- il y a 12 minutes
Patrick Sébastien lance sa candidature pour la présidentielle ? À priori non, mais l'animateur et chanteur fait la tournée des plateaux télé en fanfare et ne se prive pas de parler politique en abordant les problématiques chères à l'extrême droite. Anthony Cortes, journaliste politique à l'Humanité, et le streamer RiboDansLaSauce nous décryptent son discours.
00:00 Introduction
6:30 Patrick Sébastien à RMC/BFMTV par de la France "méprisée"
20:00 Patrick Sébastien à CNEWS sur le racisme "anti-blanc"
23:40 Les éditorialistes parlent de Patrick Sébastien
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NewsTranscription
00:00On a parlé d'Aurel Sade à l'instant, et bien là maintenant c'est le moment de parler de
00:02l'autre artiste,
00:04l'autre grand musicien qui a marqué ces dernières décennies en représentant, en étant la voix des sans voix,
00:09la voix de cette France périurbaine, rurale, cette France qui danse la chenille,
00:13cette France qui va au camping, cette France qui vote Marine Le Pen, point d'interrogation.
00:17Je parle évidemment de Patrick Sébastien.
00:19Patrick Sébastien qui a aussi une actualité, une actualité qui est en fait un passage à la matinale de BFM
00:24TV
00:24chez Apolline de Malherbe, ce n'est pas une actualité artistique,
00:29il a l'air d'être un peu au fin de carrière, j'ai l'impression que Patrick Sébastien n
00:31'est plus à son prime,
00:32à l'époque il avait quand même sorti 2-3 bangers, on ne va pas dire le contraire,
00:36les sardines quand même, ça marche très bien, ça fonctionne, il y a ce côté un peu fanfare,
00:41je ne sais pas si c'est de la bonne musique, mais quand on écoute ses derniers sons qu'il
00:43a sortis,
00:44c'est du foutage de gueule, c'est une parodie de lui-même, je ne suis pas le grand fan
00:46de Patrick Sébastien,
00:47mais force est de constater que je pense qu'artistiquement il n'est plus à son prime,
00:50et est-ce qu'il n'est pas en train de se recycler ou d'être recyclé par les médias
00:54dominants
00:54comme étant cette espèce de porte-parole de la France périurbaine blanche qui en a plein le cul des wokistes,
01:00je ne sais pas, la question est posée en tout cas.
01:02Alors figure-toi qu'il a quand même enregistré un succès assez récemment,
01:05alors bienvenue dans Le Masque et la Plume, parce qu'il a sorti une chanson qui s'appelle
01:08Tu l'as vu mon cul ?
01:10Ouais, c'est ça, ça ne vaut pas les sardines ou le petit bonobus.
01:14Non, non, c'est sûr, artistiquement, on n'y est plus.
01:16Qui a cartonné, on ne va pas parler des qualités artistiques de cette chanson,
01:20mais il fait quand même, ça le comble dans le sens où en fait il a remonté tout un spectacle
01:25à la suite de la fin du plus grand cabaret du monde,
01:27dans l'émission qu'il animait sur France 2, et il y a du monde.
01:31Alors après, il joue dans les campings, il joue sur les places de villages,
01:33il joue dans les bords de mer, notamment dans le sud, pardon, moi je viens de Perpignan,
01:41donc je sais qu'il est passé notamment à Arjolès, je crois, si je ne me trompe pas.
01:44Bref, et à chaque fois, ça affiche complet.
01:45Donc en fait, il s'est éloigné des radars, c'est vrai qu'il n'est pas à son prime,
01:49il ne va pas vendre des dizaines de millions d'albums.
01:52Je parlais à son prime artistique, pas commercial, je t'ai imprécisé.
01:55Oui, parce que commercialement, la boutique continue à tourner quand même malgré tout,
01:58parce qu'il y a des gens qui le suivent encore beaucoup.
02:01Ok, ok, cette France effectivement qu'on n'entend pas trop,
02:03parce que moi je n'ai jamais entendu quelqu'un me dire
02:05« Ah, j'aime bien Patrick Sébastien pour de vrai ».
02:07De toute façon, après, il y a un truc de l'ordre de l'humoristique,
02:09je pense que beaucoup de gens qui vont voir Patrick Sébastien
02:10ne sont pas passionnés par sa musique et ne se disent pas
02:12« Oh là là, en 2002, quand il a sorti le petit Bonhomme en mousse,
02:15je me souviens encore dans Rock'n'Folk, j'avais lu la chronique,
02:17non, là n'est pas la question.
02:19De toute façon, c'est fun, c'est du divertissement,
02:20c'est de la rigolade même, puisque du divertissement, Patrick Sébastien.
02:23Mais en tout cas, c'est intéressant de voir politiquement
02:25qu'est-ce qu'il a été foutre sur RMC, BFM TV,
02:29chez Apolline de Malherbe, pour parler.
02:31Comment ça se fait qu'il est invité comme ça ?
02:33Sachant qu'il était aussi chez Hanouna dernièrement,
02:34il parle de plus en plus, pas forcément de politique à proprement parler,
02:37encore que, mais il parle un petit peu de la France, on va dire.
02:40C'est ça, en fait, il aime se représenter comme cette France
02:43qu'on oublie peu à peu, qu'on cherche à effacer.
02:46En fait, il a aussi, bon, il était réacé évidemment un petit peu avant,
02:49mais il s'est radicalisé depuis qu'il a été sorti, disons, de France Télé.
02:55Donc à l'époque, le plus grand cabaret du monde marchait encore.
02:57Il y avait encore pas mal de spectateurs.
02:59Je crois que tous les samedis soir, il battait malgré tout des records.
03:03Mais il a été sorti parce qu'on le trouvait un peu dépassé.
03:06Il y avait une image qui représentait que France Télé
03:08ne voulait pas forcément représenter.
03:10Un peu comme Tex qui s'est fait éjecter, sa blague misogyne est absolument odieuse.
03:13Bon, s'il avait été au prime de sa carrière, justement,
03:16et que Tex avait fait cette blague sur les violences conjugales,
03:18peut-être qu'il serait quand même resté à la France Télévisions.
