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  • il y a 23 heures
Le député de Seine-et-Marne, Premier secrétaire du Parti socialiste, est notre invité, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu vient de briser sa promesse de ne pas utiliser le 49.3 pour faire passer le budget. Pourtant, "nous ne censurerons pas le gouvernement", annonce Olivier Faure. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mardi-20-janvier-2026-7431080

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Transcription
00:007h49 sur Inter, Benjamin Duhamel, vous recevez le premier secrétaire du Parti Socialiste.
00:06Bonjour Olivier Faure.
00:07Bonjour Benjamin Duhamel.
00:08Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:10Alors que l'on s'approche enfin du dénouement de ce jour sans fin budgétaire,
00:14le Premier ministre qui va recourir aujourd'hui au 49.3 pour que le volet recette de ce budget soit adopté,
00:19vous aviez fixé deux conditions pour ne pas censurer le gouvernement.
00:221. Transparence sur la copie finale.
00:242. Que les économies ne soient pas faites, je cite, sur le dos des Français.
00:273. Question simple, est-ce que pour vous ces deux conditions sont remplies ?
00:31Est-ce que vous nous dites ce matin, on ne censurera pas, les socialistes ne censureront pas le gouvernement ?
00:36Bon, on n'a pas encore vu la copie finale, mais de ce que je comprends, de ce que nous dit le Premier ministre,
00:41effectivement, ces conditions seront remplies.
00:44Donc vous ne censurerez pas le gouvernement ?
00:45Donc nous ne censurerons pas le gouvernement, ça va être la question posée ce matin au groupe parlementaire,
00:50mais effectivement, c'est ce que je plaiderai auprès d'eux.
00:53Donc grâce à vous, Sébastien Lecornu va pouvoir se maintenir.
00:56L'étape d'après, c'est quoi ? C'est faire partie de la majorité, rentrer au gouvernement ?
00:59En fait, c'est vous le nouveau Premier ministre, non Olivier Faure ?
01:02Vous êtes sympa, mais enfin, la réalité, c'est que je ne le suis pas et que ce budget n'est pas le mien.
01:07Simplement, vous connaissez la situation, nous n'avons pas de majorité absolue pour quiconque depuis la dissolution.
01:13Et je ne vais pas reprendre l'édito de Patrick Cohen pour expliquer ce qui se passe,
01:19mais enfin, la réalité, c'est ça, c'est que quand personne n'a de majorité, il faut un changement culturel.
01:24Ce changement culturel, c'est d'accepter de négocier, y compris avec des gens qui vous font face.
01:29Moi, je ne suis pas devenu macroniste, le Premier ministre n'est pas devenu socialiste,
01:34mais il y avait la nécessité, pour les uns et pour les autres, de composer avec une majorité
01:39qui n'est pas celle...
01:40Donc, quand la France insoumise dit que vous êtes devenu la béquille du macronisme, il s'est fait ?
01:44Les mêmes mots que Marine Le Pen, ce qui quand même relève d'une forme de convergence sur la forme au moins...
01:51Que Marine Tondelier pense de naïveté, vous conserverez ?
01:54La naïveté, c'est de penser qu'on peut, par le biais d'une dissolution,
02:00arriver à obtenir une majorité de gauche dans 20 jours.
02:02Moi, ce que je crois, c'est que les Français ont fait un choix il y a un an et demi.
02:06Ils n'ont donné de majorité à personne et ils nous ont dit au fond, débrouillez-vous avec ça.
02:11Eh bien, on se débrouille avec ça et donc on cherche à obtenir le maximum.
02:14Et ce que je dis ce matin aux Françaises et aux Français, c'est qu'il y a un parti qui s'est montré utile dans la période,
02:19c'est le Parti Socialiste qui a accepté, sur la loi de financement de la Sécreté Sociale et sur le budget de l'État,
02:25de faire avancer un certain nombre d'idées qui protègent et qui changent la vie des Français.
02:28Et on va parler du fond dans un instant, juste avant, sur le 49.3.
02:31Je voudrais, Olivier Faure, vous citer les grands auteurs, ouvrez les guillemets.
02:35L'abandon du 49.3, c'est une revendication que nous avons posée depuis longtemps
02:38et qui correspond à une évolution de la pratique constitutionnelle
02:41qui permet que le Parlement, et lui seul, aura le dernier mot.
02:44Est-ce que vous savez qui a dit ça ?
02:45Ça aurait pu être moi.
02:46Eh bien, c'est vous, Olivier Faure.
02:47Le 3 octobre 2025.
