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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Gérald Darmanin, ministre de la Justice.

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Transcription
00:02Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue dans les cas de vérité.
00:04Mon invité, Gérald Dermadin, bonjour, ministre de la Justice, garde des Sceaux.
00:08Laurent Nouniez, le ministre de l'Intérieur, a présenté sa démission hier soir au président de la République
00:12qu'il a refusé après les émeutes et les pillages qui ont eu lieu depuis samedi.
00:16Laurent Nouniez, c'est un de vos collègues, vous êtes rassuré de pouvoir continuer de travailler avec lui ?
00:20Laurent Nouniez, c'est un très grand professionnel et c'est très dur d'être ministre de l'Intérieur.
00:25Je l'ai été pendant quatre heures et demie, je peux vous dire que c'est extrêmement difficile.
00:28Et il a fait des choses formidables pour la sécurité des Français.
00:31Il a organisé les Jeux Olympiques avec moi lorsqu'il était mon préfet de police à Paris.
00:34C'est un grand ministre de l'Intérieur, il y a un moment difficile, nous avons failli.
00:38Incontestablement, ce week-end, il l'a reconnu lui-même.
00:40Mais je suis heureux de continuer avec lui pour protéger les Français.
00:43Je vais reprendre ces mots. Il y a eu une perte de contrôle de la police dans certaines villes.
00:47Vous qui avez été ministre de l'Intérieur, vous l'avez rappelé, vous auriez imaginé ça il y a quelques
00:50années ?
00:51C'est toujours très difficile de lutter contre le désordre public et contre les pillages.
00:55Et donc il faut beaucoup de fermeté et ne pas être surpris.
00:57Non mais dire qu'il y a eu une perte de contrôle, vous auriez imaginé ça ?
01:00Je vous rappelle que quand j'étais ministre de l'Intérieur, on a eu à gérer pendant cinq jours des
01:03émeutes en 2023.
01:05C'est vrai que nous n'avons pas été surpris parce que nous avions des bons renseignements.
01:08Et ce qu'a dit le président de la République hier, ce qu'a dit aussi le ministre de l
01:11'Intérieur,
01:12c'est qu'il y a eu un défaut dans les renseignements.
01:14Et on ne fait pas de bonne police sans bon renseignement.
01:16Il faut savoir ce qui a dysfonctionné.
01:18C'est terrible d'entendre ça.
01:19Pour permettre aux policiers, aux gendarmes, aux pompiers qui ont été pris à partie pendant deux jours,
01:23moi je vais apporter un soutien considérable à ces policiers, ces gendarmes, à ces pompiers,
01:27de bien faire leur travail sur le cadre.
01:28C'est terrible d'entendre dire qu'il y a eu des défaillances dans le renseignement
01:30puisque ces dernières années, on nous disait que le renseignement français était au top.
01:33Le renseignement français est au top contre le terrorisme islamiste.
01:36Il n'y a plus d'attentages, je touche du bois ou quasiment plus.
01:38Il est fort contre la criminalité organisée.
01:42Il est important contre les ingérences étrangères.
01:44Mais manifestement, il ne sait pas lutter correctement contre l'ultra-gauche.
01:48Et c'est un point très important parce que nous voyons que dans les années qui viennent,
01:52l'une des menaces qui touche notre pays avec la criminalité organisée, le terrorisme,
01:56ce sont les factieux d'ultra-gauche qui vont vouloir déstabiliser les institutions.
02:01On va revenir justement au concret.
02:032 400 interpellations depuis samedi, auxquelles s'ajoutent depuis hier et la nuit dernière
02:08350 interpellations à Paris notamment.
02:11Combien sont en garde à vue et quel est le profil de ces casseurs ?
02:14Alors aujourd'hui, au moment où je vous parle, ce matin, à 7h du matin,
02:17il y a eu pendant tout le week-end 2331 garde à vue.
02:2170% des personnes qui sont en garde à vue sont des majeurs.
02:25Donc il ne s'agit pas de lycéens qu'on aurait interpellés,
02:28contrairement à ce qui s'est passé les semaines précédentes, évidemment devant les lycées.
02:32Là, il s'agit de personnes majeures, très souvent connues des services de police et de justice.
02:36Et partout sur le territoire national.
02:38Et sur ces 2 231 garde à vue, l'immense majorité d'entre elles, les gens sont encore en garde
02:43à vue.
02:44Il y a plus de 80% de poursuites de la part des procureurs de la République.
02:47C'est un taux qui n'a jamais été égalé.
02:50Ce qui montre la fermeté de la justice et le suivi de mes instructions.
02:53Et je remercie les membres du parquet qui, tout le week-end, ont travaillé.
02:57Et dès maintenant, alors qu'on a eu quelques heures de garde à vue,
02:59il y a déjà des dizaines de détentions provisoires.
03:02Alors, je prends l'exemple de Marseille, qui était une ville particulièrement martyrisée.
03:06en soutien aux commerçants marseillais, en soutien aux habitants de Marseille.
03:09Il y a déjà eu 13 détentions provisoires qui ont été prononcées.
