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  • il y a 10 heures
L’idylle entre une princesse et un facho fait la une de Paris Match, dans son édition du 9 avril. Sous une plume dégoulinante, l’hebdomadaire s’enthousiasme comme rarement devant la romance entre Jordan Bardella, président du Rassemblement national, et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, photographiés lors d’une escapade amoureuse en Corse – qui semble totalement millimétrée.

On s’attendait au mieux à un déluge de mièvreries et de dépolitisation (en réalité très politique). C’est pire. Paris Match assure que Jordan Bardella est un « défenseur de la France d’en bas », alors qu’il est tout acquis au grand patronat, qu’il ne se bat jamais pour les salaires des plus modestes, et qu’il divise le peuple selon les origines de chacun. Décryptage avec Anthony Cortes et Aurélien Soucheyre de la rubrique politique.

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Transcription
00:01Alors aujourd'hui on va parler d'un sujet presque people, people et politique avec la une de Paris Match,
00:08on va la montrer, la une de Paris Match qui montre Jordan Bardella, président du Rassemblement National et Maria Carolina
00:16de Bourbon et de Sicile, pas facile à dire, c'est sur deux lignes même dans Paris Match, avec ce
00:23titre, l'idylle que personne n'attendait.
00:25C'est un publié reportage dégoulinant, je pense qu'on peut le dire. Aurélien t'as écrit un article pour
00:33l'humanité, tu t'es penché là-dessus. Est-ce que d'abord peut-être tu peux nous dire ce
00:38qu'il contient cet article ?
00:39Oui parce que l'histoire d'amour entre Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon et de Sicile, nous on
00:45s'en fout complètement, on leur souhaite beaucoup de bonheur d'ailleurs, parce qu'à l'humanité on aime l
00:49'amour.
00:49Mais le problème c'est pas ça, le problème c'est la ligne éditoriale de Paris Match, l'opération de
00:55communication qu'il y a derrière, en plus on sait que Bernard Arnault a déjeuné avec Marine Le Pen il
00:58y a peu,
00:59et quand on lit le papier c'est le papier qui est hallucinant, le papier est complètement hallucinant, dégoulinant, c
01:04'est un papier qui célèbre l'alliance entre l'extrême droite et les têtes couronnées.
01:09Mais le papier on va en parler, on va citer, il est vraiment dingue, donc leur escapade amoureuse en Corse
01:15photographiée, sans doute une opération millimétrée, ok.
01:20Mais derrière on s'attendait à un papier qui allait un peu dépolitiser ce qui se passe, donc le papier
01:24dépolitise au début, il coule de mièvrerie, de paillettes, de machin,
01:28mais en fait quand on dépolitise c'est toujours très politique, qu'est-ce qu'on veut dire derrière ?
01:32Et en fait le papier va bien au-delà, le papier est très très très inquiétant, on va en parler.
01:36Alors déjà le papier dit au début, on sent qu'il y a vraiment une opération communication derrière pour aider
01:40l'extrême droite à aller au pouvoir,
01:42le papier dit que Jordan Bardella est un défenseur de la France d'en bas.
01:46Alors le papier célèbre cette histoire d'amour incroyable entre une sang bleue, une noble, et un défenseur de la
01:51France d'en bas, ce que n'est pas du tout Jordan Bardella,
01:53c'est pas du tout un défenseur de la France d'en bas, il est tout acquis au grand patronat,
01:57il ne vote jamais pour des hausses de salaires, pour un encadrement des salaires, pour une échelle des salaires,
02:02ils ne votent jamais pour augmenter le SMIC, ils votent toujours contre l'intérêt du peuple et des plus modestes,
02:07et en plus ils divisent le peuple selon les origines de chacun.
02:11Donc déjà ce défenseur de la France d'en bas dit comme ça, voilà c'est dit comme ça dans
02:16Paris Match, Bardella c'est ça, il ne sait pas autre chose.
