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  • il y a 3 heures
Quelle place pour le Parti communiste français dans le paysage politique ? Nous recevons le sénateur de Paris, et porte-parole du parti, Ian Brossat. L'occasion de revenir sur la politique que l'ancien adjoint au Logement a mené dans la ville de Paris, sur ses projets pour les municipales 2026, et sur son héritage familial antifasciste.

0:00 Introduction
3:18 Être communiste en 2025 ?
12:22 Quelle stratégie pour le PCF ?
27:25 Le NFP contre l’extrême droite : stop ou encore ?
42:40 La carte de presk : les RAVAGES du communisme dans le 16e
51:58 Les municipales à Paris

Le replay intégral de l'épisode 3 de "ÇA IRA !" est disponible ici : https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/ian-brossat/lintegrale-de-notre-emission-twitch-avec-ian-brossat-mistermv-et-jarmou

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Transcription
00:00On va continuer avec l'interview politique, avec la deuxième séquence, il y a débat.
00:13On accueille donc sur le poteau Yann Brossat, sénateur et porte-parole du Parti communiste français.
00:18Bonsoir Yann.
00:19Bonsoir.
00:20Vous allez bien ?
00:20Tout va bien, tout roule.
00:22Très bien, parfait.
00:22Mieux que tout le reste.
00:24Oui, j'imagine.
00:26Et Aurélien Souchère, responsable de la rubrique politique à l'humanité.
00:30Bonsoir Aurélien.
00:31Bonsoir, salut.
00:32Ça va ?
00:32Ça va très bien.
00:33Très bien.
00:34Avant de commencer cette interview, on avait envie de refaire un petit point quand même.
00:39Pour vous dire qu'après François Ruffin et Marine Tondelier, c'est à votre tour Yann Brossat de répondre à
00:45nos questions.
00:46Et il nous paraissait normal de rappeler, de redire les liens en fait tout simplement qu'il y a entre
00:52l'humanité et le Parti communiste français.
00:54De ne pas mettre ça sous un tapis, de ne pas faire semblant et de la jouer plutôt frangeux avec
00:58vous derrière vos ordinateurs.
01:00Parce que, historiquement, l'humanité a été l'organe central du Parti communiste français jusqu'en 1994.
01:07Mais donc 1994, c'est à la fois il n'y a pas si longtemps, en même temps c'était
01:10quand même il y a 31 ans.
01:12Et pour autant, même s'il y a des liens qui ont été coupés à ce moment-là, évidemment les
01:17liens restent tout de même forts.
01:18entre les journalistes de l'humanité, l'humanité et puis les membres tout simplement du Parti communiste français.
01:26Il y a des valeurs de combat, de solidarité, une lecture politique probablement aussi de la situation du monde que
01:32l'on partage.
01:33Voilà, on trouvait que c'était important de le dire.
01:35parce que, évidemment, pour préparer cette interview, on s'est posé beaucoup de questions sur comment interviewer au mieux l
01:42'un des plus hauts dirigeants du Parti communiste français
01:45en restant fidèle à notre exigence journalistique et poser les questions qui dérangent parce que c'est ce qu'on
01:50attend, évidemment, des journalistes.
01:53Voilà, donc on a beaucoup travaillé sur cette interview pour que vous, derrière vos écrans, à la fin, vous puissiez
01:58vous dire,
01:58ils ne se sont pas foutus de nous, à l'humanité.
02:01Donc voilà, c'est ce qu'on s'apprête à faire.
02:03Ça va, Yann, prête à passer sur le vide.
02:05Vous êtes tout à fait…
02:06– Faites votre boulot.
02:07– Très bien.
02:08Eh bien, parfait.
02:09Alors, l'interview va être structurée en plusieurs parties.
02:12On va parler du communisme en 2025.
02:14Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui de la stratégie du Parti communiste français également,
02:19tout comme de son incarnation, de la montée de l'extrême droite, des municipales
02:23et de la question du logement, puisque vous en êtes un spécialiste.
02:27Et puis, au milieu de tout ça, il y a Pierre-Antoine qui nous fera marrer avec sa carte de
02:32presse,
02:33que vous avez pris l'habitude de le voir, le petit trublion de la rédaction.
02:36Eh bien, évidemment, il sera là.
02:39Mais d'abord, pour la toute première question, Yann, ça va être de vous demander de réagir
02:44à ce qu'ont dit les deux personnes juste avant en plateau,
02:47à savoir, un, vos cheveux gris et, deux, rendez-vous en manifestation
02:52pour faire en sorte que le service public et France Travail puissent toujours tenir debout.
02:57– Est-ce que vous serez là ?
02:58– Rendez-vous en manif, oui, bien sûr.
03:00Enfin, surtout sur un sujet comme celui-là qui me tient à cœur, bien sûr.
03:04Sur les cheveux gris, ce n'est pas comme si j'avais fait un choix.
03:07– C'est subi.
03:08– Je le subis, voilà, exactement.
03:10Et je fais avec.
03:11Et puis, je préfère en avoir que pas en avoir.
03:13– Très bien.
03:14Eh bien, Aurélien, je te laisse prendre la main.
03:17– La première question que je voulais poser, moi, c'est une question qu'on entend très souvent
03:20quand on travaille à l'humanité, et on voulait la poser au porte-parole du PCF aujourd'hui.
03:25Comment on peut encore se revendiquer du communisme au XXIe siècle,
03:28alors que pour beaucoup de monde, au milieu de la bataille idéologique et culturelle,
03:31il y a plein de gens qui considèrent aujourd'hui que le communisme,
03:33c'est au mieux ringard, au pire criminel.
03:36Pour vous, qu'est-ce que vous répondez à ça ?
03:37Et du coup, en quoi le communisme est d'actualité face aux grands enjeux du XXIe siècle ?
03:41– En fait, cette question, elle est assez paradoxale,
03:44parce que je trouve qu'on voit quand même tous les jours,
03:47dans l'actualité à laquelle on est confronté, les ravages du système capitaliste.
03:53Donc, tout ça appelle d'autres solutions.
03:56Et pour moi, le communisme, c'est ce qui nous permettrait de sortir de ce système capitaliste
04:01qui nous conduit à la ruine.
04:02Alors, j'essaye de comprendre pourquoi beaucoup de gens ne comprennent pas quand on dit ça.
04:06Alors, évidemment, c'est lié au fait que le communisme désigne plusieurs choses à la fois,
04:10au moins deux choses à la fois.
04:11Il désigne d'une part une aspiration, l'aspiration à un autre mode de développement.
04:17C'est comme ça que je l'entends.
04:19Et dans le même temps, le communisme désigne une expérience historique
04:23jugée par beaucoup comme dépassée, ou en tout cas n'ayant pas vocation à être reproduite.
04:28En tout cas, pas comme telle.
04:29Et c'est ce qui fait qu'il y a parfois une contradiction entre les deux,
04:32et que lorsqu'on dit qu'on est communiste,
04:35beaucoup de gens considèrent qu'en réalité, c'est un modèle qui est complètement dépassé.
04:39Moi, je pense malgré tout que la question du dépassement du capitalisme
04:43est une question plus actuelle que jamais.
04:45Enfin, on y reviendra peut-être, parce que j'espère avoir quelques arguments.
04:49Mais en tout cas, j'en suis profondément convaincu.
04:51Alors, justement, quel pourrait être le périmètre pour créer une société communiste
04:54face à un capital qui est mondialisé, face aux multinationales privées ?
04:58Alors, est-ce qu'il faudrait, par exemple, des multinationales publiques ?
05:00Par quel bout on commencerait ?
05:03Je ne sais pas si je suis capable de répondre à cette question en quelques phrases,
05:07mais je suis frappé par le fait que souvent, on dit,
05:10face aux multinationales, les pouvoirs publics sont totalement impuissants.
05:15Et c'est vraiment une question qui, moi, m'a été posée
05:18quand j'étais encore adjoint à la maire de Paris en charge du logement.
05:21Parce que, par exemple, j'ai eu affaire à Airbnb.
05:24Moi, quand je suis devenu adjoint, en 2014, c'était le moment où Airbnb envahissait tout.
05:32Le moment où on voyait ces annonces pulluler dans une ville comme Paris.
05:38On était totalement démunis parce qu'il n'y avait pas de législation sur le sujet.
05:41Et tout le monde me disait, face à une multinationale comme celle-là,
05:44aussi puissante que celle-là, on ne pourra rien faire.
05:47Moi, ça m'a frappé.
05:48Première demande de rendez-vous quand je deviens maire adjoint,
05:51ce n'est pas Bouygues Immobilier, ce n'est pas Nexity, c'est Airbnb.
05:55Je vous proposais un déjeuner, que j'ai refusé à l'époque.
05:58Je les ai rencontrés dans mon bureau.
05:59Mais tout ça pour dire qu'on a une boîte qui est hyper puissante,
06:03plus puissante qu'une ville comme Paris, plus puissante que des États,
06:06qui se présentent en tout cas comme telles.
06:08Et en réalité, en l'espace de quelques années,
06:12ça a été à mon goût trop long, mais en l'espace de quelques années,
06:15une ville comme Paris, comme d'autres, comme Barcelone, comme New York,
06:20ont pu établir des règles qui ont limité la puissance d'une multinationale comme celle-là.
06:25Ce que je veux dire, c'est que la mondialisation libérale,
06:29la puissance de ces entreprises ne peut pas être une excuse
06:32pour des gens qui sont en responsabilité pour ne rien faire
06:35et pour plaider leur impuissance.
06:37La preuve, on a pu faire des choses.
06:39Et donc, si on a été capable de le faire avec nos petits bras à quelques villes,
06:45Paris, Barcelone, New York et quelques autres,
06:47c'est que c'est possible de le faire dans plein d'autres domaines, à mon sens.
06:51Alors, je ne dis pas qu'on a dépassé le capitalisme,
06:52mais en tout cas, on a mis un terme à un certain nombre de dérives grâce à notre volontarisme.
06:57– Sur la question de l'écologie notamment,
07:00quel est selon vous le grand enjeu du XXIe siècle ?
07:03Je précise vraiment sur l'écologie.
07:05Le capitalisme est en train de détruire la planète
07:07et on sera tous d'accord pour dire qu'évidemment, il faut y mettre un terme.
07:10Mais on peut très bien sortir du capitalisme,
07:12c'est un petit peu ce que vous avez dit là avec Airbnb,
07:15sans sortir du productivisme pour autant.
07:18Donc, comment est-ce qu'on peut à la fois allier industrie,
07:21grands projets et écologie ?
07:23Qu'est-ce que le PCF propose à ce propos ?
