- il y a 9 heures
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, était l'invité de ÇA IRA ! mercredi 17 décembre, en pleine période d’examen budgétaire. L’occasion d’interroger le premier secrétaire du parti à la rose sur les zigzags stratégiques des socialistes.
Il se défend de toute « trahison » sur le vote favorable des députés roses au budget de la Sécurité sociale (PLFSS). Il promet que les siens ne voteront pas le projet de loi de finances 2026 et continue d’espérer un large rassemblement à gauche, mais sans LFI.
00:00 Le portrait d'Olivier Faure
2:37 Budget : le PS a t-il trahi ?
15:54 2022-2025 : Olivier Faure a-t-il changé ?
21:08 Quel cap pour le PS ?
23:50 Le rapport du PS aux Insoumis
26:26 Quelles mesures fortes pour le PS ?
37:13 Le rapport du PS à l'écologie et au capitalisme
50:08 La carte de Presk
54:55 Ça ira ? Ça ira pas ?
58:10 Municipales : les objectifs du PS
1:05:36 La diabolisation de LFI à gauche
1:12:07 2027 : la gauche peut-elle gagner ?
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Il se défend de toute « trahison » sur le vote favorable des députés roses au budget de la Sécurité sociale (PLFSS). Il promet que les siens ne voteront pas le projet de loi de finances 2026 et continue d’espérer un large rassemblement à gauche, mais sans LFI.
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50:08 La carte de Presk
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00:00:02bonsoir olivier fort bonsoir merci d'avoir répondu à présent notre invitation et bonsoir
00:00:07emilio salut comment ça va ça va et vous et ça va emilio mêlé grand reporter politique à la
00:00:13rubrique politique présenter les gens que c'est vrai et olivier fort comment ça va
00:00:17parce que du coup ça va quand je suis avec vous ça va très bien pour l'instant en tout
00:00:21cas c'est ce
00:00:22que j'ai dit on verra dans une heure et quart si ça va toujours si ça va toujours emilio
00:00:25je t'en prie
00:00:26oui olivier fort il faut que vous le sachiez vous êtes un cobaye le premier invité de saïra à se
00:00:31faire tirer le portrait ce qui sachez le n'est pas une chose facile avec vous d'ailleurs si je
00:00:36travaillais pour un autre média je décrirais par le menu votre air impassible votre flègue
00:00:40mince on da pour parler de la méthode fort mais à l'humanité on ne verse pas dans la psychologie
00:00:44ici il est question de politique il est question d'idées alors déjà commençons par des faits
00:00:49après avoir travaillé avec michel rocard martin aubry françois hollande jean marquero vous devenez
00:00:53député de seine et marne en 2012 puis premier secrétaire du parti socialiste en 2018 et à
00:00:59l'humanité pour ne rien vous cacher ça fait quelques années quelques décennies en réalité
00:01:03qu'on se demande où va le parti socialiste la pub pour un numéro du mois de juin donc je
00:01:09viens de
00:01:09le dire en 2018 le parti vous reprenez le parti socialiste sur une ligne de rupture avec le
00:01:15quinquennat social libéral de françois hollande votre ancien boss qui devient donc votre meilleur
00:01:19ennemi au parti socialiste vous soutenez ensuite franchement plus plus vraiment annie d'algo à la
00:01:24présidentielle qui fait le pire résultat du parti socialiste à l'élection présidentielle 2022 et
00:01:30bien c'est aussi lors d'un virage à gauche avec la nupes une libération avez vous dit à l
00:01:35'époque avant
00:01:36un autre virage plus au centre un retour avec rafael glucksmann aux dernières européennes puis à nouveau
00:01:41un virage à gauche pour former le nouveau front populaire et voilà maintenant vous faites une croix sur
00:01:47toute lui sur l'union de toute la gauche pardon en rompant avec la france insoumise sans qu'on
00:01:50comprenne trop exactement pourquoi mais on y reviendra tout à l'heure comme si d'ailleurs
00:01:54l'extrême droite était moins aux portes du pouvoir aujourd'hui qu'elle ne l'était en juillet 2024 on
00:01:58pourrait parler de vos zigzags stratégiques on pourrait aussi appeler ça une forme d'habileté
00:02:03politique une certaine plasticité oserais-je vos adversaires eux parlent même de duplicité
00:02:09mais en tout cas un autre fait sous votre direction le parti socialiste a quand même retrouvé une voie
00:02:14de débat public passant de 1,7% à la présidentielle jusqu'à 67 députés aujourd'hui mais à quel
00:02:20prix
00:02:21celui de la lisibilité peut-être ce sera l'objet de cet entretien et puisqu'on parle de lisibilité
00:02:26comment ne pas commencer par les débats budgétaires olivier fort donc première question les députés
00:02:30socialistes ont été élus avec l'étiquette du nfp pour sur un programme par mot de rupture avec la
00:02:35politique d'emmanuel macron en votant le budget de la sécurité sociale hier soir n'avez vous pas
00:02:41seulement permis la continuité de la politique macroniste seulement avec quelques horreurs en
00:02:44moins bon c'est bien dans le vif du sujet tout de suite on se retrouve dans le bain bon
00:02:51d'abord
00:02:52effectivement moi je ne regrette pas ce que j'ai fait précédemment je suis un homme de gauche et je
00:02:57me suis battu sur un programme de gauche les français ont voté et ils ont donné une assemblée
00:03:03qui est assez illisible qui est en fait partagé en trois blocs et en réalité en plus que ça mais
00:03:09un bloc de gauche un bloc libéral et puis un bloc d'extrême droite et donc nous sommes dans une
00:03:18situation où personne ne dispose d'une majorité absolue donc la question qui est posée c'est est ce que
00:03:25dans un moment comme celui là on dit qu'on ne peut rien faire qu'on ne peut rien faire
00:03:28avancer que rien n'est
00:03:30possible et dans ces cas là on attend une dissolution une démission pour arriver à quoi ça vous me le
00:03:36direz parce que moi je ne sais pas très bien ce que l'on peut faire espérer aux gens d
00:03:40'une dissolution
00:03:41est-ce qu'on aurait une majorité de gauche qui suivrait une dissolution est-ce qu'on aurait un
00:03:46président de gauche qui suivrait une démission avec une élection qui aurait lieu dans 35 jours c'est ça
00:03:50ce que dit la constitution macron démissionne ce soir dans 35 jours vous avez le premier tour est ce que
00:03:55tout le monde pense ici qu'on aurait un président de gauche donc il vaut bien un budget macroniste à
00:03:59quelques
00:04:00horreurs en moins plutôt qu'une nouvelle élection est-ce que c'est un budget macroniste au PLFSS
00:04:05quasiment un budget de droite
00:04:06mais je peux vous faire la liste de ce qui reste dans ce
00:04:14donc c'est une baisse réelle du budget de l'hôpital le fameux on d'âme en réalité c'est
00:04:20moins qu'il faudrait
00:04:21pour un fonctionnement un simple décalage de la du calendrier d'application de la réforme des
00:04:27retraites la la tarification à l'acte dans le médico social l'instauration d'un bonus malus
00:04:30à l'hôpital vous pouvez pas me dire que ça c'est un budget ça participe à un budget de
00:04:33gauche
00:04:34non moi ce que je vous dis c'est que c'est un budget qui est un budget qui n
00:04:37'est ni celui de
00:04:38le cornu ni le nôtre mais ce que vous avez oublié de dire même quand vous dites un décalage sur
00:04:43la
00:04:43sur la réforme des retraites si vous voulez c'est un décalage ça m'est égal c'est un décalage
00:04:48c'est un décalage ça dépend ça dépend de qui gagne l'élection présidentielle quels sont ces gens qui
00:04:53sont tellement persuadés qu'ils vont perdre l'élection présidentielle qu'ils pensent que
00:04:56en fait en 2028 ça repartira comme avant il ya des gens qui pensent ça moi pas moi je me
00:05:01bats pour
00:05:01que la gauche gagne en 2027 donc si la gauche gagne en 2027 la réforme borne c'est terminé pour
00:05:06toujours ça dépend de nous et donc laisser penser que en fait on va de toute façon perdre et que
00:05:12la
00:05:12réforme repartira en 2028 c'est une façon de dire qu'on a déjà perdu ce n'est pas
00:05:17mon cas ensuite ce qu'on peut dire aussi c'est que il ya des gens qui sont prêts à
00:05:21laisser filer
00:05:22le déficit de la sécu c'est pas mon cas non plus parce que je sais aussi que si demain
00:05:26on a un déficit
00:05:27à 30 milliards et bien vous aurez les mêmes qui viendront vous voir et qui vous diront comme
00:05:31hier ronald reagan margaret thatcher qui vous diront écoutez ça ne marche pas votre système
00:05:35celui qu'ambroise croisa a mis en place sur le programme de la base du programme du cnr à la
00:05:40libération
00:05:40c'est fini on ne peut plus donc sur les retraites capitalisation sur la solidarité vous aurez le
00:05:48système assurantiel voilà ce qui nous porte on est et donc à droite quoi il n'y a pas de
00:05:52possibilité
00:05:53d'autre chose c'est ce que eux diront c'est pas ce que je dis moi mais là ce
00:05:57que je veux voter est un
00:05:58budget que je dis non mais franchement on est on a doublé le budget de l'ondam on a doublé
00:06:04donc
00:06:04l'objectif national d'assurance maladie on a été exactement au niveau de ce que demandait la
00:06:10création hospitalière de france on a fait en sorte que y compris une partie des demandes
00:06:14syndicales sont satisfaites pas doublement des franchises médicales pas de désintexation des
00:06:20pensions de retraite pas de désintexation des prestations sociales à dire les minima comme
00:06:25les allocations pas de nouvelles cotisations sur les chèques déjeuners et sur les chèques
00:06:31restaurants pas en fait de cotisations prélevées sur les apprentis c'est ce que je vous disais
00:06:37olivier forcer qu'il suffisait aux macronistes de mettre énormément d'horreur dans le plfss pour
00:06:41vous vous occupiez à des à les détricoter plutôt que d'être dans la conquête c'est pas vrai en
00:06:45fait c'est vous qui écrivez le budget quand même ils ont toutes ces mesures vous dites bien sûr
00:06:48ce qu'il n'y avait pas au départ donc plus ils en mettaient plus vous vous vous faites comme
00:06:53s'il ne s'était rien passé et y compris sur la suspension de la réforme des retraites j'y
00:06:56reviens
00:06:57à un instant imaginez que nous soyons au pouvoir depuis 2022 qu'est ce qu'on aurait
00:07:01fait on aurait fait accès zuckmann et peut-être que on aurait eu un mauvais président une mauvaise
00:07:06présidente qui aurait trouvé intelligent de dissoudre l'assemblée il ya un an et demi et peut-être
00:07:11qu'on aurait perdu l'élection on serait retrouvé dans une situation où on aurait été confronté à ce
00:07:18qui est aujourd'hui la situation de la droite donc on serait arrivé devant le parlement on aurait dit
00:07:23voilà notre budget voilà ce qu'on veut etc il nous aurait dit écoutez les amis ok mais on vote
00:07:29à une
00:07:29seule condition c'est que vous suspendiez la réforme zuckmann et là on aurait dit ben non on peut pas
00:07:36non mais il faut imaginer ce que ça représente pour des gens qui se sont battus pour une réforme on
00:07:41n'est
00:07:41pas obligé de pleurer sur leur sort c'est pas ce que je fais mais je dis simplement que ça
00:07:46n'était pas
00:07:46un acte anodin ça n'était pas simplement un geste comme ça un simple décalage dont on dit c'est
00:07:52pas grave
00:07:53etc pour ces gens ça a été forcément un vrai problème parce que ils savent très bien que
00:07:59derrière la suspension de la réforme des retraites il y a en réalité l'abandon de la réforme borne
00:08:03parce que plus personne n'en parle aujourd'hui et tout le monde sait très bien que dans la prochaine
00:08:07élection présidentielle il y aura une confrontation entre des gens de gauche et des gens de droite et
00:08:12que nous ne défendrons pas le même projet et que même la droite a laissé tomber la réforme borne il
00:08:16suffit pour s'en convaincre d'écouter ce que dit gabriel attal qui a lui même déjà présenté sur
00:08:21les fonds baptismaux en bon laïc qu'il est eh bien il a présenté une nouvelle réforme des retraites
00:08:27ce qui veut bien dire que tout le monde a laissé tomber la réforme borne oui c'est l'acquis
00:08:32de la
00:08:32période vos potentiels partenaires à gauche n'ont pas du tout la même analyse que vous
00:08:36peut-être mais moi je vois ce que disent les syndicats je vois que y compris ce que dit la
00:08:41cgt y compris
00:08:43je vois que sur toute une série de sujets la cgt vous n'a jamais dit de voter mais je
00:08:49ne dis pas
00:08:49que la cgt ou la cgt ou quiconque me demandent de voter quoi que ce soit la cgt en l
00:08:53'occurrence si
00:08:53mais non ils n'ont pas demandé à qui que ce soit de faire quoi que ce soit absolument
00:08:58ils ont des positions mais ils ne sont pas nos maîtres pas plus que nous ne sommes les leurs et
00:09:04donc ce que je dis simplement c'est que quand j'observe ce que le monde syndical dit à l
00:09:08'issue du
00:09:09vote du plfss ce que j'observe c'est que ils se disent que heureusement qu'il y avait des
00:09:13gens
00:09:14pour négocier parce que c'est bien de dire on négocie pas tout le monde est à l'abri et
00:09:18on reste
00:09:19les mains pures enfin je vous renvoie à la pièce de jean paul sartre les mains sales il ya des
00:09:24gens
00:09:24qui effectivement acceptent de mettre les mains dans le cambouis mais là c'est vraiment accompagné
00:09:29la politique néolibérale dont les gens n'en peuvent plus les gens ne peuvent plus de manière
00:09:33très fatiguée on les sauve en sauveur on a préservé les classes populaires et la classe moyenne de toutes
00:09:39les horreurs qui étaient contenues dans ce plfss alors on peut dire que non non vous pouvez pas dire
00:09:42toutes les horreurs il y a énormément de choses pour l'hôpital pour la santé pour les bases des
00:09:47allocations pour les familles etc vous pouvez pas voir ça comme une victoire la réalité c'est que tous
00:09:51ceux qui ont aujourd'hui qui sont bénéficiaires en réalité parce que là il faut parler de choses très
00:09:57concrètes on parle des gens qui avaient une majoration pour les enfants qui passaient l'âge
00:10:02de 14 ans et jusqu'alors 18 ans et donc c'était pour accompagner le passage dans l'âge pré
00:10:09adulte
00:10:10parce que on considère que ça coûte plus cher les gens qui en bénéficiaient continueront en
00:10:14bénéficier pour ceux qui n'en bénéficiaient pas ils vont perdre 1000 euros par an pour les
00:10:18autres mais non c'est pas vrai ça aussi il faut arrêter de dire des bêtises c'est pas vrai
00:10:22ils sont
00:10:22ceux qui en bénéficient aujourd'hui continueront en bénéficier jusqu'à la fin
00:10:26les nouveaux entrants n'en bénéficieront pas en revanche vous avez pour le même
00:10:31montant un congé parental qui a été largement élargi aux hommes et permis
00:10:37d'être mieux rémunérés là aussi il faut dire les choses telles qu'elles sont
00:10:40de manière très pratique est ce que vous allez manifester est ce que vous allez
00:10:44sur les piquets de grève dans quelques semaines contre ce budget que vous venez de
00:10:48voter sur le plfss oui il n'y a pas de piqué de grève sur le plfss
00:10:52oui mais sur le et notamment sur là sur les autres réformes qui pourraient venir
00:10:57puisque là vous avez fait un pas en avant du gouvernement est ce que vous
00:11:00allez continuer à aller en manifestation ou pas
00:11:02bien sûr non mais enfin je reste un homme de gauche je ne suis pas devenu
00:11:08macroniste et je suis dans l'opposition simplement
00:11:11mais comment comprendre l'opposition alors que vous venez de voter le plfss vous
00:11:14voyez le la dissonance que oui je vois bien la dissonance mais je vois surtout
00:11:18ce qui moi me paraît évident c'est que une opposition ça veut pas dire des gens
00:11:23qui font rien qui savent à rien ça veut pas ya des gens qui se contentent
00:11:25simplement de dire on veut rien parce que on veut rien moi je pourrais faire
00:11:29exactement l'inverse je pourrais dire mais alors dans ces cas là les insoumis ils
00:11:32sont maintenant au rn parce qu'ils ont voté avec le rn donc ils sont avec le rn
00:11:37non ils sont pas avec le rn et donc moi je ne suis pas non plus avec les
00:11:40macronistes il faut vraiment mais vous avez voté parlementaires donc on a des
00:11:44choix à faire et moi je défends l'idée que le parlement il sert à quelque chose
00:11:48et que les députés quand ils peuvent obtenir quelque chose ils sont là pour