02:18C'est pas dit qu'il est d'extrême droite, enfin c'est un mec super cool, le RN super.
02:24Alors après ça dégauline de mièvrerie, puisqu'on apprend que Jordan Bardella et donc Maria Carolina réinventent l'amour courtois
02:31version XXIe siècle,
02:34donc la référence à la chevalerie tout ça, parce qu'elle vient d'une famille qui remonte à Hugues Capet.
02:38Paris Match, on sent que Paris Match est très très très heureux que Bardella soit en couple avec quelqu'un
02:43dont la famille remonte à Hugues Capet, c'est trop bien.
02:45Elle est de la même famille que Louis XIV et Henri Gat, c'est dit, mais il y a un
02:49gros problème quoi.
02:50En fait, qu'est-ce qu'il y a d'enthousiasme, c'est qu'ils se mettent avec quelqu'un
02:52qui appartient à une famille,
02:54qui a privé de pouvoir le peuple pendant des siècles.
02:57Il y a eu une révolution depuis, on va en parler, c'est complètement hallucinant.
03:03Le projet politique du RN est complètement absent du papier, sauf à un endroit, on apprend que Jordan Bardella et
03:10donc Maria Carolina
03:11travaillent à ne pas laisser s'effacer l'identité européenne et française.
03:15Là, on comprend bien qu'est-ce que ça veut dire.
03:17Il y a l'identité européenne et française, c'est-à-dire quand c'est européen, ça va, quand c
03:21'est pas européen, ça va pas.
03:22Ça, c'est le seul truc qui évoque un petit peu la xénophobie et le projet du RN.
03:26Mais sinon, d'ailleurs, c'est traité en positif.
03:30Mais sinon, tout le reste, c'est pas là.
03:33Tu le dis, ça dégouline, il y a de la dépolitisation, il y a pas mal d'énormités historiques aussi.
03:39Il y a une grande part de fantasmes aussi, une sorte d'alliance, ou en tout cas de réunion entre
03:45l'extrême droite et les têtes couronnées.
03:47Tu l'expliques tout ça dans l'article.
03:50Et dans le rayon des énormités historiques, il y a une phrase qui nous a fait bondir et qui t
03:54'a fait bondir.
03:56Alors je vais essayer de la citer, c'est « La monarchie, l'Empire, la République ne sont-ils pas
04:00autant de face d'un récit national ? »
04:03En quoi c'est scandaleux cette phrase-là ?
04:05Qu'est-ce que ça dit de ce que Paris Match s'est porté aussi comme message ?
04:10Oui, c'est très surprenant.
04:11La phrase est là, c'est « Dans la tradition française, ses oppositions »
04:14Parce que Paris Match dit « Ah, est-ce qu'il y aurait une opposition entre un roturier, un petit
04:18-fils d'ouvrier qui est Bardella, même si son histoire sociale, c'est pas que celle-là, et une princesse.
04:23»
04:23Alors qu'aujourd'hui, Bardella, il n'est pas en couple avec elle parce qu'il est petit-fils d
04:27'ouvrier.
04:28Il est en couple avec elle parce qu'il dirige l'un des principaux partis de France, qui fait partie
04:32des favoris à l'élection présidentielle.
04:34Et donc, le pouvoir, il est sur le point de conquérir le pouvoir.
04:36C'est pour ça qu'il est avec elle, c'est pas parce que c'est un petit roturier.
04:39Ça, c'est complètement...
04:40Donc, la phrase, « Dans la tradition française, ses oppositions ne sont jamais absolues.
04:45Après tout, je cite, « La monarchie, l'Empire, la République ne sont-ils pas autant de formes d'un
04:52même récit national ? »
04:53Alors, déjà, on apprend que Paris Match, il n'y a aucun problème avec l'extrême droite.
04:56Mais même, on apprend que finalement, le régime dans lequel on est, on s'en fout un peu.
