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  • il y a 2 jours
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bonsoir à toutes et à tous, soirée effectivement très politique, grande soirée politique sur BFM TV puisque vont défiler face
00:06à vous.
00:07Trois invités, Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, ce sera dans un instant, Marine Tondelier, candidate écologiste à l
00:12'élection présidentielle.
00:14Mais d'abord Eric Coquerel, dans une seconde, le président insoumis de la Commission des Finances à l'Assemblée.
00:19Trois invités donc face à une même question après les pillages, après les émeutes de ce week-end.
00:24Quelle réponse ? Comment sort-on de cette crise ? Comment évite-t-on de revivre le même cauchemar ce
00:29week-end alors que de nouvelles manifs sont annoncées ?
00:32Premier invité donc et je vais le rejoindre à table, il est en train de s'installer.
00:37Ben voilà, voilà, je vais vous installer en même temps Eric Coquerel.
00:40Bonsoir à vous, merci d'être là, merci d'avoir accepté notre invitation ce soir sur BFM TV.
00:44Je salue mes compères Yves Tréhard et Anne-Saura Dubois.
00:49Bonsoir tous les deux pour cette interview et pour cette grande soirée.
00:54soirée politique, Eric Coquerel, j'ai une image et une carte à vous montrer ce soir.
00:58La première image, regardez, c'est en direct, ça se passe à Marseille où un nouveau couvre-feu doit entrer
01:05en vigueur ce soir.
01:06Et on voit que les gendarmes mobiles sont déjà déployés pour le faire respecter.
01:09La carte, c'est justement celle des villes qui ont mis en place un couvre-feu.
01:14Et la liste s'allonge ce soir, regardez, elles vont apparaître sur cet écran.
01:18En orange, quand le couvre-feu est uniquement mis en place pour les mineurs.
01:21Et en rose ou en rouge pour tous les publics.
01:25Est-ce que c'est la bonne réponse pour ramener le calme, Eric Coquerel ?
01:28Je ne crois pas, non.
01:29Je crois pas que ce soit la bonne réponse de s'en prendre aux libertés de manière un peu irrationnelle.
01:33Parce que j'ai noté qu'à certains moments, par exemple, le couvre-feu était pour les mineurs.
01:37Or, cette fois-ci, dans la majorité des cas, c'est les majeurs qui ont été arrêtés.
01:40Donc, je ne crois pas du tout que face à un mouvement de cette ampleur,
01:44qui est multiforme, on en parlera après,
01:48ça soit par ce biais-là.
01:49Ou alors, en tout cas, une chose est sûre, c'est que si nous n'avons pas de réponse politique
01:53à donner à un mouvement dont, pour moi, il est différent, mais en termes d'intensité,
01:59je pense qu'on est plus dans quelque chose qui ressemble à la mai 68
02:01que quelque chose qui ressemble à la réforme de Vaquet ou au CPE.
02:05Vous allez trouver Yves Trévard sur votre route, mais on parlera tout à l'heure de mai 68.
02:09Je parle dans l'intensité et dans ce qui est en train de se développer,
02:12où on voit bien qu'il y a une telle colère, un tel rejet des politiques gouvernementales
02:18que ça ne peut pas être freiné, même avec des mesures répressives,
02:21s'il n'y a pas de réponse politique.
02:22Mais hier soir, ça a marché ?
02:24Non, mais là, vous pouvez punir que ça marche peut-être un soir,
02:27mais vous verrez qu'à terme, tout ça ne fonctionnera pas.
02:30Sauf, mais là, on ne serait plus dans la démocratie,
02:33mais moi, je m'inquiète des décisions du gouvernement.
02:34À prendre des mesures qui soient un état d'urgence,
02:39l'interdiction de manifester, etc.
02:40Et là, on serait dans autre chose.
02:41Mais ça ne résoudrait pas la colère, ça ne résoudrait pas le problème.
02:46En plus, les couvre-feux, il faut toujours faire attention,
02:48parce que vous faites quelques couvre-feux,
02:51puis à bout d'un moment, pour des gens qui ont envie de protester,
02:53ça peut devenir un enjeu de braver le couvre-feu.
02:56Et donc là, vous faites comment ?
02:58Vous mettez des forces de police que vous multipliez partout,
03:01on a vu qu'il y avait un problème.
03:02Donc je dis simplement que ce n'est pas la réponse
03:05qui peut permettre d'arrêter un mouvement.
03:06La seule réponse, c'est des réponses politiques.
03:08On va parler de la réponse politique et de la réponse à long terme,
03:10d'une certaine manière, et structurelle.
03:12Mais là, il y avait une urgence.
03:13Non, non, court terme.
03:14Les réponses politiques dont je parle, c'est court terme.
03:15Oui, mais je vais enlever le long terme.
03:17Je vais dire structurel, structurel.
03:20Mais là, il y avait quelque chose de très conjoncturel
03:22et de très éruptif, de très violent.
03:24C'était les pillages, c'était les émeutes qu'on a connues samedi,
03:26qu'on a connues dimanche.
03:27Il fallait que ça s'arrête.
03:28Mais est-ce que d'une certaine manière,
03:30il ne fallait pas aussi une réponse répressive comme celle-là,
03:33comme ce couvre-feu ?
03:34Je vous dis que si les réponses sont de ce type-là,
03:38et pour l'instant, le gouvernement ne met en place
03:40que des réponses de ce type-là,
03:42puisque là, c'est le début,
03:45cela ne suffira pas
03:47à éteindre
03:49cette mobilisation, dont je rappelle
03:51que la caractéristique première,
03:53parce que sinon, rien n'aurait pu se passer
03:54s'il n'y avait pas l'effet de masse,
03:57c'est le fait que vous avez eu hier
03:59des manifestations qui étaient
04:01estimées par le gouvernement à 100 000 personnes
04:03dans toute la France, et qu'on fait quasiment
04:0510 fois plus.
04:06Ça veut dire quelque chose qui est en face,
04:09que le gouvernement, je vous le dis,
04:11après, on pourra dire techniquement,
04:12est-ce que du coup, il y a le calme un soir, etc.
04:15Je dis que ça ne résoudra pas la question.
04:18Est-ce qu'on ne peut pas prendre en compte aussi,
04:20puisqu'ils ont été durement frappés,
04:23les nombreux commerçants qui ont vu
04:25leurs magasins pillés, qui ont vu
04:27leurs magasins dévastés,
04:29qui, pour certains d'entre eux,
04:30ont pris des coûts inadmissibles
04:32et des coûts physiques.
04:34Est-ce qu'eux,
04:36on les a reçus,
04:37il y a beaucoup qu'on a entendus,
04:39et qui disent arrêtez,
04:41passez,
04:41et qui demandent même,
04:43pour certains d'entre eux,
04:44à ce que la manifestation de la semaine prochaine,
04:46enfin, de samedi,
04:48s'il y en a une,
04:49eh bien, soit interdite,
04:50parce qu'ils ont peur,
04:52eh bien, d'être complètement dépassés,
04:54encore une fois,
04:55par les événements.
04:56– Bon, peut-être que,
04:57je ne sais pas si les commerçants
04:58qui vous disent ça
05:00représentent tous les commerçants,
05:01je ne pense pas,
05:02parce que je discute
05:03avec beaucoup de commerçants également.
05:04Il y a quelque chose de clair,
05:05alors ça, c'est unanime,
05:07c'est qu'ils protestent
05:09contre la gestion du maintien de l'ordre
05:10qui a eu lieu samedi.
05:11Il faut savoir que dans le 10e
05:13et 11e arrondissement,
05:14à certains moments,
05:15qui a été très touché,
05:17au moment où il y a eu,
05:19de la part de la police,
05:20des charges inconsidérées
05:22sur République,
05:23où du coup,
05:24les manifestants n'ont pas pu arriver,
05:26qui a essaimé un peu partout.
05:28Il y a eu plus de répression,
05:29plus de charges,
05:30plus de lacrymogènes,
05:31sur des foules qui étaient,
05:33pour la plupart, pacifiques,
05:35que le fait d'empêcher
05:37certains pillages de magasins
05:38qui se sont passés
05:39quasiment sous les yeux de la police.
05:40Moi, je le sais,
05:41j'ai des témoins là-dessus.
05:42Donc ça, je comprends.
05:43Donc la police,
05:44pour vous, elle est laissée faire ?
05:45Non, je ne vous dis pas ça.
05:47La police a failli.
05:48Je vous dis que,
05:49alors, je vais même être plus précis,
05:51la gestion du maintien de l'ordre,
05:53ça dépasse les policiers
05:55qui sont en place,
05:55a failli.
05:56C'est-à-dire que
05:57tout a été organisé,
05:58en réalité, au départ,
06:01je le dis très clairement,
06:02pour que les manifestations,
06:04soit se passent mal,
06:05soit ne se passent pas du tout.
