00:00On va écouter la réplique du jour, c'est Raphaël Glucksmann.
00:03La vérité, c'est que la dernière fois qu'il y a eu une confrontation avec la France insoumise,
00:06dans une élection nationale, nous les avons pliées.
00:09Et nous les plierons à nouveau parce qu'une écrasante majorité des électrices et des électeurs de gauche
00:13ne veulent pas de cette fracturation permanente de la société.
00:22Est-ce que Raphaël Glucksmann, il va vous plier ou pas ?
00:25Il va essayer, c'est bien, je l'encourage à essayer de le faire.
00:28Et surtout à répéter cette formule parce qu'elle stimule le débat intellectuel dans notre pays.
00:34Vous êtes ironique là ?
00:35Non, pas du tout.
00:36Et je trouve qu'en faisant ça, il aide les insoumis qui hésitent ou qui, ah encore, à y aller.
00:42Si vous ne voulez pas que je sois plié, comme il dit, il faut venir aider.
00:47Il ne faut pas se contenter de regarder en attendant si oui ou non, le jour du vote, vous irez.
00:51Donc la campagne électorale, c'est le début de l'exercice du pouvoir.
00:55C'est-à-dire, vous avez tous les amis à convaincre autour de vous.
01:00Vous avez entendu son but, il veut nous plier.
01:01Bon, voilà.
01:02Après, et en plus, c'est bien, il faut qu'il continue comme ça.
01:05Parce que, mais oui, je vais vous dire, pareil, tous ces gens répètent des éléments de langage.
01:10Alors, A, Mélenchon est le plus détesté.
01:12Alors, il n'y a aucun sondage qui ait dit ça.
01:14Et maintenant, quand on regarde les sondages, ils disent le contraire.
01:17Mais peu importe, continuez à dire ça.
01:18Parce que tout le monde sait que vous mentez.
01:20Alors, donc, ça fait de vous des menteurs.
01:22Ensuite, il dit, tous, ils disent, oui, il faut avoir le sens de la nuance, cet homme est brutal.
01:29Alors, vous en avez plusieurs dans le même registre.
01:31Le sens de la nuance et le refus de la brutalisation du débat.
01:34Le gars, il vient de dire à l'instant que son but, c'est de me plier.
01:37Il pourrait me dire, de le battre, nous allons l'emporter, car nos idées sont merveilleuses et les siennes détestables.
01:42Non, plier. Ce qu'il veut, c'est me plier.
01:44Alors, la violence, c'est eux.
01:46C'est lui qui dit ça.
01:47C'est l'autre qui dit que deux mots sont incompatibles avec moi, dignité et crédibilité.
01:52C'est l'autre encore, lui-même, Luc Kerman, qui me traite d'agent de l'extrême droite.
01:57Ça, c'est la nuance et c'est la douceur.
02:00Quant à moi, je dis que...
02:01Il s'est Mélenchonisé, alors, en fait ?
02:03Non, parce que ça, c'est la caricature répandue par la presse sur la base de feuilles de route qui
02:08vous sont distribuées, je suppose.
02:10Parce que j'ai toujours trouvé étrange que vous disiez tous les mêmes choses avec les mêmes mots.
02:14Moi, je suis capable de dire les mêmes choses depuis 20 ans en changeant les mots.
02:18Mais pas vous. Pourquoi ?
02:20Mais je vais vous dire pourquoi.
02:21Parce que vous fabriquez une bulle et je vous encourage à continuer.
02:25Je vous en supplie, restez comme vous êtes.
02:28Regardez l'immensité de votre victoire.
02:30Deux ans de pilonnage, sans trêve, sans pause, dans tous les aspects de ma vie.
02:35Et quoi à la fin ? Et quoi à la fin ?
02:37Pour vous, et c'est le nouveau Macron, souvent on dit que Guzman, il est en train de prendre l
02:41'espace qu'il est en train de laisser Macron,
02:43parce qu'on voit que dans son camp...
02:44Non, non, Macron est beaucoup plus doué que lui, ça c'est certain.
02:47Parce que, d'abord, pour se faire détester, il a largement battu.
02:51Et puis ensuite, parce que c'est une...
02:55L'adversaire n'a pas que des défauts.
02:58Macron ne serait pas arrivé là s'il était stupide et incapable.
03:01Il a donné à voir quelque chose que les gens avaient envie de voir, à juste titre se réaliser.
03:06C'est-à-dire un avenir riant, dirigé par un jeune, qui était un Mozart de la finance.
03:11Bon, alors évidemment, les gens n'ont pas à ce moment-là bien compris que Mozart de la finance, c
03:16'est toujours super capitaliste.