05:00Que ce soit la monarchie, que ce soit l'Empire, c'est-à-dire des régimes où le peuple n
05:05'a pas son mot à dire,
05:05ou la République, bon, tout ça, c'est un petit peu la même chose.
05:08Et donc, c'est assez hallucinant.
05:09Donc, Paris Match raconte...
05:11Alors, Paris Match souligne, avec vraiment gourmandise, que son parrain, c'est un Bonaparte à Maria Carolina.
05:16Ça, c'est cool.
05:18Et je cite, Paris Match, je dis, « Elle est garante du passé.
05:21Il rêve d'écrire l'avenir. » Parce que c'est bien écrit, en plus.
05:25« Lui, le surgissement, elle, la mémoire longue.
05:28Lui, la rupture, elle, la continuité. »
05:30Ah bon, parce que l'ancien régime, c'est la continuité.
05:33Donc, l'ancien régime, les têtes couronnées, avant les démocraties, avant les républiques,
05:37ce serait la continuité.
05:38Non, en fait, 1789, il y a une rupture dans l'histoire de France, dans l'histoire de l'Europe.
05:42Et on change en genre des choses.
05:45C'est plus des familles qui héritent du pouvoir et des richesses et des décisions,
05:49de père en fils, souvent de père en fils, même si là, Maria Carolina,
05:52elle a hérité du pouvoir de son père, parce que des fois, il y a des petites modernisations
05:55quand même chez les têtes couronnées.
05:57Mais donc là, voilà, tout ça, on apprend que ce serait la continuité.
06:00Et donc, il y a cette phrase hallucinante, en fait, un peu qu'importe le régime.
06:03Et c'est très inquiétant, déjà, de dire qu'importe le régime.
06:06En plus, quand on est en train de parler d'un papier qui célèbre une histoire d'amour
06:09entre l'extrême droite et, on ne va pas dire qu'il y a de fait une alliance
06:14entre l'extrême droite et l'ancien régime, mais là, on voit bien une convergence,
06:17une histoire d'amour.
06:18Et ces deux forces-là, ça fait vraiment kiffer Paris Match.
06:21C'est assez inquiétant pour la ligne éditoriale de ce journal
06:25et assez inquiétant sur les forces.
06:28On peut voir qu'il y a un converge de forces, même si toutes les têtes couronnées
06:31n'ont pas toujours été comme ça.
06:33Je mets vraiment des pincettes, vraiment pour ne pas toutes les mêmes dans le même sac.
06:36Parce qu'il y a des héritiers de la noblesse.
06:38Quand on parle, par exemple, des barons rouges qui étaient des gens
06:42qui finançaient la démocratie, qui mettaient leur richesse au service des révolutions.
06:46Il y en a quelques-uns dans l'histoire, il faut le souligner.
06:48Mais là, on a des forces et des ultra-riches au sang bleu des nobles,
06:52des descendants des rois et l'extrême droite.
06:54Et ça fait kiffer Paris Match, c'est assez flippant.
06:56Ça fait kiffer Paris Match, il y a une forme de confusionnisme et d'histoire
06:59un peu à la Stéphane Bern, Laurent Dutch.
07:01En tout cas, c'est un peu ce qu'on note, ce qu'on ressent quand on lit le papier.
07:05Paris Match est plutôt habitué, tristement.
07:09Il s'était illustré aussi il y a quelques temps,
07:13je vais l'afficher, avec cette une, avec Eric Zemmour,
07:17avec Sarah Gnaffo à l'époque, qui ne méritait pas apparemment non plus d'être citée.
07:20C'était sa très proche conseillère.
07:21Il y avait déjà ce storytelling en faveur de l'extrême droite.
07:25À l'époque, c'était Vincent Bolloré qui était propriétaire de Paris Match.
07:29Aujourd'hui, c'est Bernard Arnault.
07:31Qu'est-ce que ça dit, selon toi, justement,
07:34du fait que peut-être les forces de l'argent, ça y est, se mobilisent.