00:11:51obtenir pas simplement là pour dire non parce qu'on peut dire non mais on dit
00:11:55non avec qui mais on dit non avec le rn et donc on est très content on dit on a
00:12:00tout fait tomber mais pour arriver à quoi à ce que le rn progresse plus vite
00:12:03moi c'est pas moi c'est pas moi c'est pas ma tazoté
00:12:05je pense que vous comprenez par exemple pour les personnes qui ont subi 10 ans
00:12:08de violences sociales macronistes que ça puisse être insupportable même un
00:12:13début de compromis avec ce gouvernement est-ce que ça vous l'entendez
00:12:16je l'entends je le comprends et je d'une façon je l'accepte aussi mais je
00:12:21défends ma position parce que ce que je dis aussi c'est que moi je préfère
00:12:25négocier avec un pouvoir qui est un pouvoir finissant crépusculaire plutôt que
00:12:30d'avoir demain la fin l'absence totale de capacité à négocier avec jordan
00:12:36bardella va vous imaginez le parti social le parti socialiste de toute
00:12:42façon à presque toujours négocier avec le capital il a peut-être parfois réussi à
00:12:46avoir des petites miettes mais mais pour même là le même le capitalisme ne
00:12:51donne même plus rien même la taxe zuckmann il était 2% c'était déjà rien ils n'en veulent
00:12:56pas
00:12:56donc pourquoi vouloir continuer à négocier avec le néolibéralisme aussi
00:13:00puissant que la macronie mais parce que vous vivez dans un monde qui est en
00:13:04fait c'est soit l'idéal soit le réel non mais c'est des combats que la
00:13:09gauche devrait porter mais c'est des combats qu'on a porté qu'on
00:13:11continuera à porter mais je vous rappelle simplement qu'on n'a pas gagné
00:13:14l'élection présidentielle et qu'on n'a pas gagné l'élection législative
00:13:17alors il faut soutenir le gouvernement actuel c'est ça mais c'est parce qu'on ne
00:13:20soutient pas on fait en sorte que le pire soit évité ça n'a pas ça s'appelle pas un
00:13:25soutien je vous renvoie à ce que je viens de dire est-ce que quand vous
00:13:27votez contre avec le rn vous êtes soutien du rn est-ce que ça ne fait pas aussi
00:13:30monter l'extrême droite justement c'est on va dire trahison comme certains
00:13:35beaucoup le nom parce que des promesses pas tenues le fait que la gauche soit
00:13:40justement un petit peu se laisse a fait des choses avec la macronie dont les
00:13:45gens n'en peuvent plus est-ce que ça ne fait pas monter l'extrême droite
00:13:48ça vous gêne jamais en fait vous vous dites pas tiens je suis pas en train d'aider
00:13:51mais qu'est ce qui fait monter l'extrême droite mais pour l'instant ce que je vois
00:13:54c'est que tout fait le monter l'extrême droite et que c'est pas aussi une
00:13:56gauche qui a renoncé mais une gauche qui ne joue pas son rôle qui ne vient pas au
00:14:00parlement pour obtenir des sujets enfin c'est une gauche qui ne sert à rien et si le
00:14:05parlementarisme ça ne marche pas quel est celui qui viendra vous voir à l'élection
00:14:08présidentielle en vous disant mais écoutez vous avez bien vu qu'il n'y a pas de
00:14:11majorité absolue pour la gauche ou pour la droite ça ne marche pas le seul qui peut vous
00:14:15garantir une majorité absolue c'est moi jordan bardella parce que le rn il a un
00:14:19socle à 40% vous direz quoi vous direz ah ben peut-être qu'il a raison dans ces
00:14:24cas là non il n'a pas raison mais ce que vous donnez donc le parlement il doit
00:14:27fonctionner quelles que soient les majorités qui sont données ou pas par
00:14:31les électrices et les électeurs c'est pas moi qui ai choisi ce parlement si
00:14:34j'ai choisi ce parlement j'aurais dit il ya une majorité de gauche point barre
00:14:37mais ce que vous donnez pas mais je respecte le vote des français du grain à
00:14:41moutre c'est ce que pensent certains de vos partenaires notamment les
00:14:43écologistes un désaccord d'analyse sur ce qui fait monter le rassemblement
00:14:45national vous considérez que c'est l'instabilité en gros qui je schématise un
00:14:50député en tout cas eux considèrent que c'est ce type de budget qui fera
00:14:54progresser l'extrême droite mais est ce qu'en acceptant de discuter avec ce
00:14:58gouvernement plutôt que dans une position d'opposition franche et presque totale
00:15:03à ce gouvernement vous donnez pas du grain à moudre à ceux qui disent que
00:15:06c'est le retour du fameux umps que le rassemblement que le fn propagé à
00:15:10l'époque vous voyez bien que nous ne sommes pas au gouvernement nous ne
00:15:14gouvernons pas avec eux nous n'avons rien demandé et nous défendons des
00:15:17positions de gauche donc en fait je vois pas très bien où est le sujet si on
00:15:23était dans une coalition si sébastien le cornu avait dit tiens olivier fort est
00:15:27ce que tu veux pas rentrer au gouvernement et que j'avais dit bah tiens pourquoi pas
00:15:29je savais pas quoi faire donc j'ai accepté une voiture avec un gyrophares là je
00:15:33comprendrais vous diriez c'est une trahison ce type est parti se vendre pour un
00:15:38plat de lentilles c'est pas ce que je fais je n'ai rien je ne suis pas vendu je
00:15:42suis
00:15:42identique à celui que j'étais la veille simplement dans l'instant parce qu'il
00:15:46n'y a pas de majorité et que ce parlement que les français ont choisi je
00:15:50suis obligé de le respecter je le respecte et je fais avec ce que je peux
00:15:54olivier fort on voulait vous vous montrer on a deux extraits à vous
00:15:58montrer sur lequel on aimerait vous faire réagir c'est que les gens quand ils voient
00:16:02manuel vaste à la télévision ils disent c'est ça le ps et ils pensent que le ps
00:16:06c'est des gens qui sont juste en attendant de trahir quelqu'un et qui
00:16:09pensent que en fait il ya toujours quelqu'un à trahir mais c'est pas vrai
00:16:12ceux qui sont restés au ps je vous le dis ils sont pas restés au ps
00:16:16ils sont restés simplement pour leur conviction peut-être même s'il vous
00:16:20appelle les uns ou les autres il vous dira que vous pourrez faire quelque
00:16:23chose sur les retraites que vous aurez un peu d'argent pour faire sur le smic
00:16:27ou que vous pourrez faire un peu quelque chose sur n'importe quoi
00:16:31la seule condition c'est que vous rapportiez le scalp du front populaire
00:16:35que vous puissiez dire qu'il n'y a plus de majorité de gauche dans ce pays et que
00:16:40désormais à nouveau ceux qui ont été battus à trois reprises dans les urnes
00:16:44sont à nouveau la majorité de ce pays et c'est à eux de gouverner voilà le
00:16:48calcul présidentiel et voilà ce que nous n'accepterons jamais parce que je
00:16:53sais que du plus profond d'eux-mêmes aucun socialiste n'acceptera jamais de
00:16:58devenir le supplétif de la macronie voilà ce que je sais parce que nous sommes
00:17:03socialistes
00:17:05est ce qu'on doit croire le olivier fort de 2022 de 2024 ou celui qu'on a
00:17:09aujourd'hui en face de nous mais c'est le même
00:17:11je est ce que jamais mais désolé qu'est ce que je dis là je dis
00:17:16simplement que nous ne serons pas c'était à l'époque la question de
00:17:20savoir si on rentrait dans un gouvernement avec si on acceptait de
00:17:23casser le fonds populaire prendre dans un gouvernement est ce que nous
00:17:26sommes rentrés dans un gouvernement est ce que je suis en train de vous
00:17:28parler en vous disant que je suis arrivé avec une voiture de fonction avec
00:17:31des policiers qui me suivait et avec la avec le salaire d'un ministre je suis
00:17:37resté député je n'ai trahi personne j'ai simplement fait en sorte de
00:17:41défendre des convictions qui sont les mêmes dans un parlement qui n'est pas
00:17:44le mieux c'est pas une question de poste olivier fort c'est ce que vous
00:17:46expliquez notamment dans le deuxième extrait c'est de dire que ce que veulent
00:17:50les macronistes et diviser la gauche pour montrer qu'aujourd'hui elle n'est pas
00:17:53en capacité de gouverner et que c'est eux qui devraient le faire en
00:17:56l'occurrence la position vous avez vu qui était de ne pas censurer
00:17:58sébastien le cornu numéro 2 du nom parce que le premier avait avait chuté de lui
00:18:03même et de négocier avec lui c'est de fait que vous devenez les
00:18:06supplétifs de cette politique puisque vous et en quoi sommes-nous les
00:18:09supplétifs on n'est pas vous leur permettez de gouverner et vous avez été
00:18:13lueur vous voulez qu'on dise que il faut une solution tout de suite
00:18:18vous voulez qu'il n'y ait pas de budget vous voulez qu'on bloque le pays
00:18:21dites le parce que ce sera plus simple mais en fait le problème dans la vie
00:18:26c'est que on choisit pas simplement de faire uniquement ce qui nous plaît
00:18:30donc on peut dire ok c'est mal il faut taper comme des sourds et ça mais là vous
00:18:35prenez la carte de la respectabilité mais c'est la respectabilité
00:18:39est-ce que c'est pas aussi justement pas aux yeux plutôt du patronat de la
00:18:43bourgeoisie etc mais est-ce que les gens justement veulent pas autre chose et
00:18:46peut-être que c'est bloqué tout le pays et peut-être que c'est pas de budget
00:18:48mais qui seront les victimes du blocage de tout le pays parce que par exemple si on
00:18:52avait décidé de faire un patron par exemple là on décide de tout bloquer on
00:18:56décide de tout bloquer oui je parle au parlement qu'est ce qui se passe en fait
00:19:02il ya une loi spéciale sur le plf et il ya des ordonnances sur la sécurité sociale et
00:19:09on repart sur le projet initial c'est le gouvernement tout seul qui agit
00:19:13c'est ça qu'on préfère le fait moi je sais pas vous permettrez son adoption ou
00:19:17pas parce que c'est la question qui va se poser mais j'ai déjà dit le plf
00:19:21pour nos vieux heures c'est le plan de le plf dans le point le projet de loi de
00:19:25finances c'est le budget de l'état voilà est-ce que ça vous allez voter ou pas
00:19:30c'est aussi des questions très clairement jamais nous ne voteront
00:19:35favorablement au budget parce que nous sommes dans l'opposition et que voter un
00:19:39budget de l'état c'est appartenir à la majorité ce qui n'est pas notre cas ça
00:19:43n'empêchera pas de chercher à négocier d'essayer d'éviter au maximum ce qui
00:19:47pend au nez de nos services publics de la transition écologique des plus jeunes
00:19:52il ya des sujets sur lesquels j'essaierai de négocier
00:19:57si d'aventure ils avançaient suffisamment une abstention est
00:20:01envisageable ça n'ira pas au delà et est-ce que éviter la dissolution c'était
00:20:05une manière aussi de sécuriser tous les postes de tous les députés qui sont
00:20:09déjà en place c'est au moins d'être sûr que vous avez ces députés là vous
00:20:14avez peur de les perdre ce cas c'est minable non c'est la question qu'on vous
00:20:18pose alors c'est déjà vu enfin je vous enfin quand même là aussi si on se dit
00:20:25les choses si vous regardez au moment où on fait ce choix là tous les
00:20:29sondages prédisent que nous allons augmenter notre nombre de députés et que
00:20:34ce sera au détriment d'autres à gauche peut-être mais que nous nous allons
00:20:39faire ce choix là et à ce moment où on va prendre un peu de la bête sur le
00:20:46autre des autres on ne l'a pas fait et je peux vous dire que dans toutes les
00:20:50familles politiques je dis bien dans toutes les familles politiques de la
00:20:53gauche il ya des gens qui sont venus me dire merci d'avoir fait le boulot pour
00:20:57nous parce que eux n'avaient pas envie de retourner donc ce n'est pas du tout
00:21:00parce qu'on cherche à éviter une élection de toute façon l'élection la
00:21:03lieu l'année prochaine gagner un an perdre un an c'est quoi la différence
00:21:07donc c'est pas du tout la question olivier fort on avait aussi envie de vous
00:21:10parler de la rénovation idéologique du parti socialiste et de la direction que
00:21:15vous preniez au dernier congrès vous avez promis une refonte donc doctrinale et un
00:21:21travail est censé aboutir d'ici quelques semaines pour vous c'est quoi être
00:21:24socialiste en ce moment dans la période c'est ce que nous avons et enfin c'est
00:21:30le simplement le retour à ce que nous avons été parfois parfois nous avons
00:21:38dérapé mais pour moi rien n'a changé depuis jaurès et bloom des choses un peu
00:21:44concrètes sur le tout simplement la défense de celles et ceux qui n'ont que
00:21:48leur force de travail pour vivre la défense de ceux qui ont besoin de la
00:21:53solidarité nationale pour continuer à survivre et la défense d'un idéal qui
00:21:59est un idéal qui prend sa sauce dans la république sociale de jaurès à laquelle
00:22:04on rajoute aujourd'hui la république écologique parce que jaurès était l'homme
00:22:09de son siècle il avait deux questions majeures à son époque la question du
00:22:14régime politique il a choisi la république plutôt que la révolution et puis
00:22:17ensuite il a choisi donc la démocratie et puis la choisi puisque la question
00:22:21sociale était une question qui était une question nouvelle en tout cas qui se
00:22:26posait de manière différente avec l'émergence du capitalisme et donc il ne
00:22:32connaissait pas l'anthropocène et à la république sociale il faut rajouter
00:22:36l'adjectif écologique parce que désormais nous savons que le capitalisme n'est pas
00:22:40seulement prédateur du travail humain il est aussi prédateur de la nature et que nos
00:22:44ressources ne sont pas infinies et donc il faut à un moment mais en tenir compte
00:22:49qui sont un peu plus gêné on ne sait plus d'un moment qui sait plus noir qui
00:23:15est forcément qu'elle soit une autre question que l'on est à l'indicat de
00:23:15l'indicat de la richesse c'est un lien dechutz et de la richesse de la
00:23:17chaleur est uneDaily c'est un con du tout de tout leur
00:23:17raison mais c'est une chose qu'une personne n'a pas envisager
00:23:18Donc, moi, je suis partisan de refaire un grand parti de toute la gauche qui comprenne les écologistes aussi.
00:23:25Ça m'irait très bien. Je n'ai pas de problème.
00:23:27Je considère qu'à l'inverse, les égoïsmes partisans, qui créent souvent des dissensions qui sont liées à la volonté
00:23:33de chacun de survivre face aux autres, posent problème.
00:23:36Donc, je n'ai aucune difficulté avec ça.
00:23:38Et je n'ai pas de problème pour me confondre avec des communistes, avec des écologistes qui, sur bien des
00:23:44points de vue, partagent ce que je dis.
00:23:46Après, il y a des différences de sensibilité. On est parfois plus ou moins.
00:23:50Les insoumis, c'est différent, c'est vrai. C'est les cousins éloignés.
00:23:54Et pourquoi, justement ?
00:23:56Ils ont un programme social-démocrate qui est même moins radical que celui du PS dans les années 80.
00:24:03Donc, pourquoi est-ce que LFI sort de cette définition que vous donnez du socialisme ?
00:24:07Parce que nous n'avons pas le même rapport, notamment sur les questions internationales.
00:24:10Moi, je ne me reconnais pas du tout.
00:24:13Pourquoi, en fait, sur une présidentielle, ce serait très compliqué d'être derrière un candidat unique de la gauche ?
00:24:19Tout simplement parce que sur les questions internationales, il y a de vrais désaccords entre Jean-Luc Mélenchon et ceux
00:24:25que je porte.
00:24:26Sur quoi exactement ?
00:24:27Son rapport à la démocratie, son rapport à la Chine, son rapport...
00:24:31Lui, il considère que Taïwan, c'est une aberration de l'histoire.
00:24:36Moi, je considère que Taïwan est une démocratie et qu'on doit la défendre face à la Chine, face au
00:24:42régime de Pékin, face à Xi Jinping.
00:24:45Je ne suis pas un fanatique de cette route de la soie qui cherche à réinstaller.
00:24:51Je ne suis pas d'accord avec la façon dont ils soutiennent aujourd'hui le régime de Vladimir Poutine.
00:24:56Je ne considère pas que...
00:24:57Ils soutiennent le régime de Vladimir Poutine.
00:24:59Aujourd'hui, vous considérez que la France insoumise...
00:25:01Les Chinois, oui.
00:25:04Mais du coup, Olivier Faure, on a l'impression, vu de l'extérieur, qu'aujourd'hui, le Parti socialiste cherche
00:25:10à redevenir le parti hégémonique à gauche,
00:25:12en basant toute sa stratégie sur l'anti-mélenchonisme.
00:25:18Et vous êtes en train, vous l'avez dit il y a quelques minutes, de dessiner une sorte d'arc
00:25:22à gauche.