07:26– J'ai envie de retourner le sujet.
07:27En tout cas, il y a une chose qui est absolument certaine,
07:29c'est que de mon point de vue,
07:31on ne peut pas répondre aux enjeux écologiques du moment
07:37sans dépasser le système capitaliste.
07:39Parce que c'est une condition sans doute nécessaire,
07:43mais pas suffisante.
07:44Mais en tout cas, dans le cadre du système capitaliste,
07:47avec une logique du court terme qui écrase tout,
07:51une logique du profit qui écrase tout,
07:53la question du climat passe par pertes et profits.
07:57Je pense à deux sujets en particulier
08:01qui montrent cette contradiction-là
08:03d'une écologie à l'intérieur d'un système capitaliste.
08:07Le logement.
08:09Typiquement, en ce moment,
08:11vous savez, il y a l'interdiction de louer des passoires thermiques.
08:14En soi, c'est une bonne mesure.
08:16L'idée qu'on n'a pas le droit de louer à quelqu'un
08:19un logement qui est très mal isolé,
08:21dans lequel il fait super froid l'hiver, super chaud l'été.
08:23Sauf que, en même temps que cette mesure est mise en œuvre,
08:27le gouvernement, par mesure d'économie,
08:30avec le dogme de la réduction des dépenses publiques,
08:34est en train de supprimer les subventions
08:36qui permettent de faire des travaux
08:37pour rendre les logements plus isolés.
08:40Donc, qu'est-ce qui se passe ?
08:41La conséquence de ça,
08:42c'est juste qu'on fait sortir des logements du marché
08:45et donc, dans un système libéral,
08:48ça conduit au fait que les prix à l'allocation vont augmenter.
08:51Premier exemple.
08:52Deuxième exemple, ce qu'on appelle les zones à faible émission.
08:56L'interdiction pour les voitures polluantes,
08:59qui sont quand même, pour beaucoup,
09:01les voitures les plus anciennes
09:03qui sont possédées par des ménages qui ont peu de moyens,
09:06interdiction de rentrer dans les centres-villes.
09:10En même temps que ces mesures sont mises en place,
09:13le gouvernement est en train de saccager totalement
09:17les aides à l'acquisition de véhicules propres
09:21et, par ailleurs, on ne peut pas dire
09:23qu'on ait un investissement particulièrement massif
09:25en matière de transport en commun.
09:28Donc, à la fin,
09:31qu'est-ce que ça a comme conséquence ?
09:33C'est qu'on réduit le droit à la mobilité.
09:35Donc, on voit bien que si on ne prend pas en même temps
09:40la question sociale et la question écolo,
09:44on met en place des mesures qui,
09:46d'une part, d'un point de vue écolo, sont inefficaces
09:49et d'autre part, sont très injustes socialement.
09:51– Et du coup, ce que proposent les communistes,
09:52c'est justement de…
09:53de prendre les deux en même temps.
09:55Ce que nous n'avons peut-être pas toujours fait par le passé,
09:57mais en tout cas, ma conviction,
10:00c'est qu'on a besoin de porter le combat social
10:02et le combat écolo en même temps,
10:04de tirer le fil rouge et le fil vert,
10:06si vous me permettez la métaphore,
10:08d'un même mouvement.
10:10Et c'est le seul moyen, d'ailleurs,
10:11de mettre en œuvre une écologie qui soit populaire
10:15et qui entraîne une majorité de gens
10:17qui y voient aussi leur intérêt.
10:19– Alors, il y a beaucoup de questions sur le chat
10:21à propos de Fabien Roussel, on va y revenir, bien sûr,
10:24mais je vais d'abord te laisser la main sur une question stratégique.
10:28– Je voulais rebondir, avant la question stratégique,
10:30sur le communisme qui est la mise en commun des richesses,
10:32la mise en commun des moyens de produire ces richesses
10:34et la mise en commun des décisions.
10:36Et l'héritage des communistes en France,
10:39qui est celui de la sécurité sociale,
10:42de la fonction publique,
10:43la bataille pour les salaires dignes, le logement social,
10:45tout ça est attaqué de plus en plus
10:47par les gouvernements successifs.
10:48Et on voit qu'il y a une grande privatisation,
10:50même une grande privatisation du monde,
10:52des richesses que les communistes veulent collectiviser,
10:54des décisions, donc de la démocratie.
10:56Comment vous regardez ça, ce rapport de force
10:59qui est en train de potentiellement basculer
11:00en ce moment sur la planète ?
11:02– En tout cas, pour ce qui concerne la France,
11:04je ne partage pas l'idée selon laquelle,
11:07sur ces sujets-là,
11:08il y aurait une droitisation de l'opinion.
11:10J'étais assez sensible au dernier livre de Vincent Tibéry
11:13qui évoquait ce sujet,
11:14j'ai eu l'occasion de le rencontrer il y a quelques semaines.
11:17Les Français restent massivement attachés
11:19aux services publics, à la sécurité sociale,
11:23à notre système de retraite par répartition.
11:25Et à chaque fois qu'ils ont l'occasion de le dire,
11:28que ce soit dans la rue,
11:30lorsque ce système social est menacé,
11:32ou dans les urnes,
11:34on l'a vu aux dernières élections législatives,
11:36ils le disent.
11:37Alors ils le disent parfois de manière un peu confuse.
11:39Et ça va aussi de pair avec peut-être des reculs
11:42sur d'autres sujets, on y reviendra sans doute.
11:44Mais en France, au moins,
11:47on a une majorité dans l'opinion sur ces questions-là.
11:50Il n'y a pas de droitisation de la société
11:51sur les grandes questions économiques et sociales.
11:54Et donc on doit,
11:56et c'est de mon point de vue le défi qui se pose
11:57au Parti communiste,
11:59être capable de rassembler cette majorité
12:03qui ne veut pas le saccage de nos services publics,
12:06qui veut pouvoir partir à la retraite à 60 ans,
12:09qui veut pouvoir disposer d'un hôpital public,
12:12d'écoles qui fonctionnent,
12:13et qui veut aussi pouvoir se battre pour le climat.
12:15Mais donc pour moi,
12:17la France, de ce point de vue,
12:18reste relativement atypique
12:20par rapport à ce qu'on connaît dans d'autres pays.
12:21– Il y a une victoire culturelle de la gauche
12:23sur les services publics,
12:24qui sont plébiscités maintenant partout,
12:26y compris par les gens qui votent à droite.
12:27Et sur les 50 dernières années,
12:28un des partis qui a le plus défendu
12:30le développement des services publics
12:31et qui l'a le plus développé
12:32quand il était au pouvoir,
12:33c'est le Parti communiste français.
12:34Et pourtant, vous l'avez dit,
12:36il y a aussi le PCF,
12:37enfin il y a une actualité du projet communiste,
12:39et pourtant actuellement, électoralement,
12:40le PCF ne perce pas.
12:42Lors du dernier congrès de 2018,
12:45Fabien Roussel a été élu pour mission
12:46de redonner une place médiatique et politique
12:48au Parti communiste français,
12:50et indéniablement,
12:51il a réalisé une percée médiatique.
12:52Mais aujourd'hui,
12:53en termes de scores électoraux,
12:54le PCF fait en gros 2,5%
12:56aux dernières présidentielles,
12:58aux dernières européennes.
12:59Qu'est-ce qui manque selon vous,
13:00alors qu'il y a un peuple de gauche qui existe,
13:03et même un peuple français
13:04qui est susceptible d'adhérer au projet ?
13:07– Dans ma réflexion,
13:10je ne distingue pas de manière étanche
13:14la situation du Parti communiste
13:15et la situation de la gauche de manière générale.
13:18Et je pense que le problème qui se pose au Parti communiste
13:20est un problème qui se pose à toute la gauche.
13:22Je m'explique.
13:23D'abord, effectivement,
13:24on se maintient à un niveau qui est trop faible.
13:26Vous avez cité nos derniers résultats électoraux.
13:28La gauche de manière générale,
13:30même si, et je m'en réjouis,
13:32le nouveau Front populaire est arrivé en tête
13:34au deuxième tour des élections législatives,
13:36se maintient au premier tour autour de 30%.
13:39Ça ne représente pas la majorité
13:41qui existe dans l'opinion
13:43pour dire qu'il nous faut des services publics,
13:45qu'il faut le partage des richesses,
13:46qu'il faut l'augmentation du SMIC et des salaires,
13:48qu'il y a intérêt,
13:49mais qui en plus en est consciente.
13:52Cela dit, à mon avis,
13:54la difficulté qu'on a nous comme parti,
13:58c'est l'affaiblissement qui, pour le coup,
14:00est réel et préoccupant de la conscience de classe.
14:04Et ça, pour le coup,
14:05le livre de Vincent Tiberi le dit assez clairement.
14:07La conscience que nous appartenons à la même classe
14:11et que nous avons collectivement intérêt
14:13à nous serrer les coudes
14:15pour changer profondément la société,
14:17elle, elle a reculé considérablement.
14:18Quand on demande aujourd'hui à un ouvrier
14:21s'il appartient à la classe ouvrière,
14:23majoritairement, il répond
14:24« je n'appartiens à aucune classe ».
14:26Ça, ça n'était pas le cas
14:27encore dans les années 70 ou 80.
14:30Alors, évidemment, c'est lié aussi
14:32à des transformations objectives du travail,
14:35l'éclatement des collectifs de travail,
14:37le développement de tas de dérives
14:39autour de l'auto-entrepreneuriat, par exemple,
14:42les livreurs à vélo, etc.
14:43Tout ça existe,
14:44mais ça n'explique pas à soi seul
14:46l'affaiblissement aussi massif
14:48de la conscience de classe.
14:49Pour moi, le Parti communiste
14:51ne peut y arriver,
14:52ne peut s'en sortir
14:53que s'il contribue à recréer
14:55de la conscience de classe
14:56et que si l'ouvrier de Saint-Amand-les-Eaux
15:01et l'assistante maternelle de Seine-Saint-Denis
15:04se sentent un destin commun,
15:06enfin, en tout cas,
15:07sentent qu'elles ont un intérêt commun
15:09à mener bataille ensemble.
15:11Aujourd'hui, on n'y est pas.
15:13Et de mon point de vue,
15:14ça explique très largement
15:16le fait qu'autant de gens
15:17puissent voter pour des partis
15:19qui défendent un programme
15:20contraire à leurs intérêts de classe.
15:22– Et à propos de la jeunesse,
15:23peut-être particulièrement,
15:25parce qu'on a la sensation,
15:27et puis c'est prouvé par les chiffres,
15:28que la jeunesse,
15:28elle se tourne plus facilement
15:30vers la France insoumise
15:31que vers le Parti communiste aujourd'hui.
