00:00Écoutez, Glucksmann, c'est Bismillah, c'est les ténèbres.
00:04C'est-à-dire, c'est un homme de droite qui essaye d'infiltrer la gauche.
00:07Donc est-ce que je pense que ça fonctionnera ? Non.
00:10Vous faites allusion, parenthèse, que tout le monde comprenne, à ces policiers
00:13qui se sont font passer pour des manifestants en utilisant cette formule
00:15Bismillah, c'est-tel. En tout cas, c'est devenu sur les réseaux sociaux un grand succès.
00:18Une espèce de technique d'infiltration qui ne fonctionne pas.
00:20Au fond, c'est ça que veut dire Bismillah, c'est les ténèbres.
00:22Et Raphaël Glucksmann, pour moi, c'est ça.
00:30Sur l'aspect politique, c'est-à-dire l'accusation très forte du gouvernement
00:34qui pointe la France insoumise, vous avez un rapport privilégié
00:38avec la France insoumise, avec Jean-Luc Mélenchon.
00:40Quand vous entendez le gouvernement dire, c'est leur faute ?
00:44Moi, je ne comprends pas et j'y vois une manœuvre politique.
00:48Ils nous disent, moi, j'ai lu par exemple,
00:50enfin, ce n'est pas LFI qui a appelé aux violences,
00:52ce n'est pas LFI qui a appelé à ces manifestations.
00:55Ce sont les organisations lycéennes, étudiantes, les confédérations syndicales.
01:00Moi, j'entends parler, par exemple, de groupuscules d'ultra-gauche
01:04qui seraient à la manœuvre.
01:06Mais écoutez, je ne comprends pas si c'est le cas,
01:08s'ils ont été identifiés, ces groupuscules,
01:10qu'on nous dise qui ils sont,
01:12et pourquoi alors ils n'ont pas été suivis, encadrés ?
01:16Donc, j'y vois une manœuvre politique.
01:18Jean-Luc Mélenchon, le personnage,
01:20on voit à quel point son talent oratoire,
01:22sa présence, la marche de la France insoumise
01:26a pris une place dans la campagne.
01:28Il a beaucoup de chance pour le premier tour,
01:30très grande d'après les sondages,
01:31mais un deuxième tour beaucoup plus difficile.
01:33Est-ce qu'il peut gagner ?
01:35La gauche, je vais le dire comme ça,
01:37on est à six mois de l'élection,
01:38que ce soit lui ou quelqu'un d'autre,
01:39peut gagner à une condition.
01:41Non, mais ce n'est pas de la langue de bois,
01:42c'est d'être unie.
01:43Un peu quand même,
01:43vous n'êtes pas trop le politicien.
01:45Vous êtes presque neuf en politique.
01:47Je vous dis, est-ce qu'il peut gagner ?
01:49Attendez, je vous demande si il peut gagner,
01:51et vous me dites, oui, la gauche, blablabla.
01:53Est-ce qu'il peut gagner ?
01:54Ce n'est pas la gauche, blablabla.
01:55Je vous dis la gauche,
01:55et d'ailleurs c'est important,
01:56puisqu'une partie de la gauche est contre ce que je vais vous dire.
01:59Est-ce que vous avez l'impression
02:00que Jean-Luc Mélenchon peut gagner ?
02:01Je vais vous répondre comme ça,
02:03très clairement, vous ne serez pas déçus.
02:05Jean-Luc Mélenchon, puisque telle est la question,
02:07peut gagner à une condition, à mon sens,
02:09c'est de s'élargir,
02:10c'est-à-dire de faire l'union à gauche.
02:12La gauche, elle ne pourra gagner qu'unie.
02:13Elle est unique quand elle gagne.
02:14C'est la leçon de 81,
02:16c'est la leçon de la gauche plurielle en 97,
02:18c'est la leçon de la NUPES ou du NFP.
02:21Vous le connaissez assez bien,
02:22est-ce qu'il peut faire ça ?
02:23On se rappelle Mitterrand,
02:24qui au début, par exemple,
02:26était très très très à gauche,
02:27il disait, vote des immigrés, etc.
02:29Puis au fur et à mesure de la campagne,
02:30il arrondissait.
02:32Il arrondissait, il faisait bon papa, etc.
02:34Ça commençait dur, ça finissait plus doux.
02:36Mais Mélenchon, c'est quand même un autre personnage.
02:38Dans une grande partie de l'opinion,
02:39il a une image extrêmement dure.
02:41Est-ce que ça peut être surmonté ?
02:43Votre question, alors pour le coup,
02:45c'est vous qui faites presque du blabla,
02:47si vous me l'autorisez.
02:48Je vais revenir à la question.
