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  • il y a 2 jours
Télématin reçoit Thierry Clair, Secrétaire Général de l'UNSA Police / FASMI.

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Transcription
00:00Dans l'immédiat, les regards, vous le savez, sont tournés vers la journée d'action contre la bichière de samedi.
00:04Combien seront-ils dans les cortèges ? Faut-il craindre de nouvelles violences, de nouveaux pillages en marge des manifestations
00:11?
00:12Les forces de l'ordre très critiquées le week-end dernier sont sous pression.
00:16Bonjour Thierry Clerc.
00:17Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes secrétaire générale de l'UNSA Police.
00:21Les policiers ont été débordés samedi dernier.
00:24Le gouvernement promet un dispositif massif qu'on va détailler dans quelques minutes.
00:28Mais d'abord, vos collègues sont-ils prêts ? Et dans quel état d'esprit êtes-vous ?
00:32Nos collègues sont toujours prêts. Mais nos collègues, c'est vrai qu'ils sont fatigués aussi.
00:36Ça fait déjà maintenant trois semaines qu'on subit des violences, des exactions qui sont fortes, des collègues des policiers
00:42qui sont pris pour cible systématiquement.
00:44Et effectivement, ça commence à peser. La résilience aussi, cette capacité à absorber les coûts, les tensions, elle a aussi
00:50ses limites.
00:51Et c'est pour ça aussi qu'on a demandé une audience auprès du ministre de l'Intérieur pour évoquer
00:54justement les moyens,
00:56l'adaptation des moyens, la reconnaissance aussi, la protection fonctionnelle de nos collègues.
01:00Bref, des sujets d'inquiétude.
01:01Il y a eu des critiques à encaisser après les manifestations du week-end dernier,
01:05les couvre-feux à faire respecter en plus des missions habituelles.
01:09À quoi a ressemblé la semaine de vos collègues dans les commissariats ?
01:12La semaine de nos collègues, elle a été chargée d'abord pour tous ceux qui ont été amenés à faire
01:15des enquêtes.
01:16Le travail qui a été amené d'enquête sur toutes les exactions qui ont été commises, avec toutes les traces,
01:22les indices, les investigations à mener.
01:24Et puis ensuite, les comparations, la présentation. Je veux dire, il y a tout un travail derrière qui est assez
01:28important.
01:28Les collègues qui ont subi véritablement une déferlante de violences le week-end dernier notamment.
01:33Et cette prise pour cible, véritablement, elle a marqué des esprits.
01:36On a eu des collègues qui ont été très gravement blessés.
01:38Je pensais à un collègue qui a perdu 14 dents, une collègue qui a eu une fracture ouverte de la
01:43hanche,
01:43un collègue qui a pris du plomb dans la cuisse, etc.
01:46Donc voilà, plus de 1000 blessés, c'est quand même pas anodin.
01:49Et c'est vraiment un mouvement, en fait, dans lequel on se doit effectivement de ne pas en rester là.
01:54Le gouvernement a reconnu que le dispositif de samedi dernier était trop statique, que ça va changer samedi.
02:00Concrètement, est-ce que vous avez reçu de nouvelles consignes ?
02:03Ou pour l'instant, ce sont surtout des discours politiques ?
02:06Alors pour l'instant, ce sont surtout des collègues qui vont être rappelés sur leur congé.
02:09Une très forte mobilisation des policiers, un taux de présence dans les services qui va largement augmenter.
02:15C'est-à-dire quoi ? Pas de vacances ? Des vacances refusées ?
02:17Des congés refusés, vraiment les congés qui étaient prévisionnels.
02:20Mais tous les autres congés sont refusés.
02:22Des collègues sur leur repos qui sont rappelés.
02:24Donc c'est vrai que la vie familiale, on la met en berne ce temps-là.
02:26Mais des collègues qui sont volontaires aussi pour venir,
02:28parce qu'ils savent qu'effectivement, il y a nécessité à le faire.
02:31Mais ça étant, c'est quand même une grande résilience qu'on demande à nos collègues.
02:34Donc être plus mobile sur le terrain, ça veut dire quoi pour un policier dans la rue ?
02:38En fait, si vous voulez, le maintien de l'ordre est à la fois organisé par nos collègues CRS,
02:43dont c'est le cœur de métier, les escadrons de gendarmerie également.
02:46Et puis on a tous les collègues des commissariats, des compagnies d'intervention,
02:49des brigades d'anticriminalité, des BST, qui eux sont beaucoup plus mobiles.
02:52Donc si vous voulez, il y a des dispositifs, des stratégies qui doivent être mises en place.
02:55Il faut que tout le monde se parle aussi pour que ça fonctionne bien.
02:57Et ça, c'est un moment de travail qui doit être fait en amont d'ailleurs de la journée de
03:01semaine.
03:01Mais pardon, je me répète, mais ça veut dire quoi ?
03:03Ça va aller encore plus au contact des manifestants ?
03:05Alors, des meneurs en fait, des gens qui vont casser.
03:09Il y a effectivement des stratégies de mise à distance,
03:11avec notamment l'envoi de grenades lacrymogènes, etc.
03:14Donc ça, c'est la stratégie du maintien de l'ordre classique.
03:16Mais là, quand on se retrouve dans un mouvement de guérilla urbaine,
03:19de violence, de casseurs, de pilleurs en fait,
03:21véritablement, à un moment donné, il faut bien interpeller,
03:23il faut bien aller effectivement en contact.