03:18Et quand c'est dans notre époque, ça donne le résultat que vous voyez.
03:21La France est à moitié détruite, on est disqualifié sur la scène internationale, et il n'y a rien qui
03:25marche.
03:26Bon, mais le rapport de Glucksmann est beaucoup plus à la réalité et à l'intelligence, je dirais, de la
03:33situation.
03:34Intelligence au sens de bien comprendre ce qu'elle est, mais loin derrière celle de M. Macron.
03:39Lui, il a une vision qui est beaucoup plus limitée à quelques thèmes.
03:44Il a quelques thèmes de prédilection, M. Glucksmann, sans doute, et il les maîtrise bien.
03:49Mais le reste, ça lui passe au-dessus de la tête.
03:51Vous avez vu comment il répond quand, dans la discussion où il rencontrait des gens, on lui fait parler de
03:55la sécu.
03:56Clairement, le gars, il comprend, mais rien, pouic, à comment ça s'est construit, qu'est-ce que c'est
04:01historiquement,
04:02comment ça fonctionne, et pourquoi on est dans une telle mouise aujourd'hui qu'il va falloir...
04:07Non, donc voilà, moi, je le respecte.
04:10Il défend ses idées à sa manière.
04:12S'il ne peut pas faire mieux que d'annoncer qu'il va me plier, les gens jugeront eux-mêmes
04:17que ça ne fait pas beaucoup.
04:18Avez-vous remarqué qu'aux Européennes, dont M. Glucksmann tire un si grand prestige ?
04:23Eh bien, il se trouve que nous, aux Européennes, nous avons, si on compare à la fois précédente, gagné un
04:29million de voix.
04:30Tandis que le bloc des Verts et des sociodémocrates, et de M. Hamon, a perdu 400 000 voix dans les
04:37mêmes...
04:37Ça, ça n'intéresse pas.
04:38Il voit, il pense qu'il a fait mieux.
04:40Eh bien, je vais lui dire, puisque vous avez commencé l'émission par là,
04:43Je vous invite à comparer les résultats.
04:45M. Jadot avait fait, de manière assez remarquable, plus de 13% à la précédente Européenne.
04:51Et ensuite, lorsqu'il est arrivé à l'élection présidentielle, eh bien, il a fait moins de 5%.
04:57C'est qui votre véritable adversaire dans cette élection ?
05:00Glucksmann, Attal, Bardella, quelqu'un d'autre, tous ?
05:03Tout ce qui vise à la reproduction, reconduction de l'ordre établi.
05:10Il n'y a pas de différence entre tous ces gens.
05:13Il y a des nuances quand même, non ?
05:14Certainement, sans aucun doute.
05:16Des nuances, ce n'est pas les mêmes.
05:17Mais le fond de l'affaire est que tous pensent que ce système est indépassable.
05:21Tous vivent sur des normes et n'ont aucun projet pour la France.
05:25Quand quelqu'un vient et additionne seulement des chiffres, des éléments de comptabilité,
05:31ce n'est pas un projet, ça.
05:32Faire des économies, voilà ce qu'est devenu le projet des néolibéraux.
05:37Autrefois, à la droite, alors tous les néolibéraux, qu'ils soient fascisants ou démocrates,
05:43comme ils disent, modérés, comme si on pouvait être modéré quand on propose la retraite à 67 ans.
05:47Mais enfin, bon, eux, ils pensent que c'est modéré.
05:49Tous ces gens-là ont en commun leur adhésion à l'ordre établi,
05:53leur volonté qui dure, qui le continue.
05:56Or, nous sommes à ce moment de l'histoire de l'humanité,
05:59qui est que ce n'est même plus une affaire d'idéologie.
06:01Il faut changer la méthode, sinon tout ça va nous conduire à quelque chose dont personne n'a envie.
06:07Et ce quelque chose, c'est la dislocation générale de la civilisation humaine,
06:11sous l'écoute du changement climatique,
06:14la disparition de notre espèce ou son affaiblissement par les maladies écologiques qui pullulent dorénavant.
06:21Voilà ce qui se présente.
06:23Mais ce n'est pas une fatalité, on peut empêcher ça.
06:25Mais eux, qu'est-ce qu'ils disent ? Ils ne disent pas, on va empêcher ça.
06:27Ils disent, on va continuer, on va faire mieux, on va être plus performant, plus agile,
06:31pour quoi faire ? Pour faire la même chose qu'avant.
06:33C'est en ça que vous pensez qu'ils sont dans un camp et vous dans l'autre, cette ligne
06:36-là ?