06:06Et si je vous dis ça,
06:08c'est qu'ils n'ont donné
06:10le parcours que la veille,
06:11le vendredi,
06:12ce qui fait qu'il n'y a pas pu
06:13avoir un message unitaire
06:14à tout le monde
06:15sur le moment où ça se passait.
06:16Ils ont décidé,
06:17contre l'avis de tous les organisateurs,
06:19que ça se terminait
06:20à Place de Clichy.
06:21Place de Clichy,
06:22quand vous voyez géographiquement,
06:23que vous organisez
06:24une place sur une petite place,
06:25ça donne directement accès
06:26au 8e arrondissement,
06:27au 17e arrondissement, etc.
06:28Donc c'est stupide.
06:29Et en plus de ça,
06:30le jour J,
06:31ils ont aspergé,
06:32comme ils le font souvent,
06:34toute une place,
06:35toutes des foules inconsidérées
06:36qui sont parties partout,
06:37s'aimées partout.
06:38Mais vous savez pourquoi,
06:41Éric Coquerel ?
06:42On a écouté,
06:42alors,
06:43il y avait cet après-midi
06:44le Premier ministre Lecornu
06:44à l'Assemblée,
06:45il y avait hier
06:46un représentant du syndicat Unité
06:48qui était avec nous
06:48en plateau syndicat de police
06:49qui nous disait
06:50la particularité
06:51de ce qui s'est passé
06:51le week-end dernier,
06:52c'est que ça a dégénéré
06:53tout de suite
06:54et que parmi la foule,
06:56il y avait des casseurs,
06:58des hennetiers
06:59qui s'en sont pris
07:00immédiatement
07:00et pas comme c'est le cas
07:01au moment de la dispersion
07:02aux forces de l'ordre.
07:04Vous mettez tout ce soir
07:05sur le dos des forces de l'ordre.
07:06Non,
07:07vous n'avez pas entendu
07:07ce que j'ai dit.
07:08Je mets tout
07:09sur la gestion
07:10du maintien de l'ordre.
07:11Ce n'est pas tout à fait
07:11la même chose.
07:12C'est la hiérarchie.
07:12Je peux vous poser une question
07:13avec quel objectif selon vous ?
07:15Parce que vous dites
07:16soit c'était pour que
07:16les manifestations se passent mal,
07:18soit c'était pour qu'elles
07:19ne se passent pas mal.
07:20L'idée,
07:21c'est de pourrir ce mouvement
07:22d'un pourrissement
07:23de mouvements
07:24par une répression très forte,
07:26une intimidation
07:27qui s'est passée
07:27toute la semaine
07:28et une montée en tension.
07:30J'allais dire
07:31qu'il ne pouvait
07:31à un moment donné,
07:32alors je ne parle pas
07:33de tout ce qui s'est passé
07:34l'après-midi,
07:34mais au moment où ça s'est passé
07:36à République,
07:37que générait ça ?
07:38Pourquoi je dis ça ?
07:39C'est qu'on a par exemple
07:40M. Lecornu
07:41qui toute la semaine a dit
07:42c'est des émeutes
07:43devant les lycées.
07:44Je peux vous assurer,
07:45je vais devant les lycées.
07:46Il n'y a pas eu d'émeutes
07:47devant les lycées
07:48en Seine-Saint-Denis
07:49la semaine dernière.
07:50Ce n'est pas vrai.
07:50Ça, c'est une mise sous tension.
07:51Il y a eu par contre
07:52des interventions de police
07:53très fortes
07:53sur le moindre rassemblement.
07:54Il y a eu quand même
07:55des affaires
07:56qui sont très musclées.
07:57de violence devant les lycées.
07:58On les a filmés.
07:59On les a vus.
08:00Non, mais attendez,
08:02si on raisonne deux secondes,
08:03quel est l'intérêt
08:05de...
08:05Alors,
08:06qu'il y ait une faute
08:08du gouvernement
08:09qui a sous-estimé
08:10le mouvement
08:11et c'est vrai,
08:11il l'a sous-estimé.
08:13Ce qu'il pensait
08:13qu'il y aurait 100 000 personnes,
08:14il y en a eu
08:15presque 5 ou 6 fois plus.
08:17On ne sait pas.
08:19Mais,
08:19quel est l'intérêt
08:20que ça vire au vinaigre
08:22alors que ça ne peut
08:23que lui retomber dessus ?
08:24Mais je vais vous dire,
08:25M. Tréard,
08:25parce que vous connaissez
08:26comme moi,
08:27même si vous ne le regardez pas
08:28du même point de vue,
08:29toute l'histoire
08:29des mouvements de ce type
08:30depuis des années.
08:31À chaque fois,
08:32le gouvernement essaye souvent
08:33de faire face
08:34avec deux choses.
08:35Un, la répression,
08:36en se disant
08:36on va réprimer
08:38et puis tout ça
08:38va finir par s'intimider
08:39et rentrer
08:40dans leurs établissements
08:42ou partir en vacances
08:43comme ils l'espéraient
08:44et deux,
08:44le coup de la manipulation
08:46complotisse
08:46et les filles derrière tout ça
08:47pour expliquer...
08:48On va en parler
08:49parce que c'est très intéressant.
08:50Mais c'est toujours
08:51la même chose.
08:51Moi, j'ai connu 86 de Vaquay,
08:53Pasqua a utilisé la même chose.
08:54C'est toujours
08:55le même principe.
08:56Vous essayez de pourrir
08:57un mouvement
08:57en essayant de le marginaliser,
08:59de le minoriser
09:00par des images de violence.
09:01Alors, vous allez me dire
09:02ah mais vous faites
09:03des accusations graves.
09:04Je fais des accusations...
09:05La situation est complètement différente.
09:06Oui, mais sur la méthode
09:07utilisée au départ,
09:08la situation n'est pas différente.
09:09Et pourquoi ont-ils
09:10à un moment donné reculé ?
09:12C'est que le bilan,
09:13c'est qu'il y a eu
09:14deux éborgnés,
09:15une personne qui a été mutilée
09:16plus des actes de violence
09:17qu'on a vus un peu partout.
09:19Là, dont le Premier ministre
09:20à un moment donné dit
09:21ce sont des accidents.
09:23Je ne sais pas si vous vous souvenez.
09:24Là-dessus,
09:25laissez-moi finir.
09:25Là-dessus, du coup,
09:26ça a calmé pendant un moment
09:27des choses,
09:28notamment en termes
09:29d'intervention de police.
09:30Et la semaine dernière,
09:31certainement parce qu'ils se sont dit
09:32comme il n'y avait pas
09:33de mesures politiques à proposer,
09:34il fallait repartir là-dessus.
09:36On est reparti
09:37sur un cycle de répression
09:38qui a notamment pris,
09:39par exemple,
09:40pour forme,
09:40le fait qu'on réautorise
09:42les grenades de désencerclement
09:44sur demande des policiers,
09:45des syndicats policiers
09:46le vendredi
09:47et qu'encore une fois,
09:49le parcours,
09:49par exemple,
09:49tout était,
09:51je veux dire,
09:51en fonction de ce qui pouvait se passer,
09:53y compris,
09:53alors ça,
09:54c'est peut-être une faillite
09:55de leur renseignement,
09:56manifestement,
09:57on demandait surtout renseignement
09:58de dire que les filles
09:59étaient responsables.
10:00Mais ils n'ont pas
10:02anticipé les choses
10:02et ils n'ont pas seulement
10:03pas anticipé les choses.
10:04Ils ont,
10:05à partir de là,
10:06fait ce qu'ils savent faire
10:07d'habitude
10:07dans les manifestations
10:08depuis longtemps,
10:09c'est-à-dire,
10:10on balance des lacrymogènes,
10:11on fonce
10:11et puis après,
10:12on fera le tri.
10:12Éric Ocrel.
10:13Ça, c'est générateur.
10:14On parle,
10:15je vais revenir sur ce que disait
10:17Yves Traer à l'instant
10:17parce qu'il se trouve
10:18qu'hier soir,
10:19dans le forum,
10:19on a entendu quasiment
10:20une dizaine de commerçants,
10:21que ce soit ici à Paris,
10:22que ce soit à Marseille,
10:23que ce soit à Lyon.
10:25Je voudrais qu'on entende,
10:26alors non pas une commerçante,
10:27mais une jeune femme
10:28qui habite vraiment
10:29à deux pas de la place
10:30de la République.
10:31Chloé.
10:31Elle s'appelle Chloé,
10:32absolument Yves.
10:32Elle s'appelle Chloé.
10:33Elle a témoigné hier
10:34sur notre forum.
10:35Elle, elle a vu
10:36les émeutiers
10:38envahir son immeuble
10:39et elle raconte.
10:41Ils ont rentré dans mon immeuble,
10:43ils ont cassé la première porte,
10:44ils ont accédé au hall,
10:46ils l'ont mis dans un état
10:47qui est sans nom
10:50et ils n'ont pas eu le temps
10:52de passer la deuxième porte
10:53que la police est arrivée,
10:55donc ils sont sortis.
