00:0013h, 14h, Europe Info.
00:02Europe Info, c'est avec Kéli Mathias et ses chroniqueurs du jour.
00:05Hélène Roué, Sébastien Ligné et Michel Fayad.
00:07Oui, le débat se poursuit, même pendant la pause.
00:11Une pétition hébergée sur le site de l'Assemblée Nationale demandant la fermeture de CNews
00:14à dépasser les 600 000 signatures.
00:16C'est un premier pas vers un éventuel débat dans l'hémicycle.
00:19Écoutez Priska Thévenot, la députée EPR des Hauts-de-Seine.
00:23Elle était sur France 2 ce matin.
00:24Moi, je regarde simplement qu'il y a une pétition qui a été mise en place en ligne.
00:27Si cette pétition a recueilli le nombre de signataires, et je crois que c'est le cas,
00:31elle doit pouvoir être discutée en conférence des présidents qui aura lieu, je crois, ce matin,
00:35pour savoir s'il y aura un débat ou pas.
00:36Si ce débat a lieu, j'y participerai, et j'y participerai pour rappeler l'importance de la pluralité
00:41et du respect de la liberté de la presse.
00:43Le tout dans un contexte d'animosité montante contre les médias en général, d'ailleurs.
00:49Mais quand même, depuis quand est-ce qu'on exige la fermeture d'un média ?
00:52Hélène Roué ?
00:53Depuis zéro minute.
00:54Il faut savoir en plus que cette pétition, pour le coup, elle n'a pas zéro minute.
00:57En l'occurrence, elle avait été peucée en juin, sauf qu'elle n'arrivait pas à décoller.
01:01Évidemment, maintenant, grâce aux saillies, notamment de la gauche et de l'extrême-gauche,
01:04elle a effectivement gagné en notoriété.
01:07Donc, bien sûr, ça paraît absolument fou, mais je vais vous dire, moi, à la rigueur...
01:10Mais c'est beaucoup, quoi, qu'ils l'ont.
01:11Bien sûr, bien sûr.
01:13Que ça vienne à la rigueur, vous savez, des députés écologistes qui essaient de se faire un nom,
01:16comme Benjamin Lucas, qui était complètement inconnu avant qu'il décide de faire des pétitions contre nous,
01:20de Thomas Porte, de la France Insoumise, etc.
01:21Je vais vous dire, c'est tellement attendu qu'en fait, ça en devient assez inintéressant.
01:25Mais moi, ce qui m'a marqué, là, c'est certaines positions, notamment du bloc central.
01:29Quand je vois le mensonge éhonté de Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur,
01:33qui s'en est excusé, mais quand il est sur un plateau,
01:37où manifestement les gens sont davantage de gauche,
01:39et qu'on lui demande s'il est déjà venu sur CNews,
01:42et qu'il feint d'oublier, parce que, pardon, on n'oublie pas ce genre de choses,
01:45il sait très bien qu'il est...
01:48Mais en fait, Philippe Baptiste, il y a un moment donné, je veux dire,
01:51il est ministre, en fait.
01:52Il est ministre de ce gouvernement,
01:54et avec une telle, je trouve, un tel cynisme, une telle déférence,
01:57vous dire, qu'en gros, il nous fait comprendre
01:59que même s'il était invité sur CNews, il serait très embarrassé,
02:02parce qu'il aurait envie de refuser, etc.
02:04Je trouve que c'est d'une gravité, oui, sans nom.
02:06Et bien sûr, encore une fois, la démocratie en prend un sacré coup.
02:09Sébastien Ligné ?
02:10Bon, le climat, il n'est quand même pas nouveau,
02:12et en effet, le responsable n'est pas simplement
02:16l'extrême-gauche et la France insommée.
02:17Ce serait si simple, si c'était simplement eux, les responsables.
02:20Je rappelle quand même qu'on vit dans un pays
02:21qui, en 2025, a vu la première chaîne de la TNT,
02:24C8, fermée,
02:25pour une raison honnêtement assez arbitraire
02:28et assez idéologique.
02:29On vit dans un pays où
02:31le gouvernement centriste,
02:33par la voix de son président de la République,
02:35a émis l'hypothèse
02:37ou l'idée d'un label
02:39de médias de confiance, contrôlé par
02:42des gens choisis par le pouvoir.
02:44On vit, en effet, dans un pays
02:46où vous avez toute une partie de la classe politique
02:47qui souhaite ouvertement fermer la première chaîne d'information.
02:50Un pays qui,
02:52par le biais de décisions européennes,
02:54contrôle de manière arbitraire
02:56les contenus dits de confiance
02:57sur les réseaux sociaux,
02:58grâce à des contrôleurs dits de confiance
03:00qui sont choisis par les États européens.
03:02Voilà, donc ça, c'est le Digital Service Act européen.
03:05Voilà le climat général.
03:07Et en effet, ce qui est inquiétant,
03:08c'est que c'est mis en place
03:09au plus haut sommet de l'État.
03:11Si c'était simplement une pétition
03:13lancée par des militants d'extrême-gauche,
03:14très bien, pourquoi pas,
03:15ils font ce qu'ils veulent.
03:16Mais là, on a un climat général
03:18de contrôle de l'information,
03:20de l'opinion,
03:21de l'opinion qui est dite autorisée
03:23et de l'opinion dite interdite,
03:24qui émane jusqu'au président de la République.
03:26Et ça, en effet, c'est inquiétant.