06:37Vous, la continuité du libéralisme, entre guillemets, et vous, la rupture ?
06:40Voilà, ça, je l'admets.
06:42Mais si vous voulez, l'idée de camp, elle n'est pas bonne parce qu'il y a des libéraux,
06:48que je peux convaincre,
06:49leur dire, écoutez, vous êtes des gens intelligents, donc vous vous rendez bien compte que ça ne marche pas.
06:54Et maintenant, arrive devant vous quelque chose qui va tout bouleverser,
07:00qui est l'histoire de l'intelligence artificielle,
07:02donc le mode de production va sans doute subir une modification, hein, de premier niveau.
07:09Vous ne pouvez pas vous sortir de cette histoire si vous n'avez aucun principe philosophique,
07:14aucune volonté dans l'histoire, si vous êtes simplement les petits accompagnateurs du marché.
07:19Et il faut faire le marché le plus libre.
07:22Et vous venez de vous prendre un râteau sur le marché,
07:24qui non seulement ne fonctionne pas parce que votre père fondateur, M. Trump,
07:27a décidé que c'était lui qui fixait les prix avec les droits de douane,
07:31mais les Chinois qui sont là, viennent de vous mettre le râteau pile-poil dans la direction de votre figure.
07:36La dernière fois que j'ai parlé avec un haut responsable chinois,
07:40je lui dis, vous exagérez, vous exportez chez nous votre surproduction de voitures électriques.
07:44Le gars, il ne perd pas son 100 francs une demi-seconde, il me regarde et il me dit,
07:48vous trouvez qu'il y a trop de voitures électriques dans le monde, M. Mélenchon ?
07:52J'ai compris qu'il fallait changer de sujet, sinon je vais y être bientôt ridicule.
07:55Et alors je lui dis, il me dit, il a bien vu que j'étais très encombré.
08:00Il me dit, donc, s'il n'y en a pas trop, il n'y a pas de surproduction.
08:03Et puis ensuite, il laisse un petit blanc, il me regarde et il me dit,
08:07et puis vous savez, on ne vous oblige pas à les acheter.
08:09D'accord ? Voilà.
08:10Donc, si vous voulez ce monde-là, alors je ne suis pas en train de critiquer la Chine,
08:15car vous savez que je la tiens à entrer haute estime.
08:18On sait.
08:18Voilà.
08:19On vous a déjà fait le reproche d'ailleurs, ça vous arrive.
08:21Oui, mais on me reproche tout, donc.
08:22Mais de toute façon, ce qu'ils disent n'a ni intérêt ni importance.
08:25Tout le monde est obligé de choisir.
08:28Et la plus grande difficulté, c'est de tracer une voie autonome.
08:32Je l'ai proposé avec le non-alignement.
08:35Je propose de discuter avec les Chinois et de s'organiser avec les Chinois,
08:39car c'est des gens raisonnables.
08:41Ce n'est pas des gringos prêts à sortir tous les 5 minutes leur colt
08:44pour exterminer le mec qui ne leur plaît pas.
08:46C'est des gens raisonnables.
08:47Donc, parlons avec des gens raisonnables.
08:49On n'a pas les mêmes intérêts.
08:50Mais de même que vous autres, les libéraux, les droitiers de toutes sortes,
08:54vous n'avez jamais dit que vous vouliez faire les États-Unis d'Amérique en France.
08:58Bon, et bien, pourquoi vous m'accusez de vouloir faire la Chine ?
09:00Je n'ai pas l'intention de faire la Chine.
09:01Je ne veux faire ni l'un ni l'autre.
09:03Je pense que nous, les Français, nous avons un talent pour inventer des choses.
09:07D'ailleurs, la dernière fois qu'on en a inventé une, c'était la Révolution de 89.
09:11Ça a fait le tour du monde.
09:12Pourtant, on n'était déjà qu'une poignée d'êtres humains.
09:14Mais alors, comment le monde est devenu rock'n'roll après ?
09:18Est-ce que vous pouvez me dire un truc gentil sur Gabriel Attal ?
09:21Un truc.
09:22Il est bien coiffé.
09:24Raphaël Glucksmann.
09:25Il est bien coiffé.
09:27Non mais là, je vous fais du Bardella.
09:29Jordan Bardella ?
09:29Je n'ai trouvé qu'une seule réponse et je vais la coller à tous.
09:32Jordan Bardella ?
09:35Son costard est bien repassé.
09:36Aimee ?
09:40Aimee ?
09:57Abonnez-vous !
10:11Abonnez-vous !
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