15:34Qu'est-ce qui manque, selon vous,
15:35pour intéresser davantage les jeunes ?
15:38– D'abord, ce n'est pas forcément
15:39à moi d'y répondre,
15:40c'est plutôt à eux.
15:43Mais là aussi,
15:44la question de la conscience de classe se pose.
15:46Comment est-ce que nous,
15:46nous sommes capables de nous adresser
15:48à, par exemple,
15:50il y a les étudiants,
15:50mais des jeunes travailleurs
15:53qui aujourd'hui bossent
15:54dans des secteurs
15:55qui sont complètement ubérisés ?
15:56Ce sont des questions
15:57qui se posent à nous.
15:58Aujourd'hui,
15:58si j'avais une réponse toute faite,
15:59on l'aurait trouvée,
16:00on l'aurait surtout mise en œuvre.
16:02– Alors, du coup,
16:02je vais vous poser justement
16:03une question au sujet de l'incarnation.
16:05On a quand même régulièrement
16:06la sensation,
16:07et peut-être une partie de la jeunesse aussi,
16:09que Fabien Roussel sort des phrases
16:11dans les médias
16:11pour se distinguer un petit peu à gauche.
16:13Et finalement,
16:14pourquoi parler aux électeurs
16:15comme s'ils avaient des affects de droite ?
16:17On pense à certains sujets sécuritaires,
16:19des choses comme ça.
16:21– Je ne partage pas votre point de vue,
16:23mais si j'essaye de pousser
16:25sur un sujet comme la sécurité,
16:26par exemple.
16:31– Par exemple,
16:31est-ce que c'est normal
16:32qu'un responsable du Parti communiste
16:34aille voir quelqu'un
16:35comme Bruno Retailleau ?
16:36– Ça pose deux questions.
16:38Une première question qui est
16:39est-ce qu'il faut voir Bruno Retailleau ?
16:41Est-ce que de manière générale,
16:42d'ailleurs,
16:43puisque la question a été posée,
16:44il faut aller discuter
16:45avec des membres du gouvernement
16:46qu'on considère illégitimes ?
16:48Et une deuxième question qui est
16:50est-ce qu'il faut parler
16:51des questions de sécurité ?
16:52Je vais essayer de prendre
16:53les questions les unes après les autres.
16:55Est-ce qu'il faut discuter
16:55avec des membres du gouvernement ?
16:56Vous savez,
16:57on a eu toute la discussion.
16:58Est-ce qu'il faut aller voir
16:59le ministre de l'Économie ?
17:01Est-ce qu'il faut aller voir Bayrou
17:02quand il nous invite
17:02pour des consultations ?
17:03Moi, j'ai tendance à considérer
17:08que dès lors qu'on représente
17:10des millions d'électeurs,
17:11le Nouveau Front Populaire
17:12a rassemblé des millions d'électeurs,
17:14quand on est convié à un ministère,
17:17on ne perd rien
17:17à exprimer un certain nombre
17:19d'exigences.
17:21Donc, est-ce qu'il faut aller voir
17:22le ministre de l'Intérieur
17:23comme il l'a fait,
17:24avec des maires d'ailleurs ?
17:26Il y avait notamment
17:26le meilleur maire du monde,
17:28le maire de Grigny.
17:29Moi, je pense que oui.
17:31Et une fois de plus,
17:32discuter, ce n'est pas toper.
17:33Il ne s'agit pas de se mettre d'accord.
17:34Il s'agit de porter
17:35un certain nombre d'exigences
17:36auprès du ministre de l'Intérieur.
17:38Je connais bien Bruno Retailleau
17:39puisqu'il était sénateur
17:40avant d'être ministre.
17:41Le moins qu'on puisse dire,
17:42c'est que ce n'est pas ma tasse de thé.
17:44Mais aller voir un ministre,
17:45ce n'est pas se compromettre.
17:47Deuxièmement,
17:48est-ce qu'il faut parler
17:49des questions de sécurité ?
17:50Je pense que c'était surtout ça
17:50votre question.
17:51Non, non.
17:52C'était plutôt en général
17:53sur l'incarnation.
17:54Ok.
17:55Oui, puis par rapport à la responsabilité.
17:56Est-ce qu'il faut parler
17:57des questions de sécurité ?
17:59Moi, je suis élu du 18e arrondissement.
18:00En sécurité, c'était juste un exemple.
18:01Mais il y a plusieurs questions
18:02comme ça, même sur l'immigration.
18:03Après 5 ans,
18:04je prends la question de la sécurité
18:06puisque c'est la question
18:07que vous avez évoquée.
18:08Moi, j'assume le fait
18:08qu'il faut parler
18:09des questions de sécurité.
18:10Pourquoi ?
18:11Parce que les gens en parlent.
18:14Et pour les habitants,
18:15y compris les habitants
18:16des quartiers populaires,
18:17je le dis comme élu
18:18du 18e arrondissement
18:19qui n'est pas l'arrondissement
18:20le plus bourgeois de Paris,
18:21ce sont les habitants
18:23des quartiers populaires
18:23qui me parlent
18:24des questions de sécurité.
18:26Pas seulement, d'ailleurs,
18:27les parents,
18:27mais aussi parfois les jeunes.
18:29Pour autant,
18:30moi, je ne partage pas du tout
18:32l'idée selon laquelle
18:33qu'on soit de gauche ou de droite,
18:35on apporte les mêmes réponses
18:36aux problèmes d'insécurité.
18:38Pas du tout.
18:39Au contraire.
18:40Et d'ailleurs,
18:41les pires en matière de sécurité,
18:43ça a été la droite.
18:44Y compris parce que non seulement
18:47ils ont contribué
18:50à ce que les bavures se multiplient
18:54et réduit,
18:55les contrôles
18:56qui permettent
18:57d'y remédier,
18:58mais surtout,
18:59ils ont dans le même temps,
19:01quand Sarkozy était
19:02ministre de l'Intérieur,
19:02par exemple,
19:03diminué de 13 000
19:04les effectifs policiers.
19:05Moi, je pense que les deux sont…
19:06– Sur les sorties médiatiques,
19:08du coup,
19:09qui sont interprétées
19:10par une partie de la gauche
19:11et je pense une partie
19:12de la jeunesse,
19:13en tout cas,
19:13je peux parler pour ma génération,
19:14peut-être,
19:15parfois comme des phrases
19:16qui sont un peu conservatrices,
19:18etc.
19:19Je me permets d'insister
19:20une dernière fois,
19:21mais parce que du coup,
19:21ça nous intéresse beaucoup.
19:23– Mais lesquelles ?
19:24– Parce que je voulais
19:25que je donne les exemples
19:26des phrases,
19:27toutes les petites phrases
19:28qui ont été faites
19:29sur la France
19:32qui est une passoire
19:33au niveau des passoires migratoires.
19:35– Non, il n'a jamais dit ça.
19:35Non, mais pour le coup,
19:36ça s'appelait bien.
19:37Parce qu'il n'a jamais dit ça.
19:39Il n'a jamais dit ça.
19:40Et en l'occurrence,
19:40quand il parle de passoires,
19:42il parle de frontières commerciales.
19:45Il parle du fait que la France
19:47est ouverte aux quatre vents
19:48parce qu'on accepte,
19:50par exemple,
19:51en matière agricole,
19:52l'importation en France
19:53de produits
19:54qui ne respectent
19:57aucune des normes
19:58qu'on impose à juste titre
20:00à nos agriculteurs.
20:01Ça, moi, je l'assume parfaitement.
20:02Je ne suis pas libéral économiquement.
20:04Dès lors que je ne suis pas libéral économiquement,
20:06je ne suis pas favorable
20:07à ce qu'on fasse rentrer en France
20:09des produits qui empoisonnent les gens
20:11et qui ont pour seul mérite
20:13d'être moins chers
20:14que des produits français.
20:15Donc, non mais après...
20:17L'expression-là était beaucoup repassagée, etc.
20:20On ne va pas s'empêcher d'utiliser le mot passoire
20:21parce que l'extrême droite l'a utilisé.
20:23En tout cas, ça fait beaucoup de petites choses,
20:26disons, qui peuvent...
20:26Oui, mais là, par exemple,
20:27ce n'est pas vrai.
20:28Je veux bien commenter un propos
20:31qui est réel,
20:32mais là, en l'occurrence,
20:33ce n'est pas vrai.
20:35Et comment dire ?
20:36À gauche, on a suffisamment de sujets
20:38de débats, à mon avis,
20:39et des débats, une fois de plus,
20:40qu'on peut avoir assez sereinement
20:42pour ne pas inventer des divergences
20:44là où elles n'existent pas.
20:45Je pense que personne à gauche aujourd'hui,
20:46ce n'a pas toujours été le cas,
20:47parce que les sociodémocrates
20:49ont souvent défendu le libre-échange.
20:50Je pense, par exemple,
20:51sur la question des frontières
20:54et des frontières commerciales,
20:56je pense qu'il y a aujourd'hui
20:57un relatif consensus à gauche,
20:59par exemple, pour dire qu'il ne faut pas
21:00de nouveaux traités de libre-échange.
21:02Donc, nous n'inventons pas
21:03entre nous des divergences.
21:04– Oui, mais du coup,
21:05s'il y a une incompréhension
21:06entre la jeunesse et Fabien Roussel
21:08sur les sujets d'immigration,
21:09c'est bien, au-delà des petites phrases,
21:12c'est bien que, justement,
21:13il y ait une incompréhension,
21:14il y ait une forme de cassure
21:15sur ces sujets, non ?
21:16Auprès de la jeunesse, à minima.
21:17– Je ne sais pas.
21:18D'abord, enfin, en tout cas,
21:19je peux parler pour moi,
21:21pour ce que je défends,
21:21pour ce que le Parti communiste défend.
21:23Le Parti communiste, par exemple,
21:24s'est beaucoup mobilisé
21:25pour la régularisation
21:26des travailleurs sans papier.
21:28Le premier sujet que j'ai traité au Sénat,
21:30c'était la loi immigration.
21:32On a beaucoup bataillé à l'époque.
21:35Et typiquement, sur la question
21:37de la régularisation des travailleurs sans papier,
21:38heureusement qu'il y avait
21:39les sénateurs communistes
21:40pour porter ces exigences-là,
21:41parce qu'on ne peut pas dire
21:42que c'était extrêmement partagé
21:44dans l'hémicycle du Sénat.
21:46– Un autre sujet qu'on tenait absolument
21:48à aborder avec vous
21:50est celui de l'intersectionnalité.