03:20Mais là, ils se sont dit, bon, le vieux ringardos, là,
03:22il fait une blague de misogyne, ça dégage, quoi.
03:24Il s'est passé un peu pareil avec Patrick Sébastien.
03:26Oui, c'est ça. Et depuis, il se radicalise en disant,
03:27mais regardez, vous voyez bien, je suis le symbole du vieux blanc qu'on veut dégager,
03:30alors qu'en fait, je représente quelque chose.
03:32Vieux blanc, c'est pas ma faute.
03:33C'est un peu un discours qu'il a développé sur différents plateaux.
03:37Donc, ce qui explique aussi pourquoi, aujourd'hui,
03:39il se sent porteur d'une mission, d'une France oubliée qu'on veut effacer,
03:43parce qu'il s'y voit à travers, tout simplement.
03:45Sachant qu'en plus, Patrick Sébastien a été plusieurs fois
03:48comme un peu l'objet du mépris de classe en France, on va dire.
03:51Alors, je ne sais pas s'il subit du mépris de classe à proprement parler.
03:53Et ce discours-là, parfois, je le trouve un petit peu foireux,
03:54moi, à ce qui me concerne.
03:55Mais c'est vrai qu'il y a pas mal de gens qui ont pris le cas Patrick Sébastien
03:58pour expliquer un petit peu ce que c'était que le mépris de classe
04:00en disant, moi, Patrick Sébastien, j'aime bien, c'est bon,
04:02il faut arrêter de considérer que tout ça, c'est des beaufs et des gros nuls.
04:06Je pense, par exemple, au youtubeur Jean Rachid, à l'époque,
04:08il avait interviewé et qui avait dit, moi, j'aime bien Patrick Sébastien.
04:10Et où, normalement, ceux qui n'aiment pas Patrick Sébastien,
04:12on vous voit avec votre mépris de classe.
04:14Et je trouve qu'à l'époque, c'était vraiment très intéressant
04:17d'amener ça un petit peu dans le débat.
04:19Mais je trouve que les choses ont évolué
04:20et que maintenant, ce discours, il faut essayer aussi un peu de le dépasser.
04:22Est-ce que c'est vraiment le représentant des classes populaires
04:25ou est-ce que c'est le représentant d'autres choses, Patrick Sébastien ?
04:27Est-ce que derrière la figure du beauf, c'est les pauvres,
04:30les classes populaires blanches périurbaines
04:32ou est-ce que ça veut dire autre chose que ça, les beaufs ?
04:34Et moi, c'est aussi ça qui m'intéresse
04:35quand on appréhende un peu politiquement l'objet Patrick Sébastien.
04:39Donc toi, tu as un avis là-dessus, toi,
04:40qui a justement aussi un peu, enfin même pas un peu,
04:42qui a travaillé sur les classes périurbaines et rurales,
04:44sur cette France-là, entre guillemets ?
04:46Je suis plutôt d'accord avec toi sur le fait qu'à un moment donné,
04:48c'était intéressant d'analyser ça.
04:49Effectivement, Patrick Sébastien, son succès,
04:52ce qui pouvait dire représenter quelque chose d'une certaine France
04:55et aussi le succès du plus grand cabaret du monde,
04:57aussi qui amenait une autre culture
04:59que celle qu'on pouvait voir dans les médias, par exemple.
05:03Patrick Sébastien, il a du succès,
05:05mais il a du succès auprès de personnes,
05:06en plus, qui ne le voient pas,
05:07qui ne le jugent pas avec du second degré.
05:09Enfin, c'est vraiment, on peut aimer ça,
05:11enfin, encore une fois, je viens de Perpignan,
05:14j'ai des amis qui aiment Patrick Sébastien au premier degré,
05:16aussi, parce qu'il le trouve sympathique,
05:18par ailleurs, parce que...
05:20Il aime le personnage, peut-être plus que sa musique.
05:22C'est un personnage qui est assez,
05:23enfin, on ne va pas faire pleurer dans les chauvères,
05:25mais qui est assez émotif,
05:26qui a connu des mésaventures dans sa vie,
05:27à faire du office, etc.
05:28Allez lire la page Wikipédia de Patrick Sébastien,
05:30si vous ne l'avez jamais fait, en vrai, c'est intéressant.
05:32Bigard aussi, d'ailleurs, Bigard,
05:33quand on lit sa page Wikipédia,
05:34il a vraiment une vie assez particulière,
05:36et on pourrait faire un biopic Bigard,
05:38ça serait assez incroyable.
05:38Oui, et puis Patrick Sébastien représentait aussi
05:40la France un petit peu gilet jaune,
05:42comme tu l'as dit, je crois.
05:44Cette France-là qui, à la fois,
05:46est hors des radars parisiens,
05:47qui est ignorée par les médias bien souvent,
05:49qui a du mal à se déplacer,
05:51parce qu'en fait, on lui coupe des services publics, etc.
05:53Enfin, bon, on ne va pas filer longtemps
05:55la métaphore autour de Patrick Sébastien Portevoix,
05:57mais je veux dire, à un moment donné,
05:59ça aurait pu être intéressant d'analyser
06:00le mépris qui lui était porté,
06:02pour voir le mépris qu'on portait aussi
06:04à la France périphérique,
06:05à la France rurale en particulier,
06:07et à ses goûts,
06:08et à sa consommation culturelle.
06:09Le problème, c'est qu'il y a un goût de rance aujourd'hui,
06:14parce qu'en fait, longtemps ont montré
06:15Patrick Sébastien et son public
06:17comme une France rance,
06:19à tort bien longtemps,
06:21mais malheureusement,
06:22Patrick Sébastien devient de plus en plus rance.
06:24Et là, on peut difficilement faire l'économie
06:27d'une analyse du discours politique
06:29qui porte à visage découvert de plus en plus.
06:31Surtout que là, il a été à la matinale de RMC
06:33face à Pauline de Malherbe,
06:34qui est quand même une institution politique en France.
06:37Donc là, c'est bon, là, on peut y aller.
06:38C'est open bar, c'est maintenant un homme politique,
06:40officiellement, il faut croire.
06:42Donc on va regarder ça, justement,
06:43il reparle du mépris qu'il y a eu pour lui.
06:45Est-ce que c'est du mépris de classe ou pas ?
