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  • il y a 7 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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00:0113h, 14h, Europe 1 Info se poursuit à 13h42 sur Europe 1 avec vous Clélie Mathias et vos chroniqueurs Jules
00:08Therès et Jean-Michel Salvatore.
00:10Vous avez entendu le président de la République hier qui stimule que la France n'a pas besoin d'état
00:14d'urgence
00:14et que le droit du pays permet déjà au préfet de prendre un couvre-feu par exemple ou une interdiction
00:19de regroupement.
00:20Des mesures qui ont permis, selon le chef de l'État, de retrouver le calme depuis lundi.
00:25Mais si on en a besoin, la situation l'exige, c'est ce que dit l'avocat au Conseil d
00:29'État, François-Henri Briard, qui était sur Europe 1 hier.
00:33Il y a d'abord une raison de principe, c'est que l'état d'urgence affirmera l'autorité de
00:39l'État.
00:40Ensuite, l'état d'urgence permettra de montrer au monde que la France se réveille, qu'elle ne se laisse
00:46plus humilier.
00:47La troisième raison, c'est que l'état d'urgence est destiné à protéger, protéger la nation, protéger les citoyens,
00:54protéger les forces de l'ordre,
00:56protéger aussi les installations sensibles, c'était un aspect important, je crois, protéger les habitations et les commerces.
01:03Et je ne comprends pas pourquoi on nous prie du bénéfice de cette protection,
01:07qui a déjà été mise en œuvre à sept reprises depuis 1955, dans des circonstances parfois moins graves.
01:14Il faut simplement un décret en Conseil des ministres et ensuite une loi d'aujourd'hui plus tard.
01:21Et selon un sondage CSA Penseigne aux Européens, LGDD, 65% des Français sont pour la mise en place de
01:25l'état d'urgence
01:26après les violences urbaines lors des manifestations de samedi dernier.
01:30Fallait-il le décréter, cet état d'urgence, au vu de ce qu'a redit d'ailleurs Emmanuel Macron ce
01:35matin,
01:35en disant qu'il a dénoncé la volonté de l'ultra-gauche de faire tomber la République, je cite.
01:40Évidemment, si vous voulez, à partir du moment où la République est en danger, pourquoi ne pas déclencher l'état
01:45d'urgence ?
01:46Et il y a autre chose, moi, que je trouve très inquiétant et qui prouve que là, il y a
01:49vraiment une incohérence totale
01:51dans les constats qui sont faits par le gouvernement.
01:54Vous avez le préfet de police de Paris, le préfet de police de Paris,
01:58qui a invité ce matin les commerçants de Paris à recourir à des agents privés
02:06pour se protéger des prochaines manifestations.
02:08Ça veut dire, en fait, que le préfet de police de Paris est en train de dire aux commerçants parisiens
02:14« je n'ai pas les moyens de vous protéger ».
02:17Bon, si l'état n'est plus en capacité de protéger les citoyens,
02:21ça veut dire qu'il n'y a plus d'état.
02:23C'est aussi simple que ça.
02:24Et moi, je ne comprends pas cette prise de position qui est, d'une certaine façon,
02:28une incitation à l'autodéfense, une incitation à organiser ce qu'on peut appeler des milices.
02:36Enfin bon, et il y a vraiment quelque chose de totalement incohérent et d'extrêmement dangereux.
02:40J'écoutais ce matin Robert Ménard sur Europe, qui expliquait qu'il connaissait énormément de gens
02:45qui avaient acheté des armes, énormément de commerçants qui avaient acheté des armes.
02:49Et c'est vrai qu'à Paris, par exemple, quand vous voyez que vous avez 451 boutiques qui ont été
02:54vandalisées,
02:55évidemment que les commerçants n'ont pas envie de revivre ça.
02:59Ils ont la peur au ventre et ils sont ruinés.
03:01Même chose à Marseille, même chose à Lyon, etc.
03:04Donc là, moi je trouve que là, ce sont des propos qui sont extrêmement inquiétants
03:07parce qu'on a vraiment le sentiment que l'état ne peut plus protéger les français.
03:12Or, un état, c'est fait pour ça.
03:13Mais cela dit, les couvre-feux semblent marcher quand même.
03:16C'est calme, là, les nuits.
03:17Oui, mais enfin, si le préfet de police dit, moi, armez-vous, organisez-vous,
03:22parce que je ne peux rien faire pour vous.