21:52On va d'ailleurs écouter
21:53la militante communiste et écrivaine
21:55Angela Davis en parler
21:57à la fête de l'humanité.
21:59You know, I think that
22:01the feminist movement,
22:05and I should be more specific,
22:08the anti-racist,
22:10anti-capitalist feminist movement,
22:15which I see as separate
22:18from those who identify
22:22with a feminist movement
22:24that simply wants to guarantee
22:27that women reach the same stage as men,
22:32what we used to call
22:33the bourgeois feminist movement.
22:37– On sent dans cet extrait
22:39qu'il y a une vraie attente
22:40et puis une vraie approbation
22:41de la foule
22:42et qu'il y a beaucoup de jeunes
22:43qui ont besoin de cette réflexion
22:45sur le féminisme,
22:46sur le féminisme bourgeois,
22:47c'est ce qu'elle dit.
22:49Vous, est-ce que vous considérez
22:50que la lutte des classes
22:51passe avant tout,
22:52quand je dis vous,
22:53c'est au Parti communiste,
22:55est-ce que l'intersectionnalité
22:57qui permet d'avoir
22:57une lecture plus transversale
22:59finalement de la lutte politique
23:01est quelque chose de valable
23:03et est un bon prisme
23:04pour réfléchir correctement
23:06à l'état du monde
23:07et de la société ?
23:08– Je pense que les choses
23:09s'additionnent.
23:10D'ailleurs, c'est le principe même
23:12de l'intersectionnalité
23:13de considérer qu'il y a
23:15des dominations qui s'entrelacent
23:17et qui sont intriquées
23:18les unes aux autres.
23:19Et de ce point de vue,
23:20le propos d'Angela Davis,
23:22moi, je ne peux que l'approuver.
23:23D'ailleurs, ce n'est pas une idéologie.
23:28Ce qu'elle décrit, c'est un fait.
23:29De fait, il y a des dominations
23:31qui s'additionnent.
23:31De fait, il y a des gens
23:34qui sont plus discriminés
23:35en raison de leur couleur de peau
23:37en plus du fait qu'ils appartiennent
23:39à une classe sociale
23:40qui est défavorisée.
23:41Donc non, moi, je partage cette lecture-là.
23:44– Alors du coup, je vais encore
23:45un petit peu plus loin dans ma question.
23:47On parlait tout à l'heure,
23:48Maud Verniel a fait un très bel édito
23:50tout à l'heure
23:51sur tout ce que les communistes aussi
23:53ont porté il y a 80 ans.
23:56Aujourd'hui, l'intersectionnalité,
23:58la question de genre,
23:59c'est des questions qui sont très importantes
24:00et y compris auprès de la jeunesse.
24:02Comment est-ce que le Parti communiste français
24:03peut rester à l'avant-garde de ces mouvements ?
24:05Le parti qui a commencé
24:07par présenter des femmes
24:08aux élections municipales,
24:10qui a très longtemps été à l'avant-garde
24:12sur ces sujets
24:13et qui paraît être en recul aujourd'hui,
24:15notamment sur les questions
24:16d'intersectionnalité.
24:17Qu'est-ce que vous, vous en pensez ?
24:19D'abord, typiquement sur des sujets
24:21que je traite, moi, au Sénat,
24:23par exemple sur la question
24:24des droits des personnes trans,
24:26j'ai l'impression qu'on est au rendez-vous.
24:27Est-ce que ça s'entend suffisamment ?
24:29Peut-être pas.
24:31En tout cas, moi, j'ai toujours l'impression,
24:33depuis un an que je suis au Sénat,
24:34d'avoir tenu la barre sur ce sujet.
24:37Là où, de mon point de vue,
24:38mais je ne suis peut-être pas le mieux placé
24:40pour en parler,
24:41là où, de mon point de vue,
24:42on a un recul incontestablement.
24:46C'est par exemple sur la question
24:49des femmes qui occupent
24:51les premières responsabilités.
24:53Vous l'avez dit,
24:53le Parti communiste a été un parti
24:55très en avance
24:57et a permis que des femmes
24:59soient élues députées très tôt
25:02quand d'autres partis ne le faisaient pas.
25:05Il y a un recul incontestablement
25:07sur cette question-là chez nous.
25:09Et je sais que les camarades,
25:10notamment Shirley Wehrden,
25:12travaillent beaucoup sur cette question.
25:14On organise maintenant,
25:15une fois par an,
25:16une assemblée des femmes responsables communistes,
25:19une assemblée non mixte,
25:21comme on dit.
25:23C'est déjà une avancée.
25:24Ça permet d'avoir des échanges
25:25qui sont sans doute plus francs
25:27et plus nets sur ces questions.
25:28Mais en tout cas,
25:29il y a quelque chose qui,
25:30de mon point de vue aujourd'hui,
25:31ne va pas.
25:33Et il y a besoin de progresser
25:35sur cette question.
25:36C'est très net.
25:37Moi, j'ai adhéré au Parti communiste.
25:39Marie-Georges Buffet
25:40était secrétaire nationale du parti.
25:42Ça a été la seule.
25:43Et ça a été la seule, effectivement.
25:45Et est-ce que ça ne passe pas aussi
25:47par l'incarnation ?
25:48Puisqu'effectivement,
25:49les plus grands responsables
25:50du Parti communiste aujourd'hui
25:50sont tous des hommes.
25:52C'est ce que j'étais en train
25:53d'essayer de vous dire.
25:54Mais oui, oui.
25:55Quand je regarde
25:55les dernières élections nationales,
25:58moi, je suis tête de liste
25:59aux élections européennes en 2019.
26:01Fabien Roussel est candidat
26:02à l'élection présidentielle de 2022.
26:04Léon Desfontaines est tête de liste
26:05en 2024.
26:07Oui, il y a un sujet.
26:08– Alors qu'il y a eu
26:09les premières députées
26:10qui étaient communistes.
26:11Et la première vice-présidente
26:12de l'Assemblée nationale,
26:13c'était Madeleine Braun
26:14qui était une députée communiste.
26:16Et que d'ailleurs…
26:16– Je tiens quand même à dire
26:18que notre groupe au Sénat
26:18est paritaire et présidé
26:19par une femme
26:20depuis quasiment toujours, je crois.
26:22– Depuis, c'est la cinquième
26:23ou sixième présidente.
26:24– Depuis Hélène Luc.
26:24– Peut-être avant.
26:25– Hélène Assassi, Hélène Luc,
26:27il y en a eu plusieurs.
26:28Et quelque part,
26:30l'intersectionnalité,
26:32c'est au cœur des réflexions
26:34dès les premiers communistes.
26:35En tout cas,
26:36quand on prend Friedrich Engels
26:37qui est auteur du manifeste
26:38du Parti communiste
26:39avec Karl Marx,
26:40il dit très vite
26:40que dans le couple,
26:42le bourgeois, c'est l'homme
26:43et le prolétaire, c'est la femme.
26:45Ce qui montre bien
26:45que chez les riches,
26:46donc les riches qui vont dominer
26:48les pauvres,
26:48et chez les pauvres à la maison,
26:50c'est-à-dire en dehors
26:50des clivages de classe,
26:51il y a des clivages internes
26:52au sein de chaque foyer
26:53et des dominations
26:54qui se superposent.
26:56– Tout à l'heure,
26:56vous en aviez parlé,
26:58donc il y a ces dominations-là
26:59qui existent,
26:59mais tout à l'heure,
27:00vous parliez de clivage de classe.
27:01Est-ce que vous avez l'impression
27:02qu'il est en train
27:03de trop s'effacer
27:03dans la société aujourd'hui ?
27:05– En tout cas…
27:06– La conscience, en tout cas…
27:07– La conscience de classe, oui.
27:11Oui, la conscience de classe, oui,
27:13elle a incontestablement reculé.
27:16Toutes les enquêtes d'opinion le prouvent.
27:18Ça, c'est évidemment un problème pour nous.
27:21C'est d'ailleurs, à mon avis,
27:22l'une des premières difficultés
27:24auxquelles on est confrontés aujourd'hui.
27:25– Au sujet de la stratégie et de la gauche,
27:28quel regard vous portez
27:29sur la gauche aujourd'hui ?
27:30On sent qu'elle est obligée
27:31de s'allier si elle ne veut pas
27:32se faire ratatiner
27:33et qu'elle a en plus
27:34plein d'intérêts communs
27:34pour défendre les gens
27:35et changer d'orientation ce pays.
27:38Et en même temps,
27:38on voit qu'il règne au sein de la gauche
27:40une compétition féroce interne
27:42entre les socialistes,
27:43les insoumis,
27:44les communistes et les géologistes.
27:45Pas tous les jours,
27:45mais souvent.
27:47Et donc, dans cette situation,
27:49vous attendez quoi, vous,
27:50des partis politiques de gauche ?
27:52Et en un mot, selon vous,
27:53pour vous, le NFP stop ou encore ?
27:56– Très honnêtement,
27:59il y a une telle menace
28:00de l'extrême droite aujourd'hui.
28:02Et la réalité,
28:03par rapport aux dernières élections législatives,
28:05n'a pas fondamentalement changé.
28:07Que ce serait irresponsable
28:08de dire maintenant,
28:09chacun part dans son coin.
28:13Donc, est-ce qu'il faut continuer
28:14à travailler l'unité de la gauche ?
28:16Oui, bien sûr.
28:18Est-ce que c'est le seul problème
28:19auquel on est confronté ?
28:20Je ne le pense pas.
28:21C'est-à-dire que l'unité
28:21est une condition, là aussi,
28:23nécessaire, mais pas suffisante.
28:25Mais enfin, ça ne veut pas dire
28:26qu'il faut envoyer valser
28:27l'enjeu de l'unité.
28:28Donc, l'unité,
28:28le rassemblement de la gauche,
28:30absolument nécessaire pour moi.
28:33Il y a une autre question
28:34qui renvoie à la question
28:35de la conscience de classe,
28:36qui est la question de l'unité
28:37du monde du travail,
28:39qui est évidemment une question
28:40beaucoup plus dure à résoudre
28:42qu'un accord électoral.
28:44Mais on ne peut quand même pas
28:45se faire à l'idée
28:48qu'aujourd'hui,
28:49la majorité des ouvriers,
28:50en tout cas,
28:51la majorité des ouvriers
28:52qui votent,
28:53glissent un bulletin de vote
28:54pour le rassemblement national
28:56lorsque il y a une élection.
28:57C'est quand même, pour nous,
28:59une défaite majeure.
29:02Majeure.
29:03Donc, on doit traiter cette question-là
29:04pas en faisant des concessions
29:06au rassemblement national,
29:07sur le fond ou sur la forme,
29:09pas en faisant des concessions,
29:11mais en reconstruisant
29:12l'unité du monde du travail
29:14autour d'enjeux de classe.
