à l'heure, vous m'avez dit
05:49je fais de la langue de bois, du blabla, etc.
05:50Là, vous ne faites pas de langue de bois, ça.
05:52Je vous donne volonté.
05:53Donc je pense que ça ne fonctionnera pas.
05:55D'ailleurs, je pense...
05:56Moi, cette primaire, elle est passée,
05:59mais j'ai eu l'occasion de dire ce que j'en pensais.
06:01Attendez, vous êtes féroce.
06:02Vous dites qu'il n'est pas vraiment un homme de gauche,
06:03Raphaël Glucksmann ?
06:04C'est un homme qui est passé par Alternative Libérale,
06:07qui a soutenu successivement Nicolas Sarkozy,
06:09Emmanuel Macron,
06:10qui aujourd'hui a réussi une forme,
06:12je vais reprendre l'expression de Ségolène Royal,
06:14de hold-up sur le Parti Socialiste,
06:15mais ça ne fonctionnera pas.
06:17Il est d'ailleurs entouré,
06:18je trouve ça intéressant et surtout illustratif,
06:21de macronistes.
06:21Tout son appareil de campagne est un appareil macroniste.
06:25Donc moi, et avec un discours économique et social très faible.
06:28Et c'est dommage, Darius Rochbain,
06:29on n'a pas eu l'occasion d'en parler.
06:30On développe, vous avez le temps.
06:32Oui, j'ai le temps, d'accord.
06:33Parce que le cœur du sujet, c'est qu'il y a une rupture.
06:37Comment on répond à cette rupture ?
06:38Et moi, ce que je vous dis,
06:39c'est qu'une autre politique est possible.
06:41Un mot encore sur...
06:42Il y a une solution d'espoir, mais on va y venir après.
06:43Un mot sur Raphaël Glucksmann,
06:44puisque vous avez bien dit que votre but,
06:46c'est de battre le Rassemblement national.
06:48S'il est au second tour,
06:50vous vous rallierez de bon cœur,
06:51dès la première heure, par exemple ?
06:53Je verrai.
06:54Est-ce que je pense qu'il a une chance d'être au second tour ?
06:56Au jour d'aujourd'hui, je vous réponds non.
06:59Parce que je pense...
06:59Vous n'êtes pas débourdant de chaleur, si je peux me permettre.
07:03Non, mais je suis comme je suis, vous voyez, direct.
07:06Mais ça paraît fou, attendez.
07:07Il y a quelques secondes, vous nous dites,
07:10il faut absolument faire barrage au Rassemblement national,
07:12et vous vous rallierez à...
07:13M. Glucksmann, c'est quand même pas à l'extrême droite, M. Glucksmann.
07:16Et vous dites, je verrai.
07:18Non, je verrai.
07:19J'ai voulu dire, je ferai tout pour faire barrage
07:22au Rassemblement national et à l'extrême droite.
07:24Je le redis, c'est la haine, la division
07:26et une menace contre la démocratie.
07:28On verra ce qui se passe au second tour.
07:30Je ne vais pas spéculer sur tel ou tel scénario, etc.
07:35Maintenant, la question, c'est est-ce que je pense
07:36qu'il a une chance d'arriver au second tour ?
07:37Je vous dis franchement non.
07:39La primaire, pour moi, on n'en a pas parlé,
07:41mais vous me dites qu'on a le temps, donc je vais le faire là.
07:43Elle ne crée aucun élan ou aucune dynamique,
07:45ou alors vraiment comme ça à très court terme.
07:47Le nombre de votants, on se réjouit,
07:49on dit il y a eu 120 000 votants.
07:50Enfin, je rappelle quand même que dans les primaires de 2011 et 2017,
07:53il y avait plus de 2 millions de votants.
07:55Et que Raphaël Glucksmann, là, il fait moins de voix
07:57que le candidat arrivé en dernière position
07:59en 2011 et en 2017.
08:13C'est parti !
08:34Sous-titrage Société Radio-Canada
08:37...

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