07:38Ça y est, ce n'est pas aujourd'hui, ce n'est pas d'aujourd'hui,
07:40mais se mobilisent en faveur d'un projet d'extrême droite,
07:45ou en tout cas d'une figure de l'extrême droite.
07:47C'est intéressant que tu montres l'ancienne une,
07:49à l'époque où c'était la propriété de Bolloré.
07:51Et on sait que Bolloré a un agenda politique d'extrême droite
07:54qu'il porte avec les titres qu'il achète.
07:57À un moment donné, il avait Paris Match, il l'aurait vendu depuis.
07:59Il a CNews, il a Europe 1.
08:00Le projet politique de Bolloré et des chaînes CNews et Europe 1
08:03n'est pas du tout mystérieux, il est même totalement limpide.
08:07Et d'ailleurs, sur Europe 1, ils ont dit que c'était formidable
08:10qu'il y ait comme ça un fils d'ouvrier qui soit avec une princesse,
08:13que c'était vraiment la continuation de l'abolition des privilèges
08:16et de la nuit du 4 août.
08:18Alors la nuit du 4 août, lors de la Révolution française
08:20et l'abolition des privilèges, c'est pas du tout ça.
08:23Là, ils font vraiment un retournement.
08:25Bardella, c'est pas un représentant de l'abolition des privilèges aujourd'hui.
08:28C'est un représentant, je vais peut-être paraître un peu caricatural,
08:31mais quand on voit ses positions économiques,
08:33comment il s'adresse au MEDEF,
08:34aujourd'hui, il défend le grand patronat, il défend le capital.
08:37Il n'est pas du tout en train de défendre l'abolition des privilèges.
08:39Au contraire, c'est un ambitieux qui mène plutôt bien sa barque,
08:42même si ça peut sembler hallucinant parfois,
08:44qui gravit les échelons.
08:46C'est une sorte de bel ami de Maupassant, mais d'extrême droite.
08:49Mais donc, pour répondre à ta question,
08:51on aurait pu penser que la ligne éditoriale de Paris Match
08:54allait changer une fois que c'était plus Bolloré,
08:57mais que c'était désormais Bernard Arnault.
09:00Et là, Bernard Arnault, qui lui, est plus discret politiquement,
09:03qui n'est pas quelqu'un qui soutient éhontément
09:07ou de façon grandiloquente l'extrême droite,
09:09comme peut le faire Bolloré.
09:11C'est plus quelqu'un qui soutient la droite, d'habitude.
09:15Et donc là, on voit que ça ne lui pose aucun problème
09:18si c'est Bardella qui gagne.
09:20Business is business, on s'en fout,
09:21même si c'est avec l'extrême droite.
09:23Et en plus, en sachant que Marine Le Pen et lui
09:25ont déjeuné ensemble, et quand on voit...
09:28On peut dire que c'est de la populisation, et puis c'est tout.
09:31Mais non, en fait, la populisation de la vie politique
09:32elle dit toujours quelque chose.
09:34Et là, ce que ça dit, c'est que par image,
09:35la façon dont il traite l'article,
09:37franchement, je ne vais pas vous dire
09:38d'aller payer pour lire ce papier,
09:40mais lisez-le si vous en avez l'occasion.
09:42Lire ce papier, c'est une expérience politique de dingue.
09:46Parce que c'est vraiment...
09:47On voit que Bardella, c'est trop cool.
09:51Il n'est pas d'extrême droite.
09:53Et vraiment, politiquement, c'est fou,
09:55puisque ça raconte des trucs de dingue.
09:57Ça montre que pour Arnault, aucun problème s'il gagne.
10:00Je cite des passages du papier.
10:02Donc là, on voit bien que le journal de Bernard Arnault
10:04fantasme une alliance entre deux ennemis du peuple,
10:07les néo-fascistes et les têtes couronnées.
10:09Deux ennemis historiques.