29:17Ça, pour l'instant,
29:18on ne peut pas dire
29:18qu'on y soit arrivé.
29:20Justement, à propos de la lutte
29:21contre l'extrême droite...
29:23Oui, on a toute une partie là-dessus,
29:24mais justement,
29:25pour rebondir,
29:26sur le nouveau Front populaire,
29:28il a créé un immense espoir
29:29dans le pays,
29:30et il a même créé une surprise
29:31en arrivant en tête
29:31au second tour
29:32en nom d'élu des législatives.
29:35Donc, il y a des alliances à gauche,
29:38des divergences,
29:38il y a la NUP,
29:39il y a le nouveau Front populaire.
29:41Est-ce que vous n'avez pas l'impression
29:41que parfois,
29:42la gauche n'est pas assez responsable,
29:44ou en tout cas,
29:44qu'elle crée de la désespérance
29:45à se tirer dans les pattes ?
29:46On a un peu l'impression des fois
29:47que la gauche,
29:48c'est les porcs épiques en hiver
29:50de Schopenhauer.
29:51C'est-à-dire,
29:52isolés,
29:52ils ont froid.
29:52– Il va falloir m'expliquer la référence.
29:54– Je vais l'expliquer.
29:55– On n'avait pas l'impression
29:56qu'on n'avait pas l'impression.
29:58– Mais là, je vais y arriver.
29:58Isolés, ils ont froid.
30:00Donc, ils se rapprochent
30:00les uns des autres.
30:01Et là, ils se piquent.
30:02Du coup, ils s'écartent.
30:03Mais là, ils ont froid.
30:03Du coup, ils se rapprochent.
30:04Ils se piquent.
30:04Et ils n'arrêtent pas de faire ça.
30:05– C'est bien expliqué.
30:05– Est-ce que la gauche,
30:06qui n'arrête pas de faire des...
30:07On a parfois de s'écarter,
30:10s'allier,
30:11est-ce que ce mouvement-là
30:12et pas un peu...
30:13Alors qu'il y a beaucoup d'espoir.
30:14On voit, il y a une attente
30:14sur l'ouvre populaire.
30:15Est-ce que ça ne crée pas un peu,
30:16des fois, de la désespérance ?
30:17– C'est un peu la difficulté qu'on a.
30:19C'est-à-dire qu'il y a à la fois besoin,
30:20à mon avis, qu'on reste unis.
30:22Il y a dans le même temps besoin
30:23qu'on se dise un certain nombre de choses.
30:24Parce qu'il y a encore des débats
30:26qui nous animent.
30:27Et nous ne pensons pas tous
30:29exactement la même chose
30:30sur la stratégie
30:32qui nous permettrait, par exemple,
30:33demain, d'avoir une majorité absolue
30:35à l'Assemblée nationale.
30:36Pour moi, c'est ça le sujet.
30:37C'est comment est-ce que demain,
30:38la gauche, au lieu d'avoir
30:39une toute petite majorité relative
30:41comme aujourd'hui,
30:42elle dispose d'une majorité absolue.
30:44Moi, ma réponse,
30:45mais enfin, ce n'est qu'une réponse partielle,
30:47c'est que la clé pour y arriver,
30:50c'est de reconstruire l'unité
30:52du monde du travail,
30:53d'être capable de faire en sorte
30:55que la gauche soit reconnue
30:57par le monde du travail
30:58comme la réponse à ses problèmes.
31:02D'autres disent autre chose.
31:04D'autres ont une stratégie
31:05qui n'est pas exactement la même.
31:06Donc, il faut qu'on puisse débattre.
31:08Pour autant,
31:09il ne faut jamais perdre de vue
31:10que l'unité est une condition
31:13nécessaire à la victoire.
31:15– Surtout face à l'extrême droite,
31:16on y vient.
31:18Vous êtes communiste, homosexuel
31:20et issu d'une famille juive.
31:21Trois raisons qui, sous l'occupation,
31:23vous auraient valu d'être poursuivis
31:24et déportés si les nazis
31:26vous avaient attrapés.
31:27Justement, 80 ans après
31:28la libération d'Auschwitz,
31:30comment vous analysez
31:31le développement d'une nouvelle forme
31:33d'international fasciste
31:35alliée au capital,
31:36comme on le voit avec Trump,
31:37Musk et plein d'autres ?
31:38– Je le regarde avec effroi.
31:42C'est vrai que je pense aussi
31:43à ma famille qui, elle,
31:45a survécu au camp.
31:46Je viens d'une famille
31:48juive polonaise.
31:50C'est effarant de voir
31:53comment ces idées disqualifiées
31:55au lendemain de la Seconde Guerre mondiale,
31:58aujourd'hui,
31:59retrouvent un tel crédit.
32:01Vous savez, mes grands-parents
32:03m'ont vraiment appris
32:06deux choses.
32:07La première,
32:09eux qui sortaient de la guerre
32:11et qui étaient les seuls survivants
32:12de leur famille.
32:13La première,
32:14c'est une intransigeance
32:17vis-à-vis de l'extrême droite.
32:18Mes grands-parents se définissaient
32:20d'abord comme antifascistes.
32:23Premièrement,
32:24l'intransigeance
32:25vis-à-vis de ces idées-là.
32:28Et deuxièmement,
32:32le combat, quoi.
32:34L'idée qu'on ne laisse pas passer
32:37et on se bat pour que nos idées,
32:39les idées progressistes,
32:40soient majoritaires.
32:42Donc évidemment que voir
32:44ce contexte international-là,
32:47ça fait froid dans le dos.
32:49Avec, en plus, c'est vrai,
32:51le capital qui, aujourd'hui,
32:54cherche dans cette espèce
32:56de néofascisme
32:58une solution de rechange.
33:01Voir Bernard Arnault,
33:04première fortune française,
33:06faire l'éloge d'Elon Musk
33:08comme il l'a fait aujourd'hui,
33:10tout ça pour dire que ce serait bien
33:11s'il payait moins d'impôts,
33:13c'est effarant.
33:15– Ça n'annonce rien de bon.
33:17– Ça n'annonce rien de bon.
33:19À partir de là,
33:20de quelle manière on fait ?
33:22D'abord, une fois de plus,
33:24en étant absolument intransigeant
33:28et en étant capable
33:29de recréer un espoir
33:31autour d'idées progressistes.
33:33C'est là-dessus qu'on est un peu en panne.
33:36Et le nouveau Front populaire,
33:37enfin, comment dire ?
33:38Le nouveau Front populaire
33:39a permis et a été un outil
33:41qui a mis en échec
33:43l'extrême droite.
33:44C'était déjà important,
33:45parce qu'à l'époque,
33:46quand même, souvenons-nous,
33:47où tout le monde prédisait
33:48la victoire de l'extrême droite.
33:49Donc ça, on l'a empêchée.
33:51Pour autant,
33:52sur la deuxième partie,
33:53plus ambitieuse,
33:55on n'a pas réussi
33:56à recréer un espoir majoritaire,
33:58en tout cas.
34:00Le seul espoir qu'on créait,
34:01c'était par ce bulletin de vote-là
34:03qu'on évitait l'extrême droite.
34:04C'était une forme de soulagement.
34:06Il y avait du soulagement,
34:07il n'y avait pas d'enthousiasme démesuré.
34:10On a besoin de passer la seconde.
34:11Et de mon point de vue,
34:12c'est le moment
34:13dans lequel on est aujourd'hui.
34:14– Alors, on pourrait se dire
34:16qu'on y a échappé, effectivement,
34:19mais on s'interroge quand même
34:20beaucoup sur aussi
34:20le gouvernement actuel en France.
34:22Par exemple,
34:23le Premier ministre François Bayrou,
34:24cette semaine,
34:25il a validé le discours
34:26de l'extrême droite
34:27sur l'immigration.
34:28– D'ailleurs, on va revoir,
34:29effectivement,
34:31la séquence
34:31qui a choqué beaucoup de monde.
34:32– Je ne crois pas
34:35que ce soit mieux
34:35d'être métissé
34:37que de ne pas l'être.
34:40Je pense que
34:41les apports étrangers
34:45sont positifs
34:47pour un peuple
34:48à condition
34:48qu'il ne dépasse pas
34:50une proportion.
34:52Je pense que
34:53la rencontre des cultures
34:55est positive.
34:56Mais dès l'instant
34:58que vous avez le sentiment
34:59d'une submersion,
35:01de ne plus reconnaître
35:02votre pays,
35:03de ne plus reconnaître
35:06les modes de vie
35:07ou la culture,
35:08dès cet instant-là,
35:09vous avez rejet.
35:10– On y est en France,
35:11selon vous ?
35:11Est-ce qu'on y est en France,
35:12oui ou non ?
35:13– On approche,
35:14en tout cas,
35:15c'est dans cette zone
35:16qu'on se trouve.
35:17Et un certain nombre
35:18de villes
35:19ou de régions
35:21sont dans ce sentiment-là.
35:24– C'est intéressant
35:25parce que c'est vrai
35:26que François Bayrou,
35:27il est présenté
35:27dans les médias
35:28encore aujourd'hui
35:29comme un centriste.
35:30Donc on pourrait
35:30un petit peu penser
35:31à la notion
35:32d'extrême-centre
35:33de Pierre Cerna.
35:34On ne va pas
35:34tout expliquer ici
35:35mais c'est très intéressant
35:36et très rapidement
35:37c'est l'idée
35:38de vouloir être au-dessus
35:39des partis,
35:40des idéologies,
35:41suivre un petit peu
35:42le vent comme une girouette
35:43et ça finit toujours
35:43dans l'autoritarisme.
35:45Et donc,
35:46en fait,
35:46qu'est-ce que vous pensez
35:47justement du fait
35:47qu'à présent
35:48les personnes qui sont au pouvoir,
35:50même quand elles ne sont pas
35:52présentées comme des personnes
35:53de droite,
35:53finalement tiennent
35:54les mêmes discours
35:55dont on parlait
35:57juste avant,
35:58effectivement des discours
35:59clairement d'extrême-droite.
36:01Parce que je pense
36:01que l'extrême-droite
36:03a gagné la bataille idéologique
36:05sur un certain nombre
36:06de sujets.
36:07Enfin,
36:08en tout cas,
36:08elle l'a menée
36:09avec beaucoup d'énergie
36:10au point que
36:12toute une élite
36:13dite républicaine
36:15dont Bayrou
36:16ont fini par se rallier
36:18à ce discours.
36:18Ça, c'est le discours
36:20du Club de l'Horloge
36:22au début des années 80.