06:47Ou est-ce que c'est plus un genre de mépris géographique,
06:49plus que de classe sociale,
06:51plus qu'une question de revenus, je ne sais pas.
06:53En tout cas, voilà, c'est un peu effectivement
06:54ce représentant de la France des bourgs,
06:56plus que de la France des tours.
06:57Mais est-ce que la France des bourgs,
06:58c'est que des prolos ?
06:59Est-ce que c'est que des travailleurs pauvres
07:01qui galèrent gilets jaunes ?
07:02Parce que, en fait, non,
07:03il y a aussi une petite bourgeoisie,
07:05voire une grande bourgeoisie dans ces territoires.
07:08Et donc, voilà, je veux dire,
07:09il n'y a pas cette vision de classe
07:10quand Patrick Sébastien en parle.
07:11Il met un peu bourgeois et prolétaires, n'est-ce pas ?
07:13Dans le même sac, juste parce qu'ils habitent tous
07:15dans des coins un peu paumés de France.
07:17En tout cas, regardons ça.
07:19Parallèlement, vous avez lancé un mouvement,
07:20ça s'appelle « Ça suffit »
07:22et vous voulez être le porte-parole
07:24des revendications des Français.
07:25Et je vais vous dire aussi pourquoi je vous ai dit.
07:26Oui, d'accord, donc, OK,
07:27il a vraiment lancé son mouvement, etc.
07:29Moi, je ne savais pas ça.
07:30Il avait lancé un mouvement il y a dix ans
07:32qui s'appelait le dard,
07:34si je me souviens bien.
07:34Je ne sais plus exactement ce que ça voulait dire.
07:35Il y avait des initiales,
07:36mais bon, je crois que le logo,
07:38c'était une abeille.
07:39Et en gros, il disait...
07:41Je pensais que le logo allait être autre chose
07:42connaissant le personnage.
07:44C'est vrai que ça aurait pu...
07:44Il l'avait sûrement dans un coin de sa tête, je pense.
07:47Mais c'était...
07:48Et à l'époque, il disait en gros,
07:49on va être les poils à gratter, quoi, quelque part.
07:52Ça n'a pas...
07:52L'aventure n'a pas...
07:54Il a fait une coluche.
07:55Oui, voilà, complètement.
07:57Je voudrais aussi l'expliquer à ceux qui nous écoutent
07:59et qui nous regardent.
08:00Parce que depuis des semaines,
08:01notre quotidien, notre vie politique
08:04est rythmée par des discussions sur un budget.
08:06Donc on ne sait même pas s'il va aboutir
08:09et s'il en restera quelque chose.
08:11Et les mots utilisés par les politiques eux-mêmes,
08:13y compris les plus sérieux,
08:15c'est cinéma, spectacle, sorcellerie, guignol.
08:19On n'est pas loin du grand cabaret.
08:21Mais au fond, vous prenez-vous la politique malgré tout au sérieux.
08:27Et je me suis dit que c'était intéressant d'avoir votre regard sur ça.
08:31Alors est-ce que, Patrick Sébastien,
08:32vous pensez que le budget va passer plutôt en ordonnance ?
08:34La règle des 70 jours par rapport au PLFSS, avis ?
08:36Et la lettre est rectificative.
08:38Oui, la lettre est rectificative.
08:39Parce que nous, on n'a pas compris.
08:40Est-ce que ça change le rapport de force
08:41entre le corneau et le Parti Socialiste ?
08:42Et c'est génial parce qu'elle prend ces mots-là,
08:45qui ne veulent rien dire en plus, pris comme ça,
08:47pour essayer de caricaturer le débat parlementaire.
08:50Donc, en gros, pour alimenter le débat,
08:53le discours du « tous pourris ».
08:54Et ils interrogent celui qui a animé le plus grand cabaret pour dire
08:57« Alors, c'est le cirque, non ? »
09:00Là, on est au top de l'interview politique.
09:03Tout ce que même appelle le cinéma.
09:05Ce n'est pas malgré tout.
09:06C'est que moi, je suis la caricature.
09:09Tu sais, je suis une caricature.
09:11D'ailleurs, quand j'ai commencé à parler de ce moment,
09:13« Retourne faire tourner tes serviettes ».
09:15Cette sorte de mépris qu'il y a pour moi,
09:17c'est un mépris général pour toute une France
09:20qui n'a plus la parole, qui en a marre.
09:23Si je vous dis « ça suffit », c'est parce que c'est ce que j'entends
09:25le plus autour de moi.
09:26Et je suis très légitime pour ça,
09:28parce que tout mon parcours de vie,
09:30je n'ai jamais lâché ces gens-là.
09:32Ce n'est pas forcément la France la plus pauvre.
09:34C'est toute une classe moyenne.
09:38Ça va des pauvres, évidemment, jusqu'à une classe moyenne,
09:41même haute, qui n'y arrive plus, qui n'en peut plus.
09:43Qui regarde ce spectacle plus que désolant de ces hommes politiques.
09:49J'ai fait le comparatif avec un couple.
09:54On a l'impression de voir...
09:55C'est quelqu'un qui m'a dit ça.
09:56J'aurais l'impression de voir des parents
09:57qui s'engueulent devant des enfants.
09:58Moi, ce qui me dérange, dès le début, je me pose maintenant...
10:01Ce que je propose, vu qu'on ne doit pas trop traîner,
10:04on doit même aller assez vite,
10:04c'est d'essayer d'aller plutôt vite sur le réacte,
10:06pas trop repartir dans les tunnels.
10:07Mais moi, déjà, ce que je trouve,
10:08c'est ultra dépolitisant comme démarche.
10:11Il parle de politique.
10:13Il est vraiment interviewé en tant que personne
10:14qui va parler de politique.
10:15Il est en mode genre « ils sont tous en train de s'embrouiller,
10:17ceux-là », sans réfléchir même aux raisons de ces embrouilles-là.
10:19Est-ce que Macron a la même responsabilité
10:21que, je ne sais pas, un député écologiste
10:23par rapport à tout ce cercle qu'on voit à l'Assemblée nationale ?