10:57Mais du coup,
10:57ils sont sortis
10:58et ils sont allés
10:59à l'immeuble à côté
11:00où ils ont mis le feu.
11:01Ils ont brûlé
11:02l'appartement de mes voisins,
11:03le premier étage.
11:04Il y avait des habitants
11:06dans l'immeuble.
11:07Ils ont mis le feu.
11:08Et voilà ces images.
11:09Ce sont des scènes
11:09que vous avez vécues.
11:15Oui, et donc,
11:16est-ce que d'une manière
11:17ou d'une autre,
11:18vous pensez que je soutiens ça ?
11:19Non, ça n'était pas ma question.
11:20Ma question, c'est
11:21est-ce que vous pensez
11:22que la liberté de manifester
11:23doit l'emporter sur tout
11:25et notamment
11:27quand vous entendez
11:28le témoignage de Chloé,
11:29quand on entend le témoignage
11:30d'un certain nombre
11:30de commerçants hier
11:31qui disaient
11:31attendez, on ne peut pas revivre ça,
11:32on ne peut pas revivre le même cauchemar,
11:34faisons une pause.
11:35Attendons, faisons une pause.
11:36Vous vous leur dites
11:36que c'est impossible ?
11:37Alors, la liberté de manifester
11:38est constitutionnelle.
11:41Si on commence
11:42à aujourd'hui
11:44en fonction des événements
11:45qui ont eu lieu
11:45à interdire
11:46de manifester,
11:47je vous assure
11:48qu'on rentre dans un cadre
11:49qui, à mon avis,
11:50m'inquiète.
11:50C'est-à-dire que
11:51c'est toujours la même sous-tension
11:52entre la question
11:53des libertés,
11:55notamment des libertés
11:55de manifester,
11:56et puis à un moment donné
11:57les questions de sécurité.
11:58Il faut toujours trouver
11:59la chose qui permette
12:01quand même
12:01de préserver d'abord
12:02ce qui, je vous rappelle,
12:03est le premier terme
12:04de notre devise républicaine.
12:07Donc, moi,
12:08ce que je crois
12:08qu'il faut créer
12:09comme condition
12:10et de ce que j'ai compris,
12:11il y a notamment
12:12un appel des syndicats
12:13associés,
12:14syndicats lycéens,
12:15etc.
12:16Et là-dessus,
12:17au lieu d'entendre
12:18le ministre
12:19tout à l'heure
12:21Nunes dire
12:22en donnant raison
12:23au Rassemblement National,
12:24se tourner vers eux
12:25et dire
12:25ne vous inquiétez pas,
12:26c'est moi qui serai
12:27au commandement samedi.
12:28Je ne sais pas
12:28si ça voulait dire
12:29qu'il n'était pas
12:29la semaine dernière.
12:30Je ne sais pas
12:30si ça voulait dire.
12:31Et on va agir
12:32avec fermeté.
12:33Il y aura un dispositif
12:34massif,
12:34c'est ce que dit
12:35le premier ministre.
12:36Mais la fermeté,
12:37si vous voulez,
12:38pour être clair,
12:39dans les manifestations
12:40depuis quelques temps,
12:41le droit de manifester
12:43est moins important
12:44à un moment donné
12:45que le fait
12:46de réprimer
12:47et y compris
12:49avec des armes
12:51qui sont
12:52possiblement dangereuses,
12:53mutilantes.
12:54Et donc,
12:54si jamais samedi,
12:55c'est ça qui est mis en jeu,
12:57comme j'ai pu le voir
12:58à certains moments
12:58dans des manifestations,
13:00il n'y a pas longtemps
13:00où tout d'un coup,
13:01vous avez des policiers
13:01qui rentrent
13:02pour aller arrêter
13:03une personne.
13:09Je termine.
13:10Je pense que samedi,
13:11il faudrait que
13:13toutes les conditions
13:14soient créées
13:15pour que le cortège principal
13:17puisse s'élancer.
13:19C'est-à-dire que là,
13:20on ne balance pas
13:21des lacrymos
13:22sur la place
13:22qui doit partir.
13:23Et vous,
13:23vous pouvez faire ça
13:24sans dispositif massif
13:25de sécurité.
13:25On a la volonté
13:26d'abord de sécuriser
13:27le droit de manifester
13:28et je crois qu'il faudrait
13:29ajouter,
13:29parce qu'on est les seuls
13:30en Europe à faire ça,
13:31dans les maintiens de l'ordre
13:32et ailleurs en Europe,
13:33ça ne se passe pas du mal.
13:34Il y a juste une chose
13:35qui me perturbe un peu,
13:36Éric Ocrel,
13:37c'est que je vous montre
13:38les images de Chloé,
13:40qui est en larmes
13:41hier soir sur ce plateau,
13:42avec des images,
13:43honnêtement,
13:45des émeutiers
13:45qui arrivent
13:46et qui défoncent
13:47trépendantes,
13:48etc.
13:48Vous me répondez,
13:50police,
13:51maintien de l'ordre
13:51et vous ne vous adressez pas
13:53ni à elle
13:54ni aux émeutiers
13:55d'une certaine manière.
13:55– Excusez-moi,
13:56mais vous,
13:56vous ne vous adressez
13:56absolument pas
13:57aux images inqualifiables
13:58que moi j'ai pu voir
13:59aussi par ailleurs.
14:00– On en a parlé évidemment.
14:01– Non, non,
14:01mais attendez,
14:02vous me dites
14:03que vous m'en parlez,
14:04vous me citez Chloé
14:04et je comprends
14:05absolument ce qu'elle dit,
14:06je vous dis,
14:07évidemment,
14:07je ne soutiens pas
14:08ce qui est...
14:10mais vous ne me parlez pas
14:12par exemple
14:12de toutes les images,
14:13il y en a des ribambelles
14:14où vous avez
14:15des personnes frappées
14:17à terre
14:18et laissées inertes,
14:19je vous rappelle
14:19les déclarations
14:20du préfet Grimaud en 68,
14:22un policier qui frappe
14:23quelqu'un à terre
14:24se déshonore
14:25et déshonore
14:25toute sa profession
14:26et pourtant,
14:26croyez-moi,
14:27les policiers en 68
14:28s'en croyaient beaucoup.
14:29– Monsieur le député,
14:30quand même.
14:30– Non, non, non,
14:30attendez parce que...
14:31– Donc on a quand même
14:31un problème,
14:32non je termine là-dessus
14:33M. Tréard,
14:33vous n'êtes pas d'accord
14:34mais je l'assume.
14:35– C'est toujours
14:35l'inversion de la charge
14:36de la preuve,
14:37c'est toujours la même chose,
14:39c'est l'inversion
14:40des responsabilités.
14:41– D'accord.
14:42– Alors, la police
14:42a des responsabilités,
14:44la gendarmerie
14:44a des responsabilités,
14:45le gouvernement
14:46a des responsabilités.
14:47– Bah c'est eux
14:48qui gouvernent,
14:48c'est pas nous.
14:49– Qu'est-ce que vous dites
14:51aux Français
14:52qui sont devant
14:53leur télévision,
14:54qui sont dans la rue,
14:55qui se font agresser
14:55dans la rue,
14:56qui sont devant
14:57leur télévision,
14:57qui voient la mairie
14:59de Limoges
15:00partir en fumée.
15:01– Mais vous savez très bien
15:02qu'on considère
15:02que c'est un crime
15:03de ce qui s'est passé
15:03à Limoges.
15:05– Mais il y a quand même
15:07un problème.
15:07– Ne mettez pas
15:08la mairie de Limoges
15:09comme la représentation
15:10de ce qui s'est passé
15:11ce week-end.
15:11– Je peux vous dire
15:12que ça a marqué.
15:13– L'office de tourisme.
15:15– L'office de tourisme.
15:16– Qu'est-ce qu'on dit
15:16les maires ?
15:17Ils ont l'impression
15:18d'avoir été abandonnés
15:19par l'État.
15:20Ils ont appelé
15:21pour avoir des...
15:22– Oui mais derrière,
15:22il y a eu des violences.
15:23– Mais je ne dis pas
15:24qu'il n'y a pas eu de violences.
15:25Je dis simplement
15:25que dans un mouvement...
15:27– Vous entendez bien
15:33moi, la mairie de Limoges
15:33c'est un crime
15:34et c'est un acte criminel.
15:36– Donc l'auteur...
15:37– Si l'auteur est retrouvé...
15:39– Le maître le feu...
15:40– Et je vous réponds.
15:41On m'a entendu
15:41ce que j'ai dit.
15:42De mettre le feu
15:43à une mairie
15:44avec des gens dedans,
15:45c'est un acte criminel.
15:46– On a un homme ce soir
15:47en garde à vue,
15:48interpellé,
15:48visiblement déjà fiché,
15:49pour son appartement
15:50sur la mouvance d'ultrago.