36:24L'idée qu'il y aurait
36:26une submersion migratoire.
36:27Ça fait 40 ans
36:29que l'extrême-droite
36:30est repris à son compte
36:37par quelqu'un
36:38qu'on qualifie de centriste,
36:40qui en réalité
36:40a toujours été de droite,
36:41mais enfin,
36:42qui appartenait
36:43à ce qu'on appelait
36:43la droite républicaine.
36:46Et donc, bien sûr,
36:47moi, je pense que
36:51si on regarde les choses
36:52de manière un peu posée,
36:54le fascisme est en train
36:55de devenir une espèce
36:55de nouvelle pensée unique.
36:57Tout est inversé.
36:58Quand j'étais à l'école,
37:00un mec qui tenait
37:00des propos racistes,
37:02c'était un paria.
37:05Là, maintenant,
37:06le mec qui tient
37:07un discours de gauche
37:09et qui tient bon,
37:11c'est une espèce
37:12de naïf,
37:13un peu bête,
37:15qui n'a rien compris
37:16à l'évolution de la société,
37:17qui est dans le déni,
37:18comme ils disent.
37:19Vous savez,
37:19l'autre jour,
37:19vous allez vous foutre
37:20de ma gueule,
37:20mais l'autre jour,
37:23vous savez,
37:23il y avait...
37:25C'est ma référence
37:26de Boomer,
37:26mais il y avait
37:27une émission consacrée
37:28à Dorothée.
37:29Vous avez vu ça ?
37:30Et on demandait
37:33à Dorothée...
37:34Non, mais vous allez voir.
37:35On demandait à Dorothée
37:37quelle était
37:37sa plus grande fierté.
37:39Elle est quand même
37:40une grosse animatrice
37:41des années 80,
37:42tous les maux,
37:43mais regardez ça.
37:44Elle dit
37:44« Ma plus grande fierté,
37:46c'est quand on a fait
37:48une émission caritative
37:50pour aider des gamins
37:51du tiers-monde
37:53à se faire soigner
37:54en France. »
37:56Aujourd'hui,
37:57vous imaginez
37:57une émission
37:58de jeunesse
38:00dans laquelle
38:02on accueillerait
38:03des enfants
38:04payés en voie
38:05de développement
38:06pour leur permettre
38:07de se faire soigner
38:07en France.
38:08Mais vous faites ça.
38:08vous avez toute la racaille
38:10d'extrême-droite
38:11qui vous dirait
38:12« Pourquoi est-ce qu'on va
38:14aller soigner un gamin
38:15qui vient d'Afrique
38:16alors qu'à l'hôpital public
38:18français,
38:19il est dans un état
38:19aussi pathétique ? »
38:21Mais c'est vrai.
38:23Et donc,
38:24je pense
38:27que la gauche
38:28a laissé
38:29l'extrême-droite
38:31boxer seule.
38:32– Et notamment,
38:33parce qu'on en parlait
38:34en préparation
38:35de l'émission,
38:36on est effaré
38:37des résultats
38:38de Marine Le Pen
38:38à Mayotte.
38:40C'est le symbole
38:41Mayotte
38:42peut-être
38:42d'une part
38:44de la défaite
38:44idéologique
38:45dont vous parliez ?
38:46– Dans la foulée
38:46de cette intervention,
38:47François Bayrou
38:48dit que s'il y avait
38:49la même proportion
38:50d'immigrés à Mayotte
38:51qu'à Paris,
38:51il y aurait 400 000 immigrés
38:53dans Paris-Intramuros.
38:54Donc clairement,
38:55là, on voit
38:55qu'il est en train
38:55d'essayer d'utiliser Mayotte
38:57et de diaboliser
38:59l'immigration
38:59pour faire part du monde.
39:01– Paris,
39:01en habitant sur quatre
39:02est né à l'étranger.
39:03– Absolument.
39:04– C'est vrai.
39:05– Et on vit bien.
39:07C'est ça qui est aussi frappant.
39:09C'est que dans une ville
39:12comme Paris,
39:12qui est ma ville,
39:13celle où je suis élu,
39:14je suis élu du 18e arrondissement
39:16qui plus est,
39:16où on est à plus d'un quart
39:17de la population
39:18qui est née à l'étranger,
39:19on a des scores
39:20de l'extrême droite
39:21qui sont très faibles.
39:24Et il y a des clivages sociaux
39:27dans l'arrondissement.
39:28Mais globalement,
39:30on vit bien.
39:30on vit bien.
39:32Je sais que quand je dis
39:33que si la France
39:34ressemblait davantage
39:35au 18e arrondissement,
39:36ça fait hurler des gens.
39:37Mais je le pense quand même
39:38un peu.
39:38– Mais du coup,
39:39il y a quand même
39:40aux dernières élections,
39:41plusieurs communistes
39:44aux dernières législatives,
39:45quatre députés
39:46assez emblématiques
39:47qui ont été battus,
39:49Jean-Marc Tellier,
39:50Fabien Roussel
39:51dans une circonscription
39:52qui était communiste
39:53depuis 1962,
39:54mais aussi Sébastien Jumel
39:56et Pierre Dariville.
39:58Comment vous analysez ça
39:59au-delà du fait
40:00de la badaille idéologique ?
40:01– Les quatre battus
40:02par l'extrême droite.
40:03– Oui.
40:03– Les quatre battus
40:04effectivement par l'ERN.
40:06Ce que nous disent
40:06les camarades,
40:07ce que j'ai pu expérimenter
40:08quand j'ai filé
40:09un coup de main
40:10à Fabien en porte-à-porte,
40:11qu'est-ce que les gens
40:12disaient
40:12quand ils ouvraient la porte ?
40:14Ils disaient
40:15« On vous aime bien,
40:16vous faites du bon boulot,
40:18mais on veut que ça change. »
40:20Ce qui est quand même…
40:22Et donc, en fait,
40:23quand ils disaient
40:24« On veut que ça change »,
40:24ça veut dire
40:25« On va voter
40:25pour le Rassemblement national ».
40:29Ce qui est quand même étonnant
40:31parce qu'on parle de députés
40:32qui n'étaient pas représentants
40:34de la majorité sortante,
40:35on parle de députés
40:36qui étaient députés d'opposition.
40:39Tant que,
40:40dans toute une partie de la France,
40:42le changement,
40:43c'est le RN,
40:47on est en difficulté.
40:48L'alternance
40:50pour toute une partie des gens
40:51aujourd'hui,
40:52c'est le RN.
40:54Donc,
40:55c'est la difficulté
40:57à laquelle on est confronté.
40:59Merci, Yann Grosse.
41:00Est-ce que juste le NFP,
41:02là-dessus,
41:02vous avez dit
41:02que la gauche a laissé
41:03trop longtemps le RN
41:04boxer tout seul
41:04sur certains sujets.
41:05Est-ce que le NFP,
41:06aujourd'hui,
41:06se met suffisamment en situation
41:08d'aller incarner davantage
41:09l'alternance que le RN
41:11et de battre le RN
41:11sur ce terrain idéologique ?
41:13Aujourd'hui, non,
41:13mais parce que je pense
41:14que dans une partie de la gauche,
41:17il y a l'idée
41:18que ça ne sert à rien
41:19de s'adresser à l'électorat,
41:20à toute une partie de l'électorat.
41:21Et notamment l'électorat
41:23qui a basculé au RN.
41:25Évidemment,
41:26c'est difficile
41:29de faire changer d'avis des gens.
41:31Enfin,
41:32s'ils ont changé d'avis
41:33dans un sens,
41:33ils peuvent aussi basculer
41:35dans l'autre.
41:36Mais une fois de plus,
41:36on ne le fera pas
41:37en faisant des concessions
41:39à l'extrême droite.
41:40On le fera
41:41en recréant de l'espoir
41:42autour de nos idées.
41:44C'est pour ça
41:45qu'on vous interrogeait
41:46tout à l'heure
41:46sur les petites phrases.
41:47Justement,
41:48parce que moi,
41:49j'avoue que je n'ai pas
41:50en tête
41:50toutes les sorties médiatiques
41:51sur le sujet.
41:53J'avoue que je suis très attachée
41:54à travers mon travail
41:55à toutes les questions de genre
41:56et sur tout ce que…
41:57Et je suis désolée,
41:58je me permets de revenir dessus
41:59parce que ça revient
41:59vraiment beaucoup
42:00dans le chat
42:00sur toutes les sorties
42:01autour du barbecue
42:02et d'une certaine vision
42:03de la masculinité,
42:04de la virilité,
42:05etc.
42:06ce n'est pas comme ça
42:07qu'on va a priori
42:08regagner le débat.
42:10– Oui,
42:10je ne suis pas persuadé
42:11que la question
42:12de la viande
42:13soit le cœur
42:14du débat politique.
42:15Elle a pris
42:16une ampleur médiatique
42:17à laquelle je ne m'attendais pas
42:19au moment de la campagne.
42:20– C'est significatif
42:22de quelque chose peut-être ?
42:23– Je ne suis pas
42:24totalement certain,
42:26mais je veux qu'on en reparle.
42:28– Merci en tout cas,
42:30Yann Brossat,
42:30d'avoir répondu
42:31à ces différentes questions.
42:32Ce n'est pas encore fini,
42:33vous êtes toujours sur le gris.
42:34Mais avant d'entamer
42:37la dernière partie
42:37de l'interview
42:38et d'échanger
42:39sur les municipales
42:40et le logement,
42:41on va accueillir
42:42notre cher Pierre-Antoine
42:44avec son ton décalé
42:45limite malaisant,
42:47probablement le pire journaliste
42:48de la rédaction
42:49et de toutes les rédactions
42:50de France d'ailleurs.
42:52C'est la carte de Presque.
42:54– Bonjour,
43:03et merci
43:04pour tous ces compliments
43:05qui me vont droit au cœur.
43:11Yann, tu vas bien ?
43:12– Tout va bien,
43:13enfin pour l'instant.
43:14– Merci de me demander
43:15moi aussi.
43:16Je ne la fais pas à chaque fois
43:17parce qu'à chaque fois,
43:17personne ne me demande
43:18si moi je vais bien.
43:19– Parce que ça se voit.
43:21– Ah ouais ?
43:21Tout le monde me dit ça.
43:22Bon Yann,
43:23ça me fait extrêmement plaisir
43:24de t'accueillir ici sur le plateau
43:26parce que très sincèrement,
43:27moi je ne pensais pas
43:28qu'on allait accueillir ici
43:29un jour
43:29un communiste.
43:31– Oui, dingue.
43:32– Comme quoi,
43:33tout est possible.
