00:00Je voulais en venir à ce débat sur les dates de l'élection présidentielle.
00:03Écoutez Bruno Rotaillot, le candidat à LR, qui souhaite l'échanger.
00:06Il était ce matin sur Europe 1.
00:08La grande majorité ne voulait pas que le second tour de l'élection présidentielle
00:11soit le lendemain du 1er mai. Pourquoi ?
00:13Parce qu'il y a d'abord une règle.
00:15La campagne électorale s'arrête à minuit vendredi.
00:18Et donc ça continuera. Avec le 1er mai, vous aurez des candidats de gauche qui s'afficheront.
00:22Donc 1, c'est un problème de l'égalité.
00:24Et 2, vous vous rendez compte si le 1er mai, il se passe ce qui s'est passé le 17
00:28octobre
00:29avec une France, mais alors pillée, saccagée, incendiée.
00:33Et le lendemain, on devrait aller aux urnes calmement.
00:35Ce n'est pas possible. Il y a un vrai problème.
00:37Pourquoi nous avoir réunis alors que la majorité était pour d'autres dates ?
00:41Si vous ne changez pas cette date d'élection, j'y verrai en réalité une arrière-pensée.
00:46Et voici la réponse de Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement,
00:48ministre déléguée à l'énergie à l'issue du Conseil des ministres.
00:51D'abord, il n'y a pas de raison de changer ces dates,
00:55sauf à poser un genou à terre face aux délinquants, aux casseurs, aux factieux
01:01qui ont semé la terreur ces derniers jours et ces dernières semaines dans le pays.
01:06Aucune raison de poser un genou à terre face à ces gens. Aucune.
01:09Donc, confirmation de ces dates ?
01:11Aucune raison. Et ensuite, force doit rester à la loi et à l'État.
01:16L'État a démontré la semaine dernière, le week-end dernier, qu'il savait, je reprends les mots,
01:23être fort, avoir le dessus. Et donc, bien sûr, on continuera à le montrer.
01:28Et moi, je crois que les élections se passeront dans de bonnes conditions.
01:31Georges Fenech, vous qui connaissez bien les méandres de la vie politique,
01:35ça vous gêne, vous, ce second tour, un 2 mai ?
01:37Moi, je suis un peu étonné de l'argumentation que développe Maude Bréjean.
01:43On ne va pas mettre un genou à terre, mais personne n'imagine un rapport de force
01:47entre l'État, la puissance de l'État, et des émeutiers.
01:52Il ne s'agit pas, encore une fois, de se soumettre aux caprices d'émeutiers ou aux exactions.
01:58Il s'agit de tenir compte d'une situation de fait,
02:01que le 1er mai, il y aura la grande manifestation du travail du 1er mai,
02:05la gauche va défiler en tête,
02:07donc on sait que ce jour-là, on ne peut pas faire campagne,
02:10puisque c'est le jour de l'élection,
02:12mais en même temps, le lendemain de l'élection,
02:14mais en même temps, vous avez des gens qui vont pouvoir faire des déclarations au micro,
02:19quand on va leur tendre des micros.
02:20Donc c'est déjà une rupture d'égalité.
02:23Et puis, il y a un risque, il y a un risque réel,
02:27puisque maintenant, toutes les manifestations font l'objet de troubles, on le sait,
02:30donc il ne s'agit pas de mettre un genou à terre,
02:32il s'agit de prendre en compte ce risque, cette probabilité,
02:36pour faire en sorte que le scrutin présidentiel,
02:38qui n'est pas n'importe quel scrutin, se déroule dans de bonnes conditions.
02:41J'ai du mal à comprendre cette argumentation, ou quoi ?
02:44Il y avait une autre possibilité, qui était le 11 et le 25 avril,
02:47mais on est en plein pendant les vacances de printemps.
02:51On aurait pu repousser.
