00:0013h, 14h, avec Elie Mathias et ses chroniqueurs du vendredi Raphaël Stainville et Jean-Michel Salvatore.
00:06On va écouter Christine Lagarde, la présidente de la BCE, qui a annoncé son départ anticipé dès le 7 février
00:11prochain.
00:12Je veux avoir la liberté de parole, la liberté d'expression, la liberté de m'engager sur des sujets qui
00:20ne sont pas liés à la politique monétaire.
00:23Je ne pense pas que je puisse rester neutre, je ne pense pas que je puisse être à l'aise
00:27avec cette neutralité en ce moment
00:29et avec la position que j'ai occupée plus de ces 20 dernières années dans ma vie, dans les affaires
00:33économiques et financières,
00:35sur la scène internationale, en tant que directrice générale du FMI, en tant que présidente de la BCE, il y
00:41a des choses que je ne peux pas dire.
00:44Et je sens que je dois dire ces choses.
00:46Alors, immédiatement après, ancien ministre de l'économie, Bruno Le Maire, s'est dit enthousiaste quant à une éventuelle candidature
00:51à l'élection présidentielle de Christine Lagarde.
00:54Vous, vous y voyez une ambition éliséenne ?
00:56Non, je n'y vois pas du tout une ambition éliséenne.
00:58En revanche, je pense que si Christine Lagarde prend le risque de quitter la BCE aujourd'hui,
01:07c'est bien parce que la situation est critique et qu'elle veut pouvoir avoir sa liberté de parole.
01:13Je pense qu'il faut la prendre au sérieux, mais pas dans une ambition politique.
01:17Ça se prépare à une présidentielle, ce n'est pas d'un coup d'un seul,
01:19parce que l'urgence du moment et les rôles qu'elle a pu occuper lui donneraient une sorte de légitimité
01:26aux yeux des Français,
01:27qu'elle pourrait se lancer dans une campagne présidentielle.
01:30Ça fait très longtemps qu'elle a quitté le terrain politique stricto sensu.
01:35Pour autant, sa parole sera très écoutée, très attendue pour le moment d'un certain nombre d'acteurs politiques.
01:40Mais parce qu'elle a des choses à dire sur la politique économique qu'un certain nombre de candidats veulent
01:46mener.
01:47Mais on pourrait aussi vous rétorquer que là, elle n'a pas le sens du timing.
01:51On vient de parler de l'économie.
01:52La France qui va dans le mur et on a la présidente de la BCE qui dit,
01:57là maintenant, le 7 février, je ne serai plus là.
01:59Non mais parce que par ailleurs, quand elle préside à la BCE, elle ne le fait pas pour la France.
02:07Son impact sur la politique nationale, elle est vraiment à la marge.
02:13En revanche, ce qui est certain, c'est que ça laisse la main à Emmanuel Macron
02:17pour peser sur le successeur de Christine Lagarde.
02:24Sur ce départ, on va y venir, je pense. Jean-Michel Salvatore.
02:27Oui, c'est vrai qu'en tant que patronne de la BCE, elle défend l'euro.
02:30Elle ne défend pas la politique française.
02:32Donc c'est vrai que ça peut la mettre en porte-à-faux, surtout si on va vers une crise.
02:35Mais c'est vrai que c'est assez mystérieux, cette démission.
02:38Alors on sait qu'elle a un job.
02:39Elle va être sans doute nommée à Davos.
02:42Je pense que personne n'était inquiet pour l'avenir personnel de Christine Lagarde.
02:46Oui, mais quand on regarde, c'est quand même l'un des plus beaux CV de la droite.
02:49Elle a été ministre des Finances.
02:51Elle a été présidente du FMI.
02:54Je crois dire que le titre n'est pas président, c'est directeur général.
02:57Elle a été directe générale du FMI.
02:58Elle a aussi été à la BCE, comme tout le monde le sait.
03:01Et c'est vrai que pour le bloc central,
03:05son soutien serait vraiment une prise de guerre pour celui qui l'obtiendrait.
03:08Je pense qu'Edouard Philippe aimerait beaucoup que Christine Lagarde dise
03:13« Moi, je pense qu'il faut voter pour Edouard Philippe à la présidentielle ».
03:16Donc évidemment qu'on sent qu'elle veut s'engager,
03:20parce que je pense qu'elle est assez opposée, évidemment,
03:23à la perspective de l'élection soit de Marine Le Pen, soit de Jean-Luc Mélenchon.
