- il y a 2 jours
Emmanuel Vasseneix est l'invité de Face à Thomas. Il dirige le groupe LSDH, Entreprise créée en 1909 par des agriculteurs, reprise par la famille Vasseneix en 1947, aujourd’hui spécialisée dans l’élaboration et le conditionnement de liquides alimentaires. Il revient sur l'histoire de cette entreprise familiale, et sur l'impact de la politique sur l'entreprise.
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00:04Mon invité, c'était Emmanuel Vassnex, bonjour.
00:06Bonjour.
00:07Bienvenue, vous êtes le président du groupe LSDH, la laiterie de Saint-Denis de l'Hôtel.
00:11On est dans la région d'Orléans, c'est ça ?
00:13Exactement.
00:13Et alors, c'est vraiment une entreprise familiale.
00:16Elle a été créée en 1909 par des agriculteurs, reprise par votre famille en 1947.
00:22Tout à fait.
00:22C'est une laiterie qui ne fait plus seulement des produits laitiers, c'est ça ?
00:25Complètement.
00:25On est aujourd'hui, par la force des choses, la réforme de la PAC, les quotas laitiers,
00:30on est obligé de se spécialiser dans les liquides alimentaires.
00:34Donc aujourd'hui, vous avez de nos produits dans vos frigos ou dans vos rayons.
00:38On fait du jus de fruits, on fait des boissons végétales, on fait des boissons gazeuses.
00:42Et puis ensuite, l'esprit entrepreneurial de l'entreprise a fait qu'on a racheté d'autres entreprises.
00:47Et on s'est aussi lancé dans la salade, avec des marques comme Crudette, Bonduelle également.
00:52Et puis, on vient de racheter la biscuiterie de Chambord, qui est un fleuron patrimonial français qu'il ne fallait
00:57pas laisser tomber.
00:59Donc voilà, c'est un groupe qui continue son chemin.
01:02Cette diversification, en quelque sorte, si je vous entends bien, elle a été en partie forcée et stratégique, j'imagine
01:10?
01:10Alors, elle a été surtout forcée, parce qu'il faut se remettre un petit peu, on sort de la guerre,
01:15l'Europe meurt de faim.
01:17Mon grand-père est obligé d'intégrer cette laiterie parce qu'il ne pouvait plus exercer son métier d'ébéniste.
01:21Et donc, il a racheté cette entreprise.
01:23Et notre première vocation, c'est de nourrir les gens, en fait.
01:26Il faut nourrir vite.
01:26Et donc, les politiques de l'époque ont mis en place la PAC, la politique agricole commune, qui a permis
01:31de rationaliser, en fait, les productions.
01:32L'ouest de la France, plutôt, de l'élevage.
01:34Et nous, dans une région, quand vous traversez notre région, vous avez le grenier de la France, c'est Réal
01:38-Bétrave.
01:38Au milieu, vous avez les fruits, les châteaux, les primeurs, mais plus de vaches.
01:41Et au sud, le terrain de jazz des Parisiens.
01:42Voilà un petit peu quoi.
01:43Donc, développer une entreprise quand on n'a plus de matière première, c'est compliqué.
01:46Et en fait, on va comprendre en 1984, au moment où on va être mis en place les quotas laitiers,
01:51l'Europe croule là, sous des montagnes de beurre et de moudre,
01:54et bien que finalement, notre savoir-faire, ce n'est pas de fabriquer du lait ou des choses comme ça,
01:59c'est d'avoir le savoir-faire pour le faire.
02:00Donc, c'est les hommes, en fait, avec un grand H qui comptent.
02:03Et c'est ce savoir-faire qu'on a développé.
02:04Nous, on fait un métier qui est d'assurer, en fait, finalement, la conservation de produits agricoles dans le temps.
02:10Et donc, on va produire du lait.
02:12Et quand vous maîtrisez le lait, le lait, c'est un produit formidable, fabriqué par des gens exceptionnels.
02:16C'est un métier dur dans l'agriculture.
02:18Et ce lait qu'on a réussi à fabriquer, quand vous le maîtrisez, vous maîtrisez tous les liquides alimentaires.
02:22Vous savez faire de l'eau, de la sauce tomate, des jus de fruits, tout ce qui est liquide.
02:25C'est presque plus facile, si je vous entends ?
02:26Certains sont plus faciles, oui, parce que, par exemple, les jus de fruits, on a une autoprotection qui est l
02:30'acidité de nos produits.
02:32Et donc, ça nous permet ensuite de faire.
02:33Après, chaque métier, chaque produit a ses spécificités.
02:36Et donc, il faut effectivement adapter nos process de fabrication à tout ça.
02:39Vous l'avez dit, votre famille reprend cette laiterie en 1947.
02:44Troisième génération, c'est ça ?
02:45Troisième et bientôt quatrième.
02:46On est en train de former la quatrième.
02:48Alors, on a eu un passage étonnant parce que, en fait, l'entreprise n'allait pas très bien dans les
02:53années 60-70.
02:55Mon grand-père a vendu 93% des actions à un autre groupe.
02:58Mon père est resté le dirigeant pendant plus de 25 ans.
03:01Et moi, qui suis de formation agricole, puis de formation agronomique,
03:05qui ai un parcours, et entre autres, j'ai eu une chance, c'est d'avoir travaillé dans le groupe
03:08Danone
03:08et d'avoir connu Antoine Riboud, qui m'a beaucoup inculqué de choses sur le côté humain, en fait, finalement,
03:14de l'entreprise,
03:15le projet économique et social.
03:16J'ai intégré cette entreprise en 1992.
03:18Et trois ans après, le groupe nous a mis en vente.
03:21Et donc, j'ai décidé avec mon père de racheter l'entreprise par petits bouts,
03:24parce qu'on n'avait pas d'argent, on n'avait pas les moyens.
03:26Et donc, c'est la véritable aventure entrepreneuriale.
03:28Et donc, on a racheté 50% en 1996, 66% en 2002 et 100% en 2007.