00:25:23Clairement, c'est soit LFI, et du coup, les Verts, les communistes, les socialistes, que vous appelez à se mettre
00:25:29ensemble.
00:25:30Est-ce que ça, ça peut faire une vraie stratégie pour la gauche ?
00:25:32Ce n'est pas une stratégie, c'est un constat.
00:25:34En fait, Jean-Luc Mélenchon ne fait rien.
00:25:37Il aurait pu.
00:25:38Il a été à deux reprises le candidat qui était le mieux placé au premier tour, qui a fait 19
00:25:43% puis 22%.
00:25:44Il aurait pu chercher à rassembler l'ensemble de la gauche et devenir celui qui l'incarnait.
00:25:50Mais ce n'est pas ce qu'il a fait.
00:25:51Il a cherché à consolider son propre socle et à soumettre les autres forces à sa volonté.
00:25:56Mais moi, je ne fonctionne pas comme ça.
00:25:58Est-ce que je veux devenir hégémonique ?
00:26:00La réponse est non.
00:26:01Moi, je me satisfais tout à fait d'un débat permanent avec d'autres forces à gauche
00:26:05qui ne sont pas le Parti Socialiste et avec lesquelles je dois composer.
00:26:09C'est comme ça que ça se passe, parce que nous sommes arrivés avec des identités différentes,
00:26:13avec des histoires différentes, avec...
00:26:14Et puis, je suis un démocrate.
00:26:17Donc, pour moi, la démocratie, ce n'est pas simplement...
00:26:19– Mélenchon, pour vous, ce n'est pas un démocrate ?
00:26:21– Je ne sais pas, il a un mouvement qui n'est pas très démocratique, en tout cas.
00:26:25– Juste pour reprendre sur ce que défend le Parti Socialiste,
00:26:29vous avez confié le travail de rénovation et de logique à l'eurodéputée Chloé Riedel.
00:26:33Et elle répondait ceci dans une interview il y a peu de temps.
00:26:38On va l'écouter.
00:26:39– La vérité, si on veut être honnête, c'est que souvent,
00:26:43quand on demande aux gens dans la rue de nous citer la dernière proposition
00:26:47qu'ils ont dans la tête venant du Parti Socialiste,
00:26:51parfois et souvent même, ça remonte à la campagne de Bélois-Amour en 2017,
00:26:56le revenu universel ou encore la taxe sur les revenus.
00:26:59Donc, on a aujourd'hui un défi qui est de se réidentifier,
00:27:05réidentifier les propositions qui sont celles des socialistes auprès des Français.
00:27:09– Alors, du coup, quelles sont les idées typiques des socialistes depuis 2017 ?
00:27:14Quelles sont les idées des socialistes ces dernières années ?
00:27:17Les idées fortes que vous voulez porter ?
00:27:18– Mais même ces derniers jours, en fait, quand vous regardez ce que nous avons porté sur le budget,
00:27:25nous avons été ceux qui avons remis sur la table la taxe Zuckmann.
00:27:29C'est venu de notre lien c'était d'été à Blois,
00:27:32où nous avons présenté un contre-projet dans lequel il y avait une part importante du financement
00:27:37qui était réalisée par cette taxe Zuckmann.
00:27:39Nous avons proposé, au même moment, de faire en sorte que les salariés gagnent tout de suite du pouvoir d
00:27:45'achat
00:27:45en faisant des taux différenciés de CSG, pour qu'il y ait un gain immédiat pour les salariés.
00:27:50Voilà, deux idées.
00:27:51– Tout ça, ce n'est pas les grandes conquêtes sociales auxquelles aspire le Parti socialiste ?
00:27:55Clairement, ce n'est pas le projet.
00:27:57– Ce n'est pas le projet.
00:27:58Chloé Riedel est chargée dans le moment.
00:28:01Ce n'est pas moi ce soir qui vais vous annoncer tout ce qu'on va faire,
00:28:03puisque ça va être fait dans les prochaines semaines.
00:28:05– Si, on voudrait justement savoir quelles sont les grandes conquêtes sociales
00:28:09qu'on pourrait peut-être aller chercher à gauche.
00:28:12– Vous posez la question aux socialistes, la réalité, c'est que vous pouvez poser la question aux Français,
00:28:18quelle est la grande conquête sociale des communistes, des écologistes, des insoumis ?
00:28:22Ils auront beaucoup de mal à vous dire quoi que ce soit.
00:28:25Parce que la seule chose qui a fonctionné, y compris à notre corps défendant,
00:28:30pendant la campagne d'UNFP, c'était quoi ?
00:28:32– Une position concrète, de réduction de temps de travail ?
00:28:34– Mais qui l'apporte aujourd'hui ?
00:28:37En fait, la réalité, c'est que, en fait, moi je ne sais pas,
00:28:39mais il me semble que les gens ont retenu de la campagne d'UNFP,
00:28:44l'abrogation de la réforme borne, les 1 600 euros pour tous les salariés au SMIC,
00:28:48et après, peut-être chacun a choisi deux ou trois mesures
00:28:51dans ce qu'il avait compris de ce que nous disions.
00:28:53Mais la réalité, c'est que la gauche, elle ne peut pas être identifiée,
00:28:58effectivement, qu'à des taxes.
00:28:59Elle doit être aussi là pour promouvoir de grandes avancées.
00:29:02Des grandes avancées, il en faudrait dans le logement, par exemple.
00:29:05C'est une évidence que nous devrons proposer des choses fortes sur le logement.
00:29:09– Et comme quoi, par exemple ?
00:29:10– Par exemple, ce n'est pas ce soir que je vous le dirai,
00:29:12mais je vous donne quand même mon état d'esprit.
00:29:14– Quand même, on aimerait bien avoir un moment, on aurait bien voulu.
00:29:16– Oui, on a envie de parler de fonds.
00:29:17– Mais mon état d'esprit, il est le suivant, c'est que vous êtes nés riches,
00:29:21et vous avez la possibilité, en réalité, de vous loger,
00:29:24parce que vous avez quelqu'un qui vous a permis d'hériter d'un logement,
00:29:28peut-être même de deux logements,
00:29:29et vous allez même réussir à capitaliser en faisant payer un loyer
00:29:33à quelqu'un qui n'a rien reçu en héritage.
00:29:35Et donc, ce qui se passe aujourd'hui, c'est que vous avez des générations
00:29:39et des générations qui s'empilent les unes par-dessus les autres,
00:29:42et aujourd'hui, on est riche non pas de ces efforts,
00:29:44on est riche de ce que l'on a hérité.
00:29:46Eh bien, cette héritocratie a remplacé toute forme de méritocratie,
00:29:51et c'est donc l'un des sujets qui me semblent être majeurs
00:29:54pour la prochaine élection présidentielle.
00:29:55– Mais du coup, là, juste, est-ce que vous pouvez nous sortir
00:29:58une mesure forte que va porter le Parti Socialiste ?
00:30:02Là, vous dites que, j'entends bien le processus dans lequel vous êtes lancé,
00:30:06mais vous ne pouvez pas nous dire ce soir une mesure forte,
00:30:09une croquette sociale que veut réaliser le Parti Socialiste ?
00:30:13– Honnêtement, ce n'est pas que je ne veux pas dire,
00:30:16mais c'est simplement, il y a un débat qui va avoir lieu dans nos murs,
00:30:21je ne peux pas arriver là et faire comme si, tout seul,
00:30:24j'avais décidé de tout.
00:30:25Donc, je vous donne un état d'esprit,
00:30:27j'essaie de vous donner une orientation,
00:30:28je pourrais vous dire que, par exemple, sur l'héritage,
00:30:31il y a des choses qui ne vont pas aujourd'hui,
00:30:33et que, par la taxe, le pacte d'Utreil
00:30:37est une aberration.
00:30:39Quand vous avez des gens qui sont censés être à 45% d'imposition
00:30:43et qui payent en réalité 4,5%
00:30:45parce qu'ils bénéficient du pacte d'Utreil
00:30:47sur la transmission d'actifs,
00:30:49mais qu'on y introduit tout et n'importe quoi,
00:30:51y compris le jet privé, l'hôtel particulier,
00:30:55enfin, j'en passe, c'est des meilleurs.
00:30:55– Donc, vous voulez vous battre sur la question de l'héritage ?
00:30:57– La question de l'héritage, la question du logement,
00:30:59ça, c'est deux questions.
00:31:00– Un héritage universel, peut-être ce que proposait Thomas Piketty.
00:31:03– Sur les droits nouveaux, pour vous donner là aussi
00:31:06une indication de ce que l'on veut faire.
00:31:08Il y a, en fait, aujourd'hui, une question
00:31:10qui est une question qui est pendante,
00:31:12que personne n'a réglée,
00:31:14qui est la question des gens qui vont arriver
00:31:15à l'âge de la dépendance.
00:31:17Et donc, il va falloir s'occuper de gens,
00:31:20on parle parfois de silver economy,
00:31:23et bien, comment est-ce qu'on fait pour que ces gens-là
00:31:25ne soient pas victimes de prédateurs dans les EHPAD ?
00:31:28Comment est-ce qu'on fait pour qu'on ait des gens
00:31:32qui puissent être soignés correctement ?
00:31:35Comment est-ce qu'on fait pour qu'on ait
00:31:37toute une série de réformes qui permettent,
00:31:40y compris aux anciens, de vivre des jours heureux
00:31:44jusqu'à la fin ?
00:31:44– Olivier Faure, vous l'avez évoqué,
00:31:46le programme du nouveau Front populaire
00:31:47sur ce que les gens en avaient retenu.
00:31:49Il se trouve qu'il y a deux mesures qui n'ont pas été retenues,
00:31:51qui étaient au départ arrêtées dans les discussions,
00:31:53mais qui n'ont in fine pas été proposées aux Français.
00:31:58Notamment parce que le Parti socialiste s'y est opposé,
00:32:00c'est une sixième semaine de congés payés
00:32:01et la nationalisation de Sanofi.
00:32:03Pourquoi est-ce qu'à ce moment-là,
00:32:04ça ne vous paraissait pas opportun ?
00:32:06Une sixième semaine de congés payés,
00:32:07on se souvient que la cinquième, c'était François Mitterrand,
00:32:09c'est donc aussi une conquête socialiste.
00:32:12Pourquoi pas une sixième ?
00:32:13Pourquoi vous l'avez refusé ?
00:32:15Tout simplement parce que je pense qu'on n'est pas sur une île
00:32:19et que nous sommes ceux qui avons déjà fait les 35 heures,
00:32:25les cinq semaines de congés payés,
00:32:27la retraite à 62 ans.
00:32:29Et que donc, à un moment, il y a une question
00:32:31qui est liée aussi au temps travaillé dans une vie par les gens,
00:32:36par comparaison avec ce que font tous nos voisins
00:32:39et nos concurrents à l'autre bout du monde.
00:32:41et que si vous voulez que nous restions à un moment
00:32:44avec un territoire qu'on réindustrialise
00:32:46et non pas un territoire qui progressivement se dévitalise,
00:32:50forcément, vous ne pouvez pas tout faire.
00:32:52Voilà, c'est tout, c'est aussi simple que ça.
00:32:53Vous savez qu'il y a beaucoup de chômage aussi,
00:32:55qu'on pourrait peut-être répartir le travail
00:32:56et baisser le temps de travail,
00:32:57mais que du coup, il y ait plus de personnes
00:32:59qui puissent avoir accès à un salaire d'abord
00:33:01et à un travail ensuite.
00:33:02D'accord, mais enfin, j'essaie de raisonner
00:33:07comme quelqu'un qui rencontre
00:33:09toutes les semaines des industriels
00:33:11et des PME, des TPE.
00:33:13Des patrons ?
00:33:14Des patrons, bien sûr.
00:33:15Quand on dit des industriels ou des PME,
00:33:17c'est les dirigeants de ces...
00:33:19Mais pas seulement, des salariés aussi.
00:33:21En fait, je rencontre, je suis député,
00:33:23je suis dans une circonscription,
00:33:24je suis réuné secrétaire d'un parti,
00:33:26donc je vois des gens très différents toute l'année
00:33:28et je leur parle.
00:33:30Et on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac.
00:33:32Il y a des gens qui sont effectivement,
00:33:33comme Bernard Arano, qu'on cite tout le temps,
00:33:34et qui sont là au summum de...
00:33:37Enfin, qui sont dans les hauts de classement,
00:33:39y compris mondiaux.
00:33:40Et vous avez la PME du coin,
00:33:44qui est un premier, qui est chez moi.
00:33:45C'est simplement peut-être de réponser
00:33:47l'organisation du travail.
00:33:48Quand on est un parti de gauche,
00:33:49c'est quand même une question majeure
00:33:51de comment on peut organiser le travail,
00:33:52effectivement, au sein d'une entreprise,
00:33:53mais aussi dans différents secteurs.
00:33:55Et on sait bien que Bernard Arnault
00:33:57n'est pas la même chose qu'un petit patron
00:33:58et tout ça, mais il y a plein de questions
00:34:00comme ça qui pourraient aussi...
00:34:01Effectivement, la question des nationalisations,
00:34:03Mais la cinquième semaine de congés payés,
00:34:05ou la sixième semaine de congés payés,
00:34:06c'est une réforme qui est uniforme.
00:34:08Ce n'est pas simplement Bernard Arnault.
00:34:10C'est aussi, en fait, votre PME, votre TPE,
00:34:12peut-être qui est en concurrence
00:34:13avec l'autre bout du monde.
00:34:15Et donc, vous dites...
00:34:16En fait, il y a un problème de temps travaillé.
00:34:19Quand même, je le dis,
00:34:20ce que vous devez aux socialistes
00:34:22et à ceux qui les ont accompagnés,
00:34:23je pense aux partis communistes notamment,
00:34:25mais enfin, vous avez 35 heures.
00:34:28Vous avez la retraite à 62 ans
00:34:32jusqu'à ce que Bonn arrive.
00:34:35Et vous avez aussi
00:34:37cinq semaines de congés payés.
00:34:39Dites-moi, quel est le pays du monde
00:34:42où on a ça ?
00:34:43Si vous en arrivez un seul,
00:34:44non mais un seul !
00:34:45Moi, je peux vous opposer.
00:34:45Un seul, Olivier Faure,
00:34:46c'est-à-dire aussi, depuis 30 ans,
00:34:48vous avez vu la fortune
00:34:50des milliardaires exploser.
00:34:52Moi, je suis là-dessus.
00:34:53Je sais, mais laissez-moi finir.
00:34:55Ça pose une question fondamentale.
00:34:57Vous dites que vous rencontrez
00:34:57des industriels,
00:34:59des grands patrons,
00:35:00qu'il y en a justement
00:35:01qui font œuvre de blocage
00:35:03comme Bernard Arnault.
00:35:04Et il se trouve que dans l'Humanité Magazine,
00:35:05celui que je vous ai montré tout à l'heure,
00:35:06sur Où va le PS ?
00:35:07J'ai interrogé l'un de vos plus proches
00:35:10au Parti Socialiste,
00:35:11qui s'appelle Laurent Baumel.
00:35:12Laurent Baumel,
00:35:12qui incarne l'aile gauche,
00:35:13ancien frondeur sous François Hollande.
00:35:15Et il disait que l'expérience montrait
00:35:16que lorsque les socialistes gouvernent,
00:35:19ils ont du mal à résister
00:35:20à la pression des marchés financiers
00:35:21et que le PS au gouvernement
00:35:24déplace quasiment nécessairement
00:35:25mécaniquement le curseur
00:35:26vers le social-libéralisme.
00:35:28Mais est-ce que ça veut dire
00:35:28qu'aujourd'hui,
00:35:29au vu de la pression
00:35:30de ces grands patrons,
00:35:30on est obligé de céder
00:35:32aux forces de l'argent ?
00:35:33En creux, j'ai l'impression
00:35:33que c'est ce que vous nous dites là.
00:35:35Ce n'est pas du tout
00:35:35ce que je vous ai dit.
00:35:36Franchement, si c'est ce que vous
00:35:37vous avez tiré comme conclusion,
00:35:38c'est que je ne suis pas à l'exprimer.
00:35:39Ou réexpliquez-nous peut-être.
00:35:40Je vais me réexpliquer.
00:35:41Je dis simplement
00:35:42que les réformes
00:35:43qui sont uniformes
00:35:44et qui touchent
00:35:45de la même manière
00:35:47l'ATPE et la multinationale,
00:35:49c'est un problème.
00:35:51Vous ne pouvez pas faire,
00:35:52en fait,
00:35:54vivre la même chose
00:35:55à des entreprises
00:35:56qui n'ont absolument
00:35:57aucun rapport entre elles.
00:35:57Autrement, vous irez, vous,
00:35:59faire les piquets de grève
00:36:01pour aller expliquer
00:36:03aux salariés
00:36:04qu'en fait,
00:36:05ils ne sont plus...
00:36:06On a délocalisé, pardon,
00:36:07et puis là...
00:36:08Mais vous êtes en espagnol
00:36:09de Pedro Sanchez.