43:34Non, c'est évidemment faux.
43:35On a essayé de vous bluffer
43:37pendant deux émissions.
43:38Mais on revient très vite
43:40aux bonnes habitudes.
43:42chassé le naturel
43:42et il revient au galop.
43:46Voilà.
43:47Bref,
43:48tout a pour dur.
43:49– C'était pas le meilleur.
43:50– Moi je suis connu
43:52surtout pour mes enquêtes
43:53qui sont extrêmement pertinentes.
43:55Yann,
43:55extrêmement pertinentes mes enquêtes.
43:56Du coup,
43:57j'ai enquêté sur toi,
43:58sur ta vie,
43:59sur ce que tu es.
43:59Et j'ai découvert
44:00que tu t'étais marié en 2013
44:02et donc que cette année
44:03tu fêtes tes noces de soi.
44:05Déjà, félicitations.
44:07Félicitations,
44:08c'est quand même pas rien.
44:09Et donc,
44:09t'es marié
44:10avec un prof de mathématiques.
44:11Et je me demandais
44:12si parfois vous discutiez
44:13de vos jobs respectifs.
44:16Oui, non ?
44:18– Du mien,
44:18pas trop.
44:19– Combien ça fait ?
44:20308 fois ?
44:21372 ?
44:21– Je ne sais pas.
44:22Mais j'ai une calculette.
44:23– Ça fait 114 576.
44:27Et oui, Yann.
44:28– Pour travailler
44:29ses calculs mentaux.
44:31Bon, Yann,
44:32moi si je t'adore
44:32et si je t'avisir,
44:33c'est aussi parce qu'au-delà
44:34d'être un homme politique
44:36accompli,
44:37t'es aussi
44:40un bodybuilder.
44:41réputé
44:42d'Ile-de-France.
44:44Cette photo, Yann,
44:45c'est ma photo de chevet.
44:47Tous les soirs,
44:48avant de me coucher
44:50et de m'endormir,
44:50je la regarde et je me dis
44:52quand je serai grand,
44:53je serai comme Yann.
44:55Quand je serai grand,
44:56je serai comme Yann.
44:58Et en fait,
44:59finalement,
44:59quand je la regarde,
45:00cette photo,
45:00je me demande
45:00si ce n'est pas toi,
45:01notre petit boy in shape
45:02de gauche.
45:04– Il y a un peu de marge quand même.
45:04– Lumi,
45:05ça va le procès ?
45:06– Bon,
45:09on va quand même discuter
45:10un petit peu du fond.
45:12T'es quand même à l'origine de…
45:13parce qu'on est aussi intelligents aussi.
45:15T'es quand même à l'origine
45:16de l'installation
45:17d'un centre d'hébergement d'urgence
45:18dans le 16e arrondissement.
45:19– Deux.
45:19– Deux.
45:21Est-ce qu'on peut applaudir
45:22aujourd'hui,
45:22Ambrassa ?
45:23– Tout seul, tout seul.
45:26Le chat si vous voulez.
45:27– Merci le chat
45:28d'applaudir avec moi.
45:29T'es quand même à l'origine
45:30de deux installations
45:31de centre d'hébergement d'urgence.
45:33Et du coup,
45:33moi,
45:33ce que j'ai voulu découvrir,
45:34c'est ce qu'était devenu
45:36aujourd'hui
45:37le 16e arrondissement de Paris.
45:38Donc,
45:38j'ai envoyé mon pire reporter
45:40sur le terrain
45:41qui s'appelle
45:42Vincent Lecaillou.
45:43Je vais vous le présenter.
45:45Petit disclaimer
45:45avant que ça commence.
45:47Toute ressemblance
45:49avec un reporter
45:50d'extrême droite
45:51pas du tout neutre
45:52est absolument fortuite.
45:55Magneto,
45:56s'il vous plaît.
45:56Mike.
45:57– Tu sais où on est aujourd'hui, Mike ?
45:59– Non.
45:59– Dans le 16e arrondissement.
46:01Et d'après le dernier sondage
46:02de CNews,
46:0287% des Français
46:04confondent le 16e avec Roubaix.
46:05– Ah ouais, ça fait peur.
46:06– Ouais, je suis bien d'accord
46:07avec toi, Mike.
46:10Attention, Mike.
46:11J'ai vu sur Twitter
46:12qu'il y avait des bandes rivales.
46:13Il faut être sur ses gardes.
46:13Donc là, on est dans le 16e saccagé.
46:15Et après l'installation
46:16de logements sociaux,
46:17ici, c'est devenu Bagdad.
46:18– Ça fait chaud, Mike.
46:19Il y a des bandes rivales.
46:19Logements sociaux,
46:21allocations familiales,
46:21RSA,
46:23Arabes,
46:24logements sociaux,
46:25Ara...
46:26– Ah ouais, donc c'est ça,
46:27le 16e.
46:29– C'est chaud.
46:30– Vous en avez marre
46:30des logements sociaux ?
46:31C'est un coup des communistes.
46:32Ici, c'est devenu un goulag
46:33à ciel ouvert.
46:34Ils veulent transformer Paris
46:35en une gigantesque cité HLM.
46:36– C'est chaud.
46:37– Ils veulent ouvrir
46:37une épicerie solidaire.
46:38Non, mais vous imaginez.
46:39– Filme bien, Mike.
46:40– Filme.
46:40– Solidaire.
46:41– Dans le 16e arrondissement.
46:41– Tu filmes ?
46:42– Quelle indignité, hein ?
46:43Pas chez moi.
46:43– Secours, Mike.
46:44– Mardi en 8,
46:45ma gouvernante est allée
46:45chercher une baguette.
46:46Elle coûtait 90 centimes.
46:48Il n'y a même pas deux semaines,
46:49elle coûtait 1,40 €.
46:50Les prix dégringolent déjà.
46:53– C'est chaud, hein ?
46:53– Ils veulent ouvrir
46:54une école publique.
46:55– Ça me fait de la peine pour vous.
46:56– C'est juste un enfer.
46:57– Vous en avez assez
46:58de ces tracailles, hein ?
46:59– C'est une honte.
47:00Yann Brossat est une menace
47:01pour notre vivre ensemble.
47:02Qui est-il
47:03pour venir imposer des pauvres
47:04ici ?
47:05– Ça sent bon.
47:06– Mais moins qu'avant.
47:06– C'est quoi la prochaine étape ?
47:08Un city-stade ?
47:09– Waouh, regarde, Mike.
47:10Y'a même des graffitis.
47:10– Où ça ? Où ça ?
47:11– Ici.
47:12C'est énorme.
47:13Ça devait être au moins
47:13une police 55.
47:15– Et puis quoi encore ?
47:16Une friperie ?
47:17Peut-être même un minaret ?
47:18On en marche sur la tête.
47:19– Je m'en d'a fini.
47:20– Euh, vous coupez ça.
47:22– Comme vous l'avez vu,
47:23le 16e n'est plus.
47:24Des prix qui dégringolent.
47:25Valeurs qui se perdent.
47:26Là, maintenant, il pleut.
47:27Économie qui s'effondre.
47:28Il pleut, là.
47:29Arabe.
47:29La bourgeoisie parisienne
47:30est menacée dans son essence même.
47:32Mais qui pourra arrêter
47:33le communiste Yann Brossat ?
47:34J'espère quelqu'un.
47:35Et rapidement.
47:36– C'est bon, c'est coupé ?
47:37– Ouais, c'est coupé, c'est bon.
47:38– Arrête de boire un handicap à la maison.
47:39– Ouais, vas-y, je suis chaud.
47:42– Salut maman, ça va ?
47:43Je suis avec Mike.
47:46– T'as vu le bordel
47:46qu'est-ce que c'est devenu ?
47:47– On reprenait vraiment
47:48Vincent Cailloux.
47:49– T'as vu ?
47:49– Ah ouais, ouais.
47:50– Le Vincent Cailloux ?
47:50– Rien à voir avec l'autre gars
47:52qu'on ne va pas citer.
47:54– Ouais, ouais.
47:55Bon, tu t'es déclaré candidat
47:57à la mairie de Paris.
47:58En tout cas, tu t'es...
47:59– Pour en faire quelques autres, ouais.
48:00– Pour en faire quelques autres.
48:02Bon, t'as vu le 16ème,
48:03les gens t'aiment pas.
48:04Je me dis, les gens dans Paris,
48:05peut-être qu'ils vont pas voter pour toi.
48:06Moi, ce que je te propose,
48:08c'est de te concentrer sur le 18ème.
48:10Là, je te propose un plan.
48:11Yann, tu te concentres sur le 18ème,
48:13t'essayes de refaire la commune.
48:14Bon, c'est un post-bin en 2025.
48:16Mais peut-être sur un malentendu,
48:17ça peut marcher,
48:17on reprend le pouvoir,
48:18je sais pas ce que je veux dire.
48:19On tente quelque chose.
48:20Bref, on arrive déjà
48:22à la dernière partie de la chronique.
48:23Ça va tellement vite.
48:24Ça va au moins à 60 à l'heure.
48:28Qui a envie que ça continue des heures ?
48:30– Combien de temps t'es capable de tenir ?
48:32– Moi, je pense en vrai très longtemps.
48:36Bref, dans les précédentes émissions,
48:38il y avait un truc qui s'appelait
48:39« Ça ira, ça ira pas ».
48:40Personne ne comprenait rien.
48:42Et donc, on m'a refilé le bébé.
48:45Et c'est moi qui ai la charge du « Ça ira, ça ira pas ».
48:47– C'est un peu vrai en plus.
48:48– Je t'explique un petit peu les règles.
48:50Je vais te montrer les petites photos.
48:51Tu vas me dire « Ça ira ».
48:52« Ça ira », ça veut dire
48:53« Ah, ça c'est trop stylé,
48:54ça c'est allé fou, j'adore, machin ».
48:56« Ça ira pas », ça veut dire
48:58« Non, ça c'est pas allé fou,
48:59ça j'aime pas, c'est pas stylé,
49:00on arrête tout de suite ».
49:01T'as compris le principe du jeu ?
49:02– Ça va.
49:03– C'est assez simple.
49:04J'ai mieux expliqué que les autres.
49:05Et pourtant, c'est eux qui sont fondatateurs
49:07et moi qui fais des chroniques.
49:08S'ils croient, ça ?
49:09Bon.
49:11Une candidature communiste en 2027.
49:13« Ça ira ou ça ira pas ? »
49:15– « Ça ira. »
49:16– Ok.
49:18Vous avez vu, on a des réponses.
49:20– On a des vraies réponses aux questions.