03:33Donc, on a fait de la déconcentration dans ce monde, où aujourd'hui, tout le monde concentre, concentre, concentre.
03:37Nous, on a déconcentré.
03:38Ça met la pression.
03:41Alors, c'est à la fois génial et en même temps, il y a une forme de pression de se
03:43dire,
03:43il faut que je maintienne, peut-être pour vos enfants, filles ou fils, de reprendre le flambeau.
03:50Oui, la pression, elle est très forte.
03:52D'abord, quand vous avez 30 ans et que vous êtes, entre guillemets, un gamin.
03:56Moi, j'ai appris beaucoup de choses sur le tas.
03:57Vous voyez, la gestion de trésorerie, des choses comme ça.
03:59Je ne l'ai pas appris à l'école.
04:00Quand vous n'avez pas de quoi payer vos fournisseurs, vous apprenez à être bon.
04:04Et puis, je dis toujours, ce qui est important, c'est que notre première responsabilité,
04:07nous, ce n'est pas d'avoir le plus gros compte en banque ou d'assurer la pérennité
04:10ou le transfert à nos enfants, etc.
04:12C'est les 2700 salariés qui travaillent avec moi.
04:14On leur propose un projet, je leur propose un projet.
04:16Je n'ai pas le droit de les décevoir.
04:18Donc, c'est l'implication qu'on va avoir.
04:20Et comment on crée finalement une émulation qui est très positive avec nos producteurs de laine,
04:25nos collaborateurs, nos clients aussi, parce que sans eux, on n'est rien.
04:27Et donc, effectivement, c'est comme ça qu'on arrive à développer un concept qui est un petit peu différent.
04:31Quelques chiffres sur le groupe LSDH.
04:341,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires.
04:36Vous venez de le dire, 2700 salariés, 12 sites de production, 95% des chiffres d'affaires réalisés en France.
04:44Et donc, cette expérience chez Danone.
04:47Antoine Riboud, qu'est-ce qui vous a inculqué, qui vous sert encore presque tous les jours ?
04:52J'ai eu cette chance de le rencontrer trois fois dans ma vie.
04:55C'est un homme qui était remarquable dans l'appréciation qu'il avait.
04:59Et il avait écrit des petits livres, vous savez, pour Jacques Chirac, sur l'évolution, la modernisation des outils de
05:05production,
05:06la souveraineté alimentaire et la souveraineté industrielle, qui est quelque chose qui est extrêmement fort aujourd'hui.
05:12Et en fait, cet homme était d'une simplicité impressionnante.
05:15Et surtout, il ramenait toujours sur le côté, sans les hommes, on n'est rien.
05:18Et je pense que ça m'a beaucoup, derrière, inculqué de choses et de valeurs, en fait, finalement.
05:23Alors, mon papa aussi a eu cette vertu-là de m'inculquer beaucoup de choses.
05:29Et puis, moi, je suis à Orléans.
05:30Et à Orléans, quand vous traversez, vous êtes dans un bassin où, en face de chez moi, j'ai le
05:34groupe Mars.
05:36Donc, à côté, on a Dior, on a Chichaïdo, on a Orangina, on a Cargill.
05:41Et donc, arriver à développer une politique sociale et salariale avec des groupes.
05:45Moi, je faisais des produits, je faisais du lait premier prix, vous voyez.
05:47Donc, des choses qui étaient banales.
05:49Il faut avoir, finalement, de la résonance et de la résilience par rapport à ce qu'on a pu avoir.
05:54Donc, on a changé ça en l'espace de 30 ans.
05:57On a su, finalement, en faire une entreprise de renom, aujourd'hui, sur notre territoire.
06:01Et surtout, générer de la fierté.
06:03Et c'est ça qui est important.
06:04Et ces chiffres qu'on a donnés, ils s'expliquent aussi, vous l'avez dit tout à l'heure, par
06:07de la croissance externe, c'est ça ?
06:09Tout à fait.
06:09Alors, donc, nous, on a eu, en fait, à peu près le périmètre historique de l'entreprise, aujourd'hui,
06:15pèserait à peu près 400 millions d'euros de chiffre d'affaires.
06:17En fait, le point, moi, je n'ai jamais racheté une entreprise en me disant,
06:21tiens, demain matin, pour consolider mon activité, je vais racheter telle et telle entreprise.
06:25C'est toujours des gens qui sont venus me voir en me disant, voilà, le projet que vous me proposez,
06:29on aime bien le projet que vous proposez.
06:31Parce que vous emmenez les gens avec vous, vous avez un câble, vous êtes résilient, etc.
06:35Donc, en 2008, j'ai racheté les jus de fruits d'Alsace à Sa Réunion, parce que 4 cartes sont
06:41venus me boire en me disant,
06:41voilà, notre entreprise va être vendue ou fermée, est-ce qu'on peut faire un bout de chemin avec vous
06:45?
06:45Et puis, on a redressé, nous, on est assez terriens, en fait, on est issu du monde agricole,
06:50donc on remet les fondamentaux économiques, on regarde comment on peut amener de l'innovation,
06:54comment on crée du lien avec ça.
06:56L'année d'après, on a repris une usine dans le Cholet, qui s'appelle l'Abeille de Cholet,
06:59qui fait des colas, des soft drinks, des limonades, des sirops, et maintenant, on en a fait un bassin laitier.
07:04Et puis, en 2013, alors moi, j'ai une particularité, c'est que je ne supporte plus qu'on détruise
07:09nos entreprises,
07:10notre territoire, nos savoir-faire, nos filières, etc.
07:13Et en 2013, j'ai créé avec Xavier Belin, qui était le président de la FNSEA,
07:17qui est un homme qui était un ami et qui était à 4 km de chez moi,
07:20et là, il est parti, mais on a créé l'Open Agri-Food,
07:24qui est un club de réflexion sur l'alimentation de demain,
07:26qui travaille énormément sur l'éducation alimentaire.
07:28Et puis, on a pris conscience, en fait, finalement,
07:32que tout ce qu'on raconte aujourd'hui sur la souveraineté alimentaire,
07:35la souveraineté industrielle, excusez-moi du terme, mais c'est du vent.
