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  • il y a 1 jour
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Et à 13h20, Kéli Mathias, c'est l'heure d'accueillir vos trois chroniqueurs du jour.
00:06Et avec vous, Hélène Roux et Michel Fayad et Sébastien Lillier.
00:08Bonjour et bienvenue à tous les trois.
00:10Bonjour Kéli.
00:12Après, c'était son cœur.
00:14C'était joli.
00:16Bon, après les émets de samedi, un sujet moins drôle.
00:18Et la réponse du gouvernement.
00:20Écoutez Gérald Darmanin, le ministre de la Justice,
00:22qui a fait le bilan des poursuites judiciaires.
00:24C'était ce matin sur Europe 1 au micro de Laurence Ferrari.
00:28Aujourd'hui, 123 personnes sont incarcérées.
00:30Il y a eu beaucoup de fermeté de la part des procureurs de la République.
00:33Vous leur avez demandé d'avoir la main lourde ?
00:34J'ai demandé d'être extrêmement ferme, impitoyable envers ceux qui ont attaqué des policiers,
00:38des gendarmes, des sapeurs-pompiers, qui ont pillé des commerces
00:41et qui ont attaqué des bâtiments publics.
00:43Il y a également une cinquantaine d'informations judiciaires,
00:45c'est-à-dire des juges qui ont été saisis pour pouvoir faire des enquêtes criminelles.
00:49Je pense évidemment à la mairie de Limoges,
00:51mais je pense aussi aux attaques du bâtiment CNews, par exemple.
00:54Et il y a plus de 700 personnes qui, escortées par la police,
00:57sont déférées dans les dépôts, c'est-à-dire l'endroit où on attend d'être condamnés,
01:01dans les tribunaux en France, avec des condamnations extrêmement fermes.
01:04Alors, entre-temps, le chiffre a été revu à la hausse par le ministre de la Justice
01:07qui annonce que près de 150 personnes ont été incarcérées
01:11depuis le début de ces violences, c'est-à-dire depuis ce week-end.
01:14Emmanuel Macron avait dit dimanche soir, nous serons intraitables.
01:18On y est, Hélène Rouet ?
01:20Alors, si vous voulez, les chiffres qui sont avancés par Gérald Darmanin,
01:22moi je pense que Gérald Darmanin, il fait ce qu'il peut,
01:24c'est-à-dire que l'idée en soi est très bonne.
01:27Quand il fait des circulaires pour expliquer qu'il faut être très ferme, intraitable, etc.,
01:31pourquoi pas ?
01:31Le problème, c'est qu'en fait, il faut mettre aussi en comparaison parfois les chiffres.
01:34On est à un petit peu moins de 150 incarcérations.
01:37Moi, quand on m'explique que rien que dans la ville de Marseille,
01:40il y a eu 30 000 casseurs, pilleurs,
01:42et que là, maintenant, on m'explique qu'il y a 150 personnes en détention,
01:45si vous voulez, j'ai quand même un peu de mal.
01:47C'est-à-dire que le rapport avec les chiffres, j'ai quand même un petit peu de mal.
01:49Maintenant, Gérald Darmanin, comme je l'ai dit, fait manifestement ce qu'il peut.
01:54Je pense que les enquêteurs aussi, et d'ailleurs, c'est dit, on le voit dans l'impresse,
01:57ils sont absolument submergés.
01:59C'est-à-dire que c'est quand même très très compliqué la situation dans laquelle on se trouve,
02:02tel le déferlement de samedi dernier a été compliqué.
02:05Et pour ce qui est d'Emmanuel Macron, intraitable,
02:06quand il dit que la justice s'est rendue au nom du peuple français,
02:09oui, c'est vrai, mais enfin, c'est pas Emmanuel Macron qui décide des peines,
02:11c'est des magistrats, qui sont aussi pour un tiers des syndiqués, je le rappelle,
02:15des magistrats qui sont extrêmement idéologisés, notamment du syndicat de la magistrature, etc.
02:19On sait aussi ce que peuvent parfois penser les magistrats.
02:22Alors, les comparutions immédiates en Lyon, en ce moment, elles se poursuivent.
02:25En tout cas, il y en a eu hier, il y en a encore cet après-midi.
02:27Il y a eu des peines de prison fermes qui ont été, avec mandat de dépôt immédiat,
02:31qui ont été prononcées.
02:32Qu'en pensez-vous, Sébastien Ligné ?
02:34Le problème, c'est que, pour une fois, je vais presque défendre certains magistrats.
02:39En tout cas, l'idée de la magistrature, c'est que là, on leur demande quelque chose
02:43qui est absolument impossible à faire.
02:44C'est-à-dire que là, on est dans la justice version fordisme.
02:47C'est-à-dire que c'est à la chaîne.
02:49Les journalistes qui sont en comparution immédiate, notamment à Paris,
02:51vous disent que c'est du jamais vu, le rythme soutenu et le nombre de dossiers à l'heure qui
02:56doivent passer.
02:56On est en train de rendre la justice de manière expéditive.
02:59Alors, pourquoi pas ?
02:59Mais le problème, c'est que le droit n'est pas conçu pour ça.
03:02Je ne sais pas.
03:02C'est-à-dire que si on décide, pour circonstances exceptionnelles, comme dans le cadre des meutes,
03:07qu'on change la nature de la justice et que la justice n'est plus entre les mains du juge
03:13et de son interprétation,
03:13mais devient quelque chose d'extrêmement strict, voire presque un algorithme.
03:17C'est-à-dire, vous avez fait tant, vous avez fait si, vous prenez telle peine.
03:20Tampon suivant.
03:21Vous avez fait ça, vous avez pris telle peine suivant.
03:23Soit on décide qu'on peut passer dans ce système-là de fordisme, de justice industrielle,
03:28dans des cas exceptionnels.
03:30Soit on reste dans notre système actuel, c'est-à-dire où le juge a le droit à une interprétation,
03:34où la peine est individualisée, où il faut le temps de comprendre la compréhension, etc.
03:38Notre système juridique.
03:40Mais dans ce cas-là, évidemment que c'est intenable,
03:42parce que le nombre de cas à traiter est beaucoup trop important.
03:46On manque évidemment de magistrats, on manque de places de prison.
03:50Je rappelle qu'on est en moyenne à plus de 140% de surpopulation carcérale,
03:54avec certains établissements qui sont quasiment à 200% de surpopulation.
03:57Donc même quand vous avez des magistrats qui ont envie de mettre des personnes en prison,
04:02parfois ils ne peuvent pas.
04:03Donc c'est tout un système aussi à repenser.
04:05Mais dans l'urgence, je ne vois pas vraiment ce qu'on peut faire d'autre en réalité.

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