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  • il y a 1 semaine
“Si on a des lycéens qui souffrent, on va avoir des personnes qui devant l’entrée au travail auront un niveau de formation moindre, une motivation moindre et une usure déjà développée”. Laurent Cappelletti, professeur au CNAM interpelle sur les conditions de travail des lycéens et des enseignants.

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Transcription
00:00Les lycéens qui parlent expriment des problématiques.
00:02Ils n'ont pas de... on veut plus de vacances, etc.
00:05Mais les classes sont surchargées, les toilettes sont dégueulasses,
00:09les professeurs absents ne sont pas remplacés.
00:11Il y a des problématiques de conditions de travail.
00:13C'est un nouveau mot, en fait, conditions de travail scolaires.
00:16Et côté enseignant, on a aussi des revendications sur la possibilité de bien enseigner.
00:22Les deux traitent des conditions de travail, c'est ça qui est la nouveauté.
00:26Quand on n'écoute pas périodiquement, donc ça se joue au niveau des lycées,
00:30il n'y a pas de processus mis en place régulier, un peu de management,
00:34je veux dire un gros mot, comme dans les entreprises, d'écoute assez régulière.
00:38Et donc la situation pourrit, j'allais dire de façon larvée, et tout d'un coup ça explose.
00:43Si on a des lycéens qui, entre guillemets, souffrent, qu'est-ce qui va se passer ?
00:47On va avoir ensuite des personnes qui, dans l'entrée de vie au travail,
00:52vont avoir un niveau de formation un peu moindre,
00:55une motivation moindre, une usure déjà développée.
00:59Et donc, bien entendu, que ça a un impact au niveau économique.
01:01On le voit peut-être déjà dans les classements, en fait, PISA,
01:04sur l'acquisition des connaissances.
01:05Alors souvent on dit, oui, c'est les programmes qui ne sont pas bien faits,
01:09c'est en fait les enseignants qui n'ont pas des méthodes,
01:13et dans certains cas c'est vrai, adaptées.
01:16Mais il y a peut-être aussi, et moi j'en suis convaincu,
01:18joue aussi le fait que nous avons des lycéens qui ont des mauvaises conditions de vie scolaire,
01:24et donc dont l'acquisition, en fait, de connaissances se fait mal.
01:27Nous souffrons d'un lycée qui n'est pas suffisamment professionnalisé.
01:31Par exemple, en Allemagne, en Autriche,
01:3450% des lycéens sont en apprentissage, dans des filières techniques.
01:39Et donc évidemment, qu'ils poursuivent leurs études ou pas,
01:43d'ailleurs, ils sont beaucoup plus insérés rapidement dans le monde du travail.
01:47Ils en ont moins peur.
01:48Et aussi, il faut bien le dire,
01:49ils font des études qui sont beaucoup plus marrantes et ludiques.
01:53Il y a un certain nombre de lycéens, en fait,
01:55qui en France aimeraient avoir ce type d'études,
01:58et qui s'ennuient, en fait, sur des cours trop abstraits, etc.
02:01Donc ça, c'est aussi un point à travailler.
02:03En France, en partie de comparaison,
02:0510% seulement des lycéens sont en apprentissage,
02:09dans des filières techniques.
02:10Je retiendrai, en fait, le fait de mettre en place,
02:13dans les programmes, un système beaucoup plus décentralisé,
02:17avec des proviseurs et des équipes enseignantes
02:20qui ont plus de coups d'effranche,
02:23plus de marge de manœuvre,
02:24pour, en fait, écouter et traiter les problèmes localement,
02:28en continu, et non pas une fois tous les 5 ans,
02:31par des grandes manifestations.
02:32Deuxième point, bien entendu,
02:34une revalorisation du métier d'enseignant,
02:38notamment en lycée.
02:38Vous savez qu'en Allemagne ou au Danemark,
02:42après 15 ans, un enseignant de lycée payait 6500 euros.
02:45En France, c'est moitié moins.
02:47Mais ça, ça suppose, en fait, de créer plus de richesses.

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