07:37C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on ne la fait pas dans les faits.
07:40C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on continue à laisser partir nos industries,
07:44nos filières, nos fleurons, et on perd pour des tas de raisons.
07:47Il y a des raisons de volonté, mais il y a aussi des raisons fiscales,
07:51il y a des raisons de succession, etc.
07:52Et moi, j'ai dit, on ne peut plus laisser faire ça.
07:54Donc, en 2013, il y avait une usine à 7 km de chez moi,
07:57qui faisait de la salade en sachet.
07:59Cette entreprise allait être fermée, rachetée par un grand groupe,
08:03qui, derrière, allait fermer pour consolider, en fait, finalement, l'activité.
08:06Il y avait 700 salariés.
08:07Moi, j'ai 250 personnes qui, tous les matins, épluchent de la salade
08:09et produisent de la salade pour les citoyens français.
08:13Et ces gens-là, ils ont une puissance énorme.
08:15C'est-à-dire que ces gens-là, aujourd'hui, s'ils ne font pas bien leur travail,
08:18moi, j'ai échoué.
08:19Vous voyez ?
08:19Donc, la considération qu'on a pour des gens qui épluchent, effectivement,
08:22de la salade, elle est importante.
08:23Et donc, on a décidé de reprendre les crudettes.
08:26On l'a adossé à d'autres sites de production
08:28pour en faire, aujourd'hui, un acteur important en France.
08:31Et est-ce que, dans ce cas-là, il n'y a pas forcément
08:33donc, restructuration des emplois qu'il faut, entre guillemets, sacrifier ?
08:39Et comment cette phase-là, vous la mettez en conformité
08:42avec les principes dont vous nous parliez tout à l'heure,
08:44qui sont des principes d'un entrepreneuriat à l'aribou,
08:49c'est-à-dire tourné vers le social et vers l'humain ?
08:51J'ai, alors, pour l'instant, je n'ai pas eu à faire ça.
08:54Je n'ai pas eu à faire ça.
08:55Je ne dis pas que je n'aurais pas à le faire.
08:57Parce qu'il y a des moments, il y a des choses qui peuvent bouger.
08:59On voit en ce moment, avec tout ce qui se passe,
09:01comment on est dans un monde d'incertitude.
09:03Néanmoins, je pense que c'est avant tout un problème de posture que l'on a.
09:07Soit vous considérez que les personnes et les filières,
09:11donc nos producteurs, sont la première variable d'ajustement
09:15de votre compte d'exploitation.
09:16C'est-à-dire qu'à un moment, vous n'arrivez pas à vendre correctement,
09:17suffisamment, etc.
09:18Et vous dites, je vais aller amortir ça en diminuant mon nombre de personnes,
09:22en diminuant mon nombre de producteurs.
09:23Soit vous dites, c'est la dernière.
09:25Et je pense vraiment à ça.
09:26C'est-à-dire que je pense que quand on a une conception...
09:28Moi, je vivrais comme un échec à un moment
09:30d'avoir à licencier des personnes, etc.
09:32Je ne dis pas, encore une fois, que je ne le ferai pas
09:34parce que les conditions pourront m'amener à le faire.
09:36En tout cas, je n'ai pas été amené à le faire.
09:38Et par contre, c'est derrière.
09:38Comment on met toute l'entreprise en émulation
09:41au travers d'un seul objectif qui est de réussir ?
09:43Et ça, on parlera un petit peu plus tard
09:45de la participation et de l'intéressement,
09:47qui est un outil absolument formidable.
09:48Donc, par rapport à ça, c'est comment, finalement,
09:50on axe les choses sur la réussite collective ensemble.
09:54Et il n'y a pas de petites et grandes personnes,
09:55il n'y a pas de petits et grands projets,
09:56il y a des projets, des personnes.
09:57Et moi, je ne suis pas au-dessus de la mêlée,
10:00je suis dans la mêlée.
10:01Et c'est ça qui permet, effectivement, d'avancer sereinement.
10:03Et vous travaillez toujours avec la marque,
10:06c'est qui le patron ?
10:07Alors, on a avec Nicolas Chaban,
10:09que vous avez reçu plusieurs fois
10:11et qui est une personne remarquable.
10:13On a créé, effectivement, en 2016, cette marque
10:17dans des conditions complètement incroyables.
10:19Quand vous refaites, il n'y a eu aucun cours de marketing
10:21ou des choses comme ça qui permettraient de justifier ça.
10:23On s'est mis, c'était à Pont-de-Veaux.
10:25Et puis, on a dit, voilà, on va essayer de sauver
10:27ces 80 producteurs de l'œil, 28 millions de litres.
10:30Avec l'idée de faire une marque
10:31où le pouvoir est entre les mains des consommateurs.
10:33Exactement.
10:34C'est-à-dire que le pouvoir, c'est de dire,
10:35le consommateur, en fait, finalement,
10:37on constate que la carte bleue, aujourd'hui,
10:38a plus de pouvoir que la carte des lecteurs.
10:40Et donc, le consommateur a le pouvoir
10:43de faire ou pas faire.
10:44Et j'invite les gens qui veulent consommer
10:45des produits, c'est qui le patron,
10:47à le faire parce qu'ils ont l'assurance
10:48que ça ira derrière au consommateur.
10:50Donc, on a créé ça, adossé sur des structures
10:53très fortes en termes psychologiques.
10:56C'est-à-dire que, globalement,
10:57oui, on a sauvé les producteurs,
10:58mais il fallait être aussi le garant.
10:59Moi, j'explique toujours qu'on propose
11:02une juste rémunération des producteurs
11:04qui leur permettent d'ailleurs,
11:05sans appeler à l'État,
11:06à mener les transitions agroécologiques
11:08qui sont nécessaires,
11:09sans demander d'aide,
11:10sans demander des choses comme ça,
11:11puisqu'on est un pays où on demande
11:12de l'aide de partout par rapport à ça.