02:49Est-ce qu'il peut le faire ?
02:50Oui, je pense qu'il peut le faire.
02:51Et d'ailleurs, je vais vous dire,
02:52je pense qu'il doit le faire.
02:53À nouveau, la seule condition de gagner,
02:55pour gagner, c'est de s'élargir
02:57et d'avoir la base la plus large possible.
03:00La gauche, aujourd'hui,
03:01si vous regardez les sondages
03:02et vous êtes mieux au fait que moi,
03:05c'est quoi ?
03:05C'est 30, 35 %.
03:06Bon, si en plus, elle arrive divisée et morcelée,
03:10elle ne gagnera jamais.
03:11Or, je pense qu'il y a un devoir absolu.
03:13C'est de s'unir, pour faire quoi ?
03:15Pour empêcher l'extrême droite
03:16d'arriver au pouvoir.
03:17L'extrême droite, c'est la haine et la division.
03:20Vous voulez pas que je parle politique à chaque fois ?
03:22L'extrême droite, c'est une menace.
03:24Non, mais bien sûr.
03:26J'allais dire, c'est une menace contre la démocratie.
03:29Donc, il faut faire barrage à l'extrême droite.
03:31Non, mais je pense que c'est une question
03:33de devoir et de responsabilité.
03:34Et pour le faire, il faut que la gauche s'unisse.
03:36Je vais vous poser une question plus personnelle.
03:37Ça me frappait.
03:38Il était sur LCI dimanche.
03:40Côté, tout à coup, un peu plus rond,
03:41un peu plus bon papa, etc.
03:43Sachant qu'il peut être très offensif.
03:46Et là, un peu plus philosophe, etc.
03:48Est-ce qu'il a cet art-là, d'après vous,
03:50d'arrondir à ce point-là ?
03:51Moi, je suis pas son porte-parole.
03:53Donc, c'est pas à moi de parler pour lui.
03:55Mais compte tenu de ce que je connais de lui,
03:58sinon, vous allez dire que je ne vous réponds pas.
04:00Donc, je vais vous répondre.
04:01Ma conviction, c'est que oui.
04:02Ma conviction, c'est que oui.
04:04Mais à nouveau, pour gagner,
04:05il va falloir unir l'ensemble des forces de gauche.
04:08Et chasser l'idée que je récuse absolument
04:11qu'il y a des gauches irréconciliables.
04:12C'est pas vrai.
04:13Ça, c'est un discours de droite.
04:14Je dis pas ça pour vous, d'ailleurs.
04:16Je dis ça pour d'autres.
04:17Oui, j'ai pas dit ça.
04:17Mais c'est pour ça que je dis pas ça pour vous.
04:19Je dis c'est...
04:20La gauche, évidemment qu'il y a des nuances,
04:24des cultures, des sensibilités différentes.
04:26Simplement, ce qui réunit...
04:27Je dirais, il y a presque 50 nuances de gauche.
04:29Mais ce qui les réunit, ces nuances de gauche,
04:31c'est des valeurs communes et des engagements communs.
04:33Est-ce qu'il est une chance pour la gauche ?
04:37Oui, peut-être.
04:38Aujourd'hui, il est le candidat le mieux placé
04:40et le plus élevé dans les sondages.
04:42Donc la réponse à ce stade, c'est oui, à l'évidence.
04:44Ce serait une erreur, une fausse analyse que de dire non.
04:47Vous avez été socialiste ?
04:49Vous avez vu votre carte du Parti Socialiste ?
04:50Absolument.
04:51Vous l'avez toujours ?
04:52Non.
04:53J'étais au AMJS quand j'étais jeune.
04:54Je ne suis plus membre du Parti Socialiste.
04:56Je ne suis plus membre d'un parti.
04:57C'est ça.
04:57Donc vous avez arrêté au moment donné de payer vos cotisations ?
05:00Vous avez encore la carte ?
05:01Arrêté si vous voulez.
05:01Vous avez encore la carte dans un bon payeur ?
05:03C'est ça, dans un vieux portefeuille.
05:05Aujourd'hui, on a vu apparaître tout à coup
05:08une sorte de renaissance dans les sondages.
05:09On verra ce que ça dure.
05:10Mais de la gauche classique,
05:13social-démocrate, socialiste,
05:14alors même si c'est un peu le phénomène du coucou,
05:15il a réussi son coup.
05:18Glucksmann qui monte dans les sondages.
05:19Est-ce que lui, vous bluffe ?
05:21Écoutez, Glucksmann, c'est bismillah, c'est les ténèbres.
05:25C'est-à-dire, c'est un homme de droite
05:27qui essaye d'infiltrer la gauche.
05:28Donc est-ce que je pense que ça fonctionnera ?
