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  • il y a 1 semaine
Eugénie Bastié figure d'extrême droite, de Cnews et du Figaro, rejoint le service public. Dans l'heure de vérité sur France 2, elle fera partie des journalistes en plateau qui poseront des questions aux personnalités politiques. Pourquoi le service public embauche-t-il ces figures de la bollosphère ? Décryptage avec Caroline Constant et Margot Bonnéry, de la rubrique médias.

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00:01Eugénie Bastier, figure d'extrême droite du Figaro et de CNews, rejoint le service public.
00:06Dans l'heure de vérité sur France 2, elle fera partie des journalistes en plateau chargés de
00:10poser des questions à un invité politique aux côtés de Benjamin Duhamel de France Inter et
00:16de Marc-Olivier Fogiel de RTL. Je suis Caroline Constant, chef de la rubrique Média de l'Humanité,
00:22avec moi Margot Bonnery en charge du dossier sur l'audiovisuel public. Margot, est-ce que cette
00:28nomination t'étonne ? Non, car depuis la rentrée, France Télévisions et Radio France ont recours à
00:36des transfuges du groupe Bolloré. C'est le cas avec le philosophe et écrivain Nathan Devers,
00:42passé par toutes les émissions emblématiques de CNews, de Pascal Praud à Laurence Ferrari ou
00:47Gauthier Le Brette, qui a aussi fait un tour sur Europe 1. Depuis la rentrée, il est chroniqueur
00:53sur France 5 danser ce soir de Karim Rissouli. Il anime une émission sur France Culture et coanime
01:00aussi une émission sur France Info le week-end, le pour et le contre. Lui se définit comme un
01:07intellectuel de gauche qui anime la controverse. Pour résumer, le coanimateur de Nathan Devers,
01:13c'est Paul Melun, souverainiste et nationaliste, adversaire farouche du wokisme, qui veut, je cite,
01:22préserver les valeurs culturelles françaises. Lui aussi est passé pendant quatre ans sur CNews et
01:28par l'ordre des pros, donc sur cette même émission. Son profil ne gêne visiblement guère France Info.
01:36Mais ces deux noms restent quand même assez inconnus du grand public. Avec Eugène Bastier,
01:40on entre dans une autre dimension, on franchit un cap, non ?
01:44Oui, effectivement, Eugénie Bastier, c'est cette femme capable de dire dans sa chronique sur
01:49Europe 1 que, je cite, les policiers qui ont arrêté Dominique Pellicot sont aussi des hommes.
01:55Elle dit aussi qu'il faut changer les juges, puisqu'ils sont tous de gauche, ou alors,
02:00merveilleuse perle. Elle dit, si le périscolaire parisien avait été géré par l'Église catholique,
02:07voilà, donc elle pense que ça aurait été géré d'une autre manière, sauf que, bon, avec Bétarame et compagnie,
02:14bon, je pense que l'exemple n'est pas forcément le plus...
02:16Le nombre d'exemples...
02:17Le nombre d'exemples, oui, ce ne sont pas forcément les plus appropriés.
02:19L'Église catholique, c'est quand même juste énorme de sortir quelque chose de cet ordre-là.
02:24Elle dit, je pense que ça aurait été traité depuis longtemps. Voilà.
02:26Et on passe aussi sur sa phrase, sur les mains aux fesses,
02:30qui n'auraient jamais tué personne, ou encore sur la négation de la transidentité.
02:35Bref, en clair, Eugénie Bastier, elle enchaîne les phrases polémiques.
02:40Et l'annonce de son arrivée dans l'heure de vérité pour la campagne de l'élection présidentielle,
02:46elle interpelle.
02:48Elle intervient le jour de la publication du rapport de 400 pages de Charles à l'oncle
02:52sur la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public.
02:59Donc cette commission...
03:02Attendez, je vous montre l'article que nous avons écrit dessus dans l'Humanité.
03:08Voilà, c'est celui-ci.
03:09Donc le scandaleux rapport à l'oncle adopté de justesse à l'Assemblée
03:12que l'on peut retrouver sur le site de l'Humanité.
03:16Donc ce rapport propose ni plus ni moins de défoncer l'édit audiovisuel public
03:23après quasiment six mois d'auditions hyper violentes et hallucinantes
03:27à tout point de vue à l'Assemblée.