11:13Mais l'aide, c'est nous qui la finançons, quand même.
11:15Et puis, derrière,
11:16on assure aussi aux consommateurs
11:18une protection de son prix.
11:20Donc, nos prix ne vont jamais dégringoler,
11:21mais nos prix ne vont jamais exploser non plus,
11:23parce qu'on est dans un tunnel de fonctionnement.
11:25Et d'ailleurs, on a su, derrière,
11:26le dupliquer avec d'autres distributeurs
11:27sur les contrats tripartites ou des choses comme ça.
11:30Oui, effectivement.
11:30Alors, justement, ces accords tripartites,
11:33la clé du succès, c'est quoi ?
11:34C'est justement la durée ?
11:35C'est le fait de s'engager sur une période longue ?
11:37C'est d'abord la transparence.
11:38Je pense que se parler des choses,
11:40quand vous mettez autour de la table
11:41un distributeur, un industriel et un producteur,
11:45vous ne pouvez pas tricher.
11:46Parce que, forcément, il y en a deux qui ont entendu
11:47ce que vous avez dit,
11:48si vous avez dit une bêtise, etc.
11:49Donc, on ne triche pas.
11:50Ensuite, c'est d'appliquer ce qu'on a dit.
11:52Et nous, on va très loin.
11:54On va jusqu'à la certification de nos comptes
11:56tous les mois,
11:57le partage avec nos producteurs,
11:58avec nos distributeurs,
11:59mais également avec un commissaire aux comptes
12:01qui vient certifier.
12:02La réponse à tout moment,
12:03parce que vous pensez bien que depuis 10 ans,
12:05on a été extrêmement attaqués
12:06par certains de nos concurrents
12:07qui nous veulent du bien,
12:08mais à chaque fois,
12:09finalement, ça a glissé
12:10parce qu'on avait cette résonance
12:12et on avait cette démonstration
12:14qui était faite.
12:16Et puis, le dernier point,
12:17c'est d'arriver à convaincre le consommateur.
12:19C'est qu'aujourd'hui,
12:20moi, j'ai eu l'occasion récemment
12:21de montrer un litre de lait
12:22qui était vendu en promotion
12:24et de dire,
12:25ce litre de lait tue un agriculteur.
12:27Parce qu'aujourd'hui,
12:27je peux vous donner du lait,
12:29ce n'est pas pour ça
12:29que vous allez vous relever la nuit
12:30pour en boire.
12:31Donc, aujourd'hui,
12:32on sait bien
12:32qu'il y a des choses
12:33qui deviennent ridicules,
12:34mais par contre,
12:34qui sont extrêmement importantes
12:36pour l'avenir de nos filières.
12:37Et là, il faut absolument
12:38qu'on les consolide
12:39et les démarches
12:40comme c'est qu'il patron
12:41sont des démarches
12:42qui initient beaucoup de choses.
12:42Mais pour avoir reçu
12:44Nicolas Chavannes,
12:44il parlait par exemple
12:46des lois Egalim.
12:48Il dit qu'il manque toujours
12:49les consommateurs
12:50autour de la table.
12:50C'est vrai que...
12:51Comment c'est possible ?
12:53Comment c'est possible ?
12:54Parce que je pense que
12:54notre système aujourd'hui
12:55est d'ailleurs...
12:56Il n'y a pas que là.
12:57Je pense qu'on a des gens
12:59qui pensent
12:59et puis on a des gens
13:00qui derrière agissent
13:02et on a un peu oublié
13:03en fait, finalement,
13:04le consommateur
13:06que c'est lui qui achetait.
13:07Vous comme moi,
13:08à un moment,
13:08vous pouvez faire
13:09ou pas faire les choses.
13:10Donc nous,
13:11on a simplement dit...
13:12Et moi,
13:12ce que je peux témoigner,
13:14c'est parce qu'on les reçoit beaucoup,
13:15on leur explique
13:16avec des gens
13:17qui à des moments
13:17ont des idées préconçues
13:18qui sont initiées
13:19par des choses
13:19qu'ils ont vues,
13:20lues, etc.
13:22Mais quand on prend le temps
13:22d'expliquer
13:23comment se crée la valeur,
13:24comment elle se développe,
13:25etc.
13:26Eh bien,
13:26on voit que les gens comprennent
13:27et comprennent les difficultés
13:28et comprennent que
13:29tout ne peut pas se faire
13:30du jour au lendemain,
13:31que nous,
13:31on vit avec l'élément de la nature
13:33qui a ses hauts et ses bas
13:34et on l'a vu cet été.
13:36Et donc,
13:36effectivement,
13:36on a ses évolutions.
13:37Donc il faut absolument
13:39remettre tout le monde
13:39parce que c'est un projet
13:40avant tout,
13:41un projet collectif
13:42dans lequel l'ensemble
13:43des acteurs sont présents.
13:44Vous disiez tout à l'heure
13:45que les mots
13:47autour de la réindustrialisation,
13:49c'est souvent du vent.
13:50Je vais vous citer,
13:51il y a un an,
13:51vous disiez à nos confrères du Point,
13:52moi, chef d'entreprise,
13:53je ne reçois plus de politique
13:54car c'est un système du passé.
13:55Pourquoi vous dites ça ?
13:56Je ne dis pas
13:57que je ne reçois plus de politique
13:59parce que je pense
13:59que des entreprises comme nous,
14:01on est finalement devenu
14:02une certaine forme de caution
14:03de leur système
14:05et de leur mécanique.
14:06Pourquoi ?
14:07Parce que quand je suis bien énervé,
14:08je vous dirais
14:09oui, j'en ai marre,
14:10je vais m'en aller en Belgique,
14:11je vais délocaliser,
14:12je vais partir.
14:12Mais je ne le ferai pas.
14:13Je ne le ferai pas
14:14parce que je suis d'ici,
14:15parce que j'achète mon pain
14:16dans la même boulangerie
14:17que mes collaborateurs,
14:18parce que, etc.
14:19Et parce qu'on est attaché
14:20à notre pays,
14:21à notre pays.