10:26Bon, il y a quand même des gens
10:27qui sont plus responsables que les autres,
10:28des gens qui salissent plus nos institutions
10:29et notre démocratie que d'autres.
10:31Et ça, il semble totalement ignorer,
10:33mais tout le monde dans le même sac
10:33pour être bêtement anti-système.
10:35Malgré tout, il a déjà dit qu'il aimait bien barder là.
10:36Donc tout ça est un peu hypocrite, je trouve.
10:38Non, mais c'est ça.
10:39En fait, c'est confus, brouillon sur le fond,
10:41évidemment, pour ne pas dire totalement flou et approximatif.
10:44Mais aussi, il y a une dépolitisation absolue
10:47en mêlant des classes sociales
10:49dont les intérêts ne sont absolument pas les mêmes.
10:52Et alors, prendre les classes populaires
10:54jusqu'aux classes moyennes plus en disant
10:55« En fait, ce qui les réunit, c'est qu'elles en ont marre. »
10:57Oui, je veux bien entendre, mais ils en ont marre de quoi ?
10:59Quel traitement leur est infligé ?
11:04Là, derrière tout ça, il y a de la politique à amener.
11:06Il ne le fait pas.
11:07On est un peu dans ce qu'on disait avec Aurélien tout à l'heure
11:10sur le côté de la France désabusée.
11:11Mais là, c'est vraiment le niveau zéro de la France.
11:14C'est-à-dire, tous pourris.
11:15Oui, bon, effectivement, c'est un peu guignolesque, la politique.
11:17Tout à fait, tout à fait.
11:20Nous deux, c'est notre métier de la suivre au jour le jour
11:22pour la commenter.
11:22C'est vrai que le terme de cirque et de cinéma,
11:25il n'est pas galvaudé.
11:27Mais une fois qu'on a dit ça, on n'a rien dit.
11:29Et donc, voilà, du coup, il parle pour rien dire, finalement.
11:32Moi, quand j'ai eu des ruptures avec mes épouses différentes,
11:36on est passé sur notre orgueil,
11:38on est passé sur notre égo pour protéger nos enfants.
11:41Là, on a l'impression aussi...
11:42C'est pas en mode de la France, c'est comme une entreprise.
11:44La France, c'est comme une famille, carrément.
11:46Oui, oui.
11:48Le comparatif avec la famille, en plus,
11:49on attend souvent chez les libéraux sur comment gérer un budget, etc.
11:52Là, on est là-dessus.
11:53Et là, ils nous parlent de divorce.
11:54Non, mais c'est quand même hallucinant.
11:56Moi, j'ai pas l'impression d'avoir divorcé avec la Macronie, par exemple.
11:58Non, ben oui, non.
11:59Je n'ai jamais dit oui.
12:00Il y a un monde pour, à mon avis, mais ça ne s'est pas fait.
12:03Les responsables ?
12:04On a l'impression que c'est leur égo.
12:06De toute façon, c'est ça.
12:07C'est leur égo, c'est leur orgueil, c'est des petites bagarres.
12:10C'est un cinéma, effectivement, tellement déconnecté des réalités.
12:14Parce que tous les matins, les mecs, ils se lèvent,
12:16ils vont bosser, ils sont écrasés de charges.
12:19Écrasés de charges.
12:21Jamais on n'a payé autant de charges.
12:22C'est un des mots qui revient, parce que vous avez commencé à recevoir des mails.
12:27Et parmi ces mails, il y a cette question des charges.
12:30J'ai mis un truc en place qui est un...
12:32Il faut déjà que je précise.
12:34Je ne me présente à rien.
12:35C'est pour ça que je suis légitime là-dedans.
12:37Je ne veux pas être président de la République.
12:39C'est-à-dire quoi, c'est à ce moment-là, Frontière Média,
12:41dont on parlait tout à l'heure, ils ne se présentent à rien.
12:42Du coup, ils sont légitimes à parler.
12:43Et tous ceux qui seraient dans des mandats électoraux,
12:45de toute façon, c'est déjà des traîtres à la nation.
12:47C'est des pourris avant même d'être...
12:49Parce qu'eux, ils visent un poste, une fonction.
12:53Ils sont forcément pourris.
12:54Alors que lui, non.
12:55Parce que regardez comme je suis désintéressé.
12:59En tout cas, c'est marrant.
13:00Il dit la même chose que Bardella, dont on a parlé l'autre jour.
13:02Je vais parler aux Français.
13:03Les Français trouvent qu'il y a trop de charges.
13:05Super.
13:05C'est ultra original.
13:06Tu as le même discours que Jordan Bardella.
13:08Oui, ce qui va suivre, c'est forcément regarder
13:10la France laborieuse qui se lève tôt, etc.
13:13Côté poujadiste.
13:13Complètement.
13:14Il y a une tonalité totalement poujadiste.
13:17C'est peut-être pour ça aussi qu'il est mis en auparavant.
13:19Dans les médias.
13:21Parce qu'effectivement, ce truc de...
13:22A la fois, il y a l'extrême droite qui monte très, très, très fort.
13:24Et il y a ce discours anti-impôt qui monte en parallèle
13:27et de manière un petit peu mêlée à tout ça.
13:29Et donc, effectivement, les médias dominants,
13:30ils ont un petit peu un intérêt à présenter ces genres de profils
13:33qui sont à mi-chemin entre l'extrême droite RN
13:37et ce discours très libéral anti-impôt.
13:40Et donc, tout ça va dans l'avantage de la bourgeoisie possédante.
13:43Oui.
13:43Et puis, en plus, avec ce discours-là, il peut inclure,
13:45comme il l'a fait tout à l'heure, différentes classes sociales.
13:47C'est-à-dire qu'en fait, il peut parler aux classes populaires,
13:50le petit ouvrier ou la petite ouvrière qui voit le travail
13:54ne pas être reconnu à sa juste valeur.
13:56Et là, bon, oui, les salaires sont très, très, très, très bas.
13:59Et de l'autre côté, il peut s'adresser en même temps aux commerçants
14:02qui, selon lui, est pris à la gorge, notamment par la crise énergétique ou autre.
14:07Donc, en fait, il arrive à faire un grand écart
14:08juste avec cette position-là boujadiste,
14:11qui n'est pas identifiée comme telle.