03:12Les gens sont en prison parce qu'ils s'en sont pris à des commerces,
03:14parce qu'ils sont rentrés dans la mairie de Marseille.
03:16Vous ne craignez pas, comme la police qui a été débordée, que la justice soit débordée à son tour ?
03:20Non, je ne le crois pas.
03:21Nous nous sommes organisés très en amont.
03:22Il y a les moyens de la justice.
03:24Oui, alors la justice, évidemment, est sous tension, mais nous le savons depuis plusieurs années.
03:27Mais nous avons des moyens supplémentaires et surtout, elle s'est organisée.
03:30J'ai envoyé une instruction vendredi, c'est-à-dire la veille de la manifestation,
03:34pour que l'ensemble des parquets travaillent tout le week-end, ce qu'ils ont fait, jour et nuit.
03:37Je les remercie parce que ça me rend très important.
03:39Ce matin, je recevrai les procureurs généraux pour que la réponse pénale soit d'une immense fermeté.
03:45Hier, le président de la République, qui est le garant de l'institution judiciaire,
03:48a rappelé que la justice était indépendante, mais rendue au nom du peuple français.
03:52Le peuple français, il veut de la grande fermeté.
03:54Et je serai le garant de cette fermeté, en accompagnement des procureurs de la République.
03:58Je voudrais qu'on en vienne aussi aux arrestations au moment du mouvement des lycéens.
04:02Parce qu'il y a eu plus de 8000 interpellations pendant le mouvement des lycéens.
04:06Parmi eux, beaucoup de mineurs, beaucoup de lycéens.
04:0880 %, c'est la justice qui va dire s'il y a sujet ou pas de les poursuivre.
04:12Dans le cas contraire, s'il n'y a rien contre eux, est-ce qu'ils auront droit à l
04:15'oubli
04:15ou est-ce que ce sera dans leur casier ?
04:17Non, s'il n'y a pas de condamnation judiciaire définitive, il n'y a rien sur le casier judiciaire.
04:21Mais voilà deux politiques pénales qui doivent être différentes.
04:24Nous avons en effet, la police a interpellé beaucoup de lycéens.
04:27Sauf les cas les plus graves.
04:29Sauf les cas les plus graves, ceux qui s'en sont pris aux policiers,
04:31ceux qui s'en sont pris au bâtiment public.
04:33Les interpellations des lycéens ont donné lieu à des gardes à vue.
04:35Et j'ai donné comme instruction au procureur de la République
04:37de ne pas requérir la prison, mais de requérir des peines alternatives.
04:41Pour qu'il y ait sanction, ce n'est pas bien de mettre le bordel dans la rue pour faire
04:44très vite.
04:45Mais évidemment, à 17-18 ans, on doit être à l'écoute de cette jeunesse.
04:48Ce qui s'est passé ce week-end n'a rien à voir avec le mouvement des lycéens.
04:51Nous avons affaire à des...
04:52Oui, ce sont deux choses différentes.
04:53D'ailleurs, j'ai posé la question en deux termes.
04:54Parce que ce sont deux choses différentes.
04:55Et donc nous avons affaire...
04:56Vous avez sur les mineurs ou sur les lycéens un discours plus tempéré.
05:01J'ai rendu public mes deux instructions de politique pénale différentes.
05:05Pour les lycéens, c'était il n'y a qu'un jour.
05:07Et j'ai demandé au procureur de la République de poursuivre,
05:08mais de ne pas requérir la prison.
05:10Et c'est ce qui a été fait dans l'immense majorité des cas.
05:13Et les quelques personnes qui ont été en prison, d'ailleurs, sont des majeurs
05:15qui étaient là pour attaquer les bâtiments publics ou pour attaquer les policiers.
05:20Et depuis vendredi, et singulièrement, vous l'avez vu, samedi,
05:23j'ai demandé de façon extrêmement claire au procureur de la République
05:26de requérir la détention provisoire pour tous ceux qui pillent les commerces,
05:32attaquent les policiers, attaquent les pontiers.
05:33Deux mouvements différents, deux cas différents, deux réponses différentes.
05:36Mais la France a besoin de fermeté, d'une immense fermeté et de calme.
05:41Cette fermeté, elle doit être au rendez-vous contre les casseurs,
05:45contre les pilleurs, contre l'ultra-gauche.
05:47Avec la responsabilité politique, on le sait tous ici, de la France insoumise
05:50qui a mis, il est évident, une allumette sur un baril d'essence.
05:54Quel est le rapport entre l'ultra-gauche casseur et la France insoumise ?
05:57Vous ne voyez pas le rapport entre l'ultra-gauche et la France insoumise.
06:00Il est évident que l'ultra-gauche avec la France insoumise veut déstabiliser nos institutions,
06:05s'en prend aux policiers.
06:06Quand M. Mélenchon, quand la France insoumise dit ce que la police tue,
06:09dit qu'il faut pouvoir se rebeller de façon légitime face à l'autorité,
06:13nous avons des policiers lâchés dans la rue.
06:15Et puis de l'autre, après cette fermeté, il y a le calme.