15:51– On verra bien
15:51ce qu'il sera finalement
15:52et ce qu'il en verra.
15:53Mais c'est un acte criminel.
15:54Donc moi,
15:55je n'ai pas de problème
15:56de vous dire ça.
15:56Ce que je dis simplement,
15:58c'est que comme
15:58dans toute mobilisation
15:59aussi massive
16:00qui génère une colère
16:02que je trouve légitime
16:03sur des revendications
16:04sur lesquelles
16:05le gouvernement
16:05ne fait pas face
16:06pour l'instant
16:06et il y fait face
16:07uniquement,
16:08et là on ne nous sommes
16:09pas d'accord,
16:09avec une disproportion
16:12dans l'utilisation
16:13de la police
16:13sur le mouvement lycéen,
16:15il y a des choses
16:16évidemment qui peuvent
16:17se passer
16:17qui ne sont absolument
16:18pas assumables,
16:19que nous n'assumons pas.
16:20D'ailleurs,
16:20nous ne sommes pas
16:21de près ou de loin
16:22concernés par ce genre
16:24de situation.
16:25Mais ce que je veux dire,
16:26c'est que vous ne pouvez
16:27pas ignorer M. Tréard
16:28que quand vous mettez
16:30cet immeuble,
16:31vous mettez les...
16:31Mais quand vous avez
16:32encore ce week-end
16:33des gens qui sont
16:35éborgnés,
16:36mutilés à vie
16:36pour avoir été
16:37simplement une maladie
16:38de situation...
16:38Il y a six enquêtes
16:38IGPN pour ce week-end.
16:39Voilà, mais oui,
16:40on verra bien la suite.
16:40Il y a mille policiers
16:41blessés.
16:42D'accord.
16:43Il y a mille policiers.
16:43Oui, ok.
16:44Parlons-en.
16:45Il n'y a pas de soucis,
16:46parlons-en.
16:46Moi, je veux bien
16:47qu'on compare effectivement...
16:49On est quand même
16:50dans un mouvement,
16:50c'est quand même
16:51assez exceptionnel.
16:52Il a duré trois semaines.
16:53On a déjà plusieurs
16:53personnes éborgnées
16:54des mômes
16:55d'entre 14 et 18 ans,
16:56des gens qui ont eu
16:57la main arrachée,
16:58etc.
16:59Donc, excusez-moi,
17:00quand je vois
17:00certaines images
17:01encore une fois ce week-end,
17:02je peux vous les envoyer
17:03si vous voulez,
17:03y compris deux personnes
17:05qui vivent en black bloc
17:06dans la police.
17:07On ne sait pas pourquoi.
17:07On ne sait pas
17:08ce qu'ils font là, etc.
17:09J'ai vu des images
17:09des deux côtés.
17:09Je dis donc qu'il y a
17:10une façon d'utiliser
17:11la police qui est problématique
17:12parce que, quelque part,
17:14la logique, excusez-moi,
17:15de ce gouvernement,
17:16parce qu'il fait face
17:16à des colères
17:18qu'il a lui-même suscitées,
17:20c'est que le préambule
17:21de départ,
17:21c'est de considérer
17:22que les manifestants,
17:22en fait, en réalité,
17:23sont des ennemis de l'intérieur.
17:25Voilà un peu
17:25le cadre de figure
17:26dans lequel on est.
17:27Et on entendra
17:28Sebastien Lecannu
17:29dans une seconde.
17:29Est-ce que...
17:31S'en prendra à vous.
17:32Oui, je sais
17:33qu'il s'en prendra à nous.
17:34C'est le bouc émissaire
17:35et c'est en plus
17:36une version politicienne
17:38de la chose
17:38parce qu'en plus,
17:39il essaie
17:40de jouer sur la présidentielle.
17:41Lors des manifestations lycéennes,
17:42la France Insoumise
17:43s'est rendue devant
17:44plusieurs établissements,
17:45un soutien aux lycéens,
17:46est-ce que vous,
17:48est-ce que la France Insoumise
17:48sera dans la rue
17:49samedi aux côtés
17:50des manifestants ?
17:51Est-ce que vous appelez
17:52à ce que les manifestations
17:52se déroulent dans le cadre ?
17:54Les syndicats appellent.
17:55Nous, on appelle.
17:56On a toujours appelé
17:57à la non-violence.
17:58Toujours.
17:58On a décidé
17:59de mettre des...
18:02Et la non-violence,
18:03je le dis,
18:04des deux côtés.
18:05Parce que sinon,
18:06si on la regarde
18:06de manière unilatérale,
18:07ça ne marche pas.
18:07Et vous comprenez parfois
18:08les critiques qui vous sont formules.
18:10Quand par exemple
18:10Jean-Luc Mélenchon
18:11parle de sauvagerie policière,
18:12on vous dit
18:12que vous avez face à vous
18:13un sauvage.
18:14Vous vous préparez quand même
18:15à quelque chose,
18:16à un affrontement,
18:17on est d'accord ?
18:18Non, non,
18:18c'est pas ça.
18:19On décrit juste une situation
18:21qui dure depuis trop longtemps.
18:23Est-ce que vous vous rendez compte,
18:24excusez-moi,
18:24mais le mouvement lycéen,
18:25il y a 8500 gardes à vue
18:27de gens de 86%
18:29de 14 à 18 ans.
18:30Plus que le mouvement
18:31des gilets jaunes.
18:33C'est un problème quand même.
18:34Enfin, on met au garde à vue
18:35pour un oui,
18:36pour un non ce pays.
18:36Et moi, j'ai vu les gardes à vue.
18:38C'est des moments,
18:39des fois, qu'on prend devant les lycées,
18:40on les met au garde à vue.
18:41C'est 24 ans.
18:41Et il y a les deux tiers
18:42qui ressortent sans suite.
18:43Donc, je dis simplement
18:44que oui,
18:45il y a une manière
18:45de le gouvernement,
18:46c'est pas nouveau.
18:47Ça fait des années
18:48que ça arrive
18:48parce que comme il ne veut
18:49pas céder à rien,
18:50eh bien, il a affaire
18:51à quelque chose
18:52qui des fois,
18:53effectivement,
18:53comme il ne cède pas,
18:55eh bien, les gens,
18:55ils ont une telle colère,
18:56je prends les gilets jaunes,
18:58dont tout le monde considère
18:59que c'est un mouvement
18:59qui a quand même
19:00une certaine légitimité.
19:01Pourtant, il était
19:03sacrément violent.
19:04D'accord ?
19:04Eh bien, à certains moments,
19:05ça déborde.
19:06Donc, je dis, moi,
19:07c'est pas nous qui gouvernons.
19:08Je dis que le gouvernement,
19:09un, doit faire en sorte
19:10que les prochaines conditions
19:11de manifestation
19:14soient sécurisées,
19:14c'est-à-dire qu'on sécurise
19:15le droit de manifester,
19:17qu'on ait une gestion de la police
19:18qui ne soit pas
19:19une gestion a priori répressive
19:22et contre tous les manifestants
19:24que d'un autre côté.
19:25Et nous, c'est ce qu'on va faire.
19:26On prend nos responsabilités.
19:27C'est pour ça qu'on soutient
19:28le mouvement.
19:29On va essayer de faire en sorte
19:30aussi, cette fois-ci,
19:31j'espère, de manière plus massive.
19:33Enfin, elles étaient massives,
19:34mais je veux dire,
19:34de manière plus large.
19:35Avoir un service de sécurité
19:36plus large ?
19:37Enfin, un service de sécurité.
19:38Mais ça, on l'avait déjà.
19:39On essaye de faire bien d'ordre.
19:39Vous savez que nous,
19:40combien on met de personnes
19:41en sécurité dans les manifestations ?
19:43On met 250 personnes
19:44qui sont des militants,
19:45des bénévoles.
19:46On va écouter, Eric Coquel.
19:47On écoute le premier.
19:48On écoute le premier.
19:48Je ne suis pas satisfait
19:49de la réponse
19:50parce que je voudrais quand même avoir...
19:51Je m'en doute.
19:51Je voudrais quand même...
19:52Non, non, mais Eric Coquel,
19:53non, pas sur le fond.
19:54Mais il y a quand même
19:55une réponse sur laquelle
19:56personne ne se prononce.
19:58Il y a des manifestants,
19:59il y a des revendications,
20:00qu'on les trouve légitimes ou pas,
20:02c'est l'affaire de chacun,
20:03c'est le débat.
20:04Il y a des manifestants,
20:06effectivement.
20:06Mais,
20:07ceux qui ont pillé,
20:09ceux qui ont cassé,
20:11ceux qui ont mis le désordre,
20:12qui ont mis la chienlit,
20:13comme dirait un certain De Gaulle,
20:15ils ne sont pas en train
20:16de revendiquer
20:17quoi que ce soit, eux.
20:19C'est quoi le sujet ?