14:12Parce qu'évidemment, Apolline de Malherbe ne va pas l'interroger
14:15sur la nature de son propos politique.
14:18Mais c'est ce qu'il fait.
14:19Et c'est toute la stratégie de Jordan Bardella aussi.
14:22Sachant que c'est intéressant aussi, son manque de lecture de classe,
14:24c'est de dire, en fait, moi, je parle à tout le monde,
14:25il y a des ouvriers, des pauvres, puis aussi des petits artisans et des commerçants.
14:28Bon, c'est pas ce qu'il dit.
14:29Il ne le dit pas tel quel, mais c'est l'idée, quoi.
14:31Effectivement, quand on met tout ça comme un groupe homogène
14:33qui est juste la France-Patrick-Sébastien,
14:35ça ne permet pas de voir les intérêts de classe
14:37et les antagonistes au sein de ce groupe-là,
14:42les mêmes intérêts économiques, quoi.
14:45Et donc, du coup, derrière,
14:46quel est le point commun, on va dire,
14:49dans le rejet qu'à ce groupe-là,
14:51malgré leur intérêt de classe divergent ?
14:52C'est le rejet de l'État,
14:54c'est le rejet des taxes, des charges,
14:56de ce qu'il appelle des charges.
14:57Parce qu'au final, ça fait ce truc de,
14:58oh, le monde va mal, c'est la faute de l'État.
15:00Et l'État, il fait quoi avant tout ?
15:01Il gère les impôts.
15:03Et c'est vrai que c'est un des rôles,
15:04le truc le plus central de l'État,
15:06c'est gérer l'impôt et la dépense publique, quoi.
15:08C'est ce qui fait même qu'on a un État
15:09et qu'on est collectif, quoi.
15:10Donc, c'est pour ça qu'au final,
15:12l'adversaire dans ce discours-là,
15:13vu qu'on met dans un seul et même groupe,
15:15on va appeler ça le groupe La France-Patrick-Sébastien,
15:17dans un seul et même groupe,
15:18on met la petite bourgeoisie,
15:21type artisan, etc., etc.,
15:23et le prolétaire, le travailleur ouvrier, salarié,
15:26dans le même groupe,
15:27eh bien, on ne peut pas parler du patronat,
15:29on ne peut pas parler des entreprises,
15:30on ne peut pas parler des milieux économiques
15:31et financiers,
15:32comme étant le problème dans la société,
15:34il ne reste plus que l'État.
15:35Et donc, du coup,
15:36quand on veut critiquer l'État,
15:37dans la bouche de Patrick-Sébastien
15:38et de tout cet extrait de droite-là
15:39qui a cette rhétorique,
15:40quand on critique l'État,
15:41on critique les impôts, quoi.
15:44On finit cet extrait,
15:45puis après, on passe à un autre,
15:46mais il va falloir se déléguer.
15:47Après, c'est à toi de me dire,
15:48qu'on faut arrêter.
15:49Moi, je peux continuer.
15:50C'est ma faute.
15:52Je n'ai pas envie de rentrer dans ce cinéma,
15:54justement, là.
15:54Je vais continuer à faire mes spectacles,
15:55parce que je vais rester au contact des gens.
15:58Mais j'ai mis une boîte mail à disposition
15:59pour que les gens m'envoient des propositions.
16:02Et donc, l'idée, c'est de faire...
16:05C'est de peser.
16:06Non, c'est de prendre ces propositions,
16:08d'en garder une quarantaine d'ici les élections,
16:10de les faire étudier par des gens
16:11pour voir ce qui est réaliste et réalisable,
16:13et de faire ce que j'appelle
16:14un chantage démocratique.
16:16C'est-à-dire d'aller voir les deux
16:16qui vont rester à l'élection
16:18et de dire, voilà,
16:19est-ce que vous engagez solennellement
16:20à appliquer ce que veulent les gens,
16:22ce que veut le peuple ?
16:23Et dans ces cas-là,
16:24vous aurez nos voix.
16:26Ce qui veut dire que,
16:27si on est 50 000 derrière moi,
16:28ça n'a aucun poids.
16:29Si on est 800 000 ou plus,
16:31on aura vraiment du poids.
16:33C'est ce que je pense.
16:34Et pourquoi je voudrais faire ça ?
16:36Parce que, sur ce que je ressens,
16:39si démocratiquement, on ne fait pas ça,
16:40ça va vraiment dégénérer.
16:43Ok, alors démocratiquement, on ne fait pas ça,
16:45mais les élections,
16:46c'est justement le principe, quoi.
16:47C'est qu'on le désire aux Français,
16:48vous préférez quel programme,
16:49vous préférez quelle vision de la société ?
16:51Et c'est là où s'exprime aussi la...
16:52Enfin, entre autres, s'exprime la démocratie.
16:55Les élections, soit c'est de la merde,
16:56moi je vais exprimer la démocratie
16:57avec mon petit truc.
16:59Ouais, ouais.
17:00Ouais, bon, ok.
17:01Et c'est vraiment qu'il a parlé le peuple.
17:02Il a dit ce qu'on pense le peuple.
17:03Il a désigné ses soutiens,
17:04en tout cas ses soutiens à venir.
17:06Il a désigné, on va dire,
17:07le Patrick Sébastien Verse
17:08comme étant le peuple.
17:09Et ça, déjà, je trouve ça intéressant.
17:10C'est du populisme de bas étage, finalement.
17:11Ouais, oui, c'est ça.
17:12C'est ça.
17:13Et ça rappelle...
17:14Enfin, je suis totalement d'accord
17:17avec cette analyse-là.
17:18Et en même temps, il joue sur cette fibre-là
17:20parce qu'il sait que c'est une fibre
17:21très sensible du côté des Français.
17:22Parce qu'on sort...
17:23Enfin, on n'est pas encore sorti
17:25d'une ère macroniste.
17:27Mais en tout cas, on est en plein ère macroniste
17:28où forcément, les atteintes à la démocratie
17:30ont été très nombreuses.
17:32On se souvient du mouvement des Gilets jaunes
17:34qui n'a pas vraiment été écouté.
17:36Et qui avait comme aspiration première
17:39de renouer avec un fonctionnement démocratique
17:41beaucoup plus simple,
17:42beaucoup plus transparent.