49:22– Le PS dans le NFP,
49:24« Ça ira ou ça ira pas ? »
49:25– « Ça ira. »
49:28– J'aurais aimé qu'il y ait un peu plus d'éléments.
49:30– On n'a pas de détails.
49:31– Ah, je peux justifier ?
49:31– Ah oui, oui, tu peux.
49:33– C'est une phrase qu'on veut.
49:34– Ouais, mais parce que…
49:37Alors, non, la deuxième, là.
49:39– C'est là, non ?
49:39Moi, ça me donne.
49:40– Non, mais j'ai répondu, voilà.
49:42Mais sur la deuxième.
49:44Non, mais parce qu'en fait, moi, je pense,
49:45une fois de plus, il y a la menace du RN.
49:47Donc, au final, tout le monde a besoin de se rassembler.
49:50Voilà.
49:51– Ouais, t'as raison, je pense.
49:53Je pense que ça se tient comme argument.
49:56Celle-ci.
49:57Les fauteuils de Gérard Larcher à 34 000 balles au Sénat.
50:01Qu'est-ce qu'on en pense ?
50:02Ça ira ou ça ira pas ?
50:02– Ça ira pas.
50:03Je n'ai pas testé le fauteuil, donc je ne suis pas capable de dire s'il est confortable.
50:08Mais non, je pense que personne ne peut justifier ça dans le contexte.
50:11– C'est celui-ci, là ? Il n'est pas si beau ?
50:13– Non, c'est pas lui.
50:13– Ah, d'accord.
50:14– Mais je n'ai pas trouvé la photo.
50:15– C'est le prototype, ça.
50:17– Et les montages, c'est de moi.
50:18– Les montages sont de moi.
50:20– Il fallait nous demander, on aurait fait une photo depuis la séance.
50:23– Tu peux faire ça ?
50:24– Bah oui.
50:24– C'est trop sympa.
50:25On fait ça, le prochain.
50:26– C'est trop tard, maintenant.
50:27– Bon.
50:29– 100 kilos développés couchés, ça ira ou ça ira pas ?
50:31– 100, c'est beaucoup quand même.
50:32– Tu ne fais pas ?
50:32– Non.
50:33– Ça ira pas ?
50:34– 70, 80, non, ça ira pas.
50:35– Qui est pas mal.
50:36– Pas encore.
50:37– Pas encore.
50:38Bon, je te souhaite bon courage.
50:40– L'autre débile qui dit que Hitler était un communiste, ça ira ou ça ira pas ?
50:47– Non, mais je trouve que c'est assez révélateur, enfin le propos, est assez révélateur
50:52de la confusion idéologique dans laquelle on est, quoi, où les résistants deviennent
50:58des collabos, les collabos deviennent des résistants, l'extrême droite devient communiste,
51:02enfin n'importe quoi, et c'est ce à quoi ils ont beaucoup travaillé ces dernières
51:06années, quoi.
51:08– Tu as tout dit, je pense, tu as dit les termes.
51:12La mairie de Paris en 2026, alors là j'ai essayé de caler tout le monde, moi personnellement
51:15en cherchant il y a 4 gars que je connais pas.
51:18Ça ira ou ça ira pas à la mairie de Paris en 2026 ?
51:20– Pour nous ça ira, si si ça ira.
51:22– Pour toi ?
51:22– Oui ça ira, oui.
51:24Eux je suis pas…
51:25– Tu les connais tous ?
51:26– Je suis déter, bah oui je les connais quand même, oui.
51:28Mais par contre il faut vraiment qu'on nage.
51:31– Bah oui c'est le principe.
51:32– D'accord.
51:33– On aura à remplacer Anne Hidalgo, elle s'est jetée, ça sera à toi ou…
51:36– Ça ira.
51:37– À Ferro ou Grégoire ou… j'ai pas les autres.
51:39– Ça ira bien.
51:40Bon sur ce, moi je vous laisse parce qu'il y a le multiplex de Ligue des Champions en
51:44fait.
51:45Et même si je vous adore, je préfère largement le foot.
51:47Bon je vous laisse.
51:49Je peux te laisser cette petite photo ?
51:50– Non je l'ai déjà.
51:52– Bah non je te la laisse.
51:53Non non moi je l'ai déjà.
51:54– T'es dédiquée à ce que c'est.
51:55– Merci beaucoup en tout cas.
51:58– Merci Péa.
51:58On va revenir sur les municipales puisqu'on parlait de l'union de la gauche et donc c'était
52:02très visible sur la magnifique photo de Péa.
52:05Cette multitude déjà de candidats avec Emmanuel Grégoire et Rémi Ferraud, donc deux socialistes,
52:12deux écologistes Yannick Jadot et David Béliard, aussi vous pour le PCF et puis de l'autre
52:17côté pour la droite Rachid Aletti, Pierre-Yves Bournazel et peut-être Thierry Mariani il me
52:21semble sur le Front National.
52:23Comment est-ce qu'on fait pour que la gauche ne court pas à l'échec à Paris et que
52:27Paris reste Paris ?
52:28– Si on n'est pas cinglés, on finit tous par se mettre d'accord.
52:31– Mais ça va arriver ça ?
52:32– Moi je pense que oui.
52:34Parce que là aussi, l'enjeu au-delà des personnes c'est de savoir si Paris se laisse
52:42emporter par le vent de droite et d'extrême droite qu'on a à l'échelle nationale ou si
52:47Paris résiste à ça.
52:48C'est pas complètement neutre.
52:50Entre 2026 par définition c'est un an avant 2027, un an avant l'élection présidentielle.
52:56Si Paris, qui reste quand même un pôle de résistance à l'extrême droite, qui ne
53:00faut être plus une ville dans laquelle un quart des habitants sont nés à l'étranger,
53:05il faut qu'on tienne.
53:06Si on ne tienne pas, si Paris tombe dans l'escarcelle de la droite avec le soutien de l'extrême
53:13droite, ce serait de mon point de vue et pas que de mon point de vue, du point de vue
53:17de
53:17beaucoup de gens je crois, un désastre absolu.
53:20On peut avoir des critiques sur la politique de la ville de Paris, moi je peux les entendre.
53:24Mais enfin je prendrais un exemple, Paris par exemple subventionne l'SOS Méditerranée.
53:28On a été traînés devant les tribunaux, quand même il y a des gens qui n'ont rien
53:32d'autre à faire de leur vie, pour faire annuler la subvention à l'SOS Méditerranée
53:36versée par la ville de Paris.
53:37Si on a envie que Paris reste une ville par exemple, qui mène ce combat-là, il vaudrait
53:42mieux qu'elle reste à gauche.
53:43– Et une toute dernière question peut-être ?
53:45– Oui, je voudrais juste revenir sur l'histoire du logement social.
53:49– On allait en parler justement.
53:50– Oui, bon alors vas-y.
53:52Les politiques sociales urbaines à gauche à Paris sont assez exemplaires et courageuses
53:55depuis 20 ans.
53:56C'est la métropole mondiale, si je ne me trompe pas, avec le plus de logements sociaux,
54:0025%, mais d'un autre côté le prix de l'immobilier ne cesse d'augmenter et acheter à Paris
54:04aujourd'hui est devenu un privilège de riches.
54:06En tant qu'adjoint au logement, vous l'avez évoqué tout à l'heure, vous avez lutté
54:09beaucoup avec succès pour l'encadrement des loyers et contre Airbnb, mais on peut
54:12se demander au final, vu comment ça évolue et malgré de la bonne volonté politique,
54:16si le marché n'a pas toujours un coup d'avance en réalité sur le politique.
54:19– Si, enfin si, si parce que beaucoup de leviers pour changer ça dépendent du législateur.
54:29Mais donc à partir de là, qu'est-ce qu'il faut faire ?
54:31De mon point de vue, il faut faire deux choses.
54:32D'abord du logement social, il en faut plus.
54:34Contrairement à ce que la droite nous raconte, il n'en faut pas moins, il en faut plus.
54:37D'ailleurs s'il y a encore des infirmières, des assistantes maternelles, des instits
54:41qui vivent à Paris, des caissières, c'est parce qu'il y a du logement social.
54:44Vous enlevez le logement social, cette diversité sociale-là, elle disparaît totalement.
54:48Elle n'est pas assez présente, mais elle disparaît totalement.
54:51Donc il faut plus de logement social et il faut plus d'intervention sur le marché privé.
54:56Par exemple, on a mis en place l'encadrement des loyers, mais il y a encore trop d'abus,
54:59il y a encore trop de propriétaires qui se permettent d'appliquer des loyers exorbitants
55:02qui ne sont pas conformes à la loi. Il y a quand même une espèce d'impunité
55:05dans ce domaine qui est dingue.
55:07Vous prenez l'autoroute, vous roulez à 200 km heure, vous finissez par recevoir une prune.
55:11Aujourd'hui, vous dépassez allègrement l'encadrement des loyers.
55:14Trop souvent, vous passez entre les mailles du fil, de mon point de vue, c'est ça le sujet.
55:19C'est plus de régulation du secteur privé et plus de sanctions pour ceux qui ne respectent pas les règles.
55:24Mais je voulais juste revenir en deux mots sur le logement social et sur tout ce qu'il y a
55:29derrière
55:29et les réactions que ça suscite.
55:31Moi, il y a une chose qui m'a énormément marqué.
55:33Un jour, on attribuait les logements sociaux dans un arrondissement de Paris très dépourvu en logement social.
55:41Et une élue d'un arrondissement de droite me dit, je ne veux pas que la ville de Paris attribue
55:48les grands logements.
55:49Et je dis, pourquoi vous ne voulez pas qu'on attribue les grands logements ?
55:52Elle me répond parce que je sais ce que vous allez mettre dedans.
55:55Et donc, au fond, le débat sur le logement social, ça renvoie à toutes les questions dont on a parlé
56:00tout à l'heure.
56:02Les questions de discrimination, les questions fondamentales liées au développement des idées racistes
56:11qui nous occupent depuis le début de l'émission.
56:13Donc, il faut se battre et pour le logement social et pour une conception de la vie en ville
56:21comportent nous et que la droite conteste.
56:23Voilà, j'étais trop long et merci beaucoup.
56:24Très bien, pas de soucis.
56:26Merci beaucoup pour toutes ces réponses-là.
56:28Cette fois-ci, c'est bien terminé sur la partie politique.
56:31Mais restez avec nous donc parce que là, il va y avoir un changement de plateau.
56:35Yann Brossin, on va vous remercier.
56:36Merci beaucoup.
56:37Pour votre venue.
56:38Aurélien également.
56:39Merci.
56:40Louis, c'était donc un plaisir.
56:41Louis également.
56:42Louis également.

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