20:20Attendez,
20:20ça m'intéresse beaucoup
20:21ce que vous dites.
20:22Eh bien, justement,
20:22j'aimerais vous entendre là-dessus.
20:25Vous êtes du même avis
20:25que la procureure de Paris,
20:26vous donnez tort, donc,
20:27à ceux qui estiment
20:28qu'en réalité...
20:29J'aimerais vous entendre.
20:30Moi, je suis journaliste,
20:31je suis...
20:32Et vous, Eric Coquel ?
20:33Vous êtes plus proche
20:34de la réalité.
20:35Mais vous, Eric Coquel,
20:36qu'est-ce que vous dites ?
20:37De quoi ?
20:37Pourquoi est-ce qu'on pille ?
20:38Pourquoi est-ce que certains pillent ?
20:40Pourquoi est-ce qu'on pille ?
20:41Alors, il y a beaucoup de choses
20:42qui se mélangent.
20:43Il y a effectivement,
20:44à un moment donné...
20:45Moi, je ne peux pas
20:46analyser ce mouvement
20:47comme sociologue.
20:48On sait que, par exemple,
20:50c'était M. Boer
20:51qui avait manifestement
20:52des bonnes informations
20:53comme la procureure de Paris.
20:54La typologie,
20:55c'est plutôt des personnes
20:56qui sont défavorisées
20:58socialement, par exemple.
20:59Donc, est-ce qu'effectivement,
21:00il y a un effet d'aubaine
21:01de pouvoir prendre
21:02ce que tout le long de l'année
21:04ils ne peuvent pas avoir ?
21:05Sans doute.
21:06Et d'ailleurs,
21:07ça peut être,
21:07à un moment donné,
21:08des gens qui vont s'avère
21:09qu'ils étaient manifestants avant.
21:10Ça ne leur donne pas raison.
21:11Il y en a, visiblement.
21:12Mais je dis simplement
21:13que c'est aussi
21:14des conditions sociales.
21:15C'est un mouvement
21:16très typé socialement.
21:17Mais donc, pour vous,
21:18il y a des conditions sociales.
21:19Bien sûr qu'il y a
21:20une dimension sociale.
21:21Quand, quelque part,
21:22vous avez, par exemple,
21:24dans les violences que vous avez,
21:25là, on voit qu'il y a des fois,
21:26à certains moments,
21:28des violences qui ont eu lieu
21:28parce que les policiers
21:29chargeaient,
21:30les foules inconsideraient.
21:31Je peux vous le dire,
21:32moi, j'ai des gens de ma famille.
21:33Non, mais dans la soirée,
21:34il n'y avait plus de policiers
21:34qui chargeaient.
21:35On les cherchait.
21:35Je parle de ce qui a déclenché
21:37au départ
21:37l'épargnement de tout le monde.
21:39Moi, j'ai des gens de ma famille
21:40qui ont essayé de rejoindre
21:40République.
21:41Croyez-moi,
21:41ce n'est pas des casseurs.
21:43Mettons ça de temps.
21:44Si vous mettez ça de côté.
21:45Non, parce que si vous prenez
21:45dimanche soir, par exemple.
21:46Dimanche soir,
21:47il n'y a plus de manif.
21:47Il n'y a que des pillages.
21:49Dimanche soir,
21:49il n'y a plus de manif.
21:49D'accord, mais vous ne pouvez pas
21:50le mettre de côté
21:51parce que c'est ce qui explique,
21:52à un moment donné,
21:53le fait que tout ça,
21:55ça se dégénère en désordre.
21:57Mais donc, vous,
21:57vous expliquez les pillages
21:59par des conditions sociales
22:01de ce qui est lié.
22:02Très certainement.
22:02Je ne suis pas social,
22:03mais il y a ça.
22:03Est-ce que ce n'est pas excusé
22:04en partie ce qu'ils sont
22:05en train de faire ?
22:06Non, je ne vous ai pas dit ça.
22:07Je suis en train de décrire
22:09une situation
22:10où à un moment donné,
22:11il y a des gens
22:11qui se retrouvent à protester
22:13parce qu'il y a
22:14un niveau de protestation.
22:16C'est de la protestation.
22:18Des gens qui se sont manifestés
22:19ce week-end,
22:20c'est des gens qui protestaient
22:21contre certaines choses.
22:21Dans les pillages, j'entends.
22:22C'est qu'ils protestent
22:23contre la situation
22:24qu'ils auraient faite
22:25sur le pouvoir d'achat,
22:26sur les conditions d'études,
22:27sur la situation
22:28qui ne va pas dans ce pays.
22:29Parce qu'au cas où vous ne le savez pas,
22:31enfin, je ne veux pas le savoir,
22:32mais je veux dire,
22:33au cas où vous ne le savez pas,
22:34il y a des colères sociales
22:34qui sont explosives
22:36dans ce pays.
22:36Ils montent.
22:37Et ils ont face à eux
22:38un gouvernement
22:38qui a été battu en juillet 2024,
22:40qui continue à gouverner
22:41comme si c'était
22:42la seule solution.
22:43Donc, il y a une colère sociale.
22:44Que dans cette colère sociale
22:46qui est prétypée socialement,
22:47il y ait des gens
22:48qui, en plus de protester
22:50à un moment donné,
22:51il y a quelque part
22:52des effets d'aubaine
22:53parce que ça leur permet
22:54de prendre des choses
22:54qu'ils ne peuvent pas avoir.
22:56Moi, je le constate.
22:56Est-ce que je l'excuse ?
22:58Est-ce que je l'excuse ?
22:59Ou en tout cas,
23:00est-ce que pour moi,
23:01ça fait partie
23:02de ce qu'on doit faire ?
23:03Absolument pas.
23:03C'est ce que Jean-Luc Mélenchon
23:04a dit dès le soir même là-dessus.
23:06Donc, voilà, je vous réponds.
23:08Mais il faut essayer...
23:09On écoute le Premier ministre.
23:10Si vous voulez.
23:11On écoute le Premier ministre
23:12cet après-midi
23:12à l'Assemblée
23:13qui attaque la France insoumise.
23:15Il vous accuse,
23:16il pointe votre responsabilité,
23:17votre proximité
23:18avec des groupes violents.
23:21La réalité, de fait,
23:22je vous avais dit
23:24après la mort tragique de Quentin
23:25qu'il fallait faire
23:26effectivement le ménage
23:28dans vos rangs,
23:28dans vos paroles
23:29et dans vos idées.
23:30La réalité, c'est que
23:31j'étais bien naïf
23:32parce que votre agenda politique
23:34d'installer la violence
23:35et le chaos dans le pays
23:36est bel et bien là.
23:37Donc, oui,
23:38vous avez effectivement
23:40choisi votre camp,
23:41Madame la Présidente Pannot.
23:42C'est le camp de la honte
23:43et nous vous combattrons.
23:45Le camp de la honte,
23:46qu'est-ce que vous lui répondez ?
23:47Je vais être très clair,
23:48il joue avec le feu.
23:49Pourquoi ?
23:49Parce que dans l'histoire,
23:50dans l'histoire
23:51et dans des moments
23:52où les démocraties
23:52étaient en danger,
23:54il est arrivé plus d'une fois
23:56qu'un gouvernement
23:56prenne des prétextes
23:58pour mettre sur le dos
24:00d'une opposition
24:00et en l'occurrence
24:01l'opposition de gauche
24:02la plus nombreuse
24:03peut gagner les élections
24:05le dos de violences de ce type
24:07pour soit les réprimer
24:09soit même les interdire.
24:10Voilà,
24:11je n'ai pas besoin de vous dire
24:12et c'est exactement ce qu'il fait.
24:13Moi, je vais vous dire
24:14ce que fait M. Le Corneau,
24:15c'est très clair
24:15vis-à-vis de LFI
24:17et ça rejoint très certainement
24:19l'article de Mediapart
24:20qui cite beaucoup de gens
24:22à moins qu'on considère
24:24C'est complètement anonyme
24:25et pas sourcé.
24:26Oui, mais enfin en général,
24:27vous le savez comme moi,
24:28M. Tréhard,
24:28les sources de Mediapart
24:29quand on commence à les conquérir.
24:30Je vais l'expliquer
24:31pour les téléspectateurs.
24:32Je vais l'expliquer
24:32pour les téléspectateurs.
24:33C'est qu'il y a un article
24:34qui est sorti hier
24:35par Mediapart
24:36qui donne la parole
24:37notamment à un commissaire
24:37des renseignements
24:39notamment à un commissaire
24:40qui est le cœur de cet article
24:42et qui explique ce commissaire
24:43qu'on lui a demandé
24:45de vous mouiller,
24:47de mouiller la France insoumise
24:49dans les violences.
24:49Voilà, dans les violences.
24:51Alors que je vous fais remarquer
24:52que vu ce que nous disons
24:54sur les violences,
24:56notre positionnement
24:56dans les manifestations
24:57qui est facile à voir,
24:58je veux dire,
24:59il n'y a pas de l'once
25:00d'une preuve.