00:36:11Lorsqu'il augmente le SMIC
00:36:12en Espagne,
00:36:12il augmente pour toutes
00:36:13les entreprises.
00:36:14Oui, mais attendez.
00:36:16Moi, je veux bien.
00:36:16Je suis d'accord
00:36:17avec Pedro Sanchez.
00:36:18Je suis même
00:36:19son vice-président
00:36:19au sein international socialiste.
00:36:22Mais à combien il était
00:36:23le SMIC par rapport
00:36:24au SMIC français ?
00:36:25Ah, mais attendez.
00:36:26Parce que le SMIC,
00:36:27en fait,
00:36:28le SMIC,
00:36:29c'est pas...
00:36:30Lui, il peut le faire
00:36:31parce que dans une situation...
00:36:33Moi, je suis pour monter
00:36:33le SMIC, par ailleurs.
00:36:34Je suis pour le SMIC
00:36:35à 1 600 euros.
00:36:36Mais ça touchera
00:36:36toutes les entreprises.
00:36:37Ça touche toutes les entreprises,
00:36:38c'est vrai.
00:36:39Donc pourquoi ça marche
00:36:39sur le SMIC
00:36:40et pas sur les autres propositions ?
00:36:42Les autres, quoi.
00:36:43Enfin, vous voulez faire
00:36:44le SMIC à 1 600
00:36:44et puis vous voulez faire
00:36:45aussi la semaine
00:36:46que j'ai payé
00:36:47et puis c'est aussi
00:36:48un trait à 60 ans
00:36:49et puis aussi
00:36:50sur cette annuitée et demie.
00:36:51Enfin, je vois bien
00:36:51qu'en fait,
00:36:52on peut accumuler
00:36:54la rendication.
00:36:55Oui, et on cherche
00:36:56la grande proposition
00:36:58du Parti Socialiste
00:36:59qu'on n'a pas encore trouvé,
00:36:59du coup.
00:37:00Je vous ai déjà dit,
00:37:01je vous l'ai déjà dit beaucoup.
00:37:02Je vous ai parlé de l'héritage,
00:37:03je vous ai parlé du logement,
00:37:04je vous ai parlé du grand âge.
00:37:05Bon, c'est pas...
00:37:06On réquisitionne tous les logements
00:37:07et puis l'héritage,
00:37:09on l'arrête.
00:37:10Juste, Olivier,
00:37:10moi, j'avais envie
00:37:11de revenir avec vous
00:37:12parce que vous en avez parlé
00:37:13tout à l'heure.
00:37:13Lors du dernier congrès,
00:37:14vous avez dit
00:37:15que la social-démocratie
00:37:16de l'après-guerre
00:37:16n'était plus encapacité
00:37:17de répondre aux défis du présent
00:37:18et qu'il fallait passer
00:37:20à la social-écologie.
00:37:22Qu'est-ce que ça veut dire,
00:37:23ça, concrètement,
00:37:24la social-écologie
00:37:25que vous préparez ?
00:37:26Quelle est la réflexion derrière ?
00:37:28La réflexion,
00:37:29c'est que nous vivons
00:37:30dans un monde
00:37:30qui est un monde fini
00:37:32et qu'on sait bien
00:37:33que chaque année,
00:37:36le mois, le jour,
00:37:38à partir duquel
00:37:39la planète a donné
00:37:41plus qu'elle ne pouvait
00:37:42se régénérer,
00:37:44se rapproche dangereusement
00:37:45du mois de janvier.
00:37:47Et donc,
00:37:48nous avons besoin,
00:37:50forcément,
00:37:51de penser autrement
00:37:52et que l'écologie
00:37:54est une autre façon
00:37:55d'interroger le capitalisme
00:37:56parce que ce sont là
00:37:57des forces prédatrices
00:37:58qui sont prédatrices
00:38:00du travail humain
00:38:00mais aussi de la nature.
00:38:02Et donc,
00:38:02ces combats-là
00:38:03se confondent.
00:38:04Qui sont les gens
00:38:05qui sont les victimes
00:38:06en fait aujourd'hui
00:38:07de la malbouffe ?
00:38:08Qui sont les gens
00:38:09qui vivent près des périphériques ?
00:38:11Quelles sont les régions
00:38:12qui sont les plus touchées
00:38:13par le réchauffement climatique ?
00:38:14Quels sont les échanges inégaux
00:38:17qui vont se réaliser
00:38:18du fait du réchauffement climatique ?
00:38:20Tout ça indique
00:38:21la même direction.
00:38:22Ce sont les mêmes victimes
00:38:23à la fois sur le plan du travail
00:38:25et sur le plan du climat.
00:38:28Et donc,
00:38:29nous avons là
00:38:29une identité commune
00:38:34des adversaires communs
00:38:35et des gens à protéger
00:38:36communs aussi.
00:38:37Et donc,
00:38:38il y a pour moi
00:38:39une forme d'évidence
00:38:40au fait que
00:38:41l'écologie et le social
00:38:42sont indissociables
00:38:43et que désormais,
00:38:44ces combats-là
00:38:45doivent être complètement liés.
00:38:46Mais du coup,
00:38:46est-ce que cette sociale-écologie,
00:38:48elle vous paraît possible
00:38:49dans un parti
00:38:49où des cadres
00:38:50comme Carole Delga,
00:38:51par exemple,
00:38:51continuent de défendre
00:38:52des projets
00:38:52comme la 69 ?
00:38:54Moi,
00:38:55j'ai dit que j'étais contre.
00:38:57Mais je suis dans un parti démocratique.
00:38:58Pardon,
00:38:59mais enfin,
00:39:00je ne...
00:39:00Mais est-ce qu'il n'y a pas
00:39:00toute une aile droite
00:39:01de votre parti
00:39:02qui, de toute façon,
00:39:02ne va pas permettre
00:39:04de mettre en place
00:39:04une sociale-écologie
00:39:05comme vous le disiez ?
00:39:07Vous pensez qu'il y a
00:39:08l'adhésion de l'ensemble du parti
00:39:09qui pousse dans le même sens
00:39:10que vous ?
00:39:11Je pense qu'il y a une majorité
00:39:12qui pense comme moi.
00:39:14Autrement,
00:39:14je ne serai pas
00:39:14premier secrétaire
00:39:15depuis 8 ans.
00:39:16Et de la même façon
00:39:18qu'il y a ces projets-là
00:39:19qui ont été des projets...
00:39:21Enfin,
00:39:21ce projet-là
00:39:21qui malheureusement
00:39:22se prolonge
00:39:23contre l'avis
00:39:24de tous les experts
00:39:24pour gagner un quart d'heure
00:39:25par une autoroute
00:39:26qui, de mon point de vue,
00:39:28n'a absolument aucun sens
00:39:30à l'heure où nous vivons.
00:39:32Mais je vois aussi
00:39:33qu'on a abandonné...
00:39:34Alors,
00:39:35parfois sous la pression,
00:39:36et d'ailleurs,
00:39:36ça, c'est plutôt
00:39:37à mettre au crédit
00:39:38d'Emmanuel Macron,
00:39:39mais on a abandonné
00:39:40Notre-Dame-des-Landes.
00:39:41On a abandonné
00:39:42le projet
00:39:43dans le triangle de Gonesse.
00:39:44Près d'intenses luttes.
00:39:46Oui, bien sûr.
00:39:47Non, mais je ne dis pas
00:39:49le contraire.
00:39:49Je dis que c'est toujours
00:39:50le problème,
00:39:51c'est que tout le monde
00:39:52veut faire de l'écologie
00:39:53chez le voisin.
00:39:54Et que quand on a besoin
00:39:56de faire un contournement
00:39:58routier,
00:39:59quand on a besoin
00:39:59de faire une autoroute,
00:40:00etc.,
00:40:00quand on veut creuser
00:40:01un tunnel,
00:40:02on pense toujours
00:40:03qu'on a raison de le faire,
00:40:04mais que c'est l'autre
00:40:04qui doit s'arrêter.
00:40:06Évidemment,
00:40:06à un moment,
00:40:07c'est compliqué,
00:40:08mais c'est une exigence
00:40:09que nous devons poser
00:40:09à nous-mêmes.
00:40:10De la même façon
00:40:11que sur le social,
00:40:11c'est une exigence
00:40:12qu'on s'oppose aussi.
00:40:13C'est plus facile
00:40:14de ne rien faire.
00:40:15Est-ce que vous diriez
00:40:15aujourd'hui,
00:40:16parce que certains écologistes
00:40:17continuent de dire
00:40:17que la gauche traditionnelle
00:40:20n'a pas fait sa révolution
00:40:21anti-productiviste,
00:40:22notamment le Parti socialiste,
00:40:23qu'est-ce que vous,
00:40:24vous diriez aujourd'hui
00:40:24que le Parti socialiste
00:40:25a abandonné le productivisme ?
00:40:28Je crois que,
00:40:29je ne sais pas
00:40:29si tout le monde
00:40:30a abandonné
00:40:30toute forme de productivisme,
00:40:33mais je pense que
00:40:34pour l'essentiel,
00:40:35les militants sont convaincus
00:40:36effectivement
00:40:37que nous ne pouvons pas
00:40:38continuer.
00:40:40Mais le productivisme,
00:40:41pardon,
00:40:41c'est quelque chose
00:40:42qui a été commun
00:40:43à toute la gauche
00:40:44pendant des décennies.
00:40:46Pourquoi ?
00:40:46Parce que nous étions là
00:40:48à dire qu'il fallait
00:40:49d'abord créer
00:40:50une richesse
00:40:51et ensuite le débat
00:40:52avec la droite,
00:40:54c'était un débat
00:40:54sur comment se répartissent
00:40:58les fruits de la croissance.
00:40:59Aujourd'hui,
00:41:00notre problème,
00:41:01c'est que nous avons besoin
00:41:02d'une croissance
00:41:03qui ne soit pas destructrice
00:41:05et donc il faut la repenser,
00:41:07elle doit être bien sûr
00:41:08plus verte.
00:41:09Vous parlez de croissance verte ?
00:41:10C'est dangereux,
00:41:11c'est des éléments de langage
00:41:12justement du néolibéralisme,
00:41:15cette idée de croissance verte.
00:41:16Ne vous raccrochez pas
00:41:17à des mots.
00:41:17Je dis simplement
00:41:18qu'aujourd'hui,
00:41:19bien sûr qu'il faut
00:41:20une croissance décarbonée
00:41:21si vous ne voulez pas dire
00:41:22croissance verte.
00:41:23Les mots en temps,
00:41:24ça représente aussi
00:41:24beaucoup de choses
00:41:25dans l'imaginaire des gens.
00:41:26Oui,
00:41:27ce que je dis simplement,
00:41:29c'est que plutôt que
00:41:30s'accrocher à des slogans,
00:41:31il faut s'accrocher
00:41:32à des réalités
00:41:32et se poser des questions
00:41:33qui sont des questions simples.
00:41:35C'est comment est-ce qu'on fait
00:41:35pour aller le plus vite possible
00:41:37vers une économie décarbonée
00:41:39parce que,
00:41:41en fait,
00:41:42là,
00:41:42on n'est plus à 2 degrés,
00:41:43on est parti pour 4 degrés
00:41:44à la fin du siècle.
00:41:44Et c'est pour ça,
00:41:45économie n'est pas le même mot
00:41:46que croissance,
00:41:46c'est aussi une question.
00:41:48Mais justement,
00:41:49dans Libération,
00:41:49vous dites que votre conviction
00:41:51est qu'un jour,
00:41:51donc socialistes et écologistes
00:41:52devront se fondre
00:41:53dans une même formation politique.
00:41:54On a quelque chose
00:41:55à vous montrer
00:41:56avec deux anciennes invitées
00:41:57de Saïra.
00:41:58Le capitaliste,
00:41:59on n'est pas un système stable.
00:42:00On a quand même fait un pas
00:42:01dans l'écologie
00:42:02qui est qu'on ne s'imagine plus
00:42:04tellement la possibilité
00:42:05d'une croissance verte.
00:42:06Il faut la fin du capitalisme.
00:42:08Si vous voulez.
00:42:09Il faudra m'expliquer
00:42:10ce qu'on fait là-dedans.
00:42:11Non, c'est vous qui...
00:42:14Vous êtes plutôt
00:42:16Tondelier ou Rousseau,
00:42:17Olivier Faure ?
00:42:19Je n'ai pas à moi de choisir,
00:42:20mais enfin...
00:42:21Si vous voulez,
00:42:22dans le même parti.
00:42:23C'est surtout par rapport
00:42:25au capitalisme.
00:42:25Moi, je suis pour que
00:42:26tout le monde soit là.
00:42:27Après,
00:42:27on a des sensibilités différentes.
00:42:30Comprenez que je ne suis pas
00:42:32adepte du caporalisme
00:42:33et que moi,
00:42:34je souhaite
00:42:35qu'il y ait des sensibilités
00:42:35différentes.
00:42:36Et dans une approche
00:42:37parfois dialectique,
00:42:38on avance parce qu'on arrive
00:42:39à se comprendre.
00:42:41Il y a un débat aujourd'hui,
00:42:42par exemple,
00:42:43sur l'énergie.
00:42:44Il oppose de manière
00:42:45assez caricaturale
00:42:46le parti communiste
00:42:47aux écologistes.
00:42:49Est-ce qu'il faut supprimer
00:42:50les communistes
00:42:50ou supprimer les écologistes ?
00:42:51Moi, je pense qu'il faut
00:42:52supprimer ni les uns
00:42:53ni les autres.
00:42:53Et que de toute façon,
00:42:54nous avons besoin,
00:42:55dans un premier temps,
00:42:56à l'évidence de passer
00:42:58par l'énergie nucléaire
00:43:00parce que nous avons
00:43:01une course contre la montre
00:43:02qui est engagée
00:43:03et que nous ne savons pas
00:43:04la gagner autrement
00:43:05que par une énergie
00:43:07de transition
00:43:07qui est le nucléaire.
00:43:09Donc, ça peut énerver,
00:43:10ça peut froisser.
00:43:11Peut-être qu'il y a des gens
00:43:11qui ne sont pas d'accord
00:43:11avec moi,
00:43:12ils m'expliqueront
00:43:13comment ils le font.
00:43:14Moi, je ne suis pas gourou.
00:43:16Donc, en fait,
00:43:17j'accepte y compris
00:43:18qu'on me contredise.
00:43:19J'accepte y compris
00:43:20qu'on fasse la démonstration
00:43:21qu'on peut faire autrement.
00:43:22Si on me montre
00:43:23qu'on peut faire autrement,
00:43:24j'y suis prêt.
00:43:25C'était surtout par rapport
00:43:26à la sortie du capitalisme,
00:43:27évidemment,
00:43:27sur lequel s'opposent
00:43:29Marine Tondelier
00:43:30et puis Sandrine Rousseau.
00:43:31Vous, vous êtes plus...
00:43:32Vous pensez
00:43:33qu'il faut sortir du capitalisme ?
00:43:35Là aussi,
00:43:36qu'on me dise
00:43:36quel est le chemin.
00:43:37En fait...
00:43:38Vous êtes socialiste, non ?
00:43:39C'est un projet politique.
00:43:41C'est un projet politique.
00:43:42Il s'oppose au capitalisme ?
00:43:43Il s'oppose au capitalisme
00:43:44dans sa forme la plus brutale.
00:43:47Mais la réalité,
00:43:48c'est que je ne suis pas...
00:43:49Je ne suis pas non plus soviétique,
00:43:50s'il faut se dire les choses.
00:43:51Il n'y a pas d'entre-deux ?
00:43:55Moi, je veux bien
00:43:56qu'on dise
00:43:56qu'on sort du capitalisme.
00:43:57Mais ça, c'est des mots,
00:43:58encore une fois.
00:43:59Le modèle coopératif
00:44:00qu'on l'entend défend.
00:44:00Il continue de défendre
00:44:01les socialistes, par exemple.
00:44:02Mais je défends
00:44:02le modèle coopératif,
00:44:03je défends le modèle mutualiste.
00:44:05Est-ce qu'il est nature,
00:44:06aujourd'hui,
00:44:06à remplacer complètement
00:44:08le reste, par exemple,
00:44:09du monde industriel ?
00:44:11Si vous me faites la démonstration
00:44:12que c'est possible demain
00:44:14d'accord ?
00:44:15Très concrètement,
00:44:16ArcelorMittal, par exemple.
00:44:16Il y a une question
00:44:17qui se pose
00:44:18sur le capitalisme mondialisé
00:44:20qui fait qu'Arcelor,
00:44:21aujourd'hui,
00:44:21va délocaliser en Pologne
00:44:22puis au Brésil,
00:44:24à priori à terme,
00:44:25ses fondries.
00:44:26C'est-à-dire qu'elle pose
00:44:26une question de souveraineté française
00:44:27sur l'acier,
00:44:29notamment l'acier vert.
00:44:30La question se pose
00:44:31de nationaliser ArcelorMittal.
00:44:34J'ai voté
00:44:35la proposition de loi
00:44:36des Insoumis.
00:44:36Est-ce que vous iriez
00:44:37plus loin ?
