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  • il y a 2 mois
Ce mercredi 9 septembre, réécoutez en podcast le replay de French Tech présenté par Anthony Morel sur BFM Business

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00:00Bonjour Antoine Fourcade. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin spécialisé dans les lanceurs réutilisables pour les petits satellites
00:05en orbite, micro-fusées ou plus puissantes.
00:08Qu'est-ce que vous attendez vous du Salon de l'Espace qui s'ouvre aujourd'hui et demain à
00:12Paris ?
00:13On attend du Salon de l'Espace qu'on porte une vision européenne, qu'on ait une stratégie pour faire
00:16en sorte que l'Europe soit compétitive sur l'espace et qu'on revienne à nouveau un des grands leaders.
00:20On a longtemps été un des seuls pays à avoir un accès à l'espace. Il y a une vingtaine
00:24d'années, on détenait 85% du marché du spatial et notamment du lancement.
00:27Aujourd'hui, on espère que la France va se donner une vision.
00:30On peut rivaliser avec les SpaceX et autres mastodontes américains ?
00:34On en fait partie, on essaye de travailler là-dessus. Chez Sirius, on développe une gamme de micro et mini
00:39lanceurs.
00:40On a des bonnes nouvelles aussi en Europe avec une vision européenne avec Isar Aerospace qui a réalisé un vol
00:44samedi dernier et qui est arrivé pour la première fois en orbite en huit ans.
00:47On essaye de faire pareil avec une solution française.
00:49Ça pour vous c'est une bonne nouvelle par exemple le fait que l'Allemagne nous ait doublé d'une
00:52certaine manière.
00:53On pensait que la France avait une vraie longueur d'avance en Europe.
00:57Là, on voit qu'effectivement Isar a pris un gros coup d'avance. Ce n'est pas plutôt un camouflet
01:01pour la France ?
01:02Ça aurait été mieux que ce soit la France qui le fasse en premier.
01:05Si on est réaliste, les Allemands sont partis en 2018 à développer leur gamme de micro et de mini lanceurs.
01:09Nous, en France, on est plutôt partis entre 2020 et 2022 pour développer nos propres solutions.
01:15Le spatial, c'est dur, ça prend du temps et on n'est pas capable d'accélérer aussi vite et
01:19de rattraper le retard.
01:20Aujourd'hui, nous, chez Sirius, on prévoit de faire notre premier vol d'ici 12 à 18 mois.
01:23Donc, on est en train de rattraper notre retard légèrement.
01:26Ça permet de valider les business models.
01:27Ça permet aussi de montrer qu'en Europe, on est capable de faire comme aux États-Unis,
01:31développer des nouvelles solutions de manière très agressive pour réduire les coûts de l'accès à l'espace.
01:35Parce que votre actualité, ce sont donc ces essais d'allumage qui ont été réussis cet été,
01:38de votre moteur fusée Star 1.
01:40Donc, la prochaine étape, c'est quoi pour ça ?
01:42Alors, on va continuer les essais.
01:43On a atteint des durées d'allumage qui sont significatives,
01:47qui nous permettent d'être conscients, confiants sur notre premier vol qui aura lieu en fin d'année prochaine.
01:51La prochaine étape, c'est fabriquer le lanceur.
01:53Donc, on est en train aujourd'hui dans nos usines.
01:54On a trois usines chez Sirius qu'on a rachetées progressivement cette année.
01:57Notre première acquisition, c'était un peu plus d'un an.
01:59C'était une usine pilote qui faisait historiquement de la Formule 1.
02:01Ça s'appelle la CERM.
02:02Et c'est là qu'on a prototypé ce moteur.
02:04Maintenant, il y a la question de monter en cadence.
02:06Pour ce faire, on a repris deux usines au groupe ACI en début d'année.
02:10Une première qui est à côté de Saint-Etienne.
02:11C'est là qu'on fait toute notre production série.
02:13Et la dernière qui est à Blois, à 150 kilomètres de Paris.
02:16C'est plutôt simple pour les allers-retours des équipes.