03:23Mais enfin, donc déjà, si vous voulez, il n'y a plus d'hôpital depuis le Covid.
03:27Il n'y a plus de lycée depuis les classements PISA.
03:30Et maintenant, il n'y a plus de police avec les manifestations de l'ultra-gauche.
03:35C'est brillant.
03:36Jules Torres.
03:37Là où je trouve ça assez fou, c'est que, en fait, moi je veux bien qu'on mette l
03:42'état d'urgence,
03:43mais il faut que ce soit cohérent avec la doctrine que l'état a décidé.
03:47C'est-à-dire que Bruno Rotaillot, moi je comprends pourquoi il souhaite l'état d'urgence,
03:50parce que Bruno Rotaillot, ministre de l'Intérieur, je ne pense pas qu'on aurait eu la même doctrine du
03:54maintien de l'ordre.
03:55Je ne pense pas qu'on aurait eu le même type de choses.
03:58Tout à l'heure, je vous parlais de seulement 38% du parc des unités mobiles déployées,
04:02c'est-à-dire compagnie de CRS et compagnie de gendarmerie mobile.
04:05Il y en a 180 dans notre pays, il n'y en avait que 70 qui étaient déployées le samedi
04:0917.
04:10Et moi j'ai contacté notamment les entourages, à la fois de Bruno Rotaillot et de Gérald Darmanin,
04:14donc des anciens ministres de l'Intérieur, sur certaines manifestations, sur certaines journées noires,
04:18qui étaient bien moindres que le 17 octobre, on était à 80 à 90% du parc qui était mobilisé.
04:25Donc là, on a vu en effet que l'état n'était pas capable d'anticiper.
04:28Mais c'est parce que c'est aussi la doctrine du maintien de l'ordre qu'on a décidé depuis
04:32trois semaines,
04:32c'est-à-dire qu'on a laissé des gamins de 16 à 17 ans, de 18 ans, bloquer tout
04:37le pays.
04:38On voulait absolument éviter des images, ça peut se comprendre,
04:41des images de policiers qui frappent, qui mettent des coups de matraque à des étudiants,
04:48éviter l'image que la France insoumise pourrait récupérer comme ils ont essayé de le faire à Belfort.
04:52Donc le problème étant que, moi, un état d'urgence sous Laurent Nunez,
04:56je ne vois pas bien quel serait l'apport.
04:57Non mais sincèrement, parce qu'ils ne veulent pas qu'il y ait des images gravissimes.
05:03On a un président de la République qui vous dit que les policiers ont manqué d'empathie,
05:09ont manqué d'humanité.
05:10L'état d'urgence, on arrive à des choses bien pires.
05:14Donc c'est pour ça que je comprends pourquoi Laurent Nunez fait ça aujourd'hui,
05:16c'est-à-dire que le droit commun, aujourd'hui, nous autorise à annuler un certain nombre de manifestations.
05:22D'ailleurs, je crois qu'à Orléans dimanche, c'est-à-dire bizarre que ce soit dimanche et pas samedi,
05:30ça pourrait être samedi et dimanche.
05:32Mais donc le droit commun nous permet quand même déjà de faire des choses
05:34par rapport à ce que l'État voudrait comme image.
05:38Jean-Michel Salvatore.
05:39Sur l'état d'urgence, moi je considère que les Français avaient besoin d'un choc psychologique
05:44qui aurait marqué que l'État était là et que l'État voulait vraiment défendre les Français.
05:52Mais malgré tout, c'est vrai qu'il y a un argument qui plaide contre l'état d'urgence,
05:56qui n'est pas un argument très glorieux, mais dont il faut tenir compte,
06:01c'est la question des marchés financiers.
06:03C'est-à-dire qu'à partir du moment où vous déclenchez l'état d'urgence,
06:06vous créez une inquiétude supplémentaire chez les investisseurs au sein des marchés financiers
06:15qui se disent que finalement la situation française est encore plus grave qu'ils ne l'imaginaient.
06:21Et donc c'est vrai que ça peut alimenter une augmentation des taux d'intérêt
06:25parce que évidemment les marchés financiers considèrent que la France est un risque très important.
06:32Donc ça a pu jouer d'ailleurs dans la décision du président de la République dimanche dernier.
06:37On a dit que ça faisait partie des éléments qui l'ont convaincu de ne pas décréter l'état d
06:43'urgence
06:43alors que dimanche dernier vers 16h, il était résolu à le faire.

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