25:00Par contre,
25:01laissez-moi dire,
25:02allez jusqu'au bout.
25:03Allez-y.
25:03D'accord ?
25:03Moi, je pense que
25:05le bloc central
25:07qui occupe l'espace
25:09a un objectif,
25:10c'est qu'on ne soit pas
25:10au deuxième tour des élections.
25:11Et là,
25:12il est en train d'instrumentaliser
25:13quelque chose de très grave.
25:15Alors, heureusement,
25:15ce que je remarque
25:16pour le moment,
25:17c'est qu'à gauche,
25:18sauf M. Glucksmann,
25:20ça tient sur cette logique.
25:21M. Grégoire également,
25:23des gens qui ne sont pas
25:23forcément proches de nous
25:25pour essayer
25:26de faire en sorte
25:27de nous discréditer
25:28et que nous ne soyons pas
25:29au deuxième tour des élections.
25:30Je pense que
25:32ce que fait M. Lecord
25:33nulat sur des grands airs
25:34de principe,
25:35ce n'est qu'une vision
25:36très politicienne des choses.
25:38Et ce qui m'inquiète,
25:38je termine là-dessus,
25:40ce qui m'inquiète,
25:40c'est jusqu'où
25:41ils sont capables d'aller.
25:41Parce que quand le deuxième
25:42personnage de l'État,
25:43M. Larcher,
25:45dit qu'on pourrait
25:46nous interdire,
25:47c'est-à-dire interdire
25:47la formation de gauche
25:49la plus importante,
25:50dont, a priori...
25:51Il n'est pas le seul
25:52à dire ça, hein ?
25:52Bruno Rotaillot
25:53a posé la question.
25:54Oui, oui.
25:54Mais M. Rotaillot,
25:55il nous a habitués
25:56à être très extrêmes.
25:57Là, c'est le deuxième
25:58personnage de l'État.
25:59Moi, ça m'inquiète beaucoup.
26:00Mais est-ce que...
26:01Revenez sur...
26:02Revenez sur l'histoire,
26:04sur un certain moment,
26:05y compris quand c'est
26:06l'extrême droite
26:07qui menace,
26:07ce qui est fait
26:08par rapport
26:08à des formations de gauche.
26:10Eh bien, moi,
26:10je trouve qu'on commence
26:11à rentrer dans un cadre
26:14et je m'adresse
26:15aux gens qui nous regardent.
26:16Je vous laisse la parole
26:17dans une seconde,
26:18je vous le promets.
26:19Mais simplement,
26:20est-ce que vous pouvez accepter,
26:21Éric Coquerel,
26:22que certains Français
26:23qui nous regardent,
26:24et peut-être même
26:25certains Français de gauche
26:26qui nous regardent,
26:28puissent avoir été troublés
26:29ces dernières années
26:30sur un certain nombre
26:32de reprises
26:34concernant votre rapport
26:35à la violence ?
26:36Quand, par exemple,
26:38ils voient que
26:38dans vos rangs insoumis,
26:39il y a Raphaël Arnaud
26:40qui est un ancien
26:41de la Jeune Garde,
26:43un groupe uscule
26:43qui a ensuite été interdit.
26:46Quand ils voient
26:47que Bali Bakayoko,
26:48maire de Saint-Denis,
26:48explique que la violence
26:49peut être légitime
26:50mais qu'il vaut mieux l'éviter,
26:52ils le précisent
26:52mais que la violence
26:53peut être légitime.
26:54Quand certains
26:55peuvent avoir en mémoire
26:56ce qui s'était passé
26:57au moment de la République,
26:57c'est moi,
26:58au moment de la perquisition
26:58dans vos locaux
26:59et le cri de Jean-Luc Mélenchon,
27:01quand certains ont pu lire
27:02Jean-Luc Mélenchon,
27:03écrire
27:03il faudra en venir
27:04à la Constituante,
27:05soit on le fait maintenant
27:06dans l'ordre,
27:07soit on le fera
27:07de toute façon
27:08dans le chaos,
27:09est-ce que vous comprenez
27:10qu'y compris à gauche,
27:11ça puisse interroger ?
27:13quand c'est une petite musique
27:14qui se réunit à peu près
27:15sur toutes les chaînes
27:15d'information,
27:17du service public
27:18ou autre,
27:18je comprends qu'à la fin...
27:19Est-ce que tout ce que j'ai dit
27:20est faux ?
27:22Tout ce que vous dites,
27:23oui, est faux.
27:23Tout ce que j'ai dit est faux ?
27:24Oui, je reprends les choses.
27:25Vous dites,
27:25M. Bali Bagayoko a dit ça.
27:27Le cadre de son interview,
27:29de ce qu'il dit à un moment donné,
27:30dans un cadre
27:31où M. Bagayoko,
27:32je sais,
27:32puisque j'y étais,
27:33a passé son temps
27:34à venir faire en sorte
27:35de s'interposer
27:36pour que ça se règle
27:38pacifiquement
27:38entre les policiers
27:39et les jeunes...
27:41La violence peut être légitime,
27:42il ne l'a pas dit.
27:43Laissez-moi finir.
27:43Les jeunes,
27:44on l'interroge à ce moment-là
27:45sur le jeune
27:46qui s'est reçu,
27:47vous savez,
27:47une grenade
27:48en face de lui
27:50et qu'il l'a défiguré.
27:51Et là,
27:52ce qu'il répond,
27:52c'est qu'on lui demande
27:53mais est-ce qu'en gros,
27:55c'est normal qu'il y ait une réaction ?
27:56Et il dit,
27:56quand vous avez une réaction comme ça,
27:58oui,
27:59vous êtes attaqué,
28:00on peut imaginer
28:00que la violence,
28:01quelqu'un peut trouver
28:02que c'est légitime
28:03et pour autant,
28:04il termine là-dessus.
28:05Donc,
28:05il est sur un fait
28:06très précis
28:06de quelqu'un
28:07qui se retrouve
28:08à un moment donné
28:08et en l'occurrence,
28:09la violence,
28:10elle est là,
28:11elle n'était que d'un côté
28:12puisque le jeune
28:12n'est défiguré
28:13par le policier,
28:14que je sache.
28:14Donc,
28:14c'est très typé
28:15et par rapport à ça,
28:17il suffit de regarder
28:17et d'avoir l'honnêteté journalistique
28:19de dire ce que
28:19Beli Bakayoko
28:20a fait pendant des semaines
28:21pour voir que
28:22ça a été tout l'inverse
28:23de susciter de la violence.
28:24Il a donné par exemple raison
28:26à des jeunes
28:26qui avaient expulsé BFM TV
28:28de la couverture
28:29de ce qui se passait
28:30du côté de Saint-Denis.
28:31– Écoutez,
28:31à certains moments
28:32quand BFM TV par exemple,
28:33je vais vous dire,
28:34sur des événements
28:35passent 40 minutes
28:36à filmer en direct
28:37à feu de poubelle
28:38et au lieu d'aller voir
28:39les jeunes
28:40et leur demander
28:40ce qui se passe,
28:41excusez-moi,
28:42je pense qu'il y a un problème
28:42avec BFM TV.
28:43Puisque vous m'en parlez,
28:44je pense qu'il y a un problème
28:45et que dans l'exacerbation
28:46à un moment donné,
28:47parce que vous avez votre rôle,
28:48dans l'exacerbation
28:49des images
28:50que l'on peut donner,
28:51etc.,
28:51vous avez deux façons de faire.
28:53Vous allez par exemple
28:54interviewer
28:54et passer votre temps
28:55interviewer les lycéens
28:57et souvent les lycéennes
28:57d'ailleurs,
28:58qui font des slogans
28:59extraordinaires
29:00sur leur pancarte,
29:00sur leur revendication,
29:01qu'est-ce qu'ils veulent,
29:02ou alors vous passez
29:0380% de votre temps,
29:04voire 90,
29:05au moindre incident,
29:07etc.,
29:07que vous valorisez.
29:08– Éric Coquerel, Éric Coquerel,
29:08donc vous avez
29:09votre responsabilité.
29:10– Éric Coquerel, Éric Coquerel,
29:11– Ce que vous me dites,
29:12vous nous mettez,
29:13est-ce que les gens…
29:14– Vous pouvez évidemment le penser.
29:15– Moi, je vais vous dire
29:15la même chose,
29:16il y a des lycéens
29:17qui ont vu ça.
29:18– Moi, je vais vous répondre aussi,
29:19il y a des lycéens
29:20qui par dizaines
29:21ont été invités,
29:21on pourrait parler
29:22notamment du forum,
29:23ont été invités par dizaines
29:24à venir exposer
29:25leurs revendications.