05:30Non.
05:31Vous faites allusion, parenthèse,
05:32que tout le monde comprenne,
05:33à ces policiers qui se sont font passer
05:35pour des manifestants en utilisant cette formule
05:37bismillah, c'est les ténèbres.
05:38Exactement.
05:38C'est devenu sur les réseaux sociaux un grand succès.
05:40Une espèce de technique d'infiltration
05:41qui ne fonctionne pas.
05:41Au fond, c'est ça que veut dire
05:43bismillah, c'est les ténèbres.
05:44Et Raphaël Glucksmann, pour moi, c'est ça.
05:45Vous tapez fort, là.
05:47Non.
05:48Bah oui, vous tapez fort.
05:49Alors, tout à l'heure, vous m'avez dit
05:49je fais de la langue de bois, du blabla, etc.
05:50Là, vous ne faites pas de langue de bois, ça.
05:52Je vous donne volonté.
05:53Donc je pense que ça ne fonctionnera pas.
05:55D'ailleurs, je pense...
05:56Moi, cette primaire, elle est passée,
05:59mais j'ai eu l'occasion de dire ce que j'en pensais.
06:01Attendez, vous êtes féroce.
06:02Vous dites qu'il n'est pas vraiment un homme de gauche,
06:03Raphaël Glucksmann ?
06:04C'est un homme qui est passé par Alternative Libérale,
06:07qui a soutenu successivement Nicolas Sarkozy,
06:09Emmanuel Macron,
06:10qui aujourd'hui a réussi une forme,
06:12je vais reprendre l'expression de Ségolène Royal,
06:14de hold-up sur le Parti Socialiste,
06:15mais ça ne fonctionnera pas.
06:17Il est d'ailleurs entouré,
06:18je trouve ça intéressant et surtout illustratif,
06:21de macronistes.
06:21Tout son appareil de campagne est un appareil macroniste.
06:25Donc moi, et avec un discours économique et social très faible.
06:28Et c'est dommage, Darius Rochbain,
06:29on n'a pas eu l'occasion d'en parler.
06:30On développe, vous avez le temps.
06:32Oui, j'ai le temps, d'accord.
06:33Parce que le cœur du sujet, c'est qu'il y a une rupture.
06:37Comment on répond à cette rupture ?
06:38Et moi, ce que je vous dis,
06:39c'est qu'une autre politique est possible.
06:41Un mot encore sur...
06:42Il y a une solution d'espoir, mais on va y venir après.
06:43Un mot sur Raphaël Glucksmann,
06:44puisque vous avez bien dit que votre but,
06:46c'est de battre le Rassemblement national.
06:48S'il est au second tour,
06:50vous vous rallierez de bon cœur,
06:51dès la première heure, par exemple ?
06:53Je verrai.
06:54Est-ce que je pense qu'il a une chance d'être au second tour ?
06:56Au jour d'aujourd'hui, je vous réponds non.
06:59Parce que je pense...
06:59Vous n'êtes pas débourdant de chaleur, si je peux me permettre.
07:03Non, mais je suis comme je suis, vous voyez, direct.
07:06Mais ça paraît fou, attendez.
07:07Il y a quelques secondes, vous nous dites,
07:10il faut absolument faire barrage au Rassemblement national,
07:12et vous vous rallierez à...
07:13M. Glucksmann, c'est quand même pas à l'extrême droite, M. Glucksmann.
07:16Et vous dites, je verrai.
07:18Non, je verrai.
07:19J'ai voulu dire, je ferai tout pour faire barrage
07:22au Rassemblement national et à l'extrême droite.
07:24Je le redis, c'est la haine, la division
07:26et une menace contre la démocratie.
07:28On verra ce qui se passe au second tour.
07:30Je ne vais pas spéculer sur tel ou tel scénario, etc.
07:35Maintenant, la question, c'est est-ce que je pense
07:36qu'il a une chance d'arriver au second tour ?
07:37Je vous dis franchement non.
07:39La primaire, pour moi, on n'en a pas parlé,
07:41mais vous me dites qu'on a le temps, donc je vais le faire là.
07:43Elle ne crée aucun élan ou aucune dynamique,
07:45ou alors vraiment comme ça à très court terme.
07:47Le nombre de votants, on se réjouit,
07:49on dit il y a eu 120 000 votants.
07:50Enfin, je rappelle quand même que dans les primaires de 2011 et 2017,
07:53il y avait plus de 2 millions de votants.
07:55Et que Raphaël Glucksmann, là, il fait moins de voix
07:57que le candidat arrivé en dernière position
07:59en 2011 et en 2017.
08:13C'est parti !
08:34Sous-titrage Société Radio-Canada
08:37...