03:30Mais donc du coup, est-ce que ce ne serait pas un moyen de donner des gages à Charles à
03:36l'oncle,
03:37le petit McCarthy de l'Assemblée nationale, ou plus de nomination ?
03:41Oui, ou plutôt de lui filer un os arrongé en croisant les doigts
03:45pour que la présence de cette journaliste d'extrême droite permette de déclarer fièrement
03:50que France Télévisions n'est pas gauchiste.
03:52La semaine dernière, la députée du Val-de-Marne, députée génération Sophie Taillé-Pollian
03:58que tu as interjouvé, Caroline, elle s'inquiétait déjà dans les colonnes de l'Humanité
04:02des retombées de cette commission sur l'audiovisuel public.
04:07Attendez, je vous montre l'extrait, ou du moins l'article.
04:11C'est celui-ci.
04:13Donc Sophie Taillé-Pollian expliquait, elle disait,
04:17« Le problème de ce rapport est d'abord de dévoyer le travail parlementaire,
04:21ensuite de jeter des noms en pâture, alors que c'est un document officiel.
04:27Y afficher des noms, je cite toujours, y afficher des noms,
04:30cela met la pression sur les personnels.
04:31Elle dit, je pense que désormais, les agents du service public vont y réfléchir
04:35deux ou trois fois avant de dire que l'extrême droite, ce n'est pas bien.
04:39Enfin, elle dit que ce rapport est aussi une preuve de plus que le bloc central
04:43lorsqu'il s'agit de s'opposer fermement à l'extrême droite.
04:47se compromet, tout comme se compromet,
04:49ce n'est pas les propos de Sophie Taillé-Pollian, mais les miens,
04:52tout comme se compromet la direction de France Télévisions et de Radio France
04:57qui accepte ce genre de profil, comme celui de Génie Bastier.
05:03Voilà, c'est assez problématique.
05:07Et Caro, toi justement, toi qui suis l'audiovisuel public depuis des années,
05:12quelle conclusion tu en tires ?
05:15Déjà, j'en tire la conclusion que ces dernières années,
05:19l'audiovisuel public nous a fait la démonstration qu'il n'avait pas attendu Charles à l'oncle
05:24pour se prostituer quelque part.
05:26Ça a commencé avec Guillaume Meurice, viré pour une blague sur Netanyahou,
05:31alors qu'on était en plein génocide à Gaza.
05:35Mais à la rentrée dernière, l'ex-présidente de France Inter, Adèle Van Riet,
05:40qui a depuis été virée, a licencié à la fois Julia Feuys,
05:47qui était depuis très très longtemps sur Radio France.
05:50Julia Feuys, une voix à la fois féministe et la voix des sans-voix,
05:53mais aussi tous les journalistes qui étaient encore présents
05:57et qui venaient de l'ère Mermet, en fait, comme Antoine Tchao, Charlotte Péry ou Guy Vanctil.
06:02On peut aussi reparler de la séance absolument catastrophique en novembre dernier
06:07où Alix Bouillaguet, face au député LFI Manuel Bompard,
06:13a raconté des mensonges et des approximations très graves
06:16au sujet du maire de New York, Zoram Mamdani.
06:20France Info a d'ailleurs été épinglé depuis par l'ARCOM.
06:23Ce qui signifie au total, tous ces exemples, et en plus, ce n'est absolument pas exhaustif,
06:28on peut les multiplier, donc voilà, ce qui signifie au final
06:31que la petite voix de l'extrême droite, qui accuse la gauche d'être masoritaire sur ses antennes,
06:37elle est devenue profondément ancrée dans la tête des élites de France Télé et de Radio France,
06:43où ils se mettent en mode défensif en invitant des gens de l'extrême droite.
06:48Mais ce petit jeu est dangereux parce qu'au final, ça fait partir la voix de la gauche, en fait.
06:54Et ces voix de la gauche, on ne l'entend plus.
06:55D'ailleurs, quand on regarde le casting de l'ordre de vérité, on est un peu surpris.
07:03C'est-à-dire qu'on voit Eugénie Bastier, Benjamin Duhamel, Marc-Olivier Fogiel.
07:09C'est quand même des profils que l'on ne peut pas taxer de gauchistes, quoi, en fait.
07:15Donc en termes de pluralisme, pour interviewer les hommes et les femmes politiques
07:19qui vont défiler pendant l'élection présidentielle,
07:22qui va représenter la gauche, en fait, dans les journalistes ?