17:43avec notamment cette revendication
17:44du référendum d'initiative citoyenne.
17:47Là, de ce côté-là,
17:49je pense qu'on ne peut pas,
17:50comme tu le disais,
17:52créer une espèce d'image
17:53de la France Patrick-Sébastien.
17:54Par contre, s'il y a une chose, je pense,
17:56qui réunit un certain nombre de classes
17:58en France, d'intérêts, de sociologie, etc.,
18:01c'est par contre la volonté
18:02d'avoir une démocratie un petit peu plus...
18:04Enfin, en tout cas, oui, revigorée, revitalisée.
18:06Et ça, c'est intéressant.
18:09Sauf qu'après, qu'est-ce qu'il propose ?
18:10Pas grand-chose.
18:12En plus, ça repose sur un constat populiste
18:16assez simpliste.
18:18Et ça, c'est dommage.
18:20Mais là encore, on revient sur des éléments de langage
18:22qu'on entend largement à l'extrême droite.
18:27Moi, j'entends le constat,
18:28j'entends le besoin de plus de démocratie,
18:30j'entends la volonté d'être davantage entendue,
18:34notamment dans ce qu'on appelle
18:37les territoires délaissés,
18:38c'est-à-dire autant la ruralité
18:39que les banlieues.
18:40Et c'est vrai que ça, c'est quelque chose
18:41qui peut relier les deux.
18:42Mais pour comprendre ça,
18:44il faut passer par une analyse de classe,
18:45en fait, parce que là,
18:46c'est surtout les classes populaires
18:47qui sont senties dépossédées
18:48à la fois de leur pouvoir économique
18:50et de leur pouvoir démocratique.
18:51C'est sûr.
18:52La bourgeoisie de campagne
18:53et la petite bourgeoisie de campagne,
18:54à la limite,
18:54elles se sont un peu ringardisées.
18:56Elles sont limite plus dépossédées
18:58par, je ne sais pas,
18:58le wokisme.
18:59Le fait que ce soit les citadins
19:01qui gouvernent dans ce pays
19:02plutôt que vraiment
19:03se sont dépossédées économiquement.
19:05Ce n'est pas les grands perdants
19:05de notre économie financiarisée typiquement.
19:08Oui, complètement.
19:09Et puis même en termes d'influence,
19:11disons,
19:12que ce soit démocratique ou pas,
19:14elle est encore là,
19:15elle a encore des relais,
19:16elle est entendue.
19:17Et c'est souvent ces obsessions
19:20qui rythment le débat
19:21médiatique et politique.
19:22Mais bon,
19:23le problème,
19:23c'est que cette lecture de classe,
19:25Patrick Sébastien ne l'a pas.
19:27Et donc on fait un espèce de cafouillage
19:29dépolitisé assez déplorable.
19:32Alors,
19:33je te propose de faire juste accès de là.
19:34On n'aura pas le temps,
19:35c'est dommage.
19:36Ça, ça aurait pu être intéressant.
19:37Mais voilà,
19:37on avait un extrait super de Patrick Sébastien
19:40qui parle du mépris.
19:41C'est ce mépris-là
19:41qui a fabriqué le RN.
19:43Est-ce qu'on parle du mépris de classe ?
19:44Est-ce qu'on parle du mépris
19:44des Blancs à la campagne ?
19:45On ne sait pas.
19:46On ne sait pas trop.
19:47Mais en tout cas,
19:47il a justement parlé de ce mépris
19:49et comme étant un peu la figure du mépris.
19:51Donc lui,
19:52il sait parler des méprisés.
19:57Est-ce que c'est du mépris de classe ou pas ?
19:58Vu que ce n'est pas trop une histoire
19:59de classe sociale,
20:00cette histoire,
20:01à priori,
20:01non,
20:01ce n'est pas du mépris de classe.
20:02Mais par contre,
20:03du coup,
20:03ça,
20:03c'est intéressant.
20:03Là,
20:04il va parler un petit peu plus des sujets
20:06on va dire type racisme.
20:07Il va notamment parler de racisme anti-blanc.
20:09Ce n'est pas le terme qu'il utilise.
20:10Mais bon,
20:10vous allez voir cet extrait.
20:11Du coup,
20:12c'était chez CNews directement.
20:13Je ne sais pas si c'était face à Pascal Praud,
20:15je ne crois pas.
20:15C'était Christine Kelly.
20:16Christine Kelly.
20:17C'est à peu près pareil.
20:18Patrick Sébastien,
20:19est-il français de souche ?
20:20Le racisme anti-blanc
20:21pourrit-il la société française ?
20:24On va voir.
20:25Ça date d'il y a quelque temps déjà.
20:27C'était quand ?
20:27C'était 27 mai 2025.
20:28C'était au début de l'été,
20:29à la fin du printemps.
20:30Là,
20:30c'est Génération Bleu Marine,
20:32drapeau français qui,
20:33au tweet,
20:33n'allait pas suivre ce compte.
20:35Voilà,
20:35petit conseil.
20:37Ce que je reproche à la société
20:38qu'on nous propose,
20:39c'est de nous parler
20:40de se lever droit
20:43contre l'exclusion
20:43et m'exclure moi.
20:45C'est bien d'aller...
20:46On n'est pas exclu,
20:47Patrick Sébastien,
20:48t'as dit
20:48que dès qu'il va
20:50dans une salle des fêtes
20:52dans le sud,
20:52il fait complet.
20:53Il doit être millionnaire.
20:54Lui, il exclut.
20:55Lui, c'est la parole des exclus.
20:57Oh là là,
20:57si lui, il exclut
20:58les Français vraiment pauvres
20:59qui ne mangent pas
21:00à leur faim tous les jours,
21:01c'est qui ?
21:02Ils sont quoi ?
21:04Accepter toutes les différences,
21:05mais accepter la mienne aussi.
21:07Et là,
21:07je me sens presque plus chez moi.
21:11Je ne savais pas
21:12quand j'étais petit
21:12qu'un jour,
21:13on me reprocherait d'être blanc.
21:15Je ne savais pas
21:15quand j'étais...