02:49Quand pendant des années, on a assimilé le 49.3 à un passage en force,
02:53quand on a vanté, je cite, la recherche du compromis contre la pensée paresseuse.
02:57Et là, on fait comme si de rien n'était.
02:58Et donc, engager sa responsabilité, utiliser le 49.3, ça passe.
03:02C'est bien pour ça que je vous ai parlé de changement culturel.
03:05Ce qui s'est passé, c'est qu'il y a des gens qui ont préféré,
03:07depuis le mois de décembre, même avant,
03:10appeler à l'usage du 49.3 pour éviter d'avoir à se poser la question de savoir
03:13quels compromis ils devaient faire pour permettre à un budget de passer.
03:17Quand vous avez une foultitude de groupes parlementaires
03:20qui vont jusqu'à refuser même le dialogue,
03:22qui ne veulent même pas continuer à dialoguer avec le gouvernement,
03:25comment voulez-vous qu'on a un compromis ?
03:27Est-ce qu'il n'y a pas un sujet de crédibilité de la parole publique ?
03:29Quand pendant plusieurs mois, vous fixez comme préalable à la discussion l'abandon du 49.3,
03:33et là, on est au mois de janvier,
03:35pour qu'il y ait un budget, vous dites,
03:36bon, écoutez, finalement, on passe ça par pertes et profits.
03:38Mais bien sûr qu'il y a un problème de crédibilité, évidemment.
03:42Qui vous concerne aussi.
03:43Mais qui concerne tout le monde, toute la classe politique.
03:45Parce qu'y compris ceux qui vous disent
03:47et qui vont dénoncer le 49.3 maintenant.
03:49Ce sont ceux qui, précisément, ont poussé au 49.3.
03:51Quand vous ne négociez pas, quand vous refusez même de dialoguer,
03:55ça forcément, vous savez très bien ce qu'il se passera à la fin.
03:58Vous savez très bien que ça se passera par un 49.3.
04:00Et vous y contribuez, et ensuite, vous le dénoncez.
04:03C'est le problème des postures.
04:05Et il y a trop de gens aujourd'hui qui sont dans la posture.
04:07Ce que nous avons refusé, nous, c'est d'être dans la posture.
04:09Et de chercher des solutions, là où d'autres entretiennent des illusions.
04:12C'est ça la grande différence entre les uns et les autres aujourd'hui.
04:14Prenons deux points précis de ce budget, Olivier Faure.
04:17D'abord, sur la fiscalité.
04:18Il y aura bien une surtaxe de 8 milliards d'euros pour les grandes entreprises,
04:20comme c'était le cas dans le budget 2025.
04:22C'est 300 grands groupes qui sont concernés.
04:24Je voudrais vous lire ce que dit ce patron français de la tech cité dans Le Parisien.
04:28Il va payer 100 millions d'euros avec cette surtaxe.
04:31Voilà ce qu'il dit.
04:31Ça correspond à 10 ans de budget de recherche dans le quantique.
04:36Quand vous dites, on ne veut pas que des économies soient faites sur le dos des Français.
04:40Les grandes entreprises, ce ne sont pas des Français qui travaillent,
04:43des sous-traitants qui sont impactés par ces augmentations d'impôts ?
04:46Non, mais on parle là d'une surtaxe sur des entreprises.
04:48300 entreprises, les plus grandes de France.
04:51En gros, si on devait aller vite, le CAC 40.
04:54300, c'est plus que le CAC 40.
04:56Oui, d'accord.
04:56Mais enfin, essentiellement, des entreprises qui ont le niveau du CAC 40,
04:59qu'elles soient cotées ou pas.
05:01Et vous avez là, en fait, des gens qui se sont distribués.
05:03L'an passé, plus de 100 milliards d'euros de dividendes et de rachats d'actions.
05:07Vous pensez qu'on ne peut pas prendre 8 milliards ?
05:09Vous pensez que c'est forcément sur les autres qu'il faut piocher ?
05:11Je vois ce matin les éditoriaux dans la presse économique.
05:13Donc, ça n'a pas d'impact sur les Français qui travaillent dans ces entreprises,
05:16sur les sous-traitants qui dépendent de ces grandes entreprises.
05:19Je vais finir ma phrase.
05:21Il y a des gens qui nous disent qu'il aurait mieux valu
05:22multiplier par deux les franchises médicales.
05:25Il aurait mieux valu faire en sorte que les personnes de retraite
05:27ne soient pas réindexées sur l'inflation.
05:29Il aurait mieux valu...
05:29Mais moi, je prétends le contraire.