00:44:38Il y a la question
00:44:39de l'étatisation
00:44:39de tout un tas
00:44:40de champs de l'économie.
00:44:42François Mitterrand,
00:44:43en 1981,
00:44:44je ne veux pas vous faire
00:44:45le Léus,
00:44:45vous le connaissez mieux que moi,
00:44:46c'est les nationalisations
00:44:47de Thomson,
00:44:48des banques,
00:44:48de GDF Suez,
00:44:49de Saint-Gobain,
00:44:50etc.
00:44:50Est-ce qu'aujourd'hui,
00:44:51le Parti socialiste
00:44:52plaide pour abaisser
00:44:53l'emprise du capital
00:44:54via des nationalisations ?
00:45:01Dans un monde idéal,
00:45:02on peut se poser la question,
00:45:04mais en fait,
00:45:04là, vous faites comment ?
00:45:06Moi, je veux bien
00:45:06qu'on dise
00:45:07qu'on va nationaliser,
00:45:08je ne sais pas,
00:45:12je ne sais pas
00:45:12ce que vous voulez,
00:45:13en fait.
00:45:13Des banques,
00:45:14par exemple.
00:45:15Des banques,
00:45:15si vous voulez,
00:45:16d'accord.
00:45:16Est-ce qu'on en a
00:45:19les moyens ?
00:45:20Moi, je veux bien
00:45:21qu'on fasse des programmes
00:45:22où on se dise
00:45:23qu'on va s'y avoir plaisir,
00:45:25qu'on va dire
00:45:25qu'on va faire en sorte
00:45:27que demain,
00:45:28tout soit parfait,
00:45:30idéal,
00:45:31et que le monde
00:45:32soit plus beau.
00:45:33C'est une question d'utopie aussi.
00:45:34C'est important
00:45:34d'avoir des objectifs.
00:45:36Oui, des objectifs,
00:45:36c'est bien,
00:45:37mais attention aussi,
00:45:39ce qui a rendu
00:45:40parfois les gens
00:45:43à juste raison
00:45:44ou pas,
00:45:45j'en sais rien,
00:45:45mais enfin,
00:45:46très en colère,
00:45:48c'est d'avoir
00:45:49des gens
00:45:49qui leur promettaient
00:45:50des utopies
00:45:51et puis,
00:45:52une fois confrontés
00:45:53au réel,
00:45:54se retrouver aussi
00:45:55face à des murs
00:45:56qui n'ont pas réussi
00:45:56à déplacer.
00:45:58Mais avant le tournant
00:45:58de la rigueur,
00:46:00il y a eu des grandes décisions.
00:46:01François Mitterrand,
00:46:02en 80,
00:46:03il y a eu réduction
00:46:03du temps de travail,
00:46:04augmentation du salaire,
00:46:05nationalisation des banques.
00:46:07Ce n'est pas forcément
00:46:07des utopies.
00:46:08Oui, mais enfin...
00:46:09Il y a peut-être d'autres choix
00:46:10que le tournant de la rigueur.
00:46:11Après,
00:46:11ça, c'est encore
00:46:12une autre discussion.
00:46:13Dans le sens où
00:46:13le Parti Socialiste
00:46:15a pu proposer
00:46:16des grandes conquêtes.
00:46:17Mais là aussi,
00:46:18vous proposiez quoi ?
00:46:19Parce qu'en fait,
00:46:20moi, je veux bien
00:46:20qu'on fasse toujours
00:46:21comme si on était
00:46:21sur une île
00:46:22et qu'il n'y avait pas
00:46:23de concurrence
00:46:27européenne, mondiale.
00:46:28Ce n'est pas
00:46:28qu'on doit se plier,
00:46:29c'est qu'on doit faire
00:46:30avec aussi un monde
00:46:31dans lequel on habite
00:46:32et qu'on n'est pas tout seul.
00:46:33Et que donc,
00:46:34moi, je veux bien
00:46:35qu'on raconte des histoires
00:46:37pour se faire plaisir
00:46:38entre nous.
00:46:39Et je suis prêt
00:46:39à les partager avec vous
00:46:40dans un monde idéal.
00:46:42Tout ce que vous me dites là,
00:46:42je suis prêt à envisager.
00:46:42Mais là, on est dans un monde
00:46:43mortifère quand même.
00:46:44C'est normal que les gens
00:46:45veuillent se battre
00:46:46contre les personnes de gauche.
00:46:47Elles ne veulent plus
00:46:48de ce monde
00:46:48qui est déjà détruit énormément.
00:46:51On est dans un monde
00:46:52qui est un monde
00:46:52de prédateurs.
00:46:54Il faut limiter
00:46:55et même arriver
00:46:56à annuler
00:46:57ces prédations.
00:46:58Mais est-ce qu'on est
00:46:59dans un monde
00:47:00mortifère ?
00:47:01Je n'irai pas jusque-là.
00:47:03Un monde de prédateurs,
00:47:04c'est quand même
00:47:05une vision aussi particulière
00:47:07de l'humanité.
00:47:08Il y a des prédateurs.
00:47:09Mais je ne dirais pas
00:47:10que nous vivons
00:47:11dans un monde
00:47:12qui est un monde mortifère.
00:47:14On est dans l'un des pays
00:47:16où il fait le mieux vivre au monde.
00:47:18On a cette chance
00:47:19de vivre...
00:47:19On parle du monde quand même.
00:47:20Il y a quand même
00:47:21une guerre des génocides.
00:47:24Je sais bien
00:47:25que les Français
00:47:25ont le moral
00:47:27des Pakistanais
00:47:28ou des Afghans
00:47:31quand on regarde
00:47:31les sondages
00:47:32sur la vision
00:47:34qu'ils ont
00:47:34de leur propre pays.
00:47:35Mais ce que je dis
00:47:36c'est que bien sûr
00:47:38qu'il faut se battre
00:47:38et je serai le premier
00:47:40avec vous
00:47:40à me battre
00:47:41pour qu'on puisse lutter
00:47:42contre celles et ceux
00:47:43qui méprisent
00:47:44le travail humain,
00:47:45qui méprisent la nature,
00:47:46qui méprisent
00:47:47ce que nous avons
00:47:48construit ensemble
00:47:49qui a permis
00:47:49de faire cet état-providence.
00:47:51Mais je ne veux pas non plus
00:47:52qu'on puisse dire
00:47:53que la France
00:47:54en fait c'est le Bangladesh
00:47:55parce que ce n'est pas vrai non plus.
00:47:57Il faut quand même
00:47:57qu'on fasse attention
00:47:59à ne pas se mettre
00:48:00dans une situation...
00:48:01Ce n'est pas du tout
00:48:01ce que je suis en train de dire.
00:48:02Si, quand vous dites
00:48:03c'est mortifère,
00:48:04ce n'est pas mortifère.
00:48:04Mais je parle du monde.
00:48:05Olivier Faure,
00:48:06vous voyez comme nous
00:48:07la pente sur laquelle
00:48:08aujourd'hui on s'engage,
00:48:10les inégalités
00:48:11qui explosent
00:48:12et vous l'avez dit,
00:48:13c'était la raison d'être
00:48:14de la social-démocratie
00:48:16d'après-guerre
00:48:17qui était de redistribuer
00:48:18les fruits de la croissance
00:48:20donc de négocier
00:48:21avec le capital
00:48:22qui était prêt
00:48:23à redonner une partie
00:48:25des gains
00:48:27de la croissance
00:48:28pour limiter
00:48:30l'explosion des inégalités.
00:48:31Aujourd'hui,
00:48:31ce capital ne veut
00:48:32plus rien lâcher.
00:48:33C'est-à-dire que
00:48:34si on continue
00:48:35de suivre cette pente,
00:48:36c'est-à-dire qu'on aura
00:48:36de moins en moins de moyens
00:48:37parce que l'emprise
00:48:38des plus riches
00:48:39prendra de plus en plus de place.
00:48:41Et donc là,
00:48:42vous proposez quoi ?
00:48:43D'accompagner la pente ?
00:48:44Non, je propose comme vous.
00:48:46Là, je viens de vous dire
00:48:47tout à l'heure
00:48:47que nous avions remis
00:48:48sur la scène
00:48:50la taxe Zuckman.
00:48:51Précisément parce que
00:48:52nous considérons...
00:48:53Mais c'est le minimum syndical.
00:48:54C'est ce que disait
00:48:56Zuckman lui-même
00:48:56le dit,
00:48:57c'est le minimum syndical.
00:48:58Oui, mais enfin,
00:48:58déjà le minimum,
00:48:59ce serait pas mal.
00:49:00Parce que pour l'instant,
00:49:00on en est loin.
00:49:01Et la crise de la dette
00:49:02que nous connaissons aujourd'hui,
00:49:03c'est d'abord
00:49:04une crise des recettes.
00:49:05C'est parce que
00:49:06il y a des cadeaux fiscaux
00:49:07qui ont été multipliés
00:49:08depuis presque 9 ans maintenant
00:49:11que nous sommes dans une situation
00:49:12où la dette s'est creusée
00:49:14d'année en année.
00:49:15Donc de l'argent,
00:49:15il y en a.
00:49:15Et de l'argent,
00:49:17il y en a bien sûr.
00:49:18Et le rapport de Fabien Guay
00:49:19au Sénat
00:49:20sur les 211 milliards
00:49:22qui sont attribués
00:49:22chacune aux entreprises
00:49:23sous forme de subvention
00:49:24ou sous forme de prêt
00:49:27ou sous forme d'exonération,
00:49:30eh bien,
00:49:31c'est un sujet
00:49:32et que ça ne pourra pas
00:49:33étonnellement durer
00:49:35parce qu'à un moment,
00:49:36il faut sauver
00:49:37un modèle social
00:49:38que nous avons construit ensemble
00:49:39et que je défends
00:49:41parce que c'est le modèle
00:49:41aussi qui permet de vivre
00:49:43comme nous vivons aussi ici.
00:49:45Merci Olivier Faure
00:49:46pour cette dernière réponse.
00:49:48Pas totalement.
00:49:49Pas totalement.
00:49:51Ah non, non, évidemment.
00:49:52Ne partez pas, ne partez pas.
00:49:52Non, non, vous ne partez pas.
00:49:54Non, je ne part pas.
00:49:54C'est uniquement dans la séquence.
00:49:57C'est parce que ça va être l'heure
00:49:58d'accueillir le pire journaliste
00:49:59de la rédaction.
00:50:08C'est donc l'heure de la carte de presque.
00:50:10Qu'est-ce que c'est que ça,
00:50:11les sales connes ?
00:50:12Mes sales connes, pardon, messieurs.
00:50:16Moi, ça ne va pas trop.
00:50:17Je ne sais pas si vous voyez,
00:50:18je me suis fait un petit
00:50:19torticolis dimanche.
00:50:20J'ai fait des roulades arrière.
00:50:22Je suis très sensible
00:50:22au Tépa Cap.
00:50:23Bien fait,
00:50:24tu n'avais qu'à pas nous traiter
00:50:25de se blesser comme ça.
00:50:26Dans quel contexte tu fais des...
00:50:28Je ne sais pas si je veux savoir.
00:50:29Franchement, il n'y a pas vraiment
00:50:30de contexte.
00:50:31C'est juste, on m'a dit
00:50:31que tu n'es pas Cap
00:50:32pour prouver que je suis capable.
00:50:34Je l'ai fait.
00:50:36C'est con un mec quand même.
00:50:37C'est exactement ce que
00:50:38j'étais en train de me dire.
00:50:39C'est vrai, c'est un peu
00:50:39mon côté homme 6.
00:50:41Bref, il n'y a qu'un petit
00:50:42point positif dans l'histoire.
00:50:43C'est que je n'arrive plus
00:50:44à tourner la tête à droite.
00:50:45L'inverse du PS
00:50:46qui n'arrive plus à tourner
00:50:47la tête à gauche.
00:50:50Allez, commençons.
00:50:52Blague situationnelle.
00:50:54Sinon, l'actualité
00:50:54a été chargée ces derniers temps
00:50:55mais je voulais quand même
00:50:56revenir sur la séquence
00:50:58du sénateur communiste
00:50:59Ouzoulias
00:50:59atteint du syndrome de Gilbert.
00:51:01Pas le mec du Taxi 4,
00:51:02la vraie maladie.
00:51:03Qui a vomi
00:51:04à la tribune du Sénat.
00:51:06Pour ceux qui se demandent
00:51:07non, je ne suis pas hémétophile.
00:51:08J'ai appris ce que ça voulait dire.
00:51:09L'hémétophilie,
00:51:10c'est quand tu es un fan
00:51:11ardu de vomi.
00:51:12Ce n'est pas mon cas.
00:51:13À la différence de...
00:51:14Frontière.
00:51:15Eh oui, parce que c'est eux
00:51:16qui ont rendu la vidéo publique.
00:51:18Frontière, oui, vous savez,
00:51:19le Mediapart de droite
00:51:23sur deux pieds
00:51:23sans carte de presse
00:51:24et Jordan Florentin
00:51:26dans celui d'Adolf Hitler.
00:51:28Ah, ça dénonce, ça dénonce.
00:51:29Pardon, ça c'est juste
00:51:30son nom sur son pass sanitaire.
00:51:32Sur leur site,
00:51:33on peut quand même lire.
00:51:34On peut quand même lire.
00:51:35Attention les amis.
00:51:36Le média d'enquête,
00:51:37de reportage,
00:51:38de documentaire.
00:51:39Dans le Réalité Alternative,
00:51:41Harry Habitant,
00:51:41c'est Simone Veil
00:51:42et Brigitte Macron,
00:51:43c'est Gisèle Halimi.
00:51:45Non mais sérieusement,
00:51:46où est-ce qu'il trouve
00:51:47toute cette énergie ?
00:51:50Pour la vidéo d'Ouzoulias,
00:51:51il faut quand même savoir
00:51:52une petite chose
00:51:53et non des moindres.
00:51:54Toutes les rédactions
00:51:55l'avaient depuis le matin.
00:51:57Même moi, je l'ai vu à 8h.
00:51:58Je l'ai montré à tout le monde.
00:51:59Bref, moi, je ne l'ai pas publié
00:52:00sur les réseaux
00:52:00et c'est eux les seuls
00:52:02qui l'ont publié en premier.
00:52:03Frontière, définitivement premier
00:52:04sur le vomi.
00:52:07Puis en vrai,
00:52:08se moquer d'un mec
00:52:09qui a une maladie.
00:52:10En fait, Frontière,
00:52:11c'est un peu le bully du collège
00:52:12avec la casquette,
00:52:14avec une casquette Waffen SS.
00:52:16Et moi, pendant ce temps-là,
00:52:17je m'autocensure
00:52:18parce que, désolé,
00:52:18mais ça fait trois semaines
00:52:20que j'ai la référence exacte
00:52:21de la moumoute
00:52:22à Jordan Florentin
00:52:23et je ne vous la donne pas.
00:52:25Aujourd'hui, j'ai décidé
00:52:26que j'allais la donner
00:52:26à tout le monde.
00:52:29Ah non, pardon.
00:52:30Pardon, ça, c'était le avant.
00:52:32La référence, c'est
00:52:33NJ Création, modèle Patrick,
00:52:351300 euros.
00:52:361300 euros ?
00:52:37C'est vraiment Jordan Florentin, là ?
00:52:39Oui, oui.
00:52:40Bon, vu que tu veux la revoir.
00:52:42Ça me fait plaisir.
00:52:43C'est vraiment lui.
00:52:43Je le croise assez à l'Assemblée,
00:52:44mais je ne le reconnais pas, là.
00:52:45C'est lui.
00:52:46Comme quoi,
00:52:47tous les gens de droite
00:52:47ont un front national.
00:52:48C'est quand même assez colossal.
00:52:52Bref, avec cette histoire,
00:52:53ils ont quand même réussi
00:52:53un exploit,
00:52:54et non des moindres.
00:52:55Se foutent tout le monde à dos.
00:52:57On n'avait pas vu ça depuis...
00:52:58Ben, depuis le pièce.
00:53:02Sinon, rien à voir,
00:53:03mais je ne vous l'ai jamais dit,
00:53:04je suis pote avec Squeezie.
00:53:06Oui, c'est important
00:53:07d'avoir des macronistes
00:53:08dans son cercle d'amis.
00:53:10Et il m'a envoyé
00:53:11le prochain numéro
00:53:12de Qui est l'imposteur ?
00:53:14Que je vous propose
00:53:15de regarder en avant-première.
00:53:16Magneto Mike.
00:53:17Je ne l'ai pas vu.
00:53:19Bonjour.
00:53:20Oh là, lui, c'est sûr,
00:53:21c'est l'imposteur.
00:53:22C'est sûr, il n'est pas de gauche.
00:53:23Comment tu t'appelles ?
00:53:23Olivier.
00:53:24J'ai déjà envie
00:53:24de voter contre toi.
00:53:26Je déteste.
00:53:28Bon, OK, on va démarrer tout simple.
00:53:29Il est à combien
00:53:29le SMIC en France aujourd'hui ?