29:26– Je vous parle de votre couverture,
29:27excusez-moi,
29:27puisque vous me parlez BFM TV,
29:28je n'avais pas spécialement
29:29envie de vous,
29:30de votre couverture
29:31qui est à certains moments
29:32sur le mouvement,
29:33ça a été dit par exemple,
29:34vous faisiez plus pencher
29:36du côté d'une chaîne
29:37du groupe Bolloré
29:37que ce que vous êtes…
29:38– Monsieur Coquerel,
29:38je ne peux pas vous laisser dire ça.
29:40– Vous ne pouvez pas me le dire.
29:42– Je ne peux pas être d'accord
29:43avec ça, évidemment.
29:43– Je ne peux pas être d'accord
29:44avec votre rappel.
29:45– Monsieur Géboune,
29:46s'il vous plaît,
29:47quand il y a des lycées
29:49qui brûlent,
29:50quand il y en a
29:50pour plusieurs millions de dégâts,
29:52on ne peut pas ne pas montrer ça.
29:53– Oui, 40 minutes
29:53sur un feu de poubelle, écoutez.
29:55– Ce n'est pas un feu de poubelle.
29:56– Ce n'est pas un feu de poubelle.
29:57– Je vais vous raconter
29:58une anecdote,
29:59mais attendez ça,
29:59je ne veux pas rater cette question.
30:01– Et moi,
30:02je voudrais vous la raconter
30:03l'anecdote.
30:03J'étais avec un de vos journalistes
30:05samedi qui devait faire
30:06un duplex avec moi
30:07de la manifestation
30:08pour m'interroger.
30:08il n'y en avait pas eu avant,
30:10d'accord ?
30:10Il me demande d'attendre
30:12et tout d'un coup,
30:12il part.
30:13Je lui dis,
30:13qu'est-ce qu'il y a ?
30:13Il y a une grenade lacrymogène
30:15place de répuie.
30:15Il dit,
30:16oui, il s'en va.
30:17L'interview n'a jamais eu lieu.
30:18Vous n'avez quasiment pas filmé
30:20des images.
30:21On vous a même pointé
30:22sur le fait qu'il y avait
30:23des centaines de milliers
30:24de personnes qui défilaient
30:25avec des revendications.
30:26Donc, je dis,
30:27vous aussi,
30:27vous avez vos responsabilités.
30:28– On ne montrait tous ces images.
30:29– Mais vous avez vos responsabilités
30:31là-dessus.
30:32Et donc,
30:32pour vous répondre,
30:33parce que moi,
30:33ça vous déplaît,
30:34moi, je vous dis que quand
30:35vous laissez penser
30:37comme quelque part,
30:38quelque chose
30:39d'autoréalisateur,
30:41que finalement,
30:42il n'y a pas de fumée
30:43fin en feu,
30:43donc si on dit
30:44que France Insoumise
30:45a un rapport
30:45avec la violence,
30:46quoi qu'on dise,
30:47finalement,
30:48c'est simplement
30:50d'interroger des faits.
30:51Il n'y a pas un fait
30:53qui montre que
30:53France Insoumise
30:54a participé
30:55à des actes violents.
30:57Comment dire ?
30:58– Ce n'est pas ce qu'on dit.
30:58– Est-ce que j'ai dit ça ?
31:00– Mais vous, non.
31:01– Est-ce que j'ai dit ça ?
31:03– Ce n'est pas ce que vous dites,
31:03M. Tréard,
31:04mais là,
31:05on a commencé
31:07sur l'interview
31:08sur le Premier ministre
31:09et le Premier ministre,
31:10oui, le dit.
31:11– Alors, justement.
31:11– Et c'est pour ça
31:12que je reviens
31:12au fait qu'il joue
31:13quelque chose
31:14d'absolument terrible
31:15pour la démocratie
31:16qui est d'essayer
31:18d'utiliser
31:18ce qui est en train
31:19de se passer,
31:19le mouvement,
31:20depuis le début,
31:21pour essayer
31:22de nous cornaquer.
31:23Ils ont commencé
31:25en jouant avec les termes.
31:26Vous avez remarqué
31:26comme les termes,
31:27c'est intéressant aussi.
31:28Ça fait partie,
31:29je le dis à tout le monde.
31:30maintenant,
31:31alors que même
31:32c'est d'ailleurs
31:32contredit par la procureure.
31:33On parle maintenant
31:34de l'extrême-gauche
31:34et de l'ultra-gauche.
31:35Manifestement,
31:36ce qu'on entend
31:36maintenant par l'ultra-gauche
31:38caractérisait l'extrême-gauche
31:39il y a quelques années
31:39puisque nous,
31:40on nous caractérise
31:40de l'extrême-gauche.
31:42Tout ça,
31:42c'est fait quelque part
31:43pour afficher
31:45une image marginale,
31:46une image discréditée
31:48sur Henri Elbé.
31:50– Sur la façon
31:51dont le gouvernement
31:52vous accuse
31:53d'avoir agité,
31:54fait monter
31:55le chaos de samedi.
31:57Il y a eu quand même,
31:58il faut le dire,
31:58c'est vrai,
31:58des allers-retours.
31:59Il y a eu un moment
32:00où le gouvernement
32:01a commencé à revenir
32:02un peu là-dessus
32:02en se disant
32:03soit par stratégie,
32:04soit par constatation.
32:06En fait, non,
32:07la France insoumise
32:08n'a pas les moyens
32:08non plus de mobiliser
32:09tous ces pillards,
32:10etc.
32:10Bref,
32:11dans ce contexte-là,
32:13le Premier ministre
32:14Sébastien Lecornu
32:15réunit tous les partis politiques
32:16jeudi à 14h30.
32:18Le RN ne s'y rendra pas.
32:20Est-ce que la France insoumise
32:21va s'y rendre ?
32:21– Écoutez,
32:22on est en train
32:22d'y réfléchir.
32:23On va voir
32:24sur quels termes,
32:25qu'est-ce qu'on peut mettre
32:26comme débat ?
32:27Notamment,
32:27on aimerait bien
32:28qu'on puisse parler
32:29des solutions,
32:31pas seulement
32:31sous l'angle répressif.
32:33Donc,
32:33on n'a pas pris
32:34notre décision.
32:34– Mais il n'y a pas
32:35d'évidence à venir ?
32:36– Je ne sais pas,
32:37vous me dites quand même
32:38que le RN n'y va pas.
32:39– Le RN envoie
32:39deux représentants.
32:40C'est Jean-Termain
32:41et le RN n'y vont pas.
32:42– L'invitation était
32:44un peu bizarre,
32:45vous vous admettrez,
32:45c'est-à-dire qu'il faut
32:46un espèce de préalable
32:47en disant
32:49avant tout
32:50viennent ceux qui
32:51ont les mots
32:52que nous voulons
32:53par rapport au mouvement.
32:54Mais au-delà de ça,
32:55nous on est plutôt
32:56à ce stade
32:57pour réfléchir d'y aller.
32:58Voilà,
32:58on n'a pas encore
32:59pris la décision
32:59mais je vous réponds.
33:01– Vous n'avez pas
33:02perdu l'idée
33:02de dialoguer
33:03avec le gouvernement ?
33:04– On aimerait bien
33:04qu'au lieu
33:05de dire au gouvernement,
33:07même si manifestement
33:08il ne nous entend pas
33:08mais il aurait peut-être
33:09intérêt à nous entendre,
33:11que pour régler
33:12la question,
33:13pour faire en sorte
33:14de répondre
33:16aux Français
33:16et quand même
33:17j'entends bien
33:18qu'il y a des millions
33:18de Français
33:19qui s'interrogent
33:19mais il y a des millions
33:20de Français
33:20qui quand même soutiennent
33:21aussi ce mouvement.
33:22Il faut répondre politiquement
33:23comme Jacques Chirac
33:24a su le faire
33:25à un moment donné.
33:26C'est-à-dire
33:26qu'il faut lâcher des choses.
33:28– Il y a une chose
33:29qui est quand même
33:29très importante,
33:30c'est que tous les précédents
33:31que vous donnez,
33:32il y a des textes,
33:33il y a une loi,
33:34un projet de loi,
33:36je mets 68 de côté
33:37qui n'a rien à voir
33:38mais là,
33:39il n'y a pas
33:40un projet de loi.
33:40– Si, ça existe,
33:41non, non, ça émerge.
33:42– Il n'y a pas
33:42un projet de loi,
33:43il n'y a pas
33:44un texte qu'on peut retirer.
33:45– Vous avez raison.
33:46– En plus,
33:47les manifestations
33:47et la manifestation
33:49témoignent de samedi,
33:50il y a des gens
33:51qui sont là pour le lycée,
33:52il y en a d'autres
33:52qui sont là pour l'université
33:54et le pouvoir d'achat.
33:55– Le moteur quand même,
33:56le moteur sur lequel
33:57peuvent s'adosser le reste,
33:58c'est quand même
33:59un très fort mouvement
34:00de la jeunesse.
34:00La manifestation de samedi
34:02était le lycée.