21:16J'ai quand même été viré
21:17du service public,
21:19c'est-à-dire avec votre pognon.
21:20Il a été viré quand...
21:21Tous les blancs ont été virés
21:22du service public.
21:22C'était l'année dernière,
21:23je crois,
21:23il y a plus de blancs.
21:24Ils ont viré tous les blancs
21:25et du coup,
21:25c'est chiant ça pour ça.
21:26En disant,
21:27il y a trop d'hommes blancs
21:28de plus de 50 ans.
21:29Hommes, ce n'est pas ma faute.
21:30Blanc, ce n'est pas ma faute
21:31et plus de 50 ans,
21:32ce n'est pas ma faute.
21:34Et ça,
21:35ça me choque.
21:36Aujourd'hui,
21:36être un homme et blanc,
21:38c'est suspect.
21:40Alors que je suis tout
21:41sauf suspect.
21:42Je suis tolérant,
21:43je suis ouvert,
21:43je suis ouvert à tout.
21:44Alors, Patrick-Thématien...
21:46Je pense qu'il y a
21:47une minorité de gens
21:48qui veut imposer aux autres.
21:50C'est terrible.
21:51Votre témoignage est puissant.
21:53Mais oui.
21:53Continuez à en parler
21:53dans un instant.
21:54Juste ajouter une chose.
21:56La dame du service public,
21:57elle a dit,
21:58elle a été claire,
21:59elle a dit
22:00je ne veux pas montrer la France
22:01telle qu'elle est,
22:02mais telle que je voudrais qu'elle soit.
22:04Ça veut dire
22:04qu'on va vous imposer
22:05votre manière d'être.
22:06Je ne sais pas qu'elle...
22:07Je ne sais pas la...
22:12Je ne pensais pas
22:13qu'il était ravagé.
22:14Là, il a dérapé.
22:15Le service public
22:16d'extrême gauche
22:17veut faire de l'eugénisme
22:21intellectuel
22:21en créant une race supérieure
22:22de bobos citadins
22:24contrairement aux vrais français
22:25du réel
22:25qui dansent la chenille
22:26en écoutant
22:27et qui font tourner les serviettes.
22:27Mais là, il a glissé sur...
22:30C'est pas possible.
22:31Non, non.
22:31C'est hallucinant.
22:33Et quand moi,
22:34ce qui me fait sourire
22:35un rire jaune,
22:36c'est Christine Kelly
22:37qui dit
22:37votre témoignage est puissant.
22:38Patrick Sébastien.
22:39Vraiment,
22:40il touche du doigt
22:41une vraie vérité.
22:43C'est hallucinant.
22:44Mais bon.
22:45En tout cas,
22:45c'est intéressant,
22:46c'est extrait.
22:46Parce que là, du coup,
22:47le mot blanc est lâché.
22:49Il représente
22:50les Français blancs
22:51qui se sentent victimes
22:52du wokisme.
22:53Il représente
22:55les classes périurbaines
22:56dans toute leur globalité,
22:57comme il parlait tout à l'heure.
22:58Tout à l'heure,
22:58il a dit
22:58« je suis la voix des sans voix »,
23:00mais c'est un peu
23:00ce qu'il a voulu dire.
23:01« je suis la voix des méprisés »,
23:03en tout cas.
23:03Il n'a pas commencé à dire
23:04blanc, noir, arabe
23:05ou quoi que ce soit.
23:06Il n'a pas été
23:06sur l'aspect racial.
23:08Racial au sens
23:09de la race construite sociale,
23:10bien sûr,
23:10pas raciale au sens
23:11de Gobineau
23:12du XIXe siècle.
23:13Et là, pourtant,
23:14il y va sur CNews.
23:14Là, il est avec les fachos,
23:15il est sur TV Bolloré.
23:16Il a commencé à dire
23:16« c'est parce que je suis blanc
23:17que je suis exclu ».
23:18Donc, il représente
23:19les blancs exclus
23:20parce que blancs
23:21ou il représente
23:22cette France méprisée
23:23parce que trop campagnarde.
23:25Ce n'est pas clair tout ça,
23:26en fait.
23:26Ce n'est pas clair
23:27et en même temps,
23:27c'est plus clair
23:28que ça y paraît
23:28parce que je trouve
23:29qu'il a clarifié sa position
23:30avec ses traits sur CNews.
23:31On voit l'aspect
23:33identitaire, finalement.
23:34Oui, complètement.
23:35Je n'ai rien à rajouter.
23:37Donc, on peut finir
23:37avec ce dernier extrait
23:39si tu le veux.
23:40Il est un peu long,
23:406 minutes 56,
23:41il y a un moment
23:41que tu voulais voir
23:42directement dedans ou pas ?
23:43Juste le début
23:43où Yves Tréard
23:45prend position
23:46à la position
23:47qu'on attendait tous.
23:48Yves Tréard, du coup,
23:48ancien,
23:49je ne sais plus
23:50si il était directeur
23:51mais en tout cas
23:51au cadre du Figaro.
23:53Je crois qu'il était
23:53directeur adjoint
23:54du Figaro aussi,
23:54je ne dis pas de bêtises.
23:55Il n'est plus là ?
23:56Je ne sais pas
23:56s'il l'est encore.
23:57Je crois qu'il a juste
23:58un blog-notes,
23:59il est éditorialiste.
24:00Je ne sais plus exactement.
24:01Je t'avoue que je n'ai pas suivi
24:03l'actu d'Yves Tréard.
24:04Mais en tout cas,
24:04il est éditorialiste
24:05sur BFM TV maintenant.
24:06Ok, ok.
24:08On va aller regarder ça
24:09au moins le début.
24:09Je te laisse la sourire
24:10vu que tu n'as pas
24:10qu'à sélectionner l'extrait.
24:11Je te propose
24:12et puis après,
24:12on finira là-dessus
24:14sur ce sujet
24:14qui était, ma foi,
24:15fort intéressant quand même.
24:17Mais d'abord,
24:18avec vous,
24:19Yves Tréard,
24:19votre choix ce soir,
24:20c'est de nous parler
24:21de Patrick Sébastien.
24:27Il ne va pas venir
24:27avec des plumes
24:28et puis le French Cancan.