00:53:31Euh, 3600...
00:53:33Les gars,
00:53:33il est en train de dire
00:53:34n'importe quoi, non ?
00:53:35C'est moins ?
00:53:35En vrai, le net,
00:53:36c'est 1828.
00:53:36Allez, Olivier,
00:53:37ça fait quoi un mec de gauche
00:53:38le matin ?
00:53:38Euh, bah déjà,
00:53:39moi, le matin,
00:53:39je prends une petite douche.
00:53:41Après, je lis l'IB
00:53:42et je commande un taxi.
00:53:43Attends, attends, attends.
00:53:44Manu, l'IB, c'est de gauche ?
00:53:45Bah, bof, hein.
00:53:45Ils veulent vraiment
00:53:46pas t'aider.
00:53:47Olivier, réfléchis bien, réfléchis bien.
00:53:48C'est quoi ta couleur préférée ?
00:53:50Le bleu.
00:53:51C'est sûr, c'est lui.
00:53:51Moi, c'est le rouge.
00:53:52Bon, les mecs,
00:53:52même si on sait tous
00:53:53que c'est lui,
00:53:54on va quand même
00:53:54passer à l'activité.
00:54:05Tu t'es trompé.
00:54:06C'est le pire
00:54:07qui est l'imposteur
00:54:08de l'histoire.
00:54:11La ref, Olivier ?
00:54:13J'ai la ref
00:54:14de l'imposteur ?
00:54:15Ouais.
00:54:16Non, de qui est l'imposteur
00:54:17dans la vie de le Squeezie.
00:54:18C'est un format
00:54:19qui fait régulièrement.
00:54:20Ouais, enfin,
00:54:20mes enfants regardent Squeezie,
00:54:22mais moi, moins.
00:54:23Et donc,
00:54:24j'ai dû voir une fois.
00:54:27Effectivement,
00:54:27ils sont plusieurs
00:54:27dans la pièce.
00:54:28Ouais, exactement.
00:54:29Exactement.
00:54:30Bon,
00:54:31dernière étape
00:54:31de ma chronique.
00:54:32J'espère qu'elle va pas
00:54:33durer longtemps
00:54:34parce que j'ai très mal au cou.
00:54:35En vrai,
00:54:35je suis sous codéine.
00:54:37C'est un supplice absolu.
00:54:38C'est vraiment un effort
00:54:39que je fais.
00:54:40Pour être très honnête,
00:54:42j'étais en arrêt maladie
00:54:43lundi-mardi
00:54:44et je viens uniquement
00:54:45parce que j'étais très content
00:54:46de faire ça face à toi, Olivier.
00:54:47Adresse-toi au syndicat
00:54:48quand même de l'entreprise.
00:54:49Je me remettrai
00:54:50en arrêt demain.
00:54:53C'est pas une blague.
00:54:54Alors,
00:54:55le jeu,
00:54:55ça ira,
00:54:56ça ira pas.
00:54:56Est-ce que tu connais ?
00:54:57Je te montre des photos.
00:54:58En gros,
00:54:59c'est assez simple.
00:55:00Même Philippe Brun a réussi.
00:55:02C'est dire.
00:55:04Tu t'es pas trompé ?
00:55:04Tu l'as appelé Philippe cette fois ?
00:55:05J'avais peur.
00:55:08Bon, bref.
00:55:08Ça fait six mois
00:55:09qu'il l'appelle Gilles Brun.
00:55:09Ça ira, ça ira pas.
00:55:11Je te montre des photos.
00:55:11Tu me dis ça ira
00:55:12si ça va.
00:55:13Et si ça va pas,
00:55:14tu me dis ça ira pas
00:55:14et tu me fais
00:55:15une ou deux phrases
00:55:16d'explication.
00:55:19Glucksmann,
00:55:192027.
00:55:20Ça ira ou ça ira pas ?
00:55:21Ça a été.
00:55:22Ça ira ?
00:55:252027.
00:55:25Ah, ça a été ?
00:55:26Oui.
00:55:27D'accord.
00:55:27Non,
00:55:28j'espère qu'il acceptera
00:55:30de rentrer dans une primaire
00:55:31de toute la gauche
00:55:32à laquelle il se pliera
00:55:34parce que je n'imagine pas
00:55:35que nous prenions ensemble
00:55:37le risque d'avoir
00:55:38quatre ou cinq candidats de gauche
00:55:40au premier tour
00:55:40de l'élection présidentielle,
00:55:42ce qui conduirait
00:55:43quasi inévitablement
00:55:44à ce que ce soit
00:55:45un homme de droite
00:55:45face à l'extrême droite.
00:55:47Et on l'a déjà vécu
00:55:49deux fois consécutive,
00:55:50trois fois depuis 2002.
00:55:52Je crois que ça suffit.
00:55:52Tu préchottes mes trucs.
00:55:54Là, j'avais le PS,
00:55:55candidature PS pour 2027.
00:55:57Bon, évidemment,
00:55:58tu n'y as pas répondu.
00:56:00Et primaire,
00:56:01tu y as répondu aussi.
00:56:02Alors, j'ai répondu
00:56:03à toutes tes questions
00:56:04avant même.
00:56:04Non, attends,
00:56:04c'est pas fini.
00:56:05Bon, vas-y.
00:56:07Un budget avant le 31 décembre,
00:56:08ça ira ou ça ira pas ?
00:56:09Non, je crois que ça ira pas.
00:56:11Tu penses ?
00:56:12Je suis même certain.
00:56:13Je ne vois pas comment,
00:56:14à l'heure où on se parle,
00:56:16on pourrait trouver
00:56:17la base d'un compromis
00:56:18sur lequel on pourrait
00:56:20s'abstenir
00:56:20avant le 31 décembre.
00:56:22Je ne vois pas.
00:56:25C'est pas fini.
00:56:27La mairie de Paris,
00:56:28la gauche à la mairie de Paris,
00:56:29ça ira ou ça ira pas ?
00:56:30Emmanuel Grégoire,
00:56:31c'est un très bon candidat.
00:56:33Et en plus,
00:56:33il est avec les communistes
00:56:34et les écologistes.
00:56:35Donc, tout ça,
00:56:37je vois Yann,
00:56:37je vois David.
00:56:40Tout ça me paraît pas mal du tout.
00:56:41Je crois que ça veut dire
00:56:42ça ira.
00:56:43Ça ira.
00:56:46Olivier Faure,
00:56:47Premier ministre d'Emmanuel Macron,
00:56:48ça ira ou ça ira pas ?
00:56:49Ça n'ira pas.
00:56:50Ça aurait pu ?
00:56:53Être Premier ministre,
00:56:54moi ou un autre à gauche,
00:56:56je l'aurais souhaité.
00:56:57J'aurais souhaité
00:56:58que ce soit la gauche
00:56:58qui est la copie initiale
00:57:00et qu'on vienne la discuter
00:57:01devant le Parlement.
00:57:02Maintenant,
00:57:02je crois que chacun a compris
00:57:03qu'Emmanuel Macron
00:57:05a fait un choix définitif,
00:57:06c'est jamais la gauche.
00:57:09Enfoiré.
00:57:13Une semaine de vacances
00:57:14avec Nicolas Maillot-Ressignel,
00:57:15ça ira ou ça ira pas ?
00:57:17Ça ira.
00:57:18Vous partirez où,
00:57:19par exemple ?
00:57:21Au Havre.
00:57:22C'est pas mal.
00:57:24C'est pas mal.
00:57:25C'est pas mal.
00:57:25C'est vendre du rêve.
00:57:26On n'ira pas très loin
00:57:27parce qu'on n'est pas forcément
00:57:30les meilleurs amis.
00:57:31Mais en fait,
00:57:32je considère que c'est un socialiste
00:57:33qui défend ses idées.
00:57:35Et encore une fois,
00:57:37je le dis,
00:57:37moi, je ne suis pas
00:57:38caporal-chef
00:57:39et donc j'admets parfaitement
00:57:40d'avoir une opposition interne.
00:57:43Et donc,
00:57:45on discutera sur la plage.
00:57:46D'accord.
00:57:47OK, pour les vacances,
00:57:48mais pas pour la chambre commune.
00:57:49Voilà, exactement.
00:57:50Et sur la plage du Havre.
00:57:51Sur la plage du Havre.
00:57:53C'est pour aller faire
00:57:53la campagne de Jean-Pierre Lecoq.
00:57:55Jean-Paul.
00:57:56Jean-Paul, pardon.
00:57:57Bon, les amis,
00:57:58ce fut un plaisir.
00:57:59On se retrouve l'année prochaine.
00:58:00Un plaisir à partager.
00:58:01Des bisous.
00:58:01Merci, Pierre.
00:58:02Il y a du PA.
00:58:02Fait attention à Jean-Pierre.
00:58:04Et pas trop de...
00:58:04Plus de galipettes.
00:58:06Pas trop d'escalade.
00:58:09Olivier Faure,
00:58:10on voulait aussi vous questionner
00:58:11évidemment sur les municipales
00:58:12justement et les présidentielles.
00:58:13On en parlait avec la situation à Paris
00:58:16puisque donc dans trois mois,
00:58:18mi-mars,
00:58:19se tiendront les élections municipales.
00:58:21Les socialistes jouent très gros
00:58:22puisque vous êtes à la tête
00:58:24aujourd'hui de plus de 45 communes
00:58:26de plus de 30 000 habitants.
00:58:29Vous êtes la première force à gauche
00:58:30sur les municipales.
00:58:33Quels sont les objectifs
00:58:34du Parti socialiste sur ces élections-là ?
00:58:36À quel point est-ce que vous croyez
00:58:37que vous pouvez gagner de nouvelles villes ?
00:58:40Je crois qu'il y a des villes
00:58:41qui sont atteignables
00:58:42et qui sont aujourd'hui dirigées
00:58:44par la droite,
00:58:44mal dirigées par la droite.
00:58:46Vous pensez auxquelles ?
00:58:47J'en prends une.
00:58:48Je ne veux pas donner trop de nom de ville
00:58:50parce que je ne veux pas non plus
00:58:52alerter sur les cibles.
00:58:53Vous ne voulez pas trop nous lâcher ce soir ?
00:58:55Pas de ville ?
00:58:56Non, ce n'est pas à vous
00:58:57que je ne veux pas lâcher.
00:58:58Je sais que vous êtes très regardé désormais
00:59:00et donc je ne veux pas non plus
00:59:02aider la droite à se préparer
00:59:04aux endroits où nous considérons
00:59:05qu'il y a des cibles possibles.
00:59:07J'en prends une
00:59:08parce qu'elle est tellement évidente
00:59:09parce qu'il y a eu ce scandale
00:59:12des vidéos volées, manipulées
00:59:16à Saint-Etienne
00:59:17et où là, évidemment,
00:59:18après cet épisode tragique
00:59:20pour d'ailleurs un adjoint
00:59:23qui était un adjoint du maire
00:59:26désormais démissionné,
00:59:27eh bien, il faut que ça change.
00:59:31Donc vous pensez qu'il y a des possibilités
00:59:32de conquête
00:59:33et sur la conservation des villes socialistes,
00:59:35ça va être aussi un enjeu assez majeur ?
00:59:39Des villes communistes, des villes socialistes,
00:59:40des villes écologistes ?
00:59:41Oui, bien sûr, parce que c'est un enjeu.
00:59:43Tout simplement parce que quand...
00:59:44Enfin, ce n'est pas du patriotisme
00:59:47que de le dire,
00:59:47mais la vie est meilleure
00:59:49dans des villes de gauche.
00:59:50Moi, j'ai grandi
00:59:52dans une ville communiste
00:59:54qui s'appelle Saran, dans le Loiret.
00:59:57Et on avait accès à des tas de choses,
01:00:01en fait, aux loisirs, pour tous.
01:00:04Et on a pu avoir des équipements municipaux
01:00:08dans une ville qui était une ville,
01:00:09qui est toujours d'ailleurs une ville
01:00:10essentiellement de cheminots
01:00:12et qui s'est beaucoup développée,
01:00:13qui a permis aussi de créer
01:00:15beaucoup de logements sociaux
01:00:16et donc qui a donné sa chance
01:00:20à toute une série de gens.
01:00:21Et donc, pour moi,
01:00:23les villes de gauche,
01:00:24effectivement, ça a un sens.
01:00:26Elles sont moins patrimoniales, peut-être,
01:00:28mais elles s'occupent de tous.
01:00:30Il y a quand même une donnée
01:00:31qui a changé par rapport
01:00:32à la dernière élection en 2020.
01:00:34C'est qu'aujourd'hui,
01:00:35la gauche partira a priori,
01:00:38dans la plupart des cas,
01:00:39sur des listes divisées.
01:00:40En tout cas, peut-être un rassemblement
01:00:42variable entre les écologistes,
01:00:43les communistes et les socialistes.
01:00:45Les Insoumis vont présenter
01:00:46des listes à peu près partout
01:00:47parce que le Parti Socialiste
01:00:48ne veut pas d'accord
01:00:49avec la France Insoumise.
01:00:51Et comment, en cas de score
01:00:53de plus de 10% de la France Insoumise,
01:00:55au premier tour,
01:00:56qui leur permettrait de se qualifier
01:00:56au deuxième tour,
01:00:57comment est-ce que vous continuez
01:00:58à garder des villes
01:00:59et vous en conquérissez de nouveau ?
01:01:00Oula, conquérissez.
01:01:01Vous en avez de nouveau.
01:01:02Vous en gagnez de nouveau.
01:01:04Comment vous en gagnez de nouvelle ?
01:01:06Ça paraît contradictoire, quand même.
01:01:08D'abord, il y a des listes communes
01:01:11quasiment partout.
01:01:12Communistes, socialistes, écologistes
01:01:13se sont entendus
01:01:14dans l'immense majorité des cas.
01:01:16Et il y a des exceptions, hélas.
01:01:19Mais pour la plupart des villes
01:01:22que nous détenons,
01:01:23il y a un accord assez général.
01:01:26Et même pour les villes
01:01:26où nous sommes en conquête,
01:01:28c'est aussi la plupart du temps le cas.
01:01:30Je pense, puisque j'ai pris un exemple,
01:01:32c'est un socialiste qui va être
01:01:35en tête de liste à Saint-Etienne,
01:01:37à Mulhouse.
01:01:38C'est un écologiste.
01:01:39J'étais l'autre jour,
01:01:40pour un premier déplacement
01:01:42de campagne municipale,
01:01:44et j'ai été soutenir
01:01:45parce que je considère
01:01:46que les villes écologistes,
01:01:48c'est bien mieux
01:01:49que les villes tenues par la droite.
01:01:51Mais sans la France insoumise,
01:01:52ce qui va faire des scores assez importants ?
01:01:55C'est important, je n'en sais rien.
01:01:56Je ne suis pas moi qui vote
01:01:57à la base de tout le monde,
01:01:58donc on verra ce que ça donnera.
01:01:59Pardon, vous faites quoi, par exemple ?
01:02:01Une question qui se pose très concrètement,
01:02:03si on prend la capitale Paris,
01:02:04on en parlait.
01:02:05Aujourd'hui, il y a a priori
01:02:07une liste de rassemblement
01:02:08derrière le socialiste Emmanuel Grégoire
01:02:10avec les écologistes et les communistes.
01:02:12Une liste qui sera portée
01:02:13par Sofia Chikirou,
01:02:14et en face, il y a la droite,
01:02:15qui va potentiellement s'allier
01:02:17à l'extrême droite au deuxième tour.
01:02:19S'il y a deux listes
01:02:20qui se maintiennent à gauche,
01:02:21c'est la défaite quasiment assurée.
01:02:23C'est la même chose à Marseille.
01:02:24Vous voyez bien le rapprochement
01:02:25entre Martine Vassal, le droite,
01:02:27et Franck Alizio, le RN.
01:02:29Ça se pose dans énormément de villes.
01:02:30Donc aujourd'hui, vous nous dites quoi ?
01:02:31Il y aura une consigne nationale ?
01:02:32Vous continuez à dire
01:02:34surtout pas LFI ?
01:02:36Moi, je n'ai jamais dit
01:02:37surtout pas LFI.
01:02:38J'ai dit qu'il n'y aura pas
01:02:39d'accord national avec LFI.
01:02:42J'espère que face à l'extrême droite,
01:02:44la gauche se rassemblera
01:02:46comme elle l'a toujours fait.
01:02:47Mais pas la droite.
01:02:47Donc là, vous pourriez vous repartir
01:02:49avec...
01:02:49Vous pourriez retravailler à nouveau
01:02:50avec LFI ?
01:02:51Parce qu'on sait qu'en juin 2024,
01:02:53il y avait ce moment justement
01:02:54où l'extrême droite peut arriver au pouvoir.
01:02:56C'est un moment de danger.
01:02:56Mais l'extrême droite
01:02:58est toujours aussi dangereuse
01:02:59peut-être maintenant.
01:03:00Mais dans les villes,
01:03:01je n'imagine pas
01:03:03qu'on puisse céder Marseille
01:03:04à l'extrême droite.