14:21Moi, je suis fier de mon pays.
14:22On a un beau pays,
14:23on a un pays de diversité,
14:24de biodiversité, etc.
14:25J'en suis très fier.
14:26Mais il faut le garder.
14:27Il faut se battre
14:27pour le garder.
14:29Et les politiques viennent.
14:30Donc, ils sont très contents
14:31de venir chez nous
14:31parce que, généralement,
14:32ils sont bien reçus.
14:33Ils ont un petit cadeau
14:33à la sortie, etc.
14:35Sauf que, qu'est-ce qu'ils font ?
14:36Ils disent, oui,
14:36j'ai visité une entreprise
14:37qui fait autrement.
14:38Mais le fond des actions
14:40qu'ils mènent...
14:41Qu'est-ce qu'ils en font après ?
14:42Qu'est-ce qu'ils en font ?
14:42Vous voyez, aujourd'hui,
14:43on a des gros débats.
14:44Les endroits,
14:45ce que je représente,
14:45c'est les ETI,
14:46les entreprises de taille idéale.
14:48On ne dit intermédiaire aussi.
14:56de création de valeurs
14:57sur notre territoire,
14:58d'emplois,
15:00de mener des politiques
15:01qui intègrent les gens,
15:02comme la participation,
15:03l'intéressement, etc.
15:04Donc, tout ça,
15:05aujourd'hui,
15:05il n'y a pas assez d'actes.
15:07Et donc, on le voit,
15:09globalement,
15:10notre industrie,
15:10je lisais avant de venir,
15:12l'industrie agroalimentaire.
15:14Alors, d'abord,
15:15quand on parle de l'industrie
15:16agroalimentaire,
15:16c'est l'alimentation.
15:17L'alimentation,
15:18ça va des producteurs
15:19et de leur amont,
15:20nous,
15:20et puis également
15:21les distributeurs
15:21qu'il ne faut absolument pas oublier.
15:23Ça, c'est l'alimentation
15:24et c'est ça qui est important.
15:25Et aujourd'hui,
15:25cette alimentation,
15:26elle est déficitaire
15:27au niveau de la balance
15:28import-export.
15:28Ce qui est dramatique
15:29alors qu'on est un pays
15:30de production agricole
15:31et de transformation agricole.
15:33Et ça veut dire que
15:35si les candidats à la présidentielle
15:36veulent venir visiter l'usine,
15:38vous fermez la porte ?
15:39Ou quand même,
15:40vous dites,
15:40tiens,
15:41essayons de convaincre
15:42le futur ou la future présidente
15:44de ce que vous faites ?
15:44J'ai 61 ans,
15:45je l'ai fait beaucoup,
15:47beaucoup,
15:47beaucoup de fois.
15:48J'ai reçu Jean Castex,
15:49j'ai reçu un certain nombre
15:50de gens.
15:52Oui, je les recevrai
15:53parce que des fois,
15:55je suis en colère.
15:56Mais vous êtes urbain quand même.
15:58Mais je suis urbain
15:59et je suis poli.
15:59Mais est-ce que ça veut dire,
16:00au bout de la question,
16:01que vous attendez
16:02quand même quelque chose
16:03de ce scrutin présidentiel
16:06dans six mois ?
16:07Moi, j'attends,
16:08moi j'attends,
16:09enfin,
16:10d'abord,
16:10j'attends qu'on mène
16:11des réformes de fonds,
16:13dont une qui est
16:13un de mes grands dada,
16:14qui est la fiscalité.
16:15C'est que je pense
16:15qu'on a commis
16:16une erreur magistrale,
16:17c'est qu'on avait
16:18une fiscalité agricole
16:20adaptée à un monde agricole,
16:21on avait une fiscalité industrielle
16:22adaptée à un monde industriel
16:23et aujourd'hui,
16:24on a un monde du tertiaire
16:25où beaucoup de produits
16:26rentrent de l'étranger
16:27et on n'a pas adapté
16:28notre fiscalité.
16:28Ce qui explique qu'aujourd'hui,
16:30on tape, en fait,
16:31dans de moins en moins de gens
16:33qui sont les gens
16:33qui créent la valeur,
16:34aujourd'hui,
16:35parce que c'est là-dessus,
16:36et donc on alourdit,
16:37en fait, finalement,
16:38notre coût du travail.
16:39Je parle bien du coût du travail,
16:39je ne parle pas des salaires.
16:40Et donc, on perd notre capacité,
16:42effectivement,
16:43à exporter des produits.
16:44Et ça, j'avais proposé,
16:45à l'époque,
16:45au président Sarkozy,
16:46j'avais rédigé un rapport
16:47sur ce qui s'était appelé
16:48la contribution sociale
16:49sur la valeur ajoutée,
16:50donc, telle qu'on l'avait,
16:51en disant,
16:52on va transférer,
16:53en fait,
16:53on va baisser les coûts salariaux
16:56et les coûts patronaux,
16:57donc les charges patronales
16:58et les charges salariales,
16:59redonner du pouvoir d'achat aux gens,
17:01redonner de la compétitivité
17:02pour les produits qu'on va aller,
17:03et je peux vous garantir
17:04qu'on l'aurait fait,
17:04notre pays n'aurait pas
17:05cette tête-là aujourd'hui.
17:06Et donc, j'attends,
17:07il faut qu'il y ait un vrai choc,
17:08parce que si on ne change rien,
17:10on reparlera tous les ans
17:11de la même chose,
17:12tous les ans,
17:12on aura des budgets
17:13dans lesquels tout le monde
17:14ne sera pas content
17:15parce qu'on aura des déficits
17:16et on tapera dans les retraites,
17:17on tapera dans les gens,
17:18et voilà,
17:19et si on ne casse pas ces spirales,
17:22il va falloir la casser,
17:23il va falloir le courage
17:23de le faire,
17:25eh bien, on échouera.
17:26Est-ce qu'il y a une question
17:28d'équité ou de justice fiscale ?