24:30Là, il a décidé
24:31de renverser la table.
24:32C'est son expression.
24:33Il a décidé
24:34que la France
24:35s'en avait marre
24:36et qu'il fallait
24:37tout changer,
24:38tout changer.
24:38Ça va mal se terminer,
24:40dit-il.
24:41Les gens vont vraiment
24:42se mettre en colère.
24:43Il était ce matin même
24:44chez Apolline de Malherbe
24:46dans la matinale
24:47de BFM TV.
24:48Alors,
24:51des candidats
24:52ou pas candidats
24:53mais qui veulent
24:54animer la campagne politique
24:55comme Patrick Sébastien,
24:57on en a déjà connu.
24:58Le un des plus célèbres
24:59d'entre eux,
25:00c'était Pierre Dac.
25:01Souvenez-vous.
25:02Parce que Pierre Dac,
25:03il avait comme parti
25:04le mou.
25:05Le mouvement ondulatoire
25:08unifié.
25:09Et alors,
25:10il voulait se présenter
25:10en 1965
25:11contre qui ?
25:12Contre la statue
25:14du commandeur.
25:15De Gaulle.
25:16Et l'Elysée,
25:17à l'époque,
25:18appelait Pierre Dac
25:20en lui disant
25:20« Pierre Dac
25:21avait inventé
25:22l'eau samboile,
25:22vous savez,
25:23le papa à manger,
25:24le journal.
25:27Et il dit
25:28« Mais attendez,
25:28vous êtes un ancien résistant,
25:29ce ne serait pas respectueux
25:31de vous présenter
25:32contre le général de Gaulle. »
25:33il s'est retiré.
25:34Un autre en 19 novembre.
25:35Voilà,
25:36il nous fait son petit cours
25:37d'histoire.
25:38Alors,
25:39je ne sais plus exactement
25:39à quel moment,
25:40mais bon,
25:40je vais vous le résumer.
25:41Mais en gros,
25:43Yves Tréard,
25:44il montre quand même
25:44Patrick Sébastien.
25:45D'abord,
25:47il le montre
25:48comme sympathique,
25:49comme une espèce
25:49de Trubillon.
25:51Bref,
25:51il le voit comme inoffensif,
25:52mais intéressant.
25:53Et de voir
25:54qu'un personnage
25:55comme lui,
25:56il tréard largement
25:57à droite,
25:58pour ne pas dire,
25:59en tout cas,
25:59il flirte avec la limite
26:00de l'extrême droite.
26:02Pour rappel,
26:03il a quand même défendu
26:03Zemmour en disant
26:04« Zemmour ne critique pas
26:05les Arabes parce qu'arabe,
26:06Zemmour critique les Arabes
26:07car ce sont des voleurs,
26:08en tant que voleurs. »
26:09Mais je ne sais pas
26:10ce que je veux dire.
26:11Voilà,
26:11c'est ce genre de maladresse.
26:12Donc, bon,
26:12c'est ça.
26:13Mais voilà,
26:14ça dit aussi quelque chose
26:15de la proximité idéologique
26:16de Patrick Sébastien
26:17de plus en plus
26:18avec la droite
26:19et l'extrême droite.
26:21Parce que,
26:21alors que Patrick Sébastien
26:23se revendique
26:23d'une approche
26:24plutôt populiste
26:25qui veut défendre
26:26les oubliés,
26:27la France d'en bas,
26:28etc.,
26:28il est adoubé
26:29par un des cadres
26:30du Figaro,
26:32donc,
26:32de la bourgeoisie.
26:34La droite bourgeoise,
26:36la conservatrice,
26:37tout ce qu'il y a
26:37de plus classique.
26:38Voilà,
26:38donc ça dit tout
26:39de l'ancrage politique
26:41que prend de plus en plus
26:43Patrick Sébastien.
26:44Il n'est pas vu
26:45comme quelqu'un
26:45qui va mener la révolution
26:46comme il le dit.
26:47Parce que,
26:48dans un extrait
26:49qu'on n'a pas vu,
26:49Patrick Sébastien,
26:50il ne faut pas changer la nappe,
26:51il faut renverser la table.
26:52Donc,
26:52en gros,
26:53il se montre
26:53comme une espèce
26:53de révolutionnaire.
26:55En fait,
26:55il est révolutionnaire
26:55d'absolument rien
26:56et il va servir
26:57évidemment à les intérêts
26:58de la bourgeoisie
26:59que représente Yves Tréer
27:00sur les plateaux quotidiennement.
27:01De la même manière
27:02que,
27:02je ne sais plus
27:02comment il s'appelle,
27:03le mec avait fait le mou
27:04au final,
27:04il ne s'est pas présenté
27:05parce qu'on ne peut pas
27:05se présenter contre De Gaulle
27:07en 1965 quand même.
27:08Eh bien,
27:09peut-être que Patrick Sébastien
27:10finira par faire pareil
27:10avec Jordan Bardella
27:11qui l'a déjà plus ou moins
27:12adoubé à l'époque
27:13chez Cyril Hanouna
27:14en disant
27:14« Moi,
27:14je l'aime bien le Bardella ! »
27:16Sachant qu'il a le même discours
27:17que lui,
27:17ce discours de
27:18« Moi,
27:18j'ai parlé aux vrais français
27:19de la campagne
27:20et puis en fait,
27:21ils sont un peu
27:22des fachos sur les bords. »
27:23Bon,
27:23il ne le dit pas comme ça
27:24mais bon,
27:25effectivement,
27:26effectivement.
27:26De la même manière
27:27que Bardella n'a rien
27:28d'antisystème
27:29dans le discours
27:30et peut-être que c'est
27:31ce qu'on a participé
27:31à démontrer,
27:32n'est-ce pas ?
27:32Il n'est pas plus
27:33d'antisystème que Bardella.
27:34Patrick Sébastien,
27:35quand on détricote
27:35un tout petit peu
27:36ce qu'il a à dire,
27:36on voit très bien
27:37que ça s'inscrit
27:38dans cette vieille tradition
27:39pseudo-antisystème
27:40poujadiste
27:41où on se bat
27:42sur une espèce de français
27:44fantasmé
27:44du pays réel
27:45qui lui serait
27:46le vrai français.