01:03:05Et s'il y a une menace directe,
01:03:08ce sera effectivement
01:03:10à Sébastien Delogu
01:03:11de dire ce qu'il veut faire.
01:03:12Moi, ce que je vois pour l'instant,
01:03:14c'est que Sophia Chikrou,
01:03:15quand elle parle,
01:03:16elle parle d'alternance
01:03:17avec les socialistes,
01:03:18les écologistes et les communistes.
01:03:19Et elle dit quoi ?
01:03:20Elle dit,
01:03:20il faut battre les socialistes à Paris.
01:03:23C'est un objectif
01:03:24qui me paraît être
01:03:26assez dérisoire
01:03:27par rapport à l'enjeu.
01:03:28Mais les socialistes
01:03:29présentent aussi des listes
01:03:31dans des villes
01:03:32détenues par la gauche.
01:03:34Ici, on est en Seine-Saint-Denis.
01:03:35On prend la Courneuve,
01:03:37Nois-Île-Seq ou Stain.
01:03:39C'est des mairies communistes
01:03:40et les socialistes présentent des listes.
01:03:41Enfin, si vous voyez,
01:03:42dont l'objectif,
01:03:43c'est forcément
01:03:43de conquérir cette mairie.
01:03:45On ne présente pas des listes comme ça.
01:03:47Non, mais moi,
01:03:49je ne suis pas un connaisseur
01:03:51de la carte électorale
01:03:52de toute la France
01:03:53et de toutes les communes, etc.
01:03:54Ce que je dis,
01:03:55c'est qu'il y a aujourd'hui
01:03:58des gens qui se sont fixés
01:03:59comme objectif
01:04:00de faire perdre la gauche
01:04:02et d'autres qui ont choisi
01:04:04de faire parfois
01:04:05au premier tour
01:04:07une espèce de primaire de la gauche
01:04:09dans des villes
01:04:09qui ne sont pas menacées
01:04:10par la droite et l'extrême droite
01:04:11et dans lesquelles
01:04:13ils considèrent
01:04:14qu'il peut y avoir
01:04:14un premier tour
01:04:15avant de se retrouver au second.
01:04:17Mais vous ne voulez pas
01:04:17d'accord avec eux ?
01:04:18Vous voulez qu'ils fassent quoi
01:04:19qu'ils ne présentent pas de liste ?
01:04:20Mais j'ai parlé de ça,
01:04:22moi, j'ai dit ça ?
01:04:23Vous dites qu'ils veulent faire
01:04:25perdre la gauche.
01:04:26Quand on se présente
01:04:26aux élections,
01:04:27c'est pour gagner.
01:04:28Puisque vous ne voulez pas d'eux.
01:04:29Non, mais quand on se dit
01:04:29qu'est-ce qu'ils doivent faire ?
01:04:31Quand on dit,
01:04:32je prends Sophia Chigirou
01:04:33qui dans Le Parisien dit
01:04:34mon objectif c'est
01:04:35de faire perdre la socialiste.
01:04:37Je dis que l'objectif est curieux.
01:04:38Elle aurait pu dire
01:04:39je vais m'opposer
01:04:40de toutes mes forces
01:04:40à ce que Rachida Dati
01:04:41emporte la capitale.
01:04:43Elle aurait pu dire
01:04:43jamais je ne serai en soutien
01:04:45de ceux qui, avec elle,
01:04:47pourraient,
01:04:48avec M. Bournazel,
01:04:49chercher à faire tomber
01:04:51une mairie
01:04:52qui est dirigée par,
01:04:53je le répète,
01:04:54socialistes, écologistes,
01:04:56communistes
01:04:56et, de mon point de vue,
01:04:59une ville
01:05:00qui a montré aussi
01:05:01sur nombre de sujets
01:05:02qu'elle était en avance
01:05:03par rapport
01:05:04à beaucoup d'autres métropoles
01:05:05et pas seulement en France,
01:05:06même y compris dans le monde,
01:05:08sur la question environnementale
01:05:09par exemple
01:05:10et sur la question du logement
01:05:11et tout ça,
01:05:13ça me paraît
01:05:13de l'ordre de l'évidence.
01:05:15Emmanuel Grégoire,
01:05:16contrairement aux écolos
01:05:17et aux communistes,
01:05:18dit ni au premier
01:05:19ni au second.
01:05:22Il y a une contradiction fondamentale.
01:05:23Ça, ça risque
01:05:24de coûter
01:05:25Paris à la gauche.
01:05:28On verra les résultats
01:05:29du premier tour
01:05:29et on en reparle.
01:05:30Olivier Faure,
01:05:31j'ai envie de vous demander
01:05:32parce que j'entends bien
01:05:33ce que vous dites
01:05:33par rapport aux propos
01:05:34de Sofia Chikirou,
01:05:36mais on a quand même vu
01:05:37ces derniers mois,
01:05:38toutes,
01:05:39et particulièrement
01:05:40de la part de la Macronie,
01:05:41ce pointage du doigt
01:05:42sur la LFI,
01:05:43notamment les accusations
01:05:44d'antisémitisme,
01:05:45etc.
01:05:46et plein d'autres.
01:05:47Il y a une vraie volonté
01:05:47de diaboliser
01:05:49et d'isoler
01:05:49la LFI
01:05:50au sein de la gauche.
01:05:52Au-delà
01:05:52de l'analyse
01:05:55qu'on peut faire
01:05:56de la posture
01:05:57parfois
01:05:57de Jean-Luc Mélenchon,
01:05:59etc.
01:06:00Est-ce que
01:06:00de participer
01:06:01à la diabolisation
01:06:02de la LFI,
01:06:02ce n'est pas affaiblir
01:06:03l'ensemble de la gauche ?
01:06:05Mais je ne participe
01:06:06jamais
01:06:07à la diabolisation
01:06:08de la France insoumise.
01:06:10Je ne suis pas d'accord
01:06:10avec eux.
01:06:11Mais tout à l'heure,
01:06:11vous avez dit
01:06:12que Jean-Luc Mélenchon
01:06:13n'était pas démocrate.
01:06:14J'ai dit
01:06:15que ce n'est pas
01:06:15un démocrate
01:06:16dans son propre parti.
01:06:17C'est un constat.
01:06:19Et quand il s'est retrouvé
01:06:21en situation
01:06:21d'être celui
01:06:22qui était
01:06:23l'ensemble de la gauche,
01:06:25il ne s'est pas comporté
01:06:26comme quelqu'un
01:06:27qui avait la volonté
01:06:27de préserver
01:06:29la diversité.
01:06:30Il a tout fait
01:06:30pour, au contraire,
01:06:31chercher à cornaquer
01:06:33les uns et les autres
01:06:34et à dire
01:06:35que vous passerez tous
01:06:36sous la toise
01:06:37et si vous ne passez
01:06:37pas sous la toise,
01:06:39je vous démolirai.
01:06:40Y compris jusqu'au point
01:06:41de se séparer
01:06:42de ceux qui avaient été
01:06:43ses principaux soutiens.
01:06:45Alexis Corbière,
01:06:46Clémentine Autain,
01:06:47François Ruffin.
01:06:49Vous voulez encore
01:06:50du programme
01:06:51du nouveau Front populaire
01:06:52que vous avez signé ?
01:06:54Oui.
01:06:55Je pense que le programme
01:06:56du Front populaire
01:06:57a bien des égards.
01:06:59Il est un programme
01:07:00qui doit bien sûr
01:07:00être toujours réactualisé
01:07:02parce qu'entre le moment
01:07:03où on l'adopte
01:07:06et puis après,
01:07:07la vie continue.
01:07:08Donc il y a des choses
01:07:08qui n'étaient peut-être
01:07:10pas vues à ce moment-là
01:07:10qu'il faut voir maintenant.
01:07:11C'était il n'y a pas si longtemps,
01:07:12vous avez été voté
01:07:13sur des promesses
01:07:14qui du coup,
01:07:15évidemment,
01:07:16maintenant,
01:07:16de se détacher
01:07:17de ce programme,
01:07:18c'est vrai que,
01:07:19comme on disait tout à l'heure,
01:07:20la toute première phase
01:07:21du programme
01:07:21était d'être vraiment
01:07:22en rupture
01:07:22avec la politique
01:07:23d'Emmanuel Macron.
01:07:25Oui,
01:07:25on a s'est battu pour ça.
01:07:27Mais moi,
01:07:28je ne sais pas...
01:07:29Mais c'est pour ça
01:07:29qu'aujourd'hui...
01:07:30Est-ce que vous êtes
01:07:30une démocrate ou pas ?
01:07:32Oui.
01:07:33Oui, oui, oui.
01:07:34Oui, oui.
01:07:35Un peu,
01:07:35beaucoup,
01:07:36passionnément.
01:07:36En fait,
01:07:37moi,
01:07:37je suis passionnément démocrate.
01:07:39Et donc,
01:07:39j'ai une question simple
01:07:41à vous poser.
01:07:42C'est est-ce que
01:07:43quand vous avez un Parlement
01:07:44qui est élu
01:07:46avec une participation
01:07:47qui n'a jamais été
01:07:48aussi élevée
01:07:49depuis 40 ans,
01:07:50est-ce que vous pouvez dire
01:07:52c'est tout mon programme,
01:07:53rien que mon programme
01:07:54et le reste fuck ?
01:07:56Moi, je le prédis
01:07:57et ce n'est pas possible.
01:07:59Parce qu'à un moment,
01:08:00vous êtes confronté
01:08:01tout simplement
01:08:01à un Parlement
01:08:02qui n'est pas uniquement
01:08:04adepte de ce que vous proposez.
01:08:05Et donc, moi,
01:08:06je ne suis pas en train de dire
01:08:07que je renonce
01:08:07à ce que je pense.
01:08:08On soutient les macronistes ?
01:08:09Est-ce que c'est une façon
01:08:10peut-être de...
01:08:11Mais arrêtez
01:08:12que le soutien des macronistes,
01:08:13c'est un petit peu dérisoire.
01:08:14Je ne soutiens pas
01:08:15les macronistes
01:08:15et vous,
01:08:16vous ne soutenez pas
01:08:16le Front National.
01:08:17Donc, arrêtons de nous lancer
01:08:18des histoires
01:08:19de cette nature à la figure.
01:08:20Parce que ça,
01:08:21c'est justement une façon
01:08:22de...
01:08:22Vous avez voté leur budget.
01:08:23Vous dites qu'il ne faut pas
01:08:23diaboliser la LFI.
01:08:25Mais ne diabolisez pas
01:08:26le Parti Socialiste non plus.
01:08:27Ne faites pas comme
01:08:28si nous étions aujourd'hui
01:08:29dans une situation...
01:08:30Vous êtes très critiqué
01:08:32à gauche aussi.
01:08:32Mais je suis très critiqué
01:08:34à droite, à gauche.
01:08:35Je vois que Bruno Rutaillot,
01:08:38Laurent Wauquiez,
01:08:38Jordan Bardella
01:08:39me tapent dessus
01:08:40toute la journée
01:08:40en disant que je serai
01:08:42désormais celui qui dit
01:08:42que ça conduit
01:08:43au Premier ministre.
01:08:44Après, que les personnes
01:08:45de l'extrême droite
01:08:46soient contre vous,
01:08:47c'est encore heureux,
01:08:47on a envie de dire.
01:08:49Bon, alors,
01:08:50si à droite et à gauche
01:08:51on me tape dessus,
01:08:52c'est que quelque part,
01:08:53j'ai essayé de faire quelque chose.
01:08:54Vous voulez récupérer
01:08:55le ni droite ni gauche ?
01:08:56Est-ce que j'ai dit ça ?
01:08:57Je vous pose des questions,
01:08:58c'est tout.
01:08:58Non, mais moi,
01:08:59je vous pose des questions
01:09:00très simples
01:09:00auxquelles vous ne répondez pas.
01:09:02Comment vous faites
01:09:03dans un Parlement
01:09:04où il n'y a pas
01:09:04de majorité absolue
01:09:05pour malgré tout
01:09:07commettre des avancées ?
01:09:08Est-ce que vous dites,
01:09:09moi, tant que ce n'est pas
01:09:11tout ce que je veux
01:09:11alors que je ne suis pas majoritaire,
01:09:13je considère que rien ne va ?
01:09:17OK ?
01:09:18Mais vous faites comment
01:09:18pour que ça avance ?
01:09:19Moi, j'aimerais bien
01:09:20que vous me disiez,
01:09:21voilà, moi, je suis minoritaire
01:09:22mais je sais comment ça avance.
01:09:23Non, mais quand on est minoritaire,
01:09:25quand on a 69 députés
01:09:27et qu'on arrive à faire
01:09:28ce que nous avons fait
01:09:29sur le PLFSS,
01:09:29vous devriez être en train
01:09:30de nous dire
01:09:31merci parce que vous avez
01:09:32avec 69 députés seulement
01:09:34vous avez réussi
01:09:34à faire quelque chose.
01:09:35Mais c'est pas...
01:09:36Ben si, pardon,
01:09:38vous avez fait quoi,
01:09:38vous, pendant ce temps-là ?
01:09:40Alors, c'est pas mon métier, moi.
01:09:41Oui, d'accord,
01:09:41mais enfin,
01:09:41qu'est-ce qu'on fait
01:09:42ceux qui disent simplement non ?
01:09:44Ben non, ça donne quoi ?
01:09:45Non.
01:09:45Olivier Faure,
01:09:46on vous pose aussi
01:09:47cette question
01:09:47pour bien comprendre
01:09:48parce qu'en jouant,
01:09:49vous avez gagné le Congrès
01:09:50sur une ligne d'ouverture
01:09:51à gauche
01:09:52face aux anti-LFistes,
01:09:54donc justement,
01:09:54Maillard Rossignol,
01:09:56Gage et puis Boamran.
01:09:58Est-ce que vous avez pas fini
01:09:59par adopter leur ligne ?
01:10:00C'est ça qu'on vous demande.
01:10:01Je crois pas.
01:10:02Je crois pas que ce soit
01:10:03ma ligne.
01:10:03Je crois pas que...
01:10:04Enfin, si vous les écoutez,
01:10:05ils sont pas en train de dire
01:10:07qu'ils sont formidablement
01:10:09heureux de ce que je fais.
01:10:10Eux, ils disent...
01:10:11Enfin, pour discuter régulièrement
01:10:12avec eux,
01:10:13ils disent que vous venez
01:10:14sur leur ligne.
01:10:15Ah, mais qu'ils cherchent
01:10:16à trouver matière
01:10:17à explication, etc.
01:10:20Il n'y a pas de...
01:10:21J'imagine bien
01:10:22qu'ils sont suffisamment habiles
01:10:24pour essayer de retomber
01:10:24sur leurs pattes.
01:10:25Mais la réalité,
01:10:26c'est que, en fait,
01:10:27j'ai toujours fait
01:10:28ce que ma conscience me dictait.
01:10:32Et dans le moment
01:10:32dans lequel nous sommes,
01:10:34ma conscience,
01:10:34elle me dicte
01:10:35de faire le maximum
01:10:36de ce que je peux,
01:10:37alors même que je ne suis pas majoritaire.
01:10:39Et que, moi,
01:10:40je veux bien que vous me racontiez
01:10:41que ce serait génial
01:10:43de dire non à tout.
01:10:43Mais si on dit non à tout
01:10:44et qu'on bloque tout,
01:10:45qu'est-ce que vous croyez
01:10:46qu'il va se passer ?
01:10:47Mais ça, Olivier,
01:10:48est-ce que vous pensez vraiment
01:10:48qu'en fait,
01:10:49on va d'un seul coup avoir...
01:10:51Enfin, moi, je sais ce qui se passe.
01:10:52Si on bloque tout,
01:10:53il y aura une demande d'ordre
01:10:54qui s'exprimera immédiatement
01:10:56dans le pays.
01:10:56Et ce ne sera pas nous
01:10:57qui serons ceux
01:10:58qui le représenteront le mieux.
01:11:00– On entend bien
01:11:00l'argument de la responsabilité
01:11:02parce que c'est celui
01:11:03que vous dites tout le temps
01:11:04au Parti socialiste.
01:11:05Mais nous, là,
01:11:06on vous pose la question
01:11:07de l'opposition
01:11:09et de la confrontation des idées.
01:11:11On ne peut pas en permanence
01:11:12dire, ben oui,
01:11:13mais là, il faut qu'on lâche
01:11:14parce que sinon,
01:11:16on ne va pas gagner sur le fond.
01:11:17Il faut bien le tenir, en fait.
01:11:19Vous voyez le fond ?
01:11:20– On tient autant qu'il est possible
01:11:22le rapport de force.
01:11:23Et non seulement au Parlement,
01:11:25mais dans l'opinion,
01:11:26dans les débats qu'on mène,
01:11:27etc.
01:11:28Mais à un moment,
01:11:29quand vous n'avez pas de majorité,
01:11:30vous faites comment ?
01:11:31Moi, je veux bien.
01:11:32En fait,
01:11:33j'aurais tellement envie
01:11:34de vous faire plaisir.