03:28Parce que que Jean-Luc Mélenchon dise
03:30« si j'arrive au pouvoir,
03:31je ferme ces news »,
03:31personne n'est surpris.
03:32Évidemment, ça pose des questions démocratiques terribles.
03:35Mais le fait que ce discours-là
03:36soit d'une certaine manière
03:38validée par des décisions prises
03:40par un gouvernement centriste,
03:41ça, c'est ce qui devrait nous inquiéter.
03:43Mais sans vouloir être court pour artistes,
03:44il y a ce qui est aussi très inquiétant,
03:47c'est le nombre d'insultes,
03:49de menaces que reçoivent les journalistes
03:51ou les difficultés qu'ils ont
03:52à opérer sur le terrain.
03:54Et c'est le cas pour LCI,
03:55c'est le cas pour BFM
03:56et c'est le cas pour CNews aussi.
03:58Mais bien sûr.
03:58Michel Fayad.
03:59Oui, bien sûr.
04:00Et le fait qu'il y ait aussi des policiers
04:02à l'entrée des rédactions,
04:04c'est quand même assez grave, je pense.
04:06Ça fait quelques années maintenant.
04:07Oui, mais je veux dire,
04:08on est quand même en France,
04:09dans un pays démocratique,
04:11on n'est pas dans un pays
04:12où les journalistes sont censés
04:13être menacés de mort
04:15ou menacés d'agression
04:17ou de je ne sais quoi.
04:18Mais il y a une chose aussi,
04:19c'est que si l'ARCOM existe,
04:21c'est justement pour voir
04:22s'il y a des manquements ou pas.
04:24Donc je ne vois pas même
04:25comment est-ce qu'on peut accepter
04:27qu'il y ait des pétitions
04:28pour fermer une chaîne
04:29pour soi-disant des manquements
04:31alors qu'il y a une ARCOM
04:32qui existe soi-disant à cet effet.
04:36Donc soit...
04:36Oui, que des condamnations
04:37peuvent être prononcées,
04:38ce n'est pas logique.
04:38Mais justement,
04:39soit il y a une ARCOM
04:41et dans ce cas-là,
04:42il n'y a pas besoin de pétitions,
04:43soit il n'y a pas d'ARCOM
04:44et là, dans ce cas-là,
04:45il peut y avoir des pétitions
04:46pour soi-disant des manquements
04:47et à ce moment-là,
04:48on étudie si c'est vrai
04:49ou si c'est faux.
04:50Mais qu'il y ait les deux,
04:51je ne comprends pas en fait
04:52comment est-ce que c'est conçu.
04:54Mais c'est vrai que,
04:55petit message quand même
04:56à passer aux confrères
04:58notamment de BFM TV,
04:59notamment du groupe M6,
05:00notamment de TF1,
05:01hier, c'était Frontière,
05:03considéré comme médias
05:04un peu alternatifs
05:05avec une ligne éditoriale
05:06qui était quand même assez claire.
05:08Aujourd'hui, c'est C News,
05:09demain, c'est vous.
05:10Parce que ça,
05:11il faut aussi les prévenir,
05:12il faut arrêter aussi
05:13à un moment donné
05:14de se coucher face
05:14à l'extrême gauche,
05:15il faut arrêter de...
05:16Parce que Benjamin Lucas
05:17n'est pas content
05:17qu'Éric Zemmour soit invité
05:18sur BFM TV,
05:20déprogrammer Éric Zemmour,
05:20en fait, ça ne fonctionnera pas.
05:24Qui insulte Anne-Claire Coudray
05:25parce qu'elle ne recadre pas
05:27Édouard Philippe
05:27qui ne suit pas
05:28le schéma idéologique
05:29de Jean-Luc Mélenchon.
05:30Je ne sais pas
05:31si on se rend compte
05:31de la gravité,
05:32la fenêtre de l'acceptable
05:33médiatique pour l'extrême gauche
05:35est considérablement
05:36en train de se réduire.
05:37Mais si on ne monte pas
05:39au créneau à un moment donné,
05:39et c'est d'ailleurs aussi
05:40probablement le rôle du pouvoir,
05:41le rôle de la ministre de la Culture,
05:43Catherine Pégard,
05:43qu'on n'entend jamais
05:44sur ces sujets-là,
05:45s'il n'y a pas quelqu'un
05:46qui monte à un moment donné
05:47au créneau
05:47pour faire les hola,
05:53dans cette histoire,
05:54c'est que le seul groupe
05:56de médias
05:57qui a une nécessité
05:59d'être contrôlé
06:00parce qu'il y a
06:00de l'argent public,
06:01c'est l'audituel public.
06:02Sur cette question-là,
06:03en effet,
06:04il devrait y avoir
06:05un regard précis
06:06sur l'information,
06:07comment elle est traitée
06:08parce qu'il y a
06:08de l'argent public.
06:09Et on est en train
06:10de s'attaquer
06:11à tous les groupes privés,
06:12notamment le groupe privé
06:14CNews Europe 1, JDD,
06:15mais en revanche,
06:16le seul groupe sur lequel
06:17on devrait tous regarder
06:18ce qui se passe,
06:18on ne le refait pas.
06:19Ça, c'est extraordinaire
06:20dans ce pays.
06:20On n'a pas encore parlé
06:21des élections de mi-mandat
06:22à le sort de Donald Trump
06:23qui se joue en quelque sorte
06:26en tout cas
06:26la seconde moitié
06:27de son mandat,
06:28les élections américaines.
06:29Ça sera juste avant
06:30le flash de 14h sur Europe 1.
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