10:10Je cite un passage.
10:12« Certaines rencontres ne relèvent pas seulement du hasard.
10:14Elles semblent répondre à une logique plus ancienne,
10:17celle par laquelle l'histoire, parfois, choisit ses visages. »
10:20Donc on lit Paris-Marie Match,
10:22on apprend que l'histoire choisit ses visages,
10:24donc avec Bardella et Maria Carolina.
10:27« La suite est intéressante.
10:30À sa bien-aimée, privée de trône depuis 1861,
10:35le jeune prétendant s'imagine peut-être déjà offrir à défaut de trône un palais. »
10:41Le journal, l'Elysée et la République valent bien mieux que ça.
10:43Mais alors pour le journal,
10:44on n'est vraiment que dans les paillettes, les palais,
10:48le luxe et le projet politique.
10:51Zéro.
10:52Donc un publié-reportage au service du RN.
10:55Mais complètement.
10:56Et puis un publié-reportage dans ce Gargaris de Cénews.
10:59C'est ce que j'essayais de regarder en même temps.
11:00C'est pour ça que j'étais penché un tout petit peu sur mon téléphone,
11:02parce que je regardais le compte X de Cénews et d'Europe 1.
11:06Et ils sont en boucle depuis ce matin.
11:08Je voyais un édito de Pascal Praud qui disait
11:10« L'histoire de Paris Match et de la France s'entrelace. »
11:14Jordan Bardella comme presque le français par excellence.
11:18Celui qui arrive d'en bas pour arriver en haut.
11:21On a l'impression que c'est tous les fantasmes de l'extrême droite
11:23qui se croisent.
11:24Est-ce que c'est aussi ce que tu as ressenti dans cet article-là ?
11:28Et le tout impulsé en plus par les forces de l'argent.
11:31Avec des sources d'inquiétude.
11:32Parce que Bernard Arnault, il est aussi propriétaire du Parisien et autres.
11:34On pourrait se dire qu'il peut mettre à disposition de l'extrême droite
11:39toute cette force de puissance.
11:41Oui, tu as raison.
11:42Il y a plusieurs fantasmes de l'extrême droite qui s'allient.
11:44Là, l'extrême droite qui est en plusieurs familles,
11:47plus ou moins alliées selon l'histoire,
11:48des monarchistes, mais pas que.
11:51Et là, tout se mélange.
11:53Et ils mélangent le récit national avec.
11:55En disant « C'est trop bien, c'est des descendants du Capet, c'est super. »
12:00Et oui, il y a quelque chose de l'ordre du fantasme.
12:02Paris Match cite à un moment donné Thomas Soto qui disait à Bardella
12:06« Ça pourrait être la première dame, ce serait trop bien. »
12:08Enfin, il ne dit pas « Ce serait trop bien Thomas Soto. »
12:10Mais on sent que pour Paris Match, si elle devenait première dame,
12:11« Ce serait trop bien. »
12:13Et tout ça, tout se mélangerait.
12:14Et en fait, dans l'histoire de France,
12:17les moments républicains de conquête démocratique,
12:21tout ne va pas toujours dans le même sens.
12:23Il y a eu la première révolution, la grande révolution,
12:27la première république.
12:29Et c'est Napoléon qui met un terme avec un coup d'État
12:31qui met fin à la première république.
12:32Après, il y a l'Empire.
12:34Ensuite, il y a la restauration monarchique.
12:36Il y a la deuxième république.
12:38Il y a le second empire, parce qu'il y a Napoléon III qui vient,
12:41qui fait un coup d'État.
12:42Et tout ça, en fait, ce rapport de force,
12:44enfin, dire comme Paris Match, dire que tout ça se mélange,
12:46tout ça ne fait qu'un, c'est n'importe quoi.
12:49C'est vraiment un antagonisme très fort entre la république,
12:52l'Empire, la république, la monarchie.