07:27Parce qu'on va nous faire croire que ces gens ne parlent de nulle part, en fait.
07:31On les entend parler, en fait. On les écoute.
07:32Donc on sait qu'ils sont, en vérité, pour certains, depuis des années.
07:36Enfin, c'est idiot parce qu'en plus, c'est un calcul qui est, je crois, mortifère.
07:42D'abord, parce que la gauche représente encore et toujours une grande part des citoyens de ce pays.
07:49Le NFP n'est pas si loin quand même.
07:51Mais on peut aussi constater, par exemple, que cette grille de France Inter,
07:56depuis la rentrée, fait baisser drastiquement le nombre d'auditeurs,
08:01même si elle reste la station la première de France,
08:05les auditeurs diminuent.
08:06Et c'est sans doute pas un hasard quand on voit à côté le succès énorme de Radio Nova,
08:11où pour le coup, ça fonctionne très très bien.
08:15On est à des audiences vraiment multipliées, je crois.
08:20Tu as les chiffres en tête ?
08:21Je n'ai plus les chiffres en tête, mais je sais que les premières,
08:25les toutes premières qu'avaient,
08:29où c'était multiplié par 800, en fait, là, c'est moins le cas.
08:34Mais en vérité, à chaque vague médiamétrie,
08:39ils augmentent, en fait, et pas dans de petites proportions.
08:43Et enfin, il y a eu une petite embellie, en fait, sur Europe 1,
08:49mais cette embellie n'a pas duré pour eux.
08:52Europe 1, à nouveau, se casse la figure,
08:54comme elle le fait depuis des années.
08:55Et ces news est passée derrière BFM TV, en fait,
08:58à la dernière vague médiamétrie.
08:59Donc elle n'est plus non plus la première chaîne.
09:01Donc d'où ces gens, en fait, devraient donner le « là »,
09:05en fait, à l'ensemble des Français.
09:09D'où on veut nous faire croire que,
09:11parce qu'ils imposent leur thème dans l'espace public,
09:16ils sont majoritaires.
09:17Ils ne sont pas majoritaires du tout.
09:19Ils parlent d'un endroit.
09:20Il faut une guerre idéologique.
09:22Voilà.
09:23Oui, on n'a pas envie que l'audiovisuel public
09:24suive cette lignée, quoi.
09:27On n'a pas envie que l'audiovisuel public
09:29suive cette lignée.
09:30Elle n'a pas à la suivre.
09:31Ce n'est pas son rôle.
09:32Elle a un cahier des charges
09:34dans lequel, je le répète,
09:35le mot pluralisme est cité quand même.
09:39Enfin, ça fait partie des choses.
09:40D'ailleurs, dans le pluralisme,
09:43ça vaut pour les journaux
09:46et les journalistes invités pour débattre
09:49comme pour les personnalités politiques
09:51qui viennent pour débattre.
09:52On voit bien que le champ,
09:54c'est quand même hyper rétréci, en vérité.
09:58Et par exemple, je ne sais pas,
10:00mais les journalistes de l'UMA,
10:02de temps en temps, ils sont invités
10:03sur France Info le mardi soir.
10:05Mais en fait, je ne sais pas si vous les voyez
10:06vraiment beaucoup ailleurs, en fait.
10:09Donc voilà, quoi.
10:11Et au passage, et parce que c'est dans l'actualité du jour,
10:14Charles Aloncle, le rapporteur
10:16de cette fameuse commission d'enquête
10:18sur l'audiovisuel public,
10:19est visé par une plainte,
10:21une plainte déposée contre X
10:23par l'association Assez Anticorruption
10:25que je mets ici.
10:27Voilà.
10:28Donc cette plainte a été déposée samedi de mai.
10:32Donc cette plainte a été présentée
10:34devant le parquet national financier
10:37pour prise illégale d'intérêt
10:39et trafic d'influence passif.
10:41S'appuyant sur les révélations du monde,
10:44l'association estime que le rapporteur
10:46a influencé la teneur des débats
10:48avec, je cite,
10:50des questions suggérées
10:50par la direction de la Gardère News
10:52sur Cursal par nom de l'Empire Bolloré.
10:56Et il est peut-être temps d'arrêter,
10:58d'obéir à Bolloré,
11:00à l'oncle Ciotti
11:01et toutes leurs sbires d'extrême droite.
11:04Sous-titrage Société Radio-Canada
11:10Sous-titrage Société Radio-Canada

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