34:03Donc, il y a quand même
34:04des revendications
34:05qui émergent.
34:05Il y en a au moins
34:06deux principales.
34:07– Lesquelles alors ?
34:07– Je vous les donne,
34:08il y a des revendications
34:09budgétaires
34:10pour avoir plus d'enseignants
34:11qu'ils ont…
34:13– Ils ont répondu déjà.
34:14Même si c'est insuffisant.
34:15– Non, non, mais non.
34:16Il y a le budget baisse
34:17de l'éducation
34:18et le budget
34:18de l'enseignement supérieur
34:19si vous retirez l'inflation.
34:20Mais je ne vais pas
34:21rentrer en détail.
34:21Il y a une revendication
34:23qui est, comment dire,
34:25budgétée à 10 milliards
34:26par le mouvement
34:27qui est mise sur la table.
34:28Il pourrait y avoir
34:28une réponse.
34:29Et la deuxième revendication,
34:31vous le savez bien,
34:31c'est Parcoursup.
34:32Très franchement,
34:33je ne comprends même pas
34:34le gouvernement.
34:35Parce qu'il va falloir
34:36qu'à un moment donné,
34:36il cède quelque chose.
34:37Sinon, je vais vous dire,
34:39c'est qu'à un moment donné,
34:40le mouvement va se tourner
34:41vers autre chose.
34:42– C'est-à-dire quoi ?
34:44– Dans le mouvement,
34:45vous avez entendu
34:46des mobilisations
34:47des gens qui disent
34:48Macron démission.
34:49C'est-à-dire que
34:50s'il n'y a pas une réponse
34:51sur la revendication,
34:52les gens vont considérer
34:53que ça bloque.
34:53– Vous allez aller
34:54jusqu'à la démission ?
34:55Vous allez aller
34:55demander jusqu'à la démission ?
34:56– Nous, on ne dit rien.
34:57Nous, c'est le mouvement
34:58qui fait ces…
34:58Je dis simplement,
34:59là, je vous fais
35:00une analyse politique froide.
35:01S'ils ne sont pas capables
35:03de répondre à un mouvement
35:04qui ne va pas faiblir
35:07mesure.
35:08Donc, je n'ai pas eu
35:08le temps de finir,
35:09mais la braguation
35:10de Parcoursup
35:10pourrait en être une
35:12et très franchement…
35:13– Sauf que matériellement,
35:13c'est impossible.
35:15L'orientation,
35:15vous la choisissez
35:16à la fin de l'année, là.
35:16– Oui, il pourrait très bien dire
35:17qu'on est dans un moment
35:19exceptionnel, d'accord ?
35:20On abroge Parcoursup
35:21et puis c'est très bien
35:22parce que le débat présidentiel
35:23va permettre à chacun
35:24de dire ce qu'il veut mettre
35:25en place et ce qu'il mettra
35:26en place dès le mois de mai.
35:27– Oui, mais attendez,
35:27moi, je rentre à l'université
35:29l'année prochaine.
35:30– Mais je vais vous dire
35:31une chose, M. Tréa,
35:32vous le savez très bien,
35:32CPE qui était promulgué
35:34dans le journal officiel,
35:35c'était impossible
35:35de le retirer, d'accord ?
35:36Donc, ce n'est pas vrai.
35:38À un moment donné,
35:39il va bien falloir qu'il dise…
35:40Il ne peut pas penser
35:41en disant,
35:42comme il le fait,
35:42il va faire des tables rondes,
35:43on va débattre.
35:44Les gens ne sont pas fous.
35:46Et puis, vous avez des mesures
35:47sur le pouvoir d'achat,
35:48je pense notamment…
35:49– Mais quand vous dites
35:49qu'ils vont se tourner
35:50vers autre chose,
35:51qu'est-ce que vous voulez dire ?
35:51– S'ils avaient des propositions
35:52politiques, mais ils ne veulent pas…
35:54– Quand vous dites
35:54qu'ils vont se tourner
35:55vers autre chose,
35:56qu'est-ce que vous voulez dire ?
35:56– La démission du président.
35:58– À un moment donné,
35:58M. Macron est venu dimanche
36:00à la télé pour ne rien dire.
36:01Il part quatre jours,
36:03il laisse le dossier,
36:04d'accord ?
36:05Et il n'a absolument rien dit,
36:06sauf que M. Lecornu
36:07va recevoir les gens.
36:09Est-ce que vous savez
36:10que des rangs de la majorité
36:12aujourd'hui,
36:12il y a des gens qui se demandent
36:13si M. Macron
36:14doit rester jusqu'au bout ?
36:15Est-ce que vous le savez,
36:16que ça monte ?
36:17Parce que s'il y a un point
36:18de blocage qui fait
36:19qu'il ne peut pas
36:20y avoir une issue politique,
36:22si lui-même
36:23n'entraîne pas
36:24son gouvernement
36:24à donner des réponses politiques,
36:26moi je pense que ça peut dire.
36:27– Qu'est-ce qui se passe
36:27s'il démissionne ?
36:28– Qu'est-ce qui se passe
36:29s'il démissionne ?
36:30C'est M. Larcher
36:31qui occupe l'intérim ?
36:32– Oui, il y a des élections avant.
36:34Enfin, encore une fois,
36:35c'est parce que,
36:36comprenez bien,
36:37ce mouvement,
36:38personne ne peut lui dicter
36:39ce sur quoi il avance.
36:41Je dis simplement
36:41que si vous avez
36:42un mouvement d'une telle ampleur,
36:44parce que c'est un mouvement
36:45d'une ampleur historique,
36:46il n'y a aucune réponse politique
36:48qui est donnée,
36:49ne croyez pas
36:49qu'avec des couvre-feu,
36:51tout ça va rentrer tranquillement.
36:52Ce n'est pas vrai.
36:53Là maintenant,
36:54le fleuve est sorti
36:54du lit
36:57et il ne reviendra pas
36:58sauf s'il a des réponses.
36:59Donc moi,
37:00mon conseil que je peux faire
37:01à M. Lecornu,
37:02c'est d'arrêter
37:02d'essayer de jouer,
37:03de trouver des boucs émissaires
37:04et de regarder sérieusement la chose.
37:06Ça serait peut-être
37:07plutôt M. Macron
37:08qui devrait s'en sortir.
37:08– Eric Ockel, une question.
37:09Avant d'accueillir
37:10Jordan Bardella,
37:11dans un instant,
37:11sondage ce soir
37:12pour Le Figaro
37:13et Sud Radio,
37:13notamment Marine Le Pen
37:14est donné jusqu'à 38%
37:15au premier tour.
37:17Jean-Luc Mélenchon,
37:19dans, je crois,
37:21trois scénarios sur quatre
37:22est donné au second tour.
37:22– Et donné au deuxième tour.
37:23– Et donné au deuxième tour.
37:24– Oui, c'est…
37:25Ça vient de chez vous,
37:27le sondage.
37:28– Je l'ai vu, je l'ai vu.
37:29En revanche,
37:30quand on regarde
37:30le deuxième tour,
37:31en cas de duel
37:32entre Marine Le Pen
37:33et Jean-Luc Mélenchon,
37:34l'écart se creuse encore.
37:34On est à 68-32.
37:35– Alors,
37:36est-ce que ça,
37:37est-ce que ça,
37:37quand même,
37:38ça ne vous interroge pas,
37:40ça ne vous inquiète pas ?
37:40– Alors,
37:41le premier constat,
37:42je l'ai vu,
37:42le sondage,
37:43il est fait du 17 au 19
37:44après les événements.
37:45– Oui, juste…
37:45– Et Jean-Luc Mélenchon
37:46progresse légèrement,
37:47mais il progresse
37:48et il est toujours
37:48au deuxième tour
37:49et quel que soit
37:50le cas de figure.
37:51Moi, je pense que
37:51si Jean-Luc Mélenchon
37:52est au deuxième tour
37:53face à une extrême droite,
37:54je n'ai pas le temps
37:55d'en discuter ce soir,
37:56mais sur la discussion budgétaire
37:57s'affiche en plus
37:58comme très libéral,
37:59ultra-libéral.
38:00En gros,
38:00c'est la politique
38:01de Le Pen Père
38:02qui était un admirateur
38:03de Reagan,
38:04ce n'est pas le côté social
38:05que Mme Le Pen
38:06essayait de mettre
38:08sur la table
38:08depuis quelques années.
38:09Je pense qu'entre
38:11un candidat républicain
38:12de gauche
38:12qui porte un projet
38:13de rupture
38:13avec le système
38:15qui aujourd'hui nous étrangle
38:15et un candidat
38:16à l'extrême droite
38:17qui propose de le perpétuer,
38:19le résultat au second tour
38:19ne sera pas celui
38:20des sondages.
38:21– Merci, Eric Coquerel.
38:22– Merci.
38:22– Merci d'être venu ce soir
38:23en direct sur BFM TV.

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