02:53Est-ce que constitutionnellement, on a le droit,
02:56parce que normalement, selon la constitution,
02:57j'ai regardé l'élection du nouveau président,
03:00je cite, a lieu 20 jours au moins,
03:01et 35 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice,
03:05et là, on sait qu'Emmanuel Macron doit partir le 13 mai à minuit.
03:10Oui, alors, je n'ai pas fait le compte, mais...
03:13Donc, il y a quand même... C'est cadré, je veux dire.
03:15Oui, c'est cadré, mais si on ne pouvait pas le faire après, il fallait le faire avant.
03:20Donc, anticiper ce 1er mai qui risque d'être...
03:23Mais là, est-ce que ça ne laisse pas ?
03:24Mais admettons, par exemple, qu'on le fasse,
03:27que le second tour ait lieu un 25 avril,
03:30ce qui était l'autre possibilité, visiblement.
03:32Qu'est-ce qui se passe entre le 25 avril et le 13 mai ?
03:35Ça veut dire quoi ? Il y a quasiment trois semaines de vacances
03:40entre un président sortant, un président élu,
03:42qui ne peut pas faire grand-chose ?
03:44D'abord, il y a la cérémonie d'installation,
03:47de passation de pouvoir.
03:48Ça prend un peu de temps, ça prend au moins une semaine,
03:50et il n'arrive pas du jour au lendemain.
03:51Oui, mais trois semaines !
03:52Trois semaines, ça peut paraître long,
03:55mais c'est un temps suffisamment, je dirais,
03:59suffisant pour que le président puisse prendre ses fonctions.
04:02Moi, il me semble, on a toujours vécu comme ça.
04:04On n'est pas aux Etats-Unis,
04:05le président prend ses fonctions immédiatement après,
04:08simplement le temps de préparer la passation de pouvoir,
04:10qui est généralement d'une semaine, pas plus.
04:13Sophie Odigé, où vous situez-vous dans ce débat ?
04:16Moi, je suis assez étonnée quand j'entends M. Retailleau
04:19qui fait mine d'être surpris
04:22que M. Macron rassemble tous les partis
04:25pour leur demander leur avis
04:26et qu'il n'en tient pas compte.
04:27J'ai envie de lui dire
04:29« Bienvenue en Macronie depuis dix ans ».
04:30Je veux dire, ils n'ont jamais tenu compte
04:32de l'avis de personne
04:33et certainement pas de ceux un qui savent
04:36et notamment de la position exprimée par le peuple.
04:40Donc ça, c'est la première chose.
04:41Et puis après, pour Maud Bréjot,
04:42moi, ces éléments de langage,
04:45franchement, j'en peux plus.
04:46Il n'y a pas de sincérité.
04:48En plus, c'est la méthode.
04:49Je ne sais pas quoi, si vous voulez.
04:51Il a parlé d'arrière-pensée.
04:52Je ne sais pas quoi on pensait.
04:54quand il parlait d'arrière-pensée.
04:56Mais s'il y a...
04:57Je ne crois pas que ça profite,
04:59effectivement, disons,
05:00à la mouvance centriste ou gauche.
05:03Certainement pas.
05:03S'il y a des gros désordres,
05:05le 1er mai, qu'on vote le 2 mai,
05:07ça risque d'influencer
05:08vers ceux qui représentent plus
05:10l'ordre et la sécurité.
05:11Ou en tout cas vers les extrêmes,
05:12parce que c'est les seuls
05:13qui ont tiré profit
05:14le 17 octobre et le 24.
05:17Le 17 octobre,
05:18en tous les cas,
05:18les deux qui ont monté,
05:20c'est les deux extrêmes.
05:23Sophie Audugé
05:23et Georges Fenech
05:24dans le débat d'Europe 1.
05:25Faux,
05:26puisqu'on part de la présidentielle.
05:27David Lissnard plaide
05:28pour une primaire à droite.
05:29Et oui, encore.
05:30Alors, on en parle sur Europe 1.
05:3313h-14h,
05:33vous écoutez Kelly Mathias
05:35sur Europe 1.