03:25Là, on risque effectivement d'avoir des blessures.
03:27Quand Emmanuel Macron promet dimanche dernier d'être intraitable avec les casseurs,
03:31ça change quelque chose, encore une fois, pour un policier dans la rue ?
03:34Aujourd'hui, je crois que c'est l'état d'esprit ambiant.
03:37Le respect vis-à-vis du policier est en faillite totale.
03:40Je veux dire, le statut social du policier,
03:43comme celui de l'enseignant, même celui du magistrat,
03:45est remis en cause au fil des années et il ne cesse de régresser.
03:48Et véritablement, on doit travailler là-dessus.
03:50On doit travailler là-dessus.
03:51C'est aussi l'affaire de toute la société,
03:52c'est pas seulement l'affaire de la police.
03:53J'évoquais le dispositif annoncé par le gouvernement.
03:55Dans le détail, on parle du déploiement possible du RAID,
03:58de la BRI, du GIGL, les militaires de l'opération Sentinelle,
04:01des blindés, des canons à eau.
04:02Est-ce que c'est bien le rôle de tout le monde d'être là ce jour-là ?
04:07Oui, les personnels de l'armée de l'opération Sentinelle
04:11vont être amenés à remplacer nos collègues
04:14qui effectuent des guerres statiques sur du bâtimentaire.
04:16Donc, voilà, tous les bâtiments particuliers de l'État,
04:21et c'est à ce niveau-là qu'on pourra redéployer
04:23les compagnies notamment républicaines de sécurité
04:24qui sont en surveillance de ces gardes
04:26sur le maintien de l'ordre à proprement parler.
04:28Pour le RAID et la BRI ?
04:29Pour le RAID et la BRI, je pense qu'il y a un effet notamment d'annonce.
04:33C'est vrai que le travail du RAID,
04:33le travail de nos collègues de la BRI,
04:36c'est pas celui d'intervenir sur du maintien de l'ordre.
04:38Là, on est véritablement dans du rétablissement de l'ordre.
04:41Donc, ce sont des collègues qui interviendront
04:42sur des situations qui seront les plus difficiles.
04:45Je veux dire, tout ça devrait être en principe organisé.
04:47Est-ce que vous avez reçu des consignes sur l'usage de la force
04:49et des limites à ne pas franchir ?
04:53L'usage de la force, il est connu.
04:54Le problème, c'est que systématiquement,
04:56le policier, on l'a vu pendant notamment le mouvement lycéen,
04:59si vous voulez, 80% des manifestations lycéennes
05:02se sont bien passées.
05:02Il y a eu 15 à 20% de mouvements en marge des manifestations
05:06qui ont dégénéré avec de la casse,
05:08des gens qui étaient venus pour en découdre avec les forces de l'ordre.
05:11Et je veux dire, le problème, c'est que la police,
05:13on en a besoin, on l'appelle,
05:14elle vient, elle intervient,
05:15sauf que derrière, effectivement, il y a des coups,
05:18il y a des choses qui peuvent être portées,
05:19parce que c'est vrai que quand on part au contact,
05:20c'est toujours compliqué, c'est toujours difficile.
05:22Il y a des manifestants qui sont, quelque part,
05:24complices passifs, parce qu'ils restent au milieu,
05:26alors qu'il y a de la casse,
05:27alors qu'il y a des vitrines qui sont brisées,
05:31alors qu'il y a des exactions vis-à-vis des forces de l'ordre.
05:33Et dans l'intervention, c'est véritablement…
05:35Complices passifs, parfois, ils ne peuvent pas bouger,
05:36ils sont brassés eux-mêmes.
05:37Ou alors, ils regardent eux-mêmes, simplement,
05:39ils sont badauds, ils regardent,
05:39et véritablement, ils perturbent et ils gênent,
05:42en tout cas, l'intervention.
05:43Depuis plusieurs jours, on entend certains commerçants
05:45qui se barricadent en vue de la journée de samedi.
05:48Certains commencent à dire qu'ils vont s'armer
05:50pour se défendre seuls.
05:52Cette question de l'autodéfense,
05:53est-ce que vous la redoutez ?
05:56Alors nous, on leur dit que ce n'est pas une bonne solution,
05:58parce que, d'abord, les techniques d'intervention,
06:00il faut les maîtriser.
06:01On a affaire à des personnes
06:02qui sont particulièrement déterminées.
06:03Ça, il faut véritablement le prendre en compte.
06:05Quand on s'en prend à des policiers
06:06qui sont eux-mêmes armés,
06:08c'est bien une grande détermination, véritablement.
06:10Et en plus, les gens interviennent en nombre
06:12dans les commerces.
06:13Et donc, véritablement,
06:14les commerçants risqueraient, d'une part,
06:16de se mettre en difficulté,
06:17avec des blessures,
06:18et puis peut-être des suites pénales
06:19par rapport à l'utilisation d'armes ou pas.
06:21Donc, il faut être très prudent là-dessus.
06:23Ce sont les forces de l'ordre,
06:24c'est aux forces de l'ordre, en tout cas,
06:25qu'il appartient à intervenir.
06:27Et je rappelle que le préfet de police de Paris,
06:28ce matin, a indiqué aux commerçants,
06:30dans une note,
06:31qu'il leur conseille d'adapter leurs horaires.
06:33Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin, Thierry Clair.

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