05:31Je dis que même les entreprises, si elles veulent un jour à nouveau gagner de l'argent,
05:35il faut aussi que les Français puissent consommer.
05:38Et ça, ce n'est pas possible de continuer à avoir un discours
05:41qui est celui qu'on connaît depuis trop longtemps,
05:43d'une politique de l'offre exclusive
05:44qui a mené le pays là où on sait,
05:47c'est-à-dire à plus de 3 000 milliards de dettes.
05:49Autre mesure, Olivier Faure, que vous avez obtenue,
05:51ce sont les repas à 1 euro pour tous les étudiants.
05:54Aujourd'hui, les repas à 1 euro,
05:55c'est pour les étudiants boursiers,
05:57les étudiants précaires,
05:58qui, même s'ils ne sont pas boursiers,
06:00peuvent demander à en bénéficier.
06:02Cette nouvelle mesure, elle coûte 90 millions d'euros.
06:04Donc là, encore, si je résume, Olivier Faure,
06:06grâce à vous, un étudiant dont les parents paient l'impôt sur la fortune immobilière
06:09va pouvoir payer son repas à 1 euro.
06:11Est-ce que c'est vraiment ça, une conquête de gauche ?
06:13Mais vous avez été étudiant.
06:15Oui.
06:16Voilà.
06:16Et je ne suis pas sûr que j'avais besoin,
06:18dans le cas d'espèce,
06:18de payer un repas à 1 euro.
06:20Et je doute, je vais vous dire une chose,
06:21je doute vraiment
06:22qu'un enfant qui a un papa milliardaire
06:26mange un repas pour 1 euro.
06:29Voilà.
06:29Je pense que ça n'est absolument...
06:31Ceux qui peuvent se payer autre chose que le repas à 1 euro
06:33iront se payer autre chose qu'un repas à 1 euro.
06:35Arrêtons de nous faire prendre les vessies pour des lanternes.
06:38Ce n'est pas des vessies pour des lanternes, Olivier Faure.
06:40C'est dans un moment où il faut faire des économies.
06:42Est-ce que, quand on est de gauche et vous laisse,
06:45on ne choisit pas ces combats entre ceux qui en ont besoin et les autres ?
06:49Non, mais est-ce que vous trouvez normal que dans les rues de Paris,
06:51vous ayez des queues devant les soupes populaires
06:53avec des étudiants qui viennent parce qu'ils ne peuvent pas manger ?
06:56Moi, je crois qu'effectivement, le mieux qu'on puisse faire,
06:58c'est de dire que ces étudiants-là pourront désormais manger pour 1 euro.
07:02Olivier Faure, pardonnez-moi.
07:03Ceux qui vont à la soupe populaire, aujourd'hui,
07:05bénéficient déjà de ces repas à 1 euro dans le Crous.
07:07Non, la preuve, c'est que vous avez des étudiants
07:09qui sont toujours devant les soupes populaires.
07:10J'ai été faire des queues avec eux.
07:12J'ai été discuter avec eux.
07:14Et je vois bien de quelle population il s'agit.
07:16De gens qui sont parfois juste au-dessus du niveau des bourses.
07:19Soit des gens qui ont redoublé et qui n'ont plus accès à leur bourse.
07:22Et qui donc n'ont pas, aujourd'hui, la possibilité de manger à leur faim, normalement.
07:26Si vous voulez, demain, un pays qui soit un pays prospère,
07:29qui puisse continuer à être parmi les premiers dans la compétition internationale,
07:32vous avez besoin d'étudiants qui étudient dans de bonnes conditions.
07:35Pas des gens qui se posent chaque jour la question de savoir comment ils mangeront le soir.
07:38Donc oui, je prétends que cette mesure est une bonne mesure.
07:41Donc, universelle, une aide pour tous les étudiants,
07:44quel que soit le revenu de leurs parents et quel que soit leur revenu.
07:46Bien sûr.
07:46Mais la réalité, c'est que vous savez très bien
07:48que ceux qui, les enfants de M. Arnaud, n'iront pas manger au crousse à un euro.
07:53Ça, c'est ce que vous dites, vous.
07:55Eh bien, écoutez, ils sont si peu nombreux
07:57que de toute façon, ce n'est pas eux qui coûteront le plus cher.
07:59Merci beaucoup, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Soliste.
08:01Merci à vous.
08:02Qui donc annonce ce matin que les députés socialistes ne censureront pas le gouvernement.
08:05Et merci, Benjamin Duhamel.
08:07On se retrouve tout à l'heure pour le grand entretien.
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