01:11:35J'aurais tellement envie
01:11:35de vous dire,
01:11:36ben écoutez,
01:11:38moi, Macron,
01:11:38j'en ai marre aussi.
01:11:39Je suis comme vous.
01:11:40Ça suffit.
01:11:41– On cherche à comprendre
01:11:42pourquoi, justement,
01:11:42vous l'accompagnez parfois.
01:11:43– Aujourd'hui,
01:11:44il fait une interview,
01:11:45il dit,
01:11:45je serai à la place de Macron,
01:11:46je partirai.
01:11:46Très bien.
01:11:47Mais quand Fillon le dit,
01:11:49il ne dit pas
01:11:50pour qu'Emmanuel Macron
01:11:52soit remplacé
01:11:53par quelqu'un
01:11:55qui viendrait du NFP.
01:11:56Non, non,
01:11:56il dit
01:11:56pour une droite
01:11:59dure
01:11:59et une droite
01:12:00dont il pense
01:12:02qu'elle n'a plus
01:12:03à construire
01:12:04le front répliquien
01:12:05face à l'extrême droite.
01:12:06Voilà ce qu'il dit.
01:12:07– Pourquoi vous pensez
01:12:08que la présidentielle
01:12:10dans un an et demi
01:12:10serait plus gagnable
01:12:11qu'une présidentielle aujourd'hui ?
01:12:12– Je ne dis pas
01:12:15que je l'appelle de mes vœurs.
01:12:16Mais pourquoi la situation
01:12:17d'aujourd'hui
01:12:17serait différente
01:12:18dans un an et demi ?
01:12:19– Moi, je ne sais pas
01:12:20si dans un an et demi,
01:12:21nous aurons réussi
01:12:22à mettre sur piste
01:12:25un candidat ou une candidate
01:12:26qui soit de nature
01:12:27à gagner l'élection présidentielle.
01:12:29Je n'en sais strictement rien.
01:12:31Ce que je sais,
01:12:32c'est que dans 35 jours,
01:12:35vraisemblablement,
01:12:35il n'est pas de gauche.
01:12:36Je peux me tromper.
01:12:37Peut-être qu'il y a des miracles.
01:12:38Peut-être qu'ici,
01:12:39on croit aux miracles.
01:12:40Mais quand je vois
01:12:41les sondages,
01:12:43– En 48 heures,
01:12:44on a bien gagné
01:12:45les dernières législatives.
01:12:46En 48 heures,
01:12:47vous voyez,
01:12:47en peu de temps.
01:12:47– Non, on n'a pas gagné
01:12:49les législatives.
01:12:49– On est arrivé en tête.
01:12:50– On a évité le pire.
01:12:51On est arrivé en tête.
01:12:52Ça, c'est vrai.
01:12:53Mais le premier tour
01:12:54qui est en tête ?
01:12:55– C'est l'extrême droite.
01:12:57– C'est l'extrême droite.
01:12:58– Et quand vous avez
01:12:59l'extrême droite...
01:13:00– Qu'est-ce qui fait monter
01:13:00l'extrême droite aussi ?
01:13:01Les déceptions des gens, parfois ?
01:13:03– Mais l'extrême droite
01:13:04au premier tour qui est devant,
01:13:06il y a une époque
01:13:07où tout le monde dit
01:13:08« Il faut le front républicain ».
01:13:09Aujourd'hui,
01:13:09vous avez l'extrême droite
01:13:09qui est devant
01:13:10et vous avez en plus
01:13:11la droite qui dit
01:13:11« On ne fait plus le front républicain ».
01:13:12Et vous pensez que c'est maintenant
01:13:13qu'il faut se lancer
01:13:14à corps perdu en disant
01:13:15« Oui, oui, vite, vite, vite ».
01:13:16Vite qui ?
01:13:18Donc, moi,
01:13:19je voudrais tellement
01:13:21être là avec vous
01:13:23en cœur à dire
01:13:24« On y va, on est reparti,
01:13:25on se lance
01:13:25et puis demain,
01:13:27on sera tous au gouvernement. »
01:13:28Génial.
01:13:28Mais est-ce que vous pensez
01:13:30que je suis heureux
01:13:31de voir Sébastien Lecornu
01:13:32à Matignon,
01:13:34Améline Monchalin au budget,
01:13:37Nunez à l'intérieur
01:13:38d'Armanin à la justice ?
01:13:40Non, je ne suis pas heureux
01:13:41de savoir que c'est eux
01:13:42qui gouvernent.
01:13:43Mais simplement,
01:13:44je suis suffisamment lucide
01:13:46et j'ai suffisamment
01:13:48de lucidité
01:13:49pour ne pas avoir envie
01:13:49de tromper mes concitoyens.
01:13:51Si j'arrive devant eux
01:13:52en leur disant
01:13:52« Écoutez les amis,
01:13:53on se retrousse les manches
01:13:54et vous verrez dans 15 jours... »
01:13:55Vous avez fait une promesse
01:13:56avec le nouveau Front populaire.
01:13:58Emilio, une dernière question ?
01:13:59Une toute dernière question
01:14:00parce que sur la présidentielle,
01:14:01vous avez parlé de primaire
01:14:02tout à l'heure.
01:14:02La PA vous a montré
01:14:04sa petite photo.
01:14:05Le Parti socialiste
01:14:06s'est engagé
01:14:07dans ce qu'on appelle
01:14:07le processus de Bagneux,
01:14:08notamment avec les écologies
01:14:09des générations
01:14:11debout l'après.
01:14:12Dans cette primaire,
01:14:13pour l'instant,
01:14:13ni Fabien Roussel
01:14:14ni Raphaël Glucksmann
01:14:15ne veulent y venir.
01:14:16La moitié de votre parti,
01:14:17plus ou moins,
01:14:18n'en veut pas vraiment.
01:14:19Comment est-ce que
01:14:20vous pourriez convaincre
01:14:21les Français
01:14:22d'adhérer à cette primaire
01:14:24quand vous,
01:14:25mais quand je dis vous,
01:14:26c'est l'ensemble
01:14:27des partis que j'ai cités,
01:14:28n'arrivent pas
01:14:29à convaincre
01:14:30de potentiels partenaires ?
01:14:33J'espère que nous serons
01:14:34nombreux à convaincre
01:14:36les récalcitrants.
01:14:37Parce que,
01:14:40au bout de combien de fois
01:14:41on comprend ?
01:14:42La première fois,
01:14:43on peut se dire,
01:14:44bon, on n'avait pas vu,
01:14:45on n'avait pas compris.
01:14:45Ça, c'était le 21 avril 2002.
01:14:47On a connu la même chose
01:14:49en 2017,
01:14:50puis encore en 2022.
01:14:52Et on voudrait recommencer
01:14:53en 2027 et dire,
01:14:55plus on a,
01:14:56mieux on sera.
01:14:58Eh bien,
01:14:58c'est exactement
01:14:59l'erreur
01:14:59ce qui va se produire.
01:15:00Et si vous n'avez
01:15:01aucun candidat de gauche
01:15:02au deuxième tour
01:15:03de l'élection présidentielle
01:15:04pour la troisième fois
01:15:05consécutive,
01:15:06c'est plus l'exception.
01:15:07C'est la règle.
01:15:08Et si vous voulez
01:15:09qu'on soit dans un pays,
01:15:10il y en a d'autres,
01:15:11on pourrait citer,
01:15:12par exemple,
01:15:13Israël,
01:15:13où la gauche a quasiment
01:15:15disparu de l'hémicycle.
01:15:17Au Chili, par exemple,
01:15:18ils ont fait l'union
01:15:18et il n'y avait qu'une candidate
01:15:19et malheureusement,
01:15:20ça n'a pas suffi
01:15:21face à l'extrême droite.
01:15:21Je ne dis pas que c'est
01:15:22la solution
01:15:23qui permet de gagner
01:15:24à tout coup.
01:15:25C'est vrai.
01:15:26Mais ce n'est pas
01:15:27une condition absolue,
01:15:29mais c'est une condition minimale.
01:15:30C'est-à-dire que
01:15:31quand vous avez
01:15:31des gens qui s'opposent,
01:15:34c'est mathématique.
01:15:35Je regarde le sondage d'hier.
01:15:37Je vois qu'on a,
01:15:38je ne sais plus exactement
01:15:39les chiffres,
01:15:39mais enfin,
01:15:40vous devez avoir
01:15:41pour l'instant
01:15:4217 Edouard-Philippe,
01:15:44vous avez 12 Glucksmannes,
01:15:4511 Mélenchon,
01:15:465 Dondelier
01:15:47et 3 Roussel,
01:15:49si mes souvenirs sont bons.
01:15:51Bon, pardon,
01:15:52mais enfin,
01:15:53ça fait trop de candidats
01:15:54et ça veut dire
01:15:55qu'il n'y en a aucun
01:15:55deuxième tour,
01:15:56alors que le seuil
01:15:57de qualification,
01:15:57il est à 17.
01:15:58Mais c'est nul.
01:15:59Donc, en fait,
01:16:01j'aimerais simplement
01:16:01que tout le monde se dise
01:16:02bon, ben,
01:16:04qu'est-ce qui vaut mieux ?
01:16:06Il y a un risque,
01:16:07effectivement,
01:16:07à faire une primaire.
01:16:09Moi, si vous me posez
01:16:10la question...
01:16:10Il y a aussi une campagne
01:16:11sur les thèmes
01:16:11de la droite
01:16:12et de l'extrême droite
01:16:12en grande majorité,
01:16:13s'il n'y a qu'une seule
01:16:14personne qui représente
01:16:15la gauche.
01:16:17Pourquoi ?
01:16:17Parce qu'il y aura
01:16:18beaucoup plus de candidats
01:16:20de droite
01:16:20et d'extrême droite
01:16:21et donc, du coup,
01:16:21moins de possibilités
01:16:22d'exposer des idées
01:16:23de gauche.
01:16:24Ça peut jouer aussi
01:16:24pendant la campagne.
01:16:26D'accord,
01:16:27mais enfin,
01:16:27j'espère que dès lors
01:16:28qu'on a un candidat commun,
01:16:29on y va tous,
01:16:30on se retrousse les manches
01:16:31et on est sur toutes
01:16:32les scènes de France.
01:16:34Pas sur les plateaux
01:16:34de télévision
01:16:35pendant les débats ?
01:16:36Mais sur les plateaux
01:16:37de télévision aussi,
01:16:37on fera ce qu'il faudra.
01:16:39Mais le temps de parole,
01:16:40il sera distribué
01:16:41entre la gauche et la droite.
01:16:42On ne va pas dire
01:16:42que c'est simplement
01:16:43au nombre de candidats.
01:16:45Et si la droite
01:16:46se fracture
01:16:47et qu'ils ont 15 candidats
01:16:50finalement,
01:16:51ce n'est pas si mal.
01:16:52Et on sera beaucoup mieux
01:16:53que si on a nous 15 candidats
01:16:55et eux deux,
01:16:56parce que là,
01:16:56en l'occurrence,
01:16:57on est sur le résultat aussi.
01:16:58Donc, moi,
01:16:59ce que j'espère,
01:17:00et on verra si j'y arrive.
01:17:01Je ne sais pas
01:17:01si je vais y arriver.
01:17:02Peut-être que dans mon propre parti,
01:17:04les gens me diront à la fin
01:17:05et diront non, non,
01:17:06hors de question.
01:17:07Mais moi,
01:17:08ce que je leur dis,
01:17:08c'est vous voulez quoi en fait ?
01:17:09Ça ne vous a pas suffi
01:17:10d'être humilié à trois reprises ?
01:17:13Moi, j'en ai marre.
01:17:14En fait,
01:17:14je ne suis pas de la politique,
01:17:15je suis suffisamment vieux
01:17:16pour avoir été déjà
01:17:18dans l'équipe de campagne
01:17:19de Lionel Jospin
01:17:19en 2002.
01:17:20J'étais très jeune à l'époque,
01:17:22mais je m'occupais
01:17:22de sa campagne numérique.
01:17:24Et j'ai vu cet homme
01:17:25que je respectais infiniment,
01:17:27qui pour moi
01:17:28n'avait même pas d'âge.
01:17:29Et je l'ai vu ce soir-là
01:17:31se tenir contre un mur
01:17:33parce qu'il était
01:17:34KO debout,
01:17:35parce qu'il était celui
01:17:36qui devait aller
01:17:37au second tour
01:17:37de l'élection présidentielle.
01:17:38Il a manqué quoi ?
01:17:39Deux bulletins de vote
01:17:40par bureau
01:17:41pour être au deuxième tour.
01:17:42Et parce qu'il y avait
01:17:43Christiane Taubira,
01:17:44Jean-Pierre Chevènement,
01:17:45Robert et Noël, ma mère,
01:17:47nous avons divisé,
01:17:48je ne leur en veux pas.
01:17:49Mais je dis simplement
01:17:50qu'à force de penser
01:17:51la vieille théorie,
01:17:52c'était de dire
01:17:53qu'il faut un râteau
01:17:54au premier tour
01:17:55et plus il y a dedans,
01:17:56plus on ramasse.
01:17:57La réalité,
01:17:58c'est que plus il y a dedans,
01:17:59moins c'est les autres
01:18:00qui ramassent.
01:18:01Et donc, moi,
01:18:02je ne veux pas revivre ça
01:18:03une fois supplémentaire.
01:18:04Je ne fais pas de la politique
01:18:05pour être simplement
01:18:06le témoin des horreurs
01:18:08que les autres vont produire
01:18:10en nos lieux et places
01:18:11parce qu'ils seront à Matignon.
01:18:12Et cette fois-ci,
01:18:13c'est plus simplement,
01:18:14c'est déjà grave,
01:18:15d'avoir subi 10 ans
01:18:16de macronisme.
01:18:17Mais je ne veux pas
01:18:18subir 5 ans de macronisme
01:18:19parce que 5 ans
01:18:20de l'eupénisme
01:18:23d'extrême droite.
01:18:24Parce que ça aura des effets
01:18:26non seulement
01:18:27sur notre propre territoire,
01:18:29mais ça en aura
01:18:30dans toute l'Europe.
01:18:31Vous imaginez,
01:18:32vous avez déjà
01:18:32en fait les États-Unis,
01:18:34vous avez l'Argentine,
01:18:35vous avez maintenant le Chili,
01:18:36et puis vous avez l'Italie,
01:18:38et puis vous avez la Hongrie.
01:18:39Mais la réalité,
01:18:40c'est que vous avez
01:18:40toute une série de pays
01:18:41qui ont déjà basculé
01:18:43sur l'élection présidentielle
01:18:44dans des régimes qui,
01:18:45heureusement,
01:18:46où le président
01:18:47ne compte pas pour grand-chose.
01:18:49Mais quand vous voyez
01:18:49que même en Allemagne,
01:18:50avec le surmoi
01:18:51qu'ils peuvent avoir
01:18:52sur cette question-là,
01:18:53où l'AFD est déjà
01:18:54à égalité avec la CDU
01:18:55à 25%,
01:18:57quand vous voyez
01:18:57ce qui se passe
01:18:58dans des pays du Sud,
01:18:59l'Espagne,
01:19:00le Portugal,
01:19:01Vox,
01:19:02etc.,
01:19:02enfin bon,
01:19:02bref,
01:19:03on voit bien que la menace,
01:19:04elle est partout en Europe.
01:19:06Et donc,
01:19:06nous ne pouvons pas,
01:19:07nous,
01:19:07le pays des droits humains,
01:19:08basculer à l'extrême droite,
01:19:09et c'est le combat d'une vie,
01:19:11et c'est le combat de la mienne,
01:19:12en tout cas,
01:19:13et c'est le combat
01:19:13de toute la gauche.
01:19:14Et donc,
01:19:14j'espère bien
01:19:15qu'on se retrouvera là-dessus.
01:19:15Merci,
01:19:16merci beaucoup Olivier Ford
01:19:18d'avoir répondu
01:19:18à notre invitation
01:19:19et d'être venu répondre
01:19:20à toutes nos questions.
01:19:22Je vous invite désormais
01:19:23à...
01:19:23Je reviens la semaine prochaine
01:19:24si vous voulez.
01:19:25Bonne fin d'émission.
01:19:26Alors,
01:19:26c'est une émission mensuelle,
01:19:27donc si vous revenez
01:19:28la semaine prochaine,
01:19:29on se...
01:19:30Voilà,
01:19:31pas de problème.
01:19:31Quand vous voulez.
01:19:32On entend.
01:19:32Et y compris,
01:19:33merci pour le ton,
01:19:34merci pour,
01:19:35y compris,
01:19:37les questions
01:19:38qui ne sont pas là
01:19:38pour être aimables,
01:19:40mais j'espère
01:19:41que j'ai répondu
01:19:44avec la sincérité
01:19:45qu'à la mienne
01:19:46à ce que vous pouvez penser.
01:19:48Mais parfois,
01:19:49on peut aussi diverger.
01:19:51Ça ne m'empêchera pas
01:19:51de se retrouver.
01:19:52Merci.