03:28C'est quelqu'un qui a toujours défendu la mondialisation.
03:32C'est quelqu'un de très européen.
03:33C'est quelqu'un qui, finalement, est assez en ligne avec les idées d'Emmanuel Macron.
03:40Peut-être pas les réalisations d'Emmanuel Macron,
03:41mais en tout cas les idées d'Emmanuel Macron.
03:44Et donc, évidemment, là, on s'interroge un petit peu.
03:46Est-ce qu'elle veut juste retrouver de la liberté ?
03:50Est-ce qu'elle va soutenir quelqu'un et qui ?
03:53Ou est-ce qu'elle va se mettre à son compte ?
03:55Ou est-ce qu'elle va être candidate à la présidentielle ?
03:59Je pense qu'on ne peut rien exclure.
04:01Moi, je pense que sa parole plaira aux éditorialistes,
04:04plaira aux commentateurs de la vie politique,
04:07plaira peut-être à Édouard Philippe,
04:09si d'aventure elle devait le soutenir.
04:11Pour autant, je pense que son impact dans la campagne présidentielle,
04:16notamment auprès des Français,
04:17précisément pour les raisons qui ont été avancées par Jean-Michel Salvatore,
04:22seront absolument nulles.
04:23Tout ce qu'elle incarne aujourd'hui est finalement rejeté
04:26par une grande majorité des Français.
04:28Vous parliez d'Édouard Philippe.
04:29Il a été mis sous le statut de témoin assisté
04:33dans l'enquête ouverte,
04:34notamment pour détournement de fonds publics,
04:36favoritisme, harcèlement moral
04:37au sein de la communauté d'agglomération du Havre.
04:40Je rappelle qu'il est le maire du Havre.
04:42C'est compliqué pour lui, ça complique encore un peu les choses.
04:44Il a une petite passe un peu mauvaise,
04:46avec la chute dans les sondages,
04:48ce statut de témoin assisté.
04:49– Moi, je n'y crois pas trop.
04:51Je pense que c'est une affaire qui traîne depuis longtemps.
04:53Bon, il n'est pas mis en examen.
04:55Et ce que j'observe, c'est que même quand on est impliqué
04:58dans des affaires plus ou moins graves,
05:01ça n'a pas un impact direct sur le jugement
05:04que peuvent avoir les Français.
05:06Souvenez-vous, un jour on Bardella,
05:08il y a eu des révélations qui ont été contestées, etc.
05:14qui sont quand même des révélations
05:16qui peuvent être graves si elles étaient avérées.
05:18Il n'y a pas de preuves irréfutables
05:20et ça n'a pas eu d'impact sur sa courbe de popularité.
05:25– Moi, ce qui m'inquiète davantage,
05:27c'est la manière dont la justice,
05:29le calendrier de la justice, aujourd'hui,
05:31vient percuter de plus en plus,
05:33finalement, le calendrier électoral.
05:36On a eu l'affaire Fillon,
05:38on a eu Marine Le Pen qui a été,
05:40à un moment, déclarée inéligible.
05:43On a eu l'affaire Bardella
05:46et à chaque fois, c'est un nouveau poison
05:48qui détourne, finalement,
05:50la possibilité de pouvoir débattre des projets.
05:53Et on se concentre désormais sur la culpabilité
05:56ou l'innocence présumée des uns et des autres.
05:58Et ça, ça me dérange.
06:00– Parce que comme par hasard,
06:02ça vient toujours taper à droite.
06:04Ça tape quasiment jamais à gauche,
06:06en période électorale.
06:07Donc, c'est vrai qu'on peut se poser la question.
06:09On se souvient de la présidentielle de 2017
06:13qui a été dominée par l'affaire Fillon.
06:16On se souvient de tout un tas de...
06:18Bon, il y a l'affaire Bardella, etc.
06:19Et c'est vrai que ça interroge quand même.
06:23Les juges tapent toujours du même côté.
06:25– Le débat d'Europa Info
06:27avec Raphaël Stinville et Jean-Michel Salvatore.
06:29On va revenir évidemment sur l'attentat raciste
06:31dans les Yvelines,
06:32puisque l'assaillant a été écroué.
06:34Il a passé une première nuit en prison.
06:36Il y a un rassemblement ce soir
06:38en hommage aux victimes.
06:39A tout de suite.
06:39– Il est 2h moins 10.
06:40Vous écoutez Kelly Mathias
06:41et ses chroniques sur Europe 1.
06:42– 13h, 14h, Europe 1 Info.
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