17:31C'est un thème qu'on entend beaucoup,
17:32notamment, plutôt,
17:33chez les candidats
17:35à gauche de l'échiquier,
17:36en disant,
17:36il faut une taxe Zuckman
17:38ou il faut une taxe spécifique
17:40sur les très grandes fortunes,
17:41est-ce que dans le package global
17:43qu'un candidat,
17:44même de droite,
17:46propose,
17:46il faut intégrer cette dimension ?
17:47Moi, je pense qu'il faut
17:48un vrai débat
17:49sur le partage de la valeur,
17:50le partage de la valeur
17:51dans l'entreprise.
17:52Nous, vous voyez,
17:53on a mis en place
17:54depuis très longtemps,
17:55en 1988,
17:56la participation
17:57et l'intéressement.
17:58On distribue 25%
17:59de ce que l'entreprise
18:00gagne à nos salariés
18:03et on a créé,
18:04en fait,
18:04une émulation
18:04dans laquelle
18:06les collaborateurs
18:07sont au bon endroit
18:08parce que,
18:09en fait,
18:09l'important,
18:10tous les ans,
18:10je fais des négociations
18:11annuelles de salaire
18:12dans lesquelles on finit
18:13avec 0,1 point
18:13en plus en moins
18:14en fonction de l'inflation,
18:16etc.
18:16Et à un moment,
18:17je leur dis stop,
18:17on arrête
18:18et on va se battre
18:19pour 20%.
18:2020%,
18:20c'est ce qu'on va gagner
18:22si jamais l'entreprise gagne.
18:23Et en fait,
18:24ce qu'il faut faire rentrer
18:25dans la tête de tout le monde,
18:26c'est que l'entreprise
18:27n'est pas la propriété
18:28de ses actionnaires.
18:28Elle est la propriété
18:29au sens juridique
18:30de ses actionnaires.
18:31Mais demain,
18:31si l'actionnaire,
18:32il a un problème,
18:33il trouvera des solutions
18:34et généralement,
18:35il ne sera pas malheureux,
18:35il faut l'avouer.
18:37Par contre,
18:37ceux qui vont être malheureux,
18:38c'est ceux qui travaillent.
18:39Et donc,
18:40tout le monde est acteur
18:41du résultat de l'entreprise.
18:42La personne qui réceptionne
18:43à l'accueil,
18:44la personne qui va s'assurer
18:45d'une facture,
18:46qui va changer,
18:46pas changer une pièce détachée,
18:47qui va améliorer
18:48une productivité,
18:49une perte,
18:49tout le monde,
18:50il n'y a pas une personne
18:51dans l'entreprise
18:51qui peut me dire
18:52qu'il n'est pas acteur du résultat.
18:53Et quand on a gagné,
18:54et quand on a gagné un euro,
18:56eh bien,
18:56il y en a 25%
18:57qui reviennent aux salariés.
18:58Et pourquoi,
18:59moi,
18:59je suis très tranquille avec ça ?
19:00Parce que je préfère gagner
19:01400 000 euros
19:02et redonner 100 000
19:03à mes salariés,
19:03ils sont contents,
19:04j'ai payé tout le reste,
19:05j'ai de l'argent
19:07pour faire des investissements,
19:08pour développer,
19:08que de gagner 100 000 euros
19:09et de rien donner
19:10et d'avoir des gens
19:11mis contents
19:11et de perdre en productivité,
19:12de perdre en qualité,
19:13de perdre, etc.
19:14Donc,
19:15c'est une émulation collective
19:16et c'est là où je pense
19:17que nos politiques actuellement,
19:19quand vous entendez
19:20ce que vous entendez,
19:20enfin,
19:20je pense qu'on entend la même chose,
19:23mais nous,
19:24les chefs d'entreprise,
19:26nous sommes aussi,
19:26on a un pouvoir d'opinion local.
19:29Moi,
19:29quand je prends la parole
19:30devant 2700 personnes,
19:32les gens m'écoutent,
19:33ils me disent,
19:33tiens,
19:33c'est un gars-là quand même,
19:34il est au quotidien
19:34dans les trucs, etc.
19:35Et donc,
19:36on est des leaders d'opinion
19:37à notre échelle
19:37et on doit capitaliser là-dessus
19:39et développer
19:40et travailler mieux
19:41avec le politique
19:41et ne pas être sous
19:42les contrôles permanents.
19:44Ça veut dire aussi,
19:46là,
19:46se faire entendre
19:47dans le semestre qui arrive,
19:49on est à un peu plus de six mois
19:50avant le premier tour
19:51de la présidentielle,
19:52ça veut dire qu'un chef d'entreprise
19:53comme vous,
19:54ou collectivement
19:55les chefs d'entreprise
19:55doivent dire,
19:56voilà les solutions
19:58auxquelles on croit
19:59ou au contraire,
20:01attention,
20:01voilà un programme économique
20:02qui nous semble absurde.
20:03Oui,
20:04alors on le fait,
20:05alors on a des organisations,
20:07moi,
20:08je ne suis pas un très très grand
20:10acteur entre automédéphes
20:12parce qu'il y a des idées
20:13que je ne partage pas
20:14partout non plus,
20:15par contre,
20:15on est très actifs
20:16dans un mouvement
20:16qui s'appelle le Métis
20:17qui est très adapté à nous
20:19en fait,
20:19parce que c'est que
20:21des chefs d'entreprise
20:22qui ont une forte compréhension
20:23du local,
20:23du territoire,
20:24etc.
20:24Donc c'est les entreprises
20:25de taille idéale.
20:26Idéale,
20:26voilà.
20:27Donc oui,
20:27on est actifs
20:28et je dirais qu'on ne rate pas
20:29une bonne occasion
20:30parce qu'on a des réseaux,
20:32parce qu'on...
20:33Maintenant,
20:34la vraie question,
20:35c'est comment on fait comprendre ça.