02:18Et on fait de l'assemblage du lanceur sur place.
02:20C'est des usines de voitures, en fait.
02:21C'est là où étaient construites des voitures.
02:23Alors, c'est une qui faisait du prototypage pour la Formule 1.
02:26La deuxième qui faisait aussi un peu de spatial quand même.
02:28Ah d'accord.
02:29Donc, vous les transformez pour le spatial ?
02:30On les transforme pour le spatial.
02:31On les fait pivoter pour se servir de toutes ces technologies
02:34qui nous permettent de réduire les coûts.
02:36On ne développe pas une industrialisation dédiée pour le spatial
02:38qui est souvent assez coûteuse.
02:39On est en train de retravailler la manière d'industrialiser les lanceurs
02:42pour garantir un accès à l'espace compétitif.
02:44Il y a quelques instants, on avait Hélène Huby avec nous en direct,
02:47qui est la présidente de The Exploration Company,
02:49qui vient de lever 450 millions de dollars.
02:51Vous, vous êtes encore en phase d'industrialisation.
02:54Est-ce que la bataille des lanceurs européens ne va pas se faire sans vous ?
02:58Alors, aujourd'hui, nous, chez Cirrus,
02:59on a un financeur d'une centaine de millions d'euros.
03:02Moins que The Exploration Company.
03:03Mais un lanceur, c'est quand même un peu moins cher à développer
03:07qu'une capsule.
03:09Dans ce contexte-là, une gamme de micro et de mini lanceurs,
03:12pour être capable de garantir un accès compétitif à l'espace,
03:15on a standardisé au maximum nos composants.
03:17On n'a développé qu'un moteur qui fonctionne aujourd'hui.
03:19Et donc, il nous manque encore un peu de financement
03:21pour être capable de faire la montée en cadence.
03:23Il vous manque combien ?
03:24Il nous manque une cinquantaine de millions d'euros.
03:25Vous cherchez à lever, là ?
03:26On est en cours de levée de fonds
03:28et on est capable de faire notre premier vol sans clôture.
03:30Et même avec ces très belles levées de fonds,
03:32et ça rejoint ce que disait Brigitte au début de l'interview,
03:34est-ce qu'il ne manque pas encore un ou deux zéros
03:36quand on se compare avec des géants américains ?
03:38SpaceX, aujourd'hui, c'est 2000 milliards de valorisation.
03:41Ça veut dire qu'ils ont des budgets de R&D
03:42qui sont absolument conséquents.
03:43Ça veut dire qu'ils ont les moyens, peut-être,
03:45d'embaucher les meilleurs ingénieurs du monde.
03:47Comment on peut être compétitif en France ?
03:49Ne serait-ce que d'un point de vue salarial
03:50pour retenir les cerveaux ?
03:52Alors, on ne développe pas le même type de lanceurs que SpaceX.
03:55Nous, on développe des micros et des mini-lanceurs,
03:56des lanceurs qui font jusqu'à une tonne de performance.
03:58On ne développe pas que ces méga-lanceurs
04:00qui vont être capables d'amener jusqu'à 100 tonnes en orbite.
04:02Oui, mais j'imagine que les salariés qui vous intéressent
04:04peuvent les intéresser aussi,
04:05même s'ils ne travaillent pas exactement sur la même chose.
04:06Alors, ils peuvent les intéresser.
04:08Cependant, on a quand même une vraie culture de l'ingénierie en France.
04:10On a beaucoup de gens qui veulent travailler pour la France.
04:13Donc, on arrive à les retenir ?
04:13On arrive à les retenir.
04:14On a 300 collaborateurs aujourd'hui chez Sirius.
04:16Et donc, on est toujours capables de recruter.
04:18Et on ne recrute pas seulement en France,
04:19on recrute aux quatre coins de l'Europe
04:20et même aux quatre coins du monde.
04:22C'est une question de souveraineté européenne.
04:24Aujourd'hui, le spatial, c'est aussi important que la défense ?
04:27Ça fait partie de la défense même.
04:30Merci.
04:31Merci d'avoir été avec nous ce matin.

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