06:17Et le calme, c'est ce que fait M. le Premier ministre à la demande du Président de la République,
06:20d'entendre les manifestants, parce qu'il y a aussi beaucoup de gens
06:23qui ont manifesté samedi sans aucun problème.
06:25Les problèmes ont eu lieu soit avant les manifestations, souvent l'ultra-gauche,
06:29soit après les manifestations, souvent les pilleurs.
06:31La loi casseur-payeur, elle va arriver au Sénat dans dix jours.
06:35Si elle était appliquée aujourd'hui, qu'est-ce que ça aurait changé ?
06:37Beaucoup de choses.
06:38Aujourd'hui, quand vous interpellez quelqu'un,
06:40quand la police interpelle quelqu'un dans un magasin qui est en train d'être pillé,
06:43ou ceux qui, imaginons demain, seront interpellés parce qu'ils en sont pris à la mairie de Limoges,
06:47et je suis sûr qu'ils vont être interpellés,
06:49j'y mets énormément de moyens pour retrouver les auteurs de cet acte ignoble,
06:52et j'ai un soutien profond pour tous ceux qui habitent Limoges
06:56et qui sont touchés sincèrement par cette magnifique mairie qui s'est écroulée,
07:00eh bien, on aurait pu trouver leurs responsabilités individuelles.
07:03Il fallait que les policiers, ou il faut que les policiers, détaillent tout
07:06pour dire que c'est vous, M. Le Tellier, qui avez attaqué le magasin Nike ou la mairie de Limoges.
07:11Demain, j'entends bien, demain, cette personne sera solidaire.
07:16C'est-à-dire qu'il suffira qu'elle soit dans un groupe qui attaque la mairie de Limoges
07:19ou qui attaque des magasins pour lui faire porter financièrement la responsabilité de son acte.
07:24C'est la campagne présidentielle, on est en pleine campagne actuellement.
07:27Et vous avez vu, il y a eu des réactions à l'intervention d'Emmanuel Macron hier,
07:31y compris dans votre camp, j'allais dire, dans le bloc central, sévère.
07:34Il y a Bruno Retailleau, candidat à l'ère présidentielle,
07:37qui estime, lui, qu'on devrait débloquer l'article 16 de la Constitution pour l'état d'urgence.
07:41Et puis, Edouard Philippe.
07:42L'article 16 d'état d'urgence n'a rien à voir.
07:45Ce sont deux choses très différentes.
07:47Et on peut très bien rétablir l'ordre sans état d'urgence.
07:51Je l'ai fait à plusieurs reprises comme ministre de l'Intérieur.
07:54Et Edouard Philippe, ancien Premier ministre, que vous soutenez à la présidentielle,
07:57dit qu'il regrette le manque de décision qui aurait amené un retour au calme.
08:01Qu'est-ce que vous lui répondez ?
08:02Moi, je suis dans l'action.
08:03En tant que ministre de la Justice, j'applique les ordres du président de la République
08:06qui, hier, lors de la réunion qui a précédé son intervention, était extrêmement claire.
08:10Mais ce que dit Edouard Philippe, donc, il n'a pas bien compris le président de la République.
08:12Il m'a demandé, le président de la République, d'avoir une grande fermeté,
08:15de passer les consignes, l'ordre de grande fermeté pour les procureurs de la République.
08:19C'est Edouard Philippe.
08:20Et moi, je ne suis pas un commentateur politique.
08:21Je suis ministre de la Justice.
08:22Mais vous soutenez à la présidentielle.
08:23Je suis sous la responsabilité du président de la République.
08:25Et j'ai vu, hier, le président de la République me donner des consignes extrêmement claires de fermeté.
08:29Je vais les appliquer.
08:30Toute dernière chose, vous êtes garde des Sceaux, donc, de la Constitution.
08:32Le RN a réclamé la décision de Richard Ferrand.
08:35Parce que Richard Ferrand dit qu'un référendum sur l'immigration est impossible dans l'état actuel des choses.
08:39Est-ce envisageable ?
08:41La démission de Richard Ferrand ?
08:42Oui.
08:42Mais le RN, ni aucun autre parti, ne doit faire pression sur les institutions.
08:48Et le président du Conseil constitutionnel a été désigné par le Parlement de façon indépendante pendant 9 ans.
08:54Et il n'a pas à subir les pressions de n'importe quel parti politique.
08:57On voit bien ce qui se passe à quelques mois de la présidentielle.
08:59Et les filles, comme le RN, essayent de déstabiliser d'une manière ou d'une autre.
09:02L'un dans la rue et les filles, l'autre nos institutions, le Conseil constitutionnel, notre système démocratique.
09:08C'est extrêmement grave ce qui se passe.
09:09Et je suis sûr que les Français le verront et choisiront à la fin un candidat d'un parti de
09:13gouvernement.
09:14Merci Gérald Darmanin d'être venu sur le plateau.
09:16Des cas de vérité ce matin avant une cellule interministérielle autour de Sébastien Lecornu à laquelle vous allez assister tout
09:21à l'heure.
09:22A vous Maya.
09:22Merci Gérald Darmanin d'avoir regardé cette vidéo !

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