20:36Vous savez,
20:37on parle beaucoup des politiques,
20:38mais vous avez aussi
20:39tous les gens
20:40qui ne vont pas changer
20:40avec les élections,
20:42c'est-à-dire que les fonctionnaires,
20:44les Bercy,
20:44en fait,
20:45tous ces gens-là
20:45qui aujourd'hui
20:46ont une certaine idée
20:47en fait,
20:48finalement,
20:48de comment on va résoudre
20:49les problèmes.
20:50On parle beaucoup
20:50de décentralisation,
20:51mais on n'écoute pas les gens
20:52sur le terrain.
20:55Donc il faut en fait
20:56qu'il y ait une reconnexion
20:57aux citoyens
20:58qui soient beaucoup plus fortes
20:59de façon à mieux écouter.
21:01Je vais vous prendre
21:01un exemple concret,
21:02la voiture électrique.
21:03La voiture électrique,
21:04c'est sûrement
21:04une très bonne idée,
21:05sauf que quand vous êtes
21:06en Sologne,
21:06et je ne vous parle pas
21:07d'autres pays,
21:07et que vous faites 10 kilomètres
21:09pour aller chercher votre pain
21:10et que vous avez une voiture
21:11depuis 25 ans,
21:12si on vous dit
21:13d'acheter une voiture
21:14à 30 000 euros
21:14pour faire ces 10 kilomètres,
21:15ça va vous poser un problème.
21:17Donc il faut écouter
21:18ces gens-là,
21:18et nous on ne descend pas
21:20de chez nous
21:20en ayant tout sous la main
21:21comme on peut l'avoir
21:22dans certains quartiers
21:22de Paris.
21:23Oui,
21:23effectivement.
21:24Sur l'industrialisation,
21:26c'est vrai que 95%,
21:28je donnais le chiffre tout à l'heure,
21:29de votre chiffre d'affaires,
21:30il est réalisé en France.
21:33C'est un choix militant ?
21:35Vous voyez ce que je veux dire ?
21:36C'est-à-dire que vous pourriez
21:37peut-être être beaucoup plus rentable
21:38si vous délocalisiez
21:39une partie de votre activité ?
21:40Alors,
21:42la vie des entreprises
21:43comme la vie en général
21:44nous impose des choses.
21:45Moi, l'entreprise
21:47n'a pas toujours été
21:47ce qu'elle a été.
21:48J'ai des fois regardé
21:49dans le tiroir
21:49ce qu'il y avait
21:49pour repartir le lendemain.
21:51Donc il faut faire des choix
21:52comme je n'ai pas fait
21:52le choix de la marque.
21:53Vous voyez par exemple,
21:54aujourd'hui,
21:55il y a des grandes marques.
21:56Je dis toujours que
21:56ceux qui disent que les marques
21:57ne servent à rien,
21:58c'est ceux qui n'en ont pas.
21:58Ceux qui en ont,
21:59ils sont quand même
21:59vachement contents d'en avoir.
22:01Nous,
22:01on n'a pas été effectivement
22:04sous le développement de la marque.
22:05Et l'international,
22:06alors il y a une nuance
22:06entre l'export et l'international.
22:08L'international,
22:09c'est que vous allez dans un pays,
22:10vous achetez une entreprise
22:11et vous développez
22:12finalement avec les us et coutumes,
22:14etc.
22:15L'export,
22:15c'est que vous avez des savoir-faire
22:17que vous allez pouvoir exporter.
22:19Donc on exporte un petit peu,
22:20par exemple,
22:21de la crème UHD,
22:21des boissons végétales,
22:23etc.
22:23dans ce que l'on peut faire.
22:24Après,
22:25il y a un vrai problème,
22:25c'est les moyens
22:27et l'énergie qu'il faut mettre.
22:28Il faut faire toujours
22:29très très attention
22:30à ne pas se diversifier,
22:32à ne pas partir
22:32dans des pays
22:33qui vous occupent énormément
22:34et puis finalement,
22:35vous perdez vos racines en France.
22:36Et moi,
22:37nous,
22:37c'est le risque qu'on identifie.
22:39Aujourd'hui,
22:40vous savez,
22:40on a le même quota d'énergie.
22:41On peut se lever le matin
22:42en disant
22:42j'ai deux fois plus d'énergie.
22:43Ce n'est pas pour ça
22:43que vous l'aurez.
22:44Par contre,
22:45c'est où vous mettez votre énergie
22:46pour être efficace,
22:47assurer la pérennité.
22:48Donc on préfère,
22:49nous,
22:49rester à notre échelle,
22:50vendre nos savoir-faire
22:51et ça,
22:52c'est important.
22:53On n'a pas eu
22:54d'opportunité de développer
22:56et moi,
22:56je pense qu'aujourd'hui,
22:57dans nos métiers
22:58qui sont quand même
22:58des produits de grande consommation,
23:00les Allemands font du lait de qualité,
23:01les Belges aussi,
23:02c'est à eux de le produire.
23:02Et demain,
23:03les Chinois produiront leur lait.
23:04Il faut arrêter de penser
23:04qu'ils ne le feront pas.
23:05Donc par contre,
23:06quand à des moments,
23:06on peut amener
23:07un certain nombre de pierres
23:08à l'édifice,
23:09que font d'ailleurs très bien
23:10les Allemands
23:11en termes de complémentarité.
23:12Nous,
23:12on participait à un projet
23:13avec des Allemands.
23:15Ils sont allés chercher
23:15le meilleur en Europe
23:16pour leurs problèmes.
23:17Et nous,
23:18on n'a pas ce réflexe-là.
23:19On est dans un réflexe
23:19où on se recroquevillit
23:21en disant surtout
23:21il ne faut pas que ça sorte,
23:22il ne faut pas qu'ils le sachent.
23:23Donc,
23:24pourquoi pas l'export ?
23:25Maintenant,
23:26ça doit être un export
23:26qui doit être bien pensé
23:27et puis bien planifié
23:29de façon à ce qu'on ne se perde pas
23:30en effet
23:30et on menace notre édifice.
23:32Vous dites qu'on a les moyens
23:33de produire local
23:34et vous le faites,
23:35vous le démontrez
23:35avec votre entreprise.
23:38En regardant autour de vous,
23:39qu'est-ce qui nous empêche
23:40de le faire davantage ?
23:42On est toujours sur cette logique
23:43de réindustrialisation rêvée
23:46et pas encore réelle.
23:47Je pense qu'il y a plusieurs choses.
23:50D'abord,
23:51on a quand même
23:52un phénomène qui est important,
23:53c'est le phénomène
23:54de la concentration
23:55dans le monde agricole
23:56et agroalimentaire.
23:58400 000 producteurs,
23:5927 000 entreprises agroalimentaires,
24:016 groupes de distribution.
24:03Pour moi,
24:04ça doit être
24:04une responsabilité collective.
24:06C'est-à-dire qu'à un moment,
24:06il faut,
24:07on reparlait tout à l'heure
24:08de cette juste rémunération
24:09pour un juste prix au consommateur,
24:11il faut que ça,
24:11ça rentre dans la tête des gens
24:13et qu'on ne soit pas
24:14sans arrêt soumis
24:14au fait de dire
24:15« Ah ben oui,
24:16mais il y en a un dans un coin
24:16qui fait un centime de moins,
24:17un centime de plus,
24:19etc. »
24:20il y a une vraie,
24:21je pense,
24:22responsabilité collective
24:23de la chaîne de l'alimentation
24:24de dire
24:25« On veut demain
24:26être autosuffisant
24:27au niveau de notre production
24:29alimentaire. »
24:30Deuxièmement,
24:30et ça va peut-être
24:30vous paraître bizarre,
24:31je pense qu'il faut
24:32arrêter les aides
24:34dans nos métiers.
24:35On est devenus
24:36des chasseurs d'aides.
24:37Nos producteurs
24:38passent plus de temps
24:38à chasser les aides.
24:39Vous voyez,
24:40en ce moment,
24:40il y a eu la canicule.
24:41On va leur donner
24:43une indemnité
24:44de calaminité naturelle.
24:46Aujourd'hui,
24:46non.
24:46Le vrai problème,
24:47c'est comment on leur construit
24:48des réservoirs
24:50qui leur permettent
24:50d'arroser l'été,
24:51qu'on transforme
24:52dans les techniques
24:53agro-culturales
24:55l'arrosage
24:56de façon à assurer.
24:58Donc,
24:58on va avoir à repenser
24:59la recherche
25:00telle qu'elle est.
25:01Ensuite,
25:01il faut investir
25:01dans la recherche
25:02et nous,
25:02on est en train
25:03de désinvestir
25:04dans la recherche.
25:04Donc,
25:05en France,
25:06nos centres de recherche
25:06partent dans d'autres pays
25:07qui,
25:07pour le coup,
25:08ont plutôt défiscalisé
25:11la recherche
25:11que défiscaliser
25:12effectivement
25:13les bas salaires.
25:13Et puis,
25:14derrière,
25:16le point,
25:16c'est que
25:16c'est d'arriver
25:17à décider les consommateurs
25:20et Nicolas Chaban
25:21le dit très bien.
25:22Il dit qu'il y a 30%
25:22de consommateurs
25:23qui n'arrivent pas
25:24à joindre les deux bouts.
25:24Il ne faut pas leur reprocher
25:25d'acheter le lait
25:26le moins cher
25:27qu'ils vont avoir.
25:27Par contre,
25:28on en a quand même 70%
25:29qui ont le choix
25:30et ces gens-là,
25:30il faut continuer
25:31à les convaincre.
25:32Il faut les convaincre
25:32à acheter local,
25:33à acheter français,
25:34etc.
25:34Ce n'est pas forcément
25:35plus cher d'ailleurs,
25:36contrairement à ce qu'on pense.
25:37Mais par contre,
25:37derrière,
25:38on fait du bien
25:39à une économie locale
25:40et générale.
25:41Dernier mot,
25:41il me reste un peu plus
25:42d'une minute
25:42sur peut-être les normes.
25:44Est-ce que l'empilement
25:45des réglementations
25:46et des normes,
25:47c'est un frein
25:47à cette réunion ?
25:48Bien sûr,
25:49c'est colossal.
25:50Aujourd'hui,
25:51on croule sous les normes
25:52environnementales,
25:52juridiques,
25:53sociales,
25:54parfois contradictoires,
25:56contradictoires avec l'Europe.
25:57Des fois,
25:58on est les messieurs plus.
25:59Il faut absolument
26:00qu'on fasse
26:03le grand soir
26:03de tout ça.
26:04Maintenant,
26:04qui va être capable
26:05de le faire ?
26:05Qui va avoir la volonté
26:06de le faire ?
26:07Parce qu'on génère
26:09des choses
26:10qui nous pénalisent.
26:11Je vais vous prendre
26:11un exemple concret
26:12qui est la réutilisation
26:13de l'eau.
26:14Nous,
26:14on a monté des installations
26:15sur nos usines
26:15qui permettent
26:16de récupérer l'eau
26:17qu'on utilise,
26:18de la retraiter,
26:18de la recycler.
26:19On avait une loi
26:21qui était à parfaire.
26:23On a refait une loi.
26:24La loi qu'on a refait
26:25est deux fois plus compliquée
26:26que la précédente.
26:28Et pourtant,
26:28on a un problème d'eau.
26:30Donc,
26:30il y a un moment,
26:30il faut se mettre
26:31au bon endroit.
26:32Et oui,
26:32il y a des gens
26:33qui ne respectent pas,
26:33mais ceux-là,
26:34il faut les identifier
26:34et il faut être très réprécif
26:36avec eux.
26:36Par contre,
26:37il y a un certain nombre
26:37de gens bien
26:38et ceux-là,
26:39il faut les aider.
26:39Merci beaucoup,
26:40Emmanuel Basnex
26:41et à bientôt
26:42sur BeSmart Fortage.
26:43Merci à tous
26:44et à toutes
26:45de votre fidélité
26:45à la chaîne
26:46des audacieuses
26:47et les audacieux.
26:48Je vous dis à très vite.
26:48Salut !