12:54Entre le pouvoir aux mains d'une seule personne, d'une caste,
12:56ou même si la république n'est pas parfaite
12:59et il faut reconquérir la république sociale
13:02et la rendre bien plus démocratique.
13:04C'est deux projets très, très différents.
13:06Et on voit aussi que parfois, la république est malade
13:10de référence à l'Empire et à la monarchie
13:13et au bonapartisme.
13:15Et par exemple, le premier président de la république élu,
13:18c'est Napoléon III.
13:19Alors, c'est dans le cadre de la deuxième république,
13:22avant qu'il fasse son coup d'État.
13:23Donc, on ne l'appelle pas Napoléon III.
13:24Mais quand on voit les candidats, c'est lui contre le duc d'Omal
13:27qui est le fils de Louis-Philippe, qui était roi de France juste avant.
13:30Donc, on voit que là, il y avait un problème,
13:32que ceux qui sont candidats pour être président de la deuxième république,
13:36en fait, c'est des monarques.
13:37C'est des héritiers des monarques.
13:39Et ce poison-là, ce poison du bonapartisme et du monarchisme,
13:43ce qui peut parfois pénétrer et empoisonner la république
13:47et qu'il faut combattre,
13:48là, on voit que pour Paris Match et pour Arnaud,
13:50il n'y a aucun problème.
13:51C'est très, très cool.
13:52Et en fait, le papier de Paris Match jette des paillettes.
13:55Regardez cette incroyable histoire d'amour.
13:57Ne pensez pas au reste.
13:58Enfin, ce n'est pas dit.
13:59Ne pensez pas.
13:59Mais du coup, là, il y a une dépolitisation.
14:02Et derrière, une politisation de l'extrême droite et les têtes couronnées.
14:05Cette alliance, c'est trop beau, même si ce n'est pas dit comme ça.
14:07Ce poison est complètement écarté.
14:11Ce n'est pas un poison, c'est du romantisme.
14:12Et d'où la une, justement, et ce traitement.
14:16On vous dirige vers le site de l'Humanité avec ton article,
14:20donc Aurélien, qui est disponible.
14:23Et voilà, on vous montre une dernière fois,
14:25non pas pour le plaisir, au contraire,
14:27mais cette une de Paris Match dont on vient de parler.
14:30Merci beaucoup, Aurélien.
14:31Juste une dernière chose, puisque Gaël de Santis,
14:34qui est journaliste avec nous deux au service politique,
14:37m'a soufflé quelque chose juste avant qu'on vienne faire cette vidéo.
14:39Il m'a rappelé le bilan des Bourbons des deux Siciles
14:42au moment où ils quittent le pouvoir, donc en 1861.
14:45Au moment où ils sont chassés du pouvoir,
14:47le taux d'analphabétisation là où ils étaient au pouvoir est de 86%.
14:52Donc c'est une famille qui a le record du taux d'analphabétisation
14:56au moment où ils quittent le pouvoir.
14:57Alors évidemment, les rois, les reines, c'est pas leur seul bilan ça.
15:02Et la Maria Carolina de Bourbon des deux Siciles,
15:05elle n'était pas là à l'époque, elle n'est pas responsable de ça.
15:08Mais si on veut fantasmer comment c'est trop bien quand ils sont au pouvoir,
15:12rappelons quelle était la situation au moment où ils partent,
15:14elle était assez catastrophique.
15:15Ça évidemment, Paris Match ne s'est pas embarrassé de ces précisions
15:18et de ce travail-là.
15:19Merci beaucoup pour tes précisions, Aurélien,
15:22qui est chef de la rubrique politique.
15:25Je ne l'ai pas précisé au début,
15:25donc je précise maintenant.
15:28Continuez à nous suivre et puis abonnez-vous à Luma, bien sûr.
15:30Sous-titrage Société Radio-Canada
15:36Sous-titrage Société Radio-Canada
15:38